Flux RSS

  • Flux RSS des articles

Indonésie

Lundi 1 mai 2006 1 01 /05 /2006 09:51
Des 8h00, le bateau prend la direction de Kumai, marquant la fin de notre périple dans la jungle du Kalimantan. Nous retournons au Camp Pondok Tangguy qui est sur la route pour notre derniere observation des orang-outans.
Nous accedons a la meme plateforme que la premiere fois par un chemin différent qui me semble beaucoup plus long mais beaucoup plus beau aussi car on se sent vraiment perdu dans la jungle. Un touriste américain et un anglais sont deja la. Et Tom aussi, déja en train de se goinfrer de bananes.
L'américain entame la conversation avec moi et des que je lui dit que je suis francais, sa réaction est :
- "Whoaww !! Tu parles anglais ??? C'est rare, les francais ne savent pas parler anglais d'habitude". Mauvais début. J'essaye de lui faire comprendre que ce temps la est fini et que la nouvelle génération parle anglais aussi bien que le reste des pays européens (quoique l'Espagne et l'Italie ne soient pas des exemple en la matiere...) mais il ne veut rien entendre.
- " Les francais détestent toujours autant les americains, tu sais pourquoi ?" Oui, je crois savoir ... Si les américains sont tous aussi con que toi, ce n'est pas étonnant ... me dis-je. Je lui explique que la politique impérialiste des USA, et la stupidité de leur Président (Remarque, le notre est pas mal aussi dans le genre ...) sont des causes parmis d'autres. Ce a quoi il réplique que la guerre en Irak a sauvé le peuple du martyr de Saddam Hussein, que les USA devraient balancer quelques missiles bien placés en Iran pour leur faire arreter leur programme nucléaire (comme s'ils allaient se laisser faire ...). Israel ? "Qu'ils se demerdent, c'est plus nos affaires" (pour une fois ... ). Bref, un abruti total, typique de ce pays ou le meilleur cotoie le pire. Je me retiens de faire empirer sa vision des francais en lui disant réellement ce que je pense de lui, et je l'ignore en commencant a faire des photos.


 

Tom s'en va, et 2 autres orang-outans arrivent, mais rien de comparable aux jours précédents. Je m'amuse un peu en essayant de grimper aux lianes par lesquelles sont arrivés nos amis, et finalement, ce n'est pas si compliqué que ca. J'arrive a me hisser a plus de 10 metres de haut, mon passé de gymnaste m'ayant un peu aidé pour les passages délicats. Birgit me balance une grappe de bananes que j'attrape au vol, et me voila pret pour une séance de photos inoubliables.


Nous retournons au bateau et continuons notre descente de la riviere en déjeunant. J'aurai bien pris une douche "locale" avant de repartir car je suis a nouveau trempé de sueur. Peut-etre un espoir du coté du ciel : des gros nuages gris se sont rassemblés et une fine pluie commence a tomber. En 5 minutes, c'est le déluge. J'enfile mon maillot de bain, les autres m'imitent, je prend mon gel douche et nous voila tous en train de nous savonner sur le pont devant les yeux médusés et amusés des locaux que nous croisons sur leur barque. Anton arrive en dernier et lorsqu'il est bien recouvert de mousse, la pluie s'arrete. Ca c'était sur que ca allait arriver! Du coup, il se rince avec l'eau marron de la riviere.  Ci-dessous, moi en train de faire ma pause WC matinale.


Vers 13h00, nous arrivons a un village traditionnel ou nous faisons escale. Ce n'est pas un endroit a touristes car il n'y a aucun étals de souvenirs ou d'artisanat a vendre. Personne ne nous saute dessus non plus. Le village se compose d'une longue rangée de maisons en bois de part et d'autre d'un canal.


Derriere le village, s'étend un marécage avec quelques rizieres. Je regarde des enfants faire un match de football. Je monte sur un banc pour avoir un meilleur angle de vue, et tout s´écroule sous mon poids. Les planches sont completement vermoulues, donc ca devait arriver, mais je suis quand meme gené.

Je remonte le long du canal en observant la vie du village. Des jeunes filles font leur lessive et la vaiselles dans l'eau saumatre de la riviere.


Les petits garcons font du vélo, ou s'amusent a tous tenir sous une cabane qu'ils ont construit eux-meme.


Et les petites filles jouent avec Barbie. La garde-robe de "Barbie Indonésie" reflete bien l'endroit ou nous sommes : des morceaux de chiffons troués pour passer les bras et les jambes.


Un gamin sur son vélo s'amuse en faisant tourner une petite hélice fabriquée avec une feuille de palmier pliée. Il ne leur en faut pas plus pour s'amuser. S'ils voyaient ce que les gosses de "mon monde" ont aujourd'hui, ils n'en reviendraient pas ...


Je pénetre dans une maison ou 2 femmes tressent des tapis en feuille de palmier. Avec l'aide de notre guide, elles nous expliquent ce qu'elles font. Marlene leur achete une grande et une petite natte, puis nous retournons au bateau.


Nous arrive a Kumai vers 16h00. Nous sommes tous content de notre expédition et de la maniere dont l'équipage s'est occupé de nous, donc nous préparons un pourboire. Tony leur donne discretement, chacun leur tour en leur serrant la main lors des adieux, et nous embarquons avec Suyono dans un 4X4 qui nous transporte jusqu'a Pangkalanbun. Notre avion pour Semarang décolle demain a 11h30, donc nous devons passer la nuit sur place.

Nous allons l'Hotel Bone, un établissement sans prétention mais qui possedent quelques chambres propres et confortables. Les fillesse font plaisir en choisissant la meilleure chambre avec air conditionné (85 000 RPH), moi je partage une chambre basique et propre avec Anton (30 000 RPH). Aussitot installé, je vais au Café Internet juste a coté, ou tous les autres me rejoignent. La connexion est désespérement lente mais je m'en contente pour répondre aux emails urgents.

Nous allons ensuite a la recherche du marché nocturne que nous a conseillé Suyono. Dans la nuit, ce n'est pas évident a trouver, et personne ne sais ou ca se trouve ! On nous envoit dans des directions opposées a chaque fois que nous demandons si c'est la bon chemin. C'est dingue ca ! Finalement, nous abondonnons et entrons dans le premier restaurant local que nous trouvons sur la route. Je me régale d'un plat de nouilles sautées. Un indonésien de Yogyakarta qui a commencé a discuter avec Anton nous rammene meme une petite bouteille d'Arak, cet alcool artisanal issu du lait de noix de coco. Lorsque nous sortons du restaurant, que voyons nous a 25 metres ? Le marché nocturne ! Quelle bande de nazes ces indonésiens. Le batiment est tellement grand et éclairé qu'il est impossible de ne pas le connaitre dans cette petite ville. Ca ressemble a une gallerie commerciale moderne ou quasiment que des vetements sont vendus sur 3 niveaux. Ca pullule de faux Nike, Billabong, et cie a des prix dérisoires. Je fais un rapide tour mais je n'achete rien.

De retour a l'hotel, tout le monde prend une douche et nous repartons pour le meilleur bar-karaoke de la ville installé au sous-sol du meilleur hotel de la ville. Je pénetre en premier dans la salle ultra-sombre et nous nous installons a une table devant une scene ou un groupe joue de la musique locale. La chanteuse braille dans le micro des air mielleux avec des envolées lyriques a la Céline Dion, l'horreur. Puis c'est au tour d'un adolescent de prendre le micro, tout en déhanchant comme une fille, touchant son coeur toute les minutes. Il s'y croit vraiment le gars ... Vive la génération karaoké ! C'est comme pour les Brésiliens avec le football. Les indonésiens pratiquent assidument le karaoké, et se débrouille tres bien la plupart du temps, mais ils ne peuvent s'empecher de se prendre pour des stars des qu'ils sont sous les projecteurs. Surtout que le micro avec ses effets speciaux qui lissent la voix et qui donne des cordes vocales de tenor aide bien...

En plus de ce spectacle afligeant qui ne m'amuse guere plus de 10 minutes, le prix de la biere est tout simplement exhorbitant pour le pays (35 000 RPH contre un prix moyen de 15 000 RPH normalement). Le "team allemand" ne semble pas s'amuser plus que moi mais il ne semble pas vouloir partir non plus. Ne voyant pas l'intéret de rester ici, je fini ma biere et je leur signifie que je rentre a l'hotel. Anton arrivera a peine une demi-heure plus tard.
Par Ludovic - Publié dans : Indonésie
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires - Partager    
Dimanche 30 avril 2006 7 30 /04 /2006 10:20
Le réveil est bien agréable grace au soleil qui filtre a travers les petites fenetres du bateau et les reflets dans l'eau. Je passe la tete a travers la trappe qui done sur le pont supérieur et Birgit, debout a l'avant du pont, me fait signe de venir. Un varan d'environ 1,5 metres rode autours du bateau en glissant sur l'eau avec aisance. Sa longue langue grise et fourchue goute l'eau en permanence.


Il s'approche sans crainte du bateau, et essaye a plusieurs reprises de grimper a bord en s'appuyant sur le rebord de la coque. Heureusement, la prise est trop haute pour lui et il renonce a chaque fois. Si un tel animal avait réussit a se glisser sur le bateau dans la nuit, je n'imagine meme pas la panique que cela aurait été !

En attendant, voila une journée qui commence bien. Nous prenons le petit déjeuner sur le pont, au soleil, pendant que note ami le varan continue de chercher sa nourriture. Il fait déja tres chaud a 8h00, surtout a cause de l'humidité ambiante, lorsque nous reprennons la direction du Camp Leakey.

Siswi est toujours la pour nous accueillir sur le ponton. Un guide lui donne un morceau de savon qu'elle met dans sa bouche, et elle se dirige vers l'escalier qui mene au bord de l'eau. Assise sur la derniere marche, elle fait mousser le savon sur son bras, et commence a lecher la mousse pendant plusieurs minutes comme si c'était une friandise. C'est un phénomene cette Siswi !

 

A 11h00, nous partons pour le Camp, ou d'autres orang-outans se balladent librement, nullement impressionés par les aller et venus de leur lointains cousins que nous sommes. Sisoko, un gros male 3 fois plus large que moi est la avec sa compagne Princess, et son bébé. Il part a la recherche de bananes et Princess le précede. Je suis juste derriere. Des que Princess s'éloigne un peu trop, il rapplique, l'attrappe sans ménagement par la jambe, et la traine avec lui dans un coin de foret. La, il l'installe en face lui et se met a prendre soin d'elle et du bébé. Apres la brutalité, un peu de tendresse ... Apparement, elle est rancuniere car elle ne se laisse pas faire et veut dorloter son bébé toute seule.


Je les laisse tranquille et je suis une autre femelle avec son fiston, qui est bien espiegle. Elle cherche aussi a manger et va frapper a la porte d'un bungalow ou se trouve une employée du camp. La porte reste close et elle s'assoit sur les marches de l'escalier, grattant son bras comme si elle consultait sa montre pour voir si l'heure du déjeuner n'est pas passé !



Au bout d'une minute, elle repart, s'asseyant a nouveau dans le gazon, a l'ombre. Pendant ce temps, le petit orang-outan s'amuse avec son sexe dans le dos de sa mere, et fini par une franche masturbation. A la fin, il esquisse un petit sourire qui semble exprimer sa satisfaction, sous mon regard médusé. J'ai toute la scene en vidéo, c'est a mourrir de rire !



Je rejoins les autres au Centre d'Information du camp, une grande cabane dans laquelle est exposé l'histoire du camp et de ses 2 fondateurs canadien en 1971. Ils furent les premiers a étudier les orang-outans dans les années 60 dans leur environnement naturel. Ils sont a l'origine de toutes nos connaissances actuelles sur ce fabuleux ancetre. Aujourd'hui encore, ils passent 6 mois de l'année dans la jungle pour continuer leurs recherches.


Dans l'une des pieces, il y a un arbre généalogique des plus fameux orang-outans du Parc, dont nous avons déja rencontré quelques membre. Siswi est l'un d'eux (ca ne m'étonne pas), et j'apprend qu'elle est la p'tite copine de Kusasi, un male monstrueux, qui regne sur la foret et que l'on nomme "The King".
Une partie de l'exposition explique les dégats causés par la déforestation, et surtout son ampleur. A la déforestation malheureusement légale, s'ajoute celle illégale, parfois orchestrée par le Chef du Parc National lui meme ! L'histoire ne dit pas ce qu'il est devenu, mais il a surement encore de beaux jours devant lui. Un bien bel exemple de corruption qui ronge l'économie indonésienne depuis des décennies.
Selon les estimations, d'ici a 2010, la totalité de la foret de Borneo aura été détruite par des industriels sans scrupules qui la remplacent par des lucratives plantations de palmier a huile, par des bucherons mercenaires, ou simplement par les paysans locaux qui pratique le brulis pour étendre leur surface de terre cultivable. 70% de la foret indonésienne a déja disparue. Et plus de foret = plus d'orang-outans : 2000 d'entre eux meurent chaque année dans la destruction de leur habitat naturel.

Quand est-ce que l'homme cessera d'etre égoiste et pensera au Monde qu'il va léguer a ses enfants et petit-enfants ?

Nous devions voir un film sur l'histoire de Kusasi, mais le cameraman et le photographe d'hier ont utilisé toute l'énergie pour charger leur matériel. Et comme le camp fonctionne a l'énergie solaire, ca prend du temp a recharger.

Nous retournons au bateau pour déjeuner, puis partons dans la jungle pour autre séance d'observation des orang-outans. Il ya une dizaine de touristes présents et plus d'orang-outans que toutes les autres fois. C'est toujours aussi fascinant de les observer. Une femelle avec son bébé joue meme les starlettes en prennant des pauses holywoodiennes sur sa branche, dignes d'un mannequin professionel ! Elle s'allonge de tout son long, bouge un bras, nous regarde avec un battement de cil, bouge l'autre bras, nous regarde a nouveau en faisant la moue, puis se retourne, etc ... Personne ne loupe une miette du spectacle.


 

La plateforme se vide petit-a-petit de ses bananes et du lait dans le bidon, et les orang-outans regagnent les profondeurs de leur foret. Nous sommes restés 2 heures ici et retournons au camp pour voir le film sur Kusasi, car la baterie est a nouveau chargée.

Quand nous quittons le camp, le soleil est déja couché, et le bateau se hate de regagner l'endroit ou nous avons fait halte cette nuit. Le ciel prend une teinte rose du plus belle effet, et la migration nocturne des chauves-souris recommence.


L'emplacement d'hier est déja occupé par un klotok, et nous devons aller un peu plus loin. Le générateur n'a plus d'essence, donc nous nous éclairons a la bougie toute la soirée. Le diner est excellent comme les jours précédents, mais la "German team" ne fait pas beaucoup d'effort pour parler anglais ce soir. Pour la peine, une chauve-souris pisse en plein vol sur la tete d'Anton ! Je vais me coucher vers 21h30.

Par Ludovic - Publié dans : Indonésie
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Partager    
Samedi 29 avril 2006 6 29 /04 /2006 11:23
Nous arrivons au bout d'une heure au Camp Leakey, principal centre d'étude des orang-outans au Kalimantan. 2 autres klotoks sont la, signe que nous allons rencontrer des touristes aujourd'hui.

L'accueil vaut le détour : Siswi, une femelle de 32 ans, est sur le ponton, allongée sur le dos, les pieds et les mains joints comme un gros bébe qui dort. Elle a volé une serviette sur l'un des bateau et s'est couverte avec. Je m'approche pour la prendre en photo, elle me regarde, puis change position. Apparemment, elle ne veut pas figurer parmi mes souvenirs de voyage car elle saisi la serviette a chaque extrémité et se couvre la tete avec, comme pour se cacher de l'objectif. Quelques secondes plus tard, elle enleve la serviette, regarde si l'objectif est toujours pointé sur elle, et hop, elle se couvre a nouveau. C'est énorme !


Je profite aussi de l'occasion pour faire des photos délirantes. J'aurai pu reste des heures a jouer avec elle, mais le déjeuner est servi sur le bateau, puis nous devons partir pour le camp ou se trouvent d'autres orang-outans.


Comme prévu, nous ne sommes plus seuls cette fois au point d'observation : un photographe et un cameraman nous accompagnent, ainsi que 2 hollandaises qui étaient dans mon hotel a Yogyakarta , un couple de suedois, et un couple de retraités canadiens. Les orang-outans arrivent petit-a-petit mais l'observation est moins aisée cette fois, car la plateforme n'est pas dans un endroit aussi bien dégagé que celui de ce matin, et la lumiere est plus faible. Cela ne m'empeche pas de faire des photos fantastiques pendant l'heure et demi que nous passons dans la jungle. Les guides ont aussi apporté du lait dans un bidon en plastique éventré. Les orang-outans s'en emparent rapidement, l'emmene avec eux dans les arbres et boivent chacun leur tour. Au total, une quinzaines d'individus males et femelles nous encerclent se mouvant d'arbre en arbre, descendant prendre des bananes de temps en temps, s'approchant avec curiosité, ou avec crainte.


 


Nous sommes les derniers a revenir au Camp Leakey pour signer le Guest Book, et rejoindre ensuite le bateau. Je dégouline de sueur depuis 2 jours et je reve de prendre une douche, voire de plonger dans la riviere. Le probleme, c'est qu'elle est infestée de crocodiles, des gavials plus exactement, qui attendent sournoisement tapis au fond de l'eau. Tous les guides nous racontent l'histoire de ce touriste anglais qui s'est fait dévoré il y a 2 ans, en se baignant a 100 metres en amont du ponton ou nous sommes. Plus récemment, c'est un indonésien qui a servit de repas aux crocodiles. Mais tout n'est pas desespéré. Le klotok descend a riviere et s'arrete dans un endroit de la riviere plus large, ou nous allons passer la nuit. La solution pour se laver consiste a puiser l'eau dans un sceau et a s'asperger avec sur le pont. A la roots quoi ! Ca fait vraiment du bien de se sentir a nouveau propre et j'apprécie d'autant plus le superbe coucher de soleil qui commence.

Le ciel se remplit de milliers de chauve-souris qui volent toutes dans la meme direction pendant une demi-heure. Ca aussi c'est magique !


Nous avons droit a un diner aux chandelles dans ce petit paradis. J'y resterai bien quelques jours de plus, la vie sur le bateau au milieu de cette jungle est tellement reposante. J'ai juste une seule préoccupation : recharger ma baterie d'appareil photo. Plus tard dans la nuit, Suyono met en marche le générateur, et je suis fin pret pour demain. Le ciel étoilé est d'une beauté équivalente a celui que j'ai vu a plus de 4000 metres d'altitude en Bolivie ou sur le Kilimanjaro. Une journée exceptionelle de ce voyage se termine, bonne nuit ...
Par Ludovic - Publié dans : Indonésie
Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires - Partager    
Samedi 29 avril 2006 6 29 /04 /2006 11:09
J'ai super bien dormi sous ma moustiquaire. Peut-etre meme la meilleure nuit depuis des semaines. Un délicieux petit-déjeuner nous attend sur le pont, et aussitot engloutit, nous nous préparons pour partir voir les orangs-outans sur la terre ferme. Nous remontons la passerelle qui s'enfonce dans la végétation et arrivons a un camp composé de 2 cabanes.


Bienvenue au Camp Pondok Tanggy, l'un des centres de réhabilitation des orang-outans du parc. Suyono discute 5 minutes avec 2 jeunes gars qui vivent ici, au milieu de nulle part. Ils prennent un gros sac de bananes, et nous les suivons dans la jungle via un chemin qui débouche sur une zone un peu dégagée au bout de 2 kilometres. Tout le long du trajet, ils ont crié pour prévenir les orang-outans que l'heure du déjeuner est imminente. Je les aidé un peu au cas ou ... Nous nous installons sur des planches qui font office de banc a quelques metres d'une plateforme surrelevée, et l'un des guides lance les bananes dessus.

A peine 2 minutes plus tard, la végétation commence a bouger au loin, ca se rapproche lentement, une forme vagement humaine avec de longs poils marron-oranges se matérialise, les arbres plient sous son poids, et le premier orang-outan apparait. Et quel orand-outan ! Un male massif aux immenses bras qui touchent le sol lorsqu'il se tient debout, aux mains 3 fois plus grandes que les miennes, et un visage encadré de 2 joues proéminentes, grimpe sur la plateforme. Voila... encore un reve de réalisé. J'en suis a combien depuis que je suis parti ???  Il s'apelle Tom et se saisit d'une grappe de bananes qu'il épluche une par une avec un regard gourmand.

 


Pendant ce temps, une femelle avec son bébé accroché sur le coté approche derriere nous, puis une autre sur le chemin par lequel nous somme arrivés. En 15 minutes, 5 orang-outans adultes et 2 bébés sont arrivés et nous livrent un spectacle fascinant, faisant une démonstration permanente de leur formidable agilité et flexiblité.


L'une des femelles, pas farouche, vient meme devant moi et tend sa main pour prendre celle de Birgit. Je pensais qu'il était interdit de les toucher, mais les guides laissent faire tant qu'il n'y a aucun signe d'agressivité de leur part. Je suis comme un gosse dans un magasin de jouet, prennant des photos a tout va, completement fasciné par cette rencontre avec les "hommes de la foret", signification du nom "orang-outan" en indonésien.


Nous restons plus d'une heure a les observer, puis lorsque toute les bananes ont été mangées, ils s'en vont un par un, retournant dans les profondeurs de la foret, soit par les arbres, soit en marchant sur les chemins.


Nous faisons de meme en direction du bateau. Je remarque quelques belles plantes carnivores que j'avais vu au jardin botanique de Sydney, et une branche d'orchidées naissantes. C'est quand meme mieux dans la nature !

 

Le bateau repart sous un temps magnifique. Nous avons de la chance car quand il pleut, les orang-outans ne se montre pas. Il restent a l'abri de la pluie en confectionnant un gros tas de feuilles qu'ils se mettent sur la tete. Nous bifurquons sur un bras de riviere encore plus étroit et dont la couleur de l'eau change. Elle semble plus noire, mais paradoxalement, elle est beaucoup plus propre. On dirait une riviere de thé ou de coca-cola. La surface opaque et calme forme un miroir dans lequel se refletent parfaitement les arbres, le ciel bleu et les nuages. Le bateau ne flotte plus, il vole...


Suite de la journée dans l'article suivant :
Kalimantan - Parc National Tanjung Puting - Rencontre avec les orang-outans au Camp Leakey
Par Ludovic - Publié dans : Indonésie
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Partager    
Vendredi 28 avril 2006 5 28 /04 /2006 17:11
Je n'ai pas pu dormir de la nuit. Et le barbu de la mosquée s'est mis a hurler a 4h00 a tel point que j'avais l'impression qu'il était dans la chambre. Je suis content que cette nuit se termine et que nous quittions enfin cette ville. Un taxi nous emmene a l'aéroport sans mauvaise surprise. Nous passons l'enregistrement des bagages sans meme avoir montré nos passeports et nous voila devant notre avion 9h15. J'en connais pas beaucoup qui auraient fait les malins en voyant dans quoi nous allons faire le vol pour le Kalimantan !


L'avion a hélice en face de moi a une carlingue carré qui peut contenir maximum 20 passagers. Ca doit faire plus de 30 ans que ce modele n'est plus construit, et de toute facon je n'en avais jamais vu de semblable auparavant. Allez, on fait sa priere et on embarque ... En m'asseyant dans mon siege, j'ai l'impression d'etre revenu 50 ans en arriere, a l'époque des pionniers de l'aviation. Les hélices se mettent a tourner, et l'avion s'élance sur la piste comme le ferait un airbus 330. Le décollage se fait en douceur et Java n'est bientot plus qu'une tache a l'horizon. Nous survolons un archipel d'ilots paradisiaques, et apres un leger en-cas servir pas l'hotesse, je m'endors bercé par le ronflement des hélices. Lorsque je me réveille la cote de l'ile de Bornéo qui comprend le Kalimantan est déja en vue. Ce qui était il y a encore 30 ans une des plus sauvages forets du monde, a bien changé et les cicatrices de la civilisation moderne sont bien visibles sous la forme de grandes poches de foret dévastée ou de prairies. Le mythe de la Bornéo primitive s'est éteint depuis longtemps. L'avion attérit avec un peu plus de fracas que le décollage, mais l'objectif de nous mener a bon port est atteint.

L'aéroport de PangKalenbun avec son architecture locale en bois et son toit de tuile bleu est vraiment beau. Je me sens déja dépaysé. Un 4x4 vient nous prendre et nous faisons connaissance avec Oyono, notre guide local qui a organisé notre séjour dans le Parc National Tenjung Puting. Nous allons directement a Kumai, ville fluviale en bordure du Parc, ou se trouve le bateau que nous avons loué pour silloner les canaux de la foret a notre guise. Pour visiter le parc, il faut une autorisation speciale de la police qui délivre une lettre que nous devons ensuite remettre a l'entrée du parc, mais nous avons fait le nécessaire a l'avance en faxant des photocopies de nos passeports a Suyono 2 jours auparavant.

Une fois a Kumai, nous traversons un passage fait de vieilles planches vermoulues entre 2 cabanes, et arrivons a une plateforme sur pilotis ou se trouve notre bateau, appelé ici "klotok".


C'est une sorte de grande barque familliale (7 metres) avec un espace cabine ou il faut marcher a quatre pattes pour s'y déplacer, et un pont supérieur partiellement abrité par une bache rigide. Des matelas et coussins ont été installé a l'ombre, et une table basse avec 4 chaises sont disposées sur la partie non abritée. Tout a l'arriere, une cabine isolée fait office de WC directement relié a la riviere. Pas de douche donc ?



Apres avoir fait le tour du propriétaire, nous nous installons confortablement, payons a l'avance le voyage, et attendons le départ. Notre guide et les 2 autres indonésíens qui nous accompagnent, un assistant et le cuisinier, vont faire les courses de nourittures et les réserserves d'essence. L'heure du déjeuner passe et rien ne semble avoir été prévu donc je retourne sur la rue principale m'acheter des gateaux pour patienter. Je lis et j'observe aussi la vie sur les bords de la riviere : Kumai semble etre un important port de marchandise.



A 15h00, le moteur diesel de notre klotok se met a crachoter sa fumée noire, et nous voila enfin parti pour 4 jours d'aventure et de détente. 

Nous remontons la riviere sur 2 kilometres puis nous tournons dans un bras étroit a l'eau boueuse, qui ne fait pas plus de 10 metres de large. Tout de suite, je me sens ailleurs, loin de la civilisation. C'est la fin de la saison des pluies et avec le niveau de l'eau au plus haut, les berges sont invisibles, completement envahies par la végétation qui se reflete parfaitement a la surface de l'eau.


Il y a un peu de trafic ici, notamment des petits bateaux rapides qui font office de transport public jusqu'a la ville pour les gens qui habitent les villages environnants. Je m'endors sur le pont et me réveille a l'approche des premiers singes.


Ce sont des gibons, petits singes avec des grands yeux marrons clair qui vivent dans les arbres le long de la riviere. Ils ressemblent un peu a des lémuriens. Le bateau est l'endroit idéal pour les observer.


Et juste apres, nous apercevons les fameux singes a long nez, beaucoup plus rare. Lorsqu'ils sont jeunes, il ressemble a n'importe quel singe avec un pelage court, mais en devenant adulte, ils developpent un apendice nasal surdimensionné par rapport a la taille de leur tete et qui pend au milieu de leur visage tel une courge bien mure.


Nous arrivons a la tombée de la nuit au camp Pondok Tanggui, premiere étape de notre périple pour voir les orang-outans. Nous accostons a un ponton en bois qui mene au camp via une longue passerelle au dessus des marécages. Nous irons dans le camp demain matin seulement. Un excellent diner nous est servi sur le pont d'ou nous pouvons deviner la silouhettes d'enormes chauves-souris virevoltant au dessus de nous. Un générateur est installé afin de nous éclairer et j'en profite pour recharger la baterie de mon appareil photo a fond avant le grand moment.


Vers 22h00, l'équipage installe des matelas sur le pont supérieur avec des moustiquaires. Moi je préfere dormir a l'intérieur. C'est mieux protégé des insectes, et surtout des excréments des chauves-souris sournoisement largués en plein vol.
Par Ludovic - Publié dans : Indonésie
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Partager    

Mon récit dans ce pays vous a donné envie d'y aller ?

Tant mieux, c'est ma plus grande satisfaction !
Pour trouver votre billet d'avion, ou votre chambre d'hôtel, je vous conseille d'utiliser Illico Travel, le comparateur le plus efficace pour trouver les meilleurs tarifs du marché.

En utilisant Illico Travel depuis ce blog, vous me permettrez aussi de gagner quelques centimes d'euros pour continuer à voyager, et vous offrir d'autres récits et photographies pour le plus grand plaisir de la communauté des voyageurs. Merci d'avance !

Ludovic


Besoin d'argent pour voyager ?

Vous rêvez de voyager davantage mais hésitez à cause de la crise?
Et si on vous remboursait vos loyers d'appartement ou vos mensualités pendant votre
absence ?

Découvrez PariSharing en cliquant ici

Ou inscrivez-vous ici

Recherche

Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés