Jeudi 14 juillet 2005

Des 6h30, la plage est remplie d'ombres chinoises mettant des barques à l'eau. La pêche commence dans le village de Venice Beach ou le backpacker est installé. Avec Craig, nous nous promenons au milieux des pêcheurs qui extirpent méticuleusement les poissons argentés de leurs filets, assis sur la plage.



 

Les enfants les aident, et les femmes étalent la prise du jour sur des longues bandes de paille installées en hauteurs pour faire sécher les poissons. Quelques photos, et nous repartons sur la route pour Monkey Bay.



Nous avons encore raté la navette pour Cape Maclear, ou nous voulions passe la journée. Nous partons donc à pied en espérant qu'un matola, ou un pick-up passe par là, et nous emmènent. La piste serpente dans la brousse et disparait au loin entre des petites montagnes. Personne, à part nous, et pas un seule voiture en vue au bout de 2 heures de marche. Par contre, nous croisons pleins de jeunes en bicyclette qui se rendent a Monkey Bay, dans le sens inverse.



A 12h30, nous apercevons enfin le lac Malawi à l'horizon, et quelques batiments indiquant la présence d'un village. Nous coupons la route via une école. Grosse erreur ... En 5 mn, une cinquantaine de gosses nous suit en riant, en faisant des acrobaties pour nous impressionner, en nous interpellant avec des "hello" à répétitions. Nous avons vidé l'ecole sans faire exprès...



Quand je me retourne d'un coup en poussant un grand cri, la nuée se disperse à toute allure, en riant, puis en 30 secondes, tout le monde est à nouveau là, marchant dans nos pas en attendant la prochaine alerte du Grand Méchant Loup. Nous nous dirigeons vers la plage à vive allure, mais notre joyeuse ribambelle des gamins est toujours à nos trousses au bout de 20 mn. La plage ne manque pas d'activite : un village traditionnel de pêcheurs y est installé et, c'est l'heure de la lessive. Quelques adultes crient au enfants de nous laisser tranquille, et au bout de 500 mètres,  tous ont enfin rebroussé chemin.

Nous devons nous aussi faire demi-tour car nous nous sommes trompes de route ! Nous traversons donc à nouveau le village. Un cimetière y est installé :. les tombes sont de simples amas de terre, au bout duquelle une bassine en metal est retourné. Dessus est inscrit au marker ou a la peinture rouge le nom et les dates du défunt. Personne ne dépasse les 40 ans ... 30% de la population est sero-positive.

Arrive au croisement que nous avons loupé, un pick-up, envoyé par le ciel nous prend gratuitement. J'ai les pieds en compote avec mes tongs, on marche depuis plus de 3 heures sans eau, ni nourriture. En fait, on était encore sacrément loin.

Cape Maclear est un paisible village installe le long d'une fine bande de sable, dans une baie ou l'eau est claire comme du cristal. Tranquilité totale, un petit paradis pour le voyageur fatigué. On déjeune dans le seul restaurant du coin (excellent), puis on reste 1 heure sur la plage.





A 16h30, il faut déjà repartir, et nous attendons le matola avec un autochtone. Le soleil se couche et toujours rien ...



En fin, la nouvelle tombe à la nuit complète : pas de navette, ni de pick-up pour retourner a Monkey Bay. En fait, il n'y en a pas eu de l'après-midi ! Nous sommes donc bloqués à Cape Maclear avec aucunes affaires avec nous.

Mais un petit espoir apparait quand un pick-up de la police stationne devant le restaurant. Le poste principal est à Monkey Bay, ce qui signifie qu'il vont bien finir par y retourner ce soir. Normalement, la Police n'a pas le droit de prendre des gens. Craig parle avec l'officier supérieur, une femme hautaine qui n'est pas commode. Nous l'interrompons pendant son diner ...ce qui nous donne l'idée de lui offrir à boire pour faire descendre le tout. Oui, cela s'appelle de la corruption ! Nous faisons de même avec les 9 autres policier présents, et nous attendons sagement la fin du repas. Enfin, notre patience et notre audace est récompensée : un policier nous explique qu'il va faire semblant de ne pas arriver a démarrer la voiture, nous allons venir les aider a pousser, et dès que nous sommes hors de vue des gens du village, nous devons sauter à l'arrière.

Le stratagème fontionne à merveille, et 1 heure plus tard, nous sommes de retour a notre backpacker, encore étonnés de l'épilogue de cette journée.

par Ludovic publié dans : Malawi
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Mercredi 13 juillet 2005

Monkey Bay est un petit port de pêche sur les bords du Lac Malawi, réputé pour la beauté de l'endroit, mais surtout, c'est le point de départ du ferry qui traverse le lac du sud au nord 1 fois par semaine, et que je souhaite prendre. Je quitte donc mon ami péruvien Fico, et prend la direction de la gare avec Craig, un anglais, qui comme moi, a quitté son travail il y a 2 mois pour voyager.

Nous arrivons a la gare routière a 6h30, pour avoir le  premier bus. Asis sur une plateforme d'où dominons les stands de bus, nous patientons en regardant la vie économique du Malawi se dérouler sous nos yeux : les porteurs de tabac et de marchandises en tout genre défile a un rythme effrené, malgré les sacs 2 fois plus gros qu'eux sur leur épaules.



A 9h00 toujours pas de bus. A 9h30, un bus arrive mais le controleurs m'affirme que le bus va a Mangochi, une ville à 50 km au sud de Monkey Bay. Nous patientons encore 30 mn. A ce rythme, nous n'allons jamais partir ! Je propose donc a Craig de prendre le bus pour Mangochi et de ralier Monkey Bay avec un matola (mini-bus navette qui va partout).
En montant dans le bus, nous apprenons par le chauffeur que c'est en fait le bus pour Monkey Bay ... Il est déjà plein et nous nous entassons à l'arrière sur une banquette en vinyl. Coût du trajet, 470 kwachas, soit à peine 4 euros. A 10h00, le bus part enfin.



Monkey Bay n'est qu'à 350 km de Lilongwe, mais la route étant mauvaise sur la majeure partie du trajet, et le bus s'arrêtant toutes les 30 mn pour prendre des gens, le périple dure environ 8h00. Nous traversons une afrique sous développé authentique, ou les villages en brique de terre et aux enclos en bois se succèdent. A chaque arrêt, uneî nuée de vendeurs à la sauvette se précipitent à nos fenêtres pour nous tendre à bout de bras des maïs grillés, des salades, des boissons ou des beignets.

A 15h00, nous quittons la route pour une piste de terre pousierreuse qui s'enfonce dans l'arrière pays. A 18h00, nous arrivons enfin à Monkey Bay. La nuit tombe et nous avons raté, la derniere navette pour Cape Maclear, un petit village paisible à 25 km de Monkey Bay, ou nous souhaitions dormir. Des jeunes essayent de nous soutirer une fortune pour nous y emmener, mais après réflexion, nous préférons dormir sur place. Nous suivons dans la nuit, pas rassuré du tout, 2 jeunes qui nous guident vers le Backpacker Venice Beach, en bord de plage. Après  15 mn de marche, nous arrivons enfin dans un grand bungalow d'ou nous entendons le bruit de petites vagues.

par Ludovic publié dans : Malawi
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Lundi 11 juillet 2005
Mon premier travail de la journee est de faire faire mon visa pour la Tanzanie.
Fico vient avec moi ce matin car le siege de l'UNCHR se trouve a proximite de l'Ambassade de Tanzanie. A 8h30, je suis devant la porte et remet mon formulaire, ma photo mon passeport, la copie de mon passeport et les 50 dollars a la fonctionnaire en poste. J'attend 5 mn, puis elle revient en me disant que mon visa sera pret demain. J'halucine!  Elle se tourne les pouces toute la journee, et il lui faut 24 heures pour mettre un tampon et faire une signature. Mieux vaut ne rien dire sinon, ca pourrai etre pire, donc je fait juste une tentative pour lui faire comprendre que je suis presse, et je m'en vais.

Je me dirige vers le bureau de British Airways pour voir si je ne peux faire changer mon depart d'Afrique, depuis Dar es Salaam en Tanzanie, au lieu de l'actuel Nairobi au Kenya. Mais leur systeme informatique est hors service, donc impossible de faire la moindre operation sur mon dossier. Je me dis que je vais aller patitenter au cyber cafe  a cote, mais la aussi, le reseau  ne fonctionne plus.  Pas de chance ce matin !

Du coup, je vais prevenir Fico a son bureau que je retourne au centre-ville. Je fais quelques courses de nourritures, j'achete une calculatrice car je commence a etre perdu avec toutes ces monnaies que je manipule, et je rentre dejeuner au Camp.

En plus du visa, je me rend compte qu'il me faut aussi un guide de Tanzanie. Je retourne en ville voir dans les 3 pseudos librairies s'il n'y a pas un lonely Planet qui traine (sans grand espoir), mais les etageres sont vides. Meme pas un guide de leur propre pays n'est disponible !  Il ne me reste plus qu'a faire des copies d'un guide ancien que j'ai trouve au Kiboko Camp.
Decidement, mon organisation pour la Tanzanie devient complique.
par Ludovic publié dans : Malawi
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Dimanche 10 juillet 2005
Le dimanche, tout est fermé au Malawi. Pas grand chose a faire si je reste ici. Fico, un péruvien qui travaille pour l'UNCHR, et qui dort dans la même chambre que moi, me propose d'aller a Senga Bay pour la journée. Senga Bay est le village cotier sur le lac Malawi le plus proche de Lilongwe, soit un peu plus de 150 km a faire. Il faut se dépêcher car il est déjà 11h00 et nous devons utiliser les transports locaux pour arriver, ce qui signifie que le trajet peut vite se transformer en parcours du combatant.

Nous prenons d'abord un minibus depuis la gare routière. Le minibus africain est un van souvent délabré, comportant 9 places assises a l'arriàre, plus 2 places près du conducteur. Le minibus ne pars que lorsqu'il est plein. Et un minibus plein embarque 18 passagers ! Et bien sûr, plus il va loin, et plus il est long a se remplir. Nous prenons place à l'avant et attendons donc 30 mn que le remplissage se fasse. Tous les marchands ambulants de la gare défilent a notre fenêtre pendant ce temps.



Le trajet  dure 1h30 jusqu'a Salima, d'ou nous trouvons un vieux pick-up qui nous prend dans sa benne pour effectuer les 15 derniers km. Bien sur, il faut attendre que la benne se remplisse de personnes, puis, il doit prendre de l'essence, et il s'arrete 5 ou 6 fois en route pour decharger et charger d'autres personnes.





Nous arrivons finalement à Senga Bay a 15h00. Le pick up nous dépose sur la route principale et nous effectuons le dernier kilomètre à pied en traversant le village, avec un guide et un artiste rasta a nos basques. Le rasta ne nous lachera pas tant que nous n'aurons pas regardé ses peintures, et le guide nous suivra jusqu'à ce que nous repartions, 2h00 plus tard.

La plage n'est pas tres large et est remplie de malawiens : des femmes qui lavent leur linge avec l'eau du lac, des pêcheurs qui réparent leurs filets ou repeignent leur barque, des gamins qui s'amusent a faire des acrobaties dans le sable, et quelques adolescents qui fleurtent, ou qui regardent les passants. Le lac avec son eau  d'un bleu profond est superbe. La plage qui s'etend a l'infini  alterne un jaune clair  avec parfois des bancs de sable noir, ou ocre. Nous longeons la plage pendant 1 heure, admirons le panorama,  puis nous rebroussons chemin vers la route principale.









Avant de repartir, nous déjeunons dans un boui-boui, assis à l'exterieur. Le repas est un mélange de boeuf avec des épinards, le tout baignant dans une délicieuse sauce, que l'on éponge à l'aide de boulettes blanches et molles faites avec de la farine de mais appelées nsima.

Nous reprenons un pick-up pour Salima, mais lorsque nous arrivons a l'endroit ou les bus sont censes partir pour Lilongwe, nous apprenons que le service est fini. Il nous faut aller a 5 km d'ici pour trouver des minibus. Le temps presse car il commence a faire nuit. Nous prenons donc chacun un taxi-bicyclette. Le porte-baggage est amenage avec une plateforme plus large, rembouree de mousse pour amortir les chocs, et des cales-pieds ont ete ajoutes sur la roue arriere. Nous traversons la ville sous les regards amuses des locaux. A nouveau, il faut attendre 30 mn que le mini-bus se remplisse et 2 heures plus tard, nous voila de retour au Kiboko Camp. Une bonne journée qui nous aura coute a peine 5 euros (800 kwachas) transport et dejeuner local compris. Qui dit mieux ?
par Ludovic publié dans : Malawi
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Samedi 9 juillet 2005
Malgré son statut de capitale, Lilongwe est une ville archaïque, poussiereuse, et sans grand intérêt pour les voyageurs. Juste un point de passage obligé pour aller en Zambie, ou pour faire un visa pour un pays voisin.













 
par Ludovic publié dans : Malawi
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Vendredi 8 juillet 2005
 Je pars a l'assaut de Lilongwe des 9h00 car j'ai beaucoup de choses a faire aujourd'hui. Je vais retirer de l'argent, puis je m'installe dans un cafe internet. A midi, je repense a mon visa pour la Tanzanie, ma prochaine destination, que je dois deja anticiper en terme d'organisation.. Un grosse peur m'envahie : j'ai le souvenir d'avoir lu que le visa etait obligatoire pour la Tanzanie mais qu'on ne peut pas en faire la demande a la frontiere, il faut aller d'abord a l'Ambassade. Le probleme, c'est qu'il ne semble pas y a voir d'Ambassade de Tanzanie au Malawi. La plus proche est ... en Zambie, a Lusaka !
Je relis mon guide en long et en large, aucune adresse. Je vais chercher sur internet, aucune adresse, mais je lis quelques informations de voyageurs qui confirment mes craintes... J'essaye d'appeler l'Ambassade de France au Malawi, mais ca ne repond pas. J'appelle l'Ambassade de France en Tanzanie, et la personne au bout du fil, ne me rassure pas plus. Je me vois deja retourner en Zambie pour faire faire le visa... 1 semaine de perdue a coup sur. Les boules ....

Avant de prendre toute decision, je prefere dejeuner, pour prendre du recul et reflechir a la situation. A la fin du repas, je demande au serveur s'il connait l'existence de cette ambassade. Pour lui, elle existe bien et se trouve dans le quartier diplomatique. Une lueur d'espoir surgit ... Je saute dans un taxi. Ile semble pas savoir exactement ou ca se trouve mais me dit qu'il connait. Ca sens le plan foireux, juste pour prendre la course. Une fois dans le quartier, il s'arrete un fois pour demander le chemin, puis une deuxieme fois. Il a une adresse, mais l'Ambassade a demenage ... comme par hasard. Et puis, il s'arrete devant un drapeaux et me dit "la, c'est le drapeau Tanzanien!"
J'ose pas y croire, je saute du taxi, et arrive devant le bureau ou il est bien ecrit "Haute Deleguation de Tanzanie". Je demande s'il peuvent me faire un visa, et la reponse arrive comme une delivrance. Mais Lundi seulement, car il est trop tard aujourd'hui (14h45). Pas grave, je suis deja trop content de ne pas devoir retourner en Zambie. En fait, le bureau a ouvert l'annee derniere seulement.
Je retourne en ville le coeur leger, pret a me detendre pendant 2 jours. Lundi a 8h00, je suis sur le branle-bas-de-combat devant leur porte. Le RV avec mon taxi est deja pris.

De retour a la Guesthouse, je fais la connaissance de ma voisine de chambre, Elisabeth une americaine volontaire dans une ONG en Afrique du Sud.
par Ludovic publié dans : Malawi
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Vendredi 8 juillet 2005
par Ludovic publié dans : Malawi
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