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Jeudi 11 mai 2006
La chaleur est tellement lourde a Jakarta et le ventilateur tellement inefficace que j'ai tres peu dormi cette nuit. Je me leve tot, prend un rapide petit-déjeuner, et je vais a la gare ferroviaire de Kambir d'ou partent les bus pour l'aéroport, histoire de repérer un peu a l'avance ce qui m'attend pour demain matin. La gare se trouve a une vingtaine de minutes a pied de Jalan Jalak, et comme souvent, c'est un endroit ou il est peu recommandé d'y trainer. Les mendiants et autres marginaux qui crechent dans les environs sont vite visibles, et l'odeur immonde qui arrive parfois a mes narines m'incite a faire au plus vite ce que j'ai a faire. Je trouve facilement l'arret des bus pour l'aéroport. Le trajet ne coute que 15 000 RPH et les premiers départs sont a 4h00, avec des bus toutes les demi-heures.
 
La gare ferroviaire se trouve sur l'un des cotés du Monument National, une tour de marbre culminant a plus de 50 metres de haut, plantée au milieu d'une immense place vers laquelle converge de larges avenues parfaitement adaptée a un défilé militaire. C'est l'une des dernieres oeuvres a la gloire de Soekarno commencée de son vivant, ancien Président emblématique d'Indonésie dont l'égo n'avait rien a envier a un Staline ou un Mao Ze Dong.

 

Alors que je m'approche, je réalise que des militaires en uniforme, fusil-mitrailleur sur l'épaule, font leur jogging autour du monument. Par cette chaleur, c'est inhumain !


La colone abrite un musée et un ascenseur qui emmene les touristes au sommet, ou se trouve une plateforme d'observation. Je paye les 5100 RPH d'entrée, et apres un rapide tour de la base, je me joins a la file d'attente pour l'ascenceur. Il y a surtout des groupes d'écoliers, je suis le seul touriste étranger. La vue depuis le sommet offre un beau panorama a 360 degrés sur le centre-ville.



J'y reste une demi-heure et redescent derriere un groupe de bonzes en tunique jaune. Puis je prend la direction du Nord de Jakarta ou se trouve le quartier de Kota, centre historique de la capitale autrefois appelé Batavia du temps de la colonisation hollandaise.
 
La distance est trop importante pour y aller a pied donc je lorgne sur les rares trishaw qui circulent. Le seul que je croise ne comprend pas ou je veux aller et il s'enfuit, plutot que de devoir faire une effort et prendre la course. Je monte dans un  bemo ou la course ne me coute que 5000 RPH. Assise en face de moi se trouve une jeune musulmane couverte en noir de la tete au pied. Seuls ses yeux sont visibles. Ils n'expriment aucun appétit de la vie, aucune émotion, rien ... Ou plutot, si : je ne ressent que de la résignation, et de la gene devant mon regard inquisiteur.  C'est la premiere fois que je vois ca. Je n'arrive pas a détacher mon regard d'elle. D'abord, d'un point de vue purement pratique, je me demande comment elle fait pour supporter cette couche de vetement par une telle chaleur moite ? Ca doit etre terrible pour elle. Puis un sentiment de désolation m'envahie. Elle me fait tellement de peine. J'ai envie de lui parler, de lui faire comprendre qu'il y a une autre vie possible qui l'attend, une vie de femme libre, mais c'est peut-etre son choix d'etre comme ca. Que puis-je faire si elle ne me sollicite pas ???
 
Le bemo remonte une longue avenue tres fréquentée qui pue les gaz d'échappement. Je n'en peux plus de cette pollution. Je suis devenu allergique. Le chauffeur m'indique l'arret en face du Café Batavia. C'est la. Une place sans intéret dans un quartier insalubre et surement dangereux apres 17h00, devant ce café de style colonial, seul vestige de l'époque d'une splendeur passée. 



Des groupes d'étudiants en art peignent, a meme le sol sur une feuille de papier, le batiment en face d'eux qui est un musée réputé de Jakarta. Je jette un oeil par dessus leur épaule : ils sont vraiment tous nuls en peinture et en perspective d'architecture ! Ou alors tres débutants.

Je fais un tour dans les rues voisines en esperant trouver quelque chose digne d'intéret qui justifiera mon déplacement jusqu'ici, mais sans succes. Un pont enjambe un canal a l'odeur infecte qui donne presque envie de vomir, de nombreux batiments décrépis sont a 2 doigts de s'effondrer, voire ont commencé a le faire, et les vestiges d'architecture hollandaise ont quasiment disparu. Enfin, les gens ne m'inspirent pas confiance du tout.


Je reviens au Café Batavia a coté duquel se trouve un marché de vetements et chaussures. Tous les produits sont des grossieres contrefacons, au point que c'en est parfois hillarant, tel cette paire d'Adididas. Je m'achete une ceinture en cuir car j'en ai vraiment besoin. Je la fais raccourcir, je fais rajouter des trous, et voila une ceinture sur mesure !


L'heure du déjeuner approche et il n'y a rien qui me convient ici. Je commence a descendre la rue principale par laquelle je suis arrivé, longeant les arcades du quartier de Glodok, le quartier chinois. Des portraitistes beaucoup plus talentueux que les étudiants que j'ai vu 500 metres plus loin refont a l'identique des vieilles photos abimées dans un style tres chinois.



Je tourne dans une ruelle pour m'enfoncer dans ce monde particulier. La encore, pas l'ombre d'un touriste a part moi. Je reste dans les ruelles commercantes ou l'activité bat son plein avec des marchands de légumes et des stands de DVD pirates.


Je trouve meme le plus gros durian qu'il m'ai été donné de voir, ce fruit malodorant et au gout infecte dont rafolle les asiatiques.


Je débouche sur une large rue pietonne dont le centre jonché de débris en béton, derriere des fils barbelés, me donne l'impression d'avoir atterrit sur un champ de bataille. Ou apres un tremblement de terre peut-etre ? Cet endroit est bizarre. Je reviens sur l'avenue principale, je visite un dernier centre commercial ou ne se vendent que des pieces d'outillage, puis je prend le bus rouge Transjakarta dont m'a parlé hier Monti. Effectivement, c'est tres pratique : le couloir qui est réservé a sa circulation permet d'aller vite, la climatisation fait un bien fou, et cela ne coute que 3500 RPH pour revenir a mon domicile.


Je déjeune tardivement au Mac Donald, puis je vais dans le centre commercial m'acheter des chemises car les prix sont vraiment attractifs et je dois dépenser mes derniers roupiahs avant de quitter le pays. La pluie se met a tomber en meme temps que la nuit, donc je rentre a l'hotel prendre une bonne douche.

Il reste une chose qui me perturbe un peu : je dois me lever a 4h00 demain mais j'ai perdu mon horloge avec alarme. J'ai donc demandé au gérant de l'hotel de venir me réveiller demain matin, mais je n'ai pas confiance. Un mauvais pressentiment ... Je retourne donc au centre commercial acheter une petite horloge de voyage qui me coute une fortune pour ce que c'est (100 000 RPH) mais rater mon avion pour Batam me reviendrai encore plus cher.

Il ne me reste plus qu'a faire mon sac avant d'aller diner. Je me débarrasse de quelques t-shirts inutiles en bon état, et d'autres objets dont je n'aurais plus l'utilisation pour la fin du voyage. Je les met dans un sac plastique, et donne le tout au gérant de l'hotel en lui demandant de les remettre a uner personne pauvre qu'il connait. J'espere qu'il ne gardera pas tout pour lui.
Par Ludovic - Publié dans : Indonésie
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Mercredi 10 mai 2006

J'ai passé une nuit horrible en raison de la chaleur et de l'humidité. Impossible de m'endormir profondement.

La priorité de la journée va a l'organisation de mes prochains vols en avion : celui pour aller a Singapour, et celui pour ... pour ...  j'arrive pas a l'écrire... celui pour rentrer en France. J'entre dans une agence de voyage de Jalan Jalak (ma rue), et achete un billet d'avion pour Batam (420 000 RPH, soit 40 euros), petite ile indonésienne a 30 kilometres au Sud de Singapour. Apres, il n'y a plus qu'a prendre le ferry, et le trajet total me coutera 3 fois moins cher que si j'avais acheté un aller direct pour Singapour.


Ceci fait, je prend la direction du bureau de British Airways, seule compagnie habilitée a effectuer un changement sur mon billet Tour du Monde. Bien sur, comme a chaque fois que j'ai du aller les voir, leur bureau a changé d'endRoit. Il ne se trouve plus avec Qantas, comme c'est spécifié dans le Lonely Planet. Je demande a tout hasard au gars de Qantas s'il peut imprimer mon nouveau billet. Il met du temps a comprendre que j'ai changé 2 fois de point de départ (Madras puis Bangkok, et finalement Singapour). Au bout du compte, il fait une copie de mon billet et l'envoi par fax a la nouvelle adreJsse de British Airways ou je dois me rendre. Et bien sur, c'est a perpette ! Hors de question de me faire encore arnaquer par un taxi local, donc je trouve un taxi-mobilette qui m'y emmene pour une somme raisonnable. La fille de British Airways est ultra lente. Elle tapote sans cesse sur son clavier, mai je me demande bien pour écrire quoi, car mon agence de voyage a déja fait tous les changements dans le systeme centralisé. Il n'y a qu'a imprimer mon nouveau billet normalement. 1 heures plus tard, apres avoir paye 125 USD supplémentaires, je sors enfin avec mon nouveau billet en poche. Le choc thermique entre l'air frais du batiment climatisé et la chaleur moite de Jakarta n'est pas tres agréable. Voila, l'essentiel est fait, je peux passser a la deuxieme étape : l'achat de mes souvenirs et des vetements.

Je me rend au centre commercial a proximité mais il n'y a pas du tout ce que je veux. Comme dans la rue, les différents types de marchandises sont organisés par étage. Un étage entier, grand comme un terrain de footbal, ne contient que des petits stands de téléphones mobiles neufs et d'occasion. Un vrai capharnaum ! Viens ensuite l'étage des ordinateurs et accessoires informatiques, l'étage des restaurants ou je m'installe pour le déjeuner car la vue y est chouette, l'étage des DVD et CD pirates, etc. Ce n'est pas tres dur de s'y retrouver, mais pour faire un choix, c'est une autre affaire.


A 14h00, j'appelle Monti, et elle me donne rendez-vous a 15H30 dans le lobby du J.W. Marriott juste en face du centre commercial. c'est la-bas qu'a eu lieu le second attentat en Indonésie apres celui de Bali. En attendant, je monte au dernier étage ou se trouve la parking a ciel ouvert (d'habitude les parkings sont souterrains, mais ici, c'est comme ca). Cela me permet de bénéficier d'une belle vue panoramique sur Jakarta et de voir le nuage de pollution qui plane sur la ville. Les tours du centre d'affaires ne sont qu'a quelques kilometres de moi, mais je ne peux que deviner leur silouhette grise.


Des petits bidonvilles sont intercalés entre les tours, sur les terrains vagues promis a un grand avenir immobilier.

Je retourne dans les étages inférieurs puis me dirige vers le Marriott. Monti est déja la, tres éléguante dans une grande robe blanche avec des chaussures a talon, moi, j'ai mon treillis de routard avec mon t-shirt rouge délavé et mes chaussures de trek ... Cherchez l'erreur ! Elle est super contente de me revoir. Je lui explique que je dois encore acheter des souvenirs et de vetements. Comme elle a sa voiture, elle me propose de m'accompagner, ce que je ne refuse pas car elle va me faire gagner beaucoup de temps.

Nous partons donc dons les embouteillages vers le Blok M, un immense centre commercial ou je dois pouvoir trouver mon bonheur. Effectivement, l'étage consacré a l'artisanat possede absolument tout ce qu'il est possible de trouver en Indonésie. J'achete un masque de Barong, une danse traditionnelle balinaise, et un masque javanais. Nous allons ensuite a l'étage du pret-a-porter masculin ou elle me montre directement le coin des affaires : des chemises de marque pour 15 euros l'unité. J'en prend 3, et nous repartons au bout de 15 minutes, en passant pas l´étage de la mode musulmane. C'est tellement plus simple quand on fait ses activités avec les locaux .

L'oncle de Monti l'a appelé et nous a proposé de le rejoindre au restaurant du Marriott ou il donne un buffet a l'occasion de son 70eme anniversaire. Nous sommes cordialement invités et je ne me fais pas prier pour accepter l'invitation. Je dois juste mettre une tenu correcte. Monti me raccompagne donc a mon hotel, ou je prend une douche en 30 secondes, saute dans un jean, et met l'une des chemises que je viens d'acheter. Ca fait plus d'un an que je n'en avait pas mis une ! Ca fait plaisir de se sentir a nouveau présentable.

Le buffet du Marriott est fabuleux. Il y a plus 5 types de cuisine disponibles. L'oncle de Monti passe nous voir a notre table alors que je suis en train de choisir un vin. Il me précise immédiatement que je peux prendre ce que je veux. Je comptais justement payer le vin pour remercier Monti, mais apparament, ce soir mon porte-monnaie en au repos. Son oncle repasse une deuxieme fois a notre table accompagné du Chef. La réputation francaise a fait son effet... Quelques minutes plus tard, un médaillon de foie gras poellé parfait arrive sous mon nez, et le régal commence. Ce fut le meilleur diner depuis que je suis parti de France.

Monti me raccompagne a mon hotel. Elle repart demain a Yogyakarta en voiture, puis s'envole dans la foulée pour Bali avec Birgit, Anton et Joko. Y'a pas a dire, c'est cool la vie d'étudiant en Indonésie !

Par Ludovic - Publié dans : Indonésie
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Mardi 9 mai 2006

Le bus "Eksecutiv" pour Jakarta est a 7h00. Je me leve a 6h30, prépare mon sac en 5 minutes, je vais payer ma chambre, et saute dans un becak qui m'emmene a la gare routiere. J'ai quelques minutes d'avance mais le bus n'est pas encore la. N'ayant pas pris de petit-déjeuner, je m'achete des gateaux secs et une petite bouteille d'eau. Je risque d'avoir un petit probleme d'argent aujourd'hui. Le distributeur d'argent de Pangandaran ne fonctionant qu'avec les cartes Eurocard-Mastercar, je n'ai pas pu renflouer mes finances avant de partir pour Jakarta. Il me reste seulement 100 000 RPH en poche, et je dois encore payer le ticket de bus qui va couter environ 60 000 RPH, me payer un déjeuner, et un transport vers le centre-ville de Jakarta. Ca va etre chaud ...

J'embarque dans le bus vide qui est a la limite de la classe "ekonomi" mais au moins, j'ai de la place pour dormir et un cousin moelleux pas tres propre. Le lecteur DVD passe des clips de karaoké bien niais, volume sonore a fond pour que les gens a l'arriere du bus qui ne peuvent pas lire l'écran puissent chanter aussi. Je n'arrive pas a m'endormir mais je sens que je me repose un peu tout de meme. Nous traversons des villages typiques, emportant quelques nouveaux passages qui attendaient sur le bord de la route et qui ont a peine le temps de sauter sur le marche pied du bus, car celui-ci ne s'arrete meme pas. Le bus est presque plein avant d'arriver a Banjar.

Nous faisons un arret déjeuner le long d'une route qui traversent de belles rizieres en terrasse comme je n'avais plus vu depuis Bali. Bali ...  j'aurai du y rester plus longtemps.


Je suis les locaux au self-service de fortune, mais je me rend compte trop tard, que tout ce qui va etre disponible va forcement arracher la gueule. Tant pis, j'ai faim, je tente, sans succes...

Je me rendors dans le bus jusqu'a ce que nous arrivions dans la périphérie de Jakarta. Nous roulons maintenant sur une autoroute a 2 voies dont la bande d'arret d'urgence sert aux véhivules rapides pour doubler.


Le bus emprunte une route secondaire qui nous fait passer par un quartier dégoutant qui ne semble etre qu'une gigantesque décharge ou des cabanes ont été construites. Une odeur fabuleusement nauséabonde envahi le bus au point que je dois mettre mon t-shirt sur mon nez. Meme les indonesiens qui sont pourtant habitués font de meme, c'est dire a quel point l'odeur est pestilencielle ! Le bus s'engage ensuite sur une série d'échangeur puis nous arrivons sur le coup de 15h30 a la gare routiere Rambutan, a plus de 20 kilometres du centre-ville.

A peine les chauffeurs de taxi m'ont apercu dans le bus qu'un comité d'accueil se forme devant la porte de sortie. Je taille dans la meute et trace vers une autre sortie de la gare pour les éviter. Malheureusement, je ne tombe pas sur mieux de ce coté. A nouveau, une dizaine de chauffeurs de taxis me sautent de dessus. Les taxis de Jakarta ont la réputation d'etre des entubeurs de premiere, et la groupe devant moi n'ehappe surement pas a la regle. Et dire que je dois en choisir un de toute facon ! Je demande quel est le prix approximatif de la course pour Jalan Jalak, et on me répond "argo, argo, argo" ce qui veut dire en gros : "c'est le compteur qui décide du prix, pas moi." Un gars me dit que ca doit revenir a 20 000 RPH, ce qui me semble peu. Mais comme souvent, ils ne savent pas faire la différence en anglais entre les centaines et les milliers, la surprise a la fin va ete de taille. De toute facon, je n'ai que 35 000 RPH dans mon porte-monnaie donc c'est plus, je suis mal.

Je grimpe dans une toyota assez sale, et nous allons directement grossir le bouchon deja formé a la sortie de la gare routiere. Nous n'avons pas fait 2 kilometres que le compteur inscrit deja 15 000 : ca défile a une allure hallucinante ! Je dois aussi payer a 2 reprises un péage pour prendre la voie rapide vers Jakarta. Le traffic devient plus fluide et nous filons au milieu de la tentaculaire banlieue de Jakarta. J'apercois au loin des sillouhettes de tours noyées dans une couche de pollution grise. Entretemp, le compteur est revenu a 0 car il n'y a pas assez de chiffres sur l'´écran digital pour dépasser les 99 999 RPH. Je vais devoir demander au chauffeur de m'arreter a un distributeur automatique. Lorsque nous arrivons enfin a Jalan Jalak, la course m'aura couté 173 000 RPH ! C'est le trajet le plus couteux que j'ai effectué depuis que je suis en Indonesie. C'est surprennant de constater que ca couté 2 fois plus cher de faire 20 kilometres en taxi que 500 kilometres en bus. Je confirme : les taxis de Jakarta sont de sacrés arnaqueurs !

Je trouve un hotel bas de gamme dans une petite allée avec une chambre pour 50 000 RPH, et je repars aussitot pour profiter de la derniere heure de soleil. Je passe devant une université ou les étudiants manifestent. Comme Paris, Jakarta est célebre en Asie pour ses nombreuses contestations populaires et étudiantes.

Je vais dans un centre commercial ou un étage entier est dédíé a l'artisanat en provenance de toute l'Indonésie. Je trouve un masque de danse traditionnel de Bali comme celui que je voudrai , mais la qualité est mauvaise par rapport a celui que j'avais vu sur le marché d'Ubud. Au moins, le prix n'est pas excessif, comme c´était a craindre. Les masques javanais avec des motifs peints selon la méthode batik sont superbes aussi. Je me laisserai bien tenter par ceux-la aussi, mais je dois comparer les prix avec un autre magasin avant d'acheter.
Lorsque je repars a l'hotel, il fait nuit, et les trottoirs se sont remplis de boui-boui ambulants, les fameux "Warung", qui laissent a peine la place de marcher dessus. L'air humide s'est rempli d'odeurs de brochettes et autres fritures locales. Il y a de l'ambiance ici.

Je vais diner rapidement et je vais me coucher en installant mon sac de couchage sur le matelas pour ne pas attraper une allergie colossale dans la nuit.

Par Ludovic - Publié dans : Indonésie
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Lundi 8 mai 2006

Aujourd'hui, j'ai décidé de ne rien faire, absolument rien, sinon de lire et dormir sur la plage. Je passe au Cantik Bar a 10h00 pour voir ce que font les autres. Eric et Matias partent pour Jogyakarta, Nicole et Natna n'ont rien prévu et me rejoindrons plus tard a la plage, Dewi n'a rien a faire au bar donc elle m'accompagne en mobilette jusqu'a l'entrée du Parc National dans lequel se trouve une plage de sable blanc plus tranquille que celle en face de nous. L'entrée coute 2500 RPH mais je n'ai pas de monnaie, et le gardien non plus. Il prend juste mes 1500 RPH et me laisse passer apres que Dewi lui ai parler. L'avantage d'etre avec des locaux ...

Nous traversons la foret sur 300 metres, ou nous croisons quelques singes qui se promenent tranquillement, mais Dewi s'enfuit en courant car elle en a une peur bleue. Forcément, avec son metre quarante, ils sont aussi grands qu'elle ! Nous débouchons sur une bande de sable jaune ombragée par les arbres qui dépassent de la foret. Il y a quelques indonésiens arrivés par bateau depuis Pangandaran, mais l'endroit est tranquille, parfait pour y passer la journée a se détendre. Je sors mon livre et m'installe au soleil.

De temps a autre, je leve les yeux pour regarder ce qu'il se passe autour de moi : un plongeur sort de l'eau avec un gros poulpe dans la main, une biche vient grignoter des feuilles a la lisiere de la foret, juste quelques metre derriere moi, des jeunes s'amusent a s'enterrer sur la plage, sans oublier de faire les petites seins en sable dont ils rafollent, un bateau de 10 touristes indonésiens débarque et repart a peine 1 minutes plus tard (encore plus fort que les tours organisés de japonais !).

Nicole m'a rejoint sur le coup de 14h00 et j'alterne lecture et baignade. L'eau est incroyablement chaude pres du bord et ne rafraichit pas beaucoup. Il faut nager un peu plus loin, mais il y a un fort courant qui rend le retour sur la plage difficile. Natna arrive a son tour avec une amie, et Dewi rentre au village. Je ne tarde pas a faire de meme en longeant la grande plage de sable gris de Pangandaran.

Je reviens au Cantik Bar pour diner, et Dewi qui fait toujours le service me fait rencontrer Marie-Jeanne, une fraiche retraitée francaise bien marrante. Comme Nicole nous rejoins un peu plus tard, j'essaye de faire passer la conversation en anglais pour qu'elle puisse comprendre et participer mais Marie-Jeanne reste toujours en francais. Lorsqu'elle part, Dewi nous rejoint, et la soirée va prendre une tournure assez bizarre. Une fille seule au bar me regarde souvent, et je lui sourit poliment. Il y a quelque chose d'étrange en elle, que je comprend quand elle vient s'assoir avec nous. Elle est sourde-muette, et elle communique avec Dewi qui la connait et parle le langage des signes. Apres s'etre présentée, et nous avoir expliqué qu'elle a été marriée 3 mois avec un suisse qui lui a fait un gosse (bien sur, elle n'a jamais été en Suisse... et n'a jamais revu le gars), elle passe a la vitesse supérieure. Dewi fait toujours la traduction. Elle me demande si je suis marrié, puis me dit qu'elle me trouve mignon, qu'elle m'aime bien, et qu'elle veut aller a mon hotel avec moi. Quand Dewi traduit la derniere phrase, elle se cache derriere sa main avec les doigts écartés, signifiant " je suis timide". Drole de timidité ! Dewi lui explique que je ne suis pas interessé, et sa réponse est "Combien tu me donnes pour coucher avec toi ?" Ca me fait mal au coeur. Dewi s'énerve et lui dit promptement de lacher l'affaire, ce qu'elle fait, tout en essayant de capter dans mon regard un infime espoir. Qu'elle ne trouveras pas.

Je continue de discuter avec Nicole, et je remarque a nouveau une fille qui jette souvent un oeil mon coté. Elle n'est pas muette, bien au contraire, sa voix est plutot du genre rauque, mais elle est tres belle, et sait se faire remarquer. Si c'est un travelot, il est tres réussit, mais je ne pense pas que ce soit le cas. De toute facon, je n'ai pas envie de connaitre la vérité.
Vers 1h00, Nicole va se coucher, et je fais de meme car je me leve a 6h00 pour prendre le bus pour Jakarta. Je dis adieu a Dewi en la remerciant de sa gentillesse. La fille au t-shirt blanc me fait un sourire en me disant au revoir en francais, mais je ne répond pas. J'ai a peine fait 10 metres qu'un gars s'approche et m'adresse la parole : "Tu ne me connais pas, je suis le cousin de la fille au t-shirt blanc. Je préfere les garcons mais ce soir c'est pas mon tour car ma cousine te trouve tres mignon aussi. tu en a de la chance ! Si tu es d'accord, tu me donnes le nom de ton hotel et le numéro de ta chambre, je lui passe et elle te rejoindra plus tard."
Mais c'est le délire ce soir ! Je le remercie de son intéret pour ma personne, et le congédie poliment. il est temps que je parte pour Jakarta, le coin commence a devenir louche !

Par Ludovic - Publié dans : Indonésie
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Dimanche 7 mai 2006
Quand j'ouvre les yeux ce matin, c'est le déluge dehors. Hors de question d'aller me promener en mobilette avec les autres par ce temps la. Le rendez-vous est au Cantik Bar a 10h00, et il pleut encore quand je m'y rend. Les autres sont déja la. Nicole, Natna et moi étant peu motivés pour partir avec ce temps, nous attendons jusqu'a 10h30 que ca se calme, et nous décidons de tenter le coup sous un petit crachin qui semble faiblir. Je conduis une mobilette avec Nicole derriere moi en direction du Green Canyon. Malheureusement, au bout de quelques kilometres, la pluie repart de plus belle et nous nous abritons sous une station-essence pour prendre une décision. Si nous continuons dans cette direction, nous foncons droit sur la tempete, si nous allons dans le sens opposé, quelques morceaux de ciel bleu nous laissent espérer une meilleure météo. Le choix n'est pas difficile... Nous chamboulons donc les plans et allons voir une plage située dans un Parc National.

La route serpente dans la foret traverse quelques hameaux traditionnels. Il faut payer un léger droit d'entrée pour accéder a la plage qui se trouve dans un Parc National. L'endroit est tres fréquenté par les touristes indonésiens qui viennent passer 5 minutes ici avant de remonter dans leur bus. Du haut d'un promontoire, j'ai une vue superbe sur une plage grise qui s'étend a perte de vue de part et d'autre. Les vagues déferlent en créant des lignes d'écume blanche qui glissent sur plusieurs centaines de metres avant d'atteindre le sable.


Nous descendons sur la plage et la carte postale révele  son vrai visage : des kilometres de déchets en plastique jonchent le sable. Quel gachis. Malgré ca, Natna et Dewi s'installent a l'ombre dans un coin a peu pres propre. Je vais me promener pour voir si ca s'améliore un peu plus loin mais il n'y a rien a esperer de ce coté la. Comme tout pays en voie de développement qui se respecte, le respect de l'environnement est une préoccupation qui se place bien loin derriere celles liées a la satisfaction des besoins élémentaires de la population : manger et gagner de l'argent, pour le reste, on verra plus tard !


J'observe quelques beaux specimen de crabes qui se balladent pendant ques les autres vont gouter les vagues. Nous restons la une heure, puis nous repartons dvers notre destination initiale car le ciel s'est largement éclaircit.



Au bout d'une demi-heure de route, nous quittons l'asphalte pour emprunter d'étroites petites routes de campagnes ou seules les mobilettes peuvent circuler. Ca se transforme en chemin de terre qui zizague entre les maisons construites dans l'ombre de la végétation. J'ai l'impression de rouler dans les jardins des uns et des autres. Nous débouchons sur une superbe lagune aux eaux dormantes séparée de la mer par un fin bras de terre. Derriere, les vagues font entendre leur rugissement sans que nous puissions les voir.




Une longue passerelle en bambou permet d'accéder a une sorte de village sur pilotis construit en plein milieu de la lagune. Tout autour se trouvent des plateformes de peche traditionnelle.


Nous accédons au village et nous installons sous une hutte. L'endroit est paisible a souhait. Entres les huttes reliées par des petites passerelles, se trouvent des filets qui tiennent captifs les poissons de la peche precédente. Il suffit de choisir ce que nous voulons et cela arrivera dans notre assiette dans quelques minutes plus tard. Nous faisons une commande groupée. Le temps que notre repas arrive, je vais visiter les installations puis je reviens a notre hutte ou l'envie de faire une sieste dans ce petit coin de paradis a déja effleuré tout le monde.



Un thé nous est servit et quand le déjeuner arrive, nous nous régalons. Tout est posé au milieu, chacun se sert et mange avec les doigts comme il est d'usage de le faire ici, apres s'etre lavé les mains dans un petit bol avec de l'eau citronnée. Le repas nous coute 22 000 RPH chacun (2 euros), une aubaine pour un poisson aussi frais et délicieux !

Je serai bien resté sur ce paisible village flottant quelques heures de plus, mais de gros nuages gris refont leur apparition et nous préférons rentrer a Pangandaran avant que cela se gate. Chacun vaque a ses occupations, et je garde la mobilette pour aller au Café Internet. Je la ramene ensuite a Dewi qui est toujours au bar, je vias prendre une douche et tous le monde se rejoint pour le diner et une derniere soirée tous ensemble. Comme Erik et Matias partent demain pour le Sud de Java puis Bali, je leur donne des conseils sur l'itinéraire.
Par Ludovic - Publié dans : Indonésie
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Ludovic


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