Lundi 3 avril 2006
Comme les jours précédents, un vrai déluge s'est abbatu sur Bajawa toute la nuit m'empechant de bien dormir. A 8h00, nous prennons la direction du village de Bena a 18 km de Bajawa. Le ciel est nuageux mais au moins, il ne pleut plus. La route cahoteuse serpente dans la foret tropicale et se termine en cul-de-sac au pied du volcan Gunung Inerie, ou le village git sur un petit promontoire.

Les huttes tradionnelles sont dans le meme style que celles du village de Wogo, mais le cadre naturel est indiscutablement plus beau. Bena est un village de l'ethnie Ngada. Les maisons en bois avec leur haut toit de paille sont alignées le long des hautes terrases en pierre, un peu dans le style des terrasses incas. Au milieu du toit se trouve souvent une poupee de paille qui trone tel un demon surveillant la maison.



Des étranges mégalithes de pierre acérées sont répartis a plusieurs endroits du village. Nous payons le droit d'entrée (5000 RPH) et commencons la visite, avec des rayons de soleil qui apparaissent de temps en temps. Ils arrivent au bon moment ceux-la !

Je visite les maisons une par une. A chaque fois, des gens assis sous le porche exercent une activité d'artisanat, le plus souvent du tissage. Le village vit beaucoup du tourisme via la vente des produits fabriqués ici.




Les gens ont généralement l'air d'etre assez agées. Contrairement aux autres villages traditionnels ou les enfants gambadaient partout, venaient a notre rencontre et se battaient pour etre sur une photo, ici, ils sont beaucoup plus réservés, restant dans les jupons de leurs mamans.

 


Je termine mon exploration de la premiere rangées de maison en un demi-heure, et je monte sur le promontoire au bout du village. Il offre une vue impressionante sur la vallée d'un coté, et sur le volcan Gunung Inerie de l'autre coté, dont le sommet est noyé dans les nuages. La vue d'ensemble du village y est aussi la meilleure.



Il faut maintenant aller voir l'autre rangée de maison qui est en tout point similaire a celle en face, mais les gens sont différents. A la premiere maison, je demande le prix des sarongs. Selon la taille, ils valent entre 50 000 RPH et 80 000 RPH, donc j'en achete un qui ressemble le plus a ceux que portent les habitants du village.


Je vais un peu partout pour essayer de trouver des nouveaux angles de vue ou des nouvelles tetes, mais ca devient difficile car j'ai déja prit plus de 200 photos en 1 heure. Pourtant, il y a encore des choses a faire comme ces 2 petites filles jouant aux osselets sur une plate-forme cérémoniale.


Un peu plus loin, je vois un sarong qui me plait plus que celui que j'ai acheté 10 minutes plus tot. Je me demande si je ne peux pas le ramener et acheter celui-la a la place, mais la vieille femme qui me l'a vendu risque de faire la tronche si je fais ca ... Finalement, j'achete le deuxieme aussi, l'autre me fera un cadeau original a rapporter. Je retourne vers la voiture en trainant un peu les pieds, mais il est temps d'y aller si nous voulons arriver ce soir a Riung, un village de pecheur de l'autre coté de l'ile.

Nous repassons par Bajawa ou se tient un grand marché tres animé. Kennedy nous y arrete pour que nous achetions de la nourriture a emporter. La pluie est revenue et je m'enfonce aussitot dans le labyrinthe des étals alignées sous des baches en plastique bleu ou orange.


Les vendeuses de légumes ont soigneusement disposé leur marchandise sur le sol créant un beau patchwork géométrique colorés.


Un peu plus loin se trouve une halle abritée ou se tient un bric-a-brac d'objet en tout genre, empilé jusqu a plus de 4 metres de haut. Je pourrai errer des heures dans un tel endroit mais nous devons partir. Nous allons acheter notre riz-poisson-curry a emporter et repartons sur la route détrempée.

Nous arrivons a 13h30 aux sources d'eau chaude, une sorte de complexe touristique qui a l'air a l'abandon total. Les murs des batiments en brique ou en pierre commencent a etre envahis par les moisissures de l'humidité. Un grand batiment en bambou censé accueillir des séminaristes est grand ouvert, désesperement vide. Mais qui voudrait venir faire un séminaire ici franchement ???  Il n'y a que nous ici, l'atmosphere est étrange. Nous nous déposons nos affaires a coté d'une riviere qui fait une petite cascade plus loin. Je trempe mon pied dedans et, oh bonheur, l'eau est au moins a 40 degres ! Je glisse vite en entier dedans, j'ai l'impression de retrouver les sensations du bon vieux temps ou je pouvais prendre un bain bouillant chez moi. Surtout, ca fait 1 semaine que je me lave a l'eau froide (voire tres froide parfois) donc j'apprécie ce bain a sa juste valeur. Je vais ensuite explorer un peu les cascades plus bas qui, grace au fort courant, prodiguent un excellent massage lorsque je m'installe en dessous. Les autres me rejoignent aussitot. Au bout d'une demi-heure je suis completement affamé donc je sors de l'eau et vais manger. Avant de partir, il faut payer une petite contribution (3000 RPH).



La route grimpe a nouveau dans la montagne et son mauvais état empire. Les trous sont de plus en plus nombreux et parfois des morceaux entiers se sont effondrés, surement a cause de la pluie incessante depuis des semaines qui provoque des glissements de terrain. Je dois meme sortir du 4X4 pour vérifier qu'il passe dans les plus gros trous.


L'autre probleme est l'étroitesse de la route combinée a la conduite dangeureuse des véhicules qui arrivent en face. Ils roulent tous comme des dingues sans klaxonner dans les tournants comme le fait notre chauffeur. Je ne compte plus le nombre de fois ou il a mis un brusque coup de volant sur la gauche pour éviter un bémo qui foncait sur nous plein pot. Kennedy est vraiment un bon conducteur, je m'en rend compte un peu plus tous les jours.


Nous arrivons a Riung a 17h00 apres un trajet épuisant. Il nous dépose au Nirvana Bungalows, un petit havre de paix accessible par un chemin tellement boueux que j'ai bien cru que nous allions resté dedans. La voiture patine, glisse de travers, mais Kennedy se débrouille toujours pour la remettre sur les rails et atteindre le portail de notre hotel. L'endroit est tenu par une suissesse qui vit ici avec un indonésien. Le bungalow (65 000 RPH) avec la salle de bain est propre, c'est décoré avec bon gout, le lit est confortable, on sent tout de suite la différence par rapport au standard indonésien ! Nous prenons un thé de bienvenu et discutons avec le copain de la suissesse. Il est guide et il peut nous organiser pour demain une journée entiere de snorkelling dans les nombreuses iles aux alentours, si la météo le permet. Pour l'instant, ce n'est pas encourageant, donc nous verrons comment ca evolue et prendrons une decision demain matin seulement.

Nous partons diner en voiture dans le "meilleur" restaurant du village. Quasiment aucun des plats inscrits sur la carte n'est disponible donc nous nous contentons d'un poisson grillé avec du riz, et de la biere Bintang bien sur. A 22h30, je suis vraiment fatigué donc je lance le mouvement pour le retour. La voiture s'engage dans le chemin boueux et reste scotché en plein milieu. Kennedy tente des manoeuvres pendant 5 minutes mais rien a faire, ca ne repart pas. Je descend pour aider a pousser en sachant que je condamne mes chaussures et mon pantalon a un décrassage mémorable, mais nous ne faisons guere avancer la situation. Au bout de 20 minutes, nous abondonnons et tous le monde rentre a pied en essayant de pas glisser dans les flaques de boue.
par Ludovic publié dans : Indonésie
ajouter un commentaire commentaires (1)    recommander
Dimanche 2 avril 2006
Avant de quitter Ruteng, Kennedy nous emmene a un point de vue qui permet de se rendre-compte que Flores n'est pratiquement qu'une immense riziere qui fournit la principale occupation et source de revenu pour la majorité des habitants de l'ile. Pas une colline n'a pas éte sculpté de terrasses a riz.

Le chemin traverse un cimetiere chrétien dont les tombes en piteux état sont éparpillées dans la végétation rampante. Les rares sépultures entretenues sont décorées de carreaux de mosaique dans le style salle de bain, ce qui confere a l'ensemble un drole d'aspect pour un cimetiere. Les noms gravés sur les tombes sont étonnants aussi : je m'attendais a lire des noms et prénoms a consonnance indonésienne, et au lieu de ca, je lis des Hubertus, Petrus, Patrizia. Des restes de la colonisation hollandaise j'imagine.


Nous restons dans les environs de Ruteng ou Kennedy nous emmene voir un village traditionnel. Il y a un droit d'entrée a payer (5000 RPH), et le village ne s'avere pas passionant par rapport a ce que je m'attendais en imaginant un village traditionnel. C'est un simple regroupement de quelques maisons en bois autours d'une petite place circulaire et pavée.



Par contre, les habitants, eux, sont au rendez-vous. Toujours souriants sont les visages de ces enfant adorables, fiere est celui des personnes agées imposants le respect. Je ne fais quasiment que des photos de portraits ici.

 

J'achete des galettes de mai souflées au supermarché du coin (comprenez "la cabane en ruine qui vend de la lessive, du dentrifrice, de l'eau, des cigarettes et des sucreries".) et nous repartons pour Ruteng afin d'aller faire un rapide tour au marché local.

Le marché se compose d'une vingtaine d'étals abrités. On y trouve des légumes et autres fruits tropicaux, un peu de viande, mais guere plus. Le marché est quasiment vide, jusqu'a ce que nous arrivions. En 5 minutes, une dizaine de mobilettes s'est garée et les gens, surtout des jeunes, nous regardent un peu comme des extra-terrestres.



Nous quittons définitivement Ruteng pour prendre la direction de Bajawa, le centre touristique de Flores en raison des nombreux villages traditionnels existant aux alentours. La route s'enfonce dans la montagne, dominant les inévitables rizieres en terrasses. Les couleurs sont fabuleuses, presques eblouissantes.



Nous faisons un arret rapide pour apercevoir un lac depuis un promontoir, puis la route redescent ves la cote traversant a nouveau les rizieres. Nous nous arretons devant des maisons ayant des murs avec un beau tressage pour prendre des photos, et aussitot tous le monde sort et commence a taper la discussion. Une maman tiens un bébé qui rigole tous le temps, avec une bouille terrible. Et quand elle se met a sourire aussi, le portrait de famille est simplement fabuleux.


L'arret suivant est effectué a une fabrique artisanale d'arak, un alcool a base de lait de coco. Quand je dis "fabrique artisanale", la encore, il faut comprendre un abris au toit de paille ou une distillerie rudimentaire a été installée. Le lait de coco est bouilli dans une sorte de poele duquelle s'échappe un long tube de bambou. A l'extrémité a été placée une bouteille en plastique qui recueille un liquide jaune transparent coulant au compte-goutte. Birgit achete une petite bouteille pour faire gouter a ses amis de Yogyakarta.

Nous arrivons enfin a Bajawa peu apres. Nous allons a l'Hotel Edelweiss, un endroit propre recommandé dans le Lonely Planet. La chambre double coute 65 000 RPH. Ici encore, j'ai sous-estimé l'éloignement de la civilisation auquel j'aurais a faire face. Je m'attendais a pouvoir utiliser Internet pour metre a jour le blog mais il n'y a nulle part de connexion qui fonctionne. Je me demande meme s'il y en a eu un jour ... Et contrairement a ce qu'on nous avait dit, il n'est toujours pas possible de réserver un billet d'avion pour revenir a Bali car il n'y a pas de bureau Merpati ici. Pas plus que de distributeur automatique d'argent d'ailleurs. Birgit comptait la-dessus aussi mais faute de ne pouvoir utiliser sa CB nulle part, je lui avance de l'argent. Heureusement que pour ca, j'avais prévu tres large !

Nous sommes arrivées tot a Bajawa, il nous reste  du temps avant la tombée de la nuit et nous demandons a Kennedy si nous pouvons aller voir un village traditionel maintenant. Il nous emmene a celui de Wogo, a une vingtaine de kilometres de Bajawa. Quand j'apercois les maisons, je me dis "enfin ce que je voulais voir !". Le village se compose de 2 longues rangées de maisons en bois, surélevées sur des pilotis. Le toit élevé est fait en paille et a la forme d'une sorte de hotte, ce qui donne a la maison une forme vraiment inhabituelle par rapport a celles que j'ai vu jusqu'a maintenant.



Au centre de la grande place rectangulaire qui s'est transformée en une marre de boue, des petites huttes sont alignées. Les bas-reliefs sur le bois indiquent que ce sont des huttes cérémoniales, mais personne ne peut m'en expliquer l'usage exact. A priori, les jeunes doivent dormir dedans seuls pendant 6 mois a une occasion particuliere.


Je visite les maisons une par une, toujours accueillit par leurs occupants avec un grand sourire. Une famille, avec laquelle se trouvent déja Eric et Marie, m'invite a entrer pour faire le tour du propriétaire. Il faut sombre a l'intérieur. Je vais dans la piece exigüe qui fait office de cuisine, ou une femme prépare une soupe sur un feu de bois. La chambre occupe le plus grand espace et est accessible par un petit escalier qui permet de rentrer dans une sorte de cabane surélevée a l'intérieur de la maison elle-meme. Tout le pourtour est sculpté et montre tout de suite l'importance que revet cette piece. Ca a l'air tres confortable a l'intérieur mais je n'ose pas m'y aventurer car je n'y ai pas éte invité par le maitre des lieux qui tient son dernier née dans ses bras.


Je continue de me promener parmi les maisons en photographiant tous les gens qui se tiennent immobiles sur leur pas de porte, observant la vie du village, jouant avec les enfants.



La nuit tombe rapidement et nous rentrons a Bajawa apres avoir passé 1 heure a Wogo. Je vais diner avec Birgit seulement au restaurant Camelia (le plus "coté" de la ville) car j'ai envie de bien manger, alors qu'Eric et Marie préferent aller dans un boui-boui local. Non pas que l'on mange mal la-bas, mais je commence a saturer du poisson-riz-curry.
par Ludovic publié dans : Indonésie
ajouter un commentaire commentaires (3)    recommander
Samedi 1 avril 2006
Nous découvrons notre voiture garée devant le bureau de "l'Agence de voyage": un vieux 4X4 japonais tout propre, qui va etre parfait pour nous 4. Le chauffeur a changé depuis hier, quand le responsable de l'agence nous avais présenté un gars apres avoir paye 50% de la location. Le nouveau s'appelle Kennedy, il parle un peu anglais, il a l'air cool mais ne semble pas tres extraverti. Apparament il connait mieux la voiture et la route que l'autre. Nous stockons nos sacs a l'arriere et partons sur les routes de Flores sous un ciel presque pluvieux. Nous traversons les bourgades animées qui entourent Labuanbajo, car c'est encore l'heure du marché. Les bemos, des fourgonettes qui font office de transport en commun local, nous croisent a toute allure sur la route étroite alors qu'ils sont souvent remplis a craquer de gens.


Les maisons, ou plutot devrai dire "les cabanes", sont dans un style architectural différent de Bali : les briques et le ciment ont cedé leur place au bambou, aux feuilles de palmiers tressés, et aux toits de tole ou de paille. Certaines maisons sont joliment peintes en suivant les motifs du tressage. Je ne prend pas de photo en me disant que nous allons surement en voir sur toute l'ile, mais je n'en verrai pas d'autres aussi belles finalement.

Aussitot sorti de la ville, la route monte en serpentant dans les montagnes recouverte de cette foret tropicale typique, encore verdoyante car la saison des pluies dure plus longtemps que prévu cette année. Nous avons petit a petit une vue superbe sur la cote, puis nous passons un col qui nous expédie dans un monde de rizieres a perte de vue.


Nous nous arretons pour voir de plus pres la vie de gens, et aussitot notre présence déclenche la venue d'amicaux curieux.


Le travail est réparti de maniere spécifique entre les hommes et les femmes : tous le monde participe a la récolte, les hommes tranportent les énormes sacs de riz fraichement cueillit hors de la riziere et les donnent aux femmes qui extraient les grains de riz et les font secher sur des baches posées a meme le sol, parfois sur le bord de la route. Les hommes mettent alors le tout dans des sacs de plusieurs dizaines de kilos et les transportent ailleurs.





Le plus beau dans ce paysage de rizieres, c'est que meme les pentes des montagnes ont été sculptées en innombrables terrasses pour exploiter le plus de surface possible. Nous arrivons a un superbe exemple de terrasses construites de telle maniere qu'elles forment une sorte de giguantesque toile d'araignée. Dommage que la pluie soit aussi de la partie car le paysage est magnifique.


Nous nous arretons pour déjeuner dans un boui-boui, ou je commence a faire connaissance avec la vraie nourriture locale. Globalement, ca se compose toujours d'un bol de riz, avec du poisson ou du poulet frit, et l'inévitable sauce bien épicée pour tuer les bactéries ... et mon estomac par la meme occasion. Il pleut toujours des cordesmais cela n'empeche pas les enfants de s'amuser dehors a l'abris des porches des cabanes. Le jeu local consiste envoyer un paquet d'élastiques autours d'un petit baton planté dans le sol. Celui qui arrive a tous les mettre avec le moins de coups possibles gagne tous les élastiques. Attention, il ne faut surtout pas les déranger, ca ne rigole pas quand ca joue !


Un peu plus loin, les terrasses d'un vert fabuleux a cause le pluie, presque fluorescentes, me font penser a celles construites par les Incas autours de leurs cités perchées dans les montagnes. Avec un peu d'imagination, je revois presque le Machu Picchu, l'un de mes plus beau souvenir de voyage.


Le reste du trajet se déroule sous un déluge qui ne nous permet pas de voir grand chose, et nous arrivons a Ruteng, notre premiere étape en fin d'apres-midi. Le trajet depuis Labuan Bajo fait a peine 140 km, mais il nous aura fallu presque 6 heures pour le faire !

Kennedy nous dépose dans un bon petit hotel, le Rima Hotel (75 000 RPH la chambre double), qui colle déja mieux au confort du routard vieillisant auquel je me suis habitué ce derniers mois. Un thé de bienvenue nous est meme offert. Nous pensions pouvoir réserver ici nos billets d'avion pour revenir a Bali, mais finalement, il n'y a pas de bureau de la Merpati Airline en ville. Il faudra donc attendre d'etre a Bajawa demain. Nous partons diner vers 20h00. Il n'y a pas d'éclairage public dans les rues, mais les 2 ou 3 boui-bouis du "centre-village" se reperent dans la nuit.
Je veux prendre ma douche, juste apres Birgit qui a fait demander l'ouverture du robinet. L'eau est vraiment froide cette fois, et bien sur, il faut que la propritaire arrete l'eau alors que je suis recouvert de savon de la tete au pied. Ils font vraiment chier ! Je crie a travers tout l'hotel quasi desert, et ca revient 1 minute plus tard. Ha les joies de la douche indonésienne !
par Ludovic publié dans : Indonésie
ajouter un commentaire commentaires (1)    recommander
Vendredi 31 mars 2006
Je me réveille a 6h00 et fonce sur le pont pour voir ou nous sommes. Le soleil filtre a peine a travers les nuages, et éclaire un paysage fantastique. Le bateau navigue le long d'une terre aux collines abruptes, et donc l'enchainement des cretes donne l'impression d'une immense queue de dinausaure a moitié submergée. Toute l'ile est recouverte d'une herbe abondante et verdoyante qui ne laisse pas apparaitre un bout de roche. Quelques arbres sont dispersés ca et la, mais il n'y a pas de réelle foret en vue. Bienvenue a Komodo, royaume du légendaire varant géant, plus communément appellé Dragon de Komodo car il ne vit que sur cette ile dans le monde ! Ce qui n'est pas tout a fait vrai, car il vit aussi a Rinca, une petite ile en face de Komodo, mais beaucoup moins connue.



Le bateau jette l'ancre dans la baie principale a 8h00. Nous allons débarquer pour visiter le parc National de Komodo, et partir a la chasse au dragon. Je prend mes chaussures de trek car nous allons devoir marcher plusieurs kilometres. L'entrée du Parc National coute 25 000 RPH avec un appareil photo, 50 000 RPH avec un camescope. Un Ranger nous accueille, nous explique le programme, nous raconte l'histoire de ce touriste suisse qui a disparu il y a quelques annés, et dont on n'a retrouvé que les chaussures et l'appareil photo. Nous faisons d'abord un tour autours du camp et nous apercevons deja 2 varans derriere une hutte. Ils font bien 2 metres de long avec la queue, et lorsque nous approchons, l'un deux part dans la foret. Celui qui reste ne bouge pas, allongé sur le sol. Le Ranger le titille avec un long baton pour qu'il se mette debout sur ses puissantes pattes. C'est impressionnant.



Nous partons dans la foret pour en voir d'autres en suivant un chemin tout tracé. Il fait tres humide et je dégouline de sueur au bout de 10 minutes. Nous arrivons au lit d'une riviere asséchée ou des gros trous sont en fait leur tanniere. Il n'y a personne donc nous continuons la traque. Nous montons sur un plateau et le Ranger nous montre des hautes herbes qui bougent au loin. Un varan est la, seul, car ce sont des animaux solitaires.


Ils sont cannibales et les petits varans doivent grimper aux arbrex et y rester pendant 2 ans, le temps de grandir suffisament pour ne pas se faire dévorer par ses pairs. Nous suivons notre varan a quelques metres derriere, shootant a tout va. Il sort sa langue fourchue a plusieurs reprises en marchant, pour sentir autours de lui. c'est ainsi qu'il détecte ses proies a plusieurs centaines de metres.


Il s'arrete au soleil, prend la pause pour humer l'air et s'allonge. Nous l'observons sous toute les coutures et repartons vers le camp. Je pensais que nous allions continuer a chercher des Dragons, mais c'est fini pour aujourd'hui.


Nous restons quelques minutes sur la plage le temps d'admirer les superbes coquillages et les oursins qui jonchent le sable, mais il est interdit d'emporter quoique ce soit, surtout que les Rangers veillent. Les filles arrivent tout de meme a emporter quelques beaux oursins et coquillages avec elles sur le bateau.


Nous repartons pour un court trajet de 20 minutes et jettons l'ancre en face de Red Beach, une superbe plage en face d'un site de snorkeling magnifique. La plage porte ce nom car le sable prend un peu cette couleur a cause des grains de corail rouge qui le compose. Nous y restons 1 heure a admirer des fonds marins parmi les plus beau que j'ai vu, a 4-5 metres de profondeur. Les coraux sont tres diversifiés, en bon état, et de nombreux poissons s'y nourrissent. J'apercois meme un banc de grosses carangues, dont chacune mesurait bien 1 metre. Il y a un fort courant qui balaye la zone du Nord au Sud donc plutot que de lutter pour me maintenir sur place, je pars d'une extrémité de la plage et me laisse dériver jusqu'a l'autre bout. Je vais ensuite faire une petite promenade jusqu'a un promontoire qui donne une belle vue panoramique, je ramasse un échantillon de sable, puis le canot nous rammene a bord pour la derniere ligne droite jusqu'au port de Labuan Bajo sur l'ile de Flores.



La traversée dure 4 heures sous un soleil qui fait cache-cache avec les nuages. Nous longeons des cotes superbes toute aussi verdoyantes que Komodo, ou s'accrochent parfois une village de pecheurs sur pilotis. Nous arrivons a Labuan Bajo, un autre paisible village de pecheur, a 16h00.



Le canot nous débarque dans un port puant. Nous avons quartier libre jusqu'a 19h00 et nous en profitons pour organiser immédiatement notre visite de Flores, apres avoir trouvé une chambre rudimentaire pour 40 000 RPH. Eric, Marie, Birgit et moi avons le meme itinéraire dans le meme lap de temps (1 semaine) donc nous renseignons pour louer ensemble une voiture avec chauffeur qui nous évitera de predre un temps fou dans les médiocres transports en commun. Nous trouvons facilement une agence qui peut nous organiser cela. La négociation dure 1 heure mais nous concluons l'affaire pour un peu plus de 100 000 RPH/jour chacun (10 euros). Il nous reste a trouver un avion pour revenir a Bali depuis Ende ou Maumere, mai c'est assez compliqué de faire une réservation depuis Labuan Bajo (l'information circule tres mal entre les agences apparament), donc nous attendrons d'etre dans une plus grosse ville pour le faire.

De retour au bateau, le dernier diner nous attend. Un couple de Tcheques a embarqué pour effectuer le voyage jusqu'a Lombok. Je propose aux autres de faire une enveloppe avec un pourboire pour le guide et l'équipage car ils ont éte vraiment bien. Le cuisinier, entre autre, a fait du super boulot. Nous donnons chacun 50 000 RPH ce qui n'est pas beaucoup pour nous, mais cela représente une somme conséquente pour les indonésiens. Nous nous régalons une derniere fois, puis nous avons encore droit a leur chorégraphie qui nous fait bien rire. Peter lance un jeu de contorsion que j'arrive a faire. Tout le monde y passe, et il y a quelques bonnes rigolades. L'équipage du bateau notamment n'est pas tres souple, et quand nous passons a autre chose, ils continuent a essayer entre eux sur le pont supérieur.

A 22h00, nous quittons définitivement le bateau. Le débarquement de nuit se fait a la lumiere d'une lampe-torche. C'est marrant, ca fait un peu genre "passagers clandestins qui débarquent secretement dans un nouveau pays". Je partage la chambre  avec Birgit. Je n'avais pas fait vraiment attention tout a l'heure en prenant la chambre mais c'est vraiment déuguelasse ici. Les matelats défoncés puent et la salle de bain est vraiment peu engageante. Bien sur, les  toilettes sont a la mode locale, c'est-a-dire qu'il n'y a pas de chasse d'eau mais une pot  que l'on remplit d'eau a la main et que l'on vide dans la  cuvette. Le pommeau de la douche est juste au dessus.



Pour prendre une douche, il faut aller voir le propriétaire et lui demander de mettre l'eau en marche depuis l'exterieur. Birgit prend la sienne, j'y vais ensuite, mais le gars a deja fermé l'eau ! Je suis obligé de sortir raler pour qu'il l'ouvre a nouveau. Bienvenue sur l'ile de Flores !
par Ludovic publié dans : Indonésie
ajouter un commentaire commentaires (6)    recommander
Jeudi 30 mars 2006
Je me réveille avec le seul bruit des vagues. Le bateau est arrivé a destination et je saute de mon lit a 6h00 pour monter sur le pont et voir le lever de soleil. Malheureusement, le ciel est toujours couvert donc je retourne me coucher jusqu'a 7h00.

Nous partons en canot pour l'ile de Satonda en face de laquelle le bateau a mouillé l'ancre. L'ile est un ancien volcan qui a explosé et laissé en son centre un trou beánt qui a formé un lac. Aujourd'hui, ce lac a la particularité de contenir de l'eau salé suite a une éruption volcanique sur Sumbawa, a une dizaine de kilometres de la. Le tsnunami qui a suivi a atteint le lac et l'a rempli d'eau de mer.


Nous accostons sur la plage et marchons 5 minutes pour atteindre le lac. Nous préférons d'abord faire la marche jusqu'au belvédere, mais nous somme stoppés au bout de 500 metres car la végétation a envahie le chemin. J'essaye de débrouissailler un peu avec Peter mais ca devient trop dur. Le guide appel le bateau avec son talkie-walkie pour que quelqu'un vienne défricher pendant que nous irons nous baigner dans le lac. En redescendant, je casse une de mes sandales.


Je suis déja dégoulinant de sueur et cette baignade matinale est bienvenue. L'eau n'est pourtant pas tres rafraichissante car assez chaude. Sa haute teneur en sel nous fait flotter facilement, comme dans la mer noire. Nous restons la un quart d'heure puis nous retournons sur le chemin voir ou en est le défrichage. Ca n'a pas beaucoup avancé car le gars n'a qu'une petite machette de cuisine. Le point de vue sur le lac et la baie n'est pas terrible car la vue est bouchée par la végétation. De retour sur la plage, nous allons tous a l'eau et revenons au bateau a la nage. Il y a juste 150 metres a faire, et fait de l'exercice matinal. Un petit-déjeuner nous attend a bord.



Nous avons encore 1 heure avant de partir vers notre prochaine destination. Le couple de retraités allemands part faire du snorkeling, Eric grimpe en haut du mat pour faire un saut. C'est assez haut, 10 ou 12 metres je pense, et bien sur, Peter monte a son tour pour faire le saut pendant que je le prend en photo. Bon bin, faut que j'y aille aussi du coup... L'impression de hauteur depuis le sommet est assez flippante et je ne m'y attarde pas. Je suis content de l'avoir fait mais je recommencerais pas pour autant.


Le bateau repart sous un temps qui s'améliore mais nous nous dirigeons droit vers un rideau de pluie qui obscurcit l'horizon. Lorsque nous l'atteignons, c'est le déluge, donc tous le monde en profite pour faire une sieste jusqu'au prochain arret. Heureusement la mer reste calme.

Nous arrivons a Donggo Beach sous la pluie. La plage sauvage est jolie, mais y aller par ce temps n'est pas tellement amusant. Comme de toute facon, il n'y a rien d'autre a faire sur le bateau, nous nous motivons, prenons les masques de plongée, le ballon de volley et le frisbee, et embarquo,ns sur le canot qui nous dépose sur la plage. Heureusement il n'y a pas de vent et nous pouvons jouer au frisbee. L'eau de la mer était encore claire il y a quelques minutes mais avec les rivieres chargées de boue qui se déversent dans la mer, l'eau devient de plus en plus sale. Les filles arpentent la plage pour ramasser des coquillages, puis nous rentrons au bateau au bout de 2 heures. Je prend une bonne douche, le diner arrive dans la foulée, et je vais me coucher assez rapidement car je commence a avoir le mal de mer.
par Ludovic publié dans : Indonésie
ajouter un commentaire commentaires (1)    recommander
Mercredi 29 mars 2006
Le départ pour traverser l'ile de Lombok et rejoindre le port du bateau qui va m'emmener a Flores est a 9h00 devant le bureau de la Compagnie Perama. Je rejoins Eric et Marie dans le lobby de l'hotel pour prendre mon petit-déjeuner avec eux. Ils ont besoin d'aller sur Internet régler des petits soucis de banque avant de partir, donc je reste a l'hotel pour prévenir la Perama afin qu'ils ne partent pas sans eux.
Quand j'arrive a l'agence juste a coté, 5 minutes avant l'heure, un mini-bus est déja la, avec les autres voyageurs a l'intérieur. Ils embarquent mon sac et je vais voir si mes amis francais arrivent afin de leur faire signe de se dépecher. Marie apparait au loin 10 minutes plus tard, elle fonce a l'hotel, mais leurs sacs ne sont pas prets donc nous perdons encore un peu de temps. Je l'aide a transporter le sac d'Eric, qui arrive 5 minutes plus tard. Je sens qu'on est déja catalogué comme "les francais toujours en retard"...

Nous sommes donc 7 a partir pour Flores en bateau : Birgitte (26 ans, allemande), Peter (25 ans, anglais), Kuntz et Angelica (un couple d'allemands retraités), et nous, les 3 francais. Nous sommes le nombre minimum pour que la croisiere ne soit pas annulé, j'ai eu chaud ! Nous revenons a Mataram au bureau principal de la Perama pour recevoir un cadeau : un t-shirt souvenir aux couleurs de la Perama. Tout le monde fait alors connaissance, puis nous partons pour un centre commercial afin de faire des provisions de nourriture ou autre pour ceux qui veulent. Je n'ai besoin de rien donc je vais rapidement sur internet, je m'achete des frites au Mc Donalds car j'ai un peu faim puis je reviens au bus.

Nous partons définitivement cette fois sur les routes de Lombok qui sont bien encombrées ce matin. Ici aussi, les hindous fetent Nyepi et plusieurs corteges portant leur démon défilent dans la rue a grand coup de tambour et autres bruits de casserole, en perturbant la circulation.


Des que nous quittons la ville, la campagne verdoyante avec ses rizieres et sa végétation tropicale nous fait revenir au silence. Au loin, la silouhette du cone parfait de l'immense volcan Gunung Rinjani se découpe dans la brume et son sommet disparait dans les nuages. Le ciel est couvert et ca ne semble pas s'améliorer.

A la demande de tous, nous faisons un arret sur le bords de la route pour acheter des Serpantans sur les nombreux étals, un fruit tropical délicieux qui ressemble et se mange comme les lichees. Le guide a compris que nous avions faim, donc il fait faire un nouvel arret devant un boui-boui pour acheter un met local, une boule de riz avec de la mangue et de la banane dedans, enroulée dans une feuille de palmier, et cuit a la vapeur pendant 6 heures. Ca fait une sorte de friandise tres bonne, c'est assez bourratif.  Au bout de 3 seulement, je suis plein.


A 11h00, nous arrivons a un village réputé pour sa poterie traditionnelle. Les magasin d'artisanats vantent tous leur "qualité export". Nous passons dans les coulisses en suivant un petit chemin qui s'enfonce dans les rizieres et arrivons a un groupe de bungalows ou se trouvent les femmes qui font les poteries. Le guide nous explique qu'elles détiennent un savoir-faire ancestral qu'elles ne transmettent qu'entres femmes.  Accroupies par terre a l'ombre du seuil de leurs maisons, elles modelent un vulgaire montincule de terre gluante en un vase a la symétrie parfaite, en moins d'une heure.

 


Des centaines de poteries sechent tout autours de nous, puis elles sont polies a la main avec des écorces de noix de coco.


Une fois de plus, elles sont souriantes et acceptent volontier de se faire prendre en photo. Certaines, les plus jeunes, sont meme plutot joueuses et m'interpellent en riant pour que je m'interesse a elle. Tania me laisse polir ses cendriers, et s'amuse de se voir en image sur l'écran de mon appareil photo. Quel bonheur de rencontrer des gens aussi souriants et amicaux !


Nous restons dans ce village quasiment une heure, et repartons pour un autre village ou une autre surprise nous attend. Nous sommes accueillit comme des diplomates en visite officielle. Pour cette cérémonie, un roi et une reine doivent etre désignés : je me dévoue, et Marie fait la reine. Deux jeunes filles habillées en noir nous attendent a l'entrée de la ruelle qui traverse le village. Elles nous souahitent la bienvenue en nous mettant un colier de fleurs oranges et jaunes autours du cou, et nous commencons la lente ascencion de la rue derriere elle, salués par des dizaines de curieux. Il y a beaucoup d'enfants, tres excités bien sur, car ils ne voient pas souvent des étrangers comme nous. En quelques minutes, il y a plus d'une centaine de personnes qui nous suivent, et s'agglutinent autours de la cours ou on nous fait assoir.


Un thé nous est offert et notre guide nous explique la suite du programme tout en nous remerciant encore d'etre venue visiter Lombok. Un orchestre traditionel s'est réunit, et une cacophonie incroyable commence. Quand un indonésien se met a chanter dans un microphone relié a un petit amplificateur portable, c'est la totale !


Deux danseuses vetues de costumes traditionnels font leur apparition au milieu de la cours. Elles esquissent de rapides mouvements des poignets et du cou tout en avancant avec précaution. Elles se rapprochent petit a petit en alternant sur les pointes des pieds et sur les talons, tout en nous fixant du regard, et affichant un visage a l'expression immuable. La danse terminée, l'orchestre entame un nouvelle cacophonie.



Notre guide interrompt a nouveau la cérémonie et nous explique qu'un combat va suivre. Deux jeunes hommes entre dans la cours avec un baton et un bouclier en peau de chevre. Ils executent un rituel pour désigner les combattants du jour. Chacun touche quelqu'un de la pointe du baton jusqu'a ce qu'ils parviennent a un accord mutuel sur le choix des combattant. Les heureux élus revettent alors un sarang noir, et se concentrent. L'arbitre invite a parier sur le vainqueur en déposant un billet par terre. Une autre personne rajoute de l'argent, et j'en met a mon tour, si bien que lorsque le combat commence, il y a une petite montagne de billets a mes pieds. Tout ira au vainqueur. Les batons claquent avec une rapidité impressionante sur les boucliers. Parfois, ca dérape et les combattants sont touché directement. Le 1er combat se termine lorsque l'un des homme tombe a terre. Deux autres manches suivent et un trophée, rempli pas les billets des parieurs, est remis au vainqueur. Il enfourne l'argent en vrac dans sa ceinture-turban et leve fierement la coupe.


Une nouvelle danse reprend mais cette fois, ca se complique pour nous : la danseuse vient nous chercher chacun notre tour en donnant un coup d'éventail sur le genou. Le couple de retraités allemands commence, ils sont raides comme des pics, puis c'est au tour de Birgit qui se débrouille beaucoup mieux, mais dans un style plutot occidental. Et bien sur, ca tombe sur moi ! J'ai bien observé les mouvements saccadés de la danseuse donc j'arrive a l'imiter de maniere pas trop ridicule, et j'arrive a décrocher des "Hooo !" et des "Haaaa !" de la part de l'assemblée qui vraissemblablement ne s'attendait pas a ca. Je donne de l'argent a la danseuse et je retourne m'assoir. Cool, j'ai fait mon show ! :-)


La cérémonie se termine, et je reprend la direction du mini-bus, en saluant les gens comme le fait Chirac lors du défilé du 14 juillet. Les enfant préferent qu'on leur tape dans la main. Nous sommes vraiment chanceux car la visite de ce village sur le trajet du port est organisée depuis 3 mois seulement et les gens considerent encore la venue des touristes comme un événement. Dans 1 an, il y a fort a parier que l'accueil aura changé, et que la logique marchande aura pris le pas la curiosité naturelle des gens.

Nous arrivons au port de Labuan Lombok a 15h00, a l'office de la Perama. Les maisons sont construites sur pilotis.


Nous avons a nouveau droit a une collation et un thé, pendant qu'un indonésien nous explique son occupation. Il travaille sur une petite ile au large, et s'occupe de replanter le corail dévasté par les pecheurs locaux qui pratiquaient, il y a encore peu de temps, la peche a la dynamite.  Il nous explique aussi comment la Perama utilise l'argent généré par le tourisme pour soutenir des projets locaux, et aider au développement économique de la région tout en sensibilisant les gens aux problemes écologiques. Je suis épaté qu'une société commerciale ai une telle politique sociale et environnementale.

Nous traversons le village a pied pour rejoindre le port d'embarquement, et nous nous arretons quelques minutes aupres d'un charpentier qui construit un bateau de plusieurs metres de long a la main. Le guide nous explique les différentes étapes de la construction et les matériaux utilisés. La curiosité des villageois est toujours au rendez-vous, et ils se rassemblent a quelques metres de nous, parfois plus loin, n'osant pas s'approcher trop. J'apercois enfin notre bateau. Il n'est pas tres grand, la taille d'un bateau de peche classique, et j'imagine mal 30 personnes la-dessus lorsqu'il est complet. Ca fera l'affaire pour nous. Je découvre ma cabine, spartiate et rustique a souhait. C'est une couchette suspendue avec un deuxieme matelat en dessous a meme le sol, et juste la place de passer pour fermer la porte coulissante derriere soi. Heureusement, il y a plus d'espace  sur les ponts inférieurs et supérieurs pour se dégourir les jambes. A peine avons nous embarqué que le bateau part déja pour notre prochaine destination, une minuscule ile a 30 minutes d'ici. Le temps ne s'est pas amélioré, mais cela ne m'empeche pas de profiter du charme de cette croisiere rustique. 

Nous débarquons en canot a moteur sur un petit paradis. L'ile fait a peine 500 metres de large sur 300 metres de long. Des arbres fruitiers ont été plantés et des cabanes ont été construites pour accueillir des gens en permanence. Le garde qui vit ici a pour principal travail la replantation de coraux. Je ne savais pas que c'était possible. Il va chercher du corail vivant de l'autre coté de l'ile, puis il l'attache a des tutueurs lestés. Ca ressemble a des petits arbres de Noel qu'il dispose ensuite au fond de l'eau. Je vais faire un peu de snorkeling pour voir ce que ca donne, et le résultat est surprenant. Il y a un fort courant qui est vite fatiguant et, plus embetant, l'eau est infestée de petites meduses qui a chaque contact avec ma peau me balancent une décharge électrique. Ca ne m'empeche pas de nager, mais ce n'est pas tres agréable. Je revients sur la plage pour préparer mon arbre de corail et je pars le déposer au fond de l'eau en 2 minutes.


La nuit tombe et l'équipage a préparé pour le diner un thon au barbecue. Le repas est excellent, et la soirée continue sur l'ile jusqu'a 21h00 en les écoutant chanter. De retour sur la bateau, nous allons nous installer sur le pont pour profiter un peu de l'air frais et discuter tranquillement. Les étoiles commencent a apparaitre, j'espere que la météo va s'arranger pour demain. La nuit sur le bateau s'annonce peu reposante car le moteur qui va tourner toute la nuit fait un sacré vacarme, et ma cabine sent l'huile. Peter va dormir sur le pont supérieur a la belle étoile, donc je lui passe un matelas de ma cabine, et je vais me coucher en espérant que mes boules Quies vont m'aider a m'endormir vite.
par Ludovic publié dans : Indonésie
ajouter un commentaire commentaires (2)    recommander
Mardi 28 mars 2006
Le réveil sonne a 5h00 mais j'étais déja réveillé depuis longtemps. A chaque fois que je dois me lever tot pour prendre un avion, un bateau ou un bus, je trouve difficilement le sommeil de peur de pas me réveiller et de manquer mon rendez-vous. Je vérifie que je n'ai rien oublié dans la chambre, sous le lit, dans la salle de bain, sur le fil a sécher le linge et je me rend a la porte de l'hotel pour guetter la navette qui doit passer me prendre. Des phares apparaissent au bout de l'étroite rue, et s'arretent devant moi. Ponctuel dis donc, voire meme un peu en avance ! Je vais chercher mon sac a dos et embarque dans la fourgonnette ou se trouve déja un australien d'origine italienne. Nous nous faisons déposer en face du bureau de la compagnie Perama, ou un mini-bus attend avec déja 4 allemandes et 3 indonésiennes dedans. Un couple arrive et je reconnais les francais avec lesquels j'ai discuté hier au magasin d'échange de livres. Ils ont finalement réservé leur place sur le meme bateau que moi pour aller jusqu'a Flores. Je fais donc la connaissance de Marie et Eric, habitant a Grenoble, et qui comme moi font un tour du monde. Le mini-bus part complet pour le port de Padangbai d'ou nous allons prendre le ferry jusqu'a Lembar sur l'Ile de Lombok. Nous allons passer la nuit a Sengigi et repartirons le lendemain matin pour prendre le bateau définitif vers Flores.

Nous empruntons une route intéressante qui longe les rizieres dans lesquels des paysans s'affairent des le lever du soleil. Apres, il fera trop chaud pour travailler dehors. Puis nous traversons des villages perdus dans la végétation tropicale. Les échoppes de sculpteurs de pierre alignées de chaque coté de la route, et ou s'entassent des centaines de statues de divinités plus ou moins grandes, donnent l'impression de traverser un immense temple. C'est vraiment beau. Nous arrivons a Ubud, a ma grande surprise, car je ne pensais pas que cette ville était sur le chemin. Mais lorsque je regarde une carte géographique, je me rend compte qu'il n'y a pas de route cotiere pour atteindre Padagbai. Nous arrivons au port a 8h30, ou nous avons a peine 20 minutes pour prendre un petit déjeuner. Je m'enfile un pancake banane/ananas et je monte dans le ferry crasseux de la Perama ou je m'installe sur le pont supérieur, au soleil. Il n'y a que des touristes ici car les indonésiens restent a l'ombre dans les ponts inférieur. En 2 minutes, toutes les filles ont fait peter le maillot de bain et la creme solaire, décidées a mettre a profit les 4 heures de traversée pour peaufiner leur bronzage. Je fais de meme a vrai dire, puis j'observe la vie du port. Les vendeurs de snacks et boissons arpentent le ferry avec leur carton sur la tete et ont tendance a harceler les touristes.

Depuis le quai, un petit garcon s'amuse a faire le clown pour amuser les passagers. Il leur jette une sandale, plonge dans le bassin a quelques metres du ferry, etc ... Au final, un indonesien enroule un billet autours d'un écrou et lui jette. Il replonge aussitot pour le capter aisement avant qu'il ne coule trop profondement, et remonte sur le quai. Il déroule le billet trempé avec satisfaction, pendant que le bateau quitte le port. Il avait une bonne bouille, je lui aurais bien lancé aussi un billet si j'avais su.


Au fur et a mesure que le ferry s'éloigne, un superbe panorama de l'ile apparait. Le Gunung Agung, plus haut volcan de Bali domine la scene de son imposante masse sombre noyée dans la brume matinale.


Un peu plus tard, un groupe de dauphins nous rejoint et certains font des pirouettes géniales hors de l'eau, une sorte de toupie, comme je n'avais jamais vu. Pourtant, j'ai déja pas mal donné dans le genre !

Etonnament les 3 indonésiennes avec nous dans le bus sont aussi sur le pont supérieur avec les touristes. Eric et Marie se sont installés a coté d'eux et nous discutons avec elles. Lisa, Uko, et "je ne me rappelle plus la 3eme" sont de Jakarta, mais vivent maintenant a Bali. Elles fuient l'ile pour la semaine, en raison du Festival de Nyape ou toute activité va etre interdite. Comme en plus Lisa n'est pas Hindou mais chrétienne (elle était musulmane mais s'est convertie il ya 5 ans), elle se sent d'autant moins concernée par cette fete religieuse. Je passe une grande partie du trajet a approfondir ma connaissance de la vie locale avec elle. Travaillant dans un magasin a Kuta, elle me peint un tableau noir des conséquences économiques des attentats. "Encore un, et c'est la fin du tourisme a Bali, suivi d'une crise économique sans précédent qui va ruiner des dizaines de milliers de balinais." Déja que c'est pas la joie ... Elle me parle aussi de la loi contre la pornographie que veut imposer le gouvernement majoritairement musulman de Jakarta a Bali. Le terme "Pornographie" a Jakarta signifie "ne pas montrer ses jambes et ses épaules en public", pour les balinais comme pour les étrangers. Bali a bien entendu rejetté en bloc cette loi, consciente des répercusions catastrophiques qu'elle pourrait avoir : la fin du tourisme, une fois de plus.

Finalement, les 4 heures de traversée sont vite passées et nous approchons de Lombok vers 15h00 sous un ciel gris qui ne laisse présager rien de bon pour les heures suivantes. Le port de Lembar est niché dans une superbe baie, avec de multiples iles verdoyantes.



Nous débarquons dans la cohue, et prennons aussitot un bus qui nous emmene a Sengigi, notre destination finale pour aujourd'hui.  Quasiment tous les autres prennent ensuite un autre bateau pour aller jusqu'aux iles Gili, un ensemble de 3 ilots coraliens minuscules, avec de superbes plages de sable blanc. Un petit paradis sur terre parrait-il.

Avec Eric et Marie, nous devons trouver un hotel pour cette nuit. Nous en visitons 2, dont un donnant directement sur la plage, mais le peu d'amabilité de l'accueil ne nous incite pas a y aller. Nous posons nos affaires dans l'Hotel Ray ou les chambres spacieuses sentent l'humidité, mais ici, c'est partout pareil. La saisons des pluies se termine seulement, ca va mettre du temps a sécher.

Nous allons aussitot chercher un endroit pour manger. Sengigi a aussi beaucoup souffert des attentats de Bali. De nombreux hotels aux alentours sont a vendre, des anciens restaurants tombent en ruine, et ceux qui restent sont tous vides.


Autant dire que quand nous arrivons dans la rue, une pluie de "Special price for you !" nous tombe dessus. Malgré cela, nous nous installons a un boui-boui qui propose un riz local pimenté (je m'en suis apercu trop tard ...) avec des légumes, histoire de faire marcher aussi le petit commerce. Je goute une sorte de beignet soufflé pas mauvais du tout.


Des que nous finissons de manger, le déluge commence et ne s'arrete pas jusqu'a la tombée de la nuit, vers 18h00. Nous attendons une acalmie pour aller diner dans un restaurant sympa ou nous avons d'entrée une biere gratuite. La soirée autours des anecdotes de voyage commence...
par Ludovic publié dans : Indonésie
ajouter un commentaire commentaires (2)    recommander
Lundi 27 mars 2006
Je me leve plus tot que d'habitude, vers 9h00, car j'ai encore la mobilette pour toute la matinée et il serait dommage de ne pas en profiter. Je donne mon linge a laver comme ca je n'aurai que des affaires propres pour le bateau. Je vais vendre mon guide de Sydney qui ne me servira plus dans un magasin d'échange de livres. Le vendeur me le rachete 20 000 RPH, a peine 10% du prix que je l'ai acheté en Nouvelle-Zélande. Mais il le revendra pour beaucoup moins cher aussi, donc je prend l'argent qu'il me propose. Ca me payera un diner. JLe vendeur a aussi des Lonely Planet Indonesie que j'ai payé une fortune en dollars, je n'ose pas regarder le prix qu'il coute ici, surement 10 fois moins cher .... Je discute avec un couple de francais dans la librairie. Ca faisait longtemps que je n'en avais pas rencontré, tiens ! Vraiment, carton rouge aux francais en matiere de voyage. Si je comptabilise les nationalités des voyageurs que j'ai croisé depuis quasiment 1 an, les francais sont sacrément a la traine. Le cliché du franchouillard qui ne sort pas de son pays n'est pas pret de cesser ! Dommage, les voyages forment la jeunesse et ouvrent l'esprit sur pleins de problemes de notre monde moderne.

Je vais ensuite mettre de l'essence dans la mobilette avant de la rendre, je vais retirer de l'argent au distributeur automatique car dans les iles pour lesquelles je pars demain, les banques vont se faire rares et les distributeurs automatiques n'existent quasiment pas. Me voila pret pour profiter de l'apres-midi en faisant... rien.

Je tente aussi de mettre a jour le blog, mais pour le 2eme jour consécutif l'acces a la plateforme est impossible. J'essaye de me connecter a plusieurs reprises dans la journée mais ca ne fonctionnera pas plus.

Mon déjeuner fini, je vais marcher dans les rues de Kuta. J'achete un DVD pirate de Munich. Je le regardrai ce soir je pense.

De retour  ma chambre, je prend un livre et je vais squatter un transat au bord de la piscine dans le Masa Inn Hotel, ou j'ai dormi la premiere nuit en arrivant a Bali. Personne ne fait attention a moi, et je peux donc en profiter tranquillement une bonne partie de l'apres-midi en alternant lecture et baignade. Je ressorts de la avec un bon coup de soleil sur le nez (ca faisait longtemps !), et je

J'apprend enfin pourquoi les gens construisent ces grandes statues de démons en carton-pate, partout a travers l'ile. C'est pour le festival de Nyepi qui célebre la fin de l'année. La veille de Nyepi, des cérémonie sont tenues dans toute l'ile. Les villageois en costume traditionel se réunissent dans un grand lieu public et font des offrandes au démon en carton-pate appellé ogoh-ogoh, pendant que les hommes jouent d'instruments eux aussi traditionnels. Ensuite, le ogoh-ogoh est transporté pour faire plusieurs fois le tour du village en une longue procession. A la tombée de la nuit, les mauvais esprits sont chassés par tous les moyens possibles qui permettent de faire du bruit, et le ogoh-ogoh est enflammé. Quand je pense que je vais louper ca... les grosses boules !!!


Par contre, le jour meme de Nyepi, il ne fait pas bon d'etre un touriste a Bali. En effet, absolument toute activité est interdite pendant 24 heures dans toute l'ile, y compris de parler en dehors de chez soi, et encore ... a voix basse. Les touristes sont confinés dans leur hotel (la police patrouille pour s'en assurer), et doivent faire des provisions de nourriture la veille car aucun restaurant, aucun supermarché ne sera ouvert. La raison de ce couvre-feu ? Quand les mauvais esprits descendent sur l'ile, ils croient qu'elle est inhabitée et la laissent donc tranquille pour une année supplémentaire. Moi, je serai déja loin de Bali.

Je me fais une pizza dans un restaurant sans prétention, et je vais me coucher tot car je me leve demain a 5h00 pour prendre le ferry qui m'emmene a l'ile de Lombok.
par Ludovic publié dans : Indonésie
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Dimanche 26 mars 2006
Apres une journée sportive qui m'a bien crevé, j'ai décidé d'enchainer sur une journée détente pour visiter la presqu'ile au sud de Kuta en mobilette. Je trouve en quelques minutes un indonésien dans la rue qui me loue la mobilette typique de l'ile pour 45 000 RPH (4 euros) les 24 heures. Je me prend mes marques et me voila au guidon de mon bolide dans les rues congestionnées de Kuta. J'essaye de me diriger immédiatement vers le Sud mais le systeme de rues a sens unique est une vraie galere pour aller droit au but, et je tourne en rond pendant 20 minutes avant de me mettre sur les rails. La route a double voie bordée de magasins et d'entreprises longe l'aéroport puis se dirige vers Nusa Dua.

Cette enclave pour tourisme de luxe nichée le long d'une immense et belle plage a éte construite dans le but unique de rassembler les immenses complexes hoteliers et ainsi limiter les répercussions sur l'environnement causées par le tourisme de masse. Un poste de garde controle les entrées de tous les véhicules pour assurer la sécurité. Ce n'est pas clairement pas le bon endroit pour découvrir le Bali authentique, mais les riches clients de Nusa Dua ne sont pas la pour ca.


Je m'arrete a la plage située entre 2 petites presqu'iles qui abritent chacune un temple. Au début de la plage, un nouveau point de controle filtre les vendeurs ambulants pour éviter qu'ils n'aillent ennuyer les touristes qui font la crepe au soleil. En ce Dimanche, le gazon ombragé est envahie par les familles balinaises qui viennent pique-niquer dans ce petit paradis loin du bruit et de l'agitation de Kuta. Je marche jusqu'a la pointe de la premiere presqu'ile d'ou la vue permet d'apprécier la superbe plage et la taille démesurée des complexes hoteliers. Des pecheurs sont en plein travail, chacun avec une technique particuliere. Certains ont lancé leur hamecon depuis le haut des falaises basaltiques, d'autres sont dans l'eau avec leur masque et tuba en train de poser des pieges a poisson traditionnels.



Je me rend ensuite a la deuxieme presqu'ile ou un panneau m'interpelle : "Pour préserver la beauté du temple, il est interdit aux femmes qui ont leur menstruation de pénétrer dans l'enceinte du temple." Ca ne rigole pas ... alors que le temple en question est une ruine déserte avec quelques parasols.

Je retourne dégoulinant de sueur a ma mobilette, et je reprend la route vers le nord pour aller au bout de la bande de terre. La petite route est vraiment agréable. Le niveau d'essence baisse rapidement et je commence a m'inquieter car je n'ai vu aucune station essence depuis que je suis parti de Kuta. En fait, je soupconne un systeme similaire a celui que j'avais vu au Vietnam, ou le ravitaillement se fait aupres des échoppes sur le bord de route, et qui vendent le précieux liquide dans des simples bouteilles en verre. J'en repere une et je m'arrete pour voir. Je demande le plein, j'ouvre la selle en dessous de laquelle se trouve l'acces au réservoir, et un ptit bonhomme prend son entonnoir pour vider l'une des bouteilles au liquide jaunatre. C'était bien ca. Le litre coute 5 000 RPH. Je repars l'esprit plus tranquille car je me rend compte qu'il est quasiment impossible de tomber en panne vue la quantité de ces stations essences locales. Au moins une tous les kilometres !


J'arrive au village de Benoua, et je m'arrete a un croisement pour acheter a manger. Surtout, il y a la tout pleins de balinais en tenue traditionelle qui s'emploient a fabriquer une sorte d'abris en bambou dans d'enceinte d'un temple. Une aubaine ! Je demande a l'un d'entre eux si je peux prendre des photos et il me donne son accord avec un grand sourire.


Je reste a les regarder pendant que je mange mon sandwich puis je repars jusqu'a un cul-de-sac en face de la mer ou une autre aubaine m'attend. Des dizaines de femmes en sarang sont regroupées dans un temple, ou elles confectionnent des paniers avec des offrandes et de la nourriture. Elles portent toutes une jupe longue a motifs et un haut en dentelle souvent transparente, colorée. Une ceinture en tissus d'une couleur encore différente vient completer la panoplie. Quand elles sont toutes regroupées, ca crée un superbe patchwork de couleurs pastels. Un pick-up arrive, elles chargent les panier dedans et s'en vont toutes petit a petit. Je suis tenté de les suivre, mais je crains d'etre un peu trop dérangeant. J'ai déja pris avec leur accord des dizaines de photos, ca suffira pour cette fois.



Je fais la route en sens inverse et repars vers le Sud sans etre tout a fait sur du chemin pour atteindre la cote. Je m'arrete a un carrefour pour prendre en photo une petite fille avec son frere absolument a-do-rable. C'est ca qu'il me manquait depuis quelques semaines : de la simplicité et de la curiosité dans les yeux des gens. De l'exotisme aussi. Et pour ca, la Nouvelle-zélande, comme l'Australie sont loin d'etre des destinations intéressantes.


Je me perd dans des petites routes de campagne serpentant dans la végétation tropicale, et qui finissent en cul-de-sac. L'une d'entre elle mene a un temple au bord d'une falaise d'ou un escalier mene a une plage completement déserte. Des rouleaux parfaits se brisent au loin. L'eau est tiede, ca donne trop envie de piquer une tete. Depuis ce matin, je remarque des groupes de jeunes occuppé a construire ou peindre de grandes statues de démons fantastiques. Il semblerait qu'une grande fete se prépare, et que chaque cortege doit defiler avec son oeuvre. Je suis sur que je serai sur le bateau a ce moment la, et j'ai le sentiment que je vais rater quelque chose de grandiose.


Je continue a déambuler au hasard des intersections tout en gardant le cap vers Kuta afin de ne pas trop m'éloigner. J'arrive au bout de la péninsule ou se trouve le site sacré de Pura Luhur Uta Watu, un ensemble de temples hindous perchés sur une falaise qui plonge a pic dans la mer.


L'entrée coute 3000 RPH et on me met un sarang violet autour de la taille avec une ceinture orange, car étant en short, l'acces ne m'est pas autorisé. Les temples n'ont rien d'exceptionnel, mais une colonie de singes habite les lieux et ils font le spectacle a eux seuls. Alors que je monte un escalier derriere une fille asiatique, un singe lui saute dans le dos et s'accroche a son filet de peche qui fait office de débardeur. Elle pousse un hurlement, et son copain arrive a la rescousse pour mettre maladroitement un coup de sac a main au singe. Mais il est déja parti, et ce débile qui a oublier d'enlever son appareil photo du sac, le fracasse par terre en bonne et due forme, pour rien !


L'autre intéret du temple est le spectacle de danse balinaise qui se tient tous les soirs au coucher du soleil. Il est réputé pour etre un des meilleurs dans le genre, mais comme la lumiere n'est pas bonne, je préfere me le garder pour quand je repasserais par Bali dans quelques semaines. Je reviens facilement a Kuta, a nouveau épuisé par le soleil qui m'a tapé dessus toute la journée. Une douche, un stack de thon, je met a jour le blog, et je vais me coucher illico-presto.
par Ludovic publié dans : Indonésie
ajouter un commentaire commentaires (12)    recommander
Samedi 25 mars 2006
Je me leve assez tard, mais je vais quand meme prendre un bon petit-déjeuner suivit d'un déjeuner a peine 1 heure plus tard. Les vagues régulieres et pas trop grosses de la plage de Kuta sont idéales pour un débutant comme moi. Je decide donc de louer un surf pour l'apres-midi dans une échoppe (20 000 RPH = 1,8 euros) juste a coté de l'hotel. La derniere fois que j'en ai fait, c'était avec Mick et Tim, 2 autraliens rencontrés en Afrique du Sud, il y a presque 1 an. J'ai pas beaucoup progessé mais j'arrive un peu a tenir debout sur la planche.
Je fais une pause au bout d'une heure et demi et je m'apercois que j'ai cassé un aileron. Heureusement, ca ne va pas me couter trop cher selon les termes du contrat de location. 70 000 RPH pour le remplacer. A tout hasard, je vais me renseigner aupres des loueurs de surf sur la plage, et la, j'hallucine : le gars demande 100 000 RPH pour l'apres-midi de location, soit 5 fois plus que ce que j'ai payé. Et pour changer un aileron, il réclame 150 000 RPH. Ils me prennent vraiment pour une truffe ! Je demande a un autre indonésien, mais il essaye de m'arnaquer autant. Je retourne donc au magasin faire changer l'aileron, je vais acheter a boire, et je repars a la plage continuer mon apprentissage du surf. C'est déja plus simple, et j'arrive a faire quelques bonnes longueurs.

Au bout d'une heure, je suis claqué, j'ai mal aux épaules a force de pagayer. Je me repose donc sur la plage, et 5 minutes plus tard, une jeune indonésienne musulmane (elle porte donc un voile noir) m'aborde et nous commencons a discuter. Elle embraye assez vite sur le coté "petit copain" et "mariage" car, bien sur, elle est célibataire... Je lui hote tout espoir assez vite, ma