Flux RSS

  • Flux RSS des articles
Samedi 23 janvier 1999 6 23 /01 /1999 00:00
Dès 4h00 du matin, l'activité dans la ville repart et le brouhahaincessant des indiens aussi. Il est 5h30. Merde ! Le bus est à 6h00 etje vais perdre du temps pour le trouver. Je fonce à l'accueil pourréserverune nuit supplémentaire et file dehors à la recherche d'un rickshaw.J'en trouve un qui met 10 minutes pour démarrer. La chance continue....Nous arrivons à temps à la gare et le bus part quelques minutesplus tard. Il faut d'abord aller à Dhar et changer de bus pour Mandu.D'après le Lonely Planet, le trajet dure 3 heures au total. La route,la piste plus exactement, est en mauvais état. Heureusement que je n'aipas pris de petit déjeuner sinon, je le vomissais au bout de 5 kilomètres.Le paysage est plutôt désertique, avec un petit air de savane africaine.De temps en temps, des usines gigantesques émergent à l'horizon,parfois appartenant à des grandes marques japonaises, anglaises, américainesou françaises. Nous roulons depuis 1h30 et toujours pas de Dhar en vue.Je me demande si j'ai pris le bon bus. Le gars à coté de moi m'assureque oui à plusieurs reprises car il y va aussi. Nous arrivons après2h45 de trajet. Le bus pour Mandu est garé de l'autre coté de laplace principale et part au bout d'un quart d'heure. J'arrive enfin à Mandu1 heure plus tard.

Je loue un vélo pour 30 rps la journée et en route pour la forteresseet ses temples disséminés sur plus de 10 kilomètres. Çafait du bien de pédaler, surtout au soleil ou il fait largement 25 degrés.Il y a plein de gens sur la route portant des sacs ou des vases sur la tête.Je passe dans des bourg ou sont regroupés 4 ou 5 huttes de terre. C'estaffolant de se dire que des gens passe leur vie la dedans. Le premier templeapparaît. : la pierre est rouge, presque noire à cause de la poussière.L'influence musulmane dans l'architecture est évidente. Je passe vite.Le deuxième monument est un joli palais dont la vue depuis le sommet estpas mal. Je m'installe sous l'une des coupoles pour manger mes bananes et mespommes quand une famille indienne arrive. Ils sont 8 et visitent aussi les ruines.Un des petits enfants s'approche et me regarde (à son âge, je suissûrement le premier blanc qu'il voit), puis regarde la pomme que j'épluchealors je lui en donne un morceau. Ses parents arrivent et nous discutons. Ilsveulent faire une photo pour moi puis je les prends tous ensemble. J'espèrequ'elle sera réussi car les femmes ont des saris et des bijoux superbes.Puis, ils veulent mon adresse et mon numéro de téléphone.Je me demande bien à quoi ça va leur servie car je les voient malm'écrire une lettre ou me passer un coup de fil, encore moins débarquerchez moi ! avant de partir, un des hommes m'offre ses lunettes de soleil. Çatombe bien car je devais justement m'en acheter. Je repars pour le plais de Rupmati(du nom de la princesse qui y habitait), tout en haut du plateau qui surplombeune immense plaine. La haut, la vue est magnifique. J'adore ce genre de panorama.Je repars vers le village et dévie en chemin pour aller voir un monastèrequi se trouve au bord d'un ravin. Les gens enlèvent leurs chaussures poury entrer, je fais donc de même. Il y a un moine drapé dans une togeorange qui lit au soleil et qui m'autorise à faire des photos. C'est unendroit très paisible qui contraste avec le tumulte de mon environnementdepuis 2 jours et où je serai bien resté une heure de plus. Maisje dois prendre le bus avant 17h00 alors je me dépêche malgré lesautres choses à voir.

Je rend le vélo et me ballade 5 minutes à pied en attendant lebus qui est déjà là et que je n'ai pas vu. Quand je me rendcompte que c'est le mien, il est déjà archi plein au point quela porte arrière ne se ferme plus. Je force à l'arrièreet arrive à me caser sur une marche à l'arrière. Un gars à coté d'unevoiture m'appelle. Je ne sais pas ce qu'il me veut mais je vais voir car j'aipeut-être perdu quelque chose ou un truc dans le genre. En fait, il veutseulement me proposer de prendre son taxi pour 200 rps jusqu'à Indore.Ce con m'a fait descendre pour ça ? Je ne réfléchi mêmepas car le bus est sur le point de partir. Je remonte sur le marche-pied illico-presto,tant bien que mal. 5 indiens arrivent. Ils ne vont pas faire çatout de même?
Si ... ils montent. Même le RER pendant une grèveaux heures de pointe , c'est de la rigolade à coté de ça.Une heure à tenir en équilibre sur une jambe, avec des bras etdes coudes dans la figure. Ma situation me fait rigoler intérieurementcar ce que je suis en train de vivre est absolument fantastique. Je me dis aussique j'ai enfin passé une bonne journée, sans arnaque, sans galère,sans ... le bus s'arrête au milieu de la route. J'ai parlé tropvite. Les hommes descendent et les femmes restent à l'intérieur.J'en profite pour aller prendre l'air et me renseigner sur cet arrêt imprévumais je crains le pire, comme un pneu crevé par exemple. J'inspecte les4 roues et il n'y a rien. Quel est le problème alors ? « No diesel! ». Une panne sèche en plein milieu de la campagne. Cette fois,j'ai raté mon train. Je ne m'énerve même pas car il n'y arien d'autre à faire que d'attendre un dépannage. Un autre busarrive au bout de 20 minutes et nous passe de l'essence. Dès que j'arrive à Indore,je fonce à l'endroit ou j'ai vu le guide touristique hier afin de prendreun ticket pour le bus dont il m?a parlé. Personne. J'attend. Toujourspersonne. Je vais donc me renseigner à la gare et il semblerai qu'il yai des bus demain matin à partir de 5h00 si j'ai bien compris. J'espèreque je serai dans l'un d'entre eux.
Par Ludovic Passamonti - Publié dans : Inde 1999
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Vendredi 22 janvier 1999 5 22 /01 /1999 00:00
C'est l'anniversaire de mon frère. 18 ans et je ne suis pas là poury assister. J'espère qu'il va faire une fête digne de cette occasion et que les parents ne le feront pas trop chier pour ça. Je regrette de pas être avec lui, mais là ou je suis, c'est pas mal non plus. Je vais tenter de lui ramener le plus gros cadeau (au niveau de la taille) qu'il n'ai jamais eu : un sitar.

Il est 10h00 et le train arrive dans 1h30 à Indore. Le ventilateur est cassé sur le bouton "on" et a fonctionné toute la nuit dans un bruit stressant. A chaque arrêt, des vendeurs de nourritures et de boissons ont traversé les rames en plein milieu de la nuit en hurlant sur leur passage « Tchaï ! Tchaï ! » ce qui veut dire « thé ». J'ai goûté à quelques trucs assez épicés surles conseil de mon voisin. J'ai quand même réussi à dormirun peu malgré le bordel ambiant et mes 40 cm² d'espace vital. Les indiens sympathiques sont descendus et d'autres les ont remplacés. En fait, malgré les nombreux arrêts successifs, le train n'a jamais désemplit. Nous arrivons enfin à midi et je n'ai même pas pu admirer le paysage de tout le trajet à cause de la hauteur de ma couchettepar rapport à la fenêtre, je n'ai pas pu m'allonger non plus. Mais ce fut quand même une bonne expérience à vivre.

Je sors de la gare, heureux de pouvoir enfin me dégourdir les jambes. Les taxis de Bombay ont laissé la place aux rickshaws, sorte de scooter à 3 roues avec deux places abritées à l'arrière. C'est plus petit, plus maniable, et donc plus dangereux qu'un taxi. Ils ralentissent à peine pour se faufiler dans des trou de souris dans la circulation routière ou piétonne. Je regarde les panneaux des magasins qui entourent la gare et là, je comprend que je ne suis pas sorti de la galère. Il n'y a pas un seul mot d'anglais nulle part. Même les chiffres sont en indienet donc incompréhensible pour moi. La peur commence à me prendre au ventre. Je fais vite ce dont pourquoi je suis venu et je pars dès que je peux.

Je trouve vite un hôtel à 140 rps, ce qui change des tarifs de Bombay.En plus, la chambre est beaucoup mieux. Je mange, rapidement aussi car il n'ya pas grand chose pour se restaurer dans ce bled. J'appelle ensuite en Francepour rassurer mes parents. Je galère un peu avec l'indicatif mais ças'arrange. Enfin, je dois trouver un bus pour demain matin afin d'aller visiterMandu et sa forteresse, unique raison de ma présence ici. Je vais d'abord à lagare routière mais comme prévu, je ne comprend rien à cequi est écrit, alors je demande. Ça se complique : je sais pas ou ils ont appris à parler anglais ici, mais c'est absolument incompréhensible.Et pas un touriste dans les environs pour m'aider ... Ce que j'ai compris, c'est qu'il n'y pas de bus direct pour Mandu, mais une compagnie privée en organisent. Une fois à leur bureau, ils ne trouvent rien d'autre à me direque d'aller à la gare car eux, ils n'organisent rien. Mais j'en viens,bordel ! Bon, je verrai ça après. Passons au billet de train pourAhmedabad, pour demain soir. Je cherche pendant une heure le bureau de réservation qui n'est pas au même endroit que la gare (logique ...), je le trouve, je rempli plein de confiance le formulaire, je me pointe au guichet et le gars me dit qu'il n'y a plus de places avant ... 1 mois. Zen ... surtout rester zen. Je demande un autre train et le tarif du billet s'élève à 732 rps au lieu d'à peine 180 rps pour l'autre. Le cauchemar continue. Je m'énerve un peu car je ne comprend rien à ce que raconte le gars du guichet qui ne fait vraiment aucun effort. J'ai envie de l'insulter de tous les noms. Un jeune indien essaye de m'aider, mais rien n'y fait. Et par dessus le marché, on me demande 10 rps de frais d'annulation du billet. Trop, c'est trop, je m'en vais.

Je veux rentrer chez moi. J'ai peur d'avoir mis la barre trop haute cette fois,mais c'est trop tard. Et puis merde ! J'ai tout fait pour sortir de l'armée en rêvant de partir en Inde, j'ai réussi et voilà que je veux rentrer chez moi maintenant. Hors de question. Je vais me battre jusqu'au bout comme je l'ai toujours fait et on verra bien.

Je vais à la gare pour faire une pause et me calmer car on ne fait rien de bien dans la confusion. Je m'assois sur un escalier, j'ouvre mon guide, je récapitule la situation, lève la tête et ... oh joie ! 2 touristes européens se sont assis à quelques mètres. Je fonce les voir. Ce sont 2 polonais qui voyagent depuis 2 mois. Nous discutons de mes déboires et ils m'expliquent le fonctionnement des trains indiens: ils sont toujours pleins (merci, j'avais remarqué) alors nous sommes mis en liste d'attente, mais ça ne veut pas dire qu'on ne peut pas monter dedans. Voila donc l'astuce ! La deuxième, (je l'avais trouvé tout seul) consiste à payer un bakchich à un titi-man (j'appelais ça un « réserveur »). Je discute encore un peu avec eux puis repars, presque joyeux, reprendre un ticket. Il y a de la place, ça prend 5 minutes et 182 rps. Il y a des trucs qui m'échappent des fois ... Il ne me reste plus qu'à trouver le bus pour Mandu. J'apprend que des départs ont lieu tous les matins à 5h00, 6h00 et 7h00 et des retours à 17h00, 18h00 et 19h00. Cette fois, c'est dans la poche.

Je repars visiter la ville le coeur léger. Un magnifique minaret apparaît au dessus des toits des maisons (ou du bidonville), assez proche. Je vais donc à sa recherche. Je passe un pont qui surplombe une rivère boueuse presque asséchée. Sur les rives, des enfants en guenilles jouent avec des cochons noirs de crasse qui sont en liberté. La route se transforme en chemin de terre puis s'enfonce dans le bidonville. La rue se transforme en ruelles qui crées un vrai labyrinthe dans les maisons de tôle. Ça devient un peu coupe-gorge mais je continue l'air de rien. Au détour d'une baraque des enfants m'interpellent. Je n'ose pas les ignorer, craignant leur réaction alors je vais les voir. Ils rigolent en me voyant, comme d'habitude, et un attroupement se crée autours de moi. Ils veulent me faire jouer au cricket. J'y connais rien mais j'essaye quand même et je rate 2 fois la balle. J'arrête et je m'en vais poliment. Ou est la sortie ? A un croisement, un vieux borgne me fait signe de ne pas continuer dans ma direction et m'indique un chemin à droite. Au bout de quelques mètres, j'aperçois le pont. Sauvé ! Quelque chose me dit qu'il m'a évité une grosse embrouille, voire pire, car j'avais une drôle d'impression.

Je retourne au centre ville pour aller dîner. Un homme vient me voir. Il est guide touristique et veut me montrer quelque chose. Il sort un carnet, plutôt une veille brochure de 30 pages sur Mandu, et me montre de adresses de gens qu'il a aidé depuis plusieurs années.. il y a pas mal de français, des irlandais, des anglais, des australiens, etc ... Il me demande ce que je compte faire dans les prochains jours et me prévient que si je vais à Mandu demain, je ne pourrai pas revenir à temps pour prendre le train à 20h30. D'après lui, il faut donc que j'aille annuler mon billet pour plutôt prendre le bus le lendemain matin. Il me trouvera un billet pas cher ainsi qu'un hôtel pour le soir. Je me méfie a fond car il va à tout les coups me demander une fortune pour ce service. Surtout, ça me fait chier d'annuler mon billet pour lequel j'en ai tant bavé. Il à l'air différent des autres mais je refuse quand même son offre. Je ne connais pas encore assez les gens et leurs attitudes pour me permettre de faire confiance comme ça, surtout après le coup de la gare de Bombay. Le pire, c'est que je pense qu'il a raison sur ce coup. Tant pis, je préfère me mettre dans la merde tout seul et m'en sortir tout seul, plutôt que de le suivre et le regretter par la suite. Ici, le risque est énorme. Je suis mon feeling. D'ailleurs, je crois que ce voyage va me mettre rudement à l'épreuve sur ce point.

Je mange un morceau de poulet dans la rue et rentre à l'hôtel prendre une douche froide dans les deux sens du terme. Alors que je regarde la fenêtre, quelque chose passe furtivement. Je continue à fixer cette direction et un rat, gros comme un chat, passe. Il ne peut pas rentrer dans la chambre car il y a une grille. Ouf ! Quelle frousse ! A mon avis, ce n'est pas le dernier que je vais voir. Il est 20h30 et je vais me coucher après une journée épuisante physiquement et psychologiquement. Ça ne sera pas la dernière comme ça non plus ...
Pourvu que la nuit me porte conseil.
Par Ludovic Passamonti - Publié dans : Inde 1999
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Jeudi 21 janvier 1999 4 21 /01 /1999 00:00
Je me lève à 8h00. La douche ne coule pas, il paraît que c'est normal. Je me limite donc à la toilette minimale et nous partons prendre le petit déjeuner en ville. La calme de la nuit a laissé place à une agitation frénétique de voitures, de vélos, de gens, de vaches aussi. Les klaxons fusent de partout. C'est 10 fois pires qu'à Mexico ! Je quitte Dani après avoir récupérer mon sac à dos. Elle part dans le Sud, moi dans le Nord. Direction la gare centrale pour prendre le train vers Indore. C'est loin alors je prend le taxi. La voiture se faufile partout, passe à quelques centimètres des gens et des vélos. Je me demande combien de piétons meurent chaque jour ? A peine sorti du taxi, un indien me propose un billet pour Indore à plus de 1 000 roupies (rps). Je ne connaît pas les tarifs mais ça me semble un peu cher. Je vais au guichet mais il n'y a plus de places disponibles pour aujourd'hui. Ça commence bien ! Je persiste et fini par trouver un indien qui me propose une place pour 70 rps, sa commission incluse. Marché conclu. Je rempli donc son formulaire, le paye et il me dit de m'asseoir par terre et d'attendre là. Un autre indien revient 20 minutes plus tard avec mon ticket. Génial ! Je lui sert la main plusieurs fois et m'en vais soulagé d'être sortie de cette première galère.Comme je ne sais pas quoi faire en attendant le départ, je marche sans but précis, les yeux grands ouvert sur le spectacle de la vie dans la rue. Je m'enfonce dans un quartier délabré. Ça transpire la misère et pourtant, les gens rigolent, me saluent, leurs visages sont bienveillants. Les rues se transforment en ruelles, toujours aussi animées et les gens commencent à me dévisager avec mon sac à dos noir et rose fluorescent. Je pénètre pas très rassuré dans une ruelle multicolore à cause des tissus qui sont étalés unpeu partout. Les enfants rient en me voyant, les adultes aussi d'ailleurs. Ils pensent sûrement que je suis perdu, ce qui est un peu vrai. Mais je retombe finalement sur une artère principale qui me permet de me diriger vers la plage. J'ai besoin de voir la mer et une grande plage vide car tout cette agitation devient étouffante. J'y arrive, soulagé, pose mon sac et m'allonge sur le sable. Mais je ne reste pas longtemps seul car des indiens viennent me voir. Ils veulent tous quelques choses alors je sors mon carnet de bord et je me met à écrire sans leur prêter attention. Un gamin reste même planté devant moi pendant 10 minutes à me demander de l'argent.

Il est 13h30 et mon estomac fait des sienne alors je pars à la recherche de nourriture. Pas besoin d'aller très loin car mon guide m'indique des restaurant à proximité. Je prend un jus de citron, un sandwich et une soupe bizarre faite avec du lait caillé, des tomates, des oignons et je ne sais quoi d'autre. C'est vraiment pas terrible. Je repars vers le quartier de Malabar Hill ou se trouve des jardins publics avec une belle vue sur la ville. Là encore, c'est plein de monde, d'enfants et de femmes surtout,, habillées de saris multicolores, superbement maquillées et parées.J'ai l'impression d'être dans un bal costumé. D'autant plus que je suis le seul avec un sac à dos. Je retourne sur la plage pour faire un break. Je m'assois 5 minutes et aussitôt, une bande d'adolescents arrive, tous me serrent la main, puis m'entourent pour prendre une photo. L'un des jeunes me met ses lunettes de soleil sur le nez, les récupères puis ils s'en vont. J'ai pas vraiment compris ce qui vient de se passer.Je repars vers la gare vers 16h00, bien que mon train ne soit qu'à 19h25. Je préfère assurer au cas ou ... Je m'avance sur le quai et un homme en uniforme rouge me demande mon ticket pour m'aider à m'orienter. « No conform ! No conform !» Quoi ? c'est une blague ? Il m'explique que j'ai un billet pour voyageur indien alors que je suis un touriste. Ici, ils font une différenciation. Ça y'est ! Deuxième arnaque ! L'autre enculé m'a fait croire qu'il n'y avait plus de place et m'a roulé. Mon billet coûte en fait 262 rps. Marge nette pour lui : 700 - 262 = 448 rps ! Je suis vert. Pas sur lefait d'avoir perdu de l'argent mais sur le fait de ne m'etre pas assez méfié. En tout cas, je ne me ferai pas avoir deux fois. Je vais me plaindre à la police pour le principe. L'agent me demande d'identifier mon arnaqueur. Pour moi, c'est comme essayer de décrire un noir dans la nuit. Je dois retourner faire la queue pour changer le billet, si c'est possible. 1h30 de queue debout. J'explique ma situation mais le vendeur ne peut rien faire. Je n'ai plus qu'à prendre une place comme je peux. Là, je commence à flipper car j'ai vu des trains en partance sur le quai et c'est à peine si les gars ne montent pas sur le toit des wagons tellement ils sont bondés ! Les places sont chères mais la mienne plus que les autres, alors il va falloir trouver une solution. Il n'y en a qu'une : payer un bakchich à un porteur pour qu'il fonce dans le tas dès que le train arrive pour me réserver ma place. Ici, c'est un vrai métier de réserver les places assises. Vu le monde qu'il y a, ça doit bien payer . Le premier que je croise me demande 100 rps pour faire son travail. Je les lui donnerais quand j'aurai les fesses dans mon siège. Le train arrive et le bordel commence : Les « réserveurs » saute sur les marchepied alors que le train avance toujours, se poussent, s'éjectent. J'hallucine devant une telle scène. C'est mon tour. Je balance mon sac à dos dans la tronche de 3 ou 4 personnes, je pousse tout les autres voyageurs et je retrouve mon « réserveur », sourire aux lèvres, avec une couchette entière libre. 3 lattes de bois fixées en hauteurs et ça fait une couchette. Ma satisfaction diminue déjà de moitié mais quand il me demande 150 rps, ça ne va plus du tout. Merde ! Ça va durer longtemps ce petit jeu ? Je lui donne 120 rps et il s'en va en marmonnant. Le reste des voyageurs montent dans le train et s'entassent là ou il reste de l'espace. Je laisse monter à coté de moi un indien sympathique avec lequel j'ai commencé a discuter et qui va descendre au premier arrêt, dans 4 heures. Il est soi-disant propriétaire d'une taillerie de diamants. A voir ... En tout cas, je vais pouvoir en profiter pour lui poser pleins de questions. A un moment, il me demande si j'ai une petite amie. C'est le troisième aujourd'hui qui me demande ça, et le deuxième était un homosexuel à moitié travesti qui parlait d'une manière très crue. Je commence à avoir un doute sur certains moeurs de l'Inde en matière de sexe.

A chaque arrêt, les nouveaux arrivants me dévisagent d'un air qui semble vouloir dire « qu'est ce qu'un blanc fait là ?». Le tailleur de diamants leur raconte mon histoire de ticket non conforme, ils me fixent à nouveau du regard, je leur fait un sourire et tout le monde rigole. Pas un rire moqueur, plutôt un rire amical qui semble dire « bienvenue dans la réalité de la vie indienne ». C'est vraiment sympathique comme ambiance malgré les conditions de voyage.

Le train s'arrête et siffle. Regard interrogateur de ma part. Mon voisin m'explique qu'il y a eu un incident sur la voie et que le trajet va durer plus longtemps que prévue. Il est 22h30. Sur ma couchette se trouve 2 autres indiens et sous moi, il y a 11 personnes, là ou en France on en caserait à peine 6. Il ne faut pas chercher à comprendre, ils sont tout simplement contorsionnistes. Le wagon ressemble maintenant à un convoi de déportés mais avec la bonne humeur en plus.

 

Par Ludovic Passamonti - Publié dans : Inde 1999
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mercredi 20 janvier 1999 3 20 /01 /1999 00:00
Je ne peux m'empêcher de commencer ce carnet de bord sans penser à la fin de celui que j'ai achevé il y a maintenant un an et demi. L'attente a été très longue mais ça valait le coup ! Ce voyage n'a pas très bien commencé car la nuit dans l'aéroport n'a pas été très reposante, carrément glauque en fait. Le vol Paris-Amsterdam a été rapide (45 minutes).

L'avion qui m'emmène sur la terre de mes rêves est un Boeing 747. Celui là aussi j'en rêvait ! Les décollages sont toujours aussi magiques. Il fait gris à Amsterdam mais après quelques minutes de vol, on crève le plafond pour émerger sur un océan de vapeur et de lumière. Les nuages disparaissent. Que c'est beau la Terre à 5000 mètres d'altitude ! Pour revenir à des choses plus terre à terre, je me disais qu'en voyageant sur une compagnie hollandaise, j'aurais droit à des hôtesses top mignonnes. Eh ben, même pas ! En plus, la mieux ne sert pas ma rangée. Pas de bol !

Atterrissage de nuit magnifique. Une fois passé l'immigration, l'angoisse de devoir trouver un hôtel et un moyen de transport commence car il est1 heure du matin à Bombay. Un bureau touristique me donne une adresse lorsqu'une fille européenne m'aborde. Elle était dans le même avion que moi. Elle s'appelle Dani, est allemande et me propose de partager untaxi pour rejoindre le centre ville. Je vais retirer de l'argent au bureau de change avant. La monnaie locale est la roupie (rps) et la parité est d'environ7 roupies pour 1 francs. Je prend 1 000 francs et je me retrouve avec une liassede billets de 100 rps et 50 rps qui ne rentre même pas dans mes poches tellement elle est grosse. 7 000 roupies, ça représente plus d'un an de salaire pour 50% de la population indienne ! C'est une fortune et je ne me sens pas tranquille avec tout cet argent sur moi. Le trajet dure 45 minutes au cours desquelles, le mot « pauvreté » prend la pleine mesure de son sens. Des indiens dorment sur les terre-pleins au milieu de la route, sur les trottoirs jonchés jusqu'à parfois de 30 centimètres de détritus, sur les toits, sur les poubelles, bref, ils dorment absolument partout. Je me demande quand même si certains n'étaient pas mort. Je préfère ne pas connaître la réponse. Un brouillard permanent, sûrement la pollution, rend flou toute vision à plus de 20 mètres. Ça donne un coté mystique à la ville qui dort.

Nous arrivons à l'hôtel et à notre première "arnaque": la chambre qui coûtait 350 roupies sur le guide en coûte maintenant 450 ! On a beau râler, rien n'y fait et je suis trop crevé pour discuter plus. Après le taxi, nous prenons donc une chambre double, avecun lit double. On s'arrête là ? Comme Dani écrit une carte postale, je lui demande à qui elle écrit et elle me rapond :  «To my girl friend!».
Ma première nuit en Inde commence.
Par Ludovic Passamonti - Publié dans : Inde 1999
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Samedi 2 janvier 1999 6 02 /01 /1999 00:00
J'ai révé de partir en Inde pour la première fois à 19 ans. Je ne savais pas vraiment pourquoi ce pays m'attirait car, finalement, je n'en connaissait rien. J'en avais juste entendu parler comme d'un pays très particulier qui ne laissaient pas indemnes les occidentaux qui y séjournaient. Et puis les choses se sont accélérées : mes précédents voyages à l'étranger m'ont donné le goût de l'aventure, j'ai compris pourquoi ce pays m'attirait tant, l'armée est arrivée et j'ai trouvé dans l'espoir de partir en Inde l'unique ressource psychologique qui m'a permis de tenir bon jusqu'à la réforme. Et quand Thierry une fois revenu m'a montré ses photos ... j'ai tout de suite su que j'avais fait le bon choix.Fin décembre 1998, je suis à nouveau libre, j'ai du temps devant moi et de l'argent pour faire ce voyage. Je n'ai plus qu'a faire le grand saut en entrant dans une agence de voyage et en ressortant avec le billet d'avion. J''appréhende de partir seul si longtemps mais en même temps, je m'en sens capable. C'est aussi un défi que je melance. Je trouve avec beaucoup de mal un aller/retour Paris-Bombay pour le 20 janvier et l'euphorie d'un nouveau départ en perspective me fait bien vite oublier l'angoisse des préparatifs. Je cours dans tout les sens pour les vaccins, le passeport, le sac à dos,le change, l'étude de mon itinéraire, les médicaments, etc ... jusqu'à jour du grand départ.

Je sais que ce voyage va être un grand moment dans ma vie alors j'ai décidé, comme pour le Mexique, de tenir un carnet de bord ou je consignerais toutes mes reflexions, mes observations, ma vie sur place, les meilleurs, comme les pires moments. Les pages qui suivent en sont directement issues, à quelques phrases près et le plan ci-dessous, indique mon itinéraire en partant de Bombay. Bon voyage !


Par Ludovic Passamonti - Publié dans : Inde 1999
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander

Mon récit dans ce pays vous a donné envie d'y aller ?

Tant mieux, c'est ma plus grande satisfaction !
Pour trouver votre billet d'avion, ou votre chambre d'hôtel, je vous conseille d'utiliser Illico Travel, le comparateur le plus efficace pour trouver les meilleurs tarifs du marché.

En utilisant Illico Travel depuis ce blog, vous me permettrez aussi de gagner quelques centimes d'euros pour continuer à voyager, et vous offrir d'autres récits et photographies pour le plus grand plaisir de la communauté des voyageurs. Merci d'avance !

Ludovic


Besoin d'argent pour voyager ?

Vous rêvez de voyager davantage mais hésitez à cause de la crise?
Et si on vous remboursait vos loyers d'appartement ou vos mensualités pendant votre
absence ?

Découvrez PariSharing en cliquant ici

Ou inscrivez-vous ici

Recherche

Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus