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Mercredi 19 mai 1999 3 19 /05 /Mai /1999 00:00
Grâce matinée jusqu'à 8h30. Ça fait 2 semaines que ça ne m'était pas arrivé! La chambre ne donne pas sur la rue alors il y a moins de bruit et surtout, je n'ai pas entendu l'appel à la prière. Au petit déjeuner, je décide de craquer pour les célèbres pâtisseries marocaines qui me narguent depuis longtemps. Je suis déçu. Autre point commun avec l'Inde : c'est meilleur à déguster des yeux qu'avec la bouche. Le goût est fade, la consistance farineuse. Je me fait un hammam. Il est plus petit que celui de Fès mais il y a plus de monde. Je reste une demi-heure dans la vapeur étourdissante si bien qu'à la fin, le sceau d'eau froide ne me fait presque rien. Je récupère mes photos qui, comme prévu, ne sont pas de bonne qualité.

Je retourne dans le souk récupérer le guembri pour mon frère mais c'est impossible de retrouver seul le chemin. Je me fait donc aider. Tout est prêt quand j'arrive. Je retourne aussi dans les magasins d'objets en bois. Le premier m'accueille chaleureusement et le second se remet aussitôt en colère en me disant que si je remet les pieds chez lui, c'est pour acheter et rien d'autre. J'ai bien envie de l'envoyer chier mais c'est lui qui à les plus beaux produits. Je n'achète pas encore pour l'emmerder.

Je vais visiter le palis El Badi après 1 heure de marche à contourner la muraille qui est immense. Je paye 10 DH et je suis archi-dégoûté. Le palais se résume à une place avec des bassins vides entourés de murailles en ruine. J'en ressors illico-presto et recherche le tombeaux Saadien, le plus beau vestige de l'art marocain à une certaine époque. Sur mon plan, c'est à coté, mais en réalité, il faut traverser un dédale de ruelles qui multiplie le temps de trajet par quatre, et encore, sans se perdre. Heureusement une âme charitable se propose de m'y emmener (comment a t -il su que j'étais perdu ?) tout en faisant quelques commentaires historiques ça et là, histoire de me soutirer quelques dirhams à la fin. Quand je suis certain d'être sur le bon chemin, je lui dit que je n'ai pas d'argent et la visite guidée s'arrête aussitôt. Le tombeau est mieux que ce que j'ai vu depuis plusieurs jours mais ne m'apporte rien de nouveau dans ma quête de nouveauté. Encore 10 DH foutus en l'air. J'ai assez donné pour les monuments historiques pour aujourd'hui alors je retourne sur la place pour y manger. Il y a un jardin botanique ou j'espère que je pourrai trouver du gazon pour m'y allonger et profiter du soleil. Jesors de la ville et sitôt passé la muraille, le désert reprend ses droits. Il y a même des chameliers qui proposent de faire le trajet sur leurs animaux. Le « jardin » est pourri. Ce n'est qu'une plantation d'oliviers avec un grand bassin au milieu. Et ils osent mettre cette merde dans le guide Lonely Planet ! L'édition sur le Maroc mérite vraiment quelques corrections. Il y a quand même des bus qui débarquent les touristes 5 minutes et qui repartent. Je retourne dans le souk acheter le cadeau pour ma mère, un plateau en bronze finement décoré de zeliges gravés. Un marchand me proposent des plateaux en racine de thuya identiques à ceux que j'avais vu, mais pour 1000 DH ! Je lui aurai fait bouffé son plateau tellement il me prend pour un abruti. Vers 18h00 je rentre à l'hôtel et je ne repars que pour aller manger.
Par Ludovic - Publié dans : Maroc 1999
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Mardi 18 mai 1999 2 18 /05 /Mai /1999 00:00
9h30 de bus jusqu'à Marrakech. Il n'y a plus qu'a espérer que mon estomac tienne bon car ça va être long. Et il tient! Il fait un temps superbe et la joie que j'éprouve à chaque fois que je débarque dans un nouvel endroit est au rendez-vous.

Je prend le chemin de la plus grande place de Marrakech autours de laquelle sont regroupés tout les hôtels bon marché. Je me fait aborder en route par une marocaine, 1 mètre 50, quelques dents en moins, des lunettes de star, des seins à la Jane Birkin et une salle voix. Bref, elle ne plaît pas du tout et comme j'en ai marre de sympathiser avec des gens qui ne s'intéresse qu'à la manière d'obtenir un visa via des amis étrangers, je n'aurai aucun complexe pour lui faire comprendre que je ne désire pas sa compagnie. Mais pour discuter, il n'y a pas de problème. Elle m'aide même à trouver un hôtel. Elle veut ensuite aller boire un verre (ce que je craignais) et malgré mon prétexte de faire une sieste après 10 heures de bus, elle insiste. Alors je ne fais plus de diplomatie pour m'en débarrasser...

J'ai une chambre double pour 40 DH car vu l'heure qu'il est, plus personne ne viendra. Je fais développer les photos en urgence et ça coûte sensiblement le même prix qu'en France, la qualité en moins à mon avis. La place Jemma El Fnaa vaut le détour. En journée, les stands de jus d'oranges pressés s'alignent, les marchands de bibelots et autres troubadours l'arpentent de long en large à la recherche de touristes clients. Mais le nec plus ultra arrive à partir de 18h00.

En attendant, je vais dans le souk à la recherche de cadeaux à ramener. Je cherche le souk des instruments de musique pour mon frère et un marchand m'y emmène. Dans la première échoppe, je négocie un guembri (sorte de luth en bois et peau de chèvre avec 3 cordes) pour 130 DH au lieu de 250 DH. Mais comme je ne veux pas acheter sans avoir comparer, je m'en vais ce qui ne plaît pas du tout au marchand. Je me décide dans la troisième échoppe. Le guembri n'est pas fini alors je verse un acompte de 30 DH et je choisi la teinte finale. Je reviendrai demain le prendre. Plus loin, je tombe sur une échoppe qui vend des plateaux à service en racine de thuyas qui me plaisent beaucoup dans l'optique de m'équiper pour mon futur appartement à mon retour en France. Je vais forcement en avoir besoin pour servir les verres (que j'ai piqué en Allemagne) aux amis qui viendront faire la fête chez moi. Le premier prix est à 270 DH et quand je suis sur le point de partir, il descend à 100 DH. J'obtiens le même prix dans le magasin suivant sauf que le marchand simule une colère terrible quand il voit que je pars sans acheter. Le plateau était déjà emballé dès que j'avais annoncé mon prix ! Je me demande combien de touristes sont tombés dans le panneau ? Plus loin, j'obtiens 100 DH plus 1 T-shirt ... 

La nuit tombe et je vais manger sur la place Jemma El Fnaa. Une trentaine de stands à nourriture en tout genre s'est maintenant installé. Les charmeurs de serpent ont aussi fait leur apparition. Devant l?embarra du choix, je m'installe au hasard avec d'autres touristes. Quand je demande 2 brochettes, le gars m'en amène 6. Ca c'est du commerce ! Je lui en rend 4 sur le ton de la rigolade.
Par Ludovic - Publié dans : Maroc 1999
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Lundi 17 mai 1999 1 17 /05 /Mai /1999 00:00
J'ai dormi jusqu'à 3 heures du matin mais après ce fut l'enfer : je me suis levé 4 fois en 20 minutes pour aller aux toilettes sur le palier. La traditionnelle tourista est arrivée ! Quand j'y retourne une cinquième fois, quelqu'un d'autre est passé et a bouché les chiottes ! Je regarde aux autres étages mais il n'y a rien. Gros problème. Une idée me vient, dégoûtantes certes, mais je n'ai pas le choix. La suite n'a pas lieu d'être narré dans ces pages (pour les curieux insatiables, un e-mail pourra vous apporter une réponse).

Bref, je passe une nuit épuisante. Je me lève à 7h30 pour aller voir les horaires de bus pour Marrakech. Je peux partir demain à 7h00, 8h00 ou 9h00.Il y a aussi des bus pour Moulay Idriss, ville de pèlerinage musulman, à proximité des ruines romaines de Volubilis, les mieux conservés du Maroc. Vu mon état, j'avais prévu de rester à Meknès pour me reposer mais après tout, pourquoi pas ?

A nouveau, attente de 45 minutes pour que le bus se remplisse. Le bus me dépose à 3 km des ruines que je rejoints en coupant à travers les champs. De loi, ça me semble pas mal. Je grimpe par dessus le court mur d'enceinte pour ne pas payer les 20 DH d'entrée mais je me fais repérer et je suis obligé de passer à la caisse. Ce sont effectivement des ruines. Il ne reste plus beaucoup de colonnes debout et la ville ressemble à un labyrinthe de petits murs éboulés. L'allée principale est clairement dessinée et sous ses dalles se trouve un canal qui faisait office d'égout. Le principal attrait de Volubilis, ce sont les mosaïques qui ornent le sol de nombreuses maisons. Un groupe de touristes avec un guide anglais arrive alors je m'incruste pour avoir les commentaires. Je reste 1h30 et je repars vers Moulay Idriss en me faisant prendre par un taxi.

La ville est séparée en deux, accrochée à deux flans de montagne abruptes et opposés. J'ai un peu peur de déjeuner mais mon ventre commence à crier famine alors je m'installe dans un bar. Les tables sont dégoûtantes, collantes, mais il y a des toilettes. Je vais sur la colline d'en face afin d'avoir une belle vue sur la ville en passant pas un cimetière musulman. Je regarde quelques tombes au passage : la plupart sont normales, blanchies à la chaux, mais quelques unes sont carrelées avec les motifs marocains traditionnels en bleu et blanc. Ça donne un style très « salle de bain ». Je me dépêche de revenir sur la place centrale car il est dit dans mon guide qu'il est très difficile de quitter la ville après 15h00. Un bus est là et j'attend le remplissage pour partir. Une fois à Meknès, j'essaye de confirmer mon vol retour pour Paris. C'est pas du gâteau et je dois m'y prendre à 3 fois avant d'y arriver.

Puis je profite du soleil. Quand je pense qu'en ce moment je devrai encore être à l'armée, ça me rend tout de suite heureux. Je repars vers le souk. Dans une rue, c'est la panique. Des marchands ambulants sans licence s'échappent avec leur marchandise sur le dos car des policiers arrivent. L'un d'entre eux n'a pas été assez rapide et l'interpellation est virulente. S'il ne paye pas de bakchich, ça va être sa fête. La journée s'achève et malgré ma petite forme et cette maudite diarrhée, je suis content.
Par Ludovic - Publié dans : Maroc 1999
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Dimanche 16 mai 1999 7 16 /05 /Mai /1999 00:00
J'ai eu froid une partie de la nuit et j'ai mal à la gorge. Sûrement un coup de froid dans le gouffre. J'espère que je vais pas tomber malade. Tarik me raccompagne jusqu'au bus en me disant que je ne reviendrai probablement plus jamais ici malgré l'invitation réitéré de sa mère et de lui même. Il me demande aussi si je préfère qu'il vienne en France par surprise ou si je préfère qu'il me prévienne avant. C'est beau et nécessaire de rêver mai là, je trouve ça triste car il ne mettra, sans doutes, pas les pieds en France avant très longtemps, voire jamais. Il me fait le plein de recommandations (ça m'énerve) et le bus part enfin à 6h30. Le temps est très nuageux et un peu frisquet. Quand je pense qu'il faisait 40 degrés il y a 3 jours !

Le bus arrive à Meknès à 9h20 après un arrêt à Fès pour cause de bagarre. Une fois de plus, l'accrochage verbal s'est finie aux poings. Ils disent qu'ils ont le sang chaud, mais là trouve plutôt qu'ils sont cons. Je me suis levé à peine 30 secondes pour regarder l'altercation par la fenêtre et quand je reviens un vieux s'est assis à ma place. Mon sac à dos est à ses pieds mais il ne s'est pas gêné pour autant. Je meurt d'envie de le dégager car je ne supporte pas ce genre d'attitude mais ce n'est sûrement pas une bonne idée. Le respect pour les patriarches est immense et je risque de me faire jeter du bus, avec quelques baignes au passage ....

Arrivé à Meknès, je choisi un hôtel près de la médina ou sont regroupés tout les sites dignes d'intérêt : l'hôtel Agadir avec une chambre à 40 DH. Je vais d'abord visiter les environs du Palais Royal avec le temple dédié à Moulay Ismaïl, l'un des plus cruels empereurs marocains. Après être passé sous une grande arche aux bas reliefs superbes, je pénètre dans le temple. Une succession de cours à ciel ouvert, aux murs jaunes et avec des fines mosaïques au sol mène à la salle du tombeau. L'intérieur est très impressionnant et présente un superbe panorama du savoir faire des marocains en matière de décoration intérieure. Mais je commence à connaître le style et les photos deviennent répétitives. Ce qui manque au Maroc, c'est la diversité architecturale. L'Inde est loin devant sur ce point.

En fait, ça commence à me gonfler et comme je me sens vraiment fébrile, je n'ai même pas envie de faire le souk cet après-midi. Je fais le tour du rempart du palais et paye 10 DH pour visiter des greniers à blé et des écuries en ruine. Je prend la direction de mon hôtel en coupant par les ruelles de la Médina mais je me perd. Là encore, c'est un vrai labyrinthe.

Je déjeune dans un boui-boui assez glauque mais pas cher. Lorsque je sors mon tube d'aspirine, le cuisinier se pointe et me demande pour quel douleur c'est ? Il prend le tube et se sert un comprimé qu'il emballe dans de l'aluminium sans me demander la permission. Pas chié le mec ! Ca m'énerve encore plus. Décidément, c'est vraiment pas la journée. Je n'arrive pas à savoir si cette attitude sans gène est naturelle chez eux ou si c'est uniquement avec les touristes. Alors que je suis sur le point de partir, une assiette pleine vole depuis la mezzanine, un homme hurle et tape sur les tables des clients présents en envoyant tout valser, plats, couverts, carafe d'eau. Je reçois des gouttes de sauce à 5 mètres. Quel abruti ! Il se croit dans un film celui la ? Le patron arrive et le calme aussitôt. Les autres clients sont médusés, voire terrorisés par la soudaineté de cette colère sans raisons apparentes. Je cherche même pas à en savoir les raisons, elles ne doivent être de toute façon pas justifiées. Encore une belle illustration de leur sang chaud .... Je paye en demandant une réduction pour le cachet d'aspirine offert. Le repas passe de 20 DH à 15 DH puis 13 DH.

Pas de programme cet après-midi alors j'erre dans les rues bien que ça ne m'enchante pas et je me dirige vers le marché. Des montagnes de fruits et légumes sont disposées sous des tentes avec le vendeur assis en plein milieu. C'est une belle image. Je me fait super chier et il n'y à rien à voir ni à faire. Le cinéma ne propose que des navets locaux ou des films avec Jean Claude Van Damne ou Jackie Chan. Je trouve un banc tranquille pour m'allonger et lire au soleil mais au bout de 20 minutes, des gamins s'en servent comme cage de but.

Je retourne à l'hôtel pour dormir tranquillement et quand je me réveille, il est 19h30. Je sort pour aller m'acheter un sandwich et 2 mecs m'arrête pour me proposer une adresse. Je leur dit que je m'en fous mais l'un d'eux passe devant moi quand je marche et se retourne toute les 30 secondes pour vérifier que je suis toujours là. Au bout de 5 minutes, ça m'énerve trop alors je lui fait un « fuck » avec le doigt. Ouuups ! Ça m'a échappé. Il s'arrête et me demande sur un ton agressif ce qui ne va pas. Je m'explique sans retenue et miracle, il laisse tomber. Je me voyais déjà en train de me battre avec cet andouille. Après avoir acheter mon sandwich, je rentre dans une échoppe pour avoir une bouteille d'eau. Un homme arrive derrière moi, pose une pièce sur le comptoir et passe sa commande sous mon nez. Je le remet à sa place et le marchand rigole. Ici, c'est la loi de la jungle, il n'y pas de queue. Je vais manger dans ma chambre et au lit.
Par Ludovic Passamonti - Publié dans : Maroc 1999
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Samedi 15 mai 1999 6 15 /05 /Mai /1999 00:00
Le réveil sonne à 5h00 car nous prenons le bus pour Taza à 6h00. Taza est le point de départ vers les sites les plus intéressants du coin : le Gouffre du Friouato et des cascades dont j'ai oublié le nom. Lavage rapide du visages et des dents sur le pas de porte, et on file. Le bus diffuse sur les haut-parleurs la prière du matin pendant une demi heure. La première mission une fois à Taza sera de trouver un moyen de transport pour se rendre au Gouffre. Pas de grands taxis en circulation mais une petite camionnette qui peut nous déposer ou nous voulons et qui part dès qu'elle sera rempli. Ça peut être dans 5 minutes comme dans 2 heures. Un autre Marocain semble attendre le bus et commence à discuter avec nous. Il a des amis français qui sont venu lui rendre visite mais la manière dont il le dit me laisse penser qu'il ment. En effet, c'est un grand fantasme chez les jeunes marocains d'avoir des amis français car cela leur ouvre des portes pour disposer d'un visa vers la France, ce qui est très difficile à obtenir aujourd'hui. Les amis français sont alors censé remplir un formulaire attestant de leur connaissance du demandeur de visa et s'engagent à l'héberger pour une durée limitée. Du coup, un marocain et un français qui voyagent ensemble, ça fait des envieux. Il me demande mon adresse au bout de 5 minutes (confirmation de ce que je viens de d'écrire) mais je prétend que je n'ai pas de stylo pour ne pas la lui donner. On attend une heure que la camionnette se remplisse et au moment de partir, le jeune marocain baratine Tarik pour lui taxer 10 DH et lui demande en arabe si c'est par intérêt qu'il se prétend mon ami. La manière de raisonner de ce gars est hallucinante mais je dois aussi me dire que beaucoup de gens que j'ai rencontré et ceux qui vont suivre ont sûrement la même manière de réagir. Cela remet au goût du jour ma méfiance vis à vis de l'hospitalité des gens. Dommage.

Le minibus démarre et en chemin, nous passons devant les soit disantes superbes cascades décrites dans mon guide : pas une goutte d'eau. C'est le même genre de plan que la Source Bleu de Meskin. Par contre, la route panoramique est très jolie. Une fois en haut du col, nous débouchons sur une vallée verdoyante entourée de montagnes à l'aspect lunaire. Le minibus nous déposent à un carrefour et nous parcourrons le denier kilomètre à pieds. L'entrée de la grotte coûte 3 DH et l'achat d'une lampe pourrie 20DH. Nous sommes les premiers visiteurs de la journée et le gardien va ouvrir la porte cadenassée qui donne accès à la vertigineuse cheminée à ciel ouvert du gouffre. Les marches descendent à pic jusqu'au fond de l'aven, large de 10 mètres et haut d'environs 100 mètres. La lumière parvient à peine au fond et la température atteint à peine les 10 degrés si bien que mon souffle commence à faire de la buée. La vraie entrée du gouffre est un boyaux dans lequel je peux à peine me glisser. Tarik, qui est plus grand que moi, risque de ne pas passer du tout. J'hésite à y aller car la descente dans l'obscurité à l'air difficile et nous ne somme vraiment pas équipé pour ça. La lampe est tellement pourrie que je ne préfère pas trop compter dessus. On a aussi des bougies. Mais, d'un autre coté, je ne suis pas venu ici pour rien alors je m'infiltre dans le boyaux, peu rassuré. Il faut se plaquer à la paroi pour passer à certains endroits. 10 mètres plus bas, nous débouchons sur une grande salle (la salle de Lixus) mais nous ne voyons rien à cause de la faible portée de la lampe. Nous continuons à nous enfoncer jusqu'à un haut monticule de rochers éboulés et glissants à cause de l'humidité et qui est trop raide pour que nous passions. Nous progressons depuis 1 heure dans la grotte et aller plus loin serai de toute façon de l'inconscience. Nous prenons quelques photos et rebroussons chemin. C'est moins évident dans ce sens car il y a des bifurcations et il faut prendre la bonne direction du premier coup. Après quelques tâtonnements, nous retrouvons les premières marches puis la lumière du jour avec un soulagement. D'autres gens sont arrivé entre-temps et crient à tue-tête pour jouet avec l'écho. Dès la sortie du boyau, l'air se réchauffe et nous sentons la température augmenter en temps réel au fur et à mesure que nous gravissons les marches vers la sortie. Sensation étrange et agréable. Il est 11h20 et une navette doit passer vers midi alors on se place à l'embranchement pour manger tout en surveillant la route. Quelques véhicules passent mais ils sont déjà plein. Pas de trace de la navette mais finalement, un Grand Taxi nous prend vers 12h30. Je suis très fatigué et dès que je ferme les yeux, ma tête tombe.

Un fois à Taza, Tarik veut aller à la Médina car sa grand-mère y habite. Je discute avec son oncle qui est enseignant dans une classe à 4 niveaux. C'est une galère pas croyable à gérer mais comme il n'y a pas assez d'effectif pour composer 4 classes, il n'a pas le choix. Nous parlons ensuite de la télévision marocaine car ici aussi, il y a une parabole. Au Maroc, c'est un équipement de base (900DH) car comme les femmes ne font rien ainsi que les jeunes enfants, ils regardent la télévision toute la journée. Tarik et son oncle sont scandalisés par les « chaînes de sexe » estimant que c'est dangereux pour les enfants mais aussi pour les adolescents. Il me montre quelques secondes ou je vois juste de superbes femmes en maillot de bains se balader au bord d'une piscine. Il leur en faut peu ! Ici, c'est de la dépravation, le pire tabou de l'Islam. Etant donné la condition de la femme musulmane et la polygamie, ces réactions hostiles sur le sujet ressemblent à une énorme bulle d'hypocrisie. Nous repartons dans la médina et j'essaye de comprendre l'attitude des musulmans face au sexe mais les justifications de Tarik ne font que m'énerver encore plus. Lui qui veut visiter la France, il va avoir un choc à la première pub pour du gel douche, sans parler des putes et des sex-shops à Saint-Denis et Pigalle. Devant un telle divergence d'opinion, je zappe le sujet.

J'apprend qu'il y a ici un souk de contrebande ou il est possible d'acheter des Nike et des Levi's pour presque rien. Je demande à Tarik de m'y emmener car je n'ai plus de jeans. Effectivement, c'est pas cher mais ça ressemble plus à de la contrefaçon qu'a de la contrebande. Je trouve un Levi's à 150 DH que Tarik négocie à 120 DH. 300 francs d'économie par rapport au prix français ! Il y a plein d'autres choses intéressantes mais si je reste plus longtemps, je risque de craquer pour des choses inutiles. Une fois à la gare, il faut attendre le bus 1 heure et les Grand Taxis ne se remplissent pas. Nous prenons un autre bus qui me semble louche : il est rempli de jeunes habillés en Adidas et Nike de la tête aux pieds et avec des sacs partout. Pas mal pour des adolescents dans un pays "pauvre" ... Un barrage policier nous stoppe. Les soutes sont ouvertes mais on repart aux bout de 2 minutes. Je demande à Tarik ce qui se passe : nous sommes dans un bus de contrebandiers et les policiers qui le savent prennent un bakchich à chaque barrage pour nous laisser continuer. La police est corrompue jusqu'à l'os car ils ont un salaire de misère.

Arrivé à Taha, nous prenons nos affaires de toilette pour aller aux douches communes car le hammam est fermé. Je fait la morale à Tarik sur les gens qui se battent pour avoir ce qu'ils veulent car il se plaint sans cesse qu'il n'y arrivera pas, que j'ai de la chance d'être né en France (je l'ai fait exprès peut-être ?) et bla bla bla. J'essaye de le motiver à fond mais pour un marocain, le succès est quelque chose de très relatif. Pour lui, le succès et la richesse passent par la France. Après le repas de lentille, je lui refais son curriculum vitae pour qu'il soit un peu plus dynamique et je continue à l'encourager. Je ne peut rien faire deplus pour lui pour le moment. J?ai passé une bonne journée, assez étrange.
Par Ludovic - Publié dans : Maroc 1999
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Ludovic


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