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Brésil

Vendredi 21 octobre 2005 5 21 /10 /Oct /2005 00:00

Belem est une ville de taille importante située à l'embouchure du fleuve Rio Amazonas avec l'Océan Atlantique. Belem est surtout réputée pour son marché, le Ver o Peso. Mais ma première préoccupation ici n'est pas de faire du tourisme, c'est de réserver un billet d'avion pour Manaus, capitale de l'Amazonie. En effet, mon projet initial de remonter le Rio Amazonia en bateau est vite tombé à l'eau compte tenu du retard que j'ai accumulé dans mon planning, car il faut prévoir entre 4 et 5 jours de croisière. Sachant que je vais encore devoir passer 4 jours sur un bateau pour atteindre Porto Velho, la ville la plus proche de la frontière bolivienne depuis Manaus, l'option aérienne m'a semble inévitable pour ne pas accumuler plus de retard.
Alors qu'il m'a fallu 15 minutes pour réserver un vol à Rio de Janeiro, ici, ça me prend une demi-journée pour trouver un vol Belem-Manaus (environs 75 euros) pour le lendemain ! Sylvia doit prendre un autre vol qui part plus tard, car il n'y a plus de places dans le même ordre de tarif sur le mien. Bref, à 15h00, je peux enfin prendre la direction du Muséo ou un jardin zoologique et botanique intéressant me permet d'avoir un premier aperçu de la faune et de la flore amazonienne.

L'une des particularités de Belem, c'est sa météo : l'une des villes les plus pluvieuse au monde. Et effectivement, lorsqu'une averse arrive, ça ne rigole pas ! Ca ne dure que quelques minutes, mais dans ce laps de temps, les caniveaux (que je trouvais particulièrement haut, mais j'ai compris pourquoi après la pluie), se transforment en torrent de détritus. S'il avait été plus petits, c'était l'inondation assurée. Il y a 3 ou 4 averses par jour, on s'y habitue vite car le soleil revient aussitôt.

Autre intérêt de Belem : son marché, le plus animé du Brésil. J'avais prévu de me lever à 5h00 pour aller voir les bateaux de pèche arriver au port et décharger leur cargaison de poissons, mais j'était tellement fatigué que je ne me suis pas réveillé. Du coup, j'y vais en fin de matinée, mais l'ambiance n'est sûrement pas la même.

Le marché commence par les étalages de vêtement et de hamacs, ce dernier étant incontournable pour qui veut passer quelques jours dans la jungle. J'en achète un, ainsi que des DVD (copies pirates bien sur ...) pour passer le temps sur le futur trajet en bateau. Puis arrivent les étalages de fruits exotiques. Je ne connais même pas la moitié d'entre eux tellement il y en a de différents. Viennent ensuite les étalages de médecine traditionnelle, reconnaissable par les centaines de petites bouteilles de potions suspendus partout.



Il y a bien sur les mixtures classiques pour les maux divers et variés (dents, estomac, tête), les mixtures un peu plus ésotériques (potions de bonheur, chance, amour), et ...  une place spéciale pour les grandes bouteilles de viagra naturel. Sûrement un best-seller local compte-tenu de l'importance qu'attachent les brésiliens à ce genre de chose.



La visite continue par la halle ou les poissons sont débités, nettoyés et vendus. Il ne reste presque plus rien à 13h00. J'arrive quand même à voir quelques beaux spécimens, dans la rue.





Puis je longe le dock où tous les bateaux sont amarrés pêle-mêle. Les marins ont fini leur travail de la journée et tous se prélassent à l'ombre, dans un hamac, ou dans les confortables filets vides. Je vais ensuite à la halle des viandes, qui elle aussi, est quasiment vide. J'aurai vraiment dû me lever ce matin ! Le spectacle de l'agitation de ce marché vaut sûrement le détour.

Mon avion s'envole à 18h00 avec 30 minutes de retard. 30 minutes suffisantes pour que la nuit complète arrive et ruine mes espoirs de voir le Rio Aamazonas serpenter dans la jungle depuis l'avion. L'avion fait une escale à Santarem, autre ville importante sur la rive du fleuve. Une superbe blonde aux yeux verts monte à bord et se met à côte de moi. Malheureusement le tableau est complètement gâché quand je m'aperçois qu'elle a son pelage d'hiver. Un vrai ours, tant sur les bras que sur les jambes... C'est aussi ça le Brésil !

Par Ludovic - Publié dans : Brésil
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Mercredi 19 octobre 2005 3 19 /10 /Oct /2005 00:00
Nous nous levons à 6h00 afin de prendre notre train qui part à 8h00 d'après les renseignements des gars que nous avons rencontrés hier sur la bateau au retour d'Alcantara. La gare ferroviaire étant éloignée, nous allons d'abord à la station de bus. N'ayant aucune idée de quelle direction prendre, nous demandons à un agent de la gare qui nous répond complètement à coté de la plaque, mais sa réponse n'est pas dépourvue d'intérêt :
-  "Pourquoi vous allez à la gare ? Il n'y a pas de trains aujourd'hui."

Moment de silence, je ne suis pas sur d'avoir bien entendu. Je regarde Sylvia, qui fait la même tête effarée que moi. Nous lui demandons de répéter 3 fois de suite pour être sûr. Mais oui, l'agent de transport nous confirme que les trains ne partent qu'une fois par semaine, et aujourd'hui n'est pas le bon jour. Je suis blasé, même pas énervé, juste blasé de cette organisation à la con. Pourquoi je n'ai pas insisté pour partir en bus hier soir comme prévu ? Pourquoi est-ce que on ne nous donne toujours que la moitié des informations ?

On s'assois sur un banc pour réfléchir. Pas question d'attendre plusieurs jours que le train parte. Qui sait quelles autres surprises nous attendent par la suite ?
- nous pouvons prendre le bus ce soir, mais nous perdons encore une journée à Sao Luis.
- nous fonçons à la gare routière et nous essayons de prendre le bus de 8h00 pour Belem, en priamt pour qu'il y ai encore de la place.
C'est l'option numéro 2 qui l'emporte. Nous arrivons à 7h30 à la gare et par chance, un bus est juste en train de fermer ses soutes. C'est parti pour 12 heures de voyage sur une route chaotique.

A peine sorti de Sao Luis, des nids de poules géants apparaissent dans la route, puis ce sont des portions entières d'asphalte qui disparaissent. La végétation sur le bas-coté est rougit par la poussière qui la recouvre. Des kilomètres de champs avec des palmiers disséminés un peu partout compose l'unique paysage de la matinée.



Nous faisons une halte pour déjeuner dans une ville poussiereuse, ou le soleil est insuportable, et ou les vautours rodent dans la rue. Un petit air de far-west rode ici.

Le paysage de l'après-midi évolue en une sorte de plaine marécageuse recouverte d"herbes aux nuances de vert, puis un cours d'eau apparaît et des animaux font leur apparition. D'immenses domaines d'élevage sont installés dans cette zone fertile.







La nuit tombe, et nous arrivons enfin à 20h30 à Belem. Un bus nous dépose au centre ville qui est désert. Pas très rassurés, nous prenons rapidement les petites rues sombres qui mènent à l'hôtel Fortaleza, un hôtel rudimentaire dont les chambres ne sont que des fines cloisons dans de vastes pièces. Il fait une chaleur étouffante. Seul point positif, la propriétaire parle francais et est tres accueillante.
Nous sommes trop fatigués pour chercher ailleurs, donc nous allons manger rapidement aux boui-bouis du marché, seuls endroits encore ouvert a cette heure.
Par Ludovic - Publié dans : Brésil
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Mardi 18 octobre 2005 2 18 /10 /Oct /2005 00:00
Alacantara est un paisible village de pécheurs situé sur une île de l'autre coté de la Baie de Sao Luis. Son architecture coloniale est censée être l'une des mieux conservée et l'une des plus homogène du Brésil. Le bateau met 1 heure et demi pour atteindre l'île. Un temps qui est paru interminable pour beaucoup de passagers, compte tenu de la quantité de vomi qui s'est déversée dans les petits sacs plastiques qui nous ont été distribués. Ca en devient un jeu, en pariant sur la prochaine victime du roulis.

Le port d'Alcantara est à moitié asséché, en raison de la marée qui a commencée a se retirer, parfois sur plusieurs kilomètres, donnant l'impression qu'un immense marécage nous entoure.







Je commence à monter la rue principale dont le pavement forme des motifs triangulaires. La chaleur n'est pas encore accablante, il y a un peu de vie dans les rues, mais cela ne dure pas. Le village s'assoupit sur le coup de  midi.



Très vite, je m'aperçois que beaucoup de bâtiments censées être intéressants ne sont plus que des ruines, et leur intérêt est limité sans un guide pour en connaître l'histoire. Même la Place Principale d'Alcantara, considérée comme un joyau d'après les guides, me semble fade. Je crois que j'ai assez vu de villes coloniales depuis mon arrivée au Brésil, il est temps d'arriver en Amazonie pour me changer les idées.











J'erre dans les rues pour prendre des photos, et je retourne au port où le bateau part à 16h00. Sylvia a rencontré 2 étudiants qui nous conseillent de prendre le train pour aller à Belem. L'idée est séduisante car nous passons par la campagne profonde pendant 8 heures, puis nous terminons le trajet en bus. De plus, cela nous coûtera moins cher. C'est décidé, nous prendrons le train demain matin, au lieu du bus ce soir.

Nous retrouvons nos amis étudiants pour le dîner : une délicieuse pizza avec du vin qui coûte une fortune compte tenu de la qualité plus que médiocre, mais qu'est ce que ça me manquait !
Par Ludovic - Publié dans : Brésil
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Lundi 17 octobre 2005 1 17 /10 /Oct /2005 00:00
La ville de Sao Luis est la seule ville brésilienne fondée par les français à l'époque de la colonisation. Pour autant, on n'y trouve aucune trace de culture française. La ville a été récupéré par les portugais qui y ont imprimés leur style architectural, notamment les fameux azuleros, ces carreaux de faïence bleue qui recouvrent les façade des bâtiments d'époque. Certaines rues de la vieille ville ont donc des allures de salle de bain, ce qui change du style colonial coloré de Salvador da Bahia, ou encore d'Olinda. Et comme d'habitude, les rues sont désertes dès que la chaleur dépasse les 30°C.







Beaucoup de bâtiments sont complètement délabrés et ne sont plus que des façades sans toit. Malgré cela des gens habitent dedans, dans un état d'insalubrité totale. Un hamac, un réchaud et un frigo, il n'en faut pas plus pour vivre dans les vieilles demeures coloniales de Sao Luis.

 
     
 
Par Ludovic - Publié dans : Brésil
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Dimanche 16 octobre 2005 7 16 /10 /Oct /2005 00:00

Départ à 6h00 du bus pour Sao Luis. Nous ne sommes que 5 personnes au début du trajet, mais en 1 heure, le bus s'est rempli à tel point qu'une quinzaine de personnes voyagent debout dans l'allée. Je me serre avec Sylvia sur mon siège pour faire de la place à une petite fille, qui descend 1 heure plus tard, puis une maman dépose son petit garçon sur la place (qui n'en est pas vraiment une) qui se libère, sans nous demander notre avis. Et bien sur, aucun brésilien ne fait de même avec les autres enfants du bus...

Nous arrivons à Sao Luis à 12h30, et nous nous rendons à l'Auberge de Jeunesse dans la vieille ville. C'est dimanche, et une fois de plus tout est fermé, les rues sont complètement désertes. Est-ce bien la même ville où a lieu le dernier jour du Carnaval Marafolia. Difficile à imaginer dans ces conditions.

Nous rencontrons 2 suisses et 1 hollandais avec lesquels nous allons déjeuner. Ils ont été au Carnaval hier soir, et commencent à nous raconter comment ça se passe. Ca promet d'être un sacré moment !
Je vais me promener un peu à proximité de l'hôtel pour avoir un premier aperçu de la ville. Le quartier est assez délabré, un tiers des maisons coloniales ne sont plus que des façades, et je peux voir le ciel bleu à travers les fenêtres car le toit s'est souvent effondré. Je rentre me reposer un peu et je pars avec Sylvia au Carnaval à 17h00. Nous avons rendez-vous avec les autres à 19h30 sur place. Je ne prend pas mon appareil photo car il y a peu de chance que je sois en mesure de le garder.

Le bus est bondé de jeunes, nous sommes les seuls "blancs" dedans. Tous le monde descend en même temps, et nous marchons encore 5 minutes en suivant un long cortège jusqu'au lieu de la fête. Le Carnaval de Sao Luis, n'a rien à voir avec celui de Rio de Janeiro, où celui de Salvador da Bahia : les gens ne sont pas déguisés, et ça ne dure "que" 3 jours. C'est plutôt une sorte de gigantesque parade musicale, où toute la jeunesse de Sao Luis et des environs se donne rendez-vous. Et avec le sens de la fiesta des brésiliens, ça devient vite démesuré...

Un long boulevard à double voie longe la plage sur plusieurs kilomètres. D'un côté, des camions stationnent en fille indienne. Sur leur immense remorque, une monstrueuse sonorisation a été installée. Au sommet (plus de 15 mètres de haut parfois), une plate-forme accueille tout un orchestre de musique, et une trentaine de danseurs répartis devant et derrière. Une rangée de puissants spots éclairent le cortège au fur et à mesure de son très, très, TRES, lent déplacement.

Un périmètre spécial entoure chaque camion, car seul les gens qui supportent le groupe qui jouent ont le droit de danser sur la même voie que lui. Ils ont tous le même t-shirt de couleur flashy marquant leur appartenance au cortège des supporters.
N'étant pas au courant de la règle, je saute la corde et commence à suivre le cortège spécial en dansant sur le rythme endiablé du groupe qui jouent en direct. Mais je ne peux rester que 5 minutes car la sécurité arrive et me fait sortir pour aller rejoindre les gens "normaux" qui suivent sur l'autre voie parallèle.

L'ambiance n'y est pas moins bien, loin de là d'ailleurs, c'est juste que je ne fais pas parti des riches "privilégiés". Il y a plus d'espace pour danser, et tous le long sont installées des baraques à frites et à Caipirinha. A l'autre bout de la plage, d'immenses gradins ont été installés, et les camions passent au milieu marquant la fin de la parade pour eux.

Nous retrouvons nos amis de l'Auberge de Jeunesse et commençons à suivre le convoi tout en dansant. L'ambiance est folle ! Les brésiliennes, qui adorent toutes danser, courent partout. Les brésiliens sont plus calmes, préférant s'occuper temporairement de leur soif sur le bas-côté. Car une fois que leur taux d'alcoolémie est suffisamment haut, j'assiste a des scènes assez surprenantes. Le brésilien ne s'embarrasse pas de manières pour faire comprendre à une fille qu'il l'aime bien : il l'attrape par le bras, ou la taille, et la force tout simplement à l'embrasser. S'il n'arrive pas à atteindre la bouche au bout de 5 secondes, ou si la fille se débat comme une furie pendant le "baiser", il lâche prise et essaye avec une autre un peu plus loin. Il y a tellement de femmes ici (peut-être le double des hommes!) que ça ne leur pose pas de problème. Parfois, ça marche : la fille n'a même pas le temps de voir qui elle embrasse, mais elle ne résiste pas ...

Autre aspect social du Carnaval : les pickpockets. Ils sont partout, en permanence, et profitent de la cohue pour vous faire les poches. Tout d'un coup, je sens un mouvement de foule, et je me retrouve entouré de 5 brésiliens, dont l'un a manifestement les mains balladeuses. Je le repousse violemment en lui faisant signe que je suis prêt à me battre, il roule un peu des épaules avec ses poings serrés, et disparaît dans la foule. Sur le coup, ça m'énerve tellement qu'il puisse agir comme ça en toute impunité que je suis vraiment prêt a être violent avec le prochain. Mais ça n'arrivera plus.

Je passe la soirée à alterner les moments de danse avec mes amis et des moments de repos autours d'une caipirinha. La parade se termine sur le coup de 2h00 avec le passage du dernier char. La plupart des gens restent car il y a de la musique partout, mais je préfère rentrer. Il y a de plus en plus de gens louches, complètement ivres, et ici comme ailleurs au Brésil, la sécurité n'est pas optimum.

Par Ludovic - Publié dans : Brésil
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Ludovic


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