Mercredi 12 avril 2006

Pour la premiere fois depuis longtemps, je me réveille avec le lever de soleil et non le bruit des coqs ou des chiens errants. Je commande un bon petit-déjeuner aupres de mes hotes, histoire de bien commencer la journée en évitant la galere d'hier matin. Avant de repartir visiter les environs d'Ubud, je dois décider de ma prochaine destination pour les jours a venir. Je me rend dans une agence de voyage pour connaitre le prix des bus vers le Nord de Bali, soit Tulamben pour faire de la plongée sous-marine, soit Kintamani pour escalader le volcan Gunung Bromo. Les prix des navettes sont tres élevés (120 000 RPH pour Tulamben pour 3 heures de trajet), car ce sont des navettes privées qui sont organisées a la demande des touristes. D'un autre coté, y aller en Bemo me couterai que 10 000 RPH mais cela prendrai 10 heures car les bemos s'arretent tous le temps pour prendre des gens. Je vais donc au bureau de la Perama pour vérifier les tarifs et les horaires. Il n'y a pas d'erreur, je suis vert. Je n'ai pas trop le choix, mais je vais attendre ce soir pour confirmer ma place pour Tulamben.

Je prend la route de Tampaksirin a 15 km d'Ubud, en traversant les rizieres par un beau temps. Sur la route, je croise des petits corteges de femmes qui portent des grands paniers a offrandes.


Lorsque je passe devant un temple, c'est l'agitation totale. Mais que se passe t-il aujourd'hui ? Je continue jusqu'a Tampaksiring et m'arrete a un temple, croyant etre arrivé a celui que je voulais voir. Il y a une importante célébration qui a commencée, donc je me gare et je parcours les 200 derniers metres jusqu'a l'entrée du temple. Le tintammare habituel résonne dans les champs environnants, et je vois des gens en costume traditionnel qui s'agitent. Il faut absolument que j'aille voir mais j'ai oublié un détail important en partant. Les shorts sont interdits dans l'enceinte des temples hindous et je suis précisement en calecon de bain. Quel con !  Je vais voir quand meme a l'entrée, des fois que les gardes aient un sarong a me preter. Non, il n'ont rien, mais l'un d'entre eux m'acompagne jusqu'a un petit magasin et demande un sarong pour moi. La famille qui habite ici accepte de m'en preter un, ainsi que le turban obligatoire. Trop cool ! Je ressemble a un vrai balinais maintenant. Je franchis les 50 derniers metres jusqu'au temple, un peu impressioné par les regards car je suis le seul non-indonésien au milieu d'un bon millier de personnes.

Sous le premier temple encerclé par beaucoup de jeunes se déroule la Danse des Guerriers. Quatres hommes executent en synchronisation totale un balais, tout en portant chacun une offrande. Les mouvements sont dans le meme esprit que ce que j'ai vu hier, sauf qu'ici ce n'est pas pour les touristes, et c'est mieux.


Tous le monde a revetu son costume de cérémonie, surtout les femmes qui sont magnifiques avec leur maquillage, leur parrure dans les cheveux, et leur sarong multicolore.


En discutant avec un indonésien, j'apprend enfin la raison de ce rassemblement. C'est la commémoration de la venue des dieux, et cette cérémonie en particulier n'a lieu que tous les 30 ans !  Autrement dit, c'est probablement la seule fois dans ma vie que je vais voir ca. Dans le genre "tomber au bon endroit, au bon moment", je viens de faire tres fort !

Je me promene dans l'enceinte exterieure du temple car les 2 autres enceintes me sont interdites. Un échaffaudage avec une plateforme au sommet été installé et va faire office de "piste d'atterrisage" pour les dieux.


Je croyais etre le seul voyageur présent dans le temple, mais j'apercois une japonaise qui est avec un guide. Je commence a discuter avec elle, mais le haut-parleur commence a psalmodier un language incompréhensible qui indique que la cérémonie commence. Son guide nous montre un passage derriere le muret du temple qui permet de voir ce qu'il se passe a l'intérieur. J'y vais. Des centaines de personnes sont assises dans la cours centrale, et lorsque je passe ma tete par dessus le muret, autant de regards (et de sourires) se tournent vers moi en meme temps. Pour la discretion, c'est raté ...



Au bout de 5 minutes, un jeune me tire par le bras et me dit en anglais qu'il faut que j'aille m'assoir car les dieux arrivent sur Terre. Je ne me fais pas prier : je me suis déja fais remarquer par tout le monde, je n'ai pas envie que les dieux s'énervent apres moi. Le silence regne et j'attend en prennant quelques photos. Les portes s'ouvrent et un homme vétu tout de blanc commence a dérouler un long drap jusqu'a la plateforme. La piste d'atterrissage est presque finie. Bientot, une véritable chaine humaine se forme de part et d'autre pour soutenir le drap blanc. Au bout d'un quart d'heure, des pretes arrivent en portant sur la tete des statues a l'effigie des dieux, ils montent sur la plateforme, en font le tour, puis redescendent en faisant glisser les statues le long du drap blanc. Les dieux sont sur Terre et entrent dans le temple ...



J'ai bien discuter avec Kadek qui est ravi de me faire découvrir cette cérémonie. Il a fait la Danse des Guerriers, et m'a apercu a ce moment la. en fait, il est mécanicien de maintenance a l'aéroport de Kuta, et poursuit des études d'ingénieur aéronautique a Yogyakarta. Il est fier de me montrer qu'il connait le Concorde et qu'il suit le lancement du dernier Airbus géant.

La cérémonie se termine, il commence a pleuvoir un peu. Il me propose alors d'entrer dans le temple avec lui, car maintenant, c'est possible.

Je m'assois derriere des gens qui prient, et suscitent la curiosité de tous ceux qui sont derriere moi. Une veille femme lui demande ce que je fais la, il s'explique et 2 mn plus tard, elle est enchantée de faire a son tour ma connaissance. La pluie augmente et nous nous réfugions sur les plaformes abritées de chaque coté de la place centrale.

Je commence a avoir faim, donc je lui propose d'aller manger. Je vais l'inviter pour le remercier, car sans lui, je n'aurai surement pas vu la cérémonie de cette maniere. Il y a des boui-bouis un peu plus loin, et nous nous y installons. Tanek va chercher 2 Coca-cola, et j'en profite pour demander l'addition. 20 000 RPH pour tous les 2 alors que ca ne coute surement pas plus de 10 000 RPH ! Quand il revient, je lui di que le gars abuse sur le prix mais il prend sa défence en m'expliquant que comme je suis riche, je dois payer plus. Il va récupérer sa commission plus tard, c'est sur ! Son comportement me decoit, et je décide ne pas rester plus longtemps. Je lui dit au revoir ainsi qu'a tout son groupe de danseurs, et je vais rentre mon "costume" a mes généreux bienfaiteurs. Je voulais acheter quelque chose a manger dans leur magasin pour les remercier, mais ils ne vendent rien de comestible.

Je repars vers Ubud et le déluge arrive. Meme avec le ciré que j'ai trouvé sous la selle, ce n'est pas possible de continuer. Je me gare sous un arbre et j'attend que ca se calme sous le toit d'un magasin. De retour a mon hotel, je prend une bonne douche chaude, et 1 heure plus tard la pluie s'arrete completement. J'ai trouvé un café internet qui me fait halluciner car la connection est aussi rapide que chez moi (du temps ou j'avais un chez moi). Sauf que quand je passe a la caisse 1 heure plus tard, j'hallucine encore. La ou d'habitude je payais 12 000 RPH, je dois payer 48 000 RPH. J'aurai du regarder le prix ... je comprend pourquoi c'est si rapide. Décidement, c'est la journée ou je me fais avoir de tous les cotés !

La nuit approche et je dois rendre la mobilette. Le gars me pose des questions pour savoir ce que je fais apres, et je lui explique mon projet d'itinéraire. Pour lui, prendre le bus est peu pratique et hors de prix, alors que si je garde la mobilette, je peux tout faire en 3 jours, et m'arréter ou je veux. C'est vrai que ca ne fais pas de longues distances, mais avec mon gros sac a dos sur la mobilette, ce n'est pas possible. "Tu peux laisser des affaires ici, je les gardes si tu veux". J'avais pas pensé a ca, et c'est vrai qu'avec juste quelques vetements de rechange et ma trousse de toilette, ca peu carrement le faire. Je réfléchis 2 minutes, et me voila reparti avec la mobilette pour 3 jours de plus, pour la modique somme de 80 000 RPH (7,5 euros). Je vais diner en étudiant mon parcours. J'ai choisi la meilleure option, c'est sur.

par Ludovic publié dans : Indonésie
ajouter un commentaire commentaires (6)    recommander
Mardi 11 avril 2006
 Je rentre a Ubud pour prévenir le loueur de mobilette que je garde la mienne jusqu'a demain, et je m'arrete au Ubud Palace, ancienne demeure d'une dynastie royale disparue. C'est un enchevetrement de temples et de logement ou s'exprime l'art local.


Les portes dorées des maisons sont finement sculptée, tout comme le moindre centimetre de bois de la charpente ou du mobilier en parfait état.



Des sculptures traditionnelles ornent les angles, et des fresques egayent les murs. Au centre du Palace, un édifice abrite un grand vase peint. 

 
Voila une une journée bien remplie comme je les aime, mais elle n'est pas encore finie. Une des spécialité d'Ubud reste a faire : le spectacle de danses traditionelles. Il y en a tous les soirs dans les grands hotels a partir de 18h30 et tous coutent 50 000 RPH. Malheureusement pour moi, il est déja 19h30 et la plupart des shows ont commencés depuis longtemps. J'en trouve tout de meme un dans un bel endroit, et je m'installe par terre, en plein milieu, pour avoir la meilleure vue. Un orchestre joue la cacophonie habituelle, sauf que cette fois, j'observe bien les instruments et je me rend-compte que c'est loin d'etre un travail d'amateur.


Les danseuses ont des costumes superbes, et la encore, a force d'observation, la difficulté de la danse me saute au yeux. Certe, ce n'est pas tres rythmée, mais la gestuelle tres complexe implique une position particuliere pour chaque doigt de la main, y compris ceux des doigts de pied ! La synchronisation avec les yeux est essentielle aussi. Le regard fixe part soudainement a gauche, puis les yeux s'ouvrent en grand au mouvement suivant, et ainsi de suite. Au final, les danses traditionelles balinaises s'apparentent plus a une formidable performance théatrale qu'a une chorégraphie de Pop Star.

 


Cela est encore plus flagrant lorsque un danseur arrive avec une danse plus masculine.


La danse suivante réunit sur scene un groupe de fille dont le costume, incluant des oreilles de lapin, évoque irrémédiablement celui des "bunnies", les playmates du magazine Playboy. La danse par contre ... L'objectif semble etre de retracer la vie des lapins qui creusent leur terrier, s'y enfouissent, se chamaille, sautillent dans les champs, etc ... C'est assez comique.



Le spectacle dure 1 heure et je suis affamé en sortant. Je vais me faire une pizza (j'ai assez donné dans le "local" pour aujourd'hui) et je rentre me coucher dans mon confortable lit a baldaquin.
par Ludovic publié dans : Indonésie
ajouter un commentaire commentaires (3)    recommander
Mardi 11 avril 2006

Je quitte mon hotel a 5h30 en laissant 30 000 RPH sur la table de chevet car je n'ai pas pensé a payer la chambre hier. Le meme bus que pour le voyage a Lombok m'attend, avec a peine 8 personnes dedans. Apparament, je suis le seul a aller a Ubud. Tous les autres continuent sur Lombok. J'arrive a destination a 7h30 et je me mets aussitot en route pour la guesthouse que j'ai choisi dans le Lonely Planet : Sisu Inn.

Ca semble a coté sur le plan du guide, mais en réalité, je marche sur plus de 3 kilometres avec mon gros sac a dos, sous une humidité pénible. J'avance, j'avance, mais toujours rien. Au bout d'un moment, je demande la direction pour m'assurer que j'ai bien lu le plan et le gars m'explique que l'endroit existe toujours mais porte un autre nom désormais. Qu'a cela ne tienne, je suis a coté, donc j'y vais. J'ai l'impression de pénétrer dans un temple en passant la porte d'entrée. Je pose mes sacs sur le carrelage, je suis completement trempé. L'endroit a l'air vraiment charmant, et il y a une chambre libre pour moi. ca ne coute que 45 .... DOLLARS !!! Mais ils sont fous ?!? J'explique a la femme que dans le Lonely Planet, c'est pas le niveau des tarifs qui sont donnés, et elle ne répond que le changement de proprietaire a fait augmenter les prestation et les prix au passage. C'est typique des propriétaires d'hotels qui veulent s'engraisser : des que leur établissement apparait dans le Lonely Planet, ils multiplient les tarifs pas 2 car ils savent que sur le flot de voyageur qui arrivera et qui sera décu, il y en aura toujours qui resterons malgré tout. Ca m'énerve d'avoir fait tout ce chemin pour rien. Heureusement la femme est sympa et passe un coup de téléphone a la guesthouse en face qui pratique des prix plus doux. Je m'y rend, et le gars me montre une superbe chambre avec grand lit double a baldaquin, salle de bain privée avec eau chaude, et vue sur les palmiers. Gloups, ca coute combien ca encore ? 75 0000, mais je la négocie a 50 000 RPH. Cool.

Je pose aussitot mon sac et fonce en ville pour prendre un petit-déjeuner car je creve de faim. Il n'y a pas grand chose d'ouvert a 9h00, a part le marché qui déborde d'activité et qui est toujours le plus représentatif de la vie locale. Je sors mon apparail photo et part a la chasse aux portraits. Le marché est le plus grand que j'ai vu depuis que je suis en Indonésie, le plus beau aussi. Il s'étend sur 3 niveaux et 3 ou 4 batiments construits dans le style local. C'est un bric-a-brac fantastique de nourriture mais aussi de produits locaux artisanaux.


- Au-rez-de-chaussez,et dans les ruelles autours des batiments, les légumes. tout ce qui est "offrandes, encens et statuettes divines" est dans un coin spécial. Il y a meme un magasin de masque traditionnels peint a la main, donc des exemplaires magnififiques de démons. J'ai trouvé ce que je vais ramener en souvenir ! Je ne l'achete pas maintenant sinon je dois le porter pendant plus d'un mois, mais je ne quitterai pas le pays sans un de ces masques, c'est sur. 


- Au sous-sol, la viande, poulets , ...
- Et au 1er étage le long des balcons décrépits, les vetements et articles de mode balinaise s'alignent, créant un beau patchwork de tissus colorés.

La faim commence a me tirailler et je repars dans les rues d'Ubud, sans succes, jusqu'a ce que la pluie arrive. Je me réfugie dans un café Internet a la connection tellement lente que ca augmente encore mon niveau d'énervement. 10h00 : je continue ma recherche de petit-déjeuner mais il n'y a que de galleries d'art et d'artisanat tout le long des rues et quand je tombe sur un restaurant, c'est extremement cher ou alors ils ne servent pas de petit-déjeuner. Cette ville me gonfle déja au bout de 2 heures... Finalement, je capitule et je me prend un pancake avec un jus de banane pas terrible et hors de prix.

Mais ma bonne humeur revient immédiatement quand je vois le ciel bleu qui s'étend de plus en plus. Je me renseigne dans la rue pour la location d'une mobilette (30 000 RPH la journée, insurance incluse) et a 11h00, je file enfin sur les merveilleuses routes de Bali. Je vais chercher de l'essence pour faire directement le plein, comme ca je ne serai pas obliger de m'arreter toutes les 2 heures pour acheter de l'essence sur le bord de la route.

Je prend la direction du Sud, pour refaire la route que le bus a pris, sur laquelle s'alignent tous ces magasins d'artisanats, sculpteurs de pierre sculpteur de bois, peintres, coincés entre des dizaines de temples. Comme a Kuta, je galere pour trouver le bon chemin a cause de tous les sens uniques. Je fais un premier arret chez un sculpteur de bois, dont les pieces exposées sont impressionnantes. Outre la taille des oeuvres d'art, souvent plus de 1,5 metres, le sens du détail est stupéfiant. En fait, chaque piece est composée d'une multitude de mini-statues imbriquées entre elles mais sculptées dans le meme tronc d'arbre. Ces artisans indonésiens sont vraiment tres forts.


Tout le long de la route qui meme a Sukawati est bordées de marchands de meubles artisanaux, de lampes et vases, de peintures. Il y a de quoi se faire une décoration intérieure digne des designers les plus inspirés. Sukawati est sorte de ville-marché pas tres originale. La spécialité locale est la fabrication d'ombrelles, mais pour le reste, j'ai déja tout vu.


Des bus entiers de touristes sont lachés au marché car c'est un endroit parfait pour faire son shopping de souvenirs. Je fais un rapide tour dans le marché non-touristique et repars sur Ubud pour y déjeuner.


Je m'arrete a un restaurant qui est installé juste en face des rizieres, mais quand je commande, le serveur me dit qu'il n'y a pas de nourriture aujourd'hui. Il doit etre un peu stupide. Pourquoi il me laisse consulter le menu alors ? Je m'installe 20 metres plus loin, je commande un Coca-Cola, mais cette fois, ils n'ont rien a boire, a part des jus. Au moins, je mange un bon curry.

Je repars pour aller visiter les rizieres autours d'Ubud qui sont parmis les plus belles de Bali. Il y a une photo dans le Lonely Planet que je veux absolument faire aussi. Je pars donc a la recherche du coin mais je me débrouille assez mal. J'ai un tres bon sens de l'orientation, mais ici, je ne sais pas pourquoi, je galere toujours pour trouver un endroit. Je visite a pied quelques terrasses dans Ubud meme, puis je me perd en mobilette dans la campagne.



Aucun nom de route n'est indiqué, ou alors les panneaux sont en indonésien indéchifrable. Pas grave, je profite pleinement de ma promenade. Je m'arrete a un temple désert, comme d'habitude, pour consulter le plan de mon guide. Des chiens se mettent a aboyer jusqu'a ce que je m'en aille, c'est super stressant de les entendre sans cesse ! Des fois, j'ai envie de m'en farcir un avec une grosse pierre, histoire de les faire se taire. Une touriste qui passe en vélo s'arrete aussi au temple, et je lui demande la direction. Je ne suis pas loin, et effectivement, je débouche quelques minutes plus tard, au milieu des rizieres. Je laisse ma mobilette sur le bord de la route et je vais marcher le long des terrrasses ou l'eau ruisselle grace a un ingénieux systeme de canaux alimentés par une pompe artisanale a mouvement perpétuel. Quel pied de marcher au milieu de ces champs qui respirent la sérénité. Je pourrai m'allonger dans le riz pour y dormir s'il n'y avait pas 10 cm d'eau en dessous. Je prends des photos des terrasses car je ne m'en lasse pas.



Je reviens au croisement ou j'étais perdu et j'essaye l'autre route. Elle suit la crete d'une vallée ou quelques maisons ont été construite, en passant par de nombreux ateliers de peintres traditionnels. Sur la crete oposée, je peux apercevoir des bungalows de luxe et une piscine construit dans la pente. La route s'est transformée en sentier défoncé, puis se termine en cul de sac. Je laisse ma mobilette et je continue un peu un pied sur la colline envahie de hautes herbes. Un couple de jeune flirte assis en plein milieu du sentier ombragé, puis j'en croise un autre qui s'en va. A priori, le coin est connu des amoureux...  

Fin de la journee dans l'article suivant

par Ludovic publié dans : Indonésie
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Lundi 10 avril 2006
Que c'est dur la vie ... J'ai commencé la journée avec la mauvaise nouvelle que je craignais : Alexis, qui devait me rejoindre a Bali n'a finalement pas pu trouver de vol vers Singapour avec juste une seule place libre. Il a tenté 3 jours de suite a l'aéroport, mais rien a faire, la chance n'est pas avec nous. Je suis vert, j'avais préparé un petit programme sympa, 30 % détente, 30% barroude et 40% nightlife pour feter ca ! Et le saucisson qu'il devait me ramener ... Arghhhh !!! Je comptais aussi louer une voiture avec lui, mais seul, c'est vraiment pas fun. Du coup, je dois changer mon fusil d'épaule, et je décide de prendre un bus des demain matin pour Ubud, et je gererai la visite des environs sur place, surement en louant une mobilette. Je change aussi d'hotel puisque je n'ai plus besoin de la grande chambre double que j'avais réservé en conséquence, et je retourne a la Diana Guesthouse qui était vraiment sympa et pas chere. Mon loyer passe de 100 000 RPH a 30 000 RPH la nuit.

Je vais déjeuner et discute avec Ben, un anglais cool qui est au meme hotel que moi. Il est assis au bar avec 2 allemandes qui ne décrochent pas un mot. Bali, ca devient la banlieue berlinoise.

Que faire cet apres-midi ? Apres la déception de ce matin, je dois me faire un peu plaisir pour me remonter le moral, donc ca va etre shopping, tiens ! Je ne peux plus supporter mes t-shirts donc je vais dans les ruelles a touristes m'en racheter 2 autres, puis je vais dans un centre commercial pour trouver un nouveau treilli, histoire de remplacer celui que j'ai recousu pour la 2eme fois a Maumere. Mais ici, a part des fringues de surf, le choix est assez limité. Du coup, je passe au rayon "Calecon", car ils ont bien vécu et je commencais a me clochardiser de ce coté la aussi. Et une ptite glace Hagen-Dasz pour faire passer le tout (ici c'est du luxe), voila un bon début d'apres-midi !

Je vais rapidement sur internet et j'ai un email de Birgit. Elle ne me répondait pas car elle s'est fait voler une de ses CB pendant le trip pour Flores, probablement sur le bateau pendant que nous faisions du snorkelling ou pendant la nuit, et des achats ont été fait avec. Du coup, elle a passé 2 jours a régler le probleme. C'est vraiment con car ce voyage en bateau était vraiment génial, ca gache tout. On se reverra a Yogyakarta, c'est promis. J'envoi aussi un email symbolique qui marque le début de la fin du voyage : il s'adresse a mon agence de marketing, ou j'ai travaillé ces 3 dernieres années, pour commencer a organiser le retour de mon congé sabbatique.

Je vais ensuite squatter la piscine du Masa Inn. Il y a quelques francais, donc 3 trentenaires bien frappés qui me font honte. C'est le genre gros blaireaux de la Cote d'azur, torse nu, avec leur chaine a gros maillons en plaqué or autours du cou, et qui parlent francais comme des paysans : " Oh, ma couille, c'est t'y pas maint'nant qu'tu vas t'endormir, hein dis ? A les écouter, le but de leur voyage fut de tester toutes les boites de nuit Bangkok a Bali. Et ils ont adoré Bangkok bien sur ... Faut pas s'étonner qu'ils soient accompagnés de 3 filles asiatiques, tendance "forte poitrine", qui semblent se faire royalement chier dans la piscine. Mais au moins elles voient du pays gratuitement. Enfin ... gratuitement ... elles payent surement le prix fort en nature.

Je reste dans mon transat une bonne heure, puis je passe a la seconde étape de la journée : le massage. J'ai vu dans une petite rue des salons basiques qui font des massages traditionnels et de la réflexologie. Birgit m'avait dit que ca ne craignait pas, donc je me pointe a l'un d'entre eux. Je dérange une femme en plein repas, mangeant son riz avec les doigts, les memes doigts qui vont me masser. Il y a 3 tables de massage séparées par un rideau, la fille, Maria de son ptit nom, me fait allonger en calecon sur l'une d'entre elles. J'ai bien fait de m'en acheter des nouveaux aujourd'hui et d'en mettre un immédiatement ! Cette petite femme de 40 ans maximum a une force prodigieuse dans les mains. Elle commence par me masser les pieds et tous mes orteils claquent. Comme j'ai la tete dans un trou, je ne vois rien de ce qu'elle fait. C'est calme pendant 5 minutes, tout s'arrete pendant 5 secondes, et "BAM !!" je me prend une volée de coups de poing dans les muscles. Ca fait un peu mal sur le coup, mais apres, la détente est assurée. Elle fait le meme scénario dans mon dos qui craque bien aussi. Le massage complet dure 1 heure, ca me fait un bien fou. Et tout ca pour la modique somme de ... de ... 3 euros !! (L-A, pas la peine de t'exciter pour prendre le prochain vol pour Bali, tout est plein jusqu'en mai ;-))


Entretemps le soleil s'est couché, la pluie du soir approche, je rentre donc a vitesse grand V a ma guesthouse pour prendre une douche et me rincer de toute cette huile. Alors que je suis en train de me savonner, quelqu'un frappe a la porte. "Are you the french guy ?". Je reconnais la voix d'une des allemandes de ce midi. Elles sont en fait dans la meme guesthouse que moi et vont diner avec Ben. Elles me proposent de me joindre a eux, ce que je fais. La soirée est sympa, nous jouons aux cartes, je leur fais le coup du jeu de contorsion que Peter nous avait montrer sur le bateau pour Flores, ca marche a tous les coups. Je vais me coucher a minuit car je dois me lever tot demain matin pour prendre le bus.
par Ludovic publié dans : Indonésie
ajouter un commentaire commentaires (1)    recommander
Dimanche 9 avril 2006
Apres 10 jours de barroude sur Flores, une journée de glande totale me fait le plus mes grand bien. Je continue la mise a jour du blog toute la matinée puis je vais manger en bouquinant mon guide pour organiser la visite de Bali. Ca ne va pas etre simple si je veux voir tout ce que je veux. Les transports en commun de s'y arretent pas forcément. Compte-tenu des petites distances, l'idéal serait de louer une voiture. Mais tout seul, ca va me revenir relativement "cher" et ca ne sera pas aussi fun qu'en étant plusieurs. Il faut que je checke les offres des agences de voyage, il y a peut-etre un package qui fera l'affaire.

L'apres-midi, je me promene dans les ruelles de Kuta ou s'alignent les magasins de vetements désertés par les touristes. Il y a quelques specimens de t-shirts qui me font bien rire, dont un faux logo Pizza Hut qui me renvoit 1 an en arriere, a l'époque ou la marque faisait partie de mes clients. Je ne résiste pas a l'envie de prendre une photo et de l'envoyer plus tard a Xavier C. le Directeur Marketing de la marque avec lequel je travaillais.


Je tombe aussi sur un grafitti qui me plait bien : j'aurai pu l'écrire celui-la, c'est tout moi.


Je vais diner dans un restaurant a touristes et une averse digne de celles de Flores commence a détremper les rues. Des énormes flaques d'eau apparaisssent un peu partout. J'attend que ca cesse pour partir. Au moment de payer l'addition, je me rend compte que je n'ai pas pris assez d'argent avec moi. J'ai l'air con ! Je dois laisser mon appareil photo en garantie au restaurant et je retourne a l'hotel chercher de l'argent. A mi-chemin, je réalise que la clé de ma chambre est dans la sacoche. Demi-tour, et a bout de 20 minutes, je peux enfin regler ma dette et partir me coucher avec mon appareil photo pres de moi.
par Ludovic publié dans : Indonésie
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Samedi 8 avril 2006
Je me réveille vers 5h00 a cause de ces satanés coqs et d'un chien pas tres loin de ma chambre qui passent son temps a aboyer. Je n'arrive pas a me rendormir et je somnole jusqu'a tard dans la matinée. Lorsque je sors prendre mon petit-déjeuner dans le hall, le gars de l'accueil me communique le messade d'Eric et Marie. Il sont partis totue la journée faire du snorkelling donc je ne les reverrai plus avant de prendre mon avion, ou alors éventuellement dans quelques jours a Bali. Je vais metre a jour le blog et lis mes emails. Mauvaise nouvelle de la part d'Alexis : il n'a pas pu prendre le vol pour Singapour a une place pres. Comme il a de la famille travaillant chez Air France, il béneficie de vols gratuits sur les avions de la compagnie mais a la condition qu'il reste des places libres. Le systeme a ses avantages mais aussi ces inconvénients. Il retentera demain.

Je reviens a l'hotel pour faire mon sac et libérer la chambre, puis je vais déjeuner au Café Borobudur, une adresse du Lonely Planet qui ne mérite pas le détour. Il n'y a personne sauf moi et la serveuse. Ca me fait bizarre de manger seul, je m'étais habitué a la présence de gens avec moi en permanence depuis 10 jours, et tout d'un coup, plus personne ! Retour a la vie du voyageur solitaire. Le temps passe vite, il est déja 13h00, et je dois etre a l'aéroport a 14h00. Un indonésien qui passe s'assoit et commence a discuter avec moi, il est guide touristique et essaye de me vendre sa sauce mais quand il comprend que je pars dans une heure, il laisse tomber l'affaire.

Je hele un taxi-motocyclette dans la rue pour aller a l'aéroport. Il me fait la course a 3000 RPH. Le gars de l'hotel essaye de me vendre son taxi a 20 000 RPH, mais je lui fais gentiment comprendre qu'il ne faut pas me prendre pour un idiot. Il baisse son prix a 10 000 RPH pour me convaincre, sans succes ... Entretemps un autre gars de l'hotel a discuté avec mon taxi-mobilette, et le prix est monté a 5000 RPH, en raison de mon gros sac a dos. Quel enfoiré ! Tout ca parceque je n'ai pas voulu aller avec eux. Ca reste un prix ridicule bien sur, mais c'est le principe qui m'énerve.

Je monte a l'arriere essayant de me maintenir tant bien que mal assis sans tomber a la renverse car mon sac a dos est tellement lourd qu'il me tire en arriere. Le trajet bien que court n'est pas reposant dans ces conditions. Le prix ou le confort, il faut choisir !

Le moment de vérité arrive : malgré le fait d'avoir mon ticket, j'ai entendu dire que les vols étaient souvent annulés sans préavis. Je pose mon sac sur la balance, donne mon ticket et mon passeport, le gars me regarde d'un sale air, mais il me donne quand meme mon Boarding Pass.


Ouf ! Je passe dans la salle d'attente qui me permet de voir que mon sac est embarqué a l'arriere d'un vieux pick-up. Je patiente pendant 2 heures en suant a grosses gouttes tellement il fait humide. Je me leve de temps en temps pour aller me rafraichir sous l'unique appareil de climatisation qui fonctionne.

Mon avion atterit a 15h40. C'est un avion a hélice d'une trentaine de places qui semble en tres bon état de l'extérieur. J'aime pas les hélices ... mais pas le choix.


J'embarque en dernier car je prends des photos, et je m'installe au hasard des sieges libres a coté d'un hublot. Les pales commencent a tourner de plus en plus vite, et 5 minutes plus tard, me voila en train de contempler la magnifique cote depuis mon siege. Flores vue du ciel, c'est encore plus beau que vu de la route.


Un déjeuner nous est servit a bord, je ne m'attendais pas a ca. Le vol dure 2 heures et demi, et nous nous posons a Bali dans la nuit. Je gere a nouveau un taxi-mobilette pour 21 000 RPH. On voit tout de suite la différence entre les lieux touristiques et ceux qui le sont moins. Un taxi m'a meme proposé 10 dollars la course ! Tu reves mon pote. Le trajet est toujours aussi inconfortable mais je gere. Ma chambre réservée avant de quitter Bali m'attend comme prévu. Une grande chambre avec un grand lit double et une douche avec de l'eau chaude. Wouhaaaa !! 100 000 RPH (9 euros)  quand meme ...

Je me change, donne immédiatement mon linge sale a laver, et je pars a la recherche d'un restaurant ou je vais pouvoir m'empiffrer. Au fur-et-a-mesure que je parcours les rues, j'ai le sentiment qu'il y a beaucoup plus de monde que quand je suis parti. Surement l'effet "Vacances de Paques" en Europe. J'essaye d'appeler Birgit au passage, des fois qu'elle soit dans le coin, mais ca ne répond pas. Je me pose dans une ruelle tranquille ou je me fais une pizza et une pancake a la banane, en regardant la télévision. Bon sang, c'que ca fait du bien !! Il passe un concert récent de Clapton que je ne reconnais pas immédiatement tellement il a changé. Je vais faire ensuite un petit tour dans des rues que je ne connais pas et je vais me coucher en esperant qu'il n'y aura pas de coqs pour me réveiller a l'aube.
par Ludovic publié dans : Indonésie
ajouter un commentaire commentaires (3)    recommander
Vendredi 7 avril 2006
N'ayant rien de prévu aujourd'hui car la ville de Maumere n'a pas tellement d'intéret en soi, je paresse au lit presque toute la matinée. La faim me fait quand meme sortir déjeuner avec Birgit. Juste avant, je souhaite passer au bureau de la Merpati Airline afin de payer mon billet d'avion pour Dimanche car je n'ai pas envie que la réservation soit annulé. Ce fut assez pénible comme ca pour avoir ce billet, et devoir attendre 4 jours de plus ici est une perspective qui ne me réjouit pas. A tout hasard, je demande a l'employée si personne n'a annulé sa réservation pour l'avion de cet apres-midi.
- Non, toute les places ont éte payées.
- Et pour demain tous le monde a payee ?
- Vous voulez pour demain ? Pas de probleme ...
Et elle me fait un billet dans la foulée. Ca doit etre une blague, j'hallucine completement.
- Il y a de la place, vous etes sure ????
- Oui, oui, c'est bon.
- Mais quand nous sommes venus hier, vous nous avez dit qu'il n'y en avait pas ! Ca fait 3 jours quil n'y en a pas d'ailleurs.
Elle ne me répond pas et se contente d'esquisser un petit sourire en voyant mon air éberlué, tout en continuant d'emmetre le billet d'avion. Je lui repose une troisieme fois la question et elle me promet que je peux partir demain. Quelle histoire de dingue ! Finalement, ca va dans mon sens, mais que de stress et de temps perdu pour rien. Je paye les 966 300 RPH (90 euros) avec bonheur, et nous allons manger, moi trop content de ne pas devoir rester ici un jour de plus.

Nous revenons a l'hotel a 14h00, Birgit fait son sac et je l'accompagne a l'aéroport car je n'ai rien d'autre a faire. Le taxi coute 20 000 RPH, extremement cher compte-tenu de la distance. On s'est fait avoir c'est certain. Son vol est a 16h00 mais il faut etre la 2 heures avant. Ca me fait bien rire car c'est un petit vol dans un avion de 30 places, et la Merpati se la joue comme si on prennait un vol international. L'aéroport est un simple batiment ou 4 vieux comptoirs en bois sont alignés. Son avion décolle a l'heure prevue et je rentre a l'hotel en taxi-mobilette qui ne me coute que 5000 RPH.

Je retrouve Eric et Marie en train de déjeuner tardivement et je leur raconte l'histoire du billet d'avion. Je vais ensuite sur Internet et nous allons manger tous les 3 sur le port ou il y a de l'animation ce soir.
par Ludovic publié dans : Indonésie
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Jeudi 6 avril 2006
Je me réveille instinctivement vers 4h00, pour partir a 4h30. Bien sur, l'électricité n'est pas revenu apres 22h00, pas plus que l'eau courante. Du coup, Birgit n'a pas pu recharger son téléphone portable pour pouvoir appeler son amie qui peut nous confirmer un vol pour Dempasar ou non.

Pour l'instant, le volcan Kilimutu et ses lacs nous attendent dans la nuit. Nous préparons nos sacs a la lumiere de ma lampe-torche, et les laissons dans le bungalow. Pour une fois, nous sommes pret a 4h30 comme prévu. Nous embarquons dans la voiture, pas pour longtemps... Kennedy arrete aussitot le moteur et vérifie la roue avant droite. J'en fait autant, et je m'apercois a mon tour que le pneu est a plat. Super ... la série continue ! Avec l'aide d'un indonésien de l'hotel, la roue est changée en 10 minutes, et nous partons enfin sur la route sinueuse et défoncée qui mene au camp de base du Kilimutu.

Le trajet dure 30 minutes pour arriver a un parking sont déja garées des voitures. Il reste 20 minutes de marche sur un sentier pavé pour atteindre Inspiration Point, le mirador sur le cratere du volcan. Je mets le turbo car la luminosité augmente rapidement et le ciel commence a rougir derriere moi. Nous arrivons a Inspiration Point, une sorte de monument en escalier situé au bout d'une crete qui domine les 3 lacs encore dans l'ombre.



Chaque lac est une immmense caldeira d'effondrement dont le fond est rempli d'eau de couleur vert-jaune pour le plus grand, rouge-marron pour le second, et vraiment noire pour le troisieme. Ces couleurs sont due aux minéraux qui se dissolvent dans l'eau, et les lacs changent de nuance tous le temps. Le panorama est superbe, tout comme le lever de soleil qui embrase le ciel nuageux petit a petit.


Nous avons de la chance car la météo sur le volcan est tres capricieuse et il parait que la possibilite d'apercevoir le lever de soleil est d'une fois sur deux. Nous en profitons assis sur le monument, pendant que d'autres groupes arrivent dont des asiatiques qui m'énervent car ils braillent en permanence en prennant leurs photos et m'empechent de profiter pleinement de la sérénité du moment. Nous restons la haut une demi-heure puis Birgit et moi voulons partir afin d'arriver au plus vite a Maumere pour gérer notre retour a Bali. Eric et Marie ne sont pas pressés, comme d'habitude, et Birgit stresse a fond. Nous redescendons a la voiture, repassons a l'hotel pour prendre nos sac, et c'est parti pour Maumere avec un temps magnifique. Le trajet est toujours aussi cahotique. J'essaye de dormir un peu mais les trous dans la route et les tournants serrés incessants me secouent en permanence.



Nous arrivons a Maumere a 11h30 et Kennedy nous arrete immédiatement au bureau de la compagnie aérienne Merpati. Birgit fait vérifier sa réservation et c'est OK. Elle paye et elle va pouvoir s'envoler demain, la veinarde. Pour Eric, Marie et moi, il n'y a bien sur toujours pas de place pour demain, ni Samedi. Heureusement, notre réservation pour Dimanche a 16h00 a bien été prise en compte. Si je rate ce départ, apres, je perd encore 4 jours. Birgit charge enfin son téléphone portable, et elle appelle aussitot son amie qui travaille dans une agence de voyage a Yogyakarta. Elle lui demande au cas ou de vérifier les disponibilités pour Samedi. Et il y a des places libres !!! Mais qu'est ce que c'est que ce délire ? Nous sommes au bureau meme de la compagnie et ils ne sont meme pas foutu de vérifier les disponibilités de sieges sur leurs propres avions. Et c'est comme ca depuis le début. Ca me tue ... Du coup, elle demande a son amie de nous réserver des places et nous attendons son appel de confirmation avant de réserver celles pour Dimanche. Ca traine, ca traine, et quand Birgit nous annonce que les dernieres places ont éte réservées par une autre agence dans le lap de temps ou nous attendions, je suis vert ... Nous avons eu la chance de voir le lever de soleil sur le Kilimutu, il ne faut pas trop en demander pour aujourd'hui. Ma seule chance de partir Samedi est de me pointer au bureau le matin et de vérifier si tout le monde a payé sa réservation avant la date limite. Mais vu le niveau de compétence élevé des employés de la Merpati, je n'espere rien.

Nous allons ensuite a l'hotel Gardena, l'un meilleur rapport-qualité prix de la ville. C'est rudimentaire mais pour 60 000 RPH la chambre double, ca fait l'affaire. Il faut maintenant payer le solde de la location de voiture. Nous avions prévu 7 jours mais finalement 6 jours ont suffit pour faire le trajet. Nous expliquons donc a Kennedy le calcul du cout final, nous lui donnons un pourboire, et il repart directement pour Labuan Bajo ou l'attend un autre groupe. Il y a 20 heures de route, et il veut les faire d'une traite !

Nous voila sans voiture a Maumere, plus grande ville de l'Ile de Flores. Pourtant la majorité des rues ne sont pas goudronnées, ou alors dans un bien piteux état quand elles le sont. Des cochons arpentent les rues en fouillant les tas d'ordures avec leur groin, a la recherche de nourriture.


Je trouve l'unique café Internet de la ville et je m'y précipite pour pouvoir enfin donner des nouvelles. 10 jours sans signe de vie, ca va surement me valoir un paquet d'emails, et je vais pouvoir prévenir Alexis de mon retard pour revenir a Bali. Puis je vais déjeuner avec Birgit dans un boui-boui chinois. L'humidité ambiante rend ma peau collante alors que j'ai pris une douche il y a a peine 1 heure. La nourriture au choix n'est pas vraiment variée : poisson-riz, poulet-riz, porc-riz, je commence a saturer. Vivement Bali que je me fasse une bonne pizza ! Nous allons ensuite faire un tour, sans s'attarder, sur le tres odorant et dégoutant port de la ville, puis nous rentrons a l'hotel pour faire une sieste car le réveil a 4h00 nous a bien fatigué.

Eric vient nous chercher pour notre dernier diner tous les 4. Nous allons sur le port, mais dans une partie plus accueillante que celle ou nous avons déja éte, et ou sont installés quelques restaurants. Nous nous faisons un poisson grillé, servit avec du riz et une sauce piquante, qui arrache tellement qu'une petite goutte a suffit pour m'anesthésier les levres. Tout le monde est fatigué donc nous rentrons a 22h00, pour aller tous nous coucher directement.
par Ludovic publié dans : Indonésie
ajouter un commentaire commentaires (1)    recommander
Mercredi 5 avril 2006
Une longue journée de route nous attend aujourd'hui pour rejoindre Moni, un village au pied du Volcan Gunung Kilimutu situé de l'autre coté de Flores. Nous devions partir a 9h00 mais tout le monde a paressé un peu au lit, et nous ne partons qu'a 11h00. Le beau temps est au rendez-vous ce matin et le soleil fait évaporer l'eau du sol créant une humidité ambiante assez pénible.

La route passe les montagnes une par une, montant et descendant invariablement, passant des ponts tous identiques et des hameaux perdus dans la foret tropicale.



J'essaye de dormir mais, comme les autres jours, les cahots de la route empechent tout assoupissement sous peine de se réveiller avec un torticolis mémorable. Nous nous arretons dans un de ces hameaux perdu pour acheter un déjeuner a emporter que nous mangerons 1 heure plus tard. Kennedy fait un arret dans un tournant ou se trouve quelques stands de fruits et légumes. J'achete des oranges et je vais m'assoir avec Birgit sur des marches en carrelage sous une sorte de halle pour le marché, avec une odeur de crottes de chevre insistante.



Un peu avant Ende, nous nous arretons a un endroit appelé Blue Beach. Cette plage doit son nom aux inombrables galets bleus-verts qui jonchent le sable noir, polis par le va-et-vient perpétuel des vagues. Des femmes sont réparties sur la plage pour les rammasser. Les galets sont ensuite trier par taille, et vendus pour de nombreuses utilisations. La plus répandue est pour les aquariums.




Nous arrivons a Ende a 17h00. C'est une ville animée ou nous allons pouvoir gérer enfin nos billets d'avions pour Bali et aller sur Internet. Kennedy nous dépose en face du Bureau Merpati et Birgit court au comptoir pour demander une place pour Jeudi. Tout est booké. Vendredi ? Pareil. Samedi ? Il n'y a pas d'avions depuis Ende, il faut aller a Maumere, 150 kilometres plus au nord... Et bien sur, il n'est pas possible de faire une réservation pour Samedi depuis ici alors que c'est la meme compagnie aérienne. Il faut obligatoirement aller a Maumere pour réserver un vol depuis Maumere. Passer un coup de fil la-bas couterai trop cher pour eux, tu penses bien ... L'employée nous donne le numéro de téléphone et c'est a nous de le faire. C'est un truc de dingue !!! Et bien sur, c'est fermé a cette heure-ci, donc il faut attendre demain matin. Le probleme, c'est que nous serons dans un bled ou il n'y a pas le téléphone ... Et peu de chance que le réseau mobile fonctionne aussi. Birgit est a 2 doigts de péter un plomb. Moi je reste zen, mais franchement, je me demande comment je fais. Alexis doit normalement débarquer de France dans 2 ou 3 jours a Bali, je ne serai surement pas la. En fait, je n'ai aucune idée de quand je pourrai y etre a mon tour. Birgit appelle sur son téléphone mobile une amie qui travaille dans une agence de voyage a Yogyakarta pour voir si elle peut essayer de débloquer la situation. 10 minutes plus tard, elle recoit un SMS avec un code de booking pour vendredi 16h00 depuis Maumere. Il y a donc des places mais il faut qu'elle paye son billet demain avant 11h00 pour etre sur de partir ! Ca va etre le rush et encore du stress. Pour compliquer encore la situation, elle ne peut plus appeler car la batterie de son téléphone est presque morte. J'espere qu'il y a l'électricité a Moni ... remarque sans réseau, si ca se trouve, ca ne va pas nous servir a grand chose. Du coup, nous tentons quand meme d'appeler le bureau Merpati a Maumere et coup de chance, il n'est pas encore fermé. Pour samedi, c'est plein aussi. Arghhhhhhh !!! Eric réserve 3 places pour Dimanche, mais j'ai les boules de perdre autant de temps pour des conneries pareilles.

Je demande a aller sur Internet pour envoyer un email a Alexis et aussi prévenir ma famille que tout va bien car ca fait plus d'une semaine que je n'ai pas pu donner de news, mais il est trop tard, tout est fermé maintenant. Je suis vraiment soulé la ... Nous partons donc a Moni, a 50 km de Ende, en pleine montagne. Nous y arrivons en pleine nuit, et il est impossible de voir quoique ce soit. Il n'y a plus de courant cette nuit, une coupure parait-il, qui devrai etre rétablie vers 22h00 nous affirme le gars de l'hotel ou Kennedy nous dépose. J'espere que ce n'est pas encore un baratin, car la batterie de mon appareil photo est quasiment a plat et je dois impérativement la recharger.

Le bungalow que l'on nous propose est vraiment bien, il faut le partager a 4 et cela coute en tout 160 000 RPH. Eric et Marie ne sont pas chaud du tout pour payer ce prix la. Je vais voir un autre hotel dont le gars m'éclaire les chambres a la bougie. C'est beaucoup plus basique, j'ai l'impression que les matelas sont en paille, mais ce ne coute que 30 000 la chambre double. Meme pour ce prix la, je n'ai pas trop envie de dormir ici. Je leur fait un topo e la chambre et finalement nous restons dans notre chouette bungalow qu'Eric a négocier a 120 000 RPH. Je me rend compte, qu'il n'y a pas d'eau non plus : pas de douche pour ce soir. Mais c'est quoi ce bled de M.... ??  Ha, j'te jure quand la malchance s'acharne ... Le diner se passe aux chandelles, et nous allons nous coucher aussitot apres car nous nous levons a 4h00 demain matin.
par Ludovic publié dans : Indonésie
ajouter un commentaire commentaires (1)    recommander
Mardi 4 avril 2006
Toujours pas d'amélioration de la météo ce matin. Il a plu des trombes d'eau de 5h00 a 8h00, ce qui ne donne pas vraiment envie de sortir de son lit. Pourtant, il va bien falloir occuper cette journée... Je me demande si on va réussir a sortir la voiture de son bourbier car la situation n'a pas du s'améliorer non plus. Nous esperions que la boue allait un peu sécher cette nuit, mais vu ce qu'il est tombé ... Pourtant, quand je sors la tete de dehors, Marco, le copain indonésien de la suissesse est la en train de rincer ses pieds plein de boue et il nous apprend qu'avec Kennedy, ils viennent juste de désembourber la voiture. Voila une bonne chose de faite.

Je prend une douche froide et je rejoins les autres a la maison du propriétaire des lieux ou le petit-déjeuner est servit. Marco nous réitere sa proposition de faire un tour en bateau dans les iles a proximité ou nous pouvons faire du snorkeling. Je ne suis pas super emballé par cette idée vue le risque important d'essuyer une averse en pleine journée, mais le temps de finir mon thé, et le soleil fait son apparition entre 2 nuages. Du coup, nous décidons d'y aller.

Nous partons a pied pour le port qui se trouve au bout d'une longue avenue de palmiers. Nous arrivons au village de pecheurs ou toutes les maisons en bois sont sur pilotis. Certaines sont completement de travers et semblent a deux doigts de s'écrouler.




L'ensemble constitue surement le plus traditionnel des villages non-touristiques que j'ai vu depuis mon départ de Bali : pas de frais d'entrée, pas de vieilles femmes qui tissent pour vendre ensuite leurs produits aux touristes. Juste des gens qui (sur)vivent, de la maniere la plus élémentaire qui existe depuis des siecles.

Apres avoir payé une taxe pour l'entrée du port, nous allons jusqu'au bout du ponton ou notre bateau nous attend. Il s'agit juste d'une longue barque motorisée sur laquelle a éte tressé un toit en paille. Si je n'ai pas le mal de mer la-dessus ...


Nous sortons du port en passant pres des bateau de peche locaux, une sorte de grande barque avec une toile de tente pour se protéger du soleil, et sur laquelle ont été greffés des flotteurs en bois pour faire une sorte de trimaran.


Nous nous dirigeons vers une petite ile et croisons un pecheur sur sa minuscule barque. Marco lui fait signe de nous attendre. Nous l'accostons et il nous montre ce qu'il a attrapé : 2 petits mérous, des petits poissons pour faire de la friture, et un autre gros poisson de 50 centimetres. Nous lui achetons tout le produit de sa peche et repartons vers l'ile, sans aller jusqu'au bout.


Nous jettons l'ancre avant, sur notre premier lieu de snorkeling la journée. Nous sommes a plus d'un kilometre de la cote mais il y a a peine 1,5 metres de profondeur. Il y a quelques coraux et beaux poissons, mais c'est loin d'etre aussi beau que ce que nous avions vu a Red Beach sur l'ile de Komodo. Nous repartons vers l'ile pour y déposer Kennedy qui va s'occuper de préparer un poisson grillé pendant que nous allons un peu plus loin continuer le snorkelling. C'est mieux, mais je ne reste pas tres longtemps dans l'eau. Il y a une multitude de ces étoiles de mer rouge-oranges avec des petites pointes sur leurs branches, et le fond est tapissé de coraux.

Nous retournons sur l'ile pour déjeuner. Le camp a été installé sous un des abris qui existe sur l'ile. Lorsque le poisson est pret, je réalise que nous allons vraiment manger a la maniere locale. Nous faisons un cercle, et la nouriture est posée sur des feuilles de palmier tressés. Nous avons des bananes pas mures en accompagnement, et c'est tout ! Pas de sel ou de sauce, tout le monde pioche dans le poisson et mange avec ses doigts.


Le repas fini, je vais faire un tour sur la plage avec Birgit pour rammasser des coquillages. Il y en a des magnifiques, en quantité impressionante, surtout ces fragiles oursins qui on blanchit au soleil, et qui arborent un motif floral. Je fais des photos de ces coquillages puisque nous n'avons pas le droit de les emporter, et nous rejoignons les autres. Il était prévu de faire un autre endroit de snorkelling mais les nuages deviennent de plus en plus menacant, et nous préférons revenir a Riung.



Une fois au port, c'est un vrai bonheur. Les enfants du villages sont la, en train de pecher, de s'amuser, et des qu'ils voient nos appareils photos, c'est la bagarre pour etre devant l'objectif. Ils sont tous plus mignons les uns que les autres !



Les adultes ont aussi fait leur apparition, et nous comme d'habitude, ils sont toujours pret a discuter avec nous. Je fais encore un paquet de photos, puis je rentre au bungalow. Je prend un douche et vais me reposer en attendant l'heure du diner. La nuit tombe vite et nous allons a nouveau en voiture au restaurant. Le chemin est toujours aussi boueux, mais Kennedy gere tres bien les passages délicats. Le retour est plus fastidieux. Nous restons embourbé 1 minute, puis Kennedy trouve un angle d'attaque pour nous sortir de la et nous ramener a bon port sans soucis.
par Ludovic publié dans : Indonésie
ajouter un commentaire commentaires (2)    recommander

Publicité

Recherche

Présentation

  • : BLOG TOUR DU MONDE- Vivez un tour du monde comme si vous le faisiez !
  • : Photographies, carnets de voyage, info pratiques et vidéos des plus beaux endroits du monde lors de mon périple d'1 an : Brésil, Namibie, Argentine, Bolivie, Chili, Australie, Tanzanie, Indonésie, Nouvelle-Zélande, Antartique, Polynésie, ...
  • Recommander ce blog
  • Retour à la page d'accueil

Publicité