Samedi 8 mai 1999
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01:00
Je me réveille avec le soleil, c'est à dire vers 5h45. On reste couché jusqu'à 6h45 puis après une bonne douche chaude, on range les sacs dans la voiture et on part en balade. On pourrai très facilement partir sans payer si on le voulait.
Nous longeons la piste au fond de la gorge, qui elle même suit le cours d'une rivière presque asséché. La pastèque nous sert de petit déjeuner. Le soleil tape déjà très fort bien qu'il ne soit que 8h30. Des convois de 4x4 passent souvent car se sont les seuls véhicules à pouvoir venir ici, hormis les motos et les piétons, bien sur. Les gorges s'étendent sur plus de 18 kilomètres et la partie la pus intéressante est encore très loin alors nous rebroussons chemin. La question de payer ou pas en partant se pose car 25 DH pour dormir sur un toit, ça fait cher ! Et on part sans payer. 120 DH d'économisé ! Sur la route de Tinerhir, nous nous arrêtons à nouveau au puit pour faire le plein d'eau. En face, une maison en construction sert de tour d'observation pour les ouvriers. Udy leur demande du thé à la menthe et nous nous retrouvons à partager leur couscous à 11h00 à peine ! Assis sur un parpaing, je pioche dans le plat collectif en silence, puis dans la rigolade. Notre gène les amuses. Je comprend rien à ce qu'ils disent mais nous leur avons fait un grand honneur en acceptant leur invitation à partager leur repas. Nous repartons simplement en souriant et en les remerciant. Pas de dirhams à donner pour une fois !
Direction Errachidia à 110 kilomètres ou se trouve la Source Bleu de Meskin. " un lac naturel grandiose " d'après le Lonely Planet. Udy n'a qu'une envie, c'est de piquer une tête dedans. En fait, il attend ça depuis hier tellement il fait chaud. La route est cette fois assez large pour 2 véhicules. Dehors, c'est le désert absolu sous un soleil de plomb. Le thermomètre de la voiture indique 42.5 degrés. Même en roulant les fenêtres grandes ouvertes, on se croirait dans un sèche-cheveux géant. Errachidia est une grande ville au pied de l'Atlas. Les premiers contreforts de la montagne sont sculptés comme les parois du Grand Canyon. Nous nous arrêtons pour faire quelques provisions :une galette pain, un melon et une dizaine d'oranges. Il n'y a pas un grand choix dans le souk car à 13h45, la plupart des étals sont déjà fermés.
Nous repartons donc vers la source à 20 kilomètres d'ici. Un panneau indique le chemin et après plusieurs aller retour sur la route , nous nous retrouvons au sommet d'une grande excavation naturelle de plusieurs kilomètres de long, mais pas de traces d'un lac. Le camping " Les Sources Bleus " est installé au fond dans la palmeraie, indiquant qu'on touche au but, alors on y va. Aussitôt stationné, un homme vient nous voir et nous demande 5 DH pour le parking. On refuse de payer car ce n'est pas indiqué dans le guide et surtout, nous n'avons pas encore vu le lac. Après un tour du camping, le seul points d'eau du coin est un petit canal de 1.5 mètres de large aboutissant à la piscine du camping. Pas de traces du lac ! Nous repartons donc super déçus, après avoir envoyer chier le gars du parking qui nous dit que nous somme pas correct car nous sommes resté 10 minutes sans payer ! Nous prenons une piste plus loins vers la palmeraie mais toujours pas d'eau. Toutes les personnes auxquelles nous nous adressons nous renvoient sur le camping. J'ai du mal à croire que Lonely Planet ai pu donner un renseignement aussi bidon. Entre un lac et un canal bétonné, la différence est trop énorme. Après 2 heures de recherche en vain, nous décidons d'aller au barrage au nord de la ville qui est censé avoir constitué un lac artificiel. Lui, il est bien là. Il faut quitter la route pour y accéder. Une camionnette nous double et quand nous arrivons au bord, la camionnette est là, les deux roues avant plantées dans la vase. Ce sont 4 espagnols pas très malins et nous les aidons à se désembourber. Ils sont aussi venu se rafraîchir dans le lac. Ils se mettent à poil en 10 secondes tout les quatre et vont faire trempette. J'hallucine ! Ce sont 4 homos qui en plus font du nudisme ! S'ils se font chopper, ça va chauffer pour eux ! Moi, je met mon maillot de bain (Udy aussi) et vais nager un peu à l'écart des espagnols pendant une vingtaine de minutes. La soleil commence à se coucher et la température descend rapidement. Les espagnols s'installent pour la nuit, toujours les fesses à l'air. Nous repartons chercher de l'essence avant de nous diriger vers les Gorges du Ziz ou nous allons essayer de trouver un coin sympa pour dîner puis dormir.
La nuit tombe mais la silhouette des montagnes environnante lasse deviner un décor grandiose. Demain matin, ce sera la surprise. Nous nous arrêtons dans un village à 10 Km de Rich. Il n'y pas de restaurant mais une sorte de bar d'étape pour les routiers et les bus de voyageurs. Nous prenons chacun une assiette de légume avec de la viande et quelques frites. Ils n'y a pas de couvert alors c'est à la bonne franquette, avec les doigts. On se lâche. C'est cool parfois de pouvoir boire et manger comme un porc. Un gars comprenant que nous n'avons nulle part pour dormir nous propose des chambres à 15 DH mais nous refusons. On a prévu de dormir dans la voiture.
Plus tard, Aziz, un jeune berbère nous propose de dormir chez lui. Comme ça, sans contrepartie. On commence donc à discuter avec lui pour voir ses intentions et on accepte. Il habite à 100 mètres, dans une grande maison en terre, du moins à l'extérieur. Dedans, il fait bon, les murs sont en brique peinte. Nous posons nos sacs dans une grande pièce rectangulaire, remplie de coussins, avec grand tapis rouge, qui sert pour les réunions de famille. C'est là que nous allons dormir. Nous allons ensuite dans le salon ou se trouve la mère d'Aziz, son frère, sa femme et leur bébé. Le seul meuble de la pièce est une télévision mais il a une parabole qui lui permet de recevoir beaucoup de chaînes étrangères, du Moyen-Orient principalement. Il dérange sa mère pour qu'elle nous laisse la place, ce qui me met mal à l'aise. On est vraiment traité comme des rois. Nous repassons ensuite dans la grande salle pour y manger. Aziz apporte une table basse, du pain, une bouillie de légume, des gâteaux et du thé. C'est le genre d'expérience que je voulais vivre ici malgré ma méfiance naturelle vis à vis des gens trop hospitalier. On parle des relations entre marocains et algériens (ils ne s'aiment pas du tout). Ils adorent les français, les espagnols et les italiens. C'est assez étonnant sachant que la France à colonisé la Maroc par la force. on parle de football (Aziz est un fan et connaît tout les joueurs de l'équipe de France par coeur) et du comportement sur le terrain. Il est super content que la France ait gagné la coupe du monde. Si elle avait joué contre le Maroc, il aurait trouvé ça normal de la laisser gagner car rien que l'honneur de jouer contre elle lui suffit. Même en finale ! Les marocains ont un sens de l'hospitalité et de l'honneur qui me dépasse. On parle ensuite du mariage, de son travail de cultivateur, des gens qu'il a déjà hébergé. Ca dure jusqu'à tard dans la nuit.
Vous avez dit