Lundi 28 novembre 2005

Je me suis accordé une journée de repos à Tupiza avant de partir vers l'Argentine. C'est une petite ville charmante, à l'atmosphère tranquille, et au climat agréable.
Je me réveille à 9h00 pour ne pas rater le petit déjeuner, puis je retourne paresser dans mon lit pour écrire les articles pour le blog. Grand soleil dehors, 25°C, et je peux entendre quelques "plouf" dans la piscine de l'hôtel qui se situe juste en dessous de ma fenêtre.

Je pars déjeuner dans un restaurant local qui sert un almerzuo. C'est un menu unique pour tout le monde composé généralement d'une petite salade de légumes, d'une soupe, et d'un plat principal (viande, riz et quelques légumes) le tout pour une somme dérisoire (15 bols = 1,5 euros).

Je passe 2 heures sur internet pour répondre aux 15 emails qui m'attendent et mettre à jour le blog, et à 16h00, je peux enfin aller me promener dans la ville.

Toutes les rues se terminent par une vue sur les montagnes rouges ou grises qui entourent la ville.



Je grimpe sur un promontoire d'où la vue sur la ville semble bien. Au somment se trouve une sorte de petit jardin avec un monument. Mais d'en bas, je peux apercevoir 3 gars qui m'observent en train de monter. L'endroit est désert, parfait pour se faire dépouiller ... Je m'arrête au premier niveau, prend mes photographies de la ville, et je redescend sans m'attarder ici.



Je me dirige vers la gare pour aller voir la tête des trains boliviens qui circulent encore. Seuls quelques wagons stationnent sur le quai, mais à ma grande surprise, ils ont l'air en très bon état. Je m'attendais un peu a des trains délabrés, dans le style indien (plus de fenêtres, siège en bois), mais non. La peinture est impeccable, et tous le confort semble là.

Je continue le long de la voie ferrée jusqu'à la gare routière, pour me renseigner sur les bus à destination de Villazon, dernière ville bolivienne avant de passer en Argentine, à 2 heures de route d'ici.





 Il y a 2 bus par jours seulement : le premier à 4h00, l'autre à 14h30. Ca me fait chier de me lever encore à 3h00, mais je n'ai pas le choix si je veux arriver A Salta avant la nuit. Je prend donc mon billet (10 bols) et continue de me promener en ville avant de rentrer tranquillement à l'hôtel récupérer le linge que j'ai donné à laver. Un de mes caleçons n'est plus là, mais il a été remplacé par un t-shirt qui ne m'appartient pas, et les chaussettes sont encore toutes mouillées ...
Un petit tour rapide au restaurant, et je rentre préparer mon sac. C'est ma dernière nuit en Bolivie, mais il y a encore tellement de choses à voir ici que je ne suis pas vraiment pressé de partir. Tant pis, je ne change pas d'avis, l'Argentine m'attend.

par Ludovic publié dans : Bolivie
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Dimanche 27 novembre 2005

Nous nous levons à 5h00 pour foncer dans le Salar et y contempler le lever de soleil. Le 4X4 avance tant qu'il peut jusqu'à ce que les premier rayons de soleil apparaissent. Nous nous arrêtons au milieu de nulle part. Devant moi, derrière moi, des kilomètres de sel à perte de vue commencent à rougir. Je marche droit devant pour m'éloigner le plus possible de la voiture et du groupe. Moment magique, sensation extraordinaire que de se sentir perdu dans cette immensité immaculée.



Mais le froid, et la faim me rappelle à la raison car nous n'avons rien mangé avant de partir. Nous reprenons la route pour l'Isla Inca Huasi, une véritable île au milieu de cette mer de sel. Tous les groupes y font un arrêt pour le petit-déjeuner. L'île est recouverte de milliers de cactus, dont certains âgés de plus de 1200 ans font jusqu'à 12 mètres de haut.

Je cavale au sommet pour avoir la vue panoramique. Le soleil, maintenant bien haut dans le ciel, se reflète dans les cristaux de sel et transforme le Salar de Uyuni en une mer de lumière éblouissante. Je redescend de l'autre côté de l'île jusqu'au sel pour voir les curieuses formes dessinées par les plaques de sels. Elles s'entrechoquent en se dilatant à cause de l'amplitude thermique entre le jour et la nuit.



Je reviens tranquillement à la voiture où les autres ont commencé leur petit déjeuner. Ils rient en regardant 2 israéliennes au loin qui font des photos dans toutes les positions, dont les fameuses photos truquées grâce à des effets de perspective. Je vais les rejoindre pour voir ce que ça donne, et je retrouve par hasard Shira et son amie, avec laquelle j'avais discuté brièvement à Rurrenabaque avant de partir dans la jungle. Nous faisons quelques essais ensembles. Le résultat est plutôt concluant : voici ma nouvelle compagne de voyage, pas encombrante, et affectueuse ! ;-)

Je retourne prendre mon petit-déjeuner, et je montre les photos aux autres. Du coup, ils veulent en faire aussi. Nous allons donc tous ensembles au milieu du Salar, et faisons toute sorte de poses : Ludo dans une louche, Ludo dans un verre, Ludo qui plonge dans un verre depuis le sommet d'une bouteille de Vodka, tous le groupe (les israéliennes nous ont rejoint) dans ma sacoche d'appareil photo, Ludo suspendu au doigt de Shira ...  Bref, tout est permis avec un peu d'imagination. Nous manquons juste d'ustensiles.

A 9h00, nous reprenons la route, et nous arrêtons 15 minutes plus tard en plein Salar. Nous sommes à coté d'un trou rempli d'eau, et Cesar nous explique la formation du Salar, ainsi que sa structure. En fait, la couche de sel fait une dizaine de centimètres seulement. En dessous, se trouve une eau qui cristalline qui produit le sel en s'évaporant. Cette eau circule dans tout le Salar grâce un réseau de canaux souterrains.



Nous repartons et atteignons l'Hôtel de Sel dont la visite coûte une consommation au bar, ou l'utilisation des toilettes contre 5 bols, ou contre le paiement cash de 10 bolivianos. Personne n'est vraiment intéressé par cette visite. Je jette un coup d'oeil par la fenêtre. Tous les meubles sont fait de sel, ainsi que quelques éléments de décoration. Original, mais rien d'exceptionnel.

La traversée du Salar de Uyuni se termine à Colchani, village qui vit de l'extraction de sel. Le sol est creusé à la pioche, puis le sel est rassemble en petits tas qui sèchent au soleil. Un camion vient alors le récupérer et un deuxième sechage a lieu, sur un feu cette fois. Le sel est réduit en poudre, puis acheminé dans toute la Bolivie. La majeure partie est destinée à l'alimentation des animaux. Pour la consommation humaine, il faut encore le traiter.





Nous déjeunons ensemble pour la dernière fois. Le groupe reste à Uyuni pour aller sur Potosi, et je vais redescendre seul avec Cesar et Tina à Tupiza.

Uyuni est un vrai trou perdu. La ville n'a aucun intérêt. Ce n'est qu'une ville-étape pour les touristes qui réservent un tour organisé dans la région. Je suis bien content de ne pas y rester. Je dis au revoir aux amis, et me voilà sur la route du retour à Tupiza. Celle-ci est tout aussi fabuleuse que celle des jours précédents. Après avoir longé des petites dunes de sable à la sortie d'uyuni, nous nous enfonçons dans le lit d'une rivière aux couleurs surnaturelles. Le lit encaissé longe des parois riches en minéraux de toutes les couleurs. Quelques kilomètres avant d'arriver à Atosha, principale ville minière de la région, nous longeons un curieux cimetière à flanc de montagne, au ras du chemin de fer. Une procession à lieu pour le décès de quelqu'un.



Après Atosha, la piste monte et nous arrivons dans un paysage montagneux. Ca monte, ça descend, pendant 3 heures en longeant des lits de rivières asséchés. Cesar mâche de la coca pour la première fois depuis que nous sommes partis. Il doit commencer à fatiguer avec les heures de conduite qu'il enchaîne depuis 4 jours.

Vers 17h00, nous arrivons dans la vallée du Rio Tupiza, et le festival des couleurs et des formations rocheuses continue. On se croirait en plein far west, dans un film d'Ennio Moricone. Jusqu'au bout, la route aura été splendide.





Je me fais déposer à l'hôtel Mitru, je vais à l'agence payer le solde du circuit, et je prend une chambre confortable pour 40 bols. Je m'achète une pizza à emporter que je mange dans la chambre et je vais me coucher. Fin de 4 jours épuisants, mais qui auront été parmi les plus beaux depuis le début de mon Tour du Monde.

par Ludovic publié dans : Bolivie
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Samedi 26 novembre 2005

Nous avons presque droit à une grasse matinée ce matin, en ne se levant qu'à 8h00. Le temps est toujours nuageux, les montagnes environnantes ont blanchit, signe qu'il a neigé cette nuit.

Nous allons sur un promontoire qui permet d'avoir une vue panoramique sur la Laguna Colorada. Son nom vient de la succession de différentes couleurs qui la compose. Le lac ne fait que 80 cm de profondeur et les flamands roses sont toujours là, plus nombreux que jamais, se reflétant dans l'eau rouge. Même les nuages, très bas, prennent une teinte rose, ce qui donne parfois l'illusion que le lac et le ciel se rejoigne, faisant disparaître la ligne d'horizon.

Nous longeons une immense vallée plate ou la brume s'épaissit. Une fine neige commence à tomber et au bout de 5 minutes, c'est le déluge. Je ne vois plus rien du paysage aux environs, je suis dégoûté ... Normalement a cette époque de l'année, il ne neige pas, mais là, nous n'avons pas de chance. La plaine se recouvre d'un manteau blanc, faisant disparaître les traces des autres véhicules. Je me demande comment notre guide fait pour suivre la bonne route !
Au bout d'une demi-heure, l'horizon s'éclaircit et nous sortons petit à petit de la purée de pois. Des traînées de brumes qui s'accrochent au sol sont balayés par le vent, et donnent à l'endroit une atmosphère mystique. Lorsque nous arrivons au pied du fameux Arbol de Piedra, curieuse formation rocheuses en forme d'arbre, les nuages sont hauts dans le ciel et quelques rayons de soleils apparaissent même de temps à autre. Ma bonne étoile veille toujours sur moi, et sur mon appareil photo ! D'autres rochers disséminé à intervalle régulier semble formé des ruines d'un village, raison pour laquelle l'endroit est appelé Ruinas de Rocas.


La route continue le long d'autres formations rocheuses, d'origine volcanique. On dirait que des milliers de galettes ont été empilées pour former un mur. Une curieuse mousse verte recouvre parfois la roche ocre, créant un contraste étonnant. J'ai l'impression d'être sur une autre planète. Des petits bonhommes verts avec des antennes surgiraient derrière moi que ça ne me surprendrait même pas !



A propos d'extra-terrestres, nous en avons croisé deux en vélo, descendant vers le Chili, alors qu'il pleuvait encore, et que le vent glacial balayait la piste rocailleuse. Inconscience ou courage extrême ? Ce qui est sûr, c'est que de l'intérieur de mon confortable 4X4, au sec et où il fait à peine 10 °C, j'admire ces deux là.

Nous entamons à nouveau une montée jusqu'à un nouveau plateau désertique entouré de cônes volcaniques et où les traces rectilignes des 4X4 se perdent à l'horizon.



Nous passons un col, et la Route des joyaux commence : une succession de 4 lagunes à plus de 4200 mètres d'altitude. Les paysages époustouflants qui s'offrent alors à mes yeux se passent de commentaires. Les photographies disent tout.

La Laguna Honda. Cesar nous laisse en haut du promontoire, et nous récupère 300 mètres plus bas, au pied de la lagune.

La Laguna Charcota, au pied de son volcan.



La Laguna Hedianda, une merveille de la nature, l'un des plus beau paysage qu'il m'ait été donné de voir dans ma vie. Nous nous y arrêtons pour déjeuner, mais j'aurai pu rester des jours à contempler le spectacles des flamands roses, et le reflet des volcans enneigés dans l'eau salée. Même les convois de 4X4 qui commencent à arriver de Uyuni, et qui déversent des dizaines de voyageurs sur les rives ne me perturbent pas. Je suis sur une autre planete, celle du bonheur.





La Laguna Canapa est un peu moins impressionnante en comparaison des autres, mais le spectacle vaut toujours le détour. Cesar s'arrête quand même car il sait que je veux une photo de toute façon.

Nous approchons de l'Ollagüe, volcan actif de  5865 mètres à cheval sur la frontière Bolivio-chillienne.
Depuis le champ de roche volcanique en forme de vagues, je peux parfois apercevoir des fumerolles quand les nuages se dissipent. Plus nous nous en approchons, et plus j'ai envie d'y monter pour voir ça de plus près. Une autre fois surement ...

La route commence à descendre et le Salar de Chiguana apparaît au loin. Le vent crée des tornades de poussière visibles à plusieurs dizaines de kilomètres.



Nous traversons le Salar, et nous arrêtons à San Juan, village endormi en plein milieu de cette immense étendue de sel. L'activité principale est la culture de la Quinua. A proximité se trouve un cimetière inca unique dans toute l'Amérique du Sud. Les tombes sont des monticules de sel, appelés Chullpas, et contiennent encore quelques ossements des malheureux qui ont été enterré là vivant. La tradition voulait que les personnes considérées mauvaises soit enterrées vivantes, unique chance pour elles de se réincarner dans une personne meilleure. Nous allons ensuite visiter un petit musée qui donnent plus d'information sur le site funéraire.

Enfin, à 17h30, nous arrivons à Colcha K, village en bordure du Salar de Uyuni, où nous allons passer la nuit dans une chambre un peu spéciale. Les lits sont fait en bloc de sel, et une fine couche de sel recouvre aussi le sol. Un fin matelas encore dans son plastique est posé sur les blocs durs. Original, mais pas très confortable.
Demain est la dernière journée de notre circuit avec la traversée du Salar de Uyuni. Grand moment en perspective. J'ai hâte.

par Ludovic publié dans : Bolivie
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Vendredi 25 novembre 2005

Cesar nous réveille à 5h00, et nous partons au lever du soleil car nous avons une longue journée devant nous. Nous atteignons les ruines du village Inca San Pablo de Lipez. Les murs des maisons sont souvent intactes, et l'on peut remarquer l'habileté des incas pour l'architecture. Les pierres des maison s'emboîtent parfaitement les une autres autres. Il n'y a pas besoin de ciment pour les faire tenir ensembles. Les arches de certaines maisons sont aussi remarquables.

La route monte de plus belle dans un décor surréaliste. Les montagnes arborent des dégradés de couleurs dignes d'une palette de peintre. La couleur de chaque strate est due aux minéraux qui la composent et qui se sont oxydés au contact de l'air et de la pluie : rouge pour le fer, vert pour le cuivre, bleu pour l'antimoine, gris pour le zinc, jaune pour le sable, etc ... Le tout dans une végétation jaunâtre brûlée par le soleil.

Nous arrivons sur un col d'où nous avons une vue sur la première lagune de notre circuit : la Laguna Morejon à 4805 mètre d'altitude. A l'horizon, le volcan Uturuncu culmine à plus de 6000 mètres. Le dépôt de sel crée un contraste saisissant avec la roche sombre. La couleur rouge est crée par un micro-organisme qui vit dans l'eau salé, nourriture de base des flamands roses, ce qui explique leur concentration dans les lagunes de la région.



La route descend enfin, pour traverser le Salar de Chalviri, un lac de sel exploité par une petite coopérative.
Nous continuons notre route dans des paysages fantastiques. Lorsque nous arrivons dans la plaine à proximité du volcan Licancabur qui marque la frontière avec le Chili, un vent glacial souffle et un ciel grisâtre me fait craindre le pire pour les photos. Nous sommes entourés d'une chaîne de montagne partiellement enneigée, certaines avec ces couleurs fabuleuses qu'une éclaircie de soleil fait ressortir l'espace de quelques minutes.



Une lagune de sel au bord de laquelle jaillit une source d'eau chaude (25-30 °C) nous sert de campement pour le déjeuner. Une petite piscine avec un mur de protection a été aménagé pour permettre aux touristes de prendre un bain malgré le froid ambiant. Mais aujourd'hui, le succès n'est pas au rendez-vous. Seuls des chauffeurs de 4X4 qui assurent le passage de la frontière pour San Pedro de Atacama au Chili s'y baignent en attendant d'éventuels clients. Il règne ici une atmosphère de fin du monde, j'adore.

Nous nous rapprochons du volcan Licancabur et découvrons la fameuse Laguna Verde à ses pieds, à tout de même 4400 mètres d'altitude. Cesar nous explique que l'extraordinaire couleur bleue verte du lac est du à l'importante concentration de minéraux déversés par le volcan tels le souffre, l'arsenic, le calcium et le carbonate de plomb. Le sommet du volcan (5960 m) abrite une crypte Inca qui servait à faire des sacrifices. Et comme si leur dieu m'avait entendu, les nuages disparaissent au dessus de nous, et un rayon de soleil atteint la surface du lac qui devient éblouissant de beauté.



Notre route prend maintenant la direction du Nord, ou nous longeons d'autres montagnes colorées, ainsi qu'une zone appelée Rocas de Dali. Sur un champ de sable plat où alternent les nuances de rouges, d'immenses rochers noirs semblent avoir été disposés là, donnant un paysage surréaliste digne d'une peinture du maître.



La route grimpe toujours et nous atteignons un col à 4850 mètres d'altitude d'où nous pouvons apercevoir des colonnes de fumée s'élevant du sol. Nous sommes arrivés au champs de geysers de Sol de Manana. Des cratère expulsent un vapeur sulfureuse en sifflant comme une immense cocotte-minute, prête a exploser. D'autres se contentent de de faire bouillonner plus ou moins rapidement une boue grise qui est parfois projeté dans l'air tel un crachat. Malgré l'odeur de souffre, je ne peux m'empêcher de m'approcher pour marcher dans la vapeur humide qui me réchauffe.



Nous avons atteint le plus haut point de note circuit et nous descendons maintenant, presque dans la brume, vers la Laguna Colorada, à coté de laquelle se trouve notre refuge pour la nuit.



De nombreux 4X4  en provenance d'Uyuni arrivent en se suivant à quelques minutes d'intervalle. Retour à la réalité du tourisme de masse. Nous avons été quasiment seuls pendants 2 jours, ça me fait d'autant plus apprécier de faire le circuit en sens inverse.
Le refuge est bien équipé et Tina nous prépare un succulent dîner poulet-frites que je dévore. Il y a même l'électricité, et je peux recharger ma batterie d'appareil photo qui était quasiment vide. Je suis sauvé pour demain.

par Ludovic publié dans : Bolivie
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Jeudi 24 novembre 2005

Je me réveille à 7h30, pas trop fatigué, je prend mon petit-déjeuner et je vais confirmer mon circuit de 4 jours dans le sud de la Bolivie et le Salar de Uyuni à l'agence Tupiza Tours, qui se trouve dans les même locaux que l'Hôtel Mitru. Ca coûte 110 dollars, plus cher que si j'avais réservé au départ d'Uyuni, mais l'agence est réputée pour être l'une des meilleure et le circuit en sens inverse promet d'être fabuleux.
Le départ est à 9h00, juste le temps d'aller faire quelques provision d'eau et de snacks. Je suis avec un groupe qui arrive d'Argentine : Mickael des USA, Jerry et Adam de Nouvelle-Zelande, et Anna d'Italie, mais qui habite à Bueno Aires. Notre chauffeur et guide s'appelle Cesar, notre cuisinière Tina.

Nous embarquons dans notre 4X4 avec toutes nos affaires, et nous prenons directement une route qui monte à pic et qui permet d'avoir une vue sur la vallée de Tupiza, une décor de far-west avec ses canyons de roche rougeâtre érodés, qui forment des aiguilles naturelles.





Le premier col est déjà à 3750 mètres d'altitude, mais nous continuons de monter. La route serpente plusieurs heures entre les montagnes avant d'arriver sur une plaine aux herbes jaunies par le soleil, où des dizaines de lamas se régalent. Nous déjeunons ici. Tina nous prépare des sandwichs, et nous fait goûter une spécialité de Tupiza, sorte de beignet de pomme de terre avec des petits poids et des tomates, enrobée dans une feuille de maïs imbibée d'un piment léger. Nous reprenons la route pendant 1 heure avant de faire une halte dans un village. Les maisons, l'église et les enceintes sont faites de cette terre rouge. Un terrain de basket trône fièrement sur la place, au milieu du village désert.





Je rencontre quand même une habitante dans la cours de sa maison avec laquelle je discute. Elle vit de l'élevage de lama et de son potager, qu'elle me montre fièrement. C'est un vaste trou recouvert d'une bâche en plastique qui permet de créer un effet de serre et de faire évaporer l'humidité du sol. Le système est ingénieux, car dans cette région aride ultra-ensoleillée, elle n'a pas besoin d'arroser ses légumes. J'apprend aussi que la vente d'un lama permet de faire vivre sa famille pour 1 mois. Un peu de viande séché traîne sur un fil à linge. J'entend crier mon nom au loin : comme d'habitude, les autres m'attendent pour partir.

La route continue de monter, et je commence a ressentir un léger mal de tête. Nous sommes maintenant à plus de 4000 mètres d'altitude, et nous suivons le cours d'une rivière quasiment asséchés dont les bords sont blanchis par un dépôt de sel. Des montagnes aux parois érodés laissent apparaître les différentes strates de minéraux.

A 16h30, nous arrivons dans un deuxième village installé au bord du large lit verdoyant d'une rivière qui serpente dans une magnifique vallée entourée de montagnes. Nous allons y rester pour la nuit.



Comme le précédent village, le terrain de basket semble au coeur de l'activité des habitants. Des femmes y jouent, puis les enfants prennent leur place.



A leur demande, nous nous joignons à eux pour faire une partie. Je sens qu'il y a anguille sous roches ... Les gamins, surtout des filles, ont entre 6 et 10 ans seulement, mais ils courent comme des diables. Nous ne sommes pas habitués à l'effort à plus de 4000 mètres d'altitude, ils le savent bien et en profitent pour nous épuiser. La petite Maria (jean rouge et anorak bleu sur la photo) nous fait un show de dribbles et de débordements. Ca ne nous empêchent pas de gagner, mais nous finissons sur les rotules, alors qu'ils sont prêts a recommencer.



Quand ils comprennent que c'est fini pour nous, ils veulent faire une photo de groupe. Nous nous exécutons avec plaisir, et enfin le voile tombe : ils nous réclament des dollars pour la partie de basket !! Je m'en doutais un peu, mais, je n'avais pas envie d'y penser. Nous protestons, et ils n'insistent pas. Je suis sûr que c'est leurs parents qui leur demandent de réclamer de l'argent aux touristes qui viennent. Ca gâche le plaisir d'un bon moment avec eux, dommage ...

Nous dormons dans une maison sommaire mais les lits sont confortables. Par contre, et c'est normal compte-tenu de l'endroit, il n'y a pas d'eau chaude pour se laver. Nous sommes tous fatigués par cette longue journée de route et allons nous coucher à 21h00.

par Ludovic publié dans : Bolivie
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Mercredi 23 novembre 2005

Roberto, mon guide pour la mine passe me prendre a 8h45. La visite coûte 10 dollars pour une journée entière. Il est accompagné de 3 filles qui nous suivent partout. Ce sont ses assistantes, âgées de 14 à 17 ans. Il m'explique qu'il n'a pas d'enfants et qu'elles sont comme ses propres filles. Nous allons chercher 2 autres français, que j'ai déjà rencontré hier au couvent San Francisco.  Nous prenons le bus pour le haut de la ville, le quartier pauvre où se trouvent les usines de traitement de métaux qui sont extraient de la mine. J'apprend que Potosi est la ville la plus pauvre de Bolivie.
Je lui pose aussi la question concernant la quantité astronomique d'avocats à Potosi. La raison est assez simple : les femmes des mineurs passent leur temps à divorcer car elles en ont marre que leur mari passe son temps à boire et à fumer avec ses copains de la mine. La seconde raison est qu'un mineur meurt de la silicose à partir de 40 ans, et les avocats sont là pour gérer les successions innombrables.

Nous passons devant des ouvriers qui ont achetés un camion de roche en provenance de la mine et qui trient à la pelle les minéraux qu'ils seront susceptibles de revendre ensuite à l'usine de traitement. Un camion coûte  1000 bolivianos, et si le minerai brut est riche en argent, ils peuvent espérer doubler leur mise. Mais c'est un peu de la loterie.

Un cours d'eau pollué par les agents chimiques en provenance des usines coulent en plein milieu de la ville : l'eau ressemble a du ciment liquide.



Nous entrons dans l'une de ces usines. Les ouvriers ne travaillent pas car il y a une coupure de courant. Roberto nous explique et nous montre tout le processus de trie, de concassage, puis de traitement de la roche pour en extraire l'argent, le zinc, et le plomb. L'usine, un bien grand mot, ça ressemble plus a un atelier, fait travailler une quinzaine de personnes. Tous mâchent de la coca en attendant la reprise du travail. Des affichent sur les mur interdisent de boire de l'alcool au travail. Ici, ce genre d'affiche tient de l'humour...  Un peu en dessous, il y a des traces de sang de lama séché. Le lama étant un animal sacré, les ouvriers projettent du sang sur les murs pour "bénir" les lieux et espèrent que cela leur apportera la bonne fortune.

La visite terminée, nous prenons la direction du marché des mineurs. C'est ici qu'ils achètent leurs accessoires pour travailler, et ... la dynamite ! Une rangée de bâtons attend sagement un acquéreur, juste au dessus d'un sachet de nitroglycérine en poudre. Un bâton de dynamite coûte 3 bolivianos, même pas le prix d'une baguette en France !!! La vente d'explosifs est interdite à toute personne qui n'est pas mineur. Comme Roberto a travaillé plusieurs années dans la mine, tous le monde le connaît, et il peut en acheter pour nous faire une petite démonstration plus tard. Nous achetons aussi des cadeaux pour les mineurs que nous allons rencontrer: des feuilles de coca, de l'alcool, et des cigarettes locales. J'achète aussi des gâteaux et de l'eau pour moi, car le repas n'est pas inclus dans la visite.

Nous passons chez lui nous équiper de vêtements de protection, de bottes, de casque et de lampes torches, puis nous prenons un bus pour la mine. Nous allons d'abord sur un monticule, à côté du Cerro Rico. Roberto prend le bâton de dynamite, le casse en deux, introduit la mèche avec le détonateur dedans, il enferme le tout dans un sac de nitroglycérine, puis il allume la mèche. 3 minutes avant l'explosion ... Il met le sac dans sa bouche, met la mèche autours de son cou, me passe la dynamite, puis la passe aux filles qui courent l'enterrer 100 mètres plus loin. L'explosion crée un souffle qui me surprend, ainsi qu'un nuage de poussière. Quand le nuage se dissipe, un cratère de 2 mètres apparaît.


 
Nous remontons dans le bus qui nous dépose devant un trou dans la montagne. Voici l'entrée de notre galerie. Ca ne paye pas de mine comme ça (ok, elle est facile  ...), mais c'est le début de l'enfer. Roberto nous met en garde : il ne vaut mieux pas se perdre car il y a plus de 300 galeries creusées dans la montagne, et il s'est lui même déjà perdu pendant 3 jours. Nous allumons nos torches et entrons dans la galeries. il faut se courber pour ne pas se cogner la tête.



Nous tournons à gauche au bout de 100 mètres et apercevons une lumière dans un coin. c'est un mineur qui est en train de creuser un trou pour y insérer un bâton de dynamite. Il utilise un marteau et un long burin, les mêmes outils qu'il y a 400 ans. Ce travail peut durer 2 heures comme 1 semaine, en fonction de la dureté de la roche. 



Nous continuons dans la galerie, grimpons sur un surplomb et rencontrons un autre mineur qui est certain d'avoir trouver une veine. Il a fini son trou, la dynamite est prête, il faut faire demi-tour. Nous nous abritons dans une galerie en contrebas. J'attend l'explosion avec appréhension, ayant vu la puissance d'un demi-baton de dynamite il y a 30 minutes. Un bruit sourd retenti, avec une légère secousse.

Nous prenons une échelle pour descendre dans un boyaux où il faut ramper, et débouchons sur une galerie plus large, qui en croise une autre. Un rail la traverse. Un groupe de mineurs fait une pause. Nous leur offrons nos sacs de coca, des cigarettes, et ils sont content. Je peux prendre des photos.



D'autres mineurs arrivent en poussant des wagons vides. Tous le monde prend sa pelle et se met à les remplir avec les tas de gravas gris à proximité, puis quand c'est plein, 2 mineurs poussent le wagon vers la sortie. Ils disparaissent dans le noir. J'ai l'impression d'être dans un film, dans une reconstitution historique, mais non, ici, c'est la réalité depuis 400 ans...



Nous continuons dans une galerie où un bruit de marteau piqueur se fait entendre. C'est une riche coopérative qui travaille là ... La poussière qui en émane empêche de respirer, et je dois mettre mon t-shirt sur mon nez et ma bouche pour continuer a avancer.
 
Nous croisons aussi un contremaître, qui est chargé de vérifier le travail des mineurs et qui réglemente l'accès aux galeries. Il demande à Roberto s'il n'a pas un petit "cadeau" pour lui, mais nous avons déjà tout donné aux mineurs. Qu'à cela ne tienne, il prend le sac et fouille dedans. Il en retire la bouteille d'alcool à 90°, la débouche, en prend une gorgée et repart satisfait. Roberto n'a rien dit : s'il ne peut plus faire visiter la mine, il n'a plus qu'a y retourner travailler.

Nous arrivons dans une galerie qui est le Musée de la mine. Il y a des reconstitutions, des gravure d'époques, et surtout, une statue du diable à taille humaine, auquel les mineurs font des offrandes avant d'aller travailler. Roberto allume des cigarettes, lui fourre dans la bouche puis, il prend la bouteille d'alcool. Il en renverse un peu sur le sol en offrande pour Pachamama, en prend un peu dans la bouche, puis en verse sur le genou droit du diable pour invoquer la chance et l'amour, sur le genou gauche pour la santé et l'argent, et sur le sexe pour avoir des enfants. Quand nous avons tous fait le rituel, il allume l'alcool, et nous partons.

Nous suivons la galerie avec le rail qui nous mène vers la sortie. Parfois, nous marchons à coté de flaques d'acide sulfurique naturel qui suinte de la paroi. Au bout de 10 minutes, j'aperçois enfin la lumière. Je n'ai passé que 2 heures dans la mine, mais je ressens à ce moment comme un soulagement. Il me faut quelques minutes pour me réhabituer à la lumière.



Nous redescendons de la mine à pied, l'occasion de voir des mineurs épuisés qui ont fini leur "journée", et qui dorment à même le sol, en face de leur cabane à outils.



Nous reprenons le bus pour la maison de Roberto où nous rendons nos vêtements. Je donne un pourboire aux filles qui nous ont accompagnées du début à la fin, et je fonce au restaurant car je suis affamé. Il est 16h00, et je décide de prendre le bus de 18h30 pour Tupiza, d'où je peux partir en tour organisé pour le Salar de Uyuni et le Sud Lipez dès demain matin. Je téléphone à l'agence pour vérifier que c'est jouable. Pas de soucis, il m'attendent pour partir à 9h00. Je fonce à l'hôtel récupérer mon sac, et saute dans un taxi pour la gare. Le trajet dure 8 heures, ce qui me fait arriver à Tupiza à 3 heures. Ce n'est pas la meilleure heure pour arriver dans une nouvelle ville mais j'ai demandé à l'agence de voyage de m'envoyer quelqu'un pour m'accompagner à l'hôtel d'où à lieu le départ. Le bus arrive finalement à 4h30 en raison d'un départ en retard et d'une petite panne en cours de route. J'ai 3 heures de sommeil devant moi avant de repartir.
par Ludovic publié dans : Bolivie
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Mardi 22 novembre 2005

Je me lève à 6h00, je prépare mon sac, saute dans un taxi et me voilà à la gare routière en 30 minutes. J'ai un bus qui part à 7h00. Une fois de plus, je suis le seul étranger, mais ça me va. Je ne cherche pas leur compagnie en ce moment, car j'ai besoin d'aller vite.
La route descend à pic pendant plus d'une heure en longeant une rivière asséchée. Le bus est quasiment en roue libre et va vraiment vite. Seuls les tournants le font freiner un peu, à mon grand soulagement. Puis la route remonte, dans un décor de montagne semi-désertique, nous passons un col à plus de 4000 mètres, un léger mal d'altitude me reprend, et nous arrivons sur un plateau. Même ici, au milieu de nulle part, la guerre entre les candidats pour les élections présidentielles fait rage : les plus gros rochers sur le bord de la route sont peint aux couleurs des deux principaux partis politiques qui s'affrontent. Et quand le rocher est assez gros, le diminutif est inscrit aussi (rouge pour Tuto, bleu et blanc pour Evo).

A 10h15, le bus arrive à Potosi. L'ex-plus grande ville du monde en 1540, mais toujours plus haute ville du monde aujourd´hui (4100 mètres d´altitude), se situe à flanc de colline, dominé par l'immense cône du Cero Rico, où se trouve la mine d'argent qui  fait la renommée de la ville, et la richesse de l'Espagne au 19ème siècle.



Aussitôt arrivée à l'hôtel, je rencontre Gwen, un breton, qui me souffle une bonne idée pour visiter le Salar de Uyuni et le Sud Lipez. Plutôt que de perdre une journée pour aller à Uyuni, faire mon circuit, puis redescendre vers la frontière Argentine, je vais réserver mon tour depuis Tupiza, à 2 heures de la frontière. Comme en plus je vais faire le circuit en sens inverse, je vais éviter toute la meute des touristes qui partent en même temps.

Je doit maintenant réserver ma visite dans la mine d'argent pour cet après-midi. J'ai eu un contact par Pierre (le suisse avec lequel j'ai été à Tarabuco), que j'appelle, et qui peut me faire une visite à 14h30. J'ai juste le temps pour une petite balade, histoire d'avoir un premier aperçu de la ville, et de déjeuner avant de partir. Le rendez-vous est à mon hôtel. A 15h00, le gars n'est toujours pas là. A 15h15, je pars en ville l'appeler. Il répond mais il n'a pas fini son tour de ce matin et ne pourra pas faire celui de cet après-midi. J'en était sûr ... Nous reprenons rendez-vous pour demain 9h00. Du coup, je n'ai plus qu'à repartir découvrir la ville en profondeur pour occuper l'après-midi.

Je vais au Couvent San Francisco d'où la vue depuis les toits est censée être fabuleuse. Il faut obligatoirement prendre une visite guidée à 15 bols (fait chier), et surtout payer un droit de prendre des photos de 10 bols supplémentaires. Ils ont beau avoir fait voeux de pauvreté dans l'église, ils ne perdent pas le Nord ! C'est la première fois que je dois payer pour utiliser mon appareil photo. La vue est bien, mais pas extraordinaire au point de la payer. En marchant un peu dans une rue qui monte bien, j'aurai pu avoir la même. En plus, la visite du couvent est absolument inintéressante.



Au fur et à mesure que je me promène, je trouve que les rues sont beaucoup plus belles que celle de Sucre. Plus étroites, avec des bâtiments plus colorés, une architecture coloniale mieux conservée, à l'allure plus authentique, avec des pavés sur le sol au lieu du goudron, elles dégagent une atmosphère que je n'ai pas ressentie à Sucre. En fait, je me rends compte que Sucre faisait trop neuf. Ici, je sens la splendeur passée de la ville, et sa décadence.



J'ai l'impression que Potosi est la ville avec la plus forte concentration d'avocats au monde. Parfois, il y a jusqu'à 7 ou 8 panneaux "Abogado" marquant l'emplacement d'un cabinet, qui se suivent dans la même rue, sur 100 mètres à peine. En fait, il y en a tellement que certains travaillent même directement dans la rue. Ils posent leur machine à écrire sur un rebord de fenêtre et offrent leur service de rédaction pour toute sorte de document contractuel ou juridique.

par Ludovic publié dans : Bolivie
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Lundi 21 novembre 2005

Le programme de la journée est simple : il n'y en a pas. J'ai décidé de partir à Potosi demain matin seulement, donc je vais passer mon temps aujourd'hui à arpenter les rues de la ville au fil de mon inspiration.

Sucre est considérée comme la plus belle ville de Bolivie en raison de son architecture coloniale parfaitement conservée. Peu de maisons font plus de 3 étages, à part les églises innombrables qui parsèment le centre-ville. Les maisons ont quasiment toutes une façade blanche ornée de balcons couvert en bois qui surplombent les rues, de la ferronnerie, un toit de tuiles en terre cuite orange. Sucre me rappelle Cuzco (Pérou) sur bien des points, en plus propre.





Je vais me renseigner pour les bus vers Potosi. Il en a toutes les heures dès l'aube et le trajet de 3 heure ne coûtent que 15 bols. Me voilà rassuré sur mon départ, je peux aller me promener tranquillement.

Je grimpe une rue qui m'emmène en haut d'une colline, jusqu'à une place d'où la vue panoramique sur la ville est vraiment belle .

 



Vue d'en bas, Sucre mérite son surnom de Ville Blanche car on ne voit que les façades éblouissante refletant le soleil. Vue d'en haut, je l'appellerai plutôt la ville Orange car on ne voit que les toits oranges. Parfois un clocher d'église émerge seul dans cette mer de tuiles.

 

De retour à l'hôtel, je m'aperçois que mes fidèles chaussures qui m'ont accompagnées au Pérou, au Vietnam, et maintenant dans ce Tour du Monde viennent de rendre l'âme. La semelle se décolle complètement, et j'ai beau avoir acheté de la colle, ça ne tient pas. Vu le programme chargé en trekking dans quelques semaines (j'attaque la Patagonie), Buenos Aires va être une halte bienvenue pour me re-équiper en conséquence. Pourvu que mes chaussures tiennent jusque là : encore 12 jours.

Le ciel s'est assombrit donc je vais faire une halte sur Internet pour gérer mon futur tour organisé dans le Salar d'Uyuni et le Sud Lipez. Il y a tellement d'agences qui en organisent dans cette région que faire un choix est quasi impossible. Je lis sur les forums des avis de gens qui y sont allé récemment, ça m'aide un peu. Par contre, je ne sais toujours pas quelle route je vais prendre pour passer en Argentine ensuite.

Je repars faire la visite du Couvent San Felipe Neri, qui a été transformé en collège de jeune filles, et dont la vue sur Sucre depuis les toits est l'une des meilleures.



La place principale s'est maintenant rempli de monde. Les jeunes qui ont fini les cours viennent ici. Avec ses palmiers, ses larges allées qui se croisent, et ses nombreux bancs, c'est le lieu de prédilection des gens qui veulent se détendre un peu.



En regardant les gens qui sont sur la place, je m'aperçois que Sucre est une ville très jeunes et bourgeoise par rapport à La Paz. La principale raison est que de nombreuses universités réputées dans tout le pays se trouvent ici. Ce qui explique peut-être le fait que je n'ai croisé que très peu de boliviennes typiques. Ici les jeunes sont habillés à la mode occidentale, les femmes sont toutes maquillées et mettent des chaussure à talon, les hommes portent souvent des costumes.

La nuit tombe, la pluie s'y met aussi, ça ne me donne pas vraiment envie de sortir ce soir. Je vais me chercher une pizza, une grande bouteille de Coca, et je regarde sur mon ordinateur le dernier épisode de Starwars, dont j'ai acheté le DVD pirate en attendant un bus. Ca fait du bien d'être seul parfois !

par Ludovic publié dans : Bolivie
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Dimanche 20 novembre 2005

J'arrive à Sucre à 6h00. Le bus me dépose en face du cimetière, à proximité du centre-ville. Je pensais qu'il allait jusqu'à la gare routière, mais à priori, ce n'est pas dans le plan initial. Ce n'est pas très grave car un taxi m'emmène à l'hôtel que j'ai choisi en 2 mn. Il est plein, donc j'en essaye un autre un peu plus loin dans la rue, et je trouve une chambre correcte.

Pour une fois, je suis content d'arriver un Dimanche dans une nouvelle ville, car je vais pouvoir aller au Marché dominical de Tarabuco. C'est un village à 65 km de Sucre, réputé pour son artisanat de qualité, mais surtout, et c'est ce qui m'intéresse d'abord, pour ses indiens aux costumes traditionnels qui y habitent.  Je prend donc un bus pour l'extérieur de la ville, d'où je prend un micros qui m'emmène à Tarabuco en traversant des paysages de montagnes vallonnées superbes. Je fais la connaissance de Pierre, un jeune  suisse qui travaillaient à Cochabamba en tant qu'informaticien.

J'arrive à Tarabuco à 10h30. Le village est un carré ou une vingtaine de rues parallèles croise perpendiculairement une autre vingtaine de rues parallèles. Les "urbanistes" locaux ont fait simple...
La place centrale grouille de marchands ambulants. Ce pourquoi je suis venu est bien là : les indiens vêtus de costumes locaux.





Les hommes portent des chapeaux de cuir ou de feutre qui rappellent les casques des conquistadores. Il sont souvent drapés dans un poncho noirs, rayé de rouge, orange et de jaune.



Je croise aussi des hommes qui portent des casques de mineurs en guide de chapeau, bien qu'il n'y ai pas de mines à Sucre.



Les femmes arborent de curieux chapeaux de feutre noir rappelant les casquettes des gendarmes, mais une frange de perles pends devant leurs yeux, et la face avant est richement décorée de broderies colorées. Enfin, un curieux pompon de laine se dresse sur le haut de la coiffe. Lorsqu'elles se drapent dans un poncho, et qu'elles portent leur classique ballot multicolore sur les épaules, le costume est superbe.

Je me promène dans les ruelles, appareil photo à la main, shootant à tout va. L'artisanat est le même qu'à La Paz, mais les textiles semblent de meilleure qualité. Je vais aussi au marché de la nourriture, où il n'y a aucun touriste sauf moi. A ma grande surprise, personne ne dit rien quand je prend des photos, sauf un marchand de légume qui me jette une pomme de terre qui me frôle à toute allure. Sous les arcades, les boui-bouis servent des ragoûts de viande ou de tripes qui ont l'air de faire le bonheur de beaucoup de boliviens.

Les élections présidentielles approchent à grand pas, et comme de coutume, les partisans font des manifestations en support à leur candidat favori. Tarabuco n'échappe pas à la règle, et je me retrouve face au cortège qui fait le tour de la place principale en faisant exploser des feux d'artifices et en agitant des drapeaux aux couleurs du parti du candidat.

A 13h00, je me met en quête d'un endroit pour déjeuner et je retrouve Pierre, installé à une table de restaurant. Je m'enfile un snack car il n'y a rien d'autre, et nous grimpons dans le premier bus prêt à rentrer pour Sucre. Nous faisons la connaissance de Emmanuel et Stéphanie, un couple de français en voyage pour 2 mois.

De retour à Sucre, je vais sur Internet, je fais un petit tour de la ville pour avoir un aperçu de son architecture coloniale, puis je retrouve tout le monde le soir pour dîner.

par Ludovic publié dans : Bolivie
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Samedi 19 novembre 2005

Le réveil est difficile, mais en 30 minutes, je fais mon sac et je suis à la gare routière. Je demande, à tout hasard, si les bus directs pour Sucre ont repris. Mais non, le blocage de la route est toujours en place.
Me voilà donc parti pour 8 heures de route vers Cochabamba. Le bus part presque vide, mais nous nous arretons à El Alto, la banlieue pauvre de La Paz sur le début du plateau, et nous faisons le plein de passagers, au point que certain restent debout dans l'allée. Le temps est pluvieux, idéal quitter un endroit sans regret, avec un long trajet à l'abris dans le bus.

La route traverse l'Altiplano et ses mornes plaines désertiques, avec parfois quelque rares maisons de terre sur le bord de la route. A 11 heures, le bus s'arrête pour le déjeuner dans un hameau donc les quelques maisons longe la route sur 100 mètres. La porte du bus s'ouvre, et une odeur âcre, désagréable me prend le nez. Je met 1 minute pour réaliser ce que c'est. Tous les passagers se précipitent vers un endroit dégagé entre 2 maisons et font leurs besoins. Les murs en terre servent de pissotière, et les femmes s'accroupissent dans le champs en élargissant leur large jupe à dentelle pour faire leur besoins dessous. Le hameau est en fait un WC géant en plein air, où une bonne vingtaine de bus bondés lâche quotidiennement ses 30 passagers. Ca empeste vraiment et je ne comprend pas comment on peut déjeuner ici avec cette odeur. Les 20 minutes me paraissent très longues.

La route reprend et le décor change. Nous pénétrons dans des montagnes érodés de roche rouge, avec des grandes de taches de vert crée par une herbe courte et très dense. Nous passons un col puis redescendons dans la vallée. L'arrivée à Cochabamba se fait par la banlieue industrielle, où se trouve tous les marchands de ferraille avec leurs carcasses de camions désossés qui traînent sur le bas-coté de la route noircit par l'huile usagée, les marchands de pièces de rechange, les ateliers de mécaniciens.

Je débarque à la gare routière sous la pluie, et je me met aussitôt à la recherche d'un bus pour Sucre. Tous partent le soir entre 18h30 et 20h30. Il y a l'embarras du choix au niveau des compagnies donc je reprend un billet (70 bols avec couchette) pour 20h00 avec celle que j'ai utilisé pour venir. La météo n'invite pas trop à la promenade en ville, mais j'ai 4 heures à attendre. Je laisse mon sac au garde-bagage, et je pars en ville à la rechercher d'un restaurant. C'est la galère pour se repérer car il n'y a aucun nom de rue indiqué. en demandant à des gens, j'arrive a trouver la place principale, carré parfait bordé de bâtiments sur arcade dans un style colonial. Je vais aussi sur internet, et je retourne à la gare routière avant la nuit.

Le bus part avec 1 heure de retard, mais heureusement, il est confortable avec ses sièges inclinables. J'espère que ma voisine à l'embonpoint conséquent ne va pas trop empiéter sur mon espace vital, et que son bébé ne va pas pleurer toute la nuit.

par Ludovic publié dans : Bolivie
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