Ce que révèle le style vestimentaire des Suédois

ROUND AFRICAIN 2012-2013

BLOG I : Afrique de l’Est

En 2007, un groupe d’Estoniens s’est lancé sur les traces de la route de la soie, avide de cultures peu connues et de territoires hostiles. Quelques années plus tard, les mêmes aventuriers ont traversé les deux Amériques au volant de leurs VUS, terminant leur périple en Antarctique. Cette fois, ils ont relevé un défi encore plus vaste : parcourir l’Afrique. Cinq mois sur près de 29 000 kilomètres, à travers 24 pays, de Djibouti à Casablanca. Texte et photos, Peeter Vähi.

Pour compléter ce récit, plusieurs ressources sont à disposition : Préparation, Blog II : Afrique du Sud, Blog III : Afrique centrale et occidentale, Blog IV : Afrique de l’Ouest et du Nord-Ouest.

Lun 26 Nov : Tallinn, Francfort, Addis-Abeba

Ce matin-là, je découvre une cascade de messages d’au revoir, comme si je partais à jamais d’Estonie. On est cinq à prendre le départ : Ouïghour, Aivo, Laura, Tiina et moi-même. Merci à tous ceux qui nous ont soutenus, de près ou de loin.

Mar 27 Nov : Francfort, Addis-Abeba, Djibouti, 12-30 °C, altitude 5-2335 m, pression 773-1012 mbar, humidité 58 %, ensoleillé, lever 6:23, coucher 17:41

Deux heures en plus au compteur : nous voilà désormais à l’heure de l’Afrique de l’Est. Sur la péninsule somalienne, dans la Corne de l’Afrique, le point de départ de l’expédition est enfin atteint. Autrefois appelée Bilad al-Barbar, la région recèle des vestiges du IVe millénaire avant notre ère et des peintures rupestres vieilles de 5 000 ans. Pourtant, la première impression se heurte à des alignements de bâtiments récents, des clôtures hérissées de barbelés et une présence policière massive. Aucun de nous n’a jamais posé le pied à Djibouti. La proximité du Yémen, à quelques kilomètres seulement de l’autre côté du Bab el-Mandeb, souligne un contraste frappant : le Yémen respirait l’Asie, mais Djibouti, lui, c’est déjà l’Afrique, même si la rue n’est pas noire de monde.

La sécurité sur ce continent reste une préoccupation majeure. Les gouvernements occidentaux publient régulièrement des avertissements pour leurs ressortissants, évoquant le terrorisme, les conflits frontaliers ou l’interdiction de photographier certains sites. Le ministère estonien des Affaires étrangères, par exemple, recommande d’éviter les zones proches de l’Érythrée et de la Somalie. Gare à la photo mal placée : la caméra risque la saisie, le voyageur, l’arrestation.

Mer 28 Nov : Djibouti, 27-30 °C, pression 1008-1016 mbar, humidité 66-78 %, lever 6:10, coucher 17:41

Dès le matin, puis en fin d’après-midi, Ouïghour et Tiina sillonnent les administrations, espérant récupérer les voitures avant samedi. Ici, les démarches prennent du temps : dans les pays musulmans, vendredi est chômé, et dès jeudi midi, tout s’arrête.

Premiers contacts avec la population locale : la barrière de la langue se fait sentir. L’Europe, avec ses États linguistiquement homogènes, est à mille lieues de la complexité africaine. Ici, les frontières ont été tracées sans tenir compte des réalités ethniques et linguistiques. Djibouti, deux fois plus petit que l’Estonie, compte une mosaïque d’idiomes : somali, afar, dialectes arabes, français, amharique… Le français et l’arabe sont officiels, mais la réalité est bien plus nuancée. Les alphabets s’entremêlent : latin, arabe, osmanya, borama, kaddare… Communiquer ou lire une enseigne relève souvent du casse-tête, même si quelques francophones sauvent la mise, et Tiina, avec ses dix langues, est notre atout.

La toponymie, elle aussi, se dérobe : Djibouti s’écrit et se prononce de mille manières. À l’heure où il faut enregistrer des émissions télé et prononcer des noms de villages à la phonétique improbable, l’exercice vire parfois à l’épreuve.

En soirée, visite de la « vieille ville », qui n’a de vieille que le nom, puisque la cité fut fondée par les Français en 1888 sur un terrain vierge.

Les tenues locales attirent l’attention. Les hommes arborent la macawiis somalie, un tissu noué à la taille, ou la gellabiya arabe. Dans l’administration et certains lieux, le style occidental s’impose : chemise repassée, pantalon, t-shirt ou jean. Côté couvre-chef : foulard, koofiyadi ou fez. Les femmes, elles, restent fidèles à la tradition : pistolet, jilbābi, shash couvrant la tête, foulard ou garbazar sur le buste. Seules quelques-unes adoptent l’abāyah noire et le niqāb. Les jeunes filles non mariées, elles, peuvent garder la tête découverte.

Jeu 29 nov : Djibouti, 28-29 °C, pression 1010-1016 mbar, soleil, lever 6:10, coucher 17:41

Comme la veille, Uighour et Tiina s’acharnent pour obtenir les véhicules. Pas de quoi captiver les blogueurs.

La nourriture, ici, est soumise à la règle du halal : ni porc, ni alcool, ni viande d’animaux morts, ni produits sanguins. Le riz, cuisiné de mille façons, trône au centre du repas. Les Somaliens parfument leurs plats de cumin, cardamome, clou de girofle, cannelle, sauge. Côté douceurs, le halva (xalwo) à base de sucre, fécule de maïs, cardamome, muscade, ghee. Mais l’influence française se fait sentir : tomates et poisson à la provençale, bananes flambées, crème brûlée… Quant à l’alcool, il n’est interdit que dans la limite du raisonnable.

Les habitudes alimentaires, la chaleur, l’environnement : tout cela bouscule les organismes. Le soir, Laura se sent mal, nausées, sueurs froides, évanouissements à répétition. Nos propres médecins n’arrivant que dans deux jours, il faut faire appel à un soignant local. En désespoir de cause, je récite à Laura le mantra du Bouddha de la médecine : Tadyatha Om Bhekhaze Bhekhaze Maha Bhekhaze Raza Samungate Svaha. Espérons que ça passe.

Ven 30 Nov : Djibouti, 25-29 °C, pression 1012-1014 mbar, humidité 78 %, soleil, lever 6:11, coucher 17:41

La nuit a été agitée pour Laura, mais au matin l’état s’améliore. Les causes ? Médicaments, mantra ou simple hasard, impossible à dire. L’essentiel reste que ce fut bref.

Bateau à moteur loué pour la journée : nous quittons Djibouti pour observer les requins-baleines, ces géants paisibles qui peuvent atteindre plus de 20 mètres de long et peser jusqu’à 34 tonnes. La plongée en tuba à leurs côtés est une expérience à part. Malgré leur taille, ils se nourrissent de plancton et ne présentent aucun danger. Aivo croise un spécimen massif, face à face, et même en sachant qu’il n’attaque pas l’homme, la sensation demeure saisissante.

Retour compliqué : le moteur du bateau tombe en panne en pleine mer. À vitesse réduite, puis à l’arrêt complet, nous attendons qu’un canot de sauvetage vienne nous remorquer. À l’ère du portable, la panne ne vire pas au drame.

Le soir venu, il est temps d’évoquer la vie locale, la foi, les gens, autant à partir de nos lectures que de nos observations.

Djibouti compte 94 % de musulmans (majoritairement sunnites) et 6 % de chrétiens (principalement des expatriés catholiques). L’islam est religion d’État, mais la Constitution garantit la liberté de culte. Toutefois, les mariages mixtes impliquent des conversions, souvent sources de tensions sociales et familiales. Dans les faits, les reconversions sont rares.

Nous n’avons pas pénétré en Somalie, mais ici, on en ressent déjà l’influence. Jusqu’en 1896, la région était appelée Somalie française. À l’indépendance, c’est un politicien somalien, Hassan Gouled Aptidon, qui devient président ; rien d’étonnant puisque 60 % de la population est d’origine somalienne.

Avec plus de temps, on pourrait aborder l’histoire de la Somalie autrement que sous l’angle de la piraterie : plus de 15 millions de Somaliens, dont près d’un demi-million à Djibouti, et un rêve d’unification, le pansomalisme, qui a mené à la guerre d’Ogaden en 1977.

Sam 1er déc : Djibouti, Arta, Lac Assal, Djibouti, 26-34 °C, altitude -155 à 740 m, pression 933-1027 mbar, humidité 74 %, pluie nocturne, nuages, lever 6:12, coucher 17:42, 250 km

Ce matin, direction l’aéroport pour accueillir de nouveaux membres de l’expédition. Problème classique : une partie des bagages reste bloquée quelque part entre l’Estonie et Djibouti. Une habitude, semble-t-il, puisque la même chose était arrivée lors de notre traversée Arctique-Antarctique.

L’objectif du jour : le lac Assal. Un champ de sel à perte de vue, des reflets si violents qu’il faudrait porter deux paires de lunettes de soleil. L’indice UV dépasse largement 10. À 155 m sous le niveau de la mer, ce site est le point le plus bas d’Afrique, et l’un des plus bas du monde après la mer Morte. En hiver, la température monte encore à 34°C ; l’été, elle dépasse 50°C et l’eau atteint parfois 57°C. Contrairement à ce que l’on imagine, l’eau du lac Assal est l’une des plus salées au monde : 348 ‰, largement au-dessus de la moyenne marine.

Depuis des siècles, les tribus afar et somaliennes extraient le sel du lac. Les caravanes salières partaient d’ici, troquant le sel contre charbon, ivoire, café, esclaves. Aujourd’hui encore, les caravanes de chameaux traversent la plaine. Sur la route, nous croisons deux hommes, réfugiés éthiopiens tentant de rallier le Yémen. Ils sont pieds nus, affamés, assoiffés. On leur donne deux bouteilles d’eau et quelques bananes : leur reconnaissance fait écho à leur détresse.

De retour à Djibouti, Ouïghour et Tiina récupèrent enfin nos Land Cruisers. Pas de contrat d’assurance valable en Afrique : il faudra rouler à nos risques et périls.

Mais les bagages égarés ne sont toujours pas arrivés.

P 2 déc : Djibouti, Arta, Dikhil, Yoboki, Galafi, Entrée en Éthiopie, Logia, 28-30 °C, altitude 5-570 m, pression 1013-1016 mbar, lever 6:12, 337 km

Nous quittons Djibouti pour rejoindre l’Éthiopie. Enfin, un message : les bagages perdus sont retrouvés. Mais nouveau souci : un message d’erreur s’affiche sur un des véhicules. Au bout de plusieurs heures de galère dans un garage Toyota, l’origine est identifiée : une manipulation douanière a déclenché le mode sans échec. Il faudra une intervention à distance de spécialistes estoniens pour reprendre la route.

La route alterne entre asphalte et pistes poussiéreuses. On quitte parfois la voie principale pour rouler sur le désert, croisant des gazelles, trompés par des mirages. Dans les commerces avant la frontière, le choix est minimal, eau, sodas, biscuits, grains de blé grillés. On s’en contente, comme en Corée du Nord.

À la frontière, un douanier tamponne accidentellement un visa sur le mauvais document. Deux heures de formalités, et nous voilà en Éthiopie, région Afar. Ici, le calendrier et l’heure ne sont pas les mêmes : selon le calendrier éthiopien, nous sommes en 2005, 3e mois, et la journée commence à l’aube, pas à minuit. Nous gardons toutefois notre propre chronologie pour le récit.

L’avertissement du ministère estonien est clair : éviter les zones frontalières, où plusieurs touristes ont perdu la vie récemment. Nous restons dans la région Afar, impossible d’éviter ces secteurs pour rejoindre le Kenya plus tard.

Où dormir ? Des abris de fortune longent la route, mais le chef des douanes conseille plutôt de camper à l’écart, sous la garde de policiers armés. Finalement, nous poussons jusqu’au village suivant, où une auberge rudimentaire accueille les voyageurs, toilettes au village voisin comprises. Nuit rustique garantie.

E 3 déc : Réserve naturelle de Logia, Mile Serdo, Mile, Lalibela, 14-31 °C, altitude 435-3548 m, pression 669-964 mbar, 417 km

La route vers Lalibela traverse un paysage semi-désertique, ponctué de villages nomades afar. Leurs habitations arrondies rappellent les yourtes. L’accueil varie : certains villages se ferment, d’autres saluent les voyageurs avec chaleur.

Dans les épiceries, la gamme ressemble à celle de Djibouti, mais parfois, on déniche de la compote d’ananas ou du thon en conserve, à saisir au vol.

Plus on monte, plus l’architecture évolue : les toits de feutre laissent place aux toitures en perches, puis aux murs de pierre. Sur les hauts plateaux (jusqu’à 3500 m), les maisons deviennent plus massives, adaptées au climat plus frais.

L’Afrique de l’Est est considérée comme le berceau de l’humanité. Ici, on a découvert Lucy, le célèbre Australopithecus afarensis, vieille de 3,2 millions d’années. Pourquoi Lucy ? Parce que les paléontologues écoutaient « Lucy in the Sky with Diamonds » lors de la découverte. Plus récemment, Ardi (Ardipithecus) a été identifiée, encore plus ancienne. Les recherches en génétique ont montré qu’une femme, appelée Ève mitochondriale, serait l’ancêtre de tous les humains modernes, il y a environ 200 000 ans. De ce point de vue, nous sommes tous Africains.

Le soir, arrivée à Lalibela.

Mar 4 Déc : Lalibela, altitude 2370-2500 m, pression 764 mbar

Au tournant du XIIe siècle, le roi Lalibela rêva d’une « nouvelle Jérusalem », inspiré par la perte de la vraie Jérusalem aux mains des musulmans. Ainsi naquirent les églises monolithiques, creusées dans la roche, aujourd’hui classées au patrimoine mondial de l’UNESCO. Lalibela reste un haut lieu de pèlerinage.

Onze églises réparties en trois groupes, dont Bet Medhane Alem, la plus grande église monolithique du monde, et Bet Maryam, la plus ancienne du site. La célèbre croix de Lalibela, volée puis retrouvée, y est conservée. Saint-Georges, la mieux conservée et la plus photogénique, attire l’œil. Les mythes abondent sur leur construction, certains invoquent les Templiers, mais le sujet reste débattu.

Dans les églises, les puces pullulent. Il faut s’y faire.

La région de Wollo est aussi riche en musique traditionnelle, influencée par la diversité des peuples voisins. On y trouve des systèmes modaux uniques, des bardes itinérants, et des formes de musique islamique telles que le manzuma.

Le séjour à Lalibela sert aussi à l’acclimatation en vue de l’ascension du Kilimandjaro : l’altitude dépasse les 2500 m.

Mer 5 déc : Lalibela, Bahir Dar, 15-28 °C, altitude 2400-3142 m, 312 km

Les vallées verdoyantes, le bétail, les huttes amhariques : tout respire une harmonie qui évoque le jardin d’Éden. L’amharique, langue officielle, est parlé par une majorité sur les hauts plateaux. Particularité : son écriture syllabique, le fidäli, compte 34 caractères principaux et des dizaines de combinaisons. Pour un néophyte, c’est aussi difficile que le chinois.

En chemin, halte dans un champ de qat (ou khat), cette plante mâchée pour son effet stimulant, interdit dans de nombreux pays mais consommé couramment ici. J’essaie : rien de transcendant.

Bivouac au bord du lac Tana.

Jeu 6 déc : Bahir Dar (1840 m), Lac Tana (en bateau), Bahir Dar, 27-33 °C, pression 821-823 mbar

Dormir sous la tente sur le toit d’une voiture, respirer l’air frais, se faire réveiller à l’aube par l’appel du muezzin, puis par la sirène de la défense antiaérienne : la journée commence fort.

Urmas se sent mal, douleurs à l’estomac persistantes. Un traitement antibiotique est lancé.

Sur le lac Tana, visite de monastères orthodoxes aux murs peints de fresques racontant des épisodes bibliques, mais aussi des histoires propres à l’Église éthiopienne, en ge’ez. On manipule le sistrum, les tambours, héritage du légendaire Yared, fondateur du système musical liturgique.

Retour à Bahir Dar, détour par la source du Nil Bleu, parmi les papyrus. La ville s’anime pour la fête des nationalités éthiopiennes. Foule, musique, masenqo, violon à une corde,, ambiance électrique. Incident : Aivo est interpellé par la police pour avoir filmé une bousculade. Il sera relâché peu après.

Ven 7 déc : Bahir Dar, Injibara, Bure, Debre Marcos, Blue Nile Canyon, Fiche, Addis-Abeba, 16-30 °C, altitude 1080-3117 m, pression 704-889 mbar, 555 km

Lever à 6h. Urmas poursuit son traitement. Journée de transition, plus de 600 km à couvrir. Au nord du lac Tana, Gonder et Axum, hauts lieux historiques, sont hors de portée faute de temps, tout comme les villages juifs de Bēta ‘Isrā’ēl. Leur histoire, mêlée de traditions bibliques et de migrations, reste fascinante.

Sur la route, difficulté à s’approvisionner en carburant : stations fermées, carburant de mauvaise qualité, pannes de pompe. On finit par faire le plein in extremis. Le moteur d’un des véhicules émet des bruits suspects, sans qu’on sache s’il s’agit du carburant ou d’autre chose.

Pause déjeuner à Debre Marcos : au menu, injera, crêpe grise aigre avec accompagnements variés, le tout mangé à la main. La cérémonie du café suit, encens boswellia à l’appui. Plus loin, dégustation de t’ej, vin de miel local, et d’eaux-de-vie artisanales, dont une rappelle le whisky tourbé.

Le canyon du Nil Bleu impressionne par sa profondeur. En traversant le fleuve, on quitte la région Amhara pour Oromia. Les oromos, 30 millions de locuteurs, ont longtemps vu leur langue bannie des médias.

Dans la nuit, la route devient dangereuse : véhicules sans éclairage, piétons, animaux, tout le monde surgit dans le noir. Un accident de voiture, vu de près, rappelle la fragilité du voyage.

Sam 8 déc : Addis-Abeba, altitude 2375 m, pression 769 mbar

Le groupe se disperse : musée ethnographique, exploration urbaine, spectacles folkloriques. Les danseurs rivalisent d’énergie. Dégustation de vin de miel incluse.

P 9 déc : Addis-Abeba, Sebeta, Tiya, Butajira, Hosaina, Doubo, Boreda, Lac Abaya, Arba Minch, 15-32 °C, altitude 1200-2764 m, pression 737-879 mbar, 454 km

Rattrapage de blog après une semaine sans réseau. Bonne nouvelle : la santé d’Urmas s’améliore.

Premier arrêt à Sodo Tiya, site de sépultures ornées d’épées gravées, symboles de guerriers. Plus loin, rencontre improbable : quatre Estoniens nous attendent au bord de la route grâce au suivi du blog. Pause d’une heure pour échanger sur leurs aventures africaines. Avant le coucher du soleil, arrivée sur les rives du lac Abaya.

Le paludisme revient dans les discussions : faut-il ou non prendre des antipaludiques ? La prévention passe aussi par la protection contre les piqûres. La dengue, autre fléau transmis par les moustiques, progresse avec le réchauffement climatique. Plusieurs membres du groupe entament leur traitement prophylactique.

Lun 10 déc : Arba Minch, Lac Chamo, Konso, Woito, Jinka, 22-39 °C, nuages, pression 820-940 mbar, altitude 560-1801 m, 262 km

Depuis ce jour, prise quotidienne de Malarone. La durée maximale conseillée (30 jours) sera dépassée, impossible autrement pour un périple aussi long.

Le lac Chamo, eau douce, regorge d’hippopotames, crocodiles du Nil, et d’oiseaux en tous genres. Le batelier propose une chasse au crocodile : refus catégorique. En route vers Jinka, la piste est chaotique, parfois submergée. Les Chinois participent à la construction de routes, un signe de leur influence croissante.

Arrêt dans un village konso : chaque 18 ans, un nouveau totem symbolise la génération. Les statues waka honorent les membres éminents de la tribu. Les enfants, eux, réclament monnaie ou bonbons aux voyageurs, un dilemme éthique constant. Donner ou non ? Le guide déconseille, mais il est difficile de rester insensible. La pauvreté, la faim touchent près de la moitié de l’Afrique subsaharienne selon l’ONU, mais la misère extrême, telle qu’on la voit à la télévision, ne saute pas aux yeux partout. L’économie de subsistance permet souvent de tenir.

Sur la route, contrôle policier tendu : un cadavre a été retrouvé, nous sommes brièvement suspects. Après vérification, le véritable responsable est identifié, nous pouvons repartir.

Mar 11 déc : Jinka, altitude 475-1343 m, pression 865-949 mbar, 134 km

Journée consacrée aux tribus de la vallée de l’Omo. Garde du corps armé requis dans certains villages, où l’alcool fait parfois dégénérer les fêtes. Les Mursi, célèbres pour leurs disques labiaux portés par les femmes, impressionnent par leurs parures et leurs pratiques. Les origines du disque de lèvre remontent à la volonté de décourager les marchands d’esclaves. Chez les Ari, l’ambiance est plus paisible : les femmes fabriquent poteries et alcool, les hommes forgent des couteaux. La polygamie est courante, mais le prix d’une épouse, payé en bétail, limite les ardeurs. En soirée, chants polyphoniques et danses témoignent de la richesse musicale locale. Instruments typiques : lyres, flûtes, tambours.

Mer 12 déc : Jinka, Turmi, 17-38 °C, altitude 916-1386 m, 137 km

Le matin, invasion de tiques, insectes et même d’un ver noir bondissant dans les sanitaires.

Chez les Hamer, la différence saute aux yeux : jupes en cuir, coiffures sophistiquées, poitrine découverte. Nous assistons à une fête de mariage : des dizaines de bêtes abattues, la viande grillée sur de longues broches, la graisse mangée à même la peau. L’alcool coule à flots, les excès sont visibles.

En chemin, singes, gazelles, pintades, colibris s’offrent à la vue.

Jeu 13 déc : Turmi, Omorate, Entrée au Kenya, Lac Turkana, Ilheret, North Horr, 18-42 °C, pression 908-967 mbar, altitude 375-916 m, 378 km

Direction la rivière Omo, poste frontière d’Omorate. La route, ou plutôt la piste, se perd parfois dans le désert. Passage de rivières, orientation hasardeuse. Un projet de barrage géant, financé en partie par la Chine, menace le mode de vie de plus de 200 000 personnes dans la vallée de l’Omo. La survie des tribus traditionnelles est en jeu.

En pays dasanech, les huttes sont divisées en espaces masculins, féminins et pour les enfants. Passage d’une frontière symbolique : une corde verte, deux piquets, aucune formalité côté Kenya. Les conditions routières deviennent très difficiles. Le diesel est rare, la chaleur écrasante, quelques litres de carburant s’achètent au prix fort dans un village.

La nuit, les moustiquaires n’arrêtent pas les moustiques, implacables même dans le désert.

Ven 14 déc : North Horr, Loiyangalani, South Horr, 31-36 °C, nuageux, pression 898-967 mbar, altitude 388-1028 m, 177 km

Traversée du désert de Chalbi, jonché de roches volcaniques coupantes. À South Horr, un lodge sommaire nous accueille : huttes, toits de palmier, moustiquaires, électricité pour quelques heures. Le prix reste raisonnable.

Sam 15 déc : South Horr, Maralal, Rumuruti, Nyahuru (Chutes Thomson’s), 12-27 °C, nuages, pression 754-902 mbar, altitude 1028-2541 m, 307 km

Départ à l’aube : longue journée de conduite. La circulation à gauche n’est qu’une fiction sur ces pistes. Au Maralal, problème de change pour faire le plein. Une Belge vivant sur place nous dépanne contre espèces. Le moteur reprend un fonctionnement normal, preuve que le carburant précédent était défectueux.

Sur la route, passage de la deuxième puis de la première latitude nord, mais l’équateur reste à franchir. Zèbres, gazelles, autruches croisent notre route. À Nyahuru, miracle : la route est enfin goudronnée après trois jours d’épreuves. Les Land Cruisers ont tenu le choc ; la météo clémente a évité le pire.

Le soir, la température tombe à 12°C : l’équateur réserve aussi des nuits fraîches.

P 16 déc : Nyahuru, équateur, Nairobi, 10-25 °C, ensoleillé, pression 767-812 mbar, humidité 78 %, altitude 1665-2550 m, coucher 18:34, 219 km

Le matin, 10°C seulement. À l’équateur, cérémonie improvisée pour ceux qui traversent ce point pour la première fois.

Pause au lac Naivasha, territoire maasaï. Le paysage s’apparente à un zoo à ciel ouvert : girafes, zèbres, impalas, hippopotames, buffles, oiseaux en pagaille, babouins en retrait.

Initialement, le trajet devait éviter Nairobi, mais les formalités douanières l’imposent. Souvenirs mitigés de la capitale, marquée par la criminalité. Aujourd’hui, la sécurité est omniprésente, mais l’ambiance générale semble plus sereine. Dîner exotique : viande de crocodile, boulettes d’autruche. Paradoxalement, le Kenya exporte tout son bon café, obligeant à se contenter de Nescafé.

La connexion Internet permet de prendre des nouvelles du monde : décès de Ravi Shankar, légende de la musique indienne.

Lun 17 déc. : Nairobi, Narok, 16-27 °C, humidité 94 %, pluie, pression 811-831 mbar, nuages, altitude 1690-2180 m, lever 6:23, 145 km

Journée grise, marquée par les embouteillages et la bureaucratie de Nairobi. Rien de mémorable à signaler.

Mar 18 déc : Réserve nationale Narok, Masai Mara, 14-29 °C, pluie, altitude 1604-1917 m, pression 812-831 mbar, 122 km

Arrivée à la réserve du Masai Mara, souvenir fort d’il y a dix ans. Rencontre attendue avec le chef maasaï Kores Solomon, s’il accepte. Visite de village, immersion dans la culture maasaï, peuple venu de la vallée du Nil, qui a migré vers le sud au XVe siècle. Leur apogée a pris fin au XIXe siècle avec la variole, la sécheresse et la perte de bétail. La colonisation britannique a ensuite amputé leur territoire de 60 %.

La danse adumu, où les guerriers bondissent en rythme, accompagne les chants polyphoniques. Leur alimentation traditionnelle repose sur la viande, le lait, le sang de bœuf. Les légumes restent rares dans la plupart des villages. La santé dentaire des Maasaï surprend : dents droites, peu de caries, malgré un régime quasi sans fibres. L’acacia du Nil, utilisé en soupe, est réputé pour donner force et courage.

Le parc du Masai Mara, plus de 1 500 km², protège les « cinq grands » : lion, éléphant, buffle, léopard, rhinocéros. Aujourd’hui, nous croisons les trois premiers, ainsi qu’une profusion d’autres espèces. Le braconnage de l’éléphant, motivé par l’ivoire, continue de faire des ravages. La Chine et d’autres pays asiatiques alimentent la demande. Les réseaux mafieux s’enrichissent, certains fonctionnaires sont impliqués. Malgré l’interdiction du commerce international, l’ivoire circule encore, y compris pour des objets religieux.

Mer 19 déc : Réserve nationale du Maasai Mara, Entrée en Tanzanie, Lac Victoria, 18-30 °C, pression 810-874 mbar, altitude 1211-1945 m, 327 km

Au petit matin, le vacarme des animaux résonne à travers les toiles de tente. La balade dans le Masai Mara montre une densité animale spectaculaire. En bordure de la rivière Mara, les carcasses témoignent de la dureté de la vie sauvage.

La route vers la Tanzanie, via Isebania, est meilleure que les pistes nord-kenyanes. Premières impressions positives : paysages luxuriants, villages soignés. Côté maasaï, la vie sociale repose sur la polyandrie et la polygamie, les enfants sont élevés collectivement, le bétail reste la valeur suprême. La religion est monothéiste, centrée sur Engai, divinité aux deux visages. Les morts sont traditionnellement livrés aux hyènes, l’enterrement étant jugé néfaste pour la terre.

Hébergement au bord du lac Victoria, dîner à base de tilapia. Les insectes, moustiques porteurs de paludisme, fourmis et vers noirs, compliquent la nuit. Les chauves-souris sous le toit rassurent en limitant la prolifération des nuisibles.

Jeu 20 déc : Lac Victoria, Plaine du Serengeti, 24-32 °C, pression 854-885 mbar, altitude 1135-1482 m, 123 km

L’habitude s’installe : les éléphants ou girafes croisés n’étonnent plus. Les mouches tsé-tsé, responsables de la maladie du sommeil, deviennent la nouvelle préoccupation. Les serpents tels que le mamba noir ou le cobra sont présents, mais aucune rencontre directe à déplorer.

Ven 21 déc : Plaine du Serengeti, 27-33 °C, pression 845-859 mbar, nuages, pluie légère, altitude 1433-1601 m, 94 km

Le parc national du Serengeti, dix fois plus vaste que le Masai Mara, abrite les mêmes « cinq grands », mais aussi des milliers de gnous, zèbres, impalas, girafes, et 500 espèces d’oiseaux. La grande migration, chaque année, est un spectacle unique. Les guépards, peu nombreux (environ 300), voient leur territoire se réduire sous la pression des lions et des humains, certains devenant même animaux de compagnie pour de riches familles du Golfe. Un guépard peut passer de 0 à 100 km/h en moins de trois secondes, performance inégalée.

Le Serengeti, pensé pour protéger la nature, est aujourd’hui aussi un pilier du tourisme. La logique économique pèse parfois plus que les idéaux de conservation.

Ce 21 décembre 2012, la fin du monde selon le calendrier maya est attendue. Rien ne se passe, si ce n’est que nous nous préparons à l’ascension du Kilimandjaro. L’aventure continue, et la pause du blog dépendra de la possibilité de connexion au sommet.

L 22 déc : Plaine du Serengeti, Ngorongoro, volcan Ngorongoro, Karatu, Mto wa Mbuu, Makuyuni, Lisongo, Arusha, Machame, altitude 1055-2472 m, 14-25 °C, pluie, pression 761-901 mbar, 407 km

Retour en ligne après dix jours coupés du monde. Derniers éclairages sur les Maasaï : les enfants s’occupent du bétail dès qu’ils marchent, les rites de passage ponctuent la vie. La circoncision masculine et féminine, toujours pratiquée malgré son interdiction, reste ancrée dans la culture, même si des formes symboliques de remplacement apparaissent.

La route vers le cratère du Ngorongoro est spectaculaire : zèbres par milliers, guépards traversant la piste. Le ravin d’Olduvai, haut lieu de la paléoanthropologie, marque un retour aux origines humaines. Le cratère, d’un diamètre de 19 km et de 600 m de profondeur, offre un spectacle impressionnant, mais l’ascension du Kilimandjaro nous attend.

Renouvellement partiel de l’équipe à Arusha. Nouveau départ, direction la montagne.

P 23 déc : Machamé, Porte du Kilimandjaro/Machame, Camp de Machamé, 11 km, pluie, lever 6:20, coucher 18:40

Au pied du Kilimandjaro, les récits d’ascensions ratées et les statistiques de réussite (à peine 2 % au début du XXe siècle) rappellent la difficulté de l’entreprise. La voie Machame, choisie pour la beauté de ses paysages, n’est pas la plus facile. L’ascension commence sous la pluie battante ; les vêtements et sacs ne résistent pas à six heures d’averse tropicale.

Lun 24 déc : camp Kilimandjaro/Machame, camp de Shira, 5 km, pluie, lever 6:20, coucher 18:40

Un réveillon de Noël sans dinde ni sapin, seulement des nuages, de la pluie, de la boue. À 3 000 m, la végétation évolue, prend des allures de toundra. Les aigles planent dans un ciel bas.

Mar 25 déc : Camp Kilimandjaro/Shira, Tour de lave, Camp de Barranco, 10 km, alternance de neige, grêle, lever 6:21, coucher 18:41

Un Noël blanc, littéralement. La montée à la tour de lave (4 600 m) se fait sous la neige et la grêle. L’acclimatation est nécessaire, même si le mal des montagnes guette. L’oxygénation reste correcte, mais certains peinent, ressentant maux de tête ou fatigue intense.

Mer 26 déc : Camp Kilimandjaro/Barranco, Barranco Wall, camp de Karanga, 5 km, pluie, lever 6:21, coucher 18:41

La nuit, le ciel est d’une pureté saisissante, la Voie lactée trace une diagonale. Le mur de Barranco, impressionnant, se laisse finalement escalader sans trop de difficulté. Les journées suivent un schéma immuable : ciel dégagé à l’aube, puis nuages, brouillard, pluie. Tout est trempé. On rivalise d’astuces pour sécher les vêtements, mais l’humidité demeure. Les paysages d’altitude, eux, valent toutes les peines.

Les repas, sobres mais énergétiques, réconfortent avant les deux journées les plus ardues.

Jeu 27 déc : Camp Kilimandjaro/Karanga, Camp de Barafu, 4 km, alternance de neige, grêle, lever 6:22, coucher 18:42

Montée au camp de Barafu (4 600 m). Certains grimpeurs sont au bout du rouleau, soutenus par deux personnes, visages tuméfiés. La perspective du sommet inquiète.

Le dîner se prend tôt, tout le monde tente de dormir avant l’ascension finale. L’angoisse monte.

L’alarme sonne à 22h45, température négative. Thé chaud, quelques biscuits, et la colonne s’ébranle, femmes en tête, hommes à l’arrière. L’ascension commence sous la lune.

Ven 28 déc : Camp Kilimandjaro/Barafu, Kibo Crater/Stella Point, pic Uhuru, Stella Point, Camp Barafu, Camp supérieur, lever 6:22, coucher 18:42

La montée est rude, la neige omniprésente. Vers 5h, certains veulent abandonner, d’autres n’en peuvent plus. Mais Stella Point se profile, l’énergie revient. Lever du soleil sur le cratère, glaciers en contrebas. Encore quarante-cinq minutes et nous atteignons le sommet d’Afrique : Uhuru, 5 895 m. Le froid mord, les doigts bleuis, mais la fierté domine. Toute l’équipe a réussi, ce qui est loin d’être courant. Tiina et Inga, en tête, impressionnent par leur endurance.

La descente, rapide pour certains, éprouvante pour d’autres. Aivo chute sans gravité, la caméra épargnée. Retour au camp, déjeuner, puis encore deux heures de marche vers le camp supérieur (3 797 m).

L 29 déc : camp supérieur, camp de Mweka, Porte de Mweka, Moshi, Machame, pluie, lever 6:23, coucher 18:43

Trois heures et demie pour descendre à la porte de Mweka. La pluie s’invite, l’appareil photo s’embue en quelques secondes. Enfin, douche chaude et vêtements secs attendent les rescapés.

Retour sur l’équipement : les chaussures Salomon tiennent la route, les polaires sont agréables, mais le sac à dos manque d’étanchéité, l’imperméable protège de la pluie mais retient l’humidité. Globalement, le bilan est positif, malgré les conditions extrêmes.

Sur les pentes du Kilimandjaro vit la tribu chaga, la troisième du pays. Difficile de distinguer leurs membres, ni par l’apparence, ni par les habits.

P 30 déc : Machame, Moshi, Bagamoyo, 24-34 °C, pluie, lever 6:23, coucher 18:42, 505 km

Au petit-déjeuner, chacun avance à petits pas, les muscles endoloris. Direction Bagamoyo, via les monts Usambara, terre des Sambaa. Les rites d’ancêtres, où le chant s’accompagne du sacrifice d’une chèvre, ne sont pas observés, la route accapare tout le temps. Le soir, retrouvailles sur la plage avec les nouveaux membres du groupe.

Lun 31 déc : Bagamoyo, lever 6:13, coucher 18:42, pression 1009 mbar, pluie

Initiation au swahili, langue véhiculaire parlée par des millions de personnes. Quelques mots appris suffisent à survivre au marché aux poissons, où j’achète deux manyangas, sortes de maracas. Les peintures naïves, dominées par la figure de la girafe, rappellent Navitrolla. L’eau de l’océan Indien est d’une chaleur surprenante, jusqu’à 32°C près du rivage.

Le soir, veillée sur la plage, les crabes filent à toute vitesse, s’immobilisant dès qu’on les éclaire.

Mar 1er jan : Bagamoyo, 29-31 °C, pluie, pression 1007-1008 mbar, lever 6:13, coucher 18:42, 5 km

Nouvel An fêté deux fois, à l’heure africaine puis estonienne. Mais la joie est ternie par un vol : 200 dollars et un appareil photo subtilisés dans une chambre laissée ouverte. Rappel que la prudence reste de mise, même après des semaines d’aventure sans incident.

Mer 2 janv. : Bagamoyo, Dar es Salaam ; Bagamoyo, 32 °C, humidité 66 %, vent 7 m/s, pluies torrentielles, pression 1003-1008 mbar, lever 6:13, coucher 18:43

La première équipe quitte l’aventure, la deuxième prend le relais. L’expédition continue sur le blog « African Round II : South Africa ».

L’équipe Afrique de l’Est : Aigar « Uigur » Ojaotsa, Laura Ojaotsa, Tiina Jokinen, Peeter Vähi, Aivo Spitsonok, Kaido Kepp, Inga Karu, Ain Starast, Hannes Loopere, Urmas Undrits, Mari-Liis Tamm. À la montée du Kilimandjaro, Aivar, Sander « Suslik » Stara, Katrin Mürk et Helle Karro se sont joints au groupe.

Remerciements à Toyota Baltic AS, au ministère de l’Intérieur, à Ken-Marti Vaher, Dawn Bee, Heidi Pruuli, au ministère des Affaires étrangères, au Dr Helen Mülle, à Sports de randonnée, à Olavi Sööt.

Pour accompagner ce récit, découvrez la musique de l’expédition :
https://old.erpmusic.com/images/music/AfricanRound.mp3

La série télévisée « Mysterious Africa », retraçant cette aventure, a été diffusée le samedi soir à 19h35 du 7 septembre au 28 décembre 2013. Retrouvez les archives de l’ETV : I (Djibouti, Éthiopie), II (Éthiopie), III (Éthiopie/Kenya), IV (Kenya), VI (Tanzanie/Malawi), VII (Malawi/Mozambique/Zimbabwe), VIII (Zimbabwe/Botswana), X (Angola), XI (Congo DV/Congo/Gabon), XII (Gabon/Cameroun Nigeria), XIII (Gabon/Cameroun Nigeria), XIII (Nigéria/Bénin/Togo/Ghana), XIV (Ghana/Côte d’Ivoire), XV (Côte d’Ivoire/Mali), XVI (Mali/Sénégal/Mauritanie/Sahara occidental/Maroc). Articles publiés dans Postimehe Arteris (décembre 2012 à mai 2013), GO Travel Magazine 3/2013 et le livre « African Round ». L’exposition photo « African Round » de Peeter Vähi a été présentée au café universitaire de Tartu du 20 juillet 2013 au 15 juillet 2014. Voir aussi Silk Road Tour, Sibérie-Mongolie et Arctica-Antarctique 2010.

À l’issue de cette traversée, l’Afrique s’est livrée dans toute sa complexité, ses contrastes, ses beautés et ses paradoxes. Ceux qui ont goûté à ses pistes savent que, sur ce continent, chaque horizon en cache un autre, et que l’aventure n’a jamais de point final.