Lundi 19 décembre 2005
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Je me réveille vers 8h00. Ca va bien au début, mais le temps de prendre une douche et le roulis me fait déjà sentir mal. Je prend un nouveau cachet et vais immédiatement dehors pour prendre l'air. Ca fait du bien, mais il commence a faire vraiment froid.
Je rentre et vais dans la salle du petit-déjeuner. J'ai juste le temps de commander un chocolat et je sens qu'il faut que je sorte à nouveau car le mal de mer empire. Dans la salle, un touriste qui a l'air mal en point aussi se lève, sûrement pour prendre l'air, et revient 30 secondes plus tard en courant, la main sur sa bouche et les joues à deux doigts d'exploser ... Juste le temps d'arriver à l'évier de la cuisine ! Au moins je ne serai pas le premier a vomir, si ça m'arrive.
Les effets du cachet commencent a se faire sentir au bout d'une heure et je m'allonge dans les canapés du salon principal pour dormir. Il y a 2 conférences ce matin sur les mamifères et les oiseaux d'Antarctique mais je me sens incapable de lutter contre le sommeil pour y assister. Ca fait un peu chier, mais bon ... Je retrouve au déjeuner Stéphane, et Audrey qui n'a pas dormi de la nuit. Elle aussi a le mal de mer alors que moi ça va beaucoup mieux. Nous avons un bon repas (poulet au curry avec pommes de terre vapeur), que tout le monde n'est pas en mesure d'apprécier car la salle est à moitié vide.
Après le déjeuner, je vais faire petit tour au frais. La mer est d'un bleu comme je l'ai rarement vu : un bleu marine pur et translucide qui donne la chair de poule rien qu'en le regardant.
Je m'installe dans la salle de lecture pour écrire mais j'ai encore les paupières lourdes. Je fini par craquer et je m'allonge à nouveau. Je somnole jusqu'à 17h00, puis je commence à émerger. Je regarde à travers le hublot, et je ne vois rien d'autre que la mer jusqu'à l'horizon, et ce ciel gris. N'ayant rien à faire, j'en profite pour faire du tri sur mon ordinateur parmi les photos et les textes du blog.
Je rejoins un rassemblement dehors sur le pont arrière. Les gens photographient des albatros qui suivent le bateau en rasant les vagues. Ils n'utilise que les vents pour planer, pas un mouvement d'aile pendant 5 minutes pour certain.
Le haut-parleur annonce un film dans la salle de conférence, que je vais voir, mais à la moitié, il faut aller dîner, puis nous retournons dans la salle de conférence ou un autre film est projeté. C'est un documentaire sur Shackleton, un aventurier anglais qui a tenté d'atteindre le Pôle Sud pendant la première guerre mondiale. Son voilier a été broyé par la banquise, et il a miraculeusement réussit à rejoindre les îles de Georgie du Sud dans une barque avec 4 de ses co-équipiers. Il est ensuite revenu 4 mois plus tard pour sauver le reste de son équipage qui attendait sur une île à la pointe de la Péninsule Antarctique. Une histoire de dingue.
A la fin du film, je vais voir la cabine de pilotage d'où il y le meilleur point d'observation. La salle est vaste et rempli d'instruments de navigation. J'ai repéré les radars, et je demande à l'officier de m'expliquer comment ça marche. Il me fait une petite démonstration des réglages, et au bout de 5 minutes, je suis capable de comprendre les informations qu'il affiche. Puis nous allons voir la carte de navigation pour repérer notre position. Nous ne sommes qu'à mi-chemin dans le Passage de Drake ... encore une longue journée de bateau qui nous attend demain.
Je passe une partie de la soirée à discuter avec Audrey, puis à minuit, je vais me coucher. Le tangage du bateau augmente de plus en plus, si bien que vers 1H00, je peux entendre des vagues (surement énormes) s'éclater contre la coque dans un bruit d'enclume. Les premières fois, j'ai presque cru que nous avions heurté un iceberg. Tout le bateau émet maintenant des bruits de pièces métalliques qui s'entrechoquent quelque part dans la cale. Impossible de s'endormir avec ce raffut.
Vous avez dit