Jeudi 29 décembre 2005
4
29
/12
/Déc
/2005
09:00
Le lever de soleil se termine vers 5h30. Christophe et moi retournons à l'hôtel. Le rendez-vous pour prendre le bus pour Punta Arenas étant à 7h30, je me dis que ça ne vaut pas le coup d'aller me coucher pour 2 heures, le réveil va être trop difficile. Christophe va dormir et je reste donc éveillé en me faisant un café puis en allant sur Internet. A 7h00, je monte préparer mon sac et dire au revoir à mes amis. Amichai vient avec moi car il prend le même bus, et va suivre le même parcours que moi pour les 15 prochains jours. Nous allons donc voyager ensemble. Audrey nous accompagne au bus. Je la sens un peu triste de nous voir partir l'un après l'autre après les 10 jours géniaux que nous avons passé tous les quatre en Antarctique. Nous retrouvons dans le bus un hollandais qui était avec nous sur le bateau mais avec lequel je n'ai jamais discuté.
Le paysage à la sortie d'Ushuaïa à l'air très beau, mais la fatigue refait surface et je m'endors en quelques minutes. De temps en temps, j'ouvre les yeux pour voir ou nous sommes.
Bientôt, nous arrivons dans une région de plaine herbeuse longeant la côte, balayée par le vent. Me voilà dans la Terre de Feu comme je l'imaginais, une terre sauvage, désertique, où la vie est rude. A midi, le bus arrive à San Sebastian, hameau frontière avec le Chili : devant nous une piste jusqu'à l'horizon, derrière nous la même chose.
Les formalités prennent une bonne demi-heure puis nous repartons dans un no-mans-land, pendant 5 minutes avant d'arriver au poste frontière chilien. Je me suis fait une petite frayeur à la douane argentine, car j'ai oublié de me débarrasser des feuilles de coca que j'avais acheté en Bolivie contre le mal des montagnes, et lorsque le chauffeur du bus appelle mon nom en revenant du bureau de l'immigration, j'ai cru que j'étais cuit. Mais non, je suis juste le premier sur la liste à passer à la douane, et tout le bus à suivi.
Arrivé au Chili, j'ai droit à un nouveau tampon et une fouille de mon petit sac à dos pour voir si je ne transporte pas de denrées alimentaires dont l'importation est interdite au Chili. Puis nous avons une demi-heure pour déjeuner dans le motel-bar juste à côté.
Un couple d'allemands qui stationnait pour déjeuner, se fait défoncer la portière par un pick-up dont le conducteur, un paysan chilien, a reculé sans faire attention derrière lui. Malgré le bruit du choc, il ne s'est pas arrêté et s'apprêtait a s'enfuir. Mes l'allemand s'est mis devant son pasqage juste à temps. Le gars ne s'excuse pas, et ne veut pas sortir de sa voiture dont la portière est fermée. L'allemand ne parle pas un mot d'espagnol, donc je vais voir le paysan pour lui dire d'arrêter son moteur et d'attendre que l'allemand aille chercher un policier qui est à 50 mètres. Dès qu'il arrive, il va se garer dans le poste de police et mon bus repart dans la foulée.
Le paysage ne varie pas beaucoup si ce n'est qu'il y a un peu plus d'habitations le long de la route. Ce sont ces maisons en bois avec leur toit en tôle typique de la région. Elles sont souvent peintes avec des couleurs pastels, ce qui leur donne un caractère joyeux contrastant avec les mornes plaines venteuses de la région.
Nous mettons 2 heures pour atteindre le mythique détroit de Magellan que nous traversons sur une barge. Il n'y a pas de port, juste la route qui descend vers l'eau et un panneau planté devant un champs miné qui souhaite la bienvenue au Chili. Original... La traversée dure 15 minutes au cours de laquelle je discute avec un français qui a pris une année sabbatique avec sa copine.
De retour sur la terre ferme, il faut à nouveau 2 heures pour arriver à Punta Arenas sur une bonne route qui longe le détroit.
Le bus arrive à 19h00. Des représentants d'hôtels et pensions familiales nous attendent pour essayer de nous convaincre de venir chez eux. Il n'y a plus de bus pour aller directement à Puerto Natales à cette heure, donc nous devons passer la nuit ici. N'ayant pas fixé d'endroit précis avec Amichai pour dormir, nous nous laissons tenter par une pension à proximité du centre dont le lit en dortoir coûte 3000 pesos chiliens (5 euros). La maison est confortable, la cuisine bien équipé nous incite a l'utiliser ce soir plutôt que d'aller au restaurant. Nous allons retirer de l'argent en ville dans le seul distributeur automatique qui se trouve dans un supermarché, nous achetons nos places de bus pour demain 9h00 (4000 pesos). Il ne nous reste plus qu'à faire les courses et à nous régaler d'un poulet au curry que je prépare.
D'habitude je n'apprécie pas vraiment les jeunes israéliens que je rencontre en voyage : ils se croient tout permis, agissent souvent par intérêt envers les autres touristes (ils viennent toujours me voir pour faire graver un cd-rom gratuitement sur mon ordinateur portable car ils veulent économiser 1 euro ...), la politesse n'est pas leur tasse de thé non plus, mais Amichay est vraiment différent et n'a pas cette mentalité que je n'aime pas. C'est un gars cool, et j'apprécie beaucoup sa compagnie.
Vous avez dit