Nous avons presque droit à une grasse matinée ce matin, en ne se levant qu'à 8h00. Le temps est toujours nuageux, les montagnes environnantes ont blanchit, signe qu'il a neigé cette nuit.
Nous allons sur un promontoire qui permet d'avoir une vue panoramique sur la Laguna Colorada. Son nom vient de la succession de différentes couleurs qui la compose. Le lac ne fait que 80 cm de profondeur et les flamands roses sont toujours là, plus nombreux que jamais, se reflétant dans l'eau rouge. Même les nuages, très bas, prennent une teinte rose, ce qui donne parfois l'illusion que le lac et le ciel se rejoigne, faisant disparaître la ligne d'horizon.

Nous longeons une immense vallée plate ou la brume s'épaissit. Une fine neige commence à tomber et au bout de 5 minutes, c'est le déluge. Je ne vois plus rien du paysage aux environs, je suis dégoûté ... Normalement a cette époque de l'année, il ne neige pas, mais là, nous n'avons pas de chance. La plaine se recouvre d'un manteau blanc, faisant disparaître les traces des autres véhicules. Je me demande comment notre guide fait pour suivre la bonne route !
Au bout d'une demi-heure, l'horizon s'éclaircit et nous sortons petit à petit de la purée de pois. Des traînées de brumes qui s'accrochent au sol sont balayés par le vent, et donnent à l'endroit une atmosphère mystique. Lorsque nous arrivons au pied du fameux Arbol de Piedra, curieuse formation rocheuses en forme d'arbre, les nuages sont hauts dans le ciel et quelques rayons de soleils apparaissent même de temps à autre. Ma bonne étoile veille toujours sur moi, et sur mon appareil photo ! D'autres rochers disséminé à intervalle régulier semble formé des ruines d'un village, raison pour laquelle l'endroit est appelé Ruinas de Rocas.

La route continue le long d'autres formations rocheuses, d'origine volcanique. On dirait que des milliers de galettes ont été empilées pour former un mur. Une curieuse mousse verte recouvre parfois la roche ocre, créant un contraste étonnant. J'ai l'impression d'être sur une autre planète. Des petits bonhommes verts avec des antennes surgiraient derrière moi que ça ne me surprendrait même pas !

A propos d'extra-terrestres, nous en avons croisé deux en vélo, descendant vers le Chili, alors qu'il pleuvait encore, et que le vent glacial balayait la piste rocailleuse. Inconscience ou courage extrême ? Ce qui est sûr, c'est que de l'intérieur de mon confortable 4X4, au sec et où il fait à peine 10 °C, j'admire ces deux là.
Nous entamons à nouveau une montée jusqu'à un nouveau plateau désertique entouré de cônes volcaniques et où les traces rectilignes des 4X4 se perdent à l'horizon.

Nous passons un col, et la Route des joyaux commence : une succession de 4 lagunes à plus de 4200 mètres d'altitude. Les paysages époustouflants qui s'offrent alors à mes yeux se passent de commentaires. Les photographies disent tout.
La Laguna Honda. Cesar nous laisse en haut du promontoire, et nous récupère 300 mètres plus bas, au pied de la lagune.

La Laguna Charcota, au pied de son volcan.

La Laguna Hedianda, une merveille de la nature, l'un des plus beau paysage qu'il m'ait été donné de voir dans ma vie. Nous nous y arrêtons pour déjeuner, mais j'aurai pu rester des jours à contempler le spectacles des flamands roses, et le reflet des volcans enneigés dans l'eau salée. Même les convois de 4X4 qui commencent à arriver de Uyuni, et qui déversent des dizaines de voyageurs sur les rives ne me perturbent pas. Je suis sur une autre planete, celle du bonheur.



La Laguna Canapa est un peu moins impressionnante en comparaison des autres, mais le spectacle vaut toujours le détour. Cesar s'arrête quand même car il sait que je veux une photo de toute façon.

Nous approchons de l'Ollagüe, volcan actif de 5865 mètres à cheval sur la frontière Bolivio-chillienne.
Depuis le champ de roche volcanique en forme de vagues, je peux parfois apercevoir des fumerolles quand les nuages se dissipent. Plus nous nous en approchons, et plus j'ai envie d'y monter pour voir ça de plus près. Une autre fois surement ...

La route commence à descendre et le Salar de Chiguana apparaît au loin. Le vent crée des tornades de poussière visibles à plusieurs dizaines de kilomètres.

Nous traversons le Salar, et nous arrêtons à San Juan, village endormi en plein milieu de cette immense étendue de sel. L'activité principale est la culture de la Quinua. A proximité se trouve un cimetière inca unique dans toute l'Amérique du Sud. Les tombes sont des monticules de sel, appelés Chullpas, et contiennent encore quelques ossements des malheureux qui ont été enterré là vivant. La tradition voulait que les personnes considérées mauvaises soit enterrées vivantes, unique chance pour elles de se réincarner dans une personne meilleure. Nous allons ensuite visiter un petit musée qui donnent plus d'information sur le site funéraire.

Enfin, à 17h30, nous arrivons à Colcha K, village en bordure du Salar de Uyuni, où nous allons passer la nuit dans une chambre un peu spéciale. Les lits sont fait en bloc de sel, et une fine couche de sel recouvre aussi le sol. Un fin matelas encore dans son plastique est posé sur les blocs durs. Original, mais pas très confortable.
Demain est la dernière journée de notre circuit avec la traversée du Salar de Uyuni. Grand moment en perspective. J'ai hâte.

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