Lundi 2 janvier 2006
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Parcours depuis le Refuge Los Cuernos jusqu'au Refuge SarmientoLe programme de la journée se résume a un aller-retour jusqu'à un mirador situé à 2 heures de marche de notre camp. La météo n'est pas très bonne, mais au moins, il ne pleut pas. Nous prenons dans un petit sac à dos, juste de quoi faire un sandwich pour le déjeuner, et nous laissons tout le reste dans la tente. Pas de risque, à priori, de se faire voler quelque chose, tout le monde fait pareil, et je ne laisse aucun objet de valeur.
Le chemin longe la rivière tumultueuse qui coule directement du Glacier de Los Frances dans une vallée faite de gros rochers empilés.
Ca monte raide, et c'est l'enfer pour les jambes qu'il faut lever haut pendant une bonne demi-heure. Nous atteignons une crête peuplée de tronc d'arbres desséchés et blanchis en vrac sur le sol. Ca ressemble parfois a un champ de bataille. Je me demande ce qu'il a bien pu se passer ici.
Une fois au sommet qui nous offre une vue panoramique sur la vallée et le glacier, nous passons dans la forêt.
Le chemin zigzague entre les racines d'arbres, et nous fait faire des montagnes russes pendant plus d'une heure. A mi-parcours, Sarah n'en peux plus car elle a une douleur au genou depuis hier, et elle préfère retourner au camp pour s'économiser. Je prend donc son sac (en fait celui de Moti qui a réussi à lui refiler dans un geste de galanterie mémorable), que je rend dix minutes plus tard à son propriétaire que j'ai rattrapé.
Nous franchissons des rivières et après deux heures de marche, nous arrivons enfin au Camp de Los Inglese, ce qui signifie la proximité du Mirador.
Nous continuons pendant encore 30 minutes et atteignons enfin un gros rocher au sommet plat qui surplombe la vallée et nous offre une vue panoramique sur les environs. Nous sommes dans une sorte de gigantesque cirque naturel délimité par une série de montagnes granitiques aux formes fabuleuses.
Les "Jumeaux sont 2 cônes parfaits côte à côte, la "Cathédrale" est un immense pic abrupte au sommet arrondi, dont la paroi est striée de haut en bas, le "Chateau" est un mur de granit horizontal, et les "Dentelles" sont un sommet finement ciselé sur plusieurs centaines de mètres. Derrière nous, l'ensemble du Torres Grande se montre sous un nouvel angle qui laisse apparaître une longue ligne de roche d'une couleur différente du reste, donnant l'impression que la montagne a été frappée d'un coup de sabre géant.
L'emplacement est idéal pour déjeuner, donc nous sortons les boites de thon, le pain et la mayonnaise.
Nous retrouvons Lam, qui redescend et compte aller jusqu'au Camp Paine Grande. Il ne transporte qu'un minuscule sac à dos car il dort et dîne dans les refuges, et il se nourrit au déjeuner de gâteaux secs. C'est plus simple de faire du trekking comme ça ! Nous nous donnons rendez-vous à El Calafate sans se fixer d'endroit précis, mais je parie que ça va marcher.
Nous reprenons le chemin du retour à 13h00 et arrivons à 15h30 au camp de nouveau épuisé. La descente a fait aussi mal au genoux que la montée, et il nous faut maintenant plier bagage pour notre prochain camp, à 2 heures de marches. Sarah a trop mal au genou et décide de rebrousser chemin au Camp Paine Grande pour prendre le catamaran demain matin et rentrer à Puerto Natales. Avant de partir, nous assistons à une énorme avalanche de glace qui crée un effet boule de neige au fur et à mesure qu'elle descend le glacier.
Nous nous mettons en route à 16h30. Nous longeons le fjord avec une tendance plutôt "descente", ce qui m'arrange bien. Au bout d'une heure et demi, je m'effondre sur la rive.
Je suis au bord du fjord à l'eau d'un bleu turquoise cristallin, et dont la plage est d'un genre que je n'avais jamais vu auparavant : les cailloux sont seulement noirs ou blancs, et répartis de telle manière que, de loin, l'illusion d'un damier est parfaite.
J'attend là Amichay et Moti car le camp n'est plus très loin. Moti m'a demandé des conseils pour prendre des bonnes photos à la fin du premier jour, et je lui ai donc fait un petit cours pratique. Pourtant, il n'en prend pas malgré la beauté du lieu. Ca m'étonne, donc je lui pose la question. Sa réponse me sidère : "ce n'est pas la peine car comme tu prends des meilleures photographies que moi et que l'on voit exactement les mêmes choses, je récupérerai les tiennes à la fin". Bien sur .. Présenté comme ça, tu rêves mon coco...
Nous y arrivons 30 minutes plus tard sous un début de pluie. Il n'y a plus d'emplacements de camping pour deux tentes côte à côte, donc nous décidons de ne monter que celle de Moti et de dormir a trois dedans. Moti a aussi un matelas pneumatique énorme qui est une vraie galère à gonfler. Il faut pomper à la main pendant une demi-heure ! Un truc qui m'énerve avec lui, c'est qu'il a tendance a donner des ordres quand il veut quelque chose : "donne moi le sel.. viens ici pour m'aider... tiens moi ça", et jamais un "s'il-te-plait" avant, ni un "merci" après. Je lui fais gentiment comprendre que s'il veut s'assurer ma coopération pour les jours restants, il a intérêt à mettre les formes avec moi. Ca à l'air de l'étonner que je sois sensible à ça, mais il fait un effort dans ce sens. Je l'aide donc a monter la tente et a gonfler son matelas pendant que Amichay s'occupe de la popotte. Je vais prendre une douche au refuge, et à 22h00, je suis dans mon sac de couchage
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