Le départ pour traverser l'ile de Lombok et rejoindre le port du bateau qui va m'emmener a Flores est a 9h00 devant le bureau de la Compagnie Perama. Je rejoins Eric et Marie dans le lobby de l'hotel pour prendre mon petit-déjeuner avec eux. Ils ont besoin d'aller sur Internet régler des petits soucis de banque avant de partir, donc je reste a l'hotel pour prévenir la Perama afin qu'ils ne partent pas sans eux.
Quand j'arrive a l'agence juste a coté, 5 minutes avant l'heure, un mini-bus est déja la, avec les autres voyageurs a l'intérieur. Ils embarquent mon sac et je vais voir si mes amis francais arrivent afin de leur faire signe de se dépecher. Marie apparait au loin 10 minutes plus tard, elle fonce a l'hotel, mais leurs sacs ne sont pas prets donc nous perdons encore un peu de temps. Je l'aide a transporter le sac d'Eric, qui arrive 5 minutes plus tard. Je sens qu'on est déja catalogué comme "les francais toujours en retard"...
Nous sommes donc 7 a partir pour Flores en bateau : Birgitte (26 ans, allemande), Peter (25 ans, anglais), Kuntz et Angelica (un couple d'allemands retraités), et nous, les 3 francais. Nous sommes le nombre minimum pour que la croisiere ne soit pas annulé, j'ai eu chaud ! Nous revenons a Mataram au bureau principal de la Perama pour recevoir un cadeau : un t-shirt souvenir aux couleurs de la Perama. Tout le monde fait alors connaissance, puis nous partons pour un centre commercial afin de faire des provisions de nourriture ou autre pour ceux qui veulent. Je n'ai besoin de rien donc je vais rapidement sur internet, je m'achete des frites au Mc Donalds car j'ai un peu faim puis je reviens au bus.
Nous partons définitivement cette fois sur les routes de Lombok qui sont bien encombrées ce matin. Ici aussi, les hindous fetent Nyepi et plusieurs corteges portant leur démon défilent dans la rue a grand coup de tambour et autres bruits de casserole, en perturbant la circulation.
Des que nous quittons la ville, la campagne verdoyante avec ses rizieres et sa végétation tropicale nous fait revenir au silence. Au loin, la silouhette du cone parfait de l'immense volcan Gunung Rinjani se découpe dans la brume et son sommet disparait dans les nuages. Le ciel est couvert et ca ne semble pas s'améliorer.
A la demande de tous, nous faisons un arret sur le bords de la route pour acheter des Serpantans sur les nombreux étals, un fruit tropical délicieux qui ressemble et se mange comme les lichees. Le guide a compris que nous avions faim, donc il fait faire un nouvel arret devant un boui-boui pour acheter un met local, une boule de riz avec de la mangue et de la banane dedans, enroulée dans une feuille de palmier, et cuit a la vapeur pendant 6 heures. Ca fait une sorte de friandise tres bonne, c'est assez bourratif. Au bout de 3 seulement, je suis plein.
A 11h00, nous arrivons a un village réputé pour sa poterie traditionnelle. Les magasin d'artisanats vantent tous leur "qualité export". Nous passons dans les coulisses en suivant un petit chemin qui s'enfonce dans les rizieres et arrivons a un groupe de bungalows ou se trouvent les femmes qui font les poteries. Le guide nous explique qu'elles détiennent un savoir-faire ancestral qu'elles ne transmettent qu'entres femmes. Accroupies par terre a l'ombre du seuil de leurs maisons, elles modelent un vulgaire montincule de terre gluante en un vase a la symétrie parfaite, en moins d'une heure.
Des centaines de poteries sechent tout autours de nous, puis elles sont polies a la main avec des écorces de noix de coco.
Une fois de plus, elles sont souriantes et acceptent volontier de se faire prendre en photo. Certaines, les plus jeunes, sont meme plutot joueuses et m'interpellent en riant pour que je m'interesse a elle. Tania me laisse polir ses cendriers, et s'amuse de se voir en image sur l'écran de mon appareil photo. Quel bonheur de rencontrer des gens aussi souriants et amicaux !
Nous restons dans ce village quasiment une heure, et repartons pour un autre village ou une autre surprise nous attend. Nous sommes accueillit comme des diplomates en visite officielle. Pour cette cérémonie, un roi et une reine doivent etre désignés : je me dévoue, et Marie fait la reine. Deux jeunes filles habillées en noir nous attendent a l'entrée de la ruelle qui traverse le village. Elles nous souahitent la bienvenue en nous mettant un colier de fleurs oranges et jaunes autours du cou, et nous commencons la lente ascencion de la rue derriere elle, salués par des dizaines de curieux. Il y a beaucoup d'enfants, tres excités bien sur, car ils ne voient pas souvent des étrangers comme nous. En quelques minutes, il y a plus d'une centaine de personnes qui nous suivent, et s'agglutinent autours de la cours ou on nous fait assoir.
Un thé nous est offert et notre guide nous explique la suite du programme tout en nous remerciant encore d'etre venue visiter Lombok. Un orchestre traditionel s'est réunit, et une cacophonie incroyable commence. Quand un indonésien se met a chanter dans un microphone relié a un petit amplificateur portable, c'est la totale !
Deux danseuses vetues de costumes traditionnels font leur apparition au milieu de la cours. Elles esquissent de rapides mouvements des poignets et du cou tout en avancant avec précaution. Elles se rapprochent petit a petit en alternant sur les pointes des pieds et sur les talons, tout en nous fixant du regard, et affichant un visage a l'expression immuable. La danse terminée, l'orchestre entame un nouvelle cacophonie.
Notre guide interrompt a nouveau la cérémonie et nous explique qu'un combat va suivre. Deux jeunes hommes entre dans la cours avec un baton et un bouclier en peau de chevre. Ils executent un rituel pour désigner les combattants du jour. Chacun touche quelqu'un de la pointe du baton jusqu'a ce qu'ils parviennent a un accord mutuel sur le choix des combattant. Les heureux élus revettent alors un sarang noir, et se concentrent. L'arbitre invite a parier sur le vainqueur en déposant un billet par terre. Une autre personne rajoute de l'argent, et j'en met a mon tour, si bien que lorsque le combat commence, il y a une petite montagne de billets a mes pieds. Tout ira au vainqueur. Les batons claquent avec une rapidité impressionante sur les boucliers. Parfois, ca dérape et les combattants sont touché directement. Le 1er combat se termine lorsque l'un des homme tombe a terre. Deux autres manches suivent et un trophée, rempli pas les billets des parieurs, est remis au vainqueur. Il enfourne l'argent en vrac dans sa ceinture-turban et leve fierement la coupe.
Une nouvelle danse reprend mais cette fois, ca se complique pour nous : la danseuse vient nous chercher chacun notre tour en donnant un coup d'éventail sur le genou. Le couple de retraités allemands commence, ils sont raides comme des pics, puis c'est au tour de Birgit qui se débrouille beaucoup mieux, mais dans un style plutot occidental. Et bien sur, ca tombe sur moi ! J'ai bien observé les mouvements saccadés de la danseuse donc j'arrive a l'imiter de maniere pas trop ridicule, et j'arrive a décrocher des "Hooo !" et des "Haaaa !" de la part de l'assemblée qui vraissemblablement ne s'attendait pas a ca. Je donne de l'argent a la danseuse et je retourne m'assoir. Cool, j'ai fait mon show ! :-)
La cérémonie se termine, et je reprend la direction du mini-bus, en saluant les gens comme le fait Chirac lors du défilé du 14 juillet. Les enfant préferent qu'on leur tape dans la main. Nous sommes vraiment chanceux car la visite de ce village sur le trajet du port est organisée depuis 3 mois seulement et les gens considerent encore la venue des touristes comme un événement. Dans 1 an, il y a fort a parier que l'accueil aura changé, et que la logique marchande aura pris le pas la curiosité naturelle des gens.
Nous arrivons au port de Labuan Lombok a 15h00, a l'office de la Perama. Les maisons sont construites sur pilotis.
Nous avons a nouveau droit a une collation et un thé, pendant qu'un indonésien nous explique son occupation. Il travaille sur une petite ile au large, et s'occupe de replanter le corail dévasté par les pecheurs locaux qui pratiquaient, il y a encore peu de temps, la peche a la dynamite. Il nous explique aussi comment la Perama utilise l'argent généré par le tourisme pour soutenir des projets locaux, et aider au développement économique de la région tout en sensibilisant les gens aux problemes écologiques. Je suis épaté qu'une société commerciale ai une telle politique sociale et environnementale.
Nous traversons le village a pied pour rejoindre le port d'embarquement, et nous nous arretons quelques minutes aupres d'un charpentier qui construit un bateau de plusieurs metres de long a la main. Le guide nous explique les différentes étapes de la construction et les matériaux utilisés. La curiosité des villageois est toujours au rendez-vous, et ils se rassemblent a quelques metres de nous, parfois plus loin, n'osant pas s'approcher trop. J'apercois enfin notre bateau. Il n'est pas tres grand, la taille d'un bateau de peche classique, et j'imagine mal 30 personnes la-dessus lorsqu'il est complet. Ca fera l'affaire pour nous. Je découvre ma cabine, spartiate et rustique a souhait. C'est une couchette suspendue avec un deuxieme matelat en dessous a meme le sol, et juste la place de passer pour fermer la porte coulissante derriere soi. Heureusement, il y a plus d'espace sur les ponts inférieurs et supérieurs pour se dégourir les jambes. A peine avons nous embarqué que le bateau part déja pour notre prochaine destination, une minuscule ile a 30 minutes d'ici. Le temps ne s'est pas amélioré, mais cela ne m'empeche pas de profiter du charme de cette croisiere rustique.
Nous débarquons en canot a moteur sur un petit paradis. L'ile fait a peine 500 metres de large sur 300 metres de long. Des arbres fruitiers ont été plantés et des cabanes ont été construites pour accueillir des gens en permanence. Le garde qui vit ici a pour principal travail la replantation de coraux. Je ne savais pas que c'était possible. Il va chercher du corail vivant de l'autre coté de l'ile, puis il l'attache a des tutueurs lestés. Ca ressemble a des petits arbres de Noel qu'il dispose ensuite au fond de l'eau. Je vais faire un peu de snorkeling pour voir ce que ca donne, et le résultat est surprenant. Il y a un fort courant qui est vite fatiguant et, plus embetant, l'eau est infestée de petites meduses qui a chaque contact avec ma peau me balancent une décharge électrique. Ca ne m'empeche pas de nager, mais ce n'est pas tres agréable. Je revients sur la plage pour préparer mon arbre de corail et je pars le déposer au fond de l'eau en 2 minutes.
La nuit tombe et l'équipage a préparé pour le diner un thon au barbecue. Le repas est excellent, et la soirée continue sur l'ile jusqu'a 21h00 en les écoutant chanter. De retour sur la bateau, nous allons nous installer sur le pont pour profiter un peu de l'air frais et discuter tranquillement. Les étoiles commencent a apparaitre, j'espere que la météo va s'arranger pour demain. La nuit sur le bateau s'annonce peu reposante car le moteur qui va tourner toute la nuit fait un sacré vacarme, et ma cabine sent l'huile. Peter va dormir sur le pont supérieur a la belle étoile, donc je lui passe un matelas de ma cabine, et je vais me coucher en espérant que mes boules Quies vont m'aider a m'endormir vite.
Vous avez dit