La gare est bondée, les bus en partance klaxonnent à un niveau de décibels surement pas légal en Europe, des porteurs chargés comme des mules avec des cartons, des sacs de grain, des couvertures, s'agitent entre chaques bus.

Ca crie de partout "Chipata ! Zomba ! Livingstone ! Kasama !", les noms des villes où il reste des places dans les bus. Je patiente à mon stand en discutant avec 3 jeunes Zambiens, donc l'un prend le bus avec moi.

A 13h00, le bus n'est pas là. Je demande au vendeur de tickets toute les 20 minutes ce qu'il se passe, et il me répond invariablement "Le bus arrive ....". A 14h30, effectivement le bus arrive. Et tous les sièges sont déjà réservés avec un sac en plastique dessus, un gilet, ou un chiffon. Il reste quelques places à l'arrière. Bien que le bus soit de qualité, les sièges sont exigües, et la place pour les jambes réduite. Chaque espace vide est rempli par un carton, un sac, une valise, y compris l'espace sous mon siége, de telle sorte que mon espace vital, deja restreint, devient vraiment minime. Mais ça fait partie du charme du voyage en Afrique.
Je suis à côté d'un étudiant en théologie qui veut devenir Prêtre, un gars très sympa.
Des clip musiquaux d'un artiste local passent en boucle sur l'écran TV. C'est à mourir de rire : en plus de la dégaine fabuleuses des musiciens (le chanteur est un noir dodu avec les cheveux décolorés en blond, et il porte un costume à rayure noire et blanche), le clip est réalisé en amateur dans un jardin public de Lusaka. Les cadrages sont a côté de la plaque, l'image bouge dans tous les sens, Un régal pour se poiler. Par contre apres 3 clips ou la musique à base de ukulélé est identique, je commence à moins rigoler, car ça me tape sur le système. Au bout du 5èmeclip, c'est devenu une torture pour mes oreilles ....
Le trajet se passe bien, et nous arrivons a 23h00 à la frontière. Je tend mon passeport au douanier, et 2 mn plus tard un coup de tampon retenti dans toute la pièce. Ouf, mon information était bonne !
Nous arrivons a Lilongwe, capitale du Malawi à 2h30. Comme il est trop tard pour aller à l'hôtel, une dizaine de passagers dorment dans le bus stationné et je fais de même en attendant le lever du jour.
Aux premières lueurs, le bus se vide. Nous sommes a proximité d'un marche aux poissons typique. Je pensais enchainer directement avec un bus pour Monkey Bay, sur les rives du Lac Malawi, à 6h00, mais je me rend compte que j'ai besoin de passer à la banque, et il me faut mon visa pour la Tanzanie d'abord. Je prend donc à pied le chemin du Kiboko Camp, une sympathique et reposante guesthouse à proximite du centre-ville.




















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