Ülle Schönberg ne tarit pas d’éloges pour la lauréate du concours photo « My Noarootsi » : impossible de passer à côté de l’empreinte viking et de la présence de la mer, deux éléments qui, selon elle, incarnent l’identité même de Noarootsi. La compétition a rassemblé 60 clichés, envoyés par 17 photographes. Cinq d’entre eux ont été distingués par un jury averti.
Le premier prix revient à Sandra Charnetski, pour son œuvre intitulée « Keeping the Sun ». Ce cliché met en scène un navire viking, ancré dans l’histoire locale, et la mer omniprésente qui façonne la région. « La victoire s’explique par la puissance du motif viking et la place centrale de la mer, deux symboles indissociables de Noarootsi », analyse Ülle Schönberg, cheville ouvrière du concours.
La photo primée a pris vie un matin d’été sur la plage de Spitham. Sandra Charnetski se souvient : « J’ai toujours aimé photographier à l’aube. » Ce jour-là, elle n’a d’abord pas remarqué que le soleil semblait lové dans l’arche du navire. Puis, l’instant s’impose : le soleil s’est hissé pile à l’endroit voulu, capturé dans le cadre du bateau viking.
Passionnée par la photographie de nature, Sandra Charnetski s’y consacre avec sérieux depuis trois ans. Une passion renforcée par la lumière singulière de la région.
La deuxième place a été attribuée à Maie Arro pour la photo « Dans le parc ». Un cliché où le banc du parc, selon Ülle Schönberg, devient un clin d’œil au renouveau et à la transmission. « Le banc symbolise l’espoir du neuf, tout en rendant hommage à l’ancien », souligne-t-elle.
Maie Arro raconte la genèse de son image : elle se promenait dans le parc du manoir Pyrksi au début du mois de juin. « De loin, ce banc se détache entre les arbres », décrit-elle. Les branches forment un véritable écrin, tandis que le soleil filtre et illumine la scène. Ce banc n’est jamais statique : il se déplace, il change de place dans le parc. Ce jour-là, il était adossé à ces arbres-là.
Le public n’a pas été en reste : leur coup de cœur est allé à une autre photo de Maie Arro, « Gold Star ». « En novembre, la lumière se fait rare. J’ai enfourché mon vélo, direction le port d’Österby », se rappelle-t-elle. Ce jour-là, la mer était miroir, le soleil se découpait comme une étoile, son reflet dans l’eau venant souligner la douceur du moment.
Pour compléter le podium, trois troisièmes places ont été décernées. D’un côté, Margit Säre avec « Ice Hat » ; de l’autre, Marget Vatku pour « Paysage des Rams » ; enfin, Helja Jõgisman et sa photo « First Ice Rams ». « Ces clichés étaient tout aussi réussis, il aurait été arbitraire de les départager », confie Ülle Schönberg.
Le jury, composé du photographe Eduard Laur, du professeur d’art à l’école de Noarootsi, d’Alar Uus et d’Aivo Hirmo (surintendant local), ainsi que d’Ülle Schönberg, a examiné avec soin l’ensemble des 60 photos reçues.
Parmi les participants, la plus jeune, Lisandra Narrusson, écolière à Noarootsi, a envoyé cinq clichés. Treize des photos sélectionnées sont actuellement exposées dans le hall de la Maison culturelle de Noarootsi. À noter : le dernier concours de ce genre remontait à 2016.
Voici les artistes et leurs œuvres, tels qu’ils ont été mis à l’honneur lors du concours :
- Helja Jõgisman pour « First Ice Ramsil », qui figure parmi les troisièmes places
- Sandra Charnetski, lauréate avec « Keeping the Sun »
- Margit Säre, également troisième avec « Ice Hat »
- Maie Arro, favorite du public pour « Gold Coat Star » et deuxième place avec « Dans le parc »
- Marget Vatku, troisième avec « Rams Landscape »
Les images de Noarootsi racontent bien plus qu’un concours : elles sont la mémoire visuelle d’un territoire, le reflet d’une lumière nordique, d’une mer qui façonne les esprits. L’an prochain, qui viendra capter l’aube ou l’éclat d’un banc sous les arbres ? La scène reste ouverte, l’histoire continue à se photographier.








