Jeudi 11 mai 2006
La chaleur est tellement lourde a Jakarta et le ventilateur tellement inefficace que j'ai tres peu dormi cette nuit. Je me leve tot, prend un rapide petit-déjeuner, et je vais a la gare ferroviaire de Kambir d'ou partent les bus pour l'aéroport, histoire de repérer un peu a l'avance ce qui m'attend pour demain matin. La gare se trouve a une vingtaine de minutes a pied de Jalan Jalak, et comme souvent, c'est un endroit ou il est peu recommandé d'y trainer. Les mendiants et autres marginaux qui crechent dans les environs sont vite visibles, et l'odeur immonde qui arrive parfois a mes narines m'incite a faire au plus vite ce que j'ai a faire. Je trouve facilement l'arret des bus pour l'aéroport. Le trajet ne coute que 15 000 RPH et les premiers départs sont a 4h00, avec des bus toutes les demi-heures.
 
La gare ferroviaire se trouve sur l'un des cotés du Monument National, une tour de marbre culminant a plus de 50 metres de haut, plantée au milieu d'une immense place vers laquelle converge de larges avenues parfaitement adaptée a un défilé militaire. C'est l'une des dernieres oeuvres a la gloire de Soekarno commencée de son vivant, ancien Président emblématique d'Indonésie dont l'égo n'avait rien a envier a un Staline ou un Mao Ze Dong.

 

Alors que je m'approche, je réalise que des militaires en uniforme, fusil-mitrailleur sur l'épaule, font leur jogging autour du monument. Par cette chaleur, c'est inhumain !


La colone abrite un musée et un ascenseur qui emmene les touristes au sommet, ou se trouve une plateforme d'observation. Je paye les 5100 RPH d'entrée, et apres un rapide tour de la base, je me joins a la file d'attente pour l'ascenceur. Il y a surtout des groupes d'écoliers, je suis le seul touriste étranger. La vue depuis le sommet offre un beau panorama a 360 degrés sur le centre-ville.



J'y reste une demi-heure et redescent derriere un groupe de bonzes en tunique jaune. Puis je prend la direction du Nord de Jakarta ou se trouve le quartier de Kota, centre historique de la capitale autrefois appelé Batavia du temps de la colonisation hollandaise.
 
La distance est trop importante pour y aller a pied donc je lorgne sur les rares trishaw qui circulent. Le seul que je croise ne comprend pas ou je veux aller et il s'enfuit, plutot que de devoir faire une effort et prendre la course. Je monte dans un  bemo ou la course ne me coute que 5000 RPH. Assise en face de moi se trouve une jeune musulmane couverte en noir de la tete au pied. Seuls ses yeux sont visibles. Ils n'expriment aucun appétit de la vie, aucune émotion, rien ... Ou plutot, si : je ne ressent que de la résignation, et de la gene devant mon regard inquisiteur.  C'est la premiere fois que je vois ca. Je n'arrive pas a détacher mon regard d'elle. D'abord, d'un point de vue purement pratique, je me demande comment elle fait pour supporter cette couche de vetement par une telle chaleur moite ? Ca doit etre terrible pour elle. Puis un sentiment de désolation m'envahie. Elle me fait tellement de peine. J'ai envie de lui parler, de lui faire comprendre qu'il y a une autre vie possible qui l'attend, une vie de femme libre, mais c'est peut-etre son choix d'etre comme ca. Que puis-je faire si elle ne me sollicite pas ???
 
Le bemo remonte une longue avenue tres fréquentée qui pue les gaz d'échappement. Je n'en peux plus de cette pollution. Je suis devenu allergique. Le chauffeur m'indique l'arret en face du Café Batavia. C'est la. Une place sans intéret dans un quartier insalubre et surement dangereux apres 17h00, devant ce café de style colonial, seul vestige de l'époque d'une splendeur passée. 



Des groupes d'étudiants en art peignent, a meme le sol sur une feuille de papier, le batiment en face d'eux qui est un musée réputé de Jakarta. Je jette un oeil par dessus leur épaule : ils sont vraiment tous nuls en peinture et en perspective d'architecture ! Ou alors tres débutants.

Je fais un tour dans les rues voisines en esperant trouver quelque chose digne d'intéret qui justifiera mon déplacement jusqu'ici, mais sans succes. Un pont enjambe un canal a l'odeur infecte qui donne presque envie de vomir, de nombreux batiments décrépis sont a 2 doigts de s'effondrer, voire ont commencé a le faire, et les vestiges d'architecture hollandaise ont quasiment disparu. Enfin, les gens ne m'inspirent pas confiance du tout.


Je reviens au Café Batavia a coté duquel se trouve un marché de vetements et chaussures. Tous les produits sont des grossieres contrefacons, au point que c'en est parfois hillarant, tel cette paire d'Adididas. Je m'achete une ceinture en cuir car j'en ai vraiment besoin. Je la fais raccourcir, je fais rajouter des trous, et voila une ceinture sur mesure !


L'heure du déjeuner approche et il n'y a rien qui me convient ici. Je commence a descendre la rue principale par laquelle je suis arrivé, longeant les arcades du quartier de Glodok, le quartier chinois. Des portraitistes beaucoup plus talentueux que les étudiants que j'ai vu 500 metres plus loin refont a l'identique des vieilles photos abimées dans un style tres chinois.



Je tourne dans une ruelle pour m'enfoncer dans ce monde particulier. La encore, pas l'ombre d'un touriste a part moi. Je reste dans les ruelles commercantes ou l'activité bat son plein avec des marchands de légumes et des stands de DVD pirates.


Je trouve meme le plus gros durian qu'il m'ai été donné de voir, ce fruit malodorant et au gout infecte dont rafolle les asiatiques.


Je débouche sur une large rue pietonne dont le centre jonché de débris en béton, derriere des fils barbelés, me donne l'impression d'avoir atterrit sur un champ de bataille. Ou apres un tremblement de terre peut-etre ? Cet endroit est bizarre. Je reviens sur l'avenue principale, je visite un dernier centre commercial ou ne se vendent que des pieces d'outillage, puis je prend le bus rouge Transjakarta dont m'a parlé hier Monti. Effectivement, c'est tres pratique : le couloir qui est réservé a sa circulation permet d'aller vite, la climatisation fait un bien fou, et cela ne coute que 3500 RPH pour revenir a mon domicile.


Je déjeune tardivement au Mac Donald, puis je vais dans le centre commercial m'acheter des chemises car les prix sont vraiment attractifs et je dois dépenser mes derniers roupiahs avant de quitter le pays. La pluie se met a tomber en meme temps que la nuit, donc je rentre a l'hotel prendre une bonne douche.

Il reste une chose qui me perturbe un peu : je dois me lever a 4h00 demain mais j'ai perdu mon horloge avec alarme. J'ai donc demandé au gérant de l'hotel de venir me réveiller demain matin, mais je n'ai pas confiance. Un mauvais pressentiment ... Je retourne donc au centre commercial acheter une petite horloge de voyage qui me coute une fortune pour ce que c'est (100 000 RPH) mais rater mon avion pour Batam me reviendrai encore plus cher.

Il ne me reste plus qu'a faire mon sac avant d'aller diner. Je me débarrasse de quelques t-shirts inutiles en bon état, et d'autres objets dont je n'aurais plus l'utilisation pour la fin du voyage. Je les met dans un sac plastique, et donne le tout au gérant de l'hotel en lui demandant de les remettre a uner personne pauvre qu'il connait. J'espere qu'il ne gardera pas tout pour lui.
par Ludovic publié dans : Indonésie
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Mercredi 10 mai 2006

J'ai passé une nuit horrible en raison de la chaleur et de l'humidité. Impossible de m'endormir profondement.

La priorité de la journée va a l'organisation de mes prochains vols en avion : celui pour aller a Singapour, et celui pour ... pour ...  j'arrive pas a l'écrire... celui pour rentrer en France. J'entre dans une agence de voyage de Jalan Jalak (ma rue), et achete un billet d'avion pour Batam (420 000 RPH, soit 40 euros), petite ile indonésienne a 30 kilometres au Sud de Singapour. Apres, il n'y a plus qu'a prendre le ferry, et le trajet total me coutera 3 fois moins cher que si j'avais acheté un aller direct pour Singapour.


Ceci fait, je prend la direction du bureau de British Airways, seule compagnie habilitée a effectuer un changement sur mon billet Tour du Monde. Bien sur, comme a chaque fois que j'ai du aller les voir, leur bureau a changé d'endRoit. Il ne se trouve plus avec Qantas, comme c'est spécifié dans le Lonely Planet. Je demande a tout hasard au gars de Qantas s'il peut imprimer mon nouveau billet. Il met du temps a comprendre que j'ai changé 2 fois de point de départ (Madras puis Bangkok, et finalement Singapour). Au bout du compte, il fait une copie de mon billet et l'envoi par fax a la nouvelle adreJsse de British Airways ou je dois me rendre. Et bien sur, c'est a perpette ! Hors de question de me faire encore arnaquer par un taxi local, donc je trouve un taxi-mobilette qui m'y emmene pour une somme raisonnable. La fille de British Airways est ultra lente. Elle tapote sans cesse sur son clavier, mai je me demande bien pour écrire quoi, car mon agence de voyage a déja fait tous les changements dans le systeme centralisé. Il n'y a qu'a imprimer mon nouveau billet normalement. 1 heures plus tard, apres avoir paye 125 USD supplémentaires, je sors enfin avec mon nouveau billet en poche. Le choc thermique entre l'air frais du batiment climatisé et la chaleur moite de Jakarta n'est pas tres agréable. Voila, l'essentiel est fait, je peux passser a la deuxieme étape : l'achat de mes souvenirs et des vetements.

Je me rend au centre commercial a proximité mais il n'y a pas du tout ce que je veux. Comme dans la rue, les différents types de marchandises sont organisés par étage. Un étage entier, grand comme un terrain de footbal, ne contient que des petits stands de téléphones mobiles neufs et d'occasion. Un vrai capharnaum ! Viens ensuite l'étage des ordinateurs et accessoires informatiques, l'étage des restaurants ou je m'installe pour le déjeuner car la vue y est chouette, l'étage des DVD et CD pirates, etc. Ce n'est pas tres dur de s'y retrouver, mais pour faire un choix, c'est une autre affaire.


A 14h00, j'appelle Monti, et elle me donne rendez-vous a 15H30 dans le lobby du J.W. Marriott juste en face du centre commercial. c'est la-bas qu'a eu lieu le second attentat en Indonésie apres celui de Bali. En attendant, je monte au dernier étage ou se trouve la parking a ciel ouvert (d'habitude les parkings sont souterrains, mais ici, c'est comme ca). Cela me permet de bénéficier d'une belle vue panoramique sur Jakarta et de voir le nuage de pollution qui plane sur la ville. Les tours du centre d'affaires ne sont qu'a quelques kilometres de moi, mais je ne peux que deviner leur silouhette grise.


Des petits bidonvilles sont intercalés entre les tours, sur les terrains vagues promis a un grand avenir immobilier.

Je retourne dans les étages inférieurs puis me dirige vers le Marriott. Monti est déja la, tres éléguante dans une grande robe blanche avec des chaussures a talon, moi, j'ai mon treillis de routard avec mon t-shirt rouge délavé et mes chaussures de trek ... Cherchez l'erreur ! Elle est super contente de me revoir. Je lui explique que je dois encore acheter des souvenirs et de vetements. Comme elle a sa voiture, elle me propose de m'accompagner, ce que je ne refuse pas car elle va me faire gagner beaucoup de temps.

Nous partons donc dons les embouteillages vers le Blok M, un immense centre commercial ou je dois pouvoir trouver mon bonheur. Effectivement, l'étage consacré a l'artisanat possede absolument tout ce qu'il est possible de trouver en Indonésie. J'achete un masque de Barong, une danse traditionnelle balinaise, et un masque javanais. Nous allons ensuite a l'étage du pret-a-porter masculin ou elle me montre directement le coin des affaires : des chemises de marque pour 15 euros l'unité. J'en prend 3, et nous repartons au bout de 15 minutes, en passant pas l´étage de la mode musulmane. C'est tellement plus simple quand on fait ses activités avec les locaux .

L'oncle de Monti l'a appelé et nous a proposé de le rejoindre au restaurant du Marriott ou il donne un buffet a l'occasion de son 70eme anniversaire. Nous sommes cordialement invités et je ne me fais pas prier pour accepter l'invitation. Je dois juste mettre une tenu correcte. Monti me raccompagne donc a mon hotel, ou je prend une douche en 30 secondes, saute dans un jean, et met l'une des chemises que je viens d'acheter. Ca fait plus d'un an que je n'en avait pas mis une ! Ca fait plaisir de se sentir a nouveau présentable.

Le buffet du Marriott est fabuleux. Il y a plus 5 types de cuisine disponibles. L'oncle de Monti passe nous voir a notre table alors que je suis en train de choisir un vin. Il me précise immédiatement que je peux prendre ce que je veux. Je comptais justement payer le vin pour remercier Monti, mais apparament, ce soir mon porte-monnaie en au repos. Son oncle repasse une deuxieme fois a notre table accompagné du Chef. La réputation francaise a fait son effet... Quelques minutes plus tard, un médaillon de foie gras poellé parfait arrive sous mon nez, et le régal commence. Ce fut le meilleur diner depuis que je suis parti de France.

Monti me raccompagne a mon hotel. Elle repart demain a Yogyakarta en voiture, puis s'envole dans la foulée pour Bali avec Birgit, Anton et Joko. Y'a pas a dire, c'est cool la vie d'étudiant en Indonésie !

par Ludovic publié dans : Indonésie
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Mardi 9 mai 2006

Le bus "Eksecutiv" pour Jakarta est a 7h00. Je me leve a 6h30, prépare mon sac en 5 minutes, je vais payer ma chambre, et saute dans un becak qui m'emmene a la gare routiere. J'ai quelques minutes d'avance mais le bus n'est pas encore la. N'ayant pas pris de petit-déjeuner, je m'achete des gateaux secs et une petite bouteille d'eau. Je risque d'avoir un petit probleme d'argent aujourd'hui. Le distributeur d'argent de Pangandaran ne fonctionant qu'avec les cartes Eurocard-Mastercar, je n'ai pas pu renflouer mes finances avant de partir pour Jakarta. Il me reste seulement 100 000 RPH en poche, et je dois encore payer le ticket de bus qui va couter environ 60 000 RPH, me payer un déjeuner, et un transport vers le centre-ville de Jakarta. Ca va etre chaud ...

J'embarque dans le bus vide qui est a la limite de la classe "ekonomi" mais au moins, j'ai de la place pour dormir et un cousin moelleux pas tres propre. Le lecteur DVD passe des clips de karaoké bien niais, volume sonore a fond pour que les gens a l'arriere du bus qui ne peuvent pas lire l'écran puissent chanter aussi. Je n'arrive pas a m'endormir mais je sens que je me repose un peu tout de meme. Nous traversons des villages typiques, emportant quelques nouveaux passages qui attendaient sur le bord de la route et qui ont a peine le temps de sauter sur le marche pied du bus, car celui-ci ne s'arrete meme pas. Le bus est presque plein avant d'arriver a Banjar.

Nous faisons un arret déjeuner le long d'une route qui traversent de belles rizieres en terrasse comme je n'avais plus vu depuis Bali. Bali ...  j'aurai du y rester plus longtemps.


Je suis les locaux au self-service de fortune, mais je me rend compte trop tard, que tout ce qui va etre disponible va forcement arracher la gueule. Tant pis, j'ai faim, je tente, sans succes...

Je me rendors dans le bus jusqu'a ce que nous arrivions dans la périphérie de Jakarta. Nous roulons maintenant sur une autoroute a 2 voies dont la bande d'arret d'urgence sert aux véhivules rapides pour doubler.


Le bus emprunte une route secondaire qui nous fait passer par un quartier dégoutant qui ne semble etre qu'une gigantesque décharge ou des cabanes ont été construites. Une odeur fabuleusement nauséabonde envahi le bus au point que je dois mettre mon t-shirt sur mon nez. Meme les indonesiens qui sont pourtant habitués font de meme, c'est dire a quel point l'odeur est pestilencielle ! Le bus s'engage ensuite sur une série d'échangeur puis nous arrivons sur le coup de 15h30 a la gare routiere Rambutan, a plus de 20 kilometres du centre-ville.

A peine les chauffeurs de taxi m'ont apercu dans le bus qu'un comité d'accueil se forme devant la porte de sortie. Je taille dans la meute et trace vers une autre sortie de la gare pour les éviter. Malheureusement, je ne tombe pas sur mieux de ce coté. A nouveau, une dizaine de chauffeurs de taxis me sautent de dessus. Les taxis de Jakarta ont la réputation d'etre des entubeurs de premiere, et la groupe devant moi n'ehappe surement pas a la regle. Et dire que je dois en choisir un de toute facon ! Je demande quel est le prix approximatif de la course pour Jalan Jalak, et on me répond "argo, argo, argo" ce qui veut dire en gros : "c'est le compteur qui décide du prix, pas moi." Un gars me dit que ca doit revenir a 20 000 RPH, ce qui me semble peu. Mais comme souvent, ils ne savent pas faire la différence en anglais entre les centaines et les milliers, la surprise a la fin va ete de taille. De toute facon, je n'ai que 35 000 RPH dans mon porte-monnaie donc c'est plus, je suis mal.

Je grimpe dans une toyota assez sale, et nous allons directement grossir le bouchon deja formé a la sortie de la gare routiere. Nous n'avons pas fait 2 kilometres que le compteur inscrit deja 15 000 : ca défile a une allure hallucinante ! Je dois aussi payer a 2 reprises un péage pour prendre la voie rapide vers Jakarta. Le traffic devient plus fluide et nous filons au milieu de la tentaculaire banlieue de Jakarta. J'apercois au loin des sillouhettes de tours noyées dans une couche de pollution grise. Entretemp, le compteur est revenu a 0 car il n'y a pas assez de chiffres sur l'´écran digital pour dépasser les 99 999 RPH. Je vais devoir demander au chauffeur de m'arreter a un distributeur automatique. Lorsque nous arrivons enfin a Jalan Jalak, la course m'aura couté 173 000 RPH ! C'est le trajet le plus couteux que j'ai effectué depuis que je suis en Indonesie. C'est surprennant de constater que ca couté 2 fois plus cher de faire 20 kilometres en taxi que 500 kilometres en bus. Je confirme : les taxis de Jakarta sont de sacrés arnaqueurs !

Je trouve un hotel bas de gamme dans une petite allée avec une chambre pour 50 000 RPH, et je repars aussitot pour profiter de la derniere heure de soleil. Je passe devant une université ou les étudiants manifestent. Comme Paris, Jakarta est célebre en Asie pour ses nombreuses contestations populaires et étudiantes.

Je vais dans un centre commercial ou un étage entier est dédíé a l'artisanat en provenance de toute l'Indonésie. Je trouve un masque de danse traditionnel de Bali comme celui que je voudrai , mais la qualité est mauvaise par rapport a celui que j'avais vu sur le marché d'Ubud. Au moins, le prix n'est pas excessif, comme c´était a craindre. Les masques javanais avec des motifs peints selon la méthode batik sont superbes aussi. Je me laisserai bien tenter par ceux-la aussi, mais je dois comparer les prix avec un autre magasin avant d'acheter.
Lorsque je repars a l'hotel, il fait nuit, et les trottoirs se sont remplis de boui-boui ambulants, les fameux "Warung", qui laissent a peine la place de marcher dessus. L'air humide s'est rempli d'odeurs de brochettes et autres fritures locales. Il y a de l'ambiance ici.

Je vais diner rapidement et je vais me coucher en installant mon sac de couchage sur le matelas pour ne pas attraper une allergie colossale dans la nuit.

par Ludovic publié dans : Indonésie
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Lundi 8 mai 2006

Aujourd'hui, j'ai décidé de ne rien faire, absolument rien, sinon de lire et dormir sur la plage. Je passe au Cantik Bar a 10h00 pour voir ce que font les autres. Eric et Matias partent pour Jogyakarta, Nicole et Natna n'ont rien prévu et me rejoindrons plus tard a la plage, Dewi n'a rien a faire au bar donc elle m'accompagne en mobilette jusqu'a l'entrée du Parc National dans lequel se trouve une plage de sable blanc plus tranquille que celle en face de nous. L'entrée coute 2500 RPH mais je n'ai pas de monnaie, et le gardien non plus. Il prend juste mes 1500 RPH et me laisse passer apres que Dewi lui ai parler. L'avantage d'etre avec des locaux ...

Nous traversons la foret sur 300 metres, ou nous croisons quelques singes qui se promenent tranquillement, mais Dewi s'enfuit en courant car elle en a une peur bleue. Forcément, avec son metre quarante, ils sont aussi grands qu'elle ! Nous débouchons sur une bande de sable jaune ombragée par les arbres qui dépassent de la foret. Il y a quelques indonésiens arrivés par bateau depuis Pangandaran, mais l'endroit est tranquille, parfait pour y passer la journée a se détendre. Je sors mon livre et m'installe au soleil.

De temps a autre, je leve les yeux pour regarder ce qu'il se passe autour de moi : un plongeur sort de l'eau avec un gros poulpe dans la main, une biche vient grignoter des feuilles a la lisiere de la foret, juste quelques metre derriere moi, des jeunes s'amusent a s'enterrer sur la plage, sans oublier de faire les petites seins en sable dont ils rafollent, un bateau de 10 touristes indonésiens débarque et repart a peine 1 minutes plus tard (encore plus fort que les tours organisés de japonais !).

Nicole m'a rejoint sur le coup de 14h00 et j'alterne lecture et baignade. L'eau est incroyablement chaude pres du bord et ne rafraichit pas beaucoup. Il faut nager un peu plus loin, mais il y a un fort courant qui rend le retour sur la plage difficile. Natna arrive a son tour avec une amie, et Dewi rentre au village. Je ne tarde pas a faire de meme en longeant la grande plage de sable gris de Pangandaran.

Je reviens au Cantik Bar pour diner, et Dewi qui fait toujours le service me fait rencontrer Marie-Jeanne, une fraiche retraitée francaise bien marrante. Comme Nicole nous rejoins un peu plus tard, j'essaye de faire passer la conversation en anglais pour qu'elle puisse comprendre et participer mais Marie-Jeanne reste toujours en francais. Lorsqu'elle part, Dewi nous rejoint, et la soirée va prendre une tournure assez bizarre. Une fille seule au bar me regarde souvent, et je lui sourit poliment. Il y a quelque chose d'étrange en elle, que je comprend quand elle vient s'assoir avec nous. Elle est sourde-muette, et elle communique avec Dewi qui la connait et parle le langage des signes. Apres s'etre présentée, et nous avoir expliqué qu'elle a été marriée 3 mois avec un suisse qui lui a fait un gosse (bien sur, elle n'a jamais été en Suisse... et n'a jamais revu le gars), elle passe a la vitesse supérieure. Dewi fait toujours la traduction. Elle me demande si je suis marrié, puis me dit qu'elle me trouve mignon, qu'elle m'aime bien, et qu'elle veut aller a mon hotel avec moi. Quand Dewi traduit la derniere phrase, elle se cache derriere sa main avec les doigts écartés, signifiant " je suis timide". Drole de timidité ! Dewi lui explique que je ne suis pas interessé, et sa réponse est "Combien tu me donnes pour coucher avec toi ?" Ca me fait mal au coeur. Dewi s'énerve et lui dit promptement de lacher l'affaire, ce qu'elle fait, tout en essayant de capter dans mon regard un infime espoir. Qu'elle ne trouveras pas.

Je continue de discuter avec Nicole, et je remarque a nouveau une fille qui jette souvent un oeil mon coté. Elle n'est pas muette, bien au contraire, sa voix est plutot du genre rauque, mais elle est tres belle, et sait se faire remarquer. Si c'est un travelot, il est tres réussit, mais je ne pense pas que ce soit le cas. De toute facon, je n'ai pas envie de connaitre la vérité.
Vers 1h00, Nicole va se coucher, et je fais de meme car je me leve a 6h00 pour prendre le bus pour Jakarta. Je dis adieu a Dewi en la remerciant de sa gentillesse. La fille au t-shirt blanc me fait un sourire en me disant au revoir en francais, mais je ne répond pas. J'ai a peine fait 10 metres qu'un gars s'approche et m'adresse la parole : "Tu ne me connais pas, je suis le cousin de la fille au t-shirt blanc. Je préfere les garcons mais ce soir c'est pas mon tour car ma cousine te trouve tres mignon aussi. tu en a de la chance ! Si tu es d'accord, tu me donnes le nom de ton hotel et le numéro de ta chambre, je lui passe et elle te rejoindra plus tard."
Mais c'est le délire ce soir ! Je le remercie de son intéret pour ma personne, et le congédie poliment. il est temps que je parte pour Jakarta, le coin commence a devenir louche !

par Ludovic publié dans : Indonésie
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Dimanche 7 mai 2006
Quand j'ouvre les yeux ce matin, c'est le déluge dehors. Hors de question d'aller me promener en mobilette avec les autres par ce temps la. Le rendez-vous est au Cantik Bar a 10h00, et il pleut encore quand je m'y rend. Les autres sont déja la. Nicole, Natna et moi étant peu motivés pour partir avec ce temps, nous attendons jusqu'a 10h30 que ca se calme, et nous décidons de tenter le coup sous un petit crachin qui semble faiblir. Je conduis une mobilette avec Nicole derriere moi en direction du Green Canyon. Malheureusement, au bout de quelques kilometres, la pluie repart de plus belle et nous nous abritons sous une station-essence pour prendre une décision. Si nous continuons dans cette direction, nous foncons droit sur la tempete, si nous allons dans le sens opposé, quelques morceaux de ciel bleu nous laissent espérer une meilleure météo. Le choix n'est pas difficile... Nous chamboulons donc les plans et allons voir une plage située dans un Parc National.

La route serpente dans la foret traverse quelques hameaux traditionnels. Il faut payer un léger droit d'entrée pour accéder a la plage qui se trouve dans un Parc National. L'endroit est tres fréquenté par les touristes indonésiens qui viennent passer 5 minutes ici avant de remonter dans leur bus. Du haut d'un promontoire, j'ai une vue superbe sur une plage grise qui s'étend a perte de vue de part et d'autre. Les vagues déferlent en créant des lignes d'écume blanche qui glissent sur plusieurs centaines de metres avant d'atteindre le sable.


Nous descendons sur la plage et la carte postale révele  son vrai visage : des kilometres de déchets en plastique jonchent le sable. Quel gachis. Malgré ca, Natna et Dewi s'installent a l'ombre dans un coin a peu pres propre. Je vais me promener pour voir si ca s'améliore un peu plus loin mais il n'y a rien a esperer de ce coté la. Comme tout pays en voie de développement qui se respecte, le respect de l'environnement est une préoccupation qui se place bien loin derriere celles liées a la satisfaction des besoins élémentaires de la population : manger et gagner de l'argent, pour le reste, on verra plus tard !


J'observe quelques beaux specimen de crabes qui se balladent pendant ques les autres vont gouter les vagues. Nous restons la une heure, puis nous repartons dvers notre destination initiale car le ciel s'est largement éclaircit.



Au bout d'une demi-heure de route, nous quittons l'asphalte pour emprunter d'étroites petites routes de campagnes ou seules les mobilettes peuvent circuler. Ca se transforme en chemin de terre qui zizague entre les maisons construites dans l'ombre de la végétation. J'ai l'impression de rouler dans les jardins des uns et des autres. Nous débouchons sur une superbe lagune aux eaux dormantes séparée de la mer par un fin bras de terre. Derriere, les vagues font entendre leur rugissement sans que nous puissions les voir.




Une longue passerelle en bambou permet d'accéder a une sorte de village sur pilotis construit en plein milieu de la lagune. Tout autour se trouvent des plateformes de peche traditionnelle.


Nous accédons au village et nous installons sous une hutte. L'endroit est paisible a souhait. Entres les huttes reliées par des petites passerelles, se trouvent des filets qui tiennent captifs les poissons de la peche precédente. Il suffit de choisir ce que nous voulons et cela arrivera dans notre assiette dans quelques minutes plus tard. Nous faisons une commande groupée. Le temps que notre repas arrive, je vais visiter les installations puis je reviens a notre hutte ou l'envie de faire une sieste dans ce petit coin de paradis a déja effleuré tout le monde.



Un thé nous est servit et quand le déjeuner arrive, nous nous régalons. Tout est posé au milieu, chacun se sert et mange avec les doigts comme il est d'usage de le faire ici, apres s'etre lavé les mains dans un petit bol avec de l'eau citronnée. Le repas nous coute 22 000 RPH chacun (2 euros), une aubaine pour un poisson aussi frais et délicieux !

Je serai bien resté sur ce paisible village flottant quelques heures de plus, mais de gros nuages gris refont leur apparition et nous préférons rentrer a Pangandaran avant que cela se gate. Chacun vaque a ses occupations, et je garde la mobilette pour aller au Café Internet. Je la ramene ensuite a Dewi qui est toujours au bar, je vias prendre une douche et tous le monde se rejoint pour le diner et une derniere soirée tous ensemble. Comme Erik et Matias partent demain pour le Sud de Java puis Bali, je leur donne des conseils sur l'itinéraire.
par Ludovic publié dans : Indonésie
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Samedi 6 mai 2006
Je me suis réveillé a minuit avec l'oeil gauche tellement enflé que je neCe sp pouvais plus l'ouvrir. Déja hier, je ressentais une gene que j'attribuais a une poussiere. Finalement, c'est un peu plus grave : j'ai du etre piqué par un insecte et ca s'est infecté. J'arrive a me rendormir, mais ce n'est pas un sommeil n'est pas tres reposant et je traine au lit jusqu'a 10h00. Je me fais servir le petit-déjeuenr sur ma terrase privative, je donne des affaires a laver, et je pars explorer ce bled qu'est Pangadaran, considéré comme LA station balnéaire de Java. Les rues sont toujours aussi vides. Je pensais que les touristes indonésiens allaient débarquer par bus entiers de Jakarta ce matin, mais il ne sont pas encore arrivés. Tant mieux !

Je vais 1 heure sur Internet et repars en observation de la vie locale. Malgré mon oeil amputé, ca ne m'empeche pas de voir ce superbe side-car local, bricolé avec un vieux Vespa et une carlingue d'auto-tamponneuse. A part la peinture, il faut avouer que c'est du beau travail !


Je me dirige vers la plage, aussi vide que les rues. Pourtant, la profusion de boui-bouis et d'étals de vetements indiquent qu'une activité frénétique a lieu ici, parfois. Serait-ce un effet secondaire des attentats de Bali et Jakarta ?



Je reviendrai plus tard, je vais d'abord déjeuner dans le Café Bamboo en face de la plage, de l'autre coté de la route. La serveuse prend ma commande et vient s'assoir discuter avec moi, le temps que mon plat arrive. Dewi est une indonésienne modele réduit (1,40 m), 34 ans, travaillant a Jakarta. Elle a perdu son job il y a 2 mois, avec un salaire de 200 000 RPH/mois (soit un peu moins de 20 euros), pas assez pour rester vivre a Jakarta ou la vie est chere. Elle est donc venue ici pour aider son ami qui tient le restaurant, le temps de trouver un autre travail.

Programme de l'apres-midi : me trouver un coin tranquille sur la plage pour lire, dormir, observer les gens ... profiter de mes derniers jours de voyage quoi !

Je croise des gosses qui jouent a s'enterrer dans le sable. Au fur-et-a-mesure que je m'approche, je me rend compte que le ptit gars qui sert de cobaye s'est fait mettre des seins en sable, et son copain lui "greffe" un penis au moment ou j'arrive. Futur ladyboy ? 


Je m'installe sur un banc en bois au milieu de la plage, face a la mer. Parfait ! J'y reste 3 heures, profitant sans risque du soleil qui joue a cache-cache avec les nuages. Lorsque je commence re-prendre conscience du monde autour de moi, je m'apercois que la plage s'est remplie de touristes indonésiens pendant que je dormais. Un groupe de 15 adultes marche a 30 metre de mon banc, un homme dirige son camescope sur moi. Je parie que dans 30 secondes ils vont tous venir... Bingo ! Toutes les femmes, en djelabbah et voile sur la tete, viennent s'assoir autours de moi et semblent beaucoup s'amuser de ma présence. Le camescope toujours braqué dans ma direction, je fais des grimaces et tire la langue, histoire d'agrémenter leur souvenir de week-end. Ca me met quand meme un peu mal a l'aise de se sentir une bete de foire. D'habitude, c'est moi qui shoote, et je me dis que si les gens ressentent la meme chose quand je les prend en photo, c'est pas tres cool.

Je reste sur mon banc jusqu'a ce que le ciel soit completement couvert, puis je pars marcher le long de la plage pour observer ces curieux touristes qui se baignent tout habillés. Ce n'est pas pour se protéger du soleil, ca c'est sur ! Quelques hommes qui jouent dans les vagues sont torse-nue, mais toutes les femmes, de la plus jeune a la plus vieille, sont couvertes de la tete au pied. Meme pour faire du body-board, elles gardent un t-shirt et un pantalon de bain.


Peu apres, j'apercois une petite fille musulmane adorable qui s'amuse dans l'eau, et elle vient vers moi des qu'elle voit que je la prend en photo. Elle me regarde avec des grands yeux innocents et curieux, et m'offre un superbe sourire. Sa soeur, qui doit avoir 12 ans pas plus, arrive avec une branche et se met a courrir derriere elle en la fouettant pour la faire déguerpir de devant mon objectif. Je l'aurai bien attrapée pour qu'elle arrete, mais je n'ai pas a m'en méler, surtout si les parents ne sont pas loin.


La voiture des garde-cotes arrive : un modele "Alerte a Malibu" local en piteux état qui fait hurler sa sirene pour indiquer aux gens de sortir de l'eau car la marrée descend et crée de forts courants qui partent vers le large.


Il commence a faire vraiment sombre, et je rentre a mon hotel pour prendre une douche. Une femme vient m'offrir ses services de massage alors que je sirote un thé devant ma chambre, mais je refuse gentiment et je m'endors jusqu'a ce que le raffut commence. La transformation de Pangandaran qui avait commencée aux alentours de 15h00 avec l'arrivée des touristes indonésiens sur la plage vient de prendre un nouveau tournant : le village endormi est maintenant un karaoké géant. Des voix horribles qui s'évertuent sans succes a etre mélodieuses raisonnent dans la nuit sur un fond musical des boites a rythmes. Quelle cacophonie ! Meme ma chambre a Kuta était plus tranquille. J'essaye de me rendormir un peu en attendant que la pluie cesse pour aller manger mais c'est impossible. J'allume donc la télévision et je commence a regarder Speed 2 : Cruise Control. Toutes les 15 minutes, le film est coupé pendant plus de 5 minutes pour laisser place a la publicités, c'est insuportable. A chaque fois, il y a au moins un spot pour des serviettes hygiéniques, un spot pour un médicament contre les regles douleureuses, un spot pour des vitamines, et un autre pour une marque de téléphonie mobile nationale.

La pluie ayant cessé, je vais au restaurant Cantik, juste a coté de mon hotel. Je retrouve Dewi qui vient discuter avec moi et continue de me raconter sa vie : elle est divorcée d'un allemand qui lui a fait 1 gosse et qui est rentré chez lui apres. Quand je lui dis que je veux aller au Green canyon demain, elle me fait rencontrer Nicole, une anglaise de 38 ans qui est assise un peu plus loin. Elle y va demain avec 2 hollandais, Erik et Matias, qui sont la aussi. Nous formons donc un groupe pour y aller, et Dewi nous accompagnera en tant que guide avec son amie Natna, une autre fille indonésienne qui vit en Allemagne et qui revient en Indonésie tous les ans. Elle est avec sa "girlfriend", l'allemande blonde que j'avais remarqué hier. Je passe une bonne soirée a faire connaissance avec mes futurs compagnons de barroude.
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Vendredi 5 mai 2006
J'ai eu a peine 3 heures de sommeil mais l'excitation du départ m'aider a fonce sous la douche pour me réveiller. J'engloutis mon pancake a la banane en 1 minute, je paye l'hotel et je me rend au bureau de l'agence de voyage a 50 metres dans la ruelle. Le gars se souvient de moi, et me fait assoir pour attendre le bus. A 7h30, il me fait signe qu'il arrive et je me leve pour aller sur la rue principale, mais c'est un fausse alerte. Je reste a patienter sur le trottoir, assis sur mon sac a dos. 8H00 passe, heure prévue du départ, mais toujours pas de bus en vue. Il devait deja passer me prendre 7h30... Ca s'annonce mal. Je me vois déja en train de raler pour demander le remboursement du billet, et de monter dans un taxi pour aller a la gare routiere et attraper le premier bus pour Pangadaran. 8h15 passe, 8H30 arrive, et le gars de l'agence s'agite quand un bemo tout pourri, peint en rose approche. Ca, c'est pour moi. Gagné! Il se gare. Pour le prix que j'ai payé, je m'attendais a un bus privé de luxe, dans le genre de celui pour aller a Semarang. Cruelle désillusion. Il n'´y a que 2 personnes a l'interieur en plus de moi, donc j'ai de la place a l'arriere. L'essentiel est que j'Arrive a temps a Cilacap pour avoir le ferry de 13h00 qui va a Majinklak, d'ou je prendrai un bus local pour Pangandaran.

Nous partons de suite sans récupérer d'autres personnes au passage, ce qui m'arrange car je suis déja assez en retard et je ne veux pas stresser pendant 4 heures. La chaleur est étouffante par cette belle journée, ca ne m'aide pas pour m'endormir. En plus, l'indonésien de devant, passe derriere et commence a vouloir discuter avec moi. Je me prete au jeu l'espace d'une demi-heure, mais mon envie de dormir l'emporte rapidement. A 11h00, nous faisons un premier arret de 15 minutes dans une gare routiere que j'identifie comme étant dans un bled a mi-chemin de Cilacap. Le timimg va etre court. Je ne me rendors pas, j'essaye de voir comment nous progressons sur la carte de la région du Lonely Planet mais celle-ci n'est pas assez détaillée. Jusqu'a ce que je vois enfin un panneau "Cilacap - 31 km", je n'ai aucune idée d'ou nous sommes. Il est alors 12h30. A raison d'1 kilometre par minute, ca devrai le faire. Sauf que bien sur, on commence par faire un détour par des petites rues pour déposer l'indonésien a son domicile, puis nous faisons un nouvel arret pour déposer un colis, puis les feux rouges s'y mettent. Je m'assure que le chauffeur a bien compris que je veux aller au port d'embarquement de ferries pour prendre celui de 13h00 et qu'il ferait mieux de se dépecher car il est 12h59 ! Il ne conprend pas l'anglais, ca sent de plus en plus le roussi ...

Nous arrivons a l'entrée d'un port : je saute du van, fais signe au chauffeur d'attendre, et je vais demander a un agent au poste de sécurité si c'est bien ici pour le ferry qui va a Majinklak. Non, c'est ailleurs et il donne la direction au chauffeur. C'est reparti pour un tour, il est maintenant 13h10. Nous arrivons a 13h20 devant un ponton d'embarquement avec un bateau sur lequel est écrit "Indonesian Ferry". YES !! Ca doit etre ca, il n'est pas encore parti. Et Il ne partira jamais ... L'agent portuaire explique que le service de ferry est interrompu depuis plus d'un an. La seule solution pour moi est d'affreter un bateau en bois, mais ca va couter une fortune. Tout ca pour ca ! Je ne passerai pas par le chenal avec les backwaters, mais au moins j'ai tenté le coup, c'est sans regrets.

Je remonte donc dans mon bemo privé et il ne me reste plus qu'a aller a la gare routiere pour prendre un bus direct pour Pangandaran. Le prochain part dans 20 minutes, c'est un mini-bus assez déglingué car il sert transporter tout et n'importe quoi. Je demande le prix et on m'annonce "Three thousand roupiahs". Pas cher pour 3 heures de trajet ! Ca m'étonne un peu mais je vais bien voir. Je mets mon sac a l'arriere, et m'aprette a aller chercher a manger, mais le moteur demarre. C'est plus dans 20 minutes le départ ? J'embarque, je creve  de faim. Lorsqu'il faut payer, je prépare mes 3000 RPH, et quand je les tend au gars, il me regarde d'un drole d'air et me les rend. Bah quoi ? T'en veux pas ? Un vieux a coté rigole et me fais comprendre qu'il veut 3 billets de 10 000 RPH et non pas de 1000 RPH. J'en étais sur : le gars a confond "three thousand" et "thirty thousand". Je paye, et j'essaye de m'endormir, blasé. La route est ultra cahotique et je fais parfois des bonds 15 cm sur mon siege. Pourvu que ca ne soit pas comme ca pendant 3 heures. Ca me rapelle le bus pour Dar-es-Salaam en Tanzanie (lien hypertexte): une des pires route que j'ai eu, pendant 8 heures, avec une diarhée a gérer... Ca me semble hier et pourtant, c'était il y a plus de 8 mois.

Le temps est long, j'ai hate d'arriver maintenant, mais la carte géographique de mon guide fait toujours défaut. Je regarde donc le paysage défiler sous mes yeux et me dit en souriant ironiquement que dans quelques semaines, je serai pret a payer cher pour etre a nouveau dans ce bus pourri. En attendant, je vais glandouiller quelques jours au bord de la mer, histoire de bien me relaxer une derniere fois avant de plonger dans le tumulte urbain de Jakarta, puis Singapour, et Paris.

A 16h30, la mer apparait enfin et j'arrive a Pangandaran. Il aura fallu 8 heures pour faire 200 kilometres (a vol d'oiseau). Je parcours a pied le dernier kilometre qui me sépare de l'hotel Puri Sakura que j'ai choisi, a 100 metres de la plage dans une petite allée. La chambre est propre, bien décorée, avec une vrai douche (eau froide), et un lit confortable. Je négocie le prix de 65 000 a 55 000 RPH, et je pose enfin mon sac. Je suis arrivé ! Je sirote mon thé de bienvenue en discutant avec un local qui fait office de guide touristique, puis je vais faire un tour pour avoir un premier apercu de la ville. C'est tres calme, pas un touriste étranger a part moi, exactement ce qu'il me fallait ! Je rentre prendre une douche, puis je vais diner au Café Bambou ou les premiers touristes apparaissent. Des allemandes, dont l'une tres typée indonésiennes. Si elles sont la pour le week-end, je mets ma main a couper qu'on va vite se recroiser. Je n'ai qu'une envie apres m'etre bien rempli le ventre, c'est d'aller dormir. Malgré le fait d'etre vendredi soir, et qu'il pourrait y avoir un peu d'animation, je ne resiste pas a l'appel de la couette et je vais me coucher a 22h00.
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Jeudi 4 mai 2006

Je continue ma promenade en allant de l'autre coté de la rue, et je remarque une étroite ruelle remplie de commercants qui s'enfoncent dans un labyrinthe. Interessant ... J'y vais, et oh bonheur! Je me retrouve en plein milieu du marché local, un bric-a-brac inimaginable sur 4 giguantesques niveaux, un condensé de la vraie vie a Yogyakarta, celle que bien peu de touristes percoivent car personne n'ose s'aventurer dans les quartiers pauvres. J'erre entre les étals, tournant a droite ou a gauche au gré des regards curieux et des sourires a mon approche. Il regne une atmosphere particuliere ici, surement due a la pénombre dans laquelle nous sommes plongés. Des rayons de soleil filtrent parfois jusqu'au sol, diffusant une lumiere mystique sur les marchandises exposées.

 

Comme toujours dans les marchés asiatiques, et meme sud-américains, les étals sont regroupés par catégories de marchandise : le coin des vetements, le coin des chaussures de football, le coin des légumes, le coin de la médecine traditionnelle, le coin des poissoniers, le coin des magazines usagés, le coin des réparateurs de matériel électronique, le coin des vendeurs de banane, etc.


 



Seule la faim arrive a m'extirper de l'abysse de curiosité dans lequel je suis plongé. Quand j'arrive a trouver la sortie, dehors, c'est le déluge. J'attend un peu mais l'averse ne faiblit pas donc je remonte Jalan Malioboro est longeant les arcades qui fournissent une protection suffisante. Je vais manger dans le centre commercial rutilant et climatisé qui se trouve sur mon chemin, puis je vais téléphoner a Birgit pour savoir a quelle heure nous nous rejoignons pour notre ultime diner en Indonésie.

J'ai encore quelques heures devant moi pour organiser mon départ. Je cherche donc une agence de voyage qui vend des billets de bus direct pour Cilacap. Je pourrai aller a la gare routiere, mais je ne veux pas prendre un bus public car ceux-ci s'arretent tous le temps, et sur un trajet de 150 km, ca risque de durer une éternité. J'en trouve une qui propose un bus direct sur les 5 que j'ai consulté. Elle me propose un billet a 100 000 RPH, mais je le négocie rapidement a 80 000 RPH, ce qui veut dire que ca ne coute probablement pas plus de 60 000 RPH en réalité. Je vais essayer de trouver une autre agence pour pouvoir comparer le prix, a tout hasard.

Je m'occupe ensuite de mon billet d'avion pour Singapour depuis Jakarta. Les premieres offres commencent a 124 USD. La aussi, je fais le tour de plusieurs agences jusqu'a ce que je trouve un billet a 104 USD. Je décide de l'acheter maintenant pour me débarrasser de ce soucis. Il faut que je fournisse une preuve que j'ai un billet de retour en France donc je repasse a l'hotel chercher mon billet d'avion. Je veux payer avec ma carte bancaire ce qui rajoute 3% de frais. Il faut aussi convertir le prix en roupiah. Et la, quand le gars m'annonce le taux de change, j'hallucine. Par rapport au taux réel du marché, cela me fait un supplément de 15 dollars sur le prix du billet en USD. Je prosteste énergiquement en exigeant la conversion au taUX réel, mais le gars m'explique que c'est la compagnie aerienne qui fixe ces conditions. Tres bien ... j'attendrai d'etre a Jakarta pour acheter mon billet.

Je passe a l'agence pour acheter le billet de bus pour Cilacap. Le gars appelle la compagnie mais le bus de demain a 7h00 est plein. Il appelle d'autres compagnies jusqu'a ce qu'il me trouve une place. Je pars donc comme prévu, demain a 8h00.

Je vais prendre une douche car la pluie de cet apres-midi a rendu l'air humide et je suis tout moite a force de courrir d'agence en agence. Je prend ensuite un taxi pour l'hotel de Birgit. Je retrouve aussi Marlene et Anton, ainsi que Monti. Je transfere mes photos du séjour au Kalimantan sur l'ordinateur de Birgit, et nous nous faisons une séance de visionnage pour montrer a Monti ce qu'elle a raté. Nous allons ensuite diner, juste Birgit, Marlene et moi, puis rejoignons les autres au billard avant de partir en taxi pour un bar-discotheque que veux nous montrer Birgit. L'endroit n'a pas trop d'ambiance ce soir, donc nous partons pour un autre bar en plein air, bien plus sympathique. Nous y restons jusqu'a 2h30, heure de la fermeture.

Le moment des adieux arrive : c'est toujours un moment peu agréable, mais je m'y suis habitué. Il y en a eu tellement depuis 1 an ... Ca fait partie des regles du jeu si on veut continuer a admirer les merveilles du monde : il faut toujour avancer, et souvent laisser des nouveaux amis derriere soi. Je ne m'éternise pas, je monte dans un taxi qui démarre aussitot. Il est 3h30, je suis claqué mais je dois encore préparer mon sac a dos avant d'aller me coucher pour quelques heures seulement.

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Jeudi 4 mai 2006

Décu par le fait de ne pas avoir pu aller au Plateau de Dieng, je n'ai pas envie de rester a rien faire de la journée. Je décide donc de partir en "expédition photo" pour la journée. J'ai un super oeil aujourd'hui, je vois pleins de scenes et de détails intéressants de la vie quotidienne que j'avais tous les jours sous le nez, mais que je n'avais jamais percu jusqu'alors. C'est bon signe !

Je commence avec la vie des becaks, ces cyclo-pousses qui pullulent dans Yogyakarta plus que dans n'importe quelle autre ville d'Indonésie. Ils sont garés partout, en rang d'oignon ou de maniere completement anarchique. Ils sont a tous les coins de rues, a toutes les sorties de ruelles ou de centre commerciaux, devant tous les batiments ou les allers et venus sont importants.

On peut monter seul dedans, ou a 4 en meme temps, ca ne leur fait pas peur. Ils vous emmenent lentement mais surement dans le moindre recoin de la ville, a la seule force des mollets. Et leurs mollets sont rarement plus gros que mon avant-bras. Quel est donc leur secret ?

Les proprietaires de becaks vivent dans leur becak, souvent décoré de maniere personalisée via une petite fresque peinte sur les garde-boues. Ils y dorment une grande partie de la journée dans l'attente d'un client potentiel, ils lisent dedans, discutent avec leur voisin becak. Ils regardent l'activité de la ville se dérouler devant leur roues, en helant de temps en temps quelqu'un qui pourrait avoir besoin de leur service. En tant que touriste, heuuu ...non.... en tant que voyageur, je suis une cible privilégiée, et il est impossible de marcher 100 metres sans entendre un "Hello Mister ! Becak ?"

Jalan Malioboro est une des rues principale de Yogyakarta et réunit une grande quantité de becaks le long du couloir qui est spécialement destiné a leur circulation.

Tout du long de ses arcades s'alignent une quantité impressionante d'étals et de magasins de vetements batik, d'artisanat en tout genre. Je m'y promene appareil photo en main, essayant de faire un panel représentatif de ce que j'ai sous les yeux.

Des vetements au motifs locaux.


Pour avoir la tenue locale complete, il ne faut pas oublier les sandales assorties.


Les vetement, c'est plus confortable quand on dort dessus que dedans.

Les masques traditionnels javanais sont haut en couleurs, mais bien moins beaux que ceux de Bali.


Les bijoux a base de graines et autres matieres premieres naturelles sont particulierement bien fait.

Cet abat-jour en osier tressé représente un fantastique travail d'artisanat.

Il y a aussi des objets de moins bon gout tels ces cendriers humains. Notez celui en forme de bouche ouverte particulierement réussi. Pas une seule carrie !

Alors que je fais une pause, un groupe de 7 adolescentes voilées, tout sourire, me saute dessus. "S'il vous plait Monsieur, nous faisons une interview pour l'école, est ce que vous pouvez répondre a nos questions ?". C'est classique ici : pour faire pratiquer l'anglais a leurs étudiants, les professeurs les envoient en commando dans les quartiers touristiques pour parler avec les étrangers. Le questionnaire est vraiment basique et je dois répondre dans un microphone car la conversation est enregistrée. Une photo pour clore le tout et me voila a nouveau libre.

Suite de la journée dans l'article :
Java - Yogyakarta - Dans les entrailles du marché local

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Mardi 2 mai 2006

Je me leve vers 8h00 avant les autres car je n'arrive plus a trouver le sommeil. Un taxi arrive a 9h00 avec Suyono dedans pour nous emmener a l'aéroport qui ne se trouve pas bien loin. La course nous coute tout de meme 50 000 RPH. On s'est fait légerement avoir en beauté...

Nous enregistrons nos bagages et allons dans la salle d'attente. Il est a peine 9h30 et notre avion est a 11h30 seulement. Il y en a un sur la piste, similaire a celui que nous avons pris pour venir, qui semble etre le notre. Vers 10h00, un agent ouvre les portes de la salle et nous fait signe d'embarquer. Il est un peu en avance la, non ? Je lui demande si c'est l'avion pour Semarang, il me répond affirmativement, et nous voila dans les airs bien plus tot que prévu. Bonne surprise !


Un en-cas nous est servi, et j'ai droit a un truc bizarre mais pas mauvais : des petites boules vertes et molles en pate de riz, avec de la noix de coco rapée dessus, et un jus de beurre de cacahuette dedans. Je regarde la cote s'éloigner et les champs de déforestation qui apparaissent commme une tache carré au milieu d'un océan de vert. Pourvu que ca s'arrete rapidement.

Nous arrivons a l'aéroport de Semarang sans soucis, et nous sautons dans un taxi qui nous emmene au Centre d'Information Touristique, point de départ des navettes de la compagnie Joglosemar pour Yogyakarta. Nous sommes a peine descendu du taxi que le bus part. Nous faisons signe au chauffeur, et hop, nous voila dans le bus. Depuis ce matin, les connexions sont parfaites. Ca m'est rarement arrivé d'avoir autant de chance en enchainant avion-taxi-bus sur une si longue distance. En plus, il se met a pleuvoir des cordes, c'est donc une journée idéale pour voyager. Je m'endors dans le bus.

Nous arrivons a Yogyakarta a 15h00. Je quitte Birgit, Marlene et Anton en prennant un taxi pour mon hotel Setia Kawan (que je recommande fortement) ou une chambre doit logiquement m'etre réservée. Je récupere les affaires que j'avais laissé, et meme le t-shirt que j'avais oublié sur la corde a linge en partant. Ma chambre est encore mieux que celle précedement, tout roule. Je vais sur Internet mettre le blog a jour et répondre aux nombreux emails en retard depuis 5 jours. Je me détends, et passe une fin de journée tranquille, appréciant de retrouver un peu de solitude.

par Ludovic publié dans : Indonésie
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