Je me lève à 4h30 pour admirer le passage du bateau dans le détroit de Bransfield. Je passe prendre Audrey en chemin, et je fonce sur le pont pour voir ce que ça donne. Le spectacle est encore montée en grade : le bateau navigue au milieu d'une mer de morceaux de glace qui se sont agglutinés et qui dérivent. Des gros icebergs sculptés par le vent et l'eau de mer crées un véritable labyrinthe dans lequel le bateau doit se faufiler.
Les plus vieux ont une couleur bleue translucide due à la densité de la glace qui est plus forte que sur les icebergs plus récents. Nous avançons à allure réduite et les 3 officiers du bateaux sont sur le pont, les yeux rivées aux jumelles. Souvent, j'ai l'impression que nous fonçons droit sur un iceberg, mais au denier moment, un passage apparaît et nous passons parfois avec à peine 5 mètres de distance entre la coque et l'obstacle.
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Je photographie comme un dingue, grimpant dans tous les sens les différents niveaux de passerelles pour trouver le bon angle et la bonne lumière. C'est absolument fabuleux, et je ne suis pas le seul à le penser : à 6h00, la moitié des passagers se trouve sur le pont, caméras et appareils photo en main !
Les premiers pingouins apparaissent. Tout mignons, ils semblent abandonnés sur leur morceau de glace flottant. Dès que le bateau approche, ils se regardent, comme pour se dire "bon les gars, il faut y aller maintenant, suivez moi, c'est par là", puis ils se dandinent maladroitement vers le rebord, et disparaissent dans l'eau à la queue leuleu. Souvent, il en reste quelques un sur la banquises qui semble rechigner à plonger alors qu'ils avaient pris de l'élan, mais ils hésitent en faisant des mimiques, comme si l'eau était trop froide pour eux. Ces petites bêtes sont vraiment adorables.
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Nous arrivons à 8h00 à l'île de Paulet, de l'autre côté de la Péninsule Antarctique. L'île, un volcan éteint à la roche noire qui contraste avec le paysage de glace aux alentours, accueille la plus grande colonie de pingouins Adelie au monde. Effectivement, en regardant la côte avec les jumelles, je peux facilement distinguer des milliers de petits points noirs et blancs.
Et nous allons y débarquer ... après le petit déjeuner. Je retourne à ma cabine enfiler 2 couches supplémentaires de vêtements (5 au total), mon sur-pantalon étanche, ainsi que ma veste, et 2 paires de chaussette. Je cherche pendant 15 minutes la cagoule en polaire que je m'étais acheté exprès pour l'expédition, mais impossible de mettre la main dessus, donc je me résigne à me geler le crâne. J'enfile mes bottes en caoutchouc, et me voilà fin prêt pour affronter le froid de l'Antarctique. Tout le monde se rassemble dans le hall, puis nous descendons vers le pont où nous devons préalablement à l'embarquement dans les Zodiacs, passer nos bottes dans un liquide désinfectant.
A 8h45, je touche le sol de l'Antarctique. Mais ça ne compte pas vraiment à mes yeux car nous ne sommes pas sur le continent lui même. Le guide nous apprend que c'est la première fois cette année qu'une expédition réussit à atteindre l'île, car jusqu'à présent, le détroit était infranchissable en raison de l'accumulation de la glace. Ma chance légendaire ... Le premier contact odorant n'est pas des plus agréable... les rochers sont recouverts de fientes de pingouin. Nous avons la consigne de ne pas approcher les ptites bêtes à moins de 5 mètres. Chaque mètre carré de l'île est recouvert d'un pingouin. Ils restent souvent immobiles, hurlent en pointant le bec en l'air, ou trop occuper à nourrir leur progéniture car nous sommes en pleine période de nidification.
Je m'attarde sur la côte ou des groupes se sont installés sur la glace flottante, en attente d'un plongeon, ou de pingouins qui regagnent la terre ferme.
Je marche vers l'intérieur de l'île jusqu'à un promontoire qui domine un lac volcanique gelé. Les pingouins ont aussi colonisé l'endroit et déambulent sur la patinoire que représente le lac, en faisant des glissages sur le ventre pour avancer plus vite. Je reste 15 minutes à essayer de photographier un couple de bébés à la fourrure grise qui passe son temps fourré entre les jambes de sa mère, puis je redescent vers la côte, où je regarde les pingouins nager et venir sur la plage.
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Je fais pas mal de vidéos des pingouins car c'est plus adéquat pour se rappeler de leur démarche amusante. La température est d'environ 0 °c mais avec le vent, elle devient inférieur. J'ai les pieds gelés dans mes bottes. Au bout de 2h00 sur l'île, le ballet des zodiacs reprend pour nous ramener sur le bateau, qui se met aussitôt en route vers notre prochaine destination : la base antarctique Argentine "Esperanza".


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