Je me lève avant Rolph et retrouve dans la salle de déjeuner les Français qui m'avaient donné le tuyau pour aller déjeuner au Lake Palace à Udaipur. Ils me disent que leur hôtel est pourri, et je leur conseil de rester ici, ce qu'ils font dans la demi-heure. Je vais ensuite à la banque, et, oh miracle, j'obtiens mon argent en 5 mn chrono ! Je rejoins Rolph qui prend son ptit dej à l'hôtel. Il y a aussi le Turc homosexuel de Pushkar, qui me demande ce qui n'allait pas l'autre nuit quand je râlais. Je lui explique que j'en avais marre de sa musique, et tout ce qu'il trouve à dire, c'est : Pourquoi t'es pas venu fumer avec moi ? C'est bon pour dormir !
Je l'envoi chier.
Nous allons visiter l'attraction majeure de Jaipur, le Hawah Mahal, le fameux Palais des Vents, qui n'est en réalité qu'une façade qui donne sur la rue moderne. Le palais derrière est sans grand intérêt. Nous partons ensuite pour l'observatoire astronomique crée par Udaï Singh. C'est un parc entouré d'une haute enceinte, rempli d'instruments astronomiques d'il y a 400 ans. Tout est en pierre, parfois aux dimensions gigantesques. Ils servaient à déterminéer la position du soleil, de la lune, des étoiles avec une précision hors du commun pour l'époque. Je suis sûr que la moitié des touristes présents n'ont pas idée e la manière dont ça fonctionne, moi même je suis un peu perdu, alors que j'ai pratiqué l'astronomie pendant quelques années. Le Turc est encore là, en train de s'extasier sur l'observatoire et hurlant: "Ca, c'est la vraie âme de l'Inde, la puissance cosmiiiique ! Pushkar, c'est de la meeeerde !" Et il part fumer un joint sous l'instrument qui sert à calculer la position de son signe astrologique, le Cancer (il me l'avait dit à Pushkar). Il est complètement frappé ...
Il n'y a rien pour déjeuner dans le coin, et je commence à fantasmer sur le Pizza Hut que j'ai aperçu hier soir. On prend un cyclo-rickshaw pour s'y rendre. Ca me fait vraiment bizzarre de voir l'indien pédaler, il a vraiment du mal, mais c'est comme ça qu'il gagne sa vie. Si tous le monde réagisait comme nous au début, il n'aurait aucun client et serait encore plus misérable.
Le Pizza Hut est un vrai de vrai, sans adaptation des recettes à l'indienne. Les pizzas coûtent toutes plus de 120 rps, une fortune ! Vue la taille des pizzas, ça nous fera aussi le repas du soir.
Nous reprennons un cyclo-rickshaw (maintenant on préfère, c'est plus typique) pour aller au pied de la montagne ou se trouve un petit fort. J'y vais plus pour admirer la ville en hauteur que pour le fort lui-même qui m' a l'air pas terrible. Sur la route qui monte en lacets, nous croisons un cortège de femmes portant des fagots de bois sur la têtes. Il y a 25-30 kilos facile, mais elles ne se plaignent pas, ne laissent transparaitre aucune douleur ou fatigue. Pendant ce temps, leurs maris ne doivent pas faire grand chose ... La condition de la femme indienne est l'une des pires au monde. Quel hasard a fait que je suis né Homme, en France ? Pourquoi pas Femme en Inde, ou en Somalie ? Question sans réponse, mais le fait de se la poser permet de relativiser beaucoup de choses sur ma condition de riche occidental. Je suis bien né, j'ai une vie formidable jusqu'à aujourd'hui, merci ... Est-ce que j'aurai encore le droit de me plaindre après mon retour ? Pas sur que ma consience me l'autorise. Mais je sais que la réalité occidentale va vite reprendre le dessus.
Nous faison un rapide tour de la muraille avant de s'installer dans l'unique bar-restaurant du fort.
Retour à pied à l'hôtel, et lorsque je prend ma douche, les filles de la chambre d'à coté sont là. Je leur parle en français, à poil dans ma douche, et elles nous invitent à venir les voir après. Avec Rolph, on se met à délirer sur la tête qu'elles peuvent avoir. Hé bin, c'est pas fameux !! La 1ère est rousse avec les dents qui rayent le parquet, et la 2ème est grosse. Il n'y a pas beaucoups de top-modèles qui voyagent en Inde, c'est un fait avéré ! Je leur montre mes photos car elles viennent juste d'arriver. Elles n'ont pas encore diné (Rolph et moi avons fini nos pizzas en discutant), et je réussi à m'esquiver de justesse pour ne pas les accompagner au restaurant. Rolph n'a pas cette chance. il revient 1 heure plus tard, mais heureux d'avoir eu sa bière.