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Vendredi 7 mai 1999 5 07 /05 /Mai /1999 00:00
La nuit a été un peu fraîche mais dès que les premiers rayons de soleil apparaissent, le T-shirt redevient de circonstance. Je prend le volant. C'est un vrai délice de conduire dans ce paysage désertique. J'achète un paquet de Prince Lu pour mon petit déjeuner et en route pour les Gorges du Dadès. Il faut retraverser Ouarzazate. Sur la route, c'est assez dangereux. A plusieurs carrefours les voitures passent malgré le feu rouge. Moi, quand je m'arrête, je me fait klaxonner ! La chaussée est très étroite, juste de quoi laisser passer 2 voitures. Quand un camion arrive en face, ça se complique ! La plupart du temps, je ralenti pour déborder de la route sinon, c'est la collision. Eux, ils passent à fond en nous frôlant. En fait, j'ai l'impression que c'est une sorte de jeu : Celui qui dévie le moins de sa trajectoire à gagné ! Quand je ne cède pas, la voiture d?en face dévie au dernier moment. Ils sont vraiment cons !

Nous nous arrêtons pour aller voir la casbah Ben Moro. C'est 10 DH pour voir l'intérieur mais ça me semble nul alors nous n'y allons pas. Par contre, à 200 mètres dans la palmeraie émerge une autre casbah beaucoup plus impressionnante. Nous en prenons la direction et un jeune nous aborde en nous proposant de nous montrer le chemin. On n'est pas débile ! On sait faire 200 mètres entre des arbres sans se perdre ! On refuse poliment mais le gamin nous suit puis nous précède en nous disant ce qu'il y autours de nous : des palmiers donc, des fleurs de grenadine et des plantation de blé. Udy essaye de lui faire comprendre en arabe qu'on a pas d'argent, ni besoin de lui, mais il continue à nous suivre. Je m énerve et lui dit de se casser. Rien à faire. Alors on continue sans faire attention à lui. La casbah est, comme souvent, de l'autre coté d'une rivière asséché mais elle est fermé au public. Une photo pour la forme et demi-tour. Le gosse est toujours là mais avec un copain en plus. Nous montons dans la voiture et il se décide enfin à venir nous taper de l'argent. Il s'accroche à la fenêtre ouverte mais je démarre et m'en vais.

La ville suivante est spécialisée dans la fabrication d'eau de rose. C'est assez étonnant de trouver ce genre de fleur dans le désert. Je ne m'y attendais vraiment pas. On s'arrête en ville pour aller au marché ou Udy achète une pastèque pour 4 DH et moi 5 oranges absolument délicieuses pour 2 DH. J'appelle chez moi et on se ballade dans les ruelles avant de repartir pour le village suivant. C'est Boulmane du Dadès, juste à l'entrée des gorges. Les habitation sont à flanc de colline comme la majorité des villages du coin mais ici, c'est très étendu, rectiligne. On s'arrête au restaurant Adrar pour le déjeuner. Udy obtient la tagine pour 50 DH au lieu de 70. Je le laisse toujours négocier car il connaît 4-5 trucs en arabe et avec son look méditerranéen, ça passe tout seul. Il est incroyable ! Il peut pas s'empêcher de tchatcher avec tout les gens qu'il croise. On se retrouve donc à table avec Ali, étudiant marocain en gestion, qui donne des cours de langue arabe à Udy qui veut tout savoir sur la signification de son nom en arabe. Ça dure 1 heure alors qu'on est plutôt pressé. Je m'énerve un peu mais il a tellement l'air de s'éclater que je laisse faire sans (presque) rien dire. Udy reprend le volant pour me permettre de faire des photos sur la route. Ça monte au fur et à mesure dans une vallée rouge avec des villages perchés sur les flanc et des palmeraies en bas. La chaussé disparaît et cède la place à une piste de cailloux qui ne permet pas d'aller plus vite que 20 km/h. Parfois, la roue passe à 15 cm du précipice.Tout le long, de curieuse formations rocheuses côtoient des canyons vertigineux, un paysage lunaire désertique. Lorsque l'on croise un camion, c'est la galère. Comme il descend, il a la priorité sur nous. Nous devons alors repartir en marche arrière jusqu'au dernier tournant afin de nous mettre dans un coin et le laisser passer. Au bout de 20 km, la piste devient moins cahoteuse, la vallée se stabilise, puis s'élargit. Nous débouchons dans un hameau sans vie, bien que quelques voitures soient garés devant les maisons indiquant la présence des propriétaires. Au delà, ça semble moins interessant, alors nous rebroussons le chemin.Un garçon s'accroche au rétroviseur en demandant un stylo puis des dirhams. Nous ne lui prêtons pas attention, Udy démarre et on s'éloigne afin de pouvoir faire le changement de conducteur tranquillement. On s'arrête au bout de 500 mètres de montée et le gamin qui nous voit sortir de la voiture se remet à cavaler pour nous rattraper. Putain ! Il est tenace ! Comme je pense que tout effort mérite une récompense, je l'attend avant de démarrer lui donne de l'argent. Plus loin, on prend une femme en stop. Elle semble très âgée et ne parle ni français, ni anglais. Son visage bronzé et ridé, ses yeux profondément enfoncés dans leurs orbites traduisent toute la dureté de son existence. Au bout d'un moment, elle ma fait signe de m'arrêter et elle part en nous remerciant plusieurs fois d'un « Chakran ». La prochaine étape est la ville d'Imerhir. La route, toujours en ligne droite, se trouve en plein milieu d'une vallée large de plusieurs kilomètres qui me rappelle celle de la Death Valley, puis nous bifurquons vers les Gorges du Todra. En chemin, je vais remplir les bouteilles dans un puit. Plusieurs jeunes filles y sont déjà et semblent étonnée de me voir là. Quand Udy me rejoint, elles croient qu'il est marocain. Je leur demande si je peux les prendre en photo mais elles refusent car c'est interdit jusqu'à leur mariage. Dommage. Une gigantesque palmeraie précède l'entrée des gorges, ainsi qu'un guide qui nous arrête et nous demande 5 DH pour nous laisser entrer. Ce n'est pas mentionné dans mon Lonely Planet mais son uniforme et son badge officiel semblent assez crédible, alors on paye. Pour accéder à l'entrée, il faut traverser une rivière qui inonde un tronçon de route sur 10 mètres. Udy fonce alors que je n'ai pas fermé ma fenêtre et je me retrouve tout mouillé ainsi qu'une bonne partie de l'intérieur de la voiture. Des touristes à pied nous informent qu'ils n'ont pas payé pour entrer, ni le bus derrière eux. On s'est fait baiser ! Je suis énervé. Demi tour, "re-a-fond-dans-l'eau" mais le gars s'est volatilisé. Les autres personnes ne sont pas trop coopératives pour nous permettre de le retrouver alors on laisse tomber. Retour dans la gorge. C'est spectaculaire. Deux immenses parois verticales s'élèvent devant nous et à ses pieds, un hôtel qui va nous servir d'abri pour la nuit. Le Toit est à 25 DH (après une longue négociation) et la tajine à 70 DH (mais la viande est délicieuse, alors ...). Je veux prendre une douche avant d'aller me coucher mais le générateur s'éteint et il n'y a plus de lumière. Je vais donc me coucher tout sale. Je garde le yeux ouverts quelques instants : le ciel est d'une pureté absolue et les étoiles sont si nombreuses que je m'y perd.
Par Ludovic - Publié dans : Maroc 1999
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Ludovic


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