Dimanche 27 novembre 2005

Nous nous levons à 5h00 pour foncer dans le Salar et y contempler le lever de soleil. Le 4X4 avance tant qu'il peut jusqu'à ce que les premier rayons de soleil apparaissent. Nous nous arrêtons au milieu de nulle part. Devant moi, derrière moi, des kilomètres de sel à perte de vue commencent à rougir. Je marche droit devant pour m'éloigner le plus possible de la voiture et du groupe. Moment magique, sensation extraordinaire que de se sentir perdu dans cette immensité immaculée.



Mais le froid, et la faim me rappelle à la raison car nous n'avons rien mangé avant de partir. Nous reprenons la route pour l'Isla Inca Huasi, une véritable île au milieu de cette mer de sel. Tous les groupes y font un arrêt pour le petit-déjeuner. L'île est recouverte de milliers de cactus, dont certains âgés de plus de 1200 ans font jusqu'à 12 mètres de haut.

Je cavale au sommet pour avoir la vue panoramique. Le soleil, maintenant bien haut dans le ciel, se reflète dans les cristaux de sel et transforme le Salar de Uyuni en une mer de lumière éblouissante. Je redescend de l'autre côté de l'île jusqu'au sel pour voir les curieuses formes dessinées par les plaques de sels. Elles s'entrechoquent en se dilatant à cause de l'amplitude thermique entre le jour et la nuit.



Je reviens tranquillement à la voiture où les autres ont commencé leur petit déjeuner. Ils rient en regardant 2 israéliennes au loin qui font des photos dans toutes les positions, dont les fameuses photos truquées grâce à des effets de perspective. Je vais les rejoindre pour voir ce que ça donne, et je retrouve par hasard Shira et son amie, avec laquelle j'avais discuté brièvement à Rurrenabaque avant de partir dans la jungle. Nous faisons quelques essais ensembles. Le résultat est plutôt concluant : voici ma nouvelle compagne de voyage, pas encombrante, et affectueuse ! ;-)

Je retourne prendre mon petit-déjeuner, et je montre les photos aux autres. Du coup, ils veulent en faire aussi. Nous allons donc tous ensembles au milieu du Salar, et faisons toute sorte de poses : Ludo dans une louche, Ludo dans un verre, Ludo qui plonge dans un verre depuis le sommet d'une bouteille de Vodka, tous le groupe (les israéliennes nous ont rejoint) dans ma sacoche d'appareil photo, Ludo suspendu au doigt de Shira ...  Bref, tout est permis avec un peu d'imagination. Nous manquons juste d'ustensiles.

A 9h00, nous reprenons la route, et nous arrêtons 15 minutes plus tard en plein Salar. Nous sommes à coté d'un trou rempli d'eau, et Cesar nous explique la formation du Salar, ainsi que sa structure. En fait, la couche de sel fait une dizaine de centimètres seulement. En dessous, se trouve une eau qui cristalline qui produit le sel en s'évaporant. Cette eau circule dans tout le Salar grâce un réseau de canaux souterrains.



Nous repartons et atteignons l'Hôtel de Sel dont la visite coûte une consommation au bar, ou l'utilisation des toilettes contre 5 bols, ou contre le paiement cash de 10 bolivianos. Personne n'est vraiment intéressé par cette visite. Je jette un coup d'oeil par la fenêtre. Tous les meubles sont fait de sel, ainsi que quelques éléments de décoration. Original, mais rien d'exceptionnel.

La traversée du Salar de Uyuni se termine à Colchani, village qui vit de l'extraction de sel. Le sol est creusé à la pioche, puis le sel est rassemble en petits tas qui sèchent au soleil. Un camion vient alors le récupérer et un deuxième sechage a lieu, sur un feu cette fois. Le sel est réduit en poudre, puis acheminé dans toute la Bolivie. La majeure partie est destinée à l'alimentation des animaux. Pour la consommation humaine, il faut encore le traiter.





Nous déjeunons ensemble pour la dernière fois. Le groupe reste à Uyuni pour aller sur Potosi, et je vais redescendre seul avec Cesar et Tina à Tupiza.

Uyuni est un vrai trou perdu. La ville n'a aucun intérêt. Ce n'est qu'une ville-étape pour les touristes qui réservent un tour organisé dans la région. Je suis bien content de ne pas y rester. Je dis au revoir aux amis, et me voilà sur la route du retour à Tupiza. Celle-ci est tout aussi fabuleuse que celle des jours précédents. Après avoir longé des petites dunes de sable à la sortie d'uyuni, nous nous enfonçons dans le lit d'une rivière aux couleurs surnaturelles. Le lit encaissé longe des parois riches en minéraux de toutes les couleurs. Quelques kilomètres avant d'arriver à Atosha, principale ville minière de la région, nous longeons un curieux cimetière à flanc de montagne, au ras du chemin de fer. Une procession à lieu pour le décès de quelqu'un.



Après Atosha, la piste monte et nous arrivons dans un paysage montagneux. Ca monte, ça descend, pendant 3 heures en longeant des lits de rivières asséchés. Cesar mâche de la coca pour la première fois depuis que nous sommes partis. Il doit commencer à fatiguer avec les heures de conduite qu'il enchaîne depuis 4 jours.

Vers 17h00, nous arrivons dans la vallée du Rio Tupiza, et le festival des couleurs et des formations rocheuses continue. On se croirait en plein far west, dans un film d'Ennio Moricone. Jusqu'au bout, la route aura été splendide.





Je me fais déposer à l'hôtel Mitru, je vais à l'agence payer le solde du circuit, et je prend une chambre confortable pour 40 bols. Je m'achète une pizza à emporter que je mange dans la chambre et je vais me coucher. Fin de 4 jours épuisants, mais qui auront été parmi les plus beaux depuis le début de mon Tour du Monde.

par Ludovic publié dans : Bolivie
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