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Indonésie

Samedi 22 avril 2006 6 22 /04 /Avr /2006 05:58
Je n'ai rien prévu de faire aujourd'hui et de toute facon, j'ai une flemme monumenale compte-tenu de la pluie incessante qui s'abat sur Jogyakarta depuis ce matin. Ca se calme en début de soirée, et la seule activité qui me vient a l'esprit est d'aller me faire faire un massage.

Birgit veut me faire essayer le massage Reflex, nous prenons donc le chemin du salon qui se trouve dans un restaurant. Je me retrouve dans une salle sombre ou 4 banquettes en vinyl noir sont disposées face a face. Un gars m'apporte une bassine d'eau chaude pour me laveer les pieds puis je m'allonge sur le dos et il commence a me masser les pieds. Tres vite, j'ai la sensation qu'il me plante ses ongles dans la peau, compressant mes orteil comme un malade. Je me retiens de gémir, mais les grimaces me trahissent. Birgit est morte de rire, donc apparament, elle savait que ca allait se passer comme ca...  mais il  passera aussi et rigolera moins.


Pendant une heure, le masseur va torturer mes muscles un par un, je dois parfois serrer les dents pour ne pas hurler. Quand ca se termine, je suis presque content. Ca fait du bien surtout apres ! Et ca m'a ouvert l'appetit.

Nous retrouvons Marlene et Erica a l'hotel de Birgit qui vont aussi diner. Erica nous emmene dans sa voiture (signe extérieur de richesse a Yogyakarta, surtout a son age) dans un restaurant-lounge branché ou je passe un bonne soirée a faire plus amplement connaissance.
Par Ludovic - Publié dans : Indonésie
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Vendredi 21 avril 2006 5 21 /04 /Avr /2006 05:59
Je me leve a 7h00 pour prendre mon petit-déjeuner, aller sur Internet, et je prend a nouveau un cyclo-pousse (appele becak) pour m'emmener vers mon prochain hotel, a l'adresse que m'a conseillée Birgit.


Le Losmen Setia Kawa se trouve dan le quartier de Sosrowijayan, au fond d'une petite allée tranquille. Les chambres sont ultra-propres, la salle de bain aussi, et le tout est tres bien décoré par l'artiste local qui habite ici. Il y a une atmosphere familliale, c'est un bon plan, c'est sur ! Je paye ma chambre 50 000 RPH, et donne aussitot mon linge a laver. Je vais télephoner a Birgit pour la prévenir que j'ai changé d'endroit et pour se donner rendez-vous en fin de matinée.

Elle me rejoint a l'hotel a 11h00 et nous allons prendre le petit-déjeuner ensemble. Elle me raconte son voyage d'une semaine au Sulawesi qui ne lui a pas laisser que des bons souvenirs. Elle n'a pas arreter de se faire harceler par des hommes locaux, et a meme failli se faire kidnapper. Ca me fait halluciner. Je n'avais jamais entendu parler de comportement aussi agressif d'hommes locaux vis-a-vis d'une voyageuse seule. Le fait qu'elle soit blonde aux yeux verts n'aide pas a sa discrétion, mais de maniere génerale, j'ai pu constater par moi-meme que les indonésiens, surtout dans les coins paumés, ne s'embarrassent pas de manieres pour essayer de "se faire une européenne". C'est comme un trophée pour eux, et peu importe la méthode pour le conquérir. Il vaut mieux etre accompagnée pour se rendre dans des régions peu développées. Heureusement, elle reste motivée pour aller a Bornéo avec moi, et elle a déja contacté son amie qui travaille dans une agence de voyage pour avoir des billets d'avion. La méteo a Yogya laisse a désirer. Une bonne grosse averse est déja tombé lorsque nous discutions, et il y a fort a parier que ca va continuer.

Birgitt m'emmene dans la rue ou s'alignent les magasins d'artisanat, dont la specialitée locale est le batik. C'est une peinture sur tissus dont les motifs abstraits sont réalisés en trempant le tissus plié d'une certaine maniere dans les colorants. Elle connait quelques un des vendeurs qui sont maintenant des amis.

Nous allons acheter des trucs a manger, puis nous prenons sa mobilette pour aller au Marché des Oiseaux qu'elle veut absolument me montrer. L'idée de voir des oiseaux en cage ne m'emballe pas des masses mais quand nous arrivons a l'endroit en question et pénetrons dans le dédale de ruelles, j'entre dans un autre monde.

Il faut déja avoir l'estomac bien accroché pour passer les premiers étals : des cages grillagées remplies de sorte de grosses sauterrelles sont disposées un peu partout.


Juste a coté, se trouve un grand bac grouillant de milliers larves oranges, et encore a coté, des tamis contiennent des fourmis et leurs innombrables larves blanches. Jusqu'a ce que je m'approche suffisament, je croyais que c'était du riz cuisiné ! Cette nourriture est destinée aux oiseaux qui apparaissent un peu plus loin.


Des centaines de petites cages en bois ou en fil de fer sont empillées ou pendues au toits des cabanes créant une atmosphere vraiment particuliere, mais la encore, il faut avoir le coeur bien accroché car les oiseaux sont litterallement "stockés" dans des conditions pénibles et visiblement, ils souffrent beaucoup. Un adorable petit perroquet s'arrache les plumes au niveau du cou, et d'autres oiseaux l'imitent.


Juste a coté, il a plein de bébes hamsters qui se mettent sur leurs pattes arriere lorsque nous nous approchons au dessus de leur cage, et ils retombent tous sur le dos, restant les 4 pattes en l'air, confortablement installés dans les copeaux de bois. C'est trop craquant !

Birgit a commencer a parler en indonésien avec un gars qui se propose de nous montrer le marché. Nous le suivons et allons de surprises en surprises. Ici, se vendent aussi des lapins dont le propriétaire semble avoir eu une certaine pré-destination génétique pour ce travail.


Nous arrivons devant des cages qui contiennent des chauves-souris, plus grosses qu'une bouteille d'eau minerale. Elles sont pendues la tete en bas, se tournant juste pour que je ne puissent pas les prendre en photo de face. En dessous se trouvent des grands lézards dont l'indonésien nous affirme qu'il s'agit de Dragons de Komodo. L'espece étant hautement protégée, je doute fortement de ses dires, mais ce qui est sur, c'est qu'il sont 2 fois trop a l'étroit car ils se rapent le museau sur les fils de fer de leur cage au point de saigner. Ca me fait mal au coeur. Je suis certain que tout ce business est completement interdit, mais ici, il vendent les animaux comme d'autres vendent des cigarettes.

Et je ne suis pas au bout des surprises. Nous sommes maintenant dans la zone des chatons et des chiots. Note guide discute avec un de ses amis qui part, et revient avec un trop aaAAAaadorable petit félin dans sa main. Le félin en question est un bébé tigre qui répond au nom de Boubou. Je le crois pas ! Boubou coute 1 million de roupiahs, soit a peine 100 euros.


Birgit tombe amoureuse de Boubou (mais qui ne craquerait pas devant ses grands zyeux noirs, ses tites n'oreilles poilues, et sa tite frimousse de ch'napan ?) et elle ne le lache pas pendant 1 heure. A force de caresses, il l'a adopté aussi et se réfugie entre sa poitrine puis s'endort entre ses jambes (ce qui lui vaut une certaine jalousie et quelques commentaires salaces de nos "amis" indonésiens).
Une averse carabinée se met a tomber et nous allons nous réfugier, toujours avec Boubou, dans la baraque d'un vendeur, juste derriere le bordel animalier que je viens de décrire. Les gars sont vraiment sympa, surement parcequ'ils esperent bien que nous allons craquer et acheter Boubou. Le gars qui a été chercher le bébé tigre nous apporte aussi un bébé chouette qui semble a peine sortie de son sommeil avec ses yeux mi-clos. Ca va etre quoi ensuite ? un bébé oran-outang ?

L'averse redouble de violence, j'ai un véritable rideau de pluie opaque devant moi. Un torrent d'eau commence a s'écouler dans la ruelle, et la cabane n'est pas tres étanches ce qui me vaut d'etre un peu mouillé. Je réalise dans quelle contexte nous nous sommes encore fourrés en grignottant des cacahuettes. C'est du délire ce marché !


Au bout d'une heure la pluie s'arrete, Birgit rend Boubou a contre-coeur a son propriétaire, et nous reprennons notre visite du marché. La zone suivante abrite les serpents, dont un python de plus de 3 metres, large comme ma cuisse. Il est juste mis dans une caisse sous les autres. Il y a aussi un python albinos, un iguane d'un vert presque fluorescent, et des sortes de tortues tellement biscornues qu'elles semblent sorties tout droit de la préhistoire. Nous continuons avec un aigle, un perroquet qui parle ... etc . En fait, le Marché aux oiseaux de Yogyakarta  est un véritable zoo de contrebande !


La visite du marché se termine par la zone des pigeons dont les habitants de Yogya raffolent. Non pas pour les manger mais pour faires des courses. Ca semble tres banal apres ce que nous venons de voir. Nous finissons tout de meme sur un varan de 1,5 metres qui baigne dans une vasque en béton au détour d'une ruelle.

Le guide nous emmene voir le Water Castle, une ruine qui offre une belle vue sur Yogya, et qui fut jadis le palais des plaisirs du sultan. C'est un ensemble de piscines entre des ruelles pousiereuses et des batiments de style colonial portuguais qui tombent en ruine, moisis par l'humidité ambiante.


Nous allons faire un tour dans la mosquée souterraine, un endroit désert qui n'a rien d'extraordinaire mais dont l'ombre doit etre tres appréciable pendant la saison seche.



Ca fais 1 heure que je me demande pourquoi ce guide est si gentil de nous faire visiter la zone. La réponse ne tarde pas a venir. comme la pluie refait son apparition, Il nous propose d'aller chez lui car c'est juste a coté, et nous voila dnas une gallerie d'art batik. Tout ca pour nous emmener la ! Je me dis que la rigolade est finie et que nous allons subir l'argumentation de vente forcée classique, mais le gars n'insiste ps quand nous lui disons que nous ne sommes pas acheteurs. Ca ne m'empeche pas d'admirer son art dont certaines pieces sont vraiment interessantes. Il nous explique comment il fait, le temps que ca prend, etc ... Quand la pluie cesse, nous prenons congé et retournons a mon hotel pour que je puisse prendre une douche car je suis trempé de sueur.

Nous allons ensuite a l'endroit ou habite Birgit pour qu'elle puisse en faire autant. Elle a trouvé une chambre dans un hotel de luxe, dont le rez-de-chaussée est en fait une sorte de résidence pour étudiants aisés, et donc l'acces est strictement surveillé. J'ai le droit de l'accompagner mais pas de rester dans la chambre donc, j'attend sur le pas de la porte assis devant son ordinateur portable qui capte un reseau internet Wi-fi. Sa voisine de chambre en face, fait la meme chose car le réseau ne fonctionne pas dans les chambres, ce qui donne une rangée d'étudiantes sur le seuil de leur chambre en train de tapoter sur leur clavier. Je fais connaissance avec elle pendant que Birgit prend sa douche. Il y a aussi une étudiante autrichienne, et le reste sont des indonésiennes.

Pour le diner, j'ai trop envie d'une pizza, ras-le-bol de la bouffe indonésienne super épicée. Nous allons donc dans un clone de Pizza Hut, puis nous partons rejoindre ses amis étudiants au Bintang Bar, juste a coté de ma rue. Je rencontre Anton, un autre allemand qui étudie ici depuis plus d'un an et qui parle un excellent indonésien, un australien, un polonais, et le reste sont des indonésiens. Ils sont tous sympas, tres joueurs. Je vais me coucher a 1h30, en donnant rendez-vous a Birgit demain pour visiter une autre endroit dément.
Par Ludovic - Publié dans : Indonésie
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Jeudi 20 avril 2006 4 20 /04 /Avr /2006 05:15
Je me réveille a 4h00 et vais jetter un oeil dehors pour voir l'etat du ciel et décider si je pars voir le lever du soleil ou non. C'est bien couvert et les nuages semblent bas ce qui n'est pas de bonne augure. Je ne pense pas pouvoir faire des meilleures photos qu'hier donc je retourne me coucher jusqu'a 7h00. 

La ciel s'est un peu dégagé offrant quelques éclaircies de temps en temps, suffisantes pour pouvoir apprécier une petite promenade dans le village. Je vais donc arpenter les quelques rues qui menent toutes au bord de l'immense cratere qui offre un superbe panorama sur le Gunung Bromo fumant au loin.

Il y a la quelques locaux matinaux attendant les touristes pour leur vendre leur camelote (bonnets, gants, écharpes) ou un tour a mobilette. Ils prennent leur petit-déjeuner en plein air, accroupis sur les marches du parc avec le parfait cone volcanique du Gunung Batok en toile de fond.


L'atmosphere du village me fait un peu penser a Darjeeling (Inde), ou je suis passé il y a 7 ans. L'endroit respire ce coté "village de montagne paisible", malgré le flot de touristes qui déboule en 4X4 a l'aube. Bien souvent, ils ne restent pas ici, et laisse le village endormi toute la journée.



Les gens se déplacent a cheval renforcant ce coté montagnard de l'endroit.


Il y a de l'activité le matin dans la rue principale en face des bemos qui attendent leurs clients pour redescendre sur Probolinggo et les villages en route. Mais c'est loin d'etre la frénésie de Ubud ou Kuta a Bali. Ce sont surtout des gens vont travailler dans les champs fertiles qui ont meme envahis les plus pentues des montagnes aux alentours. Il n'y a pas de riz ici, plutot des légumes comme le choux, des carrotes ou des poireaux.

A 8h00, je vais prendre mon petit-déjeuner, et quitte le Cafe Lava pour prendre un bemo et retourner  a Probolinggo. Je veux prendre un bus direct pour Yogyakarta a 10h30, ce qui me laisse 1h30 pour faire la descente. Ca devrai aller. Ca va etre juste , mais ca devrai aller ... Le chauffeur du bemo me confirme qu'il part a 9h00 car il a déja un groupe de 7 clients.


9h00 arrive et nous ne sommes que 2 dans le bemo. Il attend encore 5 minutes et démarre pour aller a l'hotel, 100 metres plus haut, prendre sont groupe qui n'apparaitra pas. Encore un mensonge dont les chauffeurs de bemos usent et abusent pour faire patienter les premiers clients jusqu'au départ. Super ! Il va commencer seulement maintenant a faire le tour du village pour trouver des clients, ca va prendre 1 heure et je vais rater mon bus. J'ai envie de commetre un meurtre...

Il tente un deuxieme hotel, un troisieme, personne. Le quatrieme nous permet de prendre 6 personnes, et de retour au point de depart, il embarque encore 3 femmes. C'est bon, on y va cette fois ! Il est 9h30, j'ose espérer que nous allons arriver a temps, parralellement me faisant déja une raison et échaffaudant un plan B si ce n'est pas le cas.

Le bemo ne va pas vite car il ralenti tout du long de la route dans la pente, s'arrete pour débarquer des personnes et en prendre d'autres. Malgré cela, nous entrons dans la gare routiere a 10h30 pile poil. Je fonce au terminal de bus et cherche celui pour Yogyakarta. Un gars m'interpelle me demandant ou je vais. Je lui püarle du bus de 10h30, masi il ne semble pas le connaitre. Par contre, il en a un a 11h00. J'essaye de lui extirper plus d'information sur le trajet, sur l'itinéraire, car je veux un bus direct qui ne s'arrete pas a Surabaya, mais il ne comprend rien. Il ne pense qu'a me faire le billet et prendre l'argent. Ca me coute 115 000 RPH. Je pose mes affaires, je vais acheter des chips pour moi et une bouteille d'eau pour un mendiant cul-de-jatte, et je me relaxe, enfin... j'essaye. Bien sur, le mendiantl rend la bouteille d'eau au magasin et récupere l'argent. Suis-je bete ! Il prefera s'acheter des cigarettes ou de l'alcool des que je serai parti.
11h15 : toujours pas de bus en vue. 11h30 : je suis toujours planté a la gare. Je commence a m'énerver sérieusement, j'ai le désagréable sentiment de m'etre fait encore avoir ... Je vais voir le gars qui m'a vendu le billet et tout ce qu'il trouve a me répondre est que "le bus est en retard, il faut attendre". J'avais remarquué, merci ...  A midi, il me fait signe et m'indique que le bus est la. Enfin ! Je saute dedans sans meme regarder la destination, et attend encore 15 minutes avant le départ. J'ai droit au défilé de vendeurs a la sauvette, et de musiciens locaux pendant tout ce temps.

Nous ne sommes qu'une dizaine a faire le voyage, ce qui me laisse toute la place que je veux pour m'allonger et dormir. Lorsque je me réveille, je jette un oeil dehors et je lis sur les panneaux des magasins leur adresse et donc le nom de la ville ou je suis : Surabaya. Et merde ! Je me suis fait avoir et je ne suis pas pres d'arriver a Yogyakarta avant la nuit. Le bus s'arrete au terminal routier et se vide en 5 secondes. Il ne va pas plus loin. Je fais quoi moi ? Un gars m'appelle et me fait comprendre que je dois descendre aussi pour prendre un autre bus vers Yogyakarta. Il prend mon gros sac et m'emmene devant un bus pourri, classe Economie. "Ha non! Ce n'est pas ce qui est convenu, j'ai payé pour un bus Classe Executive !" Pas de soucis, je reprend mon sac, et il m'emmene plus loin dans un bus plus confortable. Je met mon sac dans la soute, peu rassuré. Il parle 1 minute avec le chauffeur, et me fait monter. Qu'est-ce-que c'est que ce délire ? Je ne vais pas encore payer j'espere ?  Au bout de 5 minutes, le chauffeur arrive et me demande en Indonésien si j'ai payé. Je répond par l'affirmative et il me délivre un nouveau ticket sur lequel ne figure pas le prix. Bizarre. Le guide a du se prendre une belle marge au passage, mais que puis-je y faire dans ses conditions ?

Le bus est dans une file d'attente ce qui signifie qu'il ne partira surement pas avant que celui devant soit plein, et que lui meme soit plein bien sur. Super ... Je vais arriver a Jogyakarta a 3h00 demain matin si ca continue comme ca ! Le défilé de vendeurs ambulants et musiciens reprend a un rythme soutenu, utilisant la technique du "déposé sur les genoux" pour me faire acheter. Je me tout sur le siege libre a coté de moi a chqaue fois, ou remet leur camelote directement dans leur main. Si j'avais laissé s'amonceler toutes les choses qu'ils ont essayé de me vendre, j'aurai une pile d'1 metre de haut a coté de moi, allant du magazine Donald Duck en indonésien, a la cigale en plastique qui fait "cri-cri-cri" quand on appui de dessus, en passant par des chaussons de salle de bain en éponge estampillés "Hyatt Regency Surabaya". Mais qui donc peut acheter des conneries pareilles ???

A 14h30, le bus est presque plein et s'élance enfin sur la route de Jogya. Selon mon guide de voyage, j'ai 8 heures de trajet devant moi, et pour agrémenter un peu plus cette formidable journée, j'ai ne envie formidable d'uriner depuis midi. Je me suis retenu d'aller aux toilettes, car laisser ses affaires hors de vue dans une gare routiere est la meilleure chose a faire pour se les faire voler dans la minute qui suit. C'est une regle d'or du routard. Je prend donc mon mal en patience en esperant un arret rapidement. La route est bien encombré, et malgré l'axe commercial stratégique que représente la voie Surabaya-Jogyakarta, la route équivaut a une simple route de campagne francaise. Des camions de marchandises remplis a rabord et circulant lentement ralentissent le dense trafic. Le chauffeur du bus effectue sans cesse des dépassements "a l'indonésienne", roulant au milieu de la route, voire carrement sur la file de droite, et ne se rabbatant qu'a la derniere seconde, lorsqu'un véhicule arrive en face. Parfois, il ne voit rien dans les courbes, mais ca ne lui fait pas peur, on y va plein pot ! Pas stressante la conduite ... Au moins, ca m'évite de penser que j'ai une envie mortelle de pisser. Le voyage me semble terriblement long. Nous faisons enfin un arret a 19h30 pour diner et je cours aux toilettes me soulager. Logiquement, un repas était inclus dans le prix du billet (c'est ce que le gars m'avait dis) mais je vais devoir payer comme tout le monde.

Le bus arrive a Yogya a 22h00, comme prévu. Je n'ai pas encore descendu les marches qu'une dizaine de porteurs, taxis, cyclo-pousses, se bat pour m'accueillir. Je mets le masque du gars pas aimable, un grand signe pour leur faire comprendre que ce n'est pas la peine de me parler, et je m'éloigne pour aller aux toilettes. Birgit (pour rappel, je l'ai rencontré lors du voyage a Flores, elle étudie a Yogya) m'a indiquée des bons petits hotels en centre-ville, et je demande a un velo-taxi s'il peut m'emmener la-bas. Je lui montre l'adresse sur le plan de mon guide (mais sait-il lire ?) et j'embarque dans la nuit sur un cyclo-pousse colorée pour la somme de 10 000 RPH. Pas cher compte-tenue de la distance. Et bien sur, quand je commence a comprendre qu'il prend la mauvaise direction, je ne suis pas surpris. Il veut m'emmener dans le quartier a hotels qui de Prawirotaman qui se trouve aussi dans le guide. Je suis fatigué, pressé d'aller me coucher donc je lui donne une adresse et il s'y rend. Au moment de payer, il se met a tirer la langue, a souffler et grimacer comme s'il était au bord de la mort. Il veut m'apitoyer pour que je lui donne plus, mais je n'ai pas de monnaie, donc il obtient pile poil le prix qu'il m'a annoncé. Je prend une chambre basique a 75 000 RPH dans l'hotel Metro (pas terrible), j'appelle Birgit pour la prévenir que je suis arrivé, et je vais me coucher. J'ai passé tout mon temps le cul posé dans un siege, mais quelle journée !
Par Ludovic - Publié dans : Indonésie
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Mercredi 19 avril 2006 3 19 /04 /Avr /2006 05:44
3h10 : mon réveil n'a pas eu le temps de sonner que Suzanne frappe a ma porte, déja prete. J'avais préparé toutes mes affaires avant de me coucher et je suis dehors en 2 minutes. Le ciel est couvert de nuages, mais la lune descendante nous éclaire suffisament pour pouvoir distinguer la route. Je pars donc dans la nuit avec Suzanne et Lee-Ann, son amie australienne. La route est facile a suivre sur 2 kilometres puis elle se détériore franchement pour finir en chemin qui s'enfonce dans la foret. Quelques gouttes se mettent a tomber mais nous continuons jusqu'a un embranchement. A droite ou a gauche ? Nous tentons le chemin de gauche car il semble partir dans la bonne direction. Il plu une partie de la nuit et la végétation mouillée imbibe mon pantalon et bientot mes chaussures, au point que j'ai les pieds trempés au bout d'une heure de marche. Le chemin devient diffcile a suivre dans l'obscurité et nous nous retrouvons bientot dans une sorte de cul-de-sac face au vide. En bas, dans le cratere, une guirlande de lumieres avance doucement. Ce sont les dizaines de 4X4 qui emmenent les touristes au sommet du Gunung Penanjakan. Il va y avoir du monde la-haut !

De notre coté, ca se présente mal : Suzanne veut faire demi-tour, Lee-Ann est entre deux, et moi, je ne me suis pas levé a 3h00 pour arreter maintenant ! Je trouve un sentier dans la brousse et m'y aventure en tentant de convaincre les filles mais elles n'osent pas me suivre. Je continue donc seul, dans une quasi-obscurité jusqu'a ce que je sois bloqué a nouveau devant le flanc de montagne. Je fais le tour, mais rien ne semble me permettre d'aller plus loin. La, ca semble définitivement foutu, jusqu'a ce que j'entende des voix. Ce sont les filles qui ont changé d'avis et qui grace a leur faible lampe-torche ont trouvé l'escalier enfoui sous la végétation. Content de les revoir !

Nous grimpons une centaine de marches glissantes et arrivons sur un promontoire ou un abri en béton a été construit. Ce n'est pas du meilleur effet dans le paysage, mais c'est le premier belvédere, et il offre deja une vue prometteuse alors que le ciel commence a s'éclaircir. L'horizon rougit et plusieurs cones volcaniques, dont 2 fumants, apparaissent en ombre chinoise au loin.


Devant moi, une immense vallée contient le Gunung Batok, un petit volcan parfaitement symétrique recouvert de végétation, flanqué sur sa gauche du Gunung Bromo, un cratere béant de couleur grise contrastant avec le reste du paysage, et fumant en continue depuis plusieurs semaines. Coiffant ces 2 cones dans un alignement parfait avec le Gunung Batok, le majestueux Gunung Semeru (3676 m), plus haut point de l'ile de Java et montagne sacrée pour les Hindous, est en train de cracher une colone de fumée. Dans la vallée qui est en fait elle meme un immense cratere, une brume rampante s'estompe petit a petit. Ca va etre fantastique dans 1 heure.

Je trouve le chemin qui permet de continuer, et les filles me suivent cette fois. Pas besoin d'aller beaucoup plus loin car le panorama est déja a couper le souffle. Le soleil apparait et quand le premier rayon touche les volcans, devant moi, il y a ca :


C'est encore plus beau que ce que j'avais vu en photo. Mystique, magique, lugubre, ou féerique ? Tout a la fois peut-etre ? Je ne sais pas comment qualifier ce spectacle inoui de la nature. Je suis juste heureux d'etre la. Nous restons 30 minutes puis rentrons au village car le soleil a vite disparu derriere les nuages. En chemin, le Gunung Semeru crache une nouvelle colonne de fumée dans l'atmosphere qui se transforme en une sorte de champignon atomique.


Nous arrivons a 8h00. Je suis affamé et je réclame aussitot mon petit-déjeuner. Les filles reprennent le bus pour Yogyakarta a 9h00, moi, je décide de rester la une journé de plus. Je veux aller dans le cratere a 1 heure de marche, et revoir demain cette vision matinale irréelle. Je vais me recoucher jusqu'a 11h30 car je suis vraiment fatigué.

Quand je me leve a nouveau, la méteo a empiré. Ca risque de compromettre ma promenade au cratere du Gunung Bromo, et effectivement, 1 heure plus tard, le tonnerre gronde et il se met a pleuvoir. Je prend mon temps pour déjeuner, en lisant les potins d'un magazine TV francais que j'ai trouvé dans la pile des magazine en libre-service.

A 14h00, les nuages sont toujours la, mais il ne pleut plus. Je descend donc dans la vallée, effectuant a pied les 2 kilometres qui traversent la mer de sable jusqu'au cratere fumant. Un temple a été construit juste en bas du Gunung Batok, cone volcanique parfait qui semble avoir été posé ici par la main d'un géant.



Un paysan vend des bouquets de fleurs qu'il faut jetter dans le cratere en offrande au volcan, il essaye de me faire croire que je dois en acheter un avant de monter, mais je passe mon chemin. J'arrive au pied des escaliers qui menent sur la crete du cratere et j'enquille les 253 marches d'un coup.


Quand je peux enfin voir a l'intérieur, je suis impressionné par la colonne de fumée sulfureuse qui émane d'un trou de plus de 20 metres de large. Les parois sont jaunis par le dépots de souffre, et de grandes fissures courrent depuis le centre. De temps en temps, j'entend un grondement, mais il semble plutot venir du ciel que de la Terre. Enfin, j'espere ...


Je discute avec un couple de francais qui sont les seuls ici avec moi, puis je longe la crete étroite pour prendre des photos. Parfois, la fumée avec son odeur nauséabonde m'atteint me faisant tousser. Je reste 1 heure au sommet et revient au village toujours désert juste avant qu'une fine pluie reprenne.

Je m'installe dans ma chambre, allume la télevision et essaye de comprendre mais sans succes. Je suis tellement fatigué que je m'endors presque. Je vais diner et me coucher aussitot. Demain, je me leve encore a 4h00.
Par Ludovic - Publié dans : Indonésie
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Mardi 18 avril 2006 2 18 /04 /Avr /2006 05:37
Je quitte définitvement la Pension Diana cette fois et prend la direction de la rue ou les bemos partent pour Dempasar. Je fais le trajet jusqu'a la gare routiere en 2 fois. Je suis a peine sorti du bemo que j'ai déja 5 gars a mes basques pour me vendre un billet de bus. Je leur explique que je veux aller a Probolinggo et ils me montrent une rangée de bus qui vont tous a surabaya, s'arretant a Probolinggo. Le prochain départ est a 10h00, il n'est que 8h00.  Ca m'étonne que je ne puisse pas partir avant donc je les lache pour me renseigner de maniere indépendante. Un gars arrive et me propose un bus pour 9h00. Parfait, mais j'ai a peine le temps de lui demander combien ca coute que les 5 autres arrivent et l'engueulent en indonésien pour le faire partir. Je le rattrappe pour lui dire que ca m'interesse mais il me dit le bus est complet. Hein ?? Le bus est complet ? Pourquoi tu m'as proposé un billet il y a 30 secondes alors ? J'insiste mais il ne demord pas. Quelle bande d'enfoirés ! Parceque je ne veux pas faire de business avec eux, ils dissuadent les autres de venir me voir et m'empechent de partir par la meme occasion. Je tente aupres d'un autre gars, et meme cirque, les 5 gars rappliquent et font fuit le vendeur. Je leur fait comprendre que je comprend ce qu'ils font et ils partent. Je change de stratégie pour pouvoir prendre le bus de 9h00 : je vais faire un tour puis je reviens derriere le bus afin de pouvoir etre seul a parler avec le chauffeur ou le vendeur. Et bien sur, il y a des places libres. Le billet coute 120 000 RPH, déjeuner et cout du ferry pour Java inclus. Je mets mon sac dans la soute et vais acheter de l'eau et des biscuits pour mon petit-déjeuner. Je prend aussi quelques photos de la gare routiere et c'est parti pour l'ile de Java. Je suis le seul touriste dans le bus.


Le trajet jusqu'a Gilimanuk, port d'embarquement pour le ferry, dure 2 heures et demi. Il n'y a rien de spécial a voir sur cette route et je m'endors rapidement.
Gilimanuk n'a rien d'une ville. C'est juste un long ponton avec un batiment en tole. Le bus s'arretent au controle des véhicules, et des que le chauffeur ouvre la porte, une horde de vendeurs de cacahuettes, boissons, brichettes de poulet, et de chanteurs se rue a l'assaut de nos sieges. Ils ne sortent que lorsque le bus embarque sur le ferry. La plupart des passagers restent dans le bus mais je préfere descendre et faire un tour pour me dégourdir les jambes. Il n'y a pas grand chose a voir sur ce tas de tole rouillée, donc je m'installe sur une rambarde au soleil et profite des 45 mn de traversée pour regarder Bali s'éloigner.



J'ai vraiment été surpris par cette ile. Je m'attendais a un paradis sans ame pour touristes friqués qui passent leurs journées dans leur transat au bord de la plage, et j'ai découvert une ile fabuleuse qui m'a séduite du début a la fin. Bali a su garder et meler avec habileté l'authentique culture traditionnelle balinaise a celle du monde moderne. L'artisanat y est diversifié et d'une exceptionnelle qualité. Les balinais sont des maitres hors-pairs dans l'art de travailler le bois, la pierre, la joaillerie, etc. Bien sur, en tant qu'ile, les spots de surf sont de qualité, mais surtout, la plongée et le snorkeling sur la cote Nord sont encore méconnus (et qu'ils le restent !) alors qu'ils rivalisent largement de beauté avec ceux de Polynésie ou autres endroits réputés paradisiaque. Enfin, Bali offre des paysages fantastiques : les magnifiques paysages de rizieres en terrasse ou ceux des volcans aux immenses crateres tranportent dans un autre monde. Alors si vous voulez un coin de paradis sur Terre l'espace d'une semaine ou deux, ne cherchez pas plus loin, Bali a tous ce qu'il faut pour tout le monde. La vie sur place ne coute pas grand chose, on peut vraiment se faire plaisir avec 30 euros par jour. La population a beaucoup souffert des attentats terroristes et aujourd'hui encore, les séquelles sont flagrantes. Quelques touristes en plus leur ferait le plus grand bien...

L'arrivé a Ketapang sur Java n'est pas la meilleure approche que l'on peut avoir de l'ile. Le bled poussiereux n'est qu'un point de transit et n'a aucun interet touristique. Le bus repart sur une route ou 2 gros véhicules peuvent a peine se croiser. Et comme notre chauffeur est assez nerveux, il ne peux s'empecher de rouler au milieu de la route et de doubler a chaque fois les véhicules plus lents, se rabattant au dernier moment alors qu'un camion arrive en face. Ca ne m'aide pas a me rendormir !


Nous faisons un arret a 15h00 dans un restaurant ou nous bénéficions d'un repas gratuit. C'est pas mal, je me gave de krupuk, des galettes de mais soufflé au gout de crevette. Un indonésien a remarqué que j'ai été me servir 3 fois et viens discuter avec moi dans le bus, car ca l'a fait halluciner que j'aime le krupuk a ce point. Il vend des chaussures et viens 1 semaine par mois a Bali pour ses affaires. Nous discutons de plein de choses, et je le laisse lorsque le bus arrive a Probolinggo.

Il est 16h15, le trajet a été long. Mais je ne suis pas encore arrivé : je dois encore rejoindre  le village de Cemoro Lawang qui est le point de départ des treks et tours organisés au Gunung Bromo. Le bus m'a déposé un peu vant la gare routiere donc je prend un bemo pour faire les kilometres manquants. Comme a Dempasar, a peine ai-je passé la tete par la porte que 5 ou 6 gars m'interpellent. "Bromo Bromo, going to Bromo ? Come here !" Il y a 2 ou 3 bemos qui vont la bas, et qui essaye de m'enroller. Je connais l'astuce, j'ai largement usé du systeme en Afrique. Ils sont vides et ca peut prendre des heures avant qu'ils se remplissent et partent pour de vrai. Hors, il va faire nuit dans 1 heure et je ne veux pas etre bloqué ici. On me propose de partir plus vite avec une mobilette, ou de louer tout le bemo a moi tout seul pour un prix exhorbitant. Je m'éloigne pour me débarrasser de ces gars et essayent de glaner des renseignements fiables par moi meme. Il y aurait un bus publique a 17h00 pour 15 000 RPH. Je vais attendre et le prendre. Pour etre sur de ne pas le rater, je me poste a l'entrée de la gare routiere, regardant les bemos se remplir tres lentement. Il y en a un qui va plus vite que les autres, et qui tente toutes les 10 mn de me faire venir. J'attend ... A 17h15, toujours pas de bus en vue. De son coté, le bemo est plein et pret a partir, donc je me décide a aller avec lui. Je me met tout au fond, coincé contre la vitre. Nous nous entassons a 25 la ou nous devrions etre 15 maximum. Ce conducteur la est aussi pressé d'arriver : il "largue" ses passagers sur le bord de la route, juste en ralentissant, sans meme s'arreter. Au moins, ca va vite ! Le trajet qui devait durer 2 heures est effectué en a peine 1 heure, et j'arrive a ma destination finale a 18h00 en pleine nuit fraiche.

Je visite un premier hotel juste au bord de l'immense cratere, mais la chambre est une vraie cellulle dont la propreté donnerai de l'urticaire a une blatte. Et ca se loue 50 000 RPH !! Je vais au Cafe Lava, une bonne adresse réputé parmi les backapackers, et l'endroit tient ses promesses. Je me prend une chambre standard avec douche chaude pour 80 000 RPH, et je fonce me rassasier au restaurant d'un bon Club Sandwich. A tout hasard, je demande au réceptionniste si une allemande appellée Suzanne n'est pas passé ici. oui, et elle est meme toujours la. Effectivement, un demi-heure plus tard, elle arrive avec une amie. Je lui fais signe et apres s'etre installé pour discuter, je décide de les accompagner demain matin pour le trek matinal qui permet d'admirer le lever de soleil sur le Gunung Bromo (2392 m) depuis le Gunung Penanjakan (2440 m). Départ a 3h30 ... je vais me coucher illico-presto apres une bonne douche chaude. 
Par Ludovic - Publié dans : Indonésie
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Ludovic


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