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Mercredi 25 janvier 2006

Le ciel est nuageux ce matin (pour une fois !), a peine 25 degrés, mais j'espere que ca va vite se dégager pour avoir une bonne visibilité une fois sous l'eau. Surtout, j'ai enfin l'occasion d'utiliser l'appareil photo étanche que je trimballe depuis 4 mois ! Le rendez-vous au centre de plongée est a 9h15. Le centre Orca est tenu par un francais qui a plongé avec Cousteau. Le materiel est de tres bonne qualité, et la combinaison est impeccable. Nuos allons plonger au Nord d'Hanga Roa dans un lieu appele « La Pyramide », un des must du coin. C'est un grand rocher pyramidal qui descend jusqu'50 metres, mais nous allons commencer a 28 metres, puis remonter en spirale pendant 1 heure. Je suis avec un couple de hollandais d'une quarantaine d'années, et notre maitre-plongeur, Roberto, est un chilien qui est sur l'ile depuis 7 ans.

Au moment d'entrer dans l'eau le soleil, n'est toujours pas apparu, mais malgre cela la visibilite est phenomenale, largement 40 metres. La Pyramide est recouverte de coraux, mais il y a peu de poissons. Nous apercevons tout de meme des anguilles, des racasses, quelques poissons exotiquess jaunes et noirs. C'est un peu décevant de ce point de vue.
Nous faisons 2 passages sous des arches, dont l'une est tres longue. Il y a un fort courant, qui m'aspire de l'autre coté. De maniere générale, il est difficile de se maintenir a distance réguliere des coraux car il y a un puissant mouvement de va et vient de l'eau.

Au bout d'une petite heure, Roberto nous fait signe de remonter. Ca m'a largement suffit. Une bonne douche chaude, et je vais payer. Je pensais que la plongée coutait 50 dollars (25 000 pesos) mais celle-ci est a 60 dollars (30 000 pesos). En effet, nous avons ete dans un endroit special, qui n'est pas a coté, comme cela se fait d'habitude. J'avais prevu juste le budget necessaire pour ne plus avoir de pesos chiliens en partant, mais la, je vais etre trop court. Pas sur que je puisse payer mes 2 derniers nuits a la guesthouse... Je fais mes comptes, et je suis oblige de faire du bricolage financier avec des dollars que je comptais garder en sécurité. Il ne me reste pas un pesos pour la fin de la journée. Heureusement, je retrouve de l'argent que j'avais mis expres de coté pour le loyer (je me disais aussi ...), et je peux aller déjeuner de 2 gros empanadas dans un boui-boui local.

J'ai un peu mal a la tete depuis la plngee, j'espere que je ne suis pas remonté trop vite, mais je ne pense pas, j'ai bien respecté le palier de  3 minutes a -5 metres.

Je retourne a la guesthouse, assomé par la chaleur humide. J'ai juste envie de lire, assis dans mon fauteuil (portrait de famille d'Isabel Alende), et de me détendre en attendant mon dernier coucher de soleil, avant de grimper dans l'avion mais je ne peux pas m'empecher de me rendre une derniere fois aux Moais au nord d'Hanga Roa pour leur dire "Adieu".
Je vais téléphoner a Tahiti pour réserver une chambre dans une pension qui se trouve a Papeete, dont j'ai trouvé l'adresse sur Internet. Quand je demande le prix, je suis surpris que le gars au téléphone me donne un tarif en francs. Je croyais qu'ils étaient passé a l'Euro la-bas. En fait, ce sont des Francs Pacifique (CFP), une monnaie locale a part entiere. Il m'organise aussi une navette depuis l'aéroport.

Je vais dépenser mes derniers Pesos au supermarché, et je rentre a la pension préparer mon diner. Janet a sortie mon sac de la chambre pour la nettoyer, ainsi que tout le reste de la maison. Elle se prépare a accueillir un nouvel arrivage de touriste en provenance de Santiago avec mon avion qui redécolle ensuite pour Tahiti.

Je me fais des pâtes, je termine l'autre moitié d'ananas a toute allure car Janet me presse (l'avion est dans 1 heure), j'englouti un yahourt en 10 secondes, et me voila de nouveau avec mon sac sur les épaules. Elle attrape un taxi pour les 500 metres qui nous séparent de l'aéroport. Le ciel est rempli de nuages rougit par le soleil aprochant de l'horizon. Je suis en train de rater un coucher de soleil fabuleux. L'aéroport est le rendez-vous de la journée pour beaucoup de pascuans venus accueillir leur hotes. J'y retrouve des tetes familieres de ces derniers jours. L'ile est vraiment petite.

Je me retrouve dans l'avion a coté d'une anglaise qui fait aussi un Tour du Monde, mais elle n'est pas bavarde. L'avion attérit a 23h00, heure locale,mais pour mon hotlogie biologique, il est déjà 3h30. Je suis completement endormi. Ausitot passé la douane, je vais retirer de l'argent au distributeur automatique. Les billets sont grands et beaux, meme la monnaie est exotique ici (1 euro = 120 CFP).


Fredéric, le propriétaire de la Pension Té Miti qui est venu me chercher, m'attend avec un Panneau "Ludola", une adaptation polynésienne de mon prénom. Il emmene aussi un couple de néo-zélandais dans son monospace Peugeot. La pension se trouve a 13 kilometres du centre de Papeete, mais c'est un endroit tres sympa a 50 metres de la plage. Je m'installe dans un dortoir (2500 CFP/nuit petit-déjeuner inclus) ou se trouve déjà 1 gars de Toulouse en vacance ici pour le 2ème fois. Nous discutons un peu, je vais prendre ma douche et je vais me coucher épuisé.

Par Ludovic - Publié dans : Ile de Pâques
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Mardi 24 janvier 2006

J'ai décidé de louer un vélo pour aller voir les sites manquants a mon palmares, puis de retourner a Rano Raraku, la carriere de fabrication des Moais. La location du vélo tout-terrain coute 7000 pesos pour la journée. Je passe ensuite a la banque changer 100 euros car je suis a sec et je dois encore payer 2 nuits dans ma guesthouse, et peut-etre la plongée sous-marine de demain.
Je vais sur Internet mettre en ligne a toute allure les 2 premier articles sur l'Ile de Paques, je passe au supermarché Kai Nene acheter du thon et du pain, puis je repasse a la guesthouse car j'ai oublié de prendre la mayonnaise pour les sandwiches. A 11h00, je suis enfin pret pour la journée.

La route longe l'immense piste d'aterrisage, puis je bifurque sur un chemin de terre qui mene jusqu'aux falaises de la cote. Le 1er Ahu que j'atteints, Hanga Poukura, fait face a la mer, et se compose de 3 moais a terre, face au sol et a moitie ensevelis. Le mur de l'autel est compose de grosses pierres qui s'imbriquent parfaitement entre elles, a la manieres des murs Incas du cote de Cusco (Perou). Cette architecture particuliere a d'ailleurs laisse penser que les Pascuans etaient originaires du Perou, mais cette theorie a vite ete dementie.

L'Ahu suivant se trouve sur le site Vaihu. Les restes de la révolte des Pascuans au 17eme siecle sont encore la bien visibles : 8 grands Moais sont alignés par terre, et leurs Pukaos sont dispersés un peu plus loin dans les herbes hautes.



La route, légerement vallonnée, continue de suivre la cote en serpentant dans un paysage de prairies sauvages, dont les bords déchiquetés sont éclaboussés par de grosses vagues. Des cones volcaniques plus ou moins grands sont toujours visibles a l'horizon, et de nombreux chevaux en liberté galopent a tout va de part et d'autre de la route. Cette ile est un vrai paradis pour eux.


J'arrive a l'Ahu Anga Tetenga, ou se trouve un immense Moai, seul, brisé en 4 morceaux. Apparament, il se serait cassé au moment de sa mise en place sur l'ahu.

A 13h30, j'arrive enfin a la carriere des Moais. Il fait un soleil de plomb et je commence a transpirer séverement. Je dois résister pour ne pas boire toute ma bouteille d'eau d'un coup. Je laisse mon vélo a l'entrée du site, ou a peine une dizaine de touristes déambulent entre les Moais. Je refais quelques photos, histoire d'etre sur de n´avoir rien raté, puis je me dirige vers les bords du cratere, que j'escalade jusqu'au sommet.



Voila, je suis seul, je peux enfin m'installer pour déjeuner ! Par contre, il n'y a pas un seul coin d'ombre, et je suis obligé de me réfugier sous un promontoire pour avoir juste les épaules protégées du soleil. Je remets aussi les jambes de mon pantalons pour ne pas me bruler les mollets qui sont deja tout rouges. Je profite pleinement du panaorama fabuleux devant et derriere moi pendant 1 heure, puis je redescents en m'assurant que je n'ai rien oublié de voir.

 

Mon vélo est toujours la, et je me dirige vers le site de Tongariki avant de revenir sur Hanga Roa. Encore vide ! J'ai presque l'impression d'etre seul sur cette ile ! Ha non, un groupe de 6 filles arrive. Ca va ... je me sens mieux. J'ai deja fait une dizaine de photos ici avec Yannis, mais je ne peux pas m'empecher d'en prendre d'autres.


A 16h00, je dis adieu aux 15 Moais impertubables qui fixent l'horizon de leurs yeux vides, et me revoila sur la route. Je suis presser d'etre arrivé car j'ai fini ma bouteille d'eau, et je dégouline de sueur. J'ai remis mon t-shirt pour ne pas etre rouge comme une écrevisse ce soir, et je pédale a fond dans les pentes pour me faire du vent (et pour remonter plus vite aussi). A 5 kilometres de la ville, une pente m'acheve : je descend du velo pour la terminer, mais heureusement, une bonne descente m'attend ensuite jusqu'a la ville.

Aussitot arrive, je fonce prendre une douche froide, et je me detend dans ma chambre. Je bois 1 litre d'eau sans m'arreter, et dans les heures qui suivent, j'ai bien du en boire encore 3-4 litres. Il etaient temps que je rentre. Je vais rendre le vélo, je passe au centre de plongee réserver ma place dans le bateau pour demain matin, je fais des photos de l'église dont les motifs polynésiens sont superbement eclairés par le soleil sur le déclin, puis je me dirige vers le village Tahai, tel un rituel de fin de journée, pour admirer le coucher de soleil.  Les répétitions de la grande fete qui aura lieu dans quelques semaines continuent et les villageois qui affluent ici tous les soirs concourrent a l'ambiance particuliere du lieu.




J'en suis a mon 4eme coucher de soleil en 4 jours, mais je ne m'en lasse toujours pas de cette merveille de la nature, aussi simple soit-elle. Par contre, il y a un monde dingue ce soir, au point qu'il faut presque se battre pour avoir la bonne place, avec le bon angle, pour prendre la photo qui tue. Heureusement, j'ai un peu plus de pratique qu'eux ici, et je peux faire ce que je veux. D'ailleurs quelques photographes me regardent, dubitatifs, en se demandant ce que je peux bien faire comme bonne photo en étant a l'écart ? S'il voyaient ... dommage pour eux ! ;-)

Par Ludovic - Publié dans : Ile de Pâques
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Lundi 23 janvier 2006

Yannis repart aujourd'hui pour le continent. Nous allons donc graver un cd-rom de photos (1750 pesos avant son depart. Il est content car ca lui fait des belles photos, et moi, je sais que j'ai une copie de securite a Athene s'il m'arrive encore une tuile. De retour a la chambre, je lui dit au revoir, j'enfile mes chaussures de trekking, et je pars seul pour le Nord de l'ile, partie que nous n'avons pas explore en voiture car la route n'etait pas praticable.

Je longe la cote pendant une bonne heure, jusqu'a un promontoire de basalte avec une belle vue. Le contraste entre la roche noire qui compose l'ile, l'herbe verte-jaune, les fleurs, le ciel bleu et l'ocean, cree un tableau naturel superbe.

 

Je fais demi-tour et bifurque ves l'interieur de l'ile pour aller voir l'unique Ahu ou les Moais sont tournes vers la mer. Le chemin n'est pas indique et le plan de mon guide Petit Fute est merdique, comme d'habitude. Je demande donc la direction a un chauffeur de taxi qui me confirme que je suis sur le bon chemin. La route s'enfonce dans une belle campagne. Avec  2 montagnes volcaniques a ma droite dont les flancs verts laissent apparaitre un sol rouge, la ou il y a eu un effondrement.



 Au bout d'une heure, je ne vois toujours rien, et aucune indication ne me laisse esperer d'etre a proximite. Et je n'ai aucune idee de l'endroit ou je suis. Il a peut de chance de se perdre sur l'ile, mais ca me gonfle de marcher pour rien donc je fais demi-tour, et je me retrouve a la case depart, devant les Moais a la sortie de la ville. Comme il est 14h00, je fais ici ma pause dejeuner, avant de revenir en ville.

Je fais des courses pour demain, un ananas, du lait. Je passe aussi au marche d'artisanat. Les creation locales sont bien sur des reproductions de Moais en pierre ou en bois, il y a aussi des bijoux en coquillages et pierre semi-precieuses, des pareos avec les motifs a fleur polynesiens, et des t-shirts. Je me serai bien achete un Moai mais il faut le porter ensuite pendant 4 mois ! Et l'envoyer par la Poste depuis Tahiti reviendrai surement tres cher compte tenu du poids. Dommage, j'ai vraiment envie d'un Moai chez moi.


Un tatouage polynesien en souvenir de mon Tour du Monde est aussi une idee qui me titille. Seul probleme, il faut ensuite le proteger du soleil et de l'eau pendant 1 mois, et quand on va passer 3 semaines en Polynesie, c'est pas la meilleure maniere de profiter de ce paradis.

Je rentre a la guesthouse a 16h00. Je demande a Sandra si je peux me servir de son ordinateur pour ecrire mes textes du blog, et elle est d'accord. Ca, c'est cool, je vais economiser une fortune, au lieu d'aller tout ecrire dans un café Internet. Ca me prend 2 heures pour ecrire les 3 derniers jours, et je m'apprete a tout sauvegarder sur ma cle USB. C'est Windows XP, donc il ne devrai pas y avoir de soucis ... mais non ... l'ordinateur ne reconnait pas ma cle USB ! Il n'y a pas de connection internet pour m'envoyer le texte, ni de graveur de cd-rom donc je n'ai aucun moyen de transferer mon travail. Pfff.. tout ca pour rien ... ca me gonfle. J'essaye de faire marcher ma cle USB pendant 1 heure mais rien a faire. Tant pis, j'abandonne et je vais voir le coucher de soleil qui s'annonce bien.

Je suis en retard donc je cours. Il y a beaucoup de monde ce soir. Les nuages sont en rendez-vous, et une fois de plus le spectacle est magique.



Il faut vraiment que je fasse un reportage photo sur le blog « special coucher de soleil a l'Ile de Paques ». Mon ordinateur me manque ! Alors que je rentre, j'ai une idee lumineuse pour recuperer mon texte : je vais essayer d'utiliser la carte memoire de mon appareil photo comme un disque dur externe. Et ca marche, yes !!!

Je me prepare un diner pates-sauce tomate pour continuer mon regime financier (merci l'Antarctique ! Si j'avais su, j'aurai ramene 10 kilos de pingouin en conserve). Tiens, en parlant d'Antarctique, c'est marrant de se dire que j'y etait il y a exactement 1 mois, qu'il faisait -10 degres, et que 1 mois plus tard, je suis sur une ile paradisiaque ou il fait 35 degres. C'est beau le voyage, non ?

Par Ludovic - Publié dans : Ile de Pâques
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Dimanche 22 janvier 2006

Apres la journee bien remplie d'hier, je m'accorde une grasse matinee en me levant a 9h30. Ca fait du bien. C'est Dimanche, tout est surement ferme sur l'ile, donc pas de precipitation aujourd'hui.

Avec Yannis, nous allons faire un tour a l'eglise dans l'espoir d'assister a une messe particuliere, emprunte de quelques coutumes locales. Miais il n'y a rien de tout ca. Les gens ont sorti leur costume du dimanche, mais rien d'exotique, et la messe est en espagnol. Seuls quelques chants semblent teinte d'une sonorite polynesienne. Nous restons 10 minutes, puis nous partons pour le musee.

Il est situe en retrait de la ville. C'est un petit batiment moderne dans lequel est expose sous forme de panneaux muraux l'histoire geologique et humaine de l'ile de Paques. Les explications en espagnols sont claires. Il y a aussi des Moais en bois et des outils d'epoque. Surtout, le musee explique comment les geants de pierre ont ete fabriques et transportes sur les differents sites de l'Ile. Le mystere n'est pas encore totalement eclairci, il y a toujours une polemique sur le moyen de les deplacer. A priori, les pascuans auraient utilises une sorte de systeme de bascule en utilisant le ventre arrondi des Moais.

Nous revenons en ville en passant par le site de Tahai, ou je prend encore quelques photos champetres.


Puis je m'arrete au cimetiere pour quelques cliches supplementaires et je m'apercois que je n'ai plus le capuchon de protection de l'objectif. J'ai du le perdre sur la route. Apres la baterie de rechange, encore un autre truc a racheter. Je suis fatigue, il est vraiment temps que je me repose un peu.

C'est la galere pour trouver un restaurant pas trop cher. Il y a bien quelques adresses dans mon guide Petit Fute, mais il n'y a pas de plan d'Hanga Roa pour les situer en ville. Et pour corser le tout, aucune rue n'est indiquee sur place, donc trouver une adresse avec juste le numero et le nom de la rue releve de l'exploit. Finalement, fatigue de tourner en rond, nous nous installons dnas un restaurant en face du port. Le filet de thon avec des frites est a 6000 pesos et la biere a 1500 pesos. Ca fait cher le repas, mais c'est le prix minimum sur l'ile. Au moins, nous avons le ventre bien rempli.

Il y a pas mal d'activite sur le port, car il semble qu'une course se prepare. Des barques polynesiennes, longues et tres minces, avec un unique flotteur sur la gauche sont sur la plage, et des equipes de 6 sont en train de se former. Il leu faut 30 minutes pour se decider a partir vers le large, mais une fois sur place, ca rame dur !


Les surfeurs sont aussi au rendez-vous malgre les petites vagues. Les coins d'ombre sont pris d'assaut par les familles qui s'installent dans l'herbe pour pique-niquer. Un match de footbal est aussi organise sur le terrain municipal qui sert aussi au chevaux pour brouter l'herbe. Ca doit etre sympa de jouer dans les crotins qui parsement le terrain ...sans parler de l'odeur.

Je me separe de Yannis pour retourner sur la route du musee car je veux essayer de retrouver le capuchon de mon appareil photo. J'ai beau me rappeler precisement ou je me suis arrete a plusieurs reprises, je ne trouve rien. J'en ai ras-le bol, je suis fatigue avec cette chaleur assomante, donc je rentre a la guesthouse pour me faire une sieste. C'est decide, je vais adopter le rythme de vie polynesien, cool ... Je me reveille a 18h00 pour ecrire dans mon carnet de voyage. Retour a la bonne vielle methode ! Ceci dit, il y a un ordinateur dans le salon, mais je n'ai jamais vu personne l'utiliser. Ca m'arrangerai bien qu'il y ai Word et un port USB pour que je puisse sauvegarder mes textes sur ma cle USB. Je vais demander a Sandra des que je peux. Je me detend dans les fauteils du patio en attendant d'aller voir le coucher de soleil vers 21h00 avec Yannis. Il est moins bien qu'hier car les nuages masquent le soleil au dernier moment, mais je reussi tout de meme quelques belles photos.

Par Ludovic - Publié dans : Ile de Pâques
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Samedi 21 janvier 2006

Yannis et moi nous reveillons a 8h00. Le ciel est couvert de nuages mais en l'espace de 30 minutes, un superbe soleil apparait. Je me fais un bon petit-dejeuner avec les cereales que j'ai « importe » de Santiago, et nous attendons notre voiture de  location. Elle arrive a 9h30 a notre domicile. C'est un petit 4X4 Suzuki, le plus repandu sur l'ile. Le gars ne nous demande pas de permis de conduire, ni de caution. En fait, il n'y a pas de systeme d'assurance sur l'ile, donc si nous nous plantons, nous payons la voiture. Gloups ... Avec ma chance des derniers jours, ce n'est pas tres rassurant. Je prend rapidement la voiture en main, elle est facile a conduire, nous prennons nos provisions de nourriture, et nous retournons au site historique d'hier soir, appele Village de Tahai pour photographier les Moais (statue) sur leur Ahu (autel ceremonial. Le chapeau de basalte rouge s'appelle un Pukao. Il y a aussi les vestiges d'une Hare-Penga (maison-bateau) appelee ainsi en raison de sa forme elliptique qui rappelle la forme d'un bateau vue du dessus.
Quand l'ile a ete decouverte par les premiers explorateurs europeens, tous les Moais etaient couches. Une guerre des clans a mene les peres de ces statues geantes a les renier et les renverser. Une petite quantite de moais seulement a ete redressee et restauree par les expeditions scientifiques qui se sont succedees sur l'ile depuis 60 ans.

Nous traversons Hango Roa, et prenons la route vers le Nord apres l'aeroport, en direction de la plage d'Anakena. Nous avons decide de faire le tour de l'ile en sens inverse des agence (donc dans le sens des auguilles d'une montre pour nous) afin d'etre seul sur les sites. Et ce fut une strategie gagnante.

Nous nous arretons rapidement au Moai a Quatre mains, isole sur son promontoire, peu apres la sortie de la ville.

La route sillonne un paysage verdoyant et vallonne, compose de vieux volcans erodes et recouverts de cette herbes caracteristique de l'ile. Il n'y a pesonne sur la route, c'est un plaisir de conduire ici.

La plage d'Anakena est une magnifique langue de sable blanc situe dans une baie a l'eau turquoise et cristalline. Quelques palmiers font une ombre appreciable par cette chaleur. Et bien sur, l'endroit est absolument desert !


L'Ahu Nau Nau est surmonte de 7 Moais, tous dos a la mer et en tres bon etat, car ils ont fait l'objet d'une restauration soignee. 5 d'entre eux ont leur chapeau sur la tete, et l'effet cree par ces geants de pierre au visage allonge  et au regard impenetrable est indescriptible. J'ai vu cette image tant de fois dans les livres, a la television, sur des cartes postales ... et me voila devant ! Ca rend le moment encore plus intense.



Yannis va sur la plage, et je grimpe sur la colline pour avoir la vue panoramique sur la baie. Un peu plus loin, il y a un autre Moai, le plus large de l'ile, isole sur son promontoire qui domine la plage. Je rejoins Yannis sur la plage, et je ne resiste pas a l'envie de piquer une tete dans l'ocean Pacifique. Je n'ai pas pris mon maillot de bain. Pas grave, j'y vais en calecon, je vais secher en 5 minutes avec le vent et le soleil. Entre 2 plongeons dans l'eau tiede et cristalline, je me dis qu'on est en plein mois de janvier quand meme... c'est jouissif ! Avant de reprendre la voiture, nous degustons 2 petits ananas tres savoureux car nous commencons a avoir faim.

Le site suivant est accessible en suivant en route de terre en assez mauvais etat, mais notre petit 4X4 passe aisement. Nous sommes maintenant dans un paysage sauvage, une cote dechiquetee de roche volcanique noire, ou les vagues viennent s'ecraser dans de grandes gerbes d'ecumes balayees par le vent. De nombreux chevaux en liberte cavalent dans la plaine.



 L'Ahu Te Pito Kaura se trouve la, en bord de mer. Une grande plateforme, a cote de laquelle le plus grand Moai erige (12 metres) git sur le sol. Son chapeau est quasiment aussi grand que moi. Mais comment ont-ils fait pour deplacer et mettre debout cette statue de plusieurs dizaines de tonnes ?
Nous decidons de dejeuner ici, mais un pascuans arrive et nous deloge, car nous sommes trop pres de la plateforme ceremoniale. Nous discutons avec lui, il parle bien francais car il a travaille 4 ans a Tahiti dans une agence de voyage. Les francais sont d'ailleurs les touristes les plus presents sur l'ile, grace a la proximite de la Polynesie (4000 km tout de meme ...). Je laisse Yannis parler avec lui pendant que je vais faire des photos.

La piste continue de longer la cote en se raprochant de la montagne Poike, le volcan qui marque la 2eme extremite de l'ile, dont les bords sont des falaises abruptes au couleurs rouges et jaunes. Sur sa pente, 2 petites cones ressemblant a des cornes, sont visibles. Nous faisons un rapide arret pour la photo, puis nous repartons sur la piste qui redevient goudronnee et qui bifurque vers l'interieur de l'ile.

Nous arrivons a l'Ahu Tongariki, sans aucun doute le plus impressionnant de tous. Encore un endroit fabuleux ! Devant nous, une rangee de 15 Moais sur une centaine de metres. Cet Ahu a ete restaure par une entreprise japonaise suite au raz-de-maree qui a balaye le site en 1960. J'aurai pu reste des heures a regarder l'alignement parfait de ces ventres arrondis et de ces profils au menton demesure. Une fois de plus nous sommes seuls, et je peux courrir dans tous les sens pour admirer le spectacle sous tous ses angles.



Place a l'ecart, un Moai plus petit et parfaitement conserve arbore dans son dos de superbes petroglyphes. En repartant, je m'apercois qu'il me manque la baterie de secours de mon appareil photo. A force de rentrer et sortir l'appareil de la sacoche, elle a du tomber par terre. Bon ... j'ai toujours la baterie principale avec la meilleure autonomie, mais il va falloir que j'en rachete une autre a Tahiti, au cas ou. Encore une depense dont je me serai bien passe.

Que peut-on encore voir d'impressionnant apres cela ? Je me demande. Il nous reste la carriere des Moais gisant sur les flancs du volcan Rano Raraku. Le clou du spectacle...
Des tetes geantes sont dispersees un peu partout, penchant de tous les cotes, donnant l'impression qu'elles ont pousse a meme le sol. Le flanc du volcan est entaille de nombreuses cavites rectangulaires qui se superposent, et qui marquent l'emplacement d'un Moai retire de la roche. De nombreuses statues sont encore dans leur carquant de roche, presque terminees, ou a peine commencees. Elles sont placees dans tous les sens, comme pour exploiter au maximum l'espace de la montagne. C'est un vrai jeu de deviner combien de « pre-Moais » sont visibles dans un espace delimite.

 
Un chemin monte vers le sommet. Yannis me rejoint et me dit d'y aller. C'est la direction du cratere. Je grimpe les marches 4 a 4, et 5 minutes plus tard, me voila devant un autre spectacle fascinant, naturel cette fois. Debout sur la crete du volcan, je contemple 200 metres plus bas un cratere au paroie rouge-oranges, dont le centre est rempli d'eau. Une abondante vegetation qui ressemble a des roseaux s'y est developpe, creant un marais verdoyant, et ne laissant apparaitre l'eau que sous forme de taches dispersees. Et toujours, des Moais sur les pentes. Je grimpe au sommet de la crete, et je me retourne pour voir l'ile. Indescriptible ...


Yannis redescend pour m'attendre a l'ombre, et je continu ma promenade pendant une vingtaine de minutes avant de le rejoindre. Je veux etre sur d'avoir tout vu avant de partir. Je vais prendre des photos qui ne sont que des cartes postales. C'est trop facile.

 



Nous reprenons la route qui retourne sur Hanga Roa. Il y a encore quelques Ahus sur le parcours, mais apres ce que nous venons de voir, cela ne nous semble pas tres interessant. Nous faisons tout de meme quelques arrets pour le panorama sur la cote, et pour manger des ananas.

Notre derniere etape de la journee se trouve a proximite d'Hanga Roa. Le cratere Rano Kau marque la pointe Sud de l'ile. La piste monte jusq'au bord du cratere, puis continue vers le village d'Orango. L'interieur du cratere ressemble a celui de Rano Maraku, mais les parois sont plus abruptes et le lieu est plus impressionant. Un vent violent soufle en permanence, et il m'arrache des mains le capuchon de mon appareil photo. J'ai mis 10 minutes pour le retrouver dans l'herbe haute. J'ai deja perdu une baterie, c'est suffisant pour aujourd'hui.

Le village d'Orongo se trouve sur la crete du cratere. C'est ici qu'il faut payer les 5000 pesos d'entree pour le Parc National Rapui Nui, qui englobe toute l'Ile de Paques. Pour une fois, il n'y a pas de Moais. Ce sont surtout des maisons typiques de l'epoque avec leur architecture particuliere, a demi-enfouie dan le sol. Des petroglyphes bien conserves sont visibles, et l'histoire de ce village ceremonial decrite dans la brochure que nous avons eu a l'entree est interressante.


Il y a un groupe de retraites americains (je devrai plutot dire de momies, je me demande comment ils ont reussit a grimper jusqu'ici) sur le site. Une femme vient me voir pour me demander d'ou je viens. Elle est ahurie par le fait que je sache ou se trouve l'Oregon et que Portland en est la capitale (les americains et la culture generale ....). elle me dit qu'ils reviennent d'Antarctique, et qu'il faut absolument que j'y aille. Comme si c'etait donne a tout le monde. « Je sais, j'y etais a Noel ». La, ca la scotche definitivement et elle repart dans son groupe.

Nous sommes de retour a notre guesthouse a 20h00, apres avoir remis de l'essence dans la voiture. Quelle journee ! Je suis claque, mais il reste encore une chose a faire : foncer aux Moais au Nord de la ville pour admirer le coucher de soleil. L'un des plus beaux que j'ai eu depuis 8 mois.


Nous rentrons enfin definitivement pour aller manger. Comme je dois faire des economies, nous achetons juste des empanadas et je cuisine des pates a la maison.

Par Ludovic - Publié dans : Ile de Pâques
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