Vendredi 9 décembre 2005
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La journée d'hier à Colonia d'où je suis rentré à 23h00 m'a fatigué au point que j'ai la flemme de me lever ce matin. Mais je me force. Je dois passer à un hôtel du coté de la Plaza San Martin déposer un cd-rom de photographies pour l'un des gars qui était avec moi en Bolivie dans le sud Lipez et Le Salar de Uyuni. Il m'a donné un contact dans l'hôtel, mais quand le réceptionniste commence a chercher dans son ordinateur, il ne trouve rien, et il ne veut prendre aucun colis pour quelqu'un qui n'est pas client de l'hôtel. Du temps perdu. Je repars avec le cd-rom en poche, et je vais lui envoyer un email plus tard pour le prévenir.
Je dois encore repasser à la banque retirer mes 1000 pesos d'avance en prévision de la Patagonie où je sais que les distributeurs automatiques ne vont pas courir les rues. Ute passe à la Lufthansa confirmer son vol de retour, et nous pouvons partir pour le quartier de Palermo que nous avons décider de visiter. Palermo est divisé en plusieurs zones :
- Palermo Viejo au nord, qui est une zone plutôt résidentielle, mais qui accueille les bars et discothèques les plus branchés de la capitale, et est de ce fait le haut-lieu de la nuit argentine.
- Palermo Chico, tout au sud, du côté de Recoleta, qui est un pâté de tours de haut standing ou les richissimes familles de Buenos Aires habitent.
- Palermo Bajo, au centre, qui est plutôt un ensemble d'espaces verts, poumon de la ville, avec notamment le Jardin Botanique.
Nous traversons ce dernier, qui est agréable avec ses bassins, ses "très charmantes" statues italiennes, et sa serre à cactus. C'est un endroit de repos apprécié des "cols blancs" à la pause du déjeuner, aussi bien que des amoureux. Malheureusement, la météo tourne à la pluie, et il nous faut laisser tomber la tournée des parcs rapidement.
Il nous reste la traditionnelle option "Musée" dans ce cas là. Ca tombe bien, celui consacré à Eva Peron est juste à côté. Mais pourquoi la femme du Président est-elle plus célèbre que le Président lui-même ? Si elle a eu les plus grandes funérailles en terme de mobilisation du peuple de l'histoire de l'Argentine, c'est qu'il doit y avoir une bonne raison. Comme je dois avouer un manque de connaissance sur le personnage et le véritable culte qui lui est dédié en Argentine, le Musée est donc l'occasion de remettre les pendules à l'heure.
1 heure plus tard, j'ai tout compris : une ambition dévorante dès son plus jeunes âge, une ascension fulgurante en tant qu'actrice (il faut dire qu'elle a quand même couché avec la moitié des producteurs de la radio et du cinéma argentin ...), la rencontre avec le Général Juan Perron qui est élu Président quelques années plus tard grâce sa participation plus qu'active dans la campagne électorale, puis elle fait mettre en place le droit de vote pour les femmes en Argentine, fait réformer les instances sociales pour les rendre plus efficaces et accessibles aux pauvres, lancé de nombreux programmes d'aide sociale, on dit que c'est elle en fait qui gouvernait réellement le pays, et finalement, elle meurt d'un cancer à l'âge de 33 ans. Bref, tout pour faire une saga hollywoodienne digne de ce nom. Elle a préfiguré ce que devait être une femme de Président moderne, comme l'ont été plus tard sur son modèle Jacky Kennedy ou Hillary Clinton.
Le temps ne s'est pas tellement amélioré à la sortie du musée, donc nous rentrons tranquillement à l'hôtel en nous perdant un peu dans les rues de Palermo.
A propos de l'hôtel, pour ceux qui cherche un bon plan logement à Buenos Aire dans le quartier de San Telmo, mon hôtel devrait en faire halluciner quelques uns. C'est un backpacker retapé par un designer, avec tout le confort et les services de ce type d'établissement. Tout est moderne-design, ultra fonctionnel, cuisine équipée à disposition, terrasse avec barbecue possible, Internet gratuit, bibliothèque bien fournie, personnel ultra sympa, espace de vie commun super agréable, bar-restaurant avec concert relié à l'hôtel, un personnel très sympathique, et des prix dans le bas de la fourchette pour les chambres/dortoirs. Ci-dessous la vue depuis ma chambre au dernier étage.
Hôtel Ostinato Buenos Aires
Avenida Chile, à l'angle avec l'Avenida Chacabuco.