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Indonésie

Jeudi 11 mai 2006 4 11 /05 /Mai /2006 20:47
La chaleur est tellement lourde a Jakarta et le ventilateur tellement inefficace que j'ai tres peu dormi cette nuit. Je me leve tot, prend un rapide petit-déjeuner, et je vais a la gare ferroviaire de Kambir d'ou partent les bus pour l'aéroport, histoire de repérer un peu a l'avance ce qui m'attend pour demain matin. La gare se trouve a une vingtaine de minutes a pied de Jalan Jalak, et comme souvent, c'est un endroit ou il est peu recommandé d'y trainer. Les mendiants et autres marginaux qui crechent dans les environs sont vite visibles, et l'odeur immonde qui arrive parfois a mes narines m'incite a faire au plus vite ce que j'ai a faire. Je trouve facilement l'arret des bus pour l'aéroport. Le trajet ne coute que 15 000 RPH et les premiers départs sont a 4h00, avec des bus toutes les demi-heures.
 
La gare ferroviaire se trouve sur l'un des cotés du Monument National, une tour de marbre culminant a plus de 50 metres de haut, plantée au milieu d'une immense place vers laquelle converge de larges avenues parfaitement adaptée a un défilé militaire. C'est l'une des dernieres oeuvres a la gloire de Soekarno commencée de son vivant, ancien Président emblématique d'Indonésie dont l'égo n'avait rien a envier a un Staline ou un Mao Ze Dong.

 

Alors que je m'approche, je réalise que des militaires en uniforme, fusil-mitrailleur sur l'épaule, font leur jogging autour du monument. Par cette chaleur, c'est inhumain !


La colone abrite un musée et un ascenseur qui emmene les touristes au sommet, ou se trouve une plateforme d'observation. Je paye les 5100 RPH d'entrée, et apres un rapide tour de la base, je me joins a la file d'attente pour l'ascenceur. Il y a surtout des groupes d'écoliers, je suis le seul touriste étranger. La vue depuis le sommet offre un beau panorama a 360 degrés sur le centre-ville.



J'y reste une demi-heure et redescent derriere un groupe de bonzes en tunique jaune. Puis je prend la direction du Nord de Jakarta ou se trouve le quartier de Kota, centre historique de la capitale autrefois appelé Batavia du temps de la colonisation hollandaise.
 
La distance est trop importante pour y aller a pied donc je lorgne sur les rares trishaw qui circulent. Le seul que je croise ne comprend pas ou je veux aller et il s'enfuit, plutot que de devoir faire une effort et prendre la course. Je monte dans un  bemo ou la course ne me coute que 5000 RPH. Assise en face de moi se trouve une jeune musulmane couverte en noir de la tete au pied. Seuls ses yeux sont visibles. Ils n'expriment aucun appétit de la vie, aucune émotion, rien ... Ou plutot, si : je ne ressent que de la résignation, et de la gene devant mon regard inquisiteur.  C'est la premiere fois que je vois ca. Je n'arrive pas a détacher mon regard d'elle. D'abord, d'un point de vue purement pratique, je me demande comment elle fait pour supporter cette couche de vetement par une telle chaleur moite ? Ca doit etre terrible pour elle. Puis un sentiment de désolation m'envahie. Elle me fait tellement de peine. J'ai envie de lui parler, de lui faire comprendre qu'il y a une autre vie possible qui l'attend, une vie de femme libre, mais c'est peut-etre son choix d'etre comme ca. Que puis-je faire si elle ne me sollicite pas ???
 
Le bemo remonte une longue avenue tres fréquentée qui pue les gaz d'échappement. Je n'en peux plus de cette pollution. Je suis devenu allergique. Le chauffeur m'indique l'arret en face du Café Batavia. C'est la. Une place sans intéret dans un quartier insalubre et surement dangereux apres 17h00, devant ce café de style colonial, seul vestige de l'époque d'une splendeur passée. 



Des groupes d'étudiants en art peignent, a meme le sol sur une feuille de papier, le batiment en face d'eux qui est un musée réputé de Jakarta. Je jette un oeil par dessus leur épaule : ils sont vraiment tous nuls en peinture et en perspective d'architecture ! Ou alors tres débutants.

Je fais un tour dans les rues voisines en esperant trouver quelque chose digne d'intéret qui justifiera mon déplacement jusqu'ici, mais sans succes. Un pont enjambe un canal a l'odeur infecte qui donne presque envie de vomir, de nombreux batiments décrépis sont a 2 doigts de s'effondrer, voire ont commencé a le faire, et les vestiges d'architecture hollandaise ont quasiment disparu. Enfin, les gens ne m'inspirent pas confiance du tout.


Je reviens au Café Batavia a coté duquel se trouve un marché de vetements et chaussures. Tous les produits sont des grossieres contrefacons, au point que c'en est parfois hillarant, tel cette paire d'Adididas. Je m'achete une ceinture en cuir car j'en ai vraiment besoin. Je la fais raccourcir, je fais rajouter des trous, et voila une ceinture sur mesure !


L'heure du déjeuner approche et il n'y a rien qui me convient ici. Je commence a descendre la rue principale par laquelle je suis arrivé, longeant les arcades du quartier de Glodok, le quartier chinois. Des portraitistes beaucoup plus talentueux que les étudiants que j'ai vu 500 metres plus loin refont a l'identique des vieilles photos abimées dans un style tres chinois.



Je tourne dans une ruelle pour m'enfoncer dans ce monde particulier. La encore, pas l'ombre d'un touriste a part moi. Je reste dans les ruelles commercantes ou l'activité bat son plein avec des marchands de légumes et des stands de DVD pirates.


Je trouve meme le plus gros durian qu'il m'ai été donné de voir, ce fruit malodorant et au gout infecte dont rafolle les asiatiques.


Je débouche sur une large rue pietonne dont le centre jonché de débris en béton, derriere des fils barbelés, me donne l'impression d'avoir atterrit sur un champ de bataille. Ou apres un tremblement de terre peut-etre ? Cet endroit est bizarre. Je reviens sur l'avenue principale, je visite un dernier centre commercial ou ne se vendent que des pieces d'outillage, puis je prend le bus rouge Transjakarta dont m'a parlé hier Monti. Effectivement, c'est tres pratique : le couloir qui est réservé a sa circulation permet d'aller vite, la climatisation fait un bien fou, et cela ne coute que 3500 RPH pour revenir a mon domicile.


Je déjeune tardivement au Mac Donald, puis je vais dans le centre commercial m'acheter des chemises car les prix sont vraiment attractifs et je dois dépenser mes derniers roupiahs avant de quitter le pays. La pluie se met a tomber en meme temps que la nuit, donc je rentre a l'hotel prendre une bonne douche.

Il reste une chose qui me perturbe un peu : je dois me lever a 4h00 demain mais j'ai perdu mon horloge avec alarme. J'ai donc demandé au gérant de l'hotel de venir me réveiller demain matin, mais je n'ai pas confiance. Un mauvais pressentiment ... Je retourne donc au centre commercial acheter une petite horloge de voyage qui me coute une fortune pour ce que c'est (100 000 RPH) mais rater mon avion pour Batam me reviendrai encore plus cher.

Il ne me reste plus qu'a faire mon sac avant d'aller diner. Je me débarrasse de quelques t-shirts inutiles en bon état, et d'autres objets dont je n'aurais plus l'utilisation pour la fin du voyage. Je les met dans un sac plastique, et donne le tout au gérant de l'hotel en lui demandant de les remettre a uner personne pauvre qu'il connait. J'espere qu'il ne gardera pas tout pour lui.
Par Ludovic - Publié dans : Indonésie
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Ludovic

 
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