J'ai décidé de louer un vélo pour aller voir les sites manquants a mon palmares, puis de retourner a Rano Raraku, la carriere de fabrication des Moais. La location du vélo tout-terrain coute 7000 pesos pour la journée. Je passe ensuite a la banque changer 100 euros car je suis a sec et je dois encore payer 2 nuits dans ma guesthouse, et peut-etre la plongée sous-marine de demain.
Je vais sur Internet mettre en ligne a toute allure les 2 premier articles sur l'Ile de Paques, je passe au supermarché Kai Nene acheter du thon et du pain, puis je repasse a la guesthouse car j'ai oublié de prendre la mayonnaise pour les sandwiches. A 11h00, je suis enfin pret pour la journée.
La route longe l'immense piste d'aterrisage, puis je bifurque sur un chemin de terre qui mene jusqu'aux falaises de la cote. Le 1er Ahu que j'atteints, Hanga Poukura, fait face a la mer, et se compose de 3 moais a terre, face au sol et a moitie ensevelis. Le mur de l'autel est compose de grosses pierres qui s'imbriquent parfaitement entre elles, a la manieres des murs Incas du cote de Cusco (Perou). Cette architecture particuliere a d'ailleurs laisse penser que les Pascuans etaient originaires du Perou, mais cette theorie a vite ete dementie.
L'Ahu suivant se trouve sur le site Vaihu. Les restes de la révolte des Pascuans au 17eme siecle sont encore la bien visibles : 8 grands Moais sont alignés par terre, et leurs Pukaos sont dispersés un peu plus loin dans les herbes hautes.



La route, légerement vallonnée, continue de suivre la cote en serpentant dans un paysage de prairies sauvages, dont les bords déchiquetés sont éclaboussés par de grosses vagues. Des cones volcaniques plus ou moins grands sont toujours visibles a l'horizon, et de nombreux chevaux en liberté galopent a tout va de part et d'autre de la route. Cette ile est un vrai paradis pour eux. 
J'arrive a l'Ahu Anga Tetenga, ou se trouve un immense Moai, seul, brisé en 4 morceaux. Apparament, il se serait cassé au moment de sa mise en place sur l'ahu.
A 13h30, j'arrive enfin a la carriere des Moais. Il fait un soleil de plomb et je commence a transpirer séverement. Je dois résister pour ne pas boire toute ma bouteille d'eau d'un coup. Je laisse mon vélo a l'entrée du site, ou a peine une dizaine de touristes déambulent entre les Moais. Je refais quelques photos, histoire d'etre sur de n´avoir rien raté, puis je me dirige vers les bords du cratere, que j'escalade jusqu'au sommet. 

Voila, je suis seul, je peux enfin m'installer pour déjeuner ! Par contre, il n'y a pas un seul coin d'ombre, et je suis obligé de me réfugier sous un promontoire pour avoir juste les épaules protégées du soleil. Je remets aussi les jambes de mon pantalons pour ne pas me bruler les mollets qui sont deja tout rouges. Je profite pleinement du panaorama fabuleux devant et derriere moi pendant 1 heure, puis je redescents en m'assurant que je n'ai rien oublié de voir.
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Mon vélo est toujours la, et je me dirige vers le site de Tongariki avant de revenir sur Hanga Roa. Encore vide ! J'ai presque l'impression d'etre seul sur cette ile ! Ha non, un groupe de 6 filles arrive. Ca va ... je me sens mieux. J'ai deja fait une dizaine de photos ici avec Yannis, mais je ne peux pas m'empecher d'en prendre d'autres.

A 16h00, je dis adieu aux 15 Moais impertubables qui fixent l'horizon de leurs yeux vides, et me revoila sur la route. Je suis presser d'etre arrivé car j'ai fini ma bouteille d'eau, et je dégouline de sueur. J'ai remis mon t-shirt pour ne pas etre rouge comme une écrevisse ce soir, et je pédale a fond dans les pentes pour me faire du vent (et pour remonter plus vite aussi). A 5 kilometres de la ville, une pente m'acheve : je descend du velo pour la terminer, mais heureusement, une bonne descente m'attend ensuite jusqu'a la ville.
Aussitot arrive, je fonce prendre une douche froide, et je me detend dans ma chambre. Je bois 1 litre d'eau sans m'arreter, et dans les heures qui suivent, j'ai bien du en boire encore 3-4 litres. Il etaient temps que je rentre. Je vais rendre le vélo, je passe au centre de plongee réserver ma place dans le bateau pour demain matin, je fais des photos de l'église dont les motifs polynésiens sont superbement eclairés par le soleil sur le déclin, puis je me dirige vers le village Tahai, tel un rituel de fin de journée, pour admirer le coucher de soleil. Les répétitions de la grande fete qui aura lieu dans quelques semaines continuent et les villageois qui affluent ici tous les soirs concourrent a l'ambiance particuliere du lieu. 


J'en suis a mon 4eme coucher de soleil en 4 jours, mais je ne m'en lasse toujours pas de cette merveille de la nature, aussi simple soit-elle. Par contre, il y a un monde dingue ce soir, au point qu'il faut presque se battre pour avoir la bonne place, avec le bon angle, pour prendre la photo qui tue. Heureusement, j'ai un peu plus de pratique qu'eux ici, et je peux faire ce que je veux. D'ailleurs quelques photographes me regardent, dubitatifs, en se demandant ce que je peux bien faire comme bonne photo en étant a l'écart ? S'il voyaient ... dommage pour eux ! ;-)
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