Flux RSS

  • Flux RSS des articles
Dimanche 9 mai 1999 7 09 /05 /Mai /1999 00:00
Aziz nous apporte des galettes et du thé pour le petit déjeuner. Je vais chercher les oranges dans la voiture et la discussion repart avec en prime le cousin qui se joint à nous. Il a un bandage au bras car il s'est battu au lycée et a été coupé par une fenêtre brisée. « Juste une petite divergence d'opinion » qu'il nous dit .... Pas étonnant que ce soit la guerre civile en permanence dans la majeure partie des pays d'Afrique si tout le monde réagit comme lui. Aziz insiste pour nous faire visiter la casbah à proximité de chez lui. Elle est en ruine et inintéressante comparé à celles que nous avons déjà vu. Ca me gonfle un peu, mais par politesse, nous ne pouvons pas refuser. Nous allons ensuite voir son champs de l'autre cité de la rivière presque asséchée dans laquelle je me suis lavé le dents ce matin. Il en est très fier et c'est un honneur pour lui de nous y emmener. Ici, c'est toute sa richesse. Il veut que nous restions pour le déjeuner mais nous refusons poliment car nous sommes déjà en retard sur ce qui était prévu. Echange d'adresse et c'est parti. Ouf ! Cette hospitalité extrême devient étouffante pour moi, même si je l'apprécie beaucoup. C'est pas en France qu'on verrai ça !

Nous voyons maintenant de jour la route que nous avons emprunté à l'aller et ce qui était pressenti se précise. On se croirait dans le Grand Canyon. Les montagnes, dont les sommet aplatis par l'érosion forment d'immense plateaux, se décompose en strates multicolores pour se terminer dans un éboulis de pierre rouge. Au fond, se trouve la traditionnelle palmeraie. Les canyons se divisent puis se rejoignent formant un impressionnant réseau de fissures dont certaines font plusieurs centaines de mètre de large. On s'arrête 2 fois pour admirer le paysage. S'il n'y avait pas les palmiers pour trahir le continent ou nous sommes, quelques un des plus célebres westerns auraient très bien pu être tournés ici. Udy craque à nouveau et va se rafraichir dans la rivière, pendant que j'escalade une paroi afin de prendre de la hauteur pour faire ces photos.

A midi, nous roulons toujours. La température avoisine maintenant les 50 degré et nous n'avons pas croisé une seule voiture depuis une heure. Lors de notre arrêt pour déjeuner, Udy discute avec un avocat qui nous recommande dans une auberge près dès dunes de Merzouga. Il fait un lettre pour le propriétaire afin que nous soyons bien accueilli. Pendant ce temps, je discute avec des étudiants en anthropologie d'une trentaine d'années qui me demande de les déposer à 3 kilomètres d'ici. Nous repartons et au bout de 5 minutes, Udy me demande soudainement: "T'as pas l'impression qu'il y a un truc qui cloche, là ?". Je réfléchi une seconde et donne un gros coup de volant sur la droite. Je roulais depuis le départ sur la file de gauche ! Une reminiscence de l'Inde. Les deux autres n'ont pas même bronché.

Nous nous arrêtons visiter une énorme casbah encore habitée par une centaine de personnes. Un guide nous emmène dans les étroites et sombres ruelles sans qu'on lui rien demandé pendant qu'une horde de gamins gardent la voiture garée à l'extérieur. De nombreuses femmes assisent sur le porche de leur maison détournent aussitôt le regard et se voilent dès que nous tournons la tête dans leur direction. J'ai du mal à comprendre leur réaction presque hostile vis à vis de nous. Elles me font de la peine. La visite ne dure pas longtemps car les touristes ne semblent pas les bienvenue ici.

Arrivé à Erfoud, nous faisons une nouvelle halte pour acheter des oranges (j'arrive plus à m'en passer tellement elles sont bonnes) et du melon. On déconne avec les vendeurs et rabatteurs dans le marché couvert. De retour à la voiture, un jeune touareg habillé avec une tunique bleu et un long foulard multicolore nous demande si nous pouvons l'emmener à Merzouga car il y travaille comme guide-chamelier. Il tombe bien car la route se transforme en piste à perte de vue et sans ses indications, nous serions sûrement perdu depuis longtemps. Je fonce dans le sable et les bosses. J'ai l'impression de faire le Paris-Dakar. Le pied total ! Les dunes géantes font leur apparition à l'horizon et l'excitation grandit au fur et à mesure que l'on s'approche. Une fois au pied des dunes, c'est l'extase. La chance continue car Mohamed travaille à l'auberge que l'avocat nous à recommandé. Nous lui montrons la lettre, il la prend, va voir le patron et revient en nous souhaitant la bienvenue. Tout est désormais à notre disposition. Nous prenons le traditionnel thé à la menthe avec le personnel puis chacun retourne à son occupation. C'est-à-dire, dormir, car il n'y a aucun client.

Je piaffe d'impatience d'aller courir dans les dunes de sable orange. Le soleil se couche bientôt alors je fonce en disant à Udy de me rejoindre au sommet de la plus haute dune car il veut d'abord prendre un douche. Elle culmine à 400 mètres et il faut longer une longue arête pour la gravir sans trop de difficultés. Au début, ça va mais vers le milieu, je dois m'arrêter tous les 10 mètres tellement j'en bave. Quand j'arrive sur le premier palier plat, je m'écroule, et reste à haleter pendant largement 10 minutes. Je longe ensuite une autre arête, moins verticale pour rejoindre le sommet. Je m'écroule à nouveau, mais de plaisir cette fois. Devant moi, le désert plat et rocailleux, derrière, le début du Sahara à perte de vue. C'est une des plus belles vision que j'ai jamais eu. Je fais des photos de mes empreintes de pas qui partent depuis l'horizon. Je peux voir d'autres gens de la taille d'une fourmi qui se dirigent vers le sommet. Fini la tranquillité : deux israéliens et un français arrivent. Le soleil se rapproche de l'horizon sans que son éclat faiblisse. Du coup, c'est moins joli qu'un couché de soleil classique. Le français qui est arrivé avec les israéliens s'appelle Pierre-Eric. Il voyage seul et me demande si nous ne pourrions pas lui faire une place dans la voiture à notre retour vers Ouarzazate. C'est possible mais nous ne savons pas encore si nous rentrons demain ou si nous prolongeons notre séjour ici. En attendant, je lui donne rendez-vous au même endroit pour le lever du soleil. Normalement,nous serons déjà sur place avec Udy puisque nous prévoyons de dormir dans le dunes. Quand je retourne à l'auberge Yasmina, il fait déjà nuit. Mon seul repère pour me diriger est le faible halo lumineux qui éclaire l'horizon. J'ai bien failli passé la nuit dans les dunes plus tôt que prévu !

Je prend une douche et on nous sert à manger sur une table séparée de celle ou Mohamed et les autres mangent un gros couscous. C'est pas la coutume du coin quand on est invité. Ca veut donc dire que l'on va payer le repas. Dégoûté ! Aussitôt fini, nous prenons nos affaires et on se dirige vers la plus grosse dune dans le noir absolue. Son ombre imposante se détache à peine sur le ciel. Le trajet de nuit est encore moins évident que celui de jour (logique...) car on ne voit ni les montées, ni les descentes, encore moins si nous sommes dans la bonne direction. Après une grosse montée, on décide de s'arrêter sur une parti plate relativement protégée du vent. Udy commence à creuser un trou pour niveler le terrain et s'abriter encore plus. Dormir comme ça dans le désert, c'est vraiment un gros délire et une super expérience. Je ne sais pas si je l'aurai fait en voyageant seul. Le ciel étoilée est superbe. Quelques étoiles filantes nous survolent et le marchand de sable passe. Demain ce sera la surprise sur notre endroit de campement
Par Ludovic - Publié dans : Maroc 1999
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Samedi 8 mai 1999 6 08 /05 /Mai /1999 01:00
Je me réveille avec le soleil, c'est à dire vers 5h45. On reste couché jusqu'à 6h45 puis après une bonne douche chaude, on range les sacs dans la voiture et on part en balade. On pourrai très facilement partir sans payer si on le voulait.

Nous longeons la piste au fond de la gorge, qui elle même suit le cours d'une rivière presque asséché. La pastèque nous sert de petit déjeuner. Le soleil tape déjà très fort bien qu'il ne soit que 8h30. Des convois de 4x4 passent souvent car se sont les seuls véhicules à pouvoir venir ici, hormis les motos et les piétons, bien sur. Les gorges s'étendent sur plus de 18 kilomètres et la partie la pus intéressante est encore très loin alors nous rebroussons chemin. La question de payer ou pas en partant se pose car 25 DH pour dormir sur un toit, ça fait cher ! Et on part sans payer. 120 DH d'économisé ! Sur la route de Tinerhir, nous nous arrêtons à nouveau au puit pour faire le plein d'eau. En face, une maison en construction sert de tour d'observation pour les ouvriers. Udy leur demande du thé à la menthe et nous nous retrouvons à partager leur couscous à 11h00 à peine ! Assis sur un parpaing, je pioche dans le plat collectif en silence, puis dans la rigolade. Notre gène les amuses. Je comprend rien à ce qu'ils disent mais nous leur avons fait un grand honneur en acceptant leur invitation à partager leur repas. Nous repartons simplement en souriant et en les remerciant. Pas de dirhams à donner pour une fois !

Direction Errachidia à 110 kilomètres ou se trouve la Source Bleu de Meskin. " un lac naturel grandiose " d'après le Lonely Planet. Udy n'a qu'une envie, c'est de piquer une tête dedans. En fait, il attend ça depuis hier tellement il fait chaud. La route est cette fois assez large pour 2 véhicules. Dehors, c'est le désert absolu sous un soleil de plomb. Le thermomètre de la voiture indique 42.5 degrés. Même en roulant les fenêtres grandes ouvertes, on se croirait dans un sèche-cheveux géant. Errachidia est une grande ville au pied de l'Atlas. Les premiers contreforts de la montagne sont sculptés comme les parois du Grand Canyon. Nous nous arrêtons pour faire quelques provisions :une galette pain, un melon et une dizaine d'oranges. Il n'y a pas un grand choix dans le souk car à 13h45, la plupart des étals sont déjà fermés.

Nous repartons donc vers la source à 20 kilomètres d'ici. Un panneau indique le chemin et après plusieurs aller retour sur la route , nous nous retrouvons au sommet d'une grande excavation naturelle de plusieurs kilomètres de long, mais pas de traces d'un lac. Le camping " Les Sources Bleus " est installé au fond dans la palmeraie, indiquant qu'on touche au but, alors on y va. Aussitôt stationné, un homme vient nous voir et nous demande 5 DH pour le parking. On refuse de payer car ce n'est pas indiqué dans le guide et surtout, nous n'avons pas encore vu le lac. Après un tour du camping, le seul points d'eau du coin est un petit canal de 1.5 mètres de large aboutissant à la piscine du camping. Pas de traces du lac ! Nous repartons donc super déçus, après avoir envoyer chier le gars du parking qui nous dit que nous somme pas correct car nous sommes resté 10 minutes sans payer ! Nous prenons une piste plus loins vers la palmeraie mais toujours pas d'eau. Toutes les personnes auxquelles nous nous adressons nous renvoient sur le camping. J'ai du mal à croire que Lonely Planet ai pu donner un renseignement aussi bidon. Entre un lac et un canal bétonné, la différence est trop énorme. Après 2 heures de recherche en vain, nous décidons d'aller au barrage au nord de la ville qui est censé avoir constitué un lac artificiel. Lui, il est bien là. Il faut quitter la route pour y accéder. Une camionnette nous double et quand nous arrivons au bord, la camionnette est là, les deux roues avant plantées dans la vase. Ce sont 4 espagnols pas très malins et nous les aidons à se désembourber. Ils sont aussi venu se rafraîchir dans le lac. Ils se mettent à poil en 10 secondes tout les quatre et vont faire trempette. J'hallucine ! Ce sont 4 homos qui en plus font du nudisme ! S'ils se font chopper, ça va chauffer pour eux ! Moi, je met mon maillot de bain (Udy aussi) et vais nager un peu à l'écart des espagnols pendant une vingtaine de minutes. La soleil commence à se coucher et la température descend rapidement. Les espagnols s'installent pour la nuit, toujours les fesses à l'air. Nous repartons chercher de l'essence avant de nous diriger vers les Gorges du Ziz ou nous allons essayer de trouver un coin sympa pour dîner puis dormir.

La nuit tombe mais la silhouette des montagnes environnante lasse deviner un décor grandiose. Demain matin, ce sera la surprise. Nous nous arrêtons dans un village à 10 Km de Rich. Il n'y pas de restaurant mais une sorte de bar d'étape pour les routiers et les bus de voyageurs. Nous prenons chacun une assiette de légume avec de la viande et quelques frites. Ils n'y a pas de couvert alors c'est à la bonne franquette, avec les doigts. On se lâche. C'est cool parfois de pouvoir boire et manger comme un porc. Un gars comprenant que nous n'avons nulle part pour dormir nous propose des chambres à 15 DH mais nous refusons. On a prévu de dormir dans la voiture.

Plus tard, Aziz, un jeune berbère nous propose de dormir chez lui. Comme ça, sans contrepartie. On commence donc à discuter avec lui pour voir ses intentions et on accepte. Il habite à 100 mètres, dans une grande maison en terre, du moins à l'extérieur. Dedans, il fait bon, les murs sont en brique peinte. Nous posons nos sacs dans une grande pièce rectangulaire, remplie de coussins, avec grand tapis rouge, qui sert pour les réunions de famille. C'est là que nous allons dormir. Nous allons ensuite dans le salon ou se trouve la mère d'Aziz, son frère, sa femme et leur bébé. Le seul meuble de la pièce est une télévision mais il a une parabole qui lui permet de recevoir beaucoup de chaînes étrangères, du Moyen-Orient principalement. Il dérange sa mère pour qu'elle nous laisse la place, ce qui me met mal à l'aise. On est vraiment traité comme des rois. Nous repassons ensuite dans la grande salle pour y manger. Aziz apporte une table basse, du pain, une bouillie de légume, des gâteaux et du thé. C'est le genre d'expérience que je voulais vivre ici malgré ma méfiance naturelle vis à vis des gens trop hospitalier. On parle des relations entre marocains et algériens (ils ne s'aiment pas du tout). Ils adorent les français, les espagnols et les italiens. C'est assez étonnant sachant que la France à colonisé la Maroc par la force. on parle de football (Aziz est un fan et connaît tout les joueurs de l'équipe de France par coeur) et du comportement sur le terrain. Il est super content que la France ait gagné la coupe du monde. Si elle avait joué contre le Maroc, il aurait trouvé ça normal de la laisser gagner car rien que l'honneur de jouer contre elle lui suffit. Même en finale ! Les marocains ont un sens de l'hospitalité et de l'honneur qui me dépasse. On parle ensuite du mariage, de son travail de cultivateur, des gens qu'il a déjà hébergé. Ca dure jusqu'à tard dans la nuit.
Par Ludovic - Publié dans : Maroc 1999
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 7 mai 1999 5 07 /05 /Mai /1999 00:00
La nuit a été un peu fraîche mais dès que les premiers rayons de soleil apparaissent, le T-shirt redevient de circonstance. Je prend le volant. C'est un vrai délice de conduire dans ce paysage désertique. J'achète un paquet de Prince Lu pour mon petit déjeuner et en route pour les Gorges du Dadès. Il faut retraverser Ouarzazate. Sur la route, c'est assez dangereux. A plusieurs carrefours les voitures passent malgré le feu rouge. Moi, quand je m'arrête, je me fait klaxonner ! La chaussée est très étroite, juste de quoi laisser passer 2 voitures. Quand un camion arrive en face, ça se complique ! La plupart du temps, je ralenti pour déborder de la route sinon, c'est la collision. Eux, ils passent à fond en nous frôlant. En fait, j'ai l'impression que c'est une sorte de jeu : Celui qui dévie le moins de sa trajectoire à gagné ! Quand je ne cède pas, la voiture d?en face dévie au dernier moment. Ils sont vraiment cons !

Nous nous arrêtons pour aller voir la casbah Ben Moro. C'est 10 DH pour voir l'intérieur mais ça me semble nul alors nous n'y allons pas. Par contre, à 200 mètres dans la palmeraie émerge une autre casbah beaucoup plus impressionnante. Nous en prenons la direction et un jeune nous aborde en nous proposant de nous montrer le chemin. On n'est pas débile ! On sait faire 200 mètres entre des arbres sans se perdre ! On refuse poliment mais le gamin nous suit puis nous précède en nous disant ce qu'il y autours de nous : des palmiers donc, des fleurs de grenadine et des plantation de blé. Udy essaye de lui faire comprendre en arabe qu'on a pas d'argent, ni besoin de lui, mais il continue à nous suivre. Je m énerve et lui dit de se casser. Rien à faire. Alors on continue sans faire attention à lui. La casbah est, comme souvent, de l'autre coté d'une rivière asséché mais elle est fermé au public. Une photo pour la forme et demi-tour. Le gosse est toujours là mais avec un copain en plus. Nous montons dans la voiture et il se décide enfin à venir nous taper de l'argent. Il s'accroche à la fenêtre ouverte mais je démarre et m'en vais.

La ville suivante est spécialisée dans la fabrication d'eau de rose. C'est assez étonnant de trouver ce genre de fleur dans le désert. Je ne m'y attendais vraiment pas. On s'arrête en ville pour aller au marché ou Udy achète une pastèque pour 4 DH et moi 5 oranges absolument délicieuses pour 2 DH. J'appelle chez moi et on se ballade dans les ruelles avant de repartir pour le village suivant. C'est Boulmane du Dadès, juste à l'entrée des gorges. Les habitation sont à flanc de colline comme la majorité des villages du coin mais ici, c'est très étendu, rectiligne. On s'arrête au restaurant Adrar pour le déjeuner. Udy obtient la tagine pour 50 DH au lieu de 70. Je le laisse toujours négocier car il connaît 4-5 trucs en arabe et avec son look méditerranéen, ça passe tout seul. Il est incroyable ! Il peut pas s'empêcher de tchatcher avec tout les gens qu'il croise. On se retrouve donc à table avec Ali, étudiant marocain en gestion, qui donne des cours de langue arabe à Udy qui veut tout savoir sur la signification de son nom en arabe. Ça dure 1 heure alors qu'on est plutôt pressé. Je m'énerve un peu mais il a tellement l'air de s'éclater que je laisse faire sans (presque) rien dire. Udy reprend le volant pour me permettre de faire des photos sur la route. Ça monte au fur et à mesure dans une vallée rouge avec des villages perchés sur les flanc et des palmeraies en bas. La chaussé disparaît et cède la place à une piste de cailloux qui ne permet pas d'aller plus vite que 20 km/h. Parfois, la roue passe à 15 cm du précipice.Tout le long, de curieuse formations rocheuses côtoient des canyons vertigineux, un paysage lunaire désertique. Lorsque l'on croise un camion, c'est la galère. Comme il descend, il a la priorité sur nous. Nous devons alors repartir en marche arrière jusqu'au dernier tournant afin de nous mettre dans un coin et le laisser passer. Au bout de 20 km, la piste devient moins cahoteuse, la vallée se stabilise, puis s'élargit. Nous débouchons dans un hameau sans vie, bien que quelques voitures soient garés devant les maisons indiquant la présence des propriétaires. Au delà, ça semble moins interessant, alors nous rebroussons le chemin.Un garçon s'accroche au rétroviseur en demandant un stylo puis des dirhams. Nous ne lui prêtons pas attention, Udy démarre et on s'éloigne afin de pouvoir faire le changement de conducteur tranquillement. On s'arrête au bout de 500 mètres de montée et le gamin qui nous voit sortir de la voiture se remet à cavaler pour nous rattraper. Putain ! Il est tenace ! Comme je pense que tout effort mérite une récompense, je l'attend avant de démarrer lui donne de l'argent. Plus loin, on prend une femme en stop. Elle semble très âgée et ne parle ni français, ni anglais. Son visage bronzé et ridé, ses yeux profondément enfoncés dans leurs orbites traduisent toute la dureté de son existence. Au bout d'un moment, elle ma fait signe de m'arrêter et elle part en nous remerciant plusieurs fois d'un « Chakran ». La prochaine étape est la ville d'Imerhir. La route, toujours en ligne droite, se trouve en plein milieu d'une vallée large de plusieurs kilomètres qui me rappelle celle de la Death Valley, puis nous bifurquons vers les Gorges du Todra. En chemin, je vais remplir les bouteilles dans un puit. Plusieurs jeunes filles y sont déjà et semblent étonnée de me voir là. Quand Udy me rejoint, elles croient qu'il est marocain. Je leur demande si je peux les prendre en photo mais elles refusent car c'est interdit jusqu'à leur mariage. Dommage. Une gigantesque palmeraie précède l'entrée des gorges, ainsi qu'un guide qui nous arrête et nous demande 5 DH pour nous laisser entrer. Ce n'est pas mentionné dans mon Lonely Planet mais son uniforme et son badge officiel semblent assez crédible, alors on paye. Pour accéder à l'entrée, il faut traverser une rivière qui inonde un tronçon de route sur 10 mètres. Udy fonce alors que je n'ai pas fermé ma fenêtre et je me retrouve tout mouillé ainsi qu'une bonne partie de l'intérieur de la voiture. Des touristes à pied nous informent qu'ils n'ont pas payé pour entrer, ni le bus derrière eux. On s'est fait baiser ! Je suis énervé. Demi tour, "re-a-fond-dans-l'eau" mais le gars s'est volatilisé. Les autres personnes ne sont pas trop coopératives pour nous permettre de le retrouver alors on laisse tomber. Retour dans la gorge. C'est spectaculaire. Deux immenses parois verticales s'élèvent devant nous et à ses pieds, un hôtel qui va nous servir d'abri pour la nuit. Le Toit est à 25 DH (après une longue négociation) et la tajine à 70 DH (mais la viande est délicieuse, alors ...). Je veux prendre une douche avant d'aller me coucher mais le générateur s'éteint et il n'y a plus de lumière. Je vais donc me coucher tout sale. Je garde le yeux ouverts quelques instants : le ciel est d'une pureté absolue et les étoiles sont si nombreuses que je m'y perd.
Par Ludovic - Publié dans : Maroc 1999
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 6 mai 1999 4 06 /05 /Mai /1999 00:00
Je ne pensais pas refaire un carnet de bord de sitôt mais la vie, cette chouette vie, en a décidé autrement. Me voilà donc en route pour le Maroc avec Udy pendant 2 semaines. Le départ à un air de déjà vu : L'avion doit décoller à 6h30 mais à cause des grèves de la SNCF, nous y allons la veille pour passe la nuit dans l'aéroport. Je retrouve le terminal 1 avec une certaine nostalgie. Je dors mal sur les sièges en métal et Udy oublie mon guide de voyage dans son sac qu'il a déjà donné à l'enregistrement alors que je voulais le lire pensant le vol. Ca commence bien ! Il fait mauvais temps à Paris mais dès que l'avion décolle, nous crevons le plafond de nuage pour retrouver le soleil. C'est mon moment préféré. Le vol dure 3 heures et nous débarquons sur le tarmac de la piste pour rejoindre le bâtiment à pied. J'attend le nouveau tampon sur mon passeport avec impatience. C'est mon premier voyage sur le continent africain. Udy est excité, moi, je suis plutôt calme. Il faut dire que l'Inde m'a blindé à ce niveau.

A midi, le bus s'arrête pour que nous puissions aller manger dans des échoppes sur le bord de la route. Il y a des brochettes de foie et de coeur de mouton, du jus d'orange fraîchement pressé et des sandwichs avec de la " Vache qui Rit " et un oeuf dur. Je choisi ce dernier car les brochettes m'écoeurent, ainsi que du thé à la menthe.Ca fait 12 DH mais le gars prend ma pièce de 10DK en me disant que c'est bon. Sympa ! Du coup, je reprend un autre sandwich et là, je me fait avoir. Le bus klaxonne pour prévenir qu'il part et je tend un billet de 50 DH. Le gars prends son temps et me demande 15 DH pour le sandwich supplémentaire au lieu des 4.5 DH prévus. Il veut me faire payer deux fois et profite de la précipitation pour m'arnaquer ! Comme par hasard, il n'a pas de monnaie et je suis obligé de m'en aller en récupérant seulement 35 DH. Grosse erreur de débutant ! Il faut toujours avoir du change dans ce genre de pays !

Le trajet dans le désert et les montagnes continue jusqu'à 15h00. Ouarzazate est une ville paumé sans grand intérêt si ce n'est qu'elle représente un point de départ idéal pour visiter la région. Après plusieurs heures de réflexion sur le fait de louer une voiture ou non, je me décide pour le faire car visiter tout les endroits intéressants en bus en si peu de temps relève de l'exploit. Nous obtenons une Opel Corsa rouge pour 1400 DH les quatre jours. C'est bon prix. La voiture est disponible à 16h00 et à nous la liberté !

A la sortie de Ouarzazate, nous allons voir des studios de cinéma avec des décors égyptiens qui tombent en ruine. La région est très prisé par l'industrie du film pour ses fabuleux décors naturels.Plus loin, une forteresse noire de dresse sur un promontoire. Je demande à Udy de s'arrêter pour que je puisse prendre une photo. Au fur et à mesure que je m'approche, des échafaudages apparaissent et je m'aperçoit seulement à quelques mètres que c'est aussi un décor. Hallucinant ! Udy arrive avec la voiture sur la piste et nous allons voir ensemble.

Nous repartons pour le village de Aït Benhaddou ou se trouve la casbah (une sorte de fort en argile centenaire) la mieux conservée du coin. Elle trône sur le flanc d'une colline au dessus d'une rivière qui serpente dans une palmeraie. C'est vraiment superbe, on se croirait à une autre époque. Il y a encore quelques personnes qui habitent dedans malgré sont état de délabrement. Les parois de pierre rouge sont tellement friables que l'ensemble donne l'impression d'une énorme forteresse de sable. Heureusement que la région est aride, car à la moindre averse, les murs fondent comme neige au soleil. Pour l'instant, seul le vent continue son lent travail d'érosion.

Nous visitons la palmeraie, puis les ruelles d'où se dégagent une atmosphère bizarre. Il n'y a pas grand monde. On dirait que la vie s'est arrêtée, ou qu'elle marche au ralenti dans cette partie du Maroc. Rien à voir avec l'activité frénésique de Marrakech. Ca fait du bien car petit à petit, cette paisibilité ambiante me gagne.

Très vite, le soleil se couche et comme je suis affamé, on se fait un tagine sous la tente berbère du restaurant La Baraka. Ambiance sympa même si on est les seuls. Tout les employés du restaurant viennent taper la discution avec nous. Les dernier est très calé en histoire et Udy parle 1 heure avec lui. La question de l'endroit pour dormir trouve une réponse inattendue: on décide de dormir sur les coussins de la tente pour 10 DH chacun car dehors, il fait largement assez chaud. J'adore déjà ce pays et ce genre de plan routard. Cette fois, l'aventure a vraiment recommencé !
Par Ludovic - Publié dans : Maroc 1999
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 5 mai 1999 3 05 /05 /Mai /1999 00:00

Mon travail chez Parisavenue ne commence finalement que le 1er juin au lieu du 1er mai, date initialement prévue. Ca me fait donc un mois à occuper et comme je n'ai pas envie de rester sur Paris à glander toute la journée, je décide de repartir pour 2 semaines en voyage. Ce n'est vraiment pas le moment d'un point de vue financier, mais c'est aussi peut-être le dernier voyage avant très longtemps. Alors, autant en profiter.

J'en parle à Udy qui a, lui aussi, bien envie de prendre la poudre d'escampette. Ma contrainte, c'est l'argent, lui, c'est le temps ET l'argent. Notre choix se porte donc sur un pays pas trop éloigné mais suffisamment dépaysant pour avoir l'impression de partir loin : première option pour l'Egypte, puis la Tunisie, mais ce sera finalement le Maroc. On fait le tour des agences et, hop, en 3 heures, c'est dans la poche. J'ai eu du mal à convaincre Udy de m'accompagner pour au moins une semaine, mais finalement, il craque. Je suis sur qu'il ne vas pas être déçu et moi non plus.

Par Ludovic - Publié dans : Maroc 1999
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Mon récit dans ce pays vous a donné envie d'y aller ?

Tant mieux, c'est ma plus grande satisfaction !
Pour trouver votre billet d'avion, ou votre chambre d'hôtel, je vous conseille d'utiliser Illico Travel, le comparateur le plus efficace pour trouver les meilleurs tarifs du marché.

En utilisant Illico Travel depuis ce blog, vous me permettrez aussi de gagner quelques centimes d'euros pour continuer à voyager, et vous offrir d'autres récits et photographies pour le plus grand plaisir de la communauté des voyageurs. Merci d'avance !

Ludovic


Besoin d'argent pour voyager ?

Vous rêvez de voyager davantage mais hésitez à cause de la crise?
Et si on vous remboursait vos loyers d'appartement ou vos mensualités pendant votre
absence ?

Découvrez PariSharing en cliquant ici

Ou inscrivez-vous ici

Recherche

Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés