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Lundi 24 avril 2006 1 24 /04 /Avr /2006 06:10
Le réveil sonne a 4h00. Je m'habille en 1 minute et prend la route de l'hotel de Birgit sur sa mobilette qu'elle m'a prétée car c'est plus pratique pour nous rejoindre a cette heure de la journée. Malgré le plan qu'elle m'a donné et le chemin qu'elle a tracé dessus, je me perds au bout de 5 minutes et un indonésien qui passe par la me remet sur le bon chemin. J'arrive un peu en retard, mais ca devrai etre bon pour etre a Borobudur pour le lever de soleil.

Je conduis sur les 50 kilometres qui nous séparent du temple. Dans ma hate, j'ai oublié de prendre un pull et je me les gele avec juste mon t-shirt sur le dos. Nous arrivons a 5h30 et garons la mobilette et traversons a pied un immense parking remplis d'étals de souvenirs encore recouvert des baches. Quand leurs propriétaires vont arriver et que tout va etre ouvert, je n'aimerai pas traverser a nouveau le parking. Ca doit etre impossible d'en sortir sans se faire extorquer 100 000 RPH ! 

Nous attendons l'ouverture du temple a 6h00. Nous sommes les premiers, mais en 10 minutes, 6 autres personnes arrivent. Tant que ce n'est pas un bus de 100 touristes, ca me va. Quand le guichet ouvre, mauvaise surprise, l'entrée coute 100 000 RPH ! Une fortune pour l'indonésien moyen, équivalent de 15 jours de salaire. Pour moi ca va, mais je ne m'attendais a pas a ca quand meme. Et pour ce prix la, il n'y a pas de guide bien sur ...

Nous arrivons devant le temple présenté par tous les guides de voyage comme une merveille d'architecture, voire une des merveilles du monde. Je m'attend donc a un complexe grandiose, un truc qui va me mettre sur le cul. Mais ca ne se passe pas comme ca. J'ai devant moi une pyramide de pierres grises soigneusement jointes sans aucun ciment. Elle s'éleve sur 7 niveaux : les 5 premiers sont construit comme un couloir qui permet de faire le tour du carré parfait et un escalier au centre de chaque face permet de passer au niveau suivant.



Je fais le tour du rez-de-chaussée pour découvrir les bas-reliefs finement sculptés tous le long de la paroie. 5 kilometres de couloir en tout jusqu au sommet, et plus d'un millier de fresques de la vie quotidienne exprimant la notion de compassion jusqu'a l'atteinte du nirvana au-fur-et-a-mesure que l'on monte dans le temple. On appelle cela le chemin initiatique de boudha pour atteindre l'illumination.



Des boudhas, il y en a un paquet ici : 432 statues de taille humaine placées dans des alcoves tout le long de chaque parois. La plupart sont décapitées mais les corps restant en position du lotus font quand meme leur effet.



Au dessus des 4 étages, j'arrive sur une plateforme a 3 niveaux dont le centre est occupé par une grande stuppa, ces temples en forme de cloche que l'on trouve a tous les coins de rue en Inde et au Népal. La stuppa centrale est entourée de 72 autre stuppas de pierre. Elles sont creuses et ajourées, permettant de voir a travers les trous rectangulaires ou en forme de losange, les 72 derniers boudhas assis a l'intérieur.



Les premiers rayons de soleil filtrent a travers cette protection de pierre et arrivent sur les visages des boudhas, mettant en relief la sérénité de leur méditation.


Borobudur représente un travail fantastique, j'en convient, mais j'ai beau essayer de ressentir l'atmosphere du lieu, de trouver l'inspiration pour les photos, ca ne vient pas. Il me manque un truc, je ne sais pas quoi. Peut-etre qu'il faut etre boudhiste pour en apprécier pleinement la grandeur ? Peut-etre qu'il y en a trop aussi ? Cette profusion de détails dans les ornementations, cette quantité incroyable de statues identiques ... Trop d'exceptionnel tue l'exceptionnel. Heureusement qu'il n'y a presque pas de touristes et que c'est tranquille, sinon, Borobudur aurait éte LA décéption d'Indonésie. Nous y restons une heure et repartons pour Yogyakarta. Je suis pressé d'arriver pour aller me rechoucher.

Je rentre chez moi a pied depuis l'hotel de Birgit, histoire d'observer la ville qui se réveille et l'activité frénétique qui commence dans les rues. A chaque feu rouge, un alignement de mobilettes ronflantes et fumantes est pret a bondir tel un départ de course de Formule 1. Je passe sur un pont qui enjambe une riviere a l'eau saumatre mais cela n'empeche pas des indonesiens de s'y laver. Les cabanes en bois et tole qui occupent la rive sont peintes de toutes les couleurs, me rappelant le quartier de La Boca a Buenos Aires.


Des que j'arrive a mon hotel, je commande mon petit-déjeuner, prend une douche et m'endors aussitot. Je me réveille vers 14h30, mais il me faut 1 heure pour émerger et arriver a me lever. Je me rend directement au restaurant pour déjeuner, puis je vais me renseigner pour le spectacle de danse Ramayana, une danse traditionnelle qui se déroule a Prambanan, l'autre temple a voir sur Java. c'est un peu comme une comédie musicale avec 250 danseurs qui participent a la narration d'un compte traditionnel. Incontournable parait-il. Je me renseigne aussi pour aller au Plateau de Dieng, une site qui contient les plus anciens temples javanais dans un décor naturel superbe. Alors que je récupere toutes les informations, je rencontre Anton, un ami indonésiens de Birgit qui a sa propre agence de voyage. C'est lui qui peut nous organiser la navette pour le Volcan Gunung Merapi. Comme j'ai rendez-vous avec Birgit dans peu de temps, il l'appelle pour se retrouver tous ensembles autour d'une table et parler de l'organisation.

Je m'installe au meme restaurant que ce midi, et Birgit arrive 10 minutes plus tard. Nous sommes toujours partant pour aller voir le volcan de pres, et Anton peut nous organiser la navette des ce soir. Pour partager les frais, Birgit appelle 4 amis pour savoir s'ils veulent toujours se joindre a nous, et en 10 minutes, le groupe est formé. Nous allons donc a l'agence de voyage avec Anton pour confirmer la location de notre véhicule et discutons avec le guide qui est un expert des volcans car il a travaillé au centre d'observation volcanique auparavant. C'est grace a lui que nous pourrons aller si pres alors que tous le secteur est bouclé depuis plusieurs jours. Nous insistons sur le fait que nous voulons voir la lave qui coule, chose acquise d'apres Anton, mais nous avons un autre discours en face de nous. Actuellement, la lave est bloquée dans le cratere, ce qui rend le volcan si dangereux. En effet, celle-ci ne pouvant s'écouler, elle forme un bouchon qui empeche le volcan de libérer l'énorme pression qui monte petit a petit. Le risque d'éruption violente augmente donc si la situation perdure trop longtemps, ca va faire mal ...

Dans tous les cas, si nous y allons maintenant, nous ne verrons que le volcan qui fume et ressentirons peut-etre quelques vibrations. Cela n'est pas tres nouveau pour moi depuis que je suis arrivé en Indonésie, idem pour Birgit, donc elle appelle ses amis pour savoir ce qu'il veulent faire compte-tenu de cette nouvelle information. Dans l'attente de leur réponse, nous partons et allons a une autre agence de voyage pour confirmer nos billets d'avion pour Kalimantan (Bornéo). Il est 17h30 et elle est fermée. J'espere que la réservation va tenir jusqu'a demain matin.

Nous allons a l'hotel de Birgit, vu que personne ne répond pour aller ou non au volcan Merapi. Birgit est soulée, elle se plie en 4 pour organiser des sorties sympas, elle dépense de l'argent pour appeller tout le monde, et les gens s'en foute. Finalement, 2 amis lui envoi un SMS pour dire qu'ils ne viennent plus, donc nous annulons tout pour cette fois. A la place, nous allons diner avec Erika et Marlena, ses voisines de chambre, dans un restaurant local ou je me régale de brochettes de crevettes grillées dans une sauce au miel. La soirée n'est pas tres animée, je suis aussi crevé par mon réveil tres matinal donc je rentre aussitot le diner fini.
Par Ludovic - Publié dans : Indonésie
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