Dimanche 2 avril 2006
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Avant de quitter Ruteng, Kennedy nous emmene a un point de vue qui permet de se rendre-compte que Flores n'est pratiquement qu'une immense riziere qui fournit la principale occupation et source de revenu pour la majorité des habitants de l'ile. Pas une colline n'a pas éte sculpté de terrasses a riz.
Le chemin traverse un cimetiere chrétien dont les tombes en piteux état sont éparpillées dans la végétation rampante. Les rares sépultures entretenues sont décorées de carreaux de mosaique dans le style salle de bain, ce qui confere a l'ensemble un drole d'aspect pour un cimetiere. Les noms gravés sur les tombes sont étonnants aussi : je m'attendais a lire des noms et prénoms a consonnance indonésienne, et au lieu de ca, je lis des Hubertus, Petrus, Patrizia. Des restes de la colonisation hollandaise j'imagine.
Nous restons dans les environs de Ruteng ou Kennedy nous emmene voir un village traditionnel. Il y a un droit d'entrée a payer (5000 RPH), et le village ne s'avere pas passionant par rapport a ce que je m'attendais en imaginant un village traditionnel. C'est un simple regroupement de quelques maisons en bois autours d'une petite place circulaire et pavée.
Par contre, les habitants, eux, sont au rendez-vous. Toujours souriants sont les visages de ces enfant adorables, fiere est celui des personnes agées imposants le respect. Je ne fais quasiment que des photos de portraits ici.
J'achete des galettes de mai souflées au supermarché du coin (comprenez "la cabane en ruine qui vend de la lessive, du dentrifrice, de l'eau, des cigarettes et des sucreries".) et nous repartons pour Ruteng afin d'aller faire un rapide tour au marché local.
Le marché se compose d'une vingtaine d'étals abrités. On y trouve des légumes et autres fruits tropicaux, un peu de viande, mais guere plus. Le marché est quasiment vide, jusqu'a ce que nous arrivions. En 5 minutes, une dizaine de mobilettes s'est garée et les gens, surtout des jeunes, nous regardent un peu comme des extra-terrestres.
Nous quittons définitivement Ruteng pour prendre la direction de Bajawa, le centre touristique de Flores en raison des nombreux villages traditionnels existant aux alentours. La route s'enfonce dans la montagne, dominant les inévitables rizieres en terrasses. Les couleurs sont fabuleuses, presques eblouissantes.
Nous faisons un arret rapide pour apercevoir un lac depuis un promontoir, puis la route redescent ves la cote traversant a nouveau les rizieres. Nous nous arretons devant des maisons ayant des murs avec un beau tressage pour prendre des photos, et aussitot tous le monde sort et commence a taper la discussion. Une maman tiens un bébé qui rigole tous le temps, avec une bouille terrible. Et quand elle se met a sourire aussi, le portrait de famille est simplement fabuleux.
L'arret suivant est effectué a une fabrique artisanale d'arak, un alcool a base de lait de coco. Quand je dis "fabrique artisanale", la encore, il faut comprendre un abris au toit de paille ou une distillerie rudimentaire a été installée. Le lait de coco est bouilli dans une sorte de poele duquelle s'échappe un long tube de bambou. A l'extrémité a été placée une bouteille en plastique qui recueille un liquide jaune transparent coulant au compte-goutte. Birgit achete une petite bouteille pour faire gouter a ses amis de Yogyakarta.
Nous arrivons enfin a Bajawa peu apres. Nous allons a l'Hotel Edelweiss, un endroit propre recommandé dans le Lonely Planet. La chambre double coute 65 000 RPH. Ici encore, j'ai sous-estimé l'éloignement de la civilisation auquel j'aurais a faire face. Je m'attendais a pouvoir utiliser Internet pour metre a jour le blog mais il n'y a nulle part de connexion qui fonctionne. Je me demande meme s'il y en a eu un jour ... Et contrairement a ce qu'on nous avait dit, il n'est toujours pas possible de réserver un billet d'avion pour revenir a Bali car il n'y a pas de bureau Merpati ici. Pas plus que de distributeur automatique d'argent d'ailleurs. Birgit comptait la-dessus aussi mais faute de ne pouvoir utiliser sa CB nulle part, je lui avance de l'argent. Heureusement que pour ca, j'avais prévu tres large !
Nous sommes arrivées tot a Bajawa, il nous reste du temps avant la tombée de la nuit et nous demandons a Kennedy si nous pouvons aller voir un village traditionel maintenant. Il nous emmene a celui de Wogo, a une vingtaine de kilometres de Bajawa. Quand j'apercois les maisons, je me dis "enfin ce que je voulais voir !". Le village se compose de 2 longues rangées de maisons en bois, surélevées sur des pilotis. Le toit élevé est fait en paille et a la forme d'une sorte de hotte, ce qui donne a la maison une forme vraiment inhabituelle par rapport a celles que j'ai vu jusqu'a maintenant.
Au centre de la grande place rectangulaire qui s'est transformée en une marre de boue, des petites huttes sont alignées. Les bas-reliefs sur le bois indiquent que ce sont des huttes cérémoniales, mais personne ne peut m'en expliquer l'usage exact. A priori, les jeunes doivent dormir dedans seuls pendant 6 mois a une occasion particuliere.
Je visite les maisons une par une, toujours accueillit par leurs occupants avec un grand sourire. Une famille, avec laquelle se trouvent déja Eric et Marie, m'invite a entrer pour faire le tour du propriétaire. Il faut sombre a l'intérieur. Je vais dans la piece exigüe qui fait office de cuisine, ou une femme prépare une soupe sur un feu de bois. La chambre occupe le plus grand espace et est accessible par un petit escalier qui permet de rentrer dans une sorte de cabane surélevée a l'intérieur de la maison elle-meme. Tout le pourtour est sculpté et montre tout de suite l'importance que revet cette piece. Ca a l'air tres confortable a l'intérieur mais je n'ose pas m'y aventurer car je n'y ai pas éte invité par le maitre des lieux qui tient son dernier née dans ses bras.
Je continue de me promener parmi les maisons en photographiant tous les gens qui se tiennent immobiles sur leur pas de porte, observant la vie du village, jouant avec les enfants.
La nuit tombe rapidement et nous rentrons a Bajawa apres avoir passé 1 heure a Wogo. Je vais diner avec Birgit seulement au restaurant Camelia (le plus "coté" de la ville) car j'ai envie de bien manger, alors qu'Eric et Marie préferent aller dans un boui-boui local. Non pas que l'on mange mal la-bas, mais je commence a saturer du poisson-riz-curry.
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