Difficile de s'endormir dans un bus qui fait un bruit de tracteur, bringuebalant toute la nuit sur une route non goudronnée. A l'intérieur, ce n'est pas tres propre, voire ca sent la pisse au fond pres des toilettes. Et nous n'avons aucun repas a bord. A 315 pesos le trajet, soit 90 euros, quasiment le prix du billet d'avion, c'est purement et simplement du vol. Quand en plus le conducteur et son remplacant, se mettent a fumer pendant le trajet, je suis a 2 doigts de peter un plomb. TAQSA Bus, je m'en souviendrai ....
Heureusement, un superbe lever de soleil me distrait pendant pres d'une heure, le temps de me calmer. Je comate jusqu' a 10h00, heure a laquelle nous nous arretons dans un bar-hotel perdu au milieu de nulle part, abrité dans un tournant de la route derriere une petite rangée de peupliers qui ont poussés de travers a cause du vent. Le comptoir, en formica bleu delavé, me renvoi directement 40 ans en arriere. Ici le temps (et le progres) ne passe pas vite, c'est sur ... Je prend un café au lait déguelasse, cherche une prise en vain pour recharger mon ordinateur portable , puis je me ballade un peu avant de repartir. Le chauffeur se rallume une cigarette, et je me permet de lui faire remarquer que c'est interdit dans le bus. Manifestement, a la vue de sa réaction tardive, je le fait chier, mais il a tellement une tete a claque que je ne vais pas le lacher comme ca.
La route continue toujours dans ce paysage monotone de plaines désertiques. A 14h30, nous atteignons enfin Perito Moreno, la ville (a ne pas confondre avec le Glacier qui est 500 km plus au Sud), ou le bus nous depose devant un restaurant type cuisine familialle. Ca ne m'inspire pas tellement, ca sent la vieille friture, j'ai l'impression de manger dans le salon d'un appartement des annees 50 a la décoration de mauvais gout. Je regarde ce que je pourrai trouver de mieux aux alentours, mais il n'y a rien.
Tous le bus s'y installe, et je commande une soupe de cresson avec un steak-frite. Immonde ...Nous faisons la connaissance de Elga, une allemande en vacance avec laquelle Itay n'arrete pas de parler depuis qu'il s'est réveillé. Seul point positif, je peux recharger mon ordinateur a la place de la prise de la TV qui trone fierement sur son meuble recouvert de napperons fait main. La pause dure 1 heure. Nous repartons, et faisons un arret au bout de 40 minutes pour Chile Chico, une ville frontaliere avec le Chili, et une heure plus tard, nous voici de retour au Terminal de bus de Perito Moreno : C'est quoi ce bordel. ??? En fait, le bus fait un detour, mais la compagnie s'est bien garder de nous le dire. La route devient enfin goudronnée, au grand soulagement de mon pauvre dos qui commencait a vraiment le sentir passer.
La route reste montone tous le reste de la journee et je profite de ce temps libre pour ecrire tous les articles en retard. Le coucher de soleil arrive, magnifique comme d'habitude, et je veux prendre des photos a travers la vitre. Je vais donc au premier rang ou les sieges sont libres, juste a cote du second chauffeur qui somnolle. J'ouvre le rideau, et voila qu'il la ramene en me disant que je le dérange avec la lumiere du soleil (presque couché ...) , car il a besoin de dormir. C'est la sécurité des pasagers qui est en jeu , etc ... Je l'envoi chier en lui disant qu'il me dérange aussi, ainsi que tous les passagers, quand il fume, et que c'est interdit , en collant mon doigt sur l'autocollant "Interdit de fumer dans le bus". Il grommele et se rendort.
Le bus fait un nouvel arret pour le diner a 23h30 dans un restaurant de routiers ou de nombreux autres bus se sont deja arretés. il n'y a pas a dire, nous avons vraiment le plus pourri d'entre tous, de tres loin. Il se vend ici une delicieuse tarte aux épinard, et je m'en enfile 3 parts avant de retourner a mon siege et essayer de dormir.
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