Flux RSS

  • Flux RSS des articles
Vendredi 29 janvier 1999 5 29 /01 /Jan /1999 00:00
Paul et moi nous sommes fixé rendez-vous à 9h30. Ça ne vapas être dur de se retrouver vu qu'il a la chambre à coté dela mienne. Je commande des toasts au petit déjeuner et le serveur revient au bout de 10 minutes pour me dire que le toaster est cassé. Au restaurant,c'est toujours quand on veut quelque chose de précis qu'il n'y en a pas! C'est encore plus vrai en Inde ou il n'y a jamais la moitié des plats alléchants et pas chers, ni des boissons qui sont sur la carte. C'est uniquement pour encourager les touristes à s'asseoir. Dès le matin, ça énerve ...

Nous partons à la recherche des fameux temples privées que nous trouvons assez vite car j'avais une idée de la partie de la ville ou ils pouvaient se trouver. Le premier est très beau avec des peintures jeunes,bleus, oranges, vertes, avec de fines ornementations et des sculptures sur les colonnes qui soutiennent un large balcon entourant la cour intérieure. Les lieux de culte ici, ce n'est pas comme les églises en France où on a envie de faire la gueule tellement c'est austère. Ici, tout inspire la gaieté et le repos. On a envie de s'asseoir et de s'imprégner de l'atmosphère particulière qui règne dans ce lieu. Le responsable du temple ne se montre pas malgré notre présence dans sa cours intérieur et nous partons, faute de pouvoir accéder aux parties intérieures du bâtiment. Le temple suivant est du même style, très coloré, sculpté sur chaque centimètre carré, mais là encore, personne ne se montre pour nous ouvrir. J'aurais au moins fait de belles photos des façades.

Nous partons donc pour la gare de Una afin de prendre un bus pour Bhavnagar, pont de départ pour rejoindre Alang qui n'est pas une ville à proprement parler mais plutôt un lieu sur la côte. En Inde, ce qui peut paraître simple en apparence se révèle souvent un vrai casse-tête. Dans notre cas, le problème est de réussir à rentrer dans le bus pour Bhavnagar et surtout d'y trouver chacun une place assise pour les 4 heures de route. Nous patientons 1 heure et un bus arrive. Devant la foule qui se masse, il ne reste qu'une seule solution : utiliser la technique indienne du sac que l'on passe par la fenêtre ouverte pour le poser sur la banquette (un semblant de réservation), puis foncer dans le tas avec le reste des bagages en espérant que personne n'aura eu le culot de pousser le sac. Paul me regarde à l'oeuvre et je réussi à prendre 2 places à l'avant, in extremis. Depuis l'extérieur, Paul me fait un signe de la tête en souriant et m'explique que ce sont des places déjà réservées. En fait tout le bus est déjà réservé. J'essaye quand même de les garder mais les propriétaires arrivent et m'expulsent. Retour à la case départ.

Le bus suivant est plein avant même que nous puissions tenter notre chance. L'attente devient longue. Des indiens de tout âges se plantent devant nous et nous regardent comme si nous étions des extra-terrestres. A un moment, il y en a eu 10 d'un coup ! Ca fait maintenant 3 heures que nous essayons de monter dans le bus et Paul commence à envisager de retourner à Diu pour être certain d'avoir de la place. Dans tout les cas, il est hors de question de ne pas être ce soir à Bhavnagar car je prendrai du retard sur mon itinéraire.

Un autre bus arrive, je me précipite et obtient enfin des places tout à l'arrière. C'est fois est la bonne. La première partie du trajet ressemble à un circuit de montagnes russes pour mon estomac. Je fais au moins 5 bondd sur place à plus de 30 centimètres de hauteur. Nous nous arrêtons au bout de 2 heures dans une gare mais le bus ne repart pas après 15 minutes d'arrêt. Ce n'est pas normal ... je vais demander et j'apprend qu'il y a un pneu crevé, et que nous n'irons pas plus loin. Ça ne m'énerve même plus... C'est la troisième fois qu'il y a un problème avec ces saloperies de bus d'Etat. Ce qui est plus chiant, c'est que personne ne sait quoique ce soit sur la suite des événements. Nous patientons ainsi 1 heure sans savoir si nous allons passer la nuit ici ou si nous allons être dépanné.

Finalement, un autre bus arrive et on nous dit que nous pouvons le prendre pour continuer notre voyage. Je pose toutes mes affaires dedans et je file acheter des choses à manger car j'ai très faim. En revenant, je vois le bus qui démarre et s'en va. Heureusement que Paul était dedans et a dit au chauffeur de m'attendre sinon je me retrouvais dans la merde jusqu'au cou, sans rien du tout.

Mais les problèmes ne sont pas finis. En bon voyageurs que nous sommes, tout les moyens sont bons pour essayer de nous arnaquer. Le contrôleur veut donc nous faire payer un nouveau ticket car le chauffeur de l'autre bus n'a pas apposer sa signature sur nos billets en guise d'attestation de paiement. Le mec est un vrai con, ne veut rien savoir, sans parler de l'autre passager qui s'en mêle et que se met à nous gueuler dessus. Sur le principe, nous ne sommes pas en tort alors Paul, qui a les tickets, refuse de payer. On nous menace alors de nous éjecter du bus. La discussion dure une demi heure et le problème n'est pas réglé. Finalement, voyant que nous ne céderont pas, le contrôleur laisse tomber et nous descendons à notre arrêt pour prendre la direction de l'hôtel Shitel ou nous prenons une chambre double.
Par Ludovic Passamonti - Publié dans : Inde 1999
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 28 janvier 1999 4 28 /01 /Jan /1999 00:00
Je me suis levé tôt (7h00) afin d'être certain d'avoir une mobilette à louer mais quand je me pointe devant le loueur, ce n'est pas encore ouvert. Ni la banque, ni les restaurants, ni les magasins d'ailleurs. Apparemment le rythme de vie est beaucoup plus cool ici qu'à Ahmedabad ou Bombay. C'est la tranquillité absolue jusqu'à 9h30. La location d'une mobilette pour 24 heures coûte 100 rps. A ce prix là, j'aurais tort de me priver ! Je prend la plus simple possible car la dernière fois que je suis monté sur un engin comme ça date d'au moins 7 ans.

Je fais quelques tours devant le magasin et prend la direction du fort de Diu ou l'éclairage matinal est idéal pour prendre des photos. Effectivement, c'est magnifique. Le fort a été construit a la pointe de l'île sur une petite falaise. L'énorme muraille plonge jusque dans la mer qui, au fur et à mesure des marées, vient remplir les profondes douves creusées dans la falaise. L'intérieur du fort est immense mais une grande partie des bâtiments qui s'élevaient ici n'existe plus. Parfois, au pied des murs se trouvent des tas de vieux boulets, jamais très loin des impacts qu'ils ont laissé à l'époque ou la guerre faisait rage. La ballade la plus intéressante consiste à longer la muraille par le dessus car on y a un superbe panorama de la côte et de l'intérieur de l'île. Des rangées de canons sont encoreinstallées, pointées vers l'horizon. J'arrive sans problème à imaginer le carnage qu'il y a pu avoir quand des bateaux ont eu le malheur de rentrer dans leur champs d'action. La muraille se déploie sur plusieurs niveauxet la hauteur devient à certains moments vertigineuse. C'est la marée basse et je peux apercevoir en bas sur les rochers des pécheurs qui viennent récupérer leurs filets ou tout simplement chercher des crustacés laissés pour compte par la marée. Il y a encore plein d'endroits à explorer mais je dois profiter au maximum de mon moyen de transport pour aller dans des endroits éloignés, alors je m'en vais au bout d'une heure et demi.

Je dois d'abord aller à la banque ou je perd un temps fou à causede la queue. Une fois devant le guichet, le gars me dit que je dois aller faire des photocopies de mes papiers d'identité avant de pouvoir récupérer mon argent. Je patiente encore 30 minutes pour avoir ma liasse de billets sales et puants et je peux enfin partir pour la plage de Nagoa qui est d'après mon guide l'une des plus belles d'Inde. La plage de trouve à une dizaine de kilomètres de l'autre coté de l'île, kilomètresque je parcours en m'arrêtant dès que quelque chose me semble intéressant et en faisant de multiples détours, histoire d'être sûr de ne rien louper en route.

Effectivement, la plage est magnifique et forme un immense croissant de sableblanc bordé de palmiers poussant de travers, comme dans les cartes postalesqui font rêver. Il y a une dizaine de personnes tout au plus. Sur la gauche se trouve une paillote qui sert de restaurant puis des bungalows discrètement dissimulés dans la végétation. En passant devant, un couple de jeunes indiens qui était dans le bus m'appelle. Je les rejoint dans l'enclos de leur bungalow de location et on prend une bière tout en discutant. Ils sont infographistes et ont déjà été à San Francisco pour participer à un concours en tant que représentant de leur pays. Ils m'apprennent des choses intéressantes sur la mentalité indienne et le comportement des indiens vis à vis des touristes. On discute uneheure puis je les quitte pour aller à la pointe de la plage. Des nombreux oiseaux exotiques inexistants en France ont élu refuges dans les cavités des rochers et se laissent facilement approcher pour que je puisse les prendre en photo. Je retourne à la paillote pour déjeuner. C'est vrai que c'est joli ici mais il n'y a pas grand chose à faire. Je continue donc de longer la cote pour voir s'il n'y a pas mieux. Et je trouve ! A peine 200 mètres plus loin, de l'autre coté de la pointe se trouve LA plage. Des kilomètres de sable fin jusqu'à l'horizon, lisse comme un miroir, et surtout, absolument déserte. Là, je craque. J'emmène la mobilette sur le bord et je m'allonge en croix. Le bonheur ... Non, il manque quelque chose. Un moment comme ça, ça se partage. Dommage que je ne soit pas avec une fille car dans un endroit pareil, les événements ne peuvent prendre qu'une seule tournure ... J'écrit un petit message dans le sable et je retourne à la dure réalité en voyant que la mobilette ne veut pas redémarrer. Elle est tombée sans que je m'en aperçoive et l'essence s'est écoulé par je ne sais quel trou. Il n'y a que 50 mètres à faire jusqu'à la route mais elle super lourde et dans le sable, c'est pas du gâteau. J'en bave à fond pour la remonter.

Comme je craint de ne plus avoir assez d'essence pour faire le grand tour quej'avais prévu et je décide donc de retourner vers Diu mais en prenant un itinéraire différent. Je passe par des palmeraies verdoyantes et denses, des marais salants, pour arriver aux portes fortifiés de laville. J'en profite pour visiter le labyrinthe de ruelles de la veille ville. Je tombe sur quelques maisons à l'architecture fabuleuse et aux couleurs flamboyantes mais je ne peux pas faire de photo car il fait déjà trop sombre.

Je retourne ensuite au fort car je n'ai pas pu tout voir ce matin. Ily a des ouvertures étroites dans la murailles à plusieurs endroits, qui se prolongent dans des tunnels obscures dont on ne voit pas le fond. Je pénètre dans l'un entre eux pour voir ou ça mène. L'écho me laisse penser que la voûte est assez haute. Il y règne une odeur très forte d'animal et lorsque tout d'un coup j'entend des cris aigus assortis de nombreux battements d'ailes, je comprend : je suis entré dans un repère de chauves-souris qui vont m'arracher les cheveux si je ne sors pas vite d'ici. Je regrette de ne pas avoir pris ma lampe de poche. Je me dirige à toute allure vers une lumière qui se trouve de l'autre coté et débouche sur une impasse. Je suis dans la muraille en face des douves à plusieurs dizaines de mètres de hauteurs. Il ne me reste plus qu'a faire demi tour. Le soleil commence à se coucher et je me dépêche de sortir pour ne pas louper le moment magique depuis Sunset Point. C'est tellement beau que je ne m'en lasserai jamais.

Après avoir ramené la mobilette, je retourne à l'hôtel pour aller dîner et je croise en chemin un touriste qui me demande ou je loge car il cherche une chambre pas chère. Il s'appelle Paul, est Belge, 30 ans et a une tête plutôt sympathique. Je lui propose de venir manger avec moi et nous faisons plus amplement connaissance. Il était ingénieur, co-fondateur d'une entreprise dans l'informatique et a démissionné suite à un gros différent avec son associé. Depuis, il voyage jusqu'à ce que son budget soit épuisé. Il est parti depuis 1 an et pense tenir pendant 2 ans. Je suis sur le cul : Paul est train de faire ce que je rêve de faire moi-même. Je n'ai que 23 ans, ce qui me laisse encore de la marge par rapport à lui. Il est en Inde depuis 1 mois et demi et vient du Pérou dont il me montre quelques photos absolument magiques de Machu Pichu. Je vais y aller, c'est certain.

Nous allons ensuite prendre un verre dans un bar et il sort une fiole de whisky qu'il verse discrètement dans mon verre de Coca-Cola. Trop cool ! Nous discutons jusqu'à minuit et demi puis nous retournons à mon hôtel ou il prend finalement une chambre. Du coup, pas mal de choses ont changé : Paul m'accompagne à Alang, le plus grand chantier de destruction navale au monde, et je ne pars plus demain matin mais plutôt dans l'après-midi. Paul a des adresses et des recommandations d'une famille qui l'a accueillit pour aller visiter 2 temples privés. Ça vaut le coup d'attendre une matinée.
Par Ludovic Passamonti - Publié dans : Inde 1999
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 27 janvier 1999 3 27 /01 /Jan /1999 00:00
Le trajet s'est bien passé sauf que le bus a déposé tous ses passagers à Una, à 15 km de Diu alors qu'on m'avait certifié à l'agencede voyage que le bus allait jusqu'au bout. Ils se sont encore bien foutu de moi mais je m'en doutais car mon guide disait qu'il n'y avait pas de bus direct jusqu'à l'île. Nous devons donc rallier les derniers kilomètrespar nos propres moyens. Avec 3 autres touristes, nous prenons un rickshaw pour seulement 20 rps. La route jusqu'à l'île est une grande ligne droite de goudron complètement défoncée (un supplice pour mes fesses), bordée de palmiers, qui débouche sur un long pont de béton qui atteint l'île qui se trouve à 500 mètres de la côte.

La recherche d'un hôtel se fait à pied car la ville est très petite et la zone des établissements hôteliers très concentrée. J'obtiens une chambre simple pour 100 rps. Aussitôt déchargé de mon sac, je prend la direction du fort dont l'entrée est gratuite, histoire de me dégourdir les jambes avant d'aller manger. Qu'est-ce qu'il y a comme touristes ! J'en ai croisé une dizaine en 3 heures, autant que depuis mon arrivé il y a une semaine. Je me pose sur les murailles qui longent la côte pour écrire des cartes postales puis retourne vers la ville.

Aujourd'hui, j'inaugure mon premier poulet massala avec du riz et un jus de banane. Un vrai festin en perspective. Le poulet arrive : 3 petits morceaux plein d'os qui baignent dans la sauce. Merde et re-merde ! Encore une arnaque vu le prix que ça coûte.

Je pars à la recherche de la plage en passant par la ville. C'est un dédale de ruelles pavées tellement étroites que le soleil n'atteint le sol qu'aux environs de midi. Pas de voitures pollueuses ni même de rickshaws possibles car ils ne passent pas. Le moyen de transport ici, c'est la mobilette. Je remarque aussi que c'est la ville la plus propre que j'ai vu depuis que je suis arrivé en Inde. L'architecture est du style colonial portugais car c'est un des derniers comptoir portugais en Asie avecla région de Goa. Il a d?ailleurs été farouchement défendupar le fort qui se trouve à l'extrémité de l'île etque j'irai visiter plus tard. A force de marcher au hasard des ruelles, je me perd. Je monte donc sur un pan de la muraille rouge qui entoure la ville afin de voir la direction à prendre. En quelques minutes, j'atteins la plage.Quel bonheur de s'allonger au soleil sur du sable brûlant qui chauffe la peau ! Quand je pense qu'il doit faire à peine 5 degrés en France et que moi je suis là, torse nu en short avec la mer entre mes orteils et les palmiers derrière moi, je ne peux m'empêcher de rigoler tout seul. C'est jouissif ! Ca fait une semaine que je suis parti et je peux faire un premier bilan :
- j'ai dépensé 93 euros soit 4 250 roupies,
- je suis en avance de 2 jours sur mon itinéraire,
- je n'ai pas arrêter de me faire arnaquer, j'ai bien failli craquer, mais maintenant, ça va de mieux en mieux,
- j'ai l'impression d'être parti depuis un mois tellement il m'est arrivé de choses en peu de temps,
- j'ai perdu au moins 2 kilogrammes.
Il est temps d'aller faire ma première trempette dans la mer d'Oman mais je change vite d'avis après avoir mis mes pieds dans l'eau. Elle est gelé alors qu'il fait 40° et un soleil de plomb ! Après 1 heure au soleil et autant à écrire des cartes postales, je commence à me faire chier. La plage, ça va 5 minutes mais après, ça manque d'action à mon goût alors je pars explorer les rocher plus loin. Je découvre des grottes creusés (naturellement ou non, je n'en sais rien) au lei dit « SunsetPoint ». Elles sont fréquentés et servent de temple car ily a un petit autel avec de l'encens, des guirlandes et des dessins à lapeinture sur la roche de divinités hindous. J'attend le coucher de soleil ici car depuis 1 semaine, j'en ai vu 3 superbes et je n'ai pas pu les photographier. Au fur et à mesure que le soleil descend, ses rayons pénètrent dans la grotte et éclaire les fresques d'un rouge orangée vif quidonne l'impression qu'un feu invisible brûle en son sein. Superbe créationde la nature ! dès que le soleil passe sous l'horizon, le froid de la nuit reprend ses droits et je me dépêche de rentrer en ville. Je trouve un plat délicieux et pas ruineux au restaurant : le navrata korma, sorte de bouillie de légumes sucrée et salée.
Par Ludovic Passamonti - Publié dans : Inde 1999
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 26 janvier 1999 2 26 /01 /Jan /1999 00:00
Ce matin, la mosquée n'a pas fait d'exception pour ma grasse matinée.Je me lève vers 8h30 pour aller acheter des bananes et des noix de coco sur le marche pour mon petit déjeuner que je fais dans la rue. Adil arrive à 9h30 et veut aussitôt prendre une douche. Vraiment gonflé ce môme ! Je me doute qu'il n'y a pas d'eau chaude chez lui alors je le laisse faire. Le première chose à faire aujourd'hui est d'aller à l'agence Punjab Travel pour avancer mon départ pour ce soir à 22h00. Adil me donne un papier avec son adresse pour que je lui écrive et lui envoie des photos. Il y a aussi un message de ses parents qui me demandent combien de temps je reste à Ahmedabad. Peut-être voulaient-ils m'inviter à manger, voire m'héberger chez eux ? Ça aurait été une expérience géniale pour découvrir leur culture en profondeur mais mon billet est déjà pris. Du coup, je suis presque déçu de partir ce soir.

La matinée est consacrée à l'Ashram de Gandhi, une sorte de grande maison ou il vécu plusieurs dizaines d'années et d'où ilmena son combat non violent contre les castes et le colonialisme anglais. L'expositionest vraiment bien faite et m'apprend une foule de chose sur l'histoire contemporaine indienne. Gandhi était vraiment un homme exceptionnel de ce siècle et sa conviction dans ce qu'il défendait était vraiment admirable. Il ne peut y avoir qu'un indien pour supporter tant de souffrance et d'injustice au cours d'une vie, tout en continuant à entretenir un espoir de voir son rêve se réaliser. Je ne sais pas en qui il s'est réincarné, mais en ce moment, il doit faire la fête si l'on se réfère à la croyance hindou du bon ou mauvais karma. Il avait un paquet de points positifs d'avance ...

Le retour au centre ville s'avère compliqué car comme nous sommestrès loin, le rickshaw coûte très cher et je ne veux pasabuser des moyens de transports payants. Adil me propose d'avancer à piedmais au bout d'une demi-heure, j'ai tellement faim que je me décide à prendreun rickshaw. Le conducteur ne veut pas me dire le prix et me montre son compteurpour me faire comprendre que la course est facturé au kilomètre.Mais je sais très bien que son compteur est trafiqué de toute paret que le prix que je vais payer sera prohibitif. Adil me fait signe de monterquand même : il a une idée derrière la tête. Le kilomètresdéfilent et la petit roue des chiffres du compteur aussi. Quand on s'arrêteenfin, il affiche 98 rps. Je suis vert ! Adil me dit de donner 50 rps, ce queje fait, et le chauffeur m'en rend 30. Là, je ne comprend plus rien maisil a bien gagner son déjeuner ce petit. Nous retournons donc à l'hôteloù je fais apporter 3 omelettes dans la chambre.

Avant de quitter Ahmedabad, je veux absolument prendre en photo, la Mosquée aux Minarets Oscillants. Là encore, c'est assez alors nous prenons unrickshaw. La circulation est affolante et l'air complètement vicié par l'odeur du gasoil. J'ai l'impression de remonter les Champs Elysée le jour ou la France a gagné la Coupe du Monde. Sauf qu'ici, c'est tous les jours la même chose et dans 50% des rues. La Mosquée n'est pas trèsdifférentes des autres mais les minarets sont effectivement plus hautque ce que j'ai pu voir jusqu'à maintenant. Il ne reste plus qu'a rentrermais Adil donne une autre direction au chauffeur. Il veut me monter autres chose mais il ne sais pas que je l'ai déjà vu et je n'arrive pas à lui faire comprendre. Alors je suis obligé de m'énerver un peu pour pouvoir faire demi-tour. Ça n'a pas l'air de lui plaire , mais après tout, c'est moi qui paye et je ne suis pas riche comme il semble le croire. Je dit donc adieu à Adil qui à l'air vexé. Les indiens savent très bien jouer avec les sentiments des touristes : en effet, devant la complexité des rites et coutumes indiennes, les voyageurs occidentaux respectueux font profil bas dans presque toutes les situations un peu délicates car ils ont peur d'offenser les indiens, qui en profitent largement pour obtenir de nous ce qu'ils veulent.

Je continue de me promener dans le souk ou je vais me reposer sur le toit d'une mosquée. Ce sont des endroits paisibles dans les tumultes de la ville,un peu comme si une bulle protectrice arrêtait les agression de la mégalopole musulmane. J'ai encore super faim. Je crois que je suis en sous-nutrition avec les repas minables que je fais depuis une semaine. C'est décidé, je vais me faire une bonne bouffe avant de prendre le bus. Je vais donc dansun restaurant d'hôtel et je termine mon repas avec une glace spéciale du Gujarat, qui me donne une diarrhée instantanée. Je me dépêche de rentrer à la chambre pour aller aux toilettes et là, surprise ! Adil et son petit frère m'attendent sur leur vélo. ça tombe mal car je voulais être tranquille 5 minutes. Nous montons et voilà qu'il me double pour aller aussi aux toilettes. Il le fait exprès ou quoi ? Lorsque je ressors des toilettes, il me tend un stylo à plume en plastique avec une étiquette ou il a inscrit son nom, celui de son frère et le mot « friends ». Je n'ai plus qu'à lui faire aussi un cadeau et à part mon stylo que j'adore, je ne vois pas quoi. Ça m'ennuie un peu mais son intention est vraiment touchante et je n'ai pas le choix. Si je lui tend un billet, il va hurler ! Je fais donc ce qui est prévu et ça lui fait très plaisir. Je suis certain que c'est ce qu'il voulait, avec mon appareil photo, mais là, il peut toujours courir. Il veut aussi que je lui donne une photo de moi à Mandu mais ça fait 15 fois que je lui dit que je les lui enverrai et il ne veut pas comprendre. Je dois subitement retourner aux toilettes et j'aperçois un flash qui part, puis un autre. Il commence à me gonfler sérieusement à toucher à toutes mes affaires sans me demander. C'est encore un gosse, née en Inde, alors je me tais. Je prépare mon sac et cette fois, ce sont les vrais adieux.

J'arrive à la gare routière avec 3 heures d'avance. La gare routièren'en est pas réellement une. C'est en fait une grande avenue ou se répartissenttout le long des agences de voyages qui servent de point de départ à destrès nombreux bus vers toutes les villes d'Inde. Le mien se trouve unpeu à l'écart, en face d'un petit immeuble en béton horribleet glauque. Je m'installe sur des bancs dégoûtants. J'aimerais bien écriredans mon carnet de bord mais je n'ai plus mon stylo et celui qu'Adil m'a offertfuit. Mais j'ai le temps de chercher un magasin qui en vend. Les stylos sontinstallés dans un pot sale et la vendeuse doit en essayer 5 différentsavant d'en trouver un qui fonctionne. J'ai un peu l'impression de me faire avoir,mais bon ... De retour à l'arrêt de bus, je comptait m'installertranquillement pour écrire, mais c'était sans compter sur l'intérêtdes indiens pour les touristes. Un homme d'une quarantaine d'année s'approcheet commence à me poser des questions. C'est au moins la quinzièmefois aujourd'hui et le double de poignées de main. Je commence à comprendre ce que peut ressentir une personne célèbre qui se fait harceler en permanence. On est sympa au début, mais à force, c'est gonflant.Heureusement que je retourne à l'anonymat dans 5 semaines. Je discute donc avec cet ingénieur qui m'apprend qu'il est impossible pour les indiens de voyager car les visas sont très difficiles à obtenir. C'est la politique intérieur du gouvernement : on entre mais on ne sort pas.
Il est 21h45 et mon bus n'est toujours pas là. Comme je commence à m'inquiéter, je vais me renseigner et on me dit qu'il devrait arriver dans 15 minutes, peut-être 20, voire 30 minutes. C'est le fameux « strechable time » indien. Le bus arrive finalement avec 20 minutes de retard. C'est la ruée pour monter dedans malgré le fait que les sièges sont tous réservés. On garde les bonnes habitudes .... A ma place, il y a un gros bonhomme avec son petit garçon. Je le fais bouger sur le siège voisin mais il met son môme entre nous deux alors qu'il n'y a déjà presque plus de place pour moi. Il est con ou quoi ? Hors de question de passer 10 heures serré comme une sardine, sans parler de l'état du petit. Alors je le lui fais comprendre et il laisse la place à son fils pour aller ailleurs. En route pour les plages de l'île de Diu !
Par Ludovic Passamonti - Publié dans : Inde 1999
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 25 janvier 1999 1 25 /01 /Jan /1999 00:00
La grasse matinée a été plus courte que prévu. Ilest à peine 5h00 lorsqu'une voix émanant d'un puissant haut-parleur retenti dans toute la ville. Qu'est-ce que c'est que ce bordel ? J'avais oublié qu'Ahmedabad est une ville à 70% musulmane et qu'il y a donc 3 prières par jour. Je viens de me faire réveiller par la première. Je vais prendre mon petit déjeuner de l'autre coté du fleuve, sur le chemin qui me mène à l'agence de voyage ou je vais réserver mon ticket de bus pour l'île de Diu. Il n'y a plus de place pour m'asseoir seul alorsje me met à la même table que des jeunes. Inévitablement, ils me demandent d'ou je viens et nous commençons à discuter. Le plus bavard me demande quel genre de musique j'écoute et veut me faire écouter la sienne dans sa voiture qui est garé juste en face. A son âge, c'est un signe extérieur de très grande richesse. Pleins d'autres gens d'à peu près mon âge sont venus nous rejoindre et je suis maintenant cerné. On s'assoit dans les sièges et il me passe de la techno (the Prodigy) sur le lecteur CD de son autoradio (ça confirme ce que je disais niveau argent), puis Enigma (son groupe préféré) puis de la musique indienne moderne. Il me donne des images de temples qui sont dans la région et on se quitte au bout d'une heure.

Je ne trouve pas l'agence alors je prend un rickshaw pour m'emmener à l'adresse qui est notée sur mon guide. Le chauffeur me demande 5 rps et me dépose 100 mètres plus loin devant une succursale de l'agence. Il m'a bien eu ! J'achète mon billet sans encombres et quand je ressort, le rickshaw est toujours là. Il a comprit que je visite la ville et veut m'emmener. Je regard dans mon guide ce qu'il y d'intéressant à voir et je lui demande d'aller au puits de Dada Hari Vav. Le puits se constitue de marches qui descendent profondément dans un beau décor mais l'intérêt est moyen. Tout comme le temple qui se trouve derrière. Je lui propose un autre site et il me demande 50 rps alors qu'il m'avait dit moins avant. Je refuse mais le problème, c'est que dans le coin, il n'y a pas d'autres rickshaws et c'est assez mal fréquenté pour repartir à pied. Je suis piégé et lui paye donc ce qu'il veut afin de me faire déposer ou je veux. A partir de maintenant, je fais la visite de la ville à pied !

Mon guide indique une belle mosquée pas très loin alors j'y vais. Il faut déposer ses chaussures à l'entrée et j'ai un peu peur que quelqu'un me mes vole car c'est de la marque. Des tombeaux sans inscriptions sont disposés dans un petit jardin. Je demande à un jeune d'environ14 ans, qui est le seul ici avec moi, de qui il s'agit et il m'explique brièvement dans un anglais très approximatif et avec des gestes et des dessins. Il me propose de voir le reste, l'intérieur et de monter dans les minarets.Il est ici pour faire sa prière alors il s'agenouille sur les tapis en direction de La Mecque et me fait signe de m'agenouiller aussi. Je ne suis pas musulman mais pour lui, ce n'est pas grave, je n'ai qu'à l'imiter. Il prend déjà des aises avec la religion à son âge. Il se prosterne plusieurs fois, je fais de même (ça fait bizarre de faire ce genre de truc), puis il fait des mouvements bizarres que j'avais jamais vu avant. Je le regarde d'un air interrogateur mais il me dit de continuer, ce que je fais. Lorsqu'il commence à faire le poirier, je comprend son petit jeu. Je suis bien tombé dans le panneau et on rigole. Il est sympa ce môme. Il s'appelle Adil. Je le prend en photo pour lui faire plaisir. J'ouvre mon guide pour choisir le prochain site , il regarde aussi et me dit qu'il connaît bien et qu'il peut m'y accompagner.

Nous prenons un rickshaw et le trajet ne coûte que 5 rps. C'est bizarre comme les prix baissent avec lui, sans même avoir négocié .Je pense que c'est le tarif normal pour les indiens car je suis en sa compagnie. Sans lui, j'aurai sûrement payé le double. Ce qui veut dire que même quand je pense avoir négocié un bon prix, je me fait encore avoir par rapport à ce que va payer un indien pour le même service ou le même bien. Nous prenons le chemin de la mosquée Sidi Saiyad qui se trouve en plein milieu d'un carrefour automobile très fréquenté, un peu sur le même principe que l'Arc de Triomphe sur la place de l'Etoile. Sa particularité est les superbes fenêtres de marbre rouge finement sculptées et ciselées. A la fin de la visite, je crois comprendre qu'Adil veut partir alors je lui donne 10 rps pour le remercier, il refuse et me met une claque dans la nuque ! Il ne m'a pas accompagné pour avoir de l'argent mais par amitié tout simplement. Je m'excuse en lui expliquantque tout le monde me demande toujours de l'argent pour un rien et que je croyais bien faire cette fois. Finalement, il continue la visite de la ville avec moi.

Adil semble très content de se balader avec moi. Parfois, les conducteurs de rickshaw lui demande qui je suis, et il répond que je suis son frère et que nous sommes anglais. Ben voyons .... nous allons à la Jasma Masjid, la plus belle mosquée d'Ahmedabad. Elle est composée de 15 dômes, 250 piliers pour les soutenir et une gigantesque place de marbre blanc avec un bassin au milieu pour se laver les pieds et le visage en même temps ! Nous arrivons au moment de la prière et voir se prosterner plus de 100 personnes dans une synchronisation parfaite est un beau spectacle. Adil a chaud alors il enlève sa chemise et la met dans mon sac à dos sans me demander la permission. Typiquement indien comme comportement. ! Un peu plus tard, je m'achète une bouteille d'eau. Il la prend dans mon sac, l'ouvre et boit. Cette fois, il m'a vraiment adopté ! Nous allons ensuite au Victoria's Garden car j'ai envie de m'allonger dans du gazon pour faire une pause. Je sors ma crème solaire et Adil en veut aussi alors qu'il est déjà tout noir. Ça l'amuse de faire comme moi alors je lui en donne quand même. Nous changeons de jardin au bout d'une heure et j'achète au passage des raisins pour lui et moi car je n'ai pas pris de déjeuner. A 16h30, Adil doit rentrer chez lui et je le remercie chaleureusement pour cette visite guidée de la ville en sa compagnie.

Je prend la direction du souk que j'ai repéré ce matin car je dois m'acheter un pantalon de toile pour les journées très chaudes à venir dans le désert du Rajasthan. La foule est incroyablement dense et le nombre d'échoppes doit être largement supérieur à 2000. J'en trouve un trop long pour 75 rps. Je le raccourcirai au couteau suisse. De retour à mon hôtel, le téléphone sonne alors que je m'apprêtais à prendre une douche. Je décroche et ne comprend absolument rien à ce que la personne au bout du fil raconte. Ça doit être une erreur de la réception alors je raccroche. 20 secondes plus tard, quelqu'un frappe à ma porte. C'est Adil ! Il a réussi à me retrouver grâce au nom de l'hôtel. Il est venu avec son petit frère d'environ 10 ans. Je suis sur le cul. Ils sautent aussitôt sur le lit avec leur vêtements tout sales (surtout son frère) pour se mettre à leur aise. Je suis étonné que leurs parents (mais ont-ils réellement des parents ?) les ai autorisés à sortir à cette heure. Ils allument la télévision où il y a au moins 50 chaînes, dont MTV Asia et même MCM. Ça fait du bien d'entendre du français. Il est 19h30, je suis affamé et je n'ai plus beaucoup d'argent. Soit je leur paye le repas avec moi et je me serre la ceinture pendant quelques jours ou alors ils rentrent manger chez eux. La deuxième solution se met toute seule en place après avoir conclu un rendez-vous pour demain 10h00 afin de continuer à visiter la ville et à faire des économies de rickshaw.

Quand je reviens du restaurant, je met aussitôt la télévision pour voir à quoi ressemblent les émission indiennes. C'est très comique. Un clip musical bat tout les records de débilité : ce sont des moines tibétains qui font de la guitare électrique et du synthétiseur non branchés dans un décor d'île tropicale. Sans commentaire ... Ah ! J'oubliais : ils font de la techno ! Le ridicule ne tue pas, c'est bien connue et les indiens en sont la preuve vivante.
Par Ludovic Passamonti - Publié dans : Inde 1999
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Mon récit dans ce pays vous a donné envie d'y aller ?

Tant mieux, c'est ma plus grande satisfaction !
Pour trouver votre billet d'avion, ou votre chambre d'hôtel, je vous conseille d'utiliser Illico Travel, le comparateur le plus efficace pour trouver les meilleurs tarifs du marché.

En utilisant Illico Travel depuis ce blog, vous me permettrez aussi de gagner quelques centimes d'euros pour continuer à voyager, et vous offrir d'autres récits et photographies pour le plus grand plaisir de la communauté des voyageurs. Merci d'avance !

Ludovic


Besoin d'argent pour voyager ?

Vous rêvez de voyager davantage mais hésitez à cause de la crise?
Et si on vous remboursait vos loyers d'appartement ou vos mensualités pendant votre
absence ?

Découvrez PariSharing en cliquant ici

Ou inscrivez-vous ici

Recherche

Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés