J'ai bien fait d'aller acheter un réveil pour etre sur de me réveiller ce matin car personne n'est venu frapper a ma porte a 5h00. Je quitte ma chambre sans regrets bien que ce soit ma derniere chambre en Indonésie, pays qui fut sans nul doute LA révélation de ce voyage.
La porte de l'hotel est fermée a clé, ce qui signifie que je ne peux pas sortir, et que la francaise qui est de l'autre coté ne peut pas entrer. Elle attends dehors depuis plus d'une heure ! Je pose mon sac a dos, et essaye de trouver le propriétaire ou le gardien de nuit, mais il n'y a personne dans le hall et les parties communes, et je ne me vois pas frapper a toutes les portes pour trouver mon interlocuteur. J'ouvre la fenetre qui me permet a peine de passer, et la francaise fait de meme en sens inverse.
Je suis surpris de trouver un peu d'animation dans la rue a cette heure matinale, notamment 3 touristes, encore des francais je pense, qui discutent avec des locaux assis sur le trottoir. Je demande a un taxi stationné devant moi le prix de la course pour m'emmener a la gare d'ou partent les bus pour l'aéroport. Ce n'est pas loin, 15 minutes a pied, mais dans la nuit, je ne préfere pas prendre de risque car le quartier ne me semble pas sur. Il me sort un tarif prohibitif, je lui fais comprendre que je sias ou se trouve al gar et que ce n'est pas si loin pour justifier un tel tarif, mais il ne demord pas. Un des francais vient me voir. Il parle indonésien et se propose de négocier la course pour moi. Rien a faire, le chauffeur ne veut pas baisser son prix. Cette feignasse préfere ne pas prendre la course plutot que de perdre la face ! Je prend donc un taxi-triporteur, une sorte de mobilette a trois roues, appelée rickshaw en Inde. La course me revient a 10 000 RPH et je me fais déposer devant le bus plein qui part aussitot. Je me suis trouvé un place sur les marches a coté du chauffeur.
Le trajet dure plus d'une demi-heure sur une route déserte. Il prend surement 2 heures aux heures de pointe. L'enregistrement pour aller a Batam n'est pas encore ouvert donc je patiente en admirant les "Adam's Angels" qui défilent sous mes yeux. C'est le nom des hotesses de la compagnie Adam Air, toutes vetues en uniforme vert-orange flashy qui se compose d'une mini-jupe, d'un haut plutot tres moulant et de chaussures a talon haut. Meme en France on n'a plus ca ! Je me croirais a un défilé de mode sexy plutot que dans un pays ou l'on essaye de couvrir les femmes de la pointe des cheveux jusqu'aux orteils.
L'avion décolle avec un petit peu de retard, et bientot, la couche de pollution grisatre qui pese sur Jakarta n'est plus qu'un mauvais souvenir. Je dors la majeure partie du trajet et ne me réveille qu'avant l'atterissage. Nous sommes au dessus d'un groupe d'iles défigurées par un développement économique sauvage. Je savais que Batam était hideuse, mais pas a ce point. Je récupère mon sac a dos et j'achète directement à l'aéroport mon billet de ferry pour Singapour à un petit comptoir avant la sortie. Je fais une économie de 4 dollars singapouriens (SGD) par rapport au prix normal (16 SGD) si je l'avais acheté au port. Un taxi m'emmène au Batam Center d'ou partent les ferries pour la somme de 70 000 RPH. Impossible de négocier ici. Le paysage lors du trajet me confirme la laideur de l'endroit.
Je dépense mes derniers roupiahs au self-service. Les serveuses sont sympas car elles me donnent une assiette de Nasi Goreng en plus de ce que j'ai commandé pour ne pas avoir a me rendre la monnaie. Le passage de l'immigration est un jeu d'enfant et a 14h30, je quitte définitivement le sol d'Indonésie. En route vers Singapour, 18eme et dernier "pays" de mon voyage. Pour la premiere fois depuis que je suis parti, je repasse dans l'hémisphere Nord. Tout un symbole.

Le ferry est un bateau rapide d'une centaine de personnes, a moitié rempli. Au fur et a mesure que nous approchons de Singapour, d'immenses pétroliers, portes-containers, et autres monstres des océans apparaissent. La skyline devient de plus en plus perceptible a travers une sorte de brume permanente qui pourrait etre de la pollution. De loin, ca pourrait etre Manhattan.

La densité des navires devient impressionnante lorsque nous passons le port industriel : je n'en avais jamais autant, aussi grands.

Nous débarquons a coté d'un paquebot de croisiere, sous une chaleur assomante.

Dans un genre plus local, un bateau de croisiere pour touristes contraste avec les immenses infrastructures du port industriel.

Il ne reste plus que le passage de l'immigration. J'arrive devant l'agent des Douanes qui scanne mon passeport. Il le feuillete pour trouver une page libre ou apposer son tampon (héhéhé, ca devient difficile...), s'arrete sur celle ou se trouve en plein milieu celui de l'Antarctique, et ... NOOONNNNNN ... VLAN !!! Je n'ai pas eu le temps d'hurler. Cet abruti a foutu son tampon pourri sur mon magnifique macaron d'Antarctique alors qu'il avait 3 pages vierges juste apres !!! Je le hais ! Tres mauvais début a Singapour... Je maugré tout seul pendant 5 minutes avant de commencer a penser a la suite.
Je dois téléphoner au beau-frere singapourien de mon pote Jerome qui m'a arrangé un appartement ici. Seulement, je n'ai pas de téléphone mobile donc je dois trouver une cabine publique. Et a Singapour, ce n'est pas une chose aisée. J'en trouve une apres avoir tourné pendant 15 minutes dans le centre commercial, mais celle-ci ne prend que les cartes téléphoniques. Et bien sur, personne ne sait ou je peux acheter ca : "une quoi ? Une carte SIM tu veux dire ?" Je commense déja a détester Singapour...
Je décide de prendre un taxi pour me rendre en ville, dans un hotel recommandé dont j'ai trouvé l'adresse sur un forum : Lee Traveller's Club. Le chauffeur m'indique une allée lugubre derriere un grand batiment. C'est la, mais je ne vois rien qui minspire confiance. Je sors quand meme du taxi et demande a un boui-boui confirmation de l'adresse. Oui, c'est bien la, au 7e eme étage. J'ai l'impression d'etre dans une cage d'escalier d'un HLM d'une cité de banlieue. C'est donc comme ca a Singapour ?? J'arrive au 7eme étage et demande dans un appartement dont la porte ouverte le Lee Traveller's Club a une fille qui regarde la télévision. "C'est plus bas" qu'elle me dit. Je descend jusqu'au 4 eme, redemande mon chemin, et on me dit que c'est au 7eme. OK ... Je remonte voir la fille, et elle me dit que c'est la ! Elle se fout de ma gueule ou quoi ?!?
- Le patron est la ? Je voudrai voir une chambre simple.
- Il est parti, il revient dans 5 minutes.
- Et toi, tu peux pas m'en montrer une ?
- Non, je n'ai pas le droit.
C'est ca... dis plutot que tu préferes regarder la télévision... Je m'apercois qu'il y a un téléphone a pieces juste a l'entrée. Cool, j'appelle mon contact, mais personne ne répond donc je laisse un message. J'attend 5 minutes le retour de M. Lee, puis 10 minutes, 25 minutes passent, personne ne vient.
- Tu veux pas aller chercher ton patron pour lui dire qu'il y a un client ?
- Non, je dois rester la.
- Ok... bon, tu sais ou je peux acheter une carte téléphonique ?
- Non.
- Et un plan de Singapour, tu as ca ?
Elle cherche 30 secondes dans le bordel du bureau.
- non.
- Bon ... tu sais ou je peux en acheter une a coté ? Tu connais une librairie ou une grande surface ou je peux trouver ca ?
- Non, je ne sors jamais.
Bon sang, mais qui m'a foutu une demeurée pareille ?!?! Je lui explique que je laisse mon sac la, je vais faire un tour en ville.
Il s'est mis a pleuvoir. Je cherche un centre commercial ce qui n'est pas tres difficile a trouver ici. Malheureusement, il n'y a que des restaurant chinois dedans, des herboristeries traditionnelles, des centres de beauté, de relaxation, et au détour d'un couloir, une rangée de Massage Parlours ou les "masseuses" en mini-jupe sur le pas de la porte me font des grands sourires... Ce n'est pas ici que je vais trouver ce dont j'ai besoin. J'en ai ras le bol de Singapour !
Je laisse tomber le plan de la ville, je me mets en quete d'un Cafe Internet pour prendre une adresse d'hotel correct et me poser enfin. Ca me prend encore une demi-heure, mais j'ai trouvé un backpacker pas tres loin dans Little India qui correspond a ce que j'ai l'habitude d'avoir. De retour chez Lee, le monsieur est la. Je n'ai meme pas le temps de lui demander quoique ce soir qu'il me tend la carte de visite d'un autre hotel, ou je serai "plus a ma place" me fait-il comprendre. J'avais entendu dire que les chinois étaient un peu xénophobes sur les bords, ca se confirme.
Je prend un taxi pour ma future nouvelle adresse qui se révele tres bonne. Le quartier est super, central, et l'hotel est propre, fréquenté par d'autres voyageurs. Par contre, il n'y a que des dortoirs de 6. Jusqu'au bout, je serai un backpacker ! Je fais la connaissance d'Alexander, un écossais de 28 ans qui prend le meme avion que moi pour Londres dans 2 jours. Nous allons prendre une verre dans un bar, et nous discutons d'art pendant 2 heures car il est sculpteur. Nous allons ensuite diner dans un restaurant indien, genre fast-food qui ne paye pas de mine, mais je retrouve avec bonheur les meilleurs Nans et Raitas depuis que j'ai quitté l'Inde il y a 7 ans. Je le quitte pour aller sur Internet ou je trouve un email de mon copain Jérome qui m'explique que le numéro de téléphone que j'ai pour l'appartement n'est peut-etre plus bon. J'avais remarqué ...
Hé, si tu as une baisse de moral, chui là, tu le sais hein ?
Allez, à bientôt mon Ludo!
Babs;)