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Argentine

Mardi 29 novembre 2005 2 29 /11 /Nov /2005 09:00

Je me réveille à 3h30 pour prendre le bus pour Villazon, ville frontière avec l'Argentine. Dehors, de la musique raisonne encore. Je parcours les 300 mètres qui me séparent de la gare routière dans une rue déserte, pas très rassuré, mais le gars de l'accueil à l'hôtel m'a dit que ça ne posait pas de problème, le quartier est sûr.
Il y a déjà plusieurs personnes qui attendent le bus, dont un groupe de 4 voyageurs israéliens. Le trajet jusqu'à Villazon dure 2 heures et demi. Juste avant l'entrée dans la ville, un barrage de la douane nous immobilise. Les agents fouillent la soute et en extirpe rapidement 3 cartons qu'ils ouvrent, et ils arrêtent aussitôt la fouille. Je n'arrive pas à voir ce qu'il y a dedans, mais le propriétaire sort immédiatement du bus, parle avec les agents, signe un papier, et il repart sans ses cartons. De la contrebande à coup sûr.

Dès la sortie du bus, des rabatteurs pour assurer le transport jusqu'à Salta en Argentine me tombent dessus. Je préfère passer la frontière à pied, et prendre un bus depuis le Coté Argentin. Question de principe, je veux prendre mon temps pour vivre mes dernières minutes en Bolivie, et passer la frontière à pied. Je parcoure les derniers 500 mètres, change mes bolivianos en pesos au passage, et arrive sur le pont qui marque la limite entre les deux pays. L'argentine est devant moi. Alors que je prend une photo souvenir, l'hymne national retentît et tout le monde s'arrête de marcher : les soldats boliviens sont en train de hisser le drapeau. Dès que c'est fini, les gens repartent. J'avance sur le pont et la même scène commence du coté argentin. On me fait signe de ne pas bouger, je m'exécute. Quand le drapeau flotte au sommet du mat, les militaires prennent leur poste et je peux enfin passer au bureau de l'immigration. Les formalités prennent 3 minutes.



Je me retourne une dernière fois vers la Bolivie où je ne suis déjà plus : je reviendrai, j'ai une montagne à finir ... Un petit signe de la main, discret, et je repars. 

La différence avec la Bolivie se fait tout de suite sentir. Les gens n'ont pas la même tête, les rues sont propres, goudronnées. Je prend un  taxi pour la gare routière, une vieille peugeot 5O4 qui sent le vomi à l'intérieur. Le bus pour Salta coûte 32 pesos et le trajet dure 8 heures. J'ai une place panoramique, c'est à dire juste devant la baie vitrée, au 2ème étage. Ca tombe bien car la route est, parait-il, très belle. Je me retrouve à coté de Frédéric, un français qui vit au Danemark depuis 20 ans, du genre "mode de vie alternatif", et qui travaille sur plusieurs projets d'aide à l'agriculture, et pour les enfants de la rue au Pérou : http://www.solensboern.dk

Le bus part, et  la route traverse effectivement de très beaux paysages, des montagnes colorées, aux forment étranges sculptées par l'érosion. Venant de Tupiza et du sud Lipez, ça ne m'étonne plus, mais j'apprécie quand même le spectacle.









Par contre, une grosse différence, c'est la température. Il fait un soleil de plomb, la température atteint facilement les 30°C, et il n'y a pas de climatisation dans le bus. Pour corser le tout, nous avons droit à un film de kung-fu des années 80 qui me gave avec sa bande son de cris stupides pendant les sempiternelles et interminables scènes de combat.

Nous arrivons à un poste de contrôle et le douanier fait signe de s'arrêter. Le bus se gare devant le poste, et tout le monde commence à descendre. Encore un contrôle douanier ... pas de chance aujourd'hui. Il faut prendre son sac, son passeport, et aller se faire fouiller. J'ai un peu peur que le douanier, en voyant le matériel électronique dans mon sac (ordinateur Ibook, lecteur MP3 Ipod, appareil photo numérique), ne veuille essayer de s'en garder un peu pour lui, sous un prétexte bidon. Je pose mon sac sur la table, l'ouvre la mort dans l'âme, et commence a tout déballer. Il m'arrête, fouille dedans pour vérifier s'il n'y a pas des doubles couture, il regarde mon passeport, et me fait signe de la tête que c'est OK. Un agent a aussi fouillé le bus, mais il n'a rien trouvé, et nous pouvons repartir.

Au bout de 4 heures, la route se transforme en autoroute, et le paysage ressemble à s'y méprendre à ceux du Sud de la France en descendant sur Marseille par l'autoroute du Soleil. Ca me fait bizarre. A ce moment, je crains de ne pas aimer l'Argentine, car pas assez dépaysante, trop moderne et occidentale.




Le bus arrive à Salta à 16h00, et aussitôt, un homme du Backpacker's Hostel, où nous voulions justement aller, nous alpague. Il offre un transport gratuit. c'est pas de refus. Il nous montre où est stationné son minibus, et on s'installe en attendant qu'il récupère d'autres voyageurs. 15 minutes plus tard, il revient avec l'australienne et la norvégienne qui étaient avec nous dans le bus.

Aussitôt installé dans notre dortoir (15 pesos), Fred et moi partons à la découverte de Salta. Ma première mission est de retirer de l'argent. Je trouve pleins de distributeurs automatiques, mais aucun n'accepte de me donne le montant que je veux, soit un peu plus de 300 euros. Le plafond est d'à peine 500 pesos, soit moins de 150 euros. Ca va me coûter cher en commissions de retrait à l'étranger si je ne trouve pas mieux ! Je laisse tomber pour aujourd'hui, et nous allons prendre une bière sur la place principale entourées d'arcades dans le style colonial, et occupé en son centre par un jardin public où se mêlent cocotiers et conifères.

Au bout d'une heure, l'australienne et la norvégienne arrivent, et s'installent juste derrière nous. Nous commandons une pizza. Assis en terrasse, bien en vue, nous sommes souvent sollicités par des cireurs de chaussure, des mendiants, ou autres vendeurs de rues. Frédéric se laisse convaincre par un marchand de bracelets, mais il n'a que 100 pesos pour payer un objet qui en vaut 5. Le vendeur prend le billet et nous dit qu'il va faire de la monnaie. Il nous laisse son tubes avec tous les autres bracelet et s'en va. 5 minutes passent ... 10 minutes ...le gars n'est toujours pas revenu. Là, on commence a réfléchir un peu : si un bracelet coûte 5 pesos, il nous a laissé en "garantie" l'équivalent de 45 pesos en bracelets. Mais il a un billet de 100 pesos dans la main. Pourquoi reviendrait-il ??? Fred commence à rire jaune, il y a 50% de chance pour revoir un jour le vendeur. 5 minutes passent encore. Fred commence à se faire une raison sur sa monnaie, il vient de se faire rouler comme un débutant. Sauf que ... le vendeur arrive essoufflé, s'excuse d'avoir été long, et lui rend sa monnaie. Moi même je n'y crois pas. Nous avons été complètement mauvaise langue, les mendiants sont honnêtes (en tout cas, celui là), et ça fait plaisir à voir.

La soirée continue en distribuant les parts de pizza qu'ils nous restent aux enfants qui viennent mendier, puis nous prenons la route de l'hôtel vers 22h30. Lorsque nous arrivons dans notre chambre/dortoir, Fred s'aperçoit alors qu'il lui manque 200 pesos. Il pense les avoir mis à coté de sa poche après avoir payé son dîner... Drôle d'épilogue de soirée !

Par Ludovic - Publié dans : Argentine
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Ludovic

 
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