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Bolivie

Lundi 28 novembre 2005 1 28 /11 /Nov /2005 00:00

Je me suis accordé une journée de repos à Tupiza avant de partir vers l'Argentine. C'est une petite ville charmante, à l'atmosphère tranquille, et au climat agréable.
Je me réveille à 9h00 pour ne pas rater le petit déjeuner, puis je retourne paresser dans mon lit pour écrire les articles pour le blog. Grand soleil dehors, 25°C, et je peux entendre quelques "plouf" dans la piscine de l'hôtel qui se situe juste en dessous de ma fenêtre.

Je pars déjeuner dans un restaurant local qui sert un almerzuo. C'est un menu unique pour tout le monde composé généralement d'une petite salade de légumes, d'une soupe, et d'un plat principal (viande, riz et quelques légumes) le tout pour une somme dérisoire (15 bols = 1,5 euros).

Je passe 2 heures sur internet pour répondre aux 15 emails qui m'attendent et mettre à jour le blog, et à 16h00, je peux enfin aller me promener dans la ville.

Toutes les rues se terminent par une vue sur les montagnes rouges ou grises qui entourent la ville.



Je grimpe sur un promontoire d'où la vue sur la ville semble bien. Au somment se trouve une sorte de petit jardin avec un monument. Mais d'en bas, je peux apercevoir 3 gars qui m'observent en train de monter. L'endroit est désert, parfait pour se faire dépouiller ... Je m'arrête au premier niveau, prend mes photographies de la ville, et je redescend sans m'attarder ici.



Je me dirige vers la gare pour aller voir la tête des trains boliviens qui circulent encore. Seuls quelques wagons stationnent sur le quai, mais à ma grande surprise, ils ont l'air en très bon état. Je m'attendais un peu a des trains délabrés, dans le style indien (plus de fenêtres, siège en bois), mais non. La peinture est impeccable, et tous le confort semble là.

Je continue le long de la voie ferrée jusqu'à la gare routière, pour me renseigner sur les bus à destination de Villazon, dernière ville bolivienne avant de passer en Argentine, à 2 heures de route d'ici.





 Il y a 2 bus par jours seulement : le premier à 4h00, l'autre à 14h30. Ca me fait chier de me lever encore à 3h00, mais je n'ai pas le choix si je veux arriver A Salta avant la nuit. Je prend donc mon billet (10 bols) et continue de me promener en ville avant de rentrer tranquillement à l'hôtel récupérer le linge que j'ai donné à laver. Un de mes caleçons n'est plus là, mais il a été remplacé par un t-shirt qui ne m'appartient pas, et les chaussettes sont encore toutes mouillées ...
Un petit tour rapide au restaurant, et je rentre préparer mon sac. C'est ma dernière nuit en Bolivie, mais il y a encore tellement de choses à voir ici que je ne suis pas vraiment pressé de partir. Tant pis, je ne change pas d'avis, l'Argentine m'attend.

Par Ludovic - Publié dans : Bolivie
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Dimanche 27 novembre 2005 7 27 /11 /Nov /2005 21:21

Nous nous levons à 5h00 pour foncer dans le Salar et y contempler le lever de soleil. Le 4X4 avance tant qu'il peut jusqu'à ce que les premier rayons de soleil apparaissent. Nous nous arrêtons au milieu de nulle part. Devant moi, derrière moi, des kilomètres de sel à perte de vue commencent à rougir. Je marche droit devant pour m'éloigner le plus possible de la voiture et du groupe. Moment magique, sensation extraordinaire que de se sentir perdu dans cette immensité immaculée.



Mais le froid, et la faim me rappelle à la raison car nous n'avons rien mangé avant de partir. Nous reprenons la route pour l'Isla Inca Huasi, une véritable île au milieu de cette mer de sel. Tous les groupes y font un arrêt pour le petit-déjeuner. L'île est recouverte de milliers de cactus, dont certains âgés de plus de 1200 ans font jusqu'à 12 mètres de haut.

Je cavale au sommet pour avoir la vue panoramique. Le soleil, maintenant bien haut dans le ciel, se reflète dans les cristaux de sel et transforme le Salar de Uyuni en une mer de lumière éblouissante. Je redescend de l'autre côté de l'île jusqu'au sel pour voir les curieuses formes dessinées par les plaques de sels. Elles s'entrechoquent en se dilatant à cause de l'amplitude thermique entre le jour et la nuit.



Je reviens tranquillement à la voiture où les autres ont commencé leur petit déjeuner. Ils rient en regardant 2 israéliennes au loin qui font des photos dans toutes les positions, dont les fameuses photos truquées grâce à des effets de perspective. Je vais les rejoindre pour voir ce que ça donne, et je retrouve par hasard Shira et son amie, avec laquelle j'avais discuté brièvement à Rurrenabaque avant de partir dans la jungle. Nous faisons quelques essais ensembles. Le résultat est plutôt concluant : voici ma nouvelle compagne de voyage, pas encombrante, et affectueuse ! ;-)

Je retourne prendre mon petit-déjeuner, et je montre les photos aux autres. Du coup, ils veulent en faire aussi. Nous allons donc tous ensembles au milieu du Salar, et faisons toute sorte de poses : Ludo dans une louche, Ludo dans un verre, Ludo qui plonge dans un verre depuis le sommet d'une bouteille de Vodka, tous le groupe (les israéliennes nous ont rejoint) dans ma sacoche d'appareil photo, Ludo suspendu au doigt de Shira ...  Bref, tout est permis avec un peu d'imagination. Nous manquons juste d'ustensiles.

A 9h00, nous reprenons la route, et nous arrêtons 15 minutes plus tard en plein Salar. Nous sommes à coté d'un trou rempli d'eau, et Cesar nous explique la formation du Salar, ainsi que sa structure. En fait, la couche de sel fait une dizaine de centimètres seulement. En dessous, se trouve une eau qui cristalline qui produit le sel en s'évaporant. Cette eau circule dans tout le Salar grâce un réseau de canaux souterrains.



Nous repartons et atteignons l'Hôtel de Sel dont la visite coûte une consommation au bar, ou l'utilisation des toilettes contre 5 bols, ou contre le paiement cash de 10 bolivianos. Personne n'est vraiment intéressé par cette visite. Je jette un coup d'oeil par la fenêtre. Tous les meubles sont fait de sel, ainsi que quelques éléments de décoration. Original, mais rien d'exceptionnel.

La traversée du Salar de Uyuni se termine à Colchani, village qui vit de l'extraction de sel. Le sol est creusé à la pioche, puis le sel est rassemble en petits tas qui sèchent au soleil. Un camion vient alors le récupérer et un deuxième sechage a lieu, sur un feu cette fois. Le sel est réduit en poudre, puis acheminé dans toute la Bolivie. La majeure partie est destinée à l'alimentation des animaux. Pour la consommation humaine, il faut encore le traiter.





Nous déjeunons ensemble pour la dernière fois. Le groupe reste à Uyuni pour aller sur Potosi, et je vais redescendre seul avec Cesar et Tina à Tupiza.

Uyuni est un vrai trou perdu. La ville n'a aucun intérêt. Ce n'est qu'une ville-étape pour les touristes qui réservent un tour organisé dans la région. Je suis bien content de ne pas y rester. Je dis au revoir aux amis, et me voilà sur la route du retour à Tupiza. Celle-ci est tout aussi fabuleuse que celle des jours précédents. Après avoir longé des petites dunes de sable à la sortie d'uyuni, nous nous enfonçons dans le lit d'une rivière aux couleurs surnaturelles. Le lit encaissé longe des parois riches en minéraux de toutes les couleurs. Quelques kilomètres avant d'arriver à Atosha, principale ville minière de la région, nous longeons un curieux cimetière à flanc de montagne, au ras du chemin de fer. Une procession à lieu pour le décès de quelqu'un.



Après Atosha, la piste monte et nous arrivons dans un paysage montagneux. Ca monte, ça descend, pendant 3 heures en longeant des lits de rivières asséchés. Cesar mâche de la coca pour la première fois depuis que nous sommes partis. Il doit commencer à fatiguer avec les heures de conduite qu'il enchaîne depuis 4 jours.

Vers 17h00, nous arrivons dans la vallée du Rio Tupiza, et le festival des couleurs et des formations rocheuses continue. On se croirait en plein far west, dans un film d'Ennio Moricone. Jusqu'au bout, la route aura été splendide.





Je me fais déposer à l'hôtel Mitru, je vais à l'agence payer le solde du circuit, et je prend une chambre confortable pour 40 bols. Je m'achète une pizza à emporter que je mange dans la chambre et je vais me coucher. Fin de 4 jours épuisants, mais qui auront été parmi les plus beaux depuis le début de mon Tour du Monde.

Par Ludovic - Publié dans : Bolivie
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Samedi 26 novembre 2005 6 26 /11 /Nov /2005 00:59

Nous avons presque droit à une grasse matinée ce matin, en ne se levant qu'à 8h00. Le temps est toujours nuageux, les montagnes environnantes ont blanchit, signe qu'il a neigé cette nuit.

Nous allons sur un promontoire qui permet d'avoir une vue panoramique sur la Laguna Colorada. Son nom vient de la succession de différentes couleurs qui la compose. Le lac ne fait que 80 cm de profondeur et les flamands roses sont toujours là, plus nombreux que jamais, se reflétant dans l'eau rouge. Même les nuages, très bas, prennent une teinte rose, ce qui donne parfois l'illusion que le lac et le ciel se rejoigne, faisant disparaître la ligne d'horizon.

Nous longeons une immense vallée plate ou la brume s'épaissit. Une fine neige commence à tomber et au bout de 5 minutes, c'est le déluge. Je ne vois plus rien du paysage aux environs, je suis dégoûté ... Normalement a cette époque de l'année, il ne neige pas, mais là, nous n'avons pas de chance. La plaine se recouvre d'un manteau blanc, faisant disparaître les traces des autres véhicules. Je me demande comment notre guide fait pour suivre la bonne route !
Au bout d'une demi-heure, l'horizon s'éclaircit et nous sortons petit à petit de la purée de pois. Des traînées de brumes qui s'accrochent au sol sont balayés par le vent, et donnent à l'endroit une atmosphère mystique. Lorsque nous arrivons au pied du fameux Arbol de Piedra, curieuse formation rocheuses en forme d'arbre, les nuages sont hauts dans le ciel et quelques rayons de soleils apparaissent même de temps à autre. Ma bonne étoile veille toujours sur moi, et sur mon appareil photo ! D'autres rochers disséminé à intervalle régulier semble formé des ruines d'un village, raison pour laquelle l'endroit est appelé Ruinas de Rocas.


La route continue le long d'autres formations rocheuses, d'origine volcanique. On dirait que des milliers de galettes ont été empilées pour former un mur. Une curieuse mousse verte recouvre parfois la roche ocre, créant un contraste étonnant. J'ai l'impression d'être sur une autre planète. Des petits bonhommes verts avec des antennes surgiraient derrière moi que ça ne me surprendrait même pas !



A propos d'extra-terrestres, nous en avons croisé deux en vélo, descendant vers le Chili, alors qu'il pleuvait encore, et que le vent glacial balayait la piste rocailleuse. Inconscience ou courage extrême ? Ce qui est sûr, c'est que de l'intérieur de mon confortable 4X4, au sec et où il fait à peine 10 °C, j'admire ces deux là.

Nous entamons à nouveau une montée jusqu'à un nouveau plateau désertique entouré de cônes volcaniques et où les traces rectilignes des 4X4 se perdent à l'horizon.



Nous passons un col, et la Route des joyaux commence : une succession de 4 lagunes à plus de 4200 mètres d'altitude. Les paysages époustouflants qui s'offrent alors à mes yeux se passent de commentaires. Les photographies disent tout.

La Laguna Honda. Cesar nous laisse en haut du promontoire, et nous récupère 300 mètres plus bas, au pied de la lagune.

La Laguna Charcota, au pied de son volcan.



La Laguna Hedianda, une merveille de la nature, l'un des plus beau paysage qu'il m'ait été donné de voir dans ma vie. Nous nous y arrêtons pour déjeuner, mais j'aurai pu rester des jours à contempler le spectacles des flamands roses, et le reflet des volcans enneigés dans l'eau salée. Même les convois de 4X4 qui commencent à arriver de Uyuni, et qui déversent des dizaines de voyageurs sur les rives ne me perturbent pas. Je suis sur une autre planete, celle du bonheur.





La Laguna Canapa est un peu moins impressionnante en comparaison des autres, mais le spectacle vaut toujours le détour. Cesar s'arrête quand même car il sait que je veux une photo de toute façon.

Nous approchons de l'Ollagüe, volcan actif de  5865 mètres à cheval sur la frontière Bolivio-chillienne.
Depuis le champ de roche volcanique en forme de vagues, je peux parfois apercevoir des fumerolles quand les nuages se dissipent. Plus nous nous en approchons, et plus j'ai envie d'y monter pour voir ça de plus près. Une autre fois surement ...

La route commence à descendre et le Salar de Chiguana apparaît au loin. Le vent crée des tornades de poussière visibles à plusieurs dizaines de kilomètres.



Nous traversons le Salar, et nous arrêtons à San Juan, village endormi en plein milieu de cette immense étendue de sel. L'activité principale est la culture de la Quinua. A proximité se trouve un cimetière inca unique dans toute l'Amérique du Sud. Les tombes sont des monticules de sel, appelés Chullpas, et contiennent encore quelques ossements des malheureux qui ont été enterré là vivant. La tradition voulait que les personnes considérées mauvaises soit enterrées vivantes, unique chance pour elles de se réincarner dans une personne meilleure. Nous allons ensuite visiter un petit musée qui donnent plus d'information sur le site funéraire.

Enfin, à 17h30, nous arrivons à Colcha K, village en bordure du Salar de Uyuni, où nous allons passer la nuit dans une chambre un peu spéciale. Les lits sont fait en bloc de sel, et une fine couche de sel recouvre aussi le sol. Un fin matelas encore dans son plastique est posé sur les blocs durs. Original, mais pas très confortable.
Demain est la dernière journée de notre circuit avec la traversée du Salar de Uyuni. Grand moment en perspective. J'ai hâte.

Par Ludovic - Publié dans : Bolivie
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Vendredi 25 novembre 2005 5 25 /11 /Nov /2005 20:15

Cesar nous réveille à 5h00, et nous partons au lever du soleil car nous avons une longue journée devant nous. Nous atteignons les ruines du village Inca San Pablo de Lipez. Les murs des maisons sont souvent intactes, et l'on peut remarquer l'habileté des incas pour l'architecture. Les pierres des maison s'emboîtent parfaitement les une autres autres. Il n'y a pas besoin de ciment pour les faire tenir ensembles. Les arches de certaines maisons sont aussi remarquables.

La route monte de plus belle dans un décor surréaliste. Les montagnes arborent des dégradés de couleurs dignes d'une palette de peintre. La couleur de chaque strate est due aux minéraux qui la composent et qui se sont oxydés au contact de l'air et de la pluie : rouge pour le fer, vert pour le cuivre, bleu pour l'antimoine, gris pour le zinc, jaune pour le sable, etc ... Le tout dans une végétation jaunâtre brûlée par le soleil.

Nous arrivons sur un col d'où nous avons une vue sur la première lagune de notre circuit : la Laguna Morejon à 4805 mètre d'altitude. A l'horizon, le volcan Uturuncu culmine à plus de 6000 mètres. Le dépôt de sel crée un contraste saisissant avec la roche sombre. La couleur rouge est crée par un micro-organisme qui vit dans l'eau salé, nourriture de base des flamands roses, ce qui explique leur concentration dans les lagunes de la région.



La route descend enfin, pour traverser le Salar de Chalviri, un lac de sel exploité par une petite coopérative.
Nous continuons notre route dans des paysages fantastiques. Lorsque nous arrivons dans la plaine à proximité du volcan Licancabur qui marque la frontière avec le Chili, un vent glacial souffle et un ciel grisâtre me fait craindre le pire pour les photos. Nous sommes entourés d'une chaîne de montagne partiellement enneigée, certaines avec ces couleurs fabuleuses qu'une éclaircie de soleil fait ressortir l'espace de quelques minutes.



Une lagune de sel au bord de laquelle jaillit une source d'eau chaude (25-30 °C) nous sert de campement pour le déjeuner. Une petite piscine avec un mur de protection a été aménagé pour permettre aux touristes de prendre un bain malgré le froid ambiant. Mais aujourd'hui, le succès n'est pas au rendez-vous. Seuls des chauffeurs de 4X4 qui assurent le passage de la frontière pour San Pedro de Atacama au Chili s'y baignent en attendant d'éventuels clients. Il règne ici une atmosphère de fin du monde, j'adore.

Nous nous rapprochons du volcan Licancabur et découvrons la fameuse Laguna Verde à ses pieds, à tout de même 4400 mètres d'altitude. Cesar nous explique que l'extraordinaire couleur bleue verte du lac est du à l'importante concentration de minéraux déversés par le volcan tels le souffre, l'arsenic, le calcium et le carbonate de plomb. Le sommet du volcan (5960 m) abrite une crypte Inca qui servait à faire des sacrifices. Et comme si leur dieu m'avait entendu, les nuages disparaissent au dessus de nous, et un rayon de soleil atteint la surface du lac qui devient éblouissant de beauté.



Notre route prend maintenant la direction du Nord, ou nous longeons d'autres montagnes colorées, ainsi qu'une zone appelée Rocas de Dali. Sur un champ de sable plat où alternent les nuances de rouges, d'immenses rochers noirs semblent avoir été disposés là, donnant un paysage surréaliste digne d'une peinture du maître.



La route grimpe toujours et nous atteignons un col à 4850 mètres d'altitude d'où nous pouvons apercevoir des colonnes de fumée s'élevant du sol. Nous sommes arrivés au champs de geysers de Sol de Manana. Des cratère expulsent un vapeur sulfureuse en sifflant comme une immense cocotte-minute, prête a exploser. D'autres se contentent de de faire bouillonner plus ou moins rapidement une boue grise qui est parfois projeté dans l'air tel un crachat. Malgré l'odeur de souffre, je ne peux m'empêcher de m'approcher pour marcher dans la vapeur humide qui me réchauffe.



Nous avons atteint le plus haut point de note circuit et nous descendons maintenant, presque dans la brume, vers la Laguna Colorada, à coté de laquelle se trouve notre refuge pour la nuit.



De nombreux 4X4  en provenance d'Uyuni arrivent en se suivant à quelques minutes d'intervalle. Retour à la réalité du tourisme de masse. Nous avons été quasiment seuls pendants 2 jours, ça me fait d'autant plus apprécier de faire le circuit en sens inverse.
Le refuge est bien équipé et Tina nous prépare un succulent dîner poulet-frites que je dévore. Il y a même l'électricité, et je peux recharger ma batterie d'appareil photo qui était quasiment vide. Je suis sauvé pour demain.

Par Ludovic - Publié dans : Bolivie
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Jeudi 24 novembre 2005 4 24 /11 /Nov /2005 19:54

Je me réveille à 7h30, pas trop fatigué, je prend mon petit-déjeuner et je vais confirmer mon circuit de 4 jours dans le sud de la Bolivie et le Salar de Uyuni à l'agence Tupiza Tours, qui se trouve dans les même locaux que l'Hôtel Mitru. Ca coûte 110 dollars, plus cher que si j'avais réservé au départ d'Uyuni, mais l'agence est réputée pour être l'une des meilleure et le circuit en sens inverse promet d'être fabuleux.
Le départ est à 9h00, juste le temps d'aller faire quelques provision d'eau et de snacks. Je suis avec un groupe qui arrive d'Argentine : Mickael des USA, Jerry et Adam de Nouvelle-Zelande, et Anna d'Italie, mais qui habite à Bueno Aires. Notre chauffeur et guide s'appelle Cesar, notre cuisinière Tina.

Nous embarquons dans notre 4X4 avec toutes nos affaires, et nous prenons directement une route qui monte à pic et qui permet d'avoir une vue sur la vallée de Tupiza, une décor de far-west avec ses canyons de roche rougeâtre érodés, qui forment des aiguilles naturelles.





Le premier col est déjà à 3750 mètres d'altitude, mais nous continuons de monter. La route serpente plusieurs heures entre les montagnes avant d'arriver sur une plaine aux herbes jaunies par le soleil, où des dizaines de lamas se régalent. Nous déjeunons ici. Tina nous prépare des sandwichs, et nous fait goûter une spécialité de Tupiza, sorte de beignet de pomme de terre avec des petits poids et des tomates, enrobée dans une feuille de maïs imbibée d'un piment léger. Nous reprenons la route pendant 1 heure avant de faire une halte dans un village. Les maisons, l'église et les enceintes sont faites de cette terre rouge. Un terrain de basket trône fièrement sur la place, au milieu du village désert.





Je rencontre quand même une habitante dans la cours de sa maison avec laquelle je discute. Elle vit de l'élevage de lama et de son potager, qu'elle me montre fièrement. C'est un vaste trou recouvert d'une bâche en plastique qui permet de créer un effet de serre et de faire évaporer l'humidité du sol. Le système est ingénieux, car dans cette région aride ultra-ensoleillée, elle n'a pas besoin d'arroser ses légumes. J'apprend aussi que la vente d'un lama permet de faire vivre sa famille pour 1 mois. Un peu de viande séché traîne sur un fil à linge. J'entend crier mon nom au loin : comme d'habitude, les autres m'attendent pour partir.

La route continue de monter, et je commence a ressentir un léger mal de tête. Nous sommes maintenant à plus de 4000 mètres d'altitude, et nous suivons le cours d'une rivière quasiment asséchés dont les bords sont blanchis par un dépôt de sel. Des montagnes aux parois érodés laissent apparaître les différentes strates de minéraux.

A 16h30, nous arrivons dans un deuxième village installé au bord du large lit verdoyant d'une rivière qui serpente dans une magnifique vallée entourée de montagnes. Nous allons y rester pour la nuit.



Comme le précédent village, le terrain de basket semble au coeur de l'activité des habitants. Des femmes y jouent, puis les enfants prennent leur place.



A leur demande, nous nous joignons à eux pour faire une partie. Je sens qu'il y a anguille sous roches ... Les gamins, surtout des filles, ont entre 6 et 10 ans seulement, mais ils courent comme des diables. Nous ne sommes pas habitués à l'effort à plus de 4000 mètres d'altitude, ils le savent bien et en profitent pour nous épuiser. La petite Maria (jean rouge et anorak bleu sur la photo) nous fait un show de dribbles et de débordements. Ca ne nous empêchent pas de gagner, mais nous finissons sur les rotules, alors qu'ils sont prêts a recommencer.



Quand ils comprennent que c'est fini pour nous, ils veulent faire une photo de groupe. Nous nous exécutons avec plaisir, et enfin le voile tombe : ils nous réclament des dollars pour la partie de basket !! Je m'en doutais un peu, mais, je n'avais pas envie d'y penser. Nous protestons, et ils n'insistent pas. Je suis sûr que c'est leurs parents qui leur demandent de réclamer de l'argent aux touristes qui viennent. Ca gâche le plaisir d'un bon moment avec eux, dommage ...

Nous dormons dans une maison sommaire mais les lits sont confortables. Par contre, et c'est normal compte-tenu de l'endroit, il n'y a pas d'eau chaude pour se laver. Nous sommes tous fatigués par cette longue journée de route et allons nous coucher à 21h00.

Par Ludovic - Publié dans : Bolivie
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