Flux RSS

  • Flux RSS des articles

Bolivie

Vendredi 25 novembre 2005 5 25 /11 /Nov /2005 20:15

Cesar nous réveille à 5h00, et nous partons au lever du soleil car nous avons une longue journée devant nous. Nous atteignons les ruines du village Inca San Pablo de Lipez. Les murs des maisons sont souvent intactes, et l'on peut remarquer l'habileté des incas pour l'architecture. Les pierres des maison s'emboîtent parfaitement les une autres autres. Il n'y a pas besoin de ciment pour les faire tenir ensembles. Les arches de certaines maisons sont aussi remarquables.

La route monte de plus belle dans un décor surréaliste. Les montagnes arborent des dégradés de couleurs dignes d'une palette de peintre. La couleur de chaque strate est due aux minéraux qui la composent et qui se sont oxydés au contact de l'air et de la pluie : rouge pour le fer, vert pour le cuivre, bleu pour l'antimoine, gris pour le zinc, jaune pour le sable, etc ... Le tout dans une végétation jaunâtre brûlée par le soleil.

Nous arrivons sur un col d'où nous avons une vue sur la première lagune de notre circuit : la Laguna Morejon à 4805 mètre d'altitude. A l'horizon, le volcan Uturuncu culmine à plus de 6000 mètres. Le dépôt de sel crée un contraste saisissant avec la roche sombre. La couleur rouge est crée par un micro-organisme qui vit dans l'eau salé, nourriture de base des flamands roses, ce qui explique leur concentration dans les lagunes de la région.



La route descend enfin, pour traverser le Salar de Chalviri, un lac de sel exploité par une petite coopérative.
Nous continuons notre route dans des paysages fantastiques. Lorsque nous arrivons dans la plaine à proximité du volcan Licancabur qui marque la frontière avec le Chili, un vent glacial souffle et un ciel grisâtre me fait craindre le pire pour les photos. Nous sommes entourés d'une chaîne de montagne partiellement enneigée, certaines avec ces couleurs fabuleuses qu'une éclaircie de soleil fait ressortir l'espace de quelques minutes.



Une lagune de sel au bord de laquelle jaillit une source d'eau chaude (25-30 °C) nous sert de campement pour le déjeuner. Une petite piscine avec un mur de protection a été aménagé pour permettre aux touristes de prendre un bain malgré le froid ambiant. Mais aujourd'hui, le succès n'est pas au rendez-vous. Seuls des chauffeurs de 4X4 qui assurent le passage de la frontière pour San Pedro de Atacama au Chili s'y baignent en attendant d'éventuels clients. Il règne ici une atmosphère de fin du monde, j'adore.

Nous nous rapprochons du volcan Licancabur et découvrons la fameuse Laguna Verde à ses pieds, à tout de même 4400 mètres d'altitude. Cesar nous explique que l'extraordinaire couleur bleue verte du lac est du à l'importante concentration de minéraux déversés par le volcan tels le souffre, l'arsenic, le calcium et le carbonate de plomb. Le sommet du volcan (5960 m) abrite une crypte Inca qui servait à faire des sacrifices. Et comme si leur dieu m'avait entendu, les nuages disparaissent au dessus de nous, et un rayon de soleil atteint la surface du lac qui devient éblouissant de beauté.



Notre route prend maintenant la direction du Nord, ou nous longeons d'autres montagnes colorées, ainsi qu'une zone appelée Rocas de Dali. Sur un champ de sable plat où alternent les nuances de rouges, d'immenses rochers noirs semblent avoir été disposés là, donnant un paysage surréaliste digne d'une peinture du maître.



La route grimpe toujours et nous atteignons un col à 4850 mètres d'altitude d'où nous pouvons apercevoir des colonnes de fumée s'élevant du sol. Nous sommes arrivés au champs de geysers de Sol de Manana. Des cratère expulsent un vapeur sulfureuse en sifflant comme une immense cocotte-minute, prête a exploser. D'autres se contentent de de faire bouillonner plus ou moins rapidement une boue grise qui est parfois projeté dans l'air tel un crachat. Malgré l'odeur de souffre, je ne peux m'empêcher de m'approcher pour marcher dans la vapeur humide qui me réchauffe.



Nous avons atteint le plus haut point de note circuit et nous descendons maintenant, presque dans la brume, vers la Laguna Colorada, à coté de laquelle se trouve notre refuge pour la nuit.



De nombreux 4X4  en provenance d'Uyuni arrivent en se suivant à quelques minutes d'intervalle. Retour à la réalité du tourisme de masse. Nous avons été quasiment seuls pendants 2 jours, ça me fait d'autant plus apprécier de faire le circuit en sens inverse.
Le refuge est bien équipé et Tina nous prépare un succulent dîner poulet-frites que je dévore. Il y a même l'électricité, et je peux recharger ma batterie d'appareil photo qui était quasiment vide. Je suis sauvé pour demain.

Par Ludovic - Publié dans : Bolivie
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires
Jeudi 24 novembre 2005 4 24 /11 /Nov /2005 19:54

Je me réveille à 7h30, pas trop fatigué, je prend mon petit-déjeuner et je vais confirmer mon circuit de 4 jours dans le sud de la Bolivie et le Salar de Uyuni à l'agence Tupiza Tours, qui se trouve dans les même locaux que l'Hôtel Mitru. Ca coûte 110 dollars, plus cher que si j'avais réservé au départ d'Uyuni, mais l'agence est réputée pour être l'une des meilleure et le circuit en sens inverse promet d'être fabuleux.
Le départ est à 9h00, juste le temps d'aller faire quelques provision d'eau et de snacks. Je suis avec un groupe qui arrive d'Argentine : Mickael des USA, Jerry et Adam de Nouvelle-Zelande, et Anna d'Italie, mais qui habite à Bueno Aires. Notre chauffeur et guide s'appelle Cesar, notre cuisinière Tina.

Nous embarquons dans notre 4X4 avec toutes nos affaires, et nous prenons directement une route qui monte à pic et qui permet d'avoir une vue sur la vallée de Tupiza, une décor de far-west avec ses canyons de roche rougeâtre érodés, qui forment des aiguilles naturelles.





Le premier col est déjà à 3750 mètres d'altitude, mais nous continuons de monter. La route serpente plusieurs heures entre les montagnes avant d'arriver sur une plaine aux herbes jaunies par le soleil, où des dizaines de lamas se régalent. Nous déjeunons ici. Tina nous prépare des sandwichs, et nous fait goûter une spécialité de Tupiza, sorte de beignet de pomme de terre avec des petits poids et des tomates, enrobée dans une feuille de maïs imbibée d'un piment léger. Nous reprenons la route pendant 1 heure avant de faire une halte dans un village. Les maisons, l'église et les enceintes sont faites de cette terre rouge. Un terrain de basket trône fièrement sur la place, au milieu du village désert.





Je rencontre quand même une habitante dans la cours de sa maison avec laquelle je discute. Elle vit de l'élevage de lama et de son potager, qu'elle me montre fièrement. C'est un vaste trou recouvert d'une bâche en plastique qui permet de créer un effet de serre et de faire évaporer l'humidité du sol. Le système est ingénieux, car dans cette région aride ultra-ensoleillée, elle n'a pas besoin d'arroser ses légumes. J'apprend aussi que la vente d'un lama permet de faire vivre sa famille pour 1 mois. Un peu de viande séché traîne sur un fil à linge. J'entend crier mon nom au loin : comme d'habitude, les autres m'attendent pour partir.

La route continue de monter, et je commence a ressentir un léger mal de tête. Nous sommes maintenant à plus de 4000 mètres d'altitude, et nous suivons le cours d'une rivière quasiment asséchés dont les bords sont blanchis par un dépôt de sel. Des montagnes aux parois érodés laissent apparaître les différentes strates de minéraux.

A 16h30, nous arrivons dans un deuxième village installé au bord du large lit verdoyant d'une rivière qui serpente dans une magnifique vallée entourée de montagnes. Nous allons y rester pour la nuit.



Comme le précédent village, le terrain de basket semble au coeur de l'activité des habitants. Des femmes y jouent, puis les enfants prennent leur place.



A leur demande, nous nous joignons à eux pour faire une partie. Je sens qu'il y a anguille sous roches ... Les gamins, surtout des filles, ont entre 6 et 10 ans seulement, mais ils courent comme des diables. Nous ne sommes pas habitués à l'effort à plus de 4000 mètres d'altitude, ils le savent bien et en profitent pour nous épuiser. La petite Maria (jean rouge et anorak bleu sur la photo) nous fait un show de dribbles et de débordements. Ca ne nous empêchent pas de gagner, mais nous finissons sur les rotules, alors qu'ils sont prêts a recommencer.



Quand ils comprennent que c'est fini pour nous, ils veulent faire une photo de groupe. Nous nous exécutons avec plaisir, et enfin le voile tombe : ils nous réclament des dollars pour la partie de basket !! Je m'en doutais un peu, mais, je n'avais pas envie d'y penser. Nous protestons, et ils n'insistent pas. Je suis sûr que c'est leurs parents qui leur demandent de réclamer de l'argent aux touristes qui viennent. Ca gâche le plaisir d'un bon moment avec eux, dommage ...

Nous dormons dans une maison sommaire mais les lits sont confortables. Par contre, et c'est normal compte-tenu de l'endroit, il n'y a pas d'eau chaude pour se laver. Nous sommes tous fatigués par cette longue journée de route et allons nous coucher à 21h00.

Par Ludovic - Publié dans : Bolivie
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Mercredi 23 novembre 2005 3 23 /11 /Nov /2005 23:40

Roberto, mon guide pour la mine passe me prendre a 8h45. La visite coûte 10 dollars pour une journée entière. Il est accompagné de 3 filles qui nous suivent partout. Ce sont ses assistantes, âgées de 14 à 17 ans. Il m'explique qu'il n'a pas d'enfants et qu'elles sont comme ses propres filles. Nous allons chercher 2 autres français, que j'ai déjà rencontré hier au couvent San Francisco.  Nous prenons le bus pour le haut de la ville, le quartier pauvre où se trouvent les usines de traitement de métaux qui sont extraient de la mine. J'apprend que Potosi est la ville la plus pauvre de Bolivie.
Je lui pose aussi la question concernant la quantité astronomique d'avocats à Potosi. La raison est assez simple : les femmes des mineurs passent leur temps à divorcer car elles en ont marre que leur mari passe son temps à boire et à fumer avec ses copains de la mine. La seconde raison est qu'un mineur meurt de la silicose à partir de 40 ans, et les avocats sont là pour gérer les successions innombrables.

Nous passons devant des ouvriers qui ont achetés un camion de roche en provenance de la mine et qui trient à la pelle les minéraux qu'ils seront susceptibles de revendre ensuite à l'usine de traitement. Un camion coûte  1000 bolivianos, et si le minerai brut est riche en argent, ils peuvent espérer doubler leur mise. Mais c'est un peu de la loterie.

Un cours d'eau pollué par les agents chimiques en provenance des usines coulent en plein milieu de la ville : l'eau ressemble a du ciment liquide.



Nous entrons dans l'une de ces usines. Les ouvriers ne travaillent pas car il y a une coupure de courant. Roberto nous explique et nous montre tout le processus de trie, de concassage, puis de traitement de la roche pour en extraire l'argent, le zinc, et le plomb. L'usine, un bien grand mot, ça ressemble plus a un atelier, fait travailler une quinzaine de personnes. Tous mâchent de la coca en attendant la reprise du travail. Des affichent sur les mur interdisent de boire de l'alcool au travail. Ici, ce genre d'affiche tient de l'humour...  Un peu en dessous, il y a des traces de sang de lama séché. Le lama étant un animal sacré, les ouvriers projettent du sang sur les murs pour "bénir" les lieux et espèrent que cela leur apportera la bonne fortune.

La visite terminée, nous prenons la direction du marché des mineurs. C'est ici qu'ils achètent leurs accessoires pour travailler, et ... la dynamite ! Une rangée de bâtons attend sagement un acquéreur, juste au dessus d'un sachet de nitroglycérine en poudre. Un bâton de dynamite coûte 3 bolivianos, même pas le prix d'une baguette en France !!! La vente d'explosifs est interdite à toute personne qui n'est pas mineur. Comme Roberto a travaillé plusieurs années dans la mine, tous le monde le connaît, et il peut en acheter pour nous faire une petite démonstration plus tard. Nous achetons aussi des cadeaux pour les mineurs que nous allons rencontrer: des feuilles de coca, de l'alcool, et des cigarettes locales. J'achète aussi des gâteaux et de l'eau pour moi, car le repas n'est pas inclus dans la visite.

Nous passons chez lui nous équiper de vêtements de protection, de bottes, de casque et de lampes torches, puis nous prenons un bus pour la mine. Nous allons d'abord sur un monticule, à côté du Cerro Rico. Roberto prend le bâton de dynamite, le casse en deux, introduit la mèche avec le détonateur dedans, il enferme le tout dans un sac de nitroglycérine, puis il allume la mèche. 3 minutes avant l'explosion ... Il met le sac dans sa bouche, met la mèche autours de son cou, me passe la dynamite, puis la passe aux filles qui courent l'enterrer 100 mètres plus loin. L'explosion crée un souffle qui me surprend, ainsi qu'un nuage de poussière. Quand le nuage se dissipe, un cratère de 2 mètres apparaît.


 
Nous remontons dans le bus qui nous dépose devant un trou dans la montagne. Voici l'entrée de notre galerie. Ca ne paye pas de mine comme ça (ok, elle est facile  ...), mais c'est le début de l'enfer. Roberto nous met en garde : il ne vaut mieux pas se perdre car il y a plus de 300 galeries creusées dans la montagne, et il s'est lui même déjà perdu pendant 3 jours. Nous allumons nos torches et entrons dans la galeries. il faut se courber pour ne pas se cogner la tête.



Nous tournons à gauche au bout de 100 mètres et apercevons une lumière dans un coin. c'est un mineur qui est en train de creuser un trou pour y insérer un bâton de dynamite. Il utilise un marteau et un long burin, les mêmes outils qu'il y a 400 ans. Ce travail peut durer 2 heures comme 1 semaine, en fonction de la dureté de la roche. 



Nous continuons dans la galerie, grimpons sur un surplomb et rencontrons un autre mineur qui est certain d'avoir trouver une veine. Il a fini son trou, la dynamite est prête, il faut faire demi-tour. Nous nous abritons dans une galerie en contrebas. J'attend l'explosion avec appréhension, ayant vu la puissance d'un demi-baton de dynamite il y a 30 minutes. Un bruit sourd retenti, avec une légère secousse.

Nous prenons une échelle pour descendre dans un boyaux où il faut ramper, et débouchons sur une galerie plus large, qui en croise une autre. Un rail la traverse. Un groupe de mineurs fait une pause. Nous leur offrons nos sacs de coca, des cigarettes, et ils sont content. Je peux prendre des photos.



D'autres mineurs arrivent en poussant des wagons vides. Tous le monde prend sa pelle et se met à les remplir avec les tas de gravas gris à proximité, puis quand c'est plein, 2 mineurs poussent le wagon vers la sortie. Ils disparaissent dans le noir. J'ai l'impression d'être dans un film, dans une reconstitution historique, mais non, ici, c'est la réalité depuis 400 ans...



Nous continuons dans une galerie où un bruit de marteau piqueur se fait entendre. C'est une riche coopérative qui travaille là ... La poussière qui en émane empêche de respirer, et je dois mettre mon t-shirt sur mon nez et ma bouche pour continuer a avancer.
 
Nous croisons aussi un contremaître, qui est chargé de vérifier le travail des mineurs et qui réglemente l'accès aux galeries. Il demande à Roberto s'il n'a pas un petit "cadeau" pour lui, mais nous avons déjà tout donné aux mineurs. Qu'à cela ne tienne, il prend le sac et fouille dedans. Il en retire la bouteille d'alcool à 90°, la débouche, en prend une gorgée et repart satisfait. Roberto n'a rien dit : s'il ne peut plus faire visiter la mine, il n'a plus qu'a y retourner travailler.

Nous arrivons dans une galerie qui est le Musée de la mine. Il y a des reconstitutions, des gravure d'époques, et surtout, une statue du diable à taille humaine, auquel les mineurs font des offrandes avant d'aller travailler. Roberto allume des cigarettes, lui fourre dans la bouche puis, il prend la bouteille d'alcool. Il en renverse un peu sur le sol en offrande pour Pachamama, en prend un peu dans la bouche, puis en verse sur le genou droit du diable pour invoquer la chance et l'amour, sur le genou gauche pour la santé et l'argent, et sur le sexe pour avoir des enfants. Quand nous avons tous fait le rituel, il allume l'alcool, et nous partons.

Nous suivons la galerie avec le rail qui nous mène vers la sortie. Parfois, nous marchons à coté de flaques d'acide sulfurique naturel qui suinte de la paroi. Au bout de 10 minutes, j'aperçois enfin la lumière. Je n'ai passé que 2 heures dans la mine, mais je ressens à ce moment comme un soulagement. Il me faut quelques minutes pour me réhabituer à la lumière.



Nous redescendons de la mine à pied, l'occasion de voir des mineurs épuisés qui ont fini leur "journée", et qui dorment à même le sol, en face de leur cabane à outils.



Nous reprenons le bus pour la maison de Roberto où nous rendons nos vêtements. Je donne un pourboire aux filles qui nous ont accompagnées du début à la fin, et je fonce au restaurant car je suis affamé. Il est 16h00, et je décide de prendre le bus de 18h30 pour Tupiza, d'où je peux partir en tour organisé pour le Salar de Uyuni et le Sud Lipez dès demain matin. Je téléphone à l'agence pour vérifier que c'est jouable. Pas de soucis, il m'attendent pour partir à 9h00. Je fonce à l'hôtel récupérer mon sac, et saute dans un taxi pour la gare. Le trajet dure 8 heures, ce qui me fait arriver à Tupiza à 3 heures. Ce n'est pas la meilleure heure pour arriver dans une nouvelle ville mais j'ai demandé à l'agence de voyage de m'envoyer quelqu'un pour m'accompagner à l'hôtel d'où à lieu le départ. Le bus arrive finalement à 4h30 en raison d'un départ en retard et d'une petite panne en cours de route. J'ai 3 heures de sommeil devant moi avant de repartir.
Par Ludovic - Publié dans : Bolivie
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Mardi 22 novembre 2005 2 22 /11 /Nov /2005 19:44

Je me lève à 6h00, je prépare mon sac, saute dans un taxi et me voilà à la gare routière en 30 minutes. J'ai un bus qui part à 7h00. Une fois de plus, je suis le seul étranger, mais ça me va. Je ne cherche pas leur compagnie en ce moment, car j'ai besoin d'aller vite.
La route descend à pic pendant plus d'une heure en longeant une rivière asséchée. Le bus est quasiment en roue libre et va vraiment vite. Seuls les tournants le font freiner un peu, à mon grand soulagement. Puis la route remonte, dans un décor de montagne semi-désertique, nous passons un col à plus de 4000 mètres, un léger mal d'altitude me reprend, et nous arrivons sur un plateau. Même ici, au milieu de nulle part, la guerre entre les candidats pour les élections présidentielles fait rage : les plus gros rochers sur le bord de la route sont peint aux couleurs des deux principaux partis politiques qui s'affrontent. Et quand le rocher est assez gros, le diminutif est inscrit aussi (rouge pour Tuto, bleu et blanc pour Evo).

A 10h15, le bus arrive à Potosi. L'ex-plus grande ville du monde en 1540, mais toujours plus haute ville du monde aujourd´hui (4100 mètres d´altitude), se situe à flanc de colline, dominé par l'immense cône du Cero Rico, où se trouve la mine d'argent qui  fait la renommée de la ville, et la richesse de l'Espagne au 19ème siècle.



Aussitôt arrivée à l'hôtel, je rencontre Gwen, un breton, qui me souffle une bonne idée pour visiter le Salar de Uyuni et le Sud Lipez. Plutôt que de perdre une journée pour aller à Uyuni, faire mon circuit, puis redescendre vers la frontière Argentine, je vais réserver mon tour depuis Tupiza, à 2 heures de la frontière. Comme en plus je vais faire le circuit en sens inverse, je vais éviter toute la meute des touristes qui partent en même temps.

Je doit maintenant réserver ma visite dans la mine d'argent pour cet après-midi. J'ai eu un contact par Pierre (le suisse avec lequel j'ai été à Tarabuco), que j'appelle, et qui peut me faire une visite à 14h30. J'ai juste le temps pour une petite balade, histoire d'avoir un premier aperçu de la ville, et de déjeuner avant de partir. Le rendez-vous est à mon hôtel. A 15h00, le gars n'est toujours pas là. A 15h15, je pars en ville l'appeler. Il répond mais il n'a pas fini son tour de ce matin et ne pourra pas faire celui de cet après-midi. J'en était sûr ... Nous reprenons rendez-vous pour demain 9h00. Du coup, je n'ai plus qu'à repartir découvrir la ville en profondeur pour occuper l'après-midi.

Je vais au Couvent San Francisco d'où la vue depuis les toits est censée être fabuleuse. Il faut obligatoirement prendre une visite guidée à 15 bols (fait chier), et surtout payer un droit de prendre des photos de 10 bols supplémentaires. Ils ont beau avoir fait voeux de pauvreté dans l'église, ils ne perdent pas le Nord ! C'est la première fois que je dois payer pour utiliser mon appareil photo. La vue est bien, mais pas extraordinaire au point de la payer. En marchant un peu dans une rue qui monte bien, j'aurai pu avoir la même. En plus, la visite du couvent est absolument inintéressante.



Au fur et à mesure que je me promène, je trouve que les rues sont beaucoup plus belles que celle de Sucre. Plus étroites, avec des bâtiments plus colorés, une architecture coloniale mieux conservée, à l'allure plus authentique, avec des pavés sur le sol au lieu du goudron, elles dégagent une atmosphère que je n'ai pas ressentie à Sucre. En fait, je me rends compte que Sucre faisait trop neuf. Ici, je sens la splendeur passée de la ville, et sa décadence.



J'ai l'impression que Potosi est la ville avec la plus forte concentration d'avocats au monde. Parfois, il y a jusqu'à 7 ou 8 panneaux "Abogado" marquant l'emplacement d'un cabinet, qui se suivent dans la même rue, sur 100 mètres à peine. En fait, il y en a tellement que certains travaillent même directement dans la rue. Ils posent leur machine à écrire sur un rebord de fenêtre et offrent leur service de rédaction pour toute sorte de document contractuel ou juridique.

Par Ludovic - Publié dans : Bolivie
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Lundi 21 novembre 2005 1 21 /11 /Nov /2005 19:38

Le programme de la journée est simple : il n'y en a pas. J'ai décidé de partir à Potosi demain matin seulement, donc je vais passer mon temps aujourd'hui à arpenter les rues de la ville au fil de mon inspiration.

Sucre est considérée comme la plus belle ville de Bolivie en raison de son architecture coloniale parfaitement conservée. Peu de maisons font plus de 3 étages, à part les églises innombrables qui parsèment le centre-ville. Les maisons ont quasiment toutes une façade blanche ornée de balcons couvert en bois qui surplombent les rues, de la ferronnerie, un toit de tuiles en terre cuite orange. Sucre me rappelle Cuzco (Pérou) sur bien des points, en plus propre.





Je vais me renseigner pour les bus vers Potosi. Il en a toutes les heures dès l'aube et le trajet de 3 heure ne coûtent que 15 bols. Me voilà rassuré sur mon départ, je peux aller me promener tranquillement.

Je grimpe une rue qui m'emmène en haut d'une colline, jusqu'à une place d'où la vue panoramique sur la ville est vraiment belle .

 



Vue d'en bas, Sucre mérite son surnom de Ville Blanche car on ne voit que les façades éblouissante refletant le soleil. Vue d'en haut, je l'appellerai plutôt la ville Orange car on ne voit que les toits oranges. Parfois un clocher d'église émerge seul dans cette mer de tuiles.

 

De retour à l'hôtel, je m'aperçois que mes fidèles chaussures qui m'ont accompagnées au Pérou, au Vietnam, et maintenant dans ce Tour du Monde viennent de rendre l'âme. La semelle se décolle complètement, et j'ai beau avoir acheté de la colle, ça ne tient pas. Vu le programme chargé en trekking dans quelques semaines (j'attaque la Patagonie), Buenos Aires va être une halte bienvenue pour me re-équiper en conséquence. Pourvu que mes chaussures tiennent jusque là : encore 12 jours.

Le ciel s'est assombrit donc je vais faire une halte sur Internet pour gérer mon futur tour organisé dans le Salar d'Uyuni et le Sud Lipez. Il y a tellement d'agences qui en organisent dans cette région que faire un choix est quasi impossible. Je lis sur les forums des avis de gens qui y sont allé récemment, ça m'aide un peu. Par contre, je ne sais toujours pas quelle route je vais prendre pour passer en Argentine ensuite.

Je repars faire la visite du Couvent San Felipe Neri, qui a été transformé en collège de jeune filles, et dont la vue sur Sucre depuis les toits est l'une des meilleures.



La place principale s'est maintenant rempli de monde. Les jeunes qui ont fini les cours viennent ici. Avec ses palmiers, ses larges allées qui se croisent, et ses nombreux bancs, c'est le lieu de prédilection des gens qui veulent se détendre un peu.



En regardant les gens qui sont sur la place, je m'aperçois que Sucre est une ville très jeunes et bourgeoise par rapport à La Paz. La principale raison est que de nombreuses universités réputées dans tout le pays se trouvent ici. Ce qui explique peut-être le fait que je n'ai croisé que très peu de boliviennes typiques. Ici les jeunes sont habillés à la mode occidentale, les femmes sont toutes maquillées et mettent des chaussure à talon, les hommes portent souvent des costumes.

La nuit tombe, la pluie s'y met aussi, ça ne me donne pas vraiment envie de sortir ce soir. Je vais me chercher une pizza, une grande bouteille de Coca, et je regarde sur mon ordinateur le dernier épisode de Starwars, dont j'ai acheté le DVD pirate en attendant un bus. Ca fait du bien d'être seul parfois !

Par Ludovic - Publié dans : Bolivie
Ecrire un commentaire - Voir les 6 commentaires

Mon récit dans ce pays vous a donné envie d'y aller ?

Tant mieux, c'est ma plus grande satisfaction !
Pour trouver votre billet d'avion, ou votre chambre d'hôtel, je vous conseille d'utiliser Illico Travel, le comparateur le plus efficace pour trouver les meilleurs tarifs du marché.

En utilisant Illico Travel depuis ce blog, vous me permettrez aussi de gagner quelques centimes d'euros pour continuer à voyager, et vous offrir d'autres récits et photographies pour le plus grand plaisir de la communauté des voyageurs. Merci d'avance !

Ludovic


Besoin d'argent pour voyager ?

Vous rêvez de voyager davantage mais hésitez à cause de la crise?
Et si on vous remboursait vos loyers d'appartement ou vos mensualités pendant votre
absence ?

Découvrez PariSharing en cliquant ici

Ou inscrivez-vous ici

Recherche

Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés