Dimanche 25 février 2007
Le titre de cet article peut paraître racoleur, et pourtant, c’est une réalité devenue possible grâce à quelques sites communautaires qui permettent aux voyageurs sans le sous (et même les autres) de trouver des bonnes âmes aux quatre coins du monde pour leur offrir un toit.Internet réinvente l’hospitalité au niveau mondial.
La recette simplissime reprend tous les ingrédients qui ont fait le succès des sites de rencontres, mixés à ceux des réseaux sociaux, le tout adapté à la sauce "voyageur". Le résultat se nomme Couchsurfing.com, Hospitalityclub.org ou encore Stay4free.com pour les plus connus.
Dans tous les cas, la création d’un profil est nécessaire. État civil, photos de soi, langues étrangères parlées, pays, ville, loisirs, centres d’intérêt, philosophie de la vie, voyages déjà effectués, constituent les éléments de base. Puis vient la partie hébergement où l’on peut aussi bien proposer de prendre un croissant chez soi le temps d’un petit déjeuner à la française, que de squatter 1 semaine sur le clic-clac du salon. La description précise de la prestation d’hébergement, le quartier, sont aussi demandés afin d’éviter les mauvaises surprises en arrivant chez son hôte. Dormir sur la moquette après 15 heures de vol, là où on s’attend à un lit king size bien moelleux n’est pas la meilleure manière de commencer son séjour à l’étranger. Bon, OK ... c’est gratuit... mais il ne faut pas exagérer non plus ! L’image de la France est en jeu là !
Trouver son home sweet home au bout du monde.
Mais avant, il faut trouver où dormir. Pour cela, un moteur de recherche multi-critères permet de cibler sa ville, et le profil de son futur sympathique hébergeur. Un non fumeur citadin ? Un amoureux des animaux à la campagne ? Un artiste ou un night-clubber ? Allez, je vais chercher une fille qui aime faire la cuisine, comme ça je découvre la "french gastronomy" au passage ... Tout se trouve.


L’autre moyen de contrôle de la qualité des hôtes est un classique, et très bien conçu, système de commentaires/notations consultables par tous les visiteurs du site, membres de la communauté ou non. Les mauvais hôtes sont vite repérés. Lors de mon expérience d’accueil que je vais vous relater dans un second temps, j’ai récolté un "Je fais confiance à ce gars au point de pouvoir mettre ma vie entre ses mains". Sympa, j’en demandais pas tant.`

Au dela de l’hébergement, un accélérateur d’amis.
Le système s’appuie aussi largement sur le phénomène des réseaux sociaux. Je peux créer un groupe d’amis et l’enrichir à volonté. Enfin, selon les sites, le système va plus loin que l’hébergement. Couchsurfing.com permet d’organiser des soirées entre ses membres, de le faire savoir auprès des voyageurs de passage, et offre ainsi la possibilité de se faire des amis le temps d’une escapade en ville, dans tous les coins du monde.
Une révolution dans le monde des routards ? Certainement. Ce système rend possible des séjours plus ou moins longs pour des gens peu fortunés qui ne pouvaient se permettre de visiter des pays avec un coût de la vie élevé. Le logement a toujours pesé lourd dans un budget voyage, mais maintenant, on n’aura plus d’excuse pour aller voir du pays.
J’ai essayé le couchsurfing.
A titre personnel, j’ai testé le système avec le site Couchsurfing.com. Deux semaines après avoir créé mon profil, je recevais en moyenne une demande d’hébergement par jour, d’Amérique du Nord principalement, mais aussi du Mexique, d’Inde, d’Espagne et du Brésil. C’est de ce dernier pays que j’ai choisi d’héberger Guilherme, un directeur artistique de 29 ans, habitant à Rio de Janeiro. Après une prise de contact facile et quelques discussions sur Instant Messenger, je l’accueille chez moi pour 3 jours. Outre mon rôle premier d’hôte, j’ai très vite dû jouer (avec plaisir) le rôle du guide touristique, car j’estime que cela fait aussi parti du service global. Je l’ai intégré à un dîner avec des amis, nous avons été dans un club de jazz, je lui ai fait une visite de Paris by night. Bref, j’ai autant profité et apprécié sa venue que lui. Et pour le double effet Kiss Cool, j’ai maintenant un appartement gratuit qui m’attends à Rio de Janeiro, avec un guide personnel en prime. Quand on sait que le prix des hôtels est multiplié au minimum par 10 au moment du Carnaval (et encore, si on trouve une chambre libre ...), c’est le genre de bon plan qu’on est content d’avoir sous la main ! ;-)
Quelques sites à consulter :
www.couchsurfing.com
www.hospitalityclub.org
www.stay4free.com
www.place2stay.net
www.globalfreeloaders.com



Le Lonelyplanet a aussi construit son succès sur l’état d’esprit communautaire et d’entraide qui anime ses lecteurs. On se passe les bons plans, partage les galères à éviter, mais surtout, on remonte des informations toutes fraîches aux auteurs du guide qui peuvent ainsi mettre à jour l’édition suivante sans avoir à se déplacer nécessairement dans le pays. Un précurseur du web 2.0 ? Oui. Cela leur assure ainsi une qualité et une fiabilité d’information qu’aucun autre guide de voyage papier n’a su produire à ce jour.

Là où ça devient vraiment impressionnant, c’est que certains membres ont à leur actif plus de 250 pays visités ! Le Gold Membership commence à partir de 200 pays et ils sont une cinquantaine de membres de ce club très fermé. Je vous laisse deviner la moyenne d’âge ! A date, seulement 9 membres du TCC ont visité tous les endroits de la liste, et ils sont plus d’une dizaine avec plus de 300 pays à leur actif. Devinez leur métier ? Ils sont tous directeurs d’agences de voyage … Forcément, ça aide !
Le plus jeune membre à avoir réalisé cet exploit est Charles Veley de San Francisco en 2003. Il avait alors 37 ans et a visité la majeure partie de la liste en 3 ans seulement. C’est un job à plein temps !

Acteur récent apparu il y a 8 mois dans le monde des sites de tourisme dit "participatif", Vinivi qui donne "L'avis des voyageurs sur les hôtels et chambres d'hôtes" semble avoir pris un bon départ. Le principe du site, dans l'air du temps, est une base de donnée d'hôtels sur laquelle les voyageurs peuvent déposer leurs avis, ou ajoutent leurs propres bons plans. J'ai déjà vu ça, et les déceptions vont à bon train en la matière.

Dans la jungle des sites de tourisme, voici un nouveau venu du genre "dans l'air du temps".
Exemple sur la destination du Brésil. Je recherche un bon plan hébergement en m'attendant à trouver quelques adresses de pousadas avec un bon rapport qualité/prix. Perdu ! La liste d'hôtels sous mes yeux (bidule Ressort, Machin Plazza, Truc Modern Comfort) et leurs photos (du genre tour de béton avec 250 chambres) laisse deviner qu'ils appartiennent à des chaînes d'hôtellerie nationales ou internationales ciblant les touristes fortunés, ou une clientèle d'affaires.
Copyright textes, photographies et design du blog Ludovic Passamonti
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