A cause de la pleine lune, les centaines de chiens errants de la ville ont hurler a la mort toute la nuit. Si j'avais eu un fusil, je me serai fait un plaisir de les dégommer un par un. Je pars a 7h30 de l'hotel sous un beau ciel bleu en ayant laissé 2 gros sacs et mon matelat de treking pneumatique au gérant.
Comme en venant de Kuta, la route est un alignement ininterrompu de magasins d'artisanat dont les oeuvres s'exposent en facade. Il y des choses splendides mais je ne m'arrete pas, je prendrai des photos au retour. La brume matinale qui estompent les palmiers, avec la silouhette du Gunung Agung qui se découpe en ombre chinoise a l'horizon, donne une atmosphere mystique.
Je fais quelques arrets pour voir le panorama, et je me rend compte que des rizieres en terrrasse, les plus belles que j'ai vu jusqu'ici, gisent dans l'ombre. Il faut absolument que je revienne dans 3 jours pour prendre des photos. La route monte lentement et au bout d'une heure, j'arrive enfin a Batur, un hameau perché sur le bord du volcan. La crete circulaire est clairement dessinée, et au centre du cratere se trouve le Gunung Batur avec son lac de 5 km de long gisant a ses pieds. La vue est magnifique.
Je me met tout de suite en quete d'un hotel en longeant le cratere vers Kintamani. Plus je me rapproche du village, et plus les routes sont encombrés de bus remplis d'indonésiens en tenue traditionnelle. Il y a un temple important vers lequel convergent des centaines de pelerins avec des paniers d'offrandes sur la tete. Ca va etre fabuleux ici dans quelques heures, il faut que je me dépeche de larguer mon gros sac a dos.
Je traverse Kintamani a 2 reprises mais aucun hotel n'est indiqué. La seule guesthouse que je trouve est completement vide. Je reviens sur mes pas et continue jusqu'a Kedisan, village au bord du lac dans le cratere. Je trouve immediatement une chambre qui me convient (60 000 RPH avec eau chaude et vue sur le lac et le volcan) a l'hotel Surya. Le principal business ici, c'est l'ascension du Gunung Batur. Des guides harcelent les touristes a tous les coins de rue pour louer leurs services. Il y en a meme un qui me suit presque jusqu'a ma chambre. Je demande a l'hotel qui organise aussi le trek combien ca coute avec eux : 350 000 RPH pour 4 heures ! en 5 minutes, le prix tombe a 250 000, mais c'est toujours cher pour ce que c'est. Surtout que je peux aisement le faire tout seul. Je prendrai ma décision plus tard, je dois d'abord comparer les offres.
Pour l'instant, j'enfourche ma mobilette et je fonce au temple de Kintamani pour ne pas louper la cérémonie. Je gare ma mobilette juste en face et je dois payer un droit de garde de 2000 RPH : autant dire que c'est comme si je faisais une offrande, car le garde n'est la que pour demander de l'argent, pas pour surveiller mon véhicule. D'ailleur, quand je repartirai, personne ne sera la pour vérifier que je prend bien la bonne mobilette. Comment pourrait-il le faire dans cette cohue ? Comme les fois précédentes, je dois louer un sarong car personne ne m'empretera. Une femme me poursuit pour que je lui en loue un a 10 000 RPH, mais j'en trouve une autre qui me le fait a 5000 RPH.
Je fais d'abord le tour du temple principal pour voir les temples satellites qui se ressemblent tous. Par contre, comme ils sont construit au bord meme du cratere, la vue sur le centre serait divine si le ciel ne commencait a se couvrir sérieusement. Je me hate de contourner l'enceinte et je reviens devant le temple principal ou les échoppes envahissent le trottoir. La foule s'est encore accrue et la rue est maintenant envahie de balinais en costume traditionnel, portant leur offrande. Ca va du simple petit panier de riz en feuille de palmier, a la piece montée de fruits et cuisses de poulet grillées sur un plateau d'argent. Il y a de quoi faire un festin, mais d'ici quelques jours, tout cela ira dans une décharge juste derriere le temple. Quel gachis monumental !
J'entre dans la premiere cours ou se trouve une grande porte centrale décorée d'art végétal. Toutes les guirlandes, les fanions tressés, la moindre petite fioriture est faite a partir de feuilles. Qund je pensais ce matin que les balinais sont de artisans fabuleux, ils en apportent encore la preuve avec cette créativité sans bornes.
Les pélerins envahissent petit a petit le temple par toutes les portes existantes. Mais comme elle sont étroites, une file d'attente se forme a l'entrée de la troisieme enceinte réservée a la priere, et donc interdite pour moi.
Comme hier, je peux assister au spectacle en regardant par dessus le muret. C'est encore plus impressionant qu'hier car le temple est plus grand.
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Je circule entre les 2 enceintes pendant 1 heure afin de prendre le maximum de photos, puis je m'incruste dans les batiments annexes. Quelle bonne idée j'ai eu la ! Une rangée de tetes de cochon farcie fraichement préparées m'attend pour la photo de famille. Des morceaux de boyaux ont éte plantés au bout de batons, histoire de compléter la décoration, Beuuuurk !
Une chevre grillée a subit le meme sort un peu plus loin. Je n'ose croire que quelqu'un va manger ca... C'est juste pour faire une offrande hein ??? Pas sur ... A coté, des plateaux de riz, légumes et brochettes ont éte soigneusement disposés sur le sol. Quelques minutes plus tard, un groupe d'hommes vétu de maniere identique vient s'assoir et commence a manger. Je m'en vais avant de voir ce que je ne veux pas voir.
Je fais un dernier tour du temple, je rend mon sarong, et je retourne a ma mobilette juste au moment ou la pluie se met a tomber. Tous le monde part aussi, s'entassant dans des camions réquisitionnés pour l'occasion.
Les journées se suivent et se ressemblent ... Je patiente 10 minutes sous un abris, puis je pars emmitouflé dans mon ciré encore mouillé de la veille. La pluie redouble et je dois m'arreter encore 10 minutes devant un restaurant pour m'abriter. La route est devenue glissante, surtout lorsque j'aborde le dernier troncon qui descend dans le cratere. Il ne pleut pas autours du lac, et je déjeune dans le restaurant de l'hotel. Je prend une salade de légume bouillie dans du lait de coco, servie avec une sauce a base beurre de cacahuette. Etrange, mais c'est bon.
Des rayons de soleil font leur apparition donc je décide de repartir explorer les environs du lac, et de passer a l'Association des Guides du Gunung Batur pour voir les tarifs pratiqués. Pour faire un trek de 4h00, le prix est de 300 000 RPH avec un maximum de 4 participants, soit 75 000 RPH/personne seulement. Ils se foutent bien de la gueule des touristes a l'hotel ! Le probleme, c'est que je suis seul donc je dois payer pour tout un groupe. Je vais mettre le gars de l'hotel devant le fait accompli et voir ce qu'il propose avant de prendre une décision, mais ca ne me donne pas envie d'aller avec lui.
Je continue ma ballade jusqu'au village en bordure du lac, mais rien de vraiment intéressant. La route est sympa, le paysage me fait un peu penser a l'Ile de Paques avec ses champs de lave noire envahis par les hautes herbes. Je fais demi-tour, m'arrete au temple de Pura Jati completement déserté, voire abandonné a en juger par les immenses toiles d'araignées qui passent d'un autel a un autre.
Je rentre a l'hotel et commence a discuter du trek. Ca les met dans l'embarras, ils sont incapables de justifier leur différence de prix. Tu m'étonnes ... Finalement, leur seule défense devient "Si tu veux aller avec un autre guide, vas-y, je ne fais pas ce prix la. 250 000 RPH, pas moins." Donc pour moi, soit je vais seul avec un guide demain et ca me coute potentiellement 300 000 RPH si je suis tout seul, soit je vais avec lui et tout seul ou non, ca me coute de toute facon 250 000 RPH. Quelle arnaque !! Je tente un "200 000 ? OK ?" et il me fais signe que c'est OK en allant chercher son registre d'inscription. Il est 16h00, j'ai la flemme de bouger a nouveau donc je me repose sur la terrasse en profitant de la vue sur le lac. Je lis mon guide en dinant pour commencer a me documenter sur le Sulawesi et Bornéo, 2 iles d'Indonésie, grandes comme la France, que je souhaite explorer. Je me couche tot étant donné que je me leve a 3h30.
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