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Chili

Samedi 31 décembre 2005 6 31 /12 /2005 00:00
Parcours depuis le refuge Paine Grande jusqu'au Camping Grey

Amichay me réveille à 6h00 au lieu de 7h00 car sa montre avance de 45 minutes et nous sommes déjà en 2006... Je me lève à 6h30, prend une bonne douche chaude, la dernière avant quelques jours, et je vais prépare le petit déjeuner. Le sac de lait en poudre explose entre mes mains, ça commence bien. Je dois mettre le reste dans ma gourde.

Mon sac est super lourd, je me demande si je vais arriver à le porter pendant 8 heures de suite. Il fait plus de 25 kd quand je le pèse, et je m'aperçois avant de partir que j'ai oublié 2 kg de bananes sous le lit. Je vais en baver, ça c'est sûr ! Le bus klaxonne à 7h45 et nous embarquons. Un petit tour de la ville pour prendre d'autres randonneurs, et nous prenons la route définitive 15 minutes plus tard. Le trajet dure 2h30 en passant pas de belles vallées, et les premiers sommets enneigés apparaissent au bout d'1h30. Ca promet ...

Nous arrivons au poste d'entrée, où le bus fait un arrêt pour que nous allions payer l'entrée du Parc (10 000 pesos). Je me fais une petite frayeur pendant 2 minutes en ne trouvant pas ma sacoche avec mon passeport, mes CB, et tout mon argent à l'endroit où je pensais que je l'avais mise. Je ne l'ai quand même pas laissé au backpacker avec le reste des affaires !!! Je vide mon sac et la trouve, soulagé. A peine remis de mes émotions, que j'aperçois le couple italien qui était avec moi sur le bateau pour l'Antarcctique. Nous nous retrouvons avec un grand sourire. Ils vont aussi faire de la randonnée, mais restent dans les hôtels du Parc à 30 dollars la nuit.

Le bus repart en longeant des superbes collines rouges et vertes derrière lesquelles je peux brièvement apercevoir les montagnes aux contours déchiquetés qui font la renommée de Parc. Les nuages accrochant les sommets les rendent encore plus impressionnantes. Le bus nous dépose au pied d'un lac, dont l'eau turquoise rappelle plutôt les Caraïbes que le fin fond de la Patagonie. En plus, le soleil brille dans un ciel dont pas un nuage ne vient tacher le bleu profond. Il fait près de 25°C, on se baignerai bien dans le lac, mais l'eau est à 10°C ! Un petit catamaran (10 000 pesos) nous attend un peu plus loin, pour nous permettre de rejoindre le point de départ du trek, le refuge Paine Grande situé sur la rive du fjord. Nous patientons 30 minutes que le bateau se remplisse, et nous voilà naviguant pendant 30 minutes sur un lac de formation glaciaire au bleu magique, et depuis lequel le panorama sur les montagnes est superbe. Bonne introduction.

 


Aussitôt le pied à terre, nous préparons nos sandwichs de thon à la mayonnaise, une banane chacun, un coup d'oeil sur la carte du Parc, et c'est parti ! Il est 13h30 et nous avons 5 heures (d'après la carte fournie à l'entrée du Parc) de marche jusqu'au Camp Grey, au pied du glacier Grey, que nous voulons atteindre pour y passer la nuit. Moti et Sarah viennent avec nous car nous avons le même itinéraire. Le chemin emprunte une petite vallée qui monte et d'où nous avons déjà un panorama époustouflant depuis au sommet : sur le fjord derrière nous, et sur deux autres lacs devant nous.



Ca fait juste 1 heure que nous sommes partis mais je commence déjà à souffrir sous le poids de mon sac. Le chemin longe le lac Grey dans lequel je peux bientôt apercevoir des petits icebergs bleus, des morceaux du glacier Grey que nous ne voyons pas encore, et qui ont dérivés jusque là.


Ce qui est vraiment bien au Parc Torres del Paine, c'est qu'il n'y a pas besoin de porter tout le temps 3 litres d'eau avec soi. De nombreux ruisseaux provenant directement des glaciers coulent un peu partout, et il est facile de remplir sa gourde toutes les heures. En plus, l'eau est fraîche, pure, et absolument délicieuse. Ce qui est moins bien, c'est le nombre de randonneurs que nous croisons : en deux heures, j'ai dû déjà dire 50 fois bonjour. Ici, c'est la mecque, voire le Disneyland, du trekking.

Nous arrivons à un col vers 16h00 qui nous permet de voir enfin le glacier Grey : une immense langue de glace coupée en deux par une ile rocheuse avant de plonger dans le lac. Impressionnant. Nous apercevons aussi au loin notre première étape, mais pas le camp final. Il y en a bien pour encore 2 heures avant de l'atteindre, je suis claqué, et je commence à croire que nous n'allons pas y arriver avant la nuit.


Nous amorçons la descente en longeant le lac, à travers une forêt verdoyante, une végétation d'arbustes épineux avec des baies rouges, des touffes de mousses énormes, et des nombreuses fleurs jaunes, blanches, violettes. Il faut ausi traverser de nombreuses rivières qui crées de champs de boue, mais heureusement, l'administration du Parc a prévu des  passerelles sommaires ou des longs troncs d'arbres couchés en travers.


A 18h00, nous arrivons enfin au premier camp, j'ai les pieds en bouillie (mais pas d'ampoules, un miracle ...),  les épaules douloureuses, le dos aussi. Il nous reste une heure encore pour atteindre notre destination, via un chemin qui monte furieusement au milieu de racines d'arbres et de gros cailloux. Un truc parfait pour m'achever... Bien qu'ayant toujours marché devant, je partage avec les autres mon peu d'enthousiasme à continuer. Nous sommes tous d'accord, donc nous décidons d'établir notre campement ici pour cette nuit, de laisser nos sacs à dos, d'aller voir le coucher de soleil à notre destination finale au dessus du glacier, et de revenir.

Nous montons les tentes, et c'est reparti une heure plus tard ! Quand je vois l'état du chemin, je suis trop content de ne pas y être allé avec mon gros sac à dos. En plus, le camp est quasiment vide, et sans douches. Nous nous installons sur des rochers, 100 mètres au dessus du glacier pour apprécier la vue panoramique, restons presque une heure et nous rentrons préparer notre dernier dîner de l'année avant que la nuit tombe.


 
Par Ludovic - Publié dans : Chili
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Vendredi 30 décembre 2005 5 30 /12 /2005 00:00

Je me lève à 7h00. Amichay prépare un énorme petit-déjeuner alors qu'il ne nous reste que 10 minutes pour tout avaler et partir. Je prépare mon sac à toute allure,  et nous nous nous dirigeons vers l'agence où nous avons acheté nos billets qui est le point de départ du bus. Il est confortable et je dors une grande partie du trajet, toujours fatigué de mon épopée en Antarctique et de ma nuit blanche à Ushuaïa. La route longe à nouveau le Détroit de Magellan, puis suit une vallée verte, entourée de petites montagnes dont les sommets mordent les nuages gris.

Nous arrivons à Puerto Natales à 12h30, petite ville tranquille au bord d'un fjord, point de départ pour organiser sa randonnée au mythique Parc National du Torres del Paine. Nous cherchons un Backpacker pas cher, mais surtout avec une bonne ambiance et des gens cool pour y passer le réveillon du 31. Tout semble trop tranquille, et finalement, nous nous décidons pour une auberge dont le propriétaire nous a semblé sympathique. Le lit en dortoir coûte 2500 pesos, et les partie communes de la maison sont confortables.

Nous allons déjeuner dans un boui-boui, puis nous cherchons un café Internet. Au fur et à mesure que nous arpentons les rues, je me dit que j'aime bien cette ville. Encore plus qu'à Ushuaïa et Punta Arenas, il y a un esprit de ville du bout du monde, de pionniers, une atmosphère typique de Patagonie. Ses rues larges à l'asphalte défoncé, aux trottoirs bordées d'arbres, avec ses maisons de 50 ans aux façades en bois et aux toits de tôle lui donne un caractère paisible, voire trop pour y fêter un jour de l'An. Je me demande si ça vaut le coup de rester ici.


 


Nous trouvons un café Internet à la connexion lente, et je continue de mettre à jour le blog avec les articles de l'Antarctique. En sortant, Ami se demande, comme moi, s'il va y avoir la fête ici demain soir. "Tout dépend de ce que tu en attends... pour ma part, pas grand chose", et sur ce, nous décidons de partir dès demain matin pour 5 jours de Trekking dans le parc du Torres del Paine. J'adore les gens qui savent prendre des décisions  rapidement. A défaut de faire une grosse fête, nous allons finir l'année de manière originale, dans un décor de rêve.

Il est 17h00, et le marathon des préparatifs commencent. Nous retournons à l'hôtel étudier le parcours, le propriétaire du backpacker s'occupe de nous réserver un bus pour 7h30 (15 000 pesos aller-retour, 2h30 de trajet) pour nous emmener à l'entrée du Parc. Nous faisons le calcul de la quantité de nourriture que nous avons besoin et partons au supermarché. Puerto Natales doit être la ville du Chili avec le plus de supermarchés par habitant, donc nous avons l'embarras du choix. Au menu : céréales, thon en conserve, soupe déshydraté, pâte et riz, beurre de cacahuète, etc ... le parfait régime alimentaire du randonneur ! Nous allons ensuite louer notre matériel de camping : tente, matelas, camping gaz, gourdes, toute la vaisselle. L'agence de location a un coffre-fort, donc j'en profite pour demander si je peux y laisser mon ordinateur en caution au lieu de ma carte bancaire où mon passeport. Nous voilà prêt en moins de 2 heures !

Nous allons dîner, puis je retourne sur Internet finir mon travail. De retour à l'hôtel, je prépare mon sac. Le dortoir est un vrai bordel car tout le monde fait pareil. Motichay, un autre israélien, et Sarah, une anglaise, partent aussi demain, avec le même bus que nous. A 00h30, je suis prêt. Ma dernière nuit complete en 2005 commence.

Par Ludovic - Publié dans : Chili
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Jeudi 29 décembre 2005 4 29 /12 /2005 09:00

Le lever de soleil se termine vers 5h30. Christophe et moi retournons à l'hôtel. Le rendez-vous pour prendre le bus pour Punta Arenas étant à 7h30, je me dis que ça ne vaut pas le coup d'aller me coucher pour 2 heures, le réveil va être trop difficile. Christophe va dormir et je reste donc éveillé en me faisant un café puis en allant sur Internet. A 7h00, je monte préparer mon sac et dire au revoir à mes amis. Amichai vient avec moi car il prend le même bus, et va suivre le même parcours que moi pour les 15 prochains jours. Nous allons donc voyager ensemble. Audrey nous accompagne au bus. Je la sens un peu triste de nous voir partir l'un après l'autre après les 10 jours géniaux que nous avons passé tous les quatre en Antarctique. Nous retrouvons dans le bus un hollandais qui était avec nous sur le bateau mais avec lequel je n'ai jamais discuté.

Le paysage à la sortie d'Ushuaïa à l'air très beau, mais la fatigue refait surface et je m'endors en quelques minutes. De temps en temps, j'ouvre les yeux pour voir ou nous sommes.

Bientôt, nous arrivons dans une région de plaine herbeuse longeant la côte, balayée par le vent. Me voilà dans la Terre de Feu comme je l'imaginais, une terre sauvage, désertique, où la vie est rude. A midi, le bus arrive à San Sebastian, hameau frontière avec le Chili :  devant nous une piste jusqu'à l'horizon, derrière nous la même chose.


Les formalités prennent une bonne demi-heure puis nous repartons dans un no-mans-land, pendant 5 minutes avant d'arriver au poste frontière chilien. Je me suis fait une petite frayeur à la douane argentine, car j'ai oublié de me débarrasser des feuilles de coca que j'avais acheté en Bolivie contre le mal des montagnes, et lorsque le chauffeur du bus appelle mon nom en revenant du bureau de l'immigration, j'ai cru que j'étais cuit. Mais non, je suis juste le premier sur la liste à passer à la douane, et tout le bus à suivi.
Arrivé au Chili, j'ai droit à un nouveau tampon et une fouille de mon petit sac à dos pour voir si je ne transporte pas de denrées alimentaires dont l'importation est interdite au Chili. Puis nous avons une demi-heure pour déjeuner dans le motel-bar juste à côté.

Un couple d'allemands qui stationnait pour déjeuner, se fait défoncer la portière par un pick-up dont le conducteur, un paysan chilien, a reculé sans faire attention derrière lui. Malgré le bruit du choc, il ne s'est pas arrêté et s'apprêtait a s'enfuir. Mes l'allemand s'est mis devant son pasqage juste à temps. Le gars ne s'excuse pas, et ne veut pas sortir de sa voiture dont la portière est fermée. L'allemand ne parle pas un mot d'espagnol, donc je vais voir le paysan pour lui dire d'arrêter son moteur et d'attendre que l'allemand aille chercher un policier qui est à 50 mètres. Dès qu'il arrive, il va se garer dans le poste de police et mon bus repart dans la foulée.

Le paysage ne varie pas beaucoup si ce n'est qu'il y a un peu plus d'habitations le long de la route. Ce sont ces maisons en bois avec leur toit en tôle typique de la région. Elles sont souvent peintes avec des couleurs pastels, ce qui leur donne un caractère joyeux contrastant avec les mornes plaines venteuses de la région. 


Nous mettons 2 heures pour atteindre le mythique détroit de Magellan que nous traversons sur une barge. Il n'y a pas de port, juste la route qui descend vers l'eau et un panneau planté devant un champs miné qui souhaite la bienvenue au Chili. Original... La traversée dure 15 minutes au cours de laquelle je discute avec un français qui a pris une année sabbatique avec sa copine.

 



De retour sur la terre ferme, il faut à nouveau 2 heures pour arriver à Punta Arenas sur une bonne route qui longe le détroit.

Le bus arrive à 19h00. Des représentants d'hôtels et pensions familiales nous attendent pour essayer de nous convaincre de venir chez eux. Il n'y a plus de bus pour aller directement à Puerto Natales à cette heure, donc nous devons passer la nuit ici. N'ayant pas fixé d'endroit précis avec Amichai pour dormir, nous nous laissons tenter par une pension à proximité du centre dont le lit en dortoir coûte 3000 pesos chiliens (5 euros). La maison est confortable, la cuisine bien équipé nous incite a l'utiliser ce soir plutôt que d'aller au restaurant. Nous allons retirer de l'argent en ville dans le seul distributeur automatique qui se trouve dans un supermarché, nous achetons nos places de bus pour demain 9h00 (4000 pesos). Il ne nous reste plus qu'à faire les courses et à nous régaler d'un poulet au curry que je prépare.

D'habitude je n'apprécie pas vraiment les jeunes israéliens que je rencontre en voyage : ils se croient tout permis, agissent souvent par intérêt envers les autres touristes (ils viennent toujours me voir pour faire graver un cd-rom gratuitement sur mon ordinateur portable car ils veulent économiser 1 euro ...), la politesse n'est pas leur tasse de thé non plus,  mais Amichay est vraiment différent et n'a pas cette mentalité que je n'aime pas. C'est un gars cool, et j'apprécie beaucoup sa compagnie.

Par Ludovic - Publié dans : Chili
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Jeudi 29 décembre 2005 4 29 /12 /2005 00:02
Par Ludovic - Publié dans : Chili
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Ludovic


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