Samedi 22 avril 2006
Je n'ai rien prévu de faire aujourd'hui et de toute facon, j'ai une flemme monumenale compte-tenu de la pluie incessante qui s'abat sur Jogyakarta depuis ce matin. Ca se calme en début de soirée, et la seule activité qui me vient a l'esprit est d'aller me faire faire un massage.

Birgit veut me faire essayer le massage Reflex, nous prenons donc le chemin du salon qui se trouve dans un restaurant. Je me retrouve dans une salle sombre ou 4 banquettes en vinyl noir sont disposées face a face. Un gars m'apporte une bassine d'eau chaude pour me laveer les pieds puis je m'allonge sur le dos et il commence a me masser les pieds. Tres vite, j'ai la sensation qu'il me plante ses ongles dans la peau, compressant mes orteil comme un malade. Je me retiens de gémir, mais les grimaces me trahissent. Birgit est morte de rire, donc apparament, elle savait que ca allait se passer comme ca...  mais il  passera aussi et rigolera moins.


Pendant une heure, le masseur va torturer mes muscles un par un, je dois parfois serrer les dents pour ne pas hurler. Quand ca se termine, je suis presque content. Ca fait du bien surtout apres ! Et ca m'a ouvert l'appetit.

Nous retrouvons Marlene et Erica a l'hotel de Birgit qui vont aussi diner. Erica nous emmene dans sa voiture (signe extérieur de richesse a Yogyakarta, surtout a son age) dans un restaurant-lounge branché ou je passe un bonne soirée a faire plus amplement connaissance.
par Ludovic publié dans : Indonésie
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Vendredi 21 avril 2006
Je me leve a 7h00 pour prendre mon petit-déjeuner, aller sur Internet, et je prend a nouveau un cyclo-pousse (appele becak) pour m'emmener vers mon prochain hotel, a l'adresse que m'a conseillée Birgit.


Le Losmen Setia Kawa se trouve dan le quartier de Sosrowijayan, au fond d'une petite allée tranquille. Les chambres sont ultra-propres, la salle de bain aussi, et le tout est tres bien décoré par l'artiste local qui habite ici. Il y a une atmosphere familliale, c'est un bon plan, c'est sur ! Je paye ma chambre 50 000 RPH, et donne aussitot mon linge a laver. Je vais télephoner a Birgit pour la prévenir que j'ai changé d'endroit et pour se donner rendez-vous en fin de matinée.

Elle me rejoint a l'hotel a 11h00 et nous allons prendre le petit-déjeuner ensemble. Elle me raconte son voyage d'une semaine au Sulawesi qui ne lui a pas laisser que des bons souvenirs. Elle n'a pas arreter de se faire harceler par des hommes locaux, et a meme failli se faire kidnapper. Ca me fait halluciner. Je n'avais jamais entendu parler de comportement aussi agressif d'hommes locaux vis-a-vis d'une voyageuse seule. Le fait qu'elle soit blonde aux yeux verts n'aide pas a sa discrétion, mais de maniere génerale, j'ai pu constater par moi-meme que les indonésiens, surtout dans les coins paumés, ne s'embarrassent pas de manieres pour essayer de "se faire une européenne". C'est comme un trophée pour eux, et peu importe la méthode pour le conquérir. Il vaut mieux etre accompagnée pour se rendre dans des régions peu développées. Heureusement, elle reste motivée pour aller a Bornéo avec moi, et elle a déja contacté son amie qui travaille dans une agence de voyage pour avoir des billets d'avion. La méteo a Yogya laisse a désirer. Une bonne grosse averse est déja tombé lorsque nous discutions, et il y a fort a parier que ca va continuer.

Birgitt m'emmene dans la rue ou s'alignent les magasins d'artisanat, dont la specialitée locale est le batik. C'est une peinture sur tissus dont les motifs abstraits sont réalisés en trempant le tissus plié d'une certaine maniere dans les colorants. Elle connait quelques un des vendeurs qui sont maintenant des amis.

Nous allons acheter des trucs a manger, puis nous prenons sa mobilette pour aller au Marché des Oiseaux qu'elle veut absolument me montrer. L'idée de voir des oiseaux en cage ne m'emballe pas des masses mais quand nous arrivons a l'endroit en question et pénetrons dans le dédale de ruelles, j'entre dans un autre monde.

Il faut déja avoir l'estomac bien accroché pour passer les premiers étals : des cages grillagées remplies de sorte de grosses sauterrelles sont disposées un peu partout.


Juste a coté, se trouve un grand bac grouillant de milliers larves oranges, et encore a coté, des tamis contiennent des fourmis et leurs innombrables larves blanches. Jusqu'a ce que je m'approche suffisament, je croyais que c'était du riz cuisiné ! Cette nourriture est destinée aux oiseaux qui apparaissent un peu plus loin.


Des centaines de petites cages en bois ou en fil de fer sont empillées ou pendues au toits des cabanes créant une atmosphere vraiment particuliere, mais la encore, il faut avoir le coeur bien accroché car les oiseaux sont litterallement "stockés" dans des conditions pénibles et visiblement, ils souffrent beaucoup. Un adorable petit perroquet s'arrache les plumes au niveau du cou, et d'autres oiseaux l'imitent.


Juste a coté, il a plein de bébes hamsters qui se mettent sur leurs pattes arriere lorsque nous nous approchons au dessus de leur cage, et ils retombent tous sur le dos, restant les 4 pattes en l'air, confortablement installés dans les copeaux de bois. C'est trop craquant !

Birgit a commencer a parler en indonésien avec un gars qui se propose de nous montrer le marché. Nous le suivons et allons de surprises en surprises. Ici, se vendent aussi des lapins dont le propriétaire semble avoir eu une certaine pré-destination génétique pour ce travail.


Nous arrivons devant des cages qui contiennent des chauves-souris, plus grosses qu'une bouteille d'eau minerale. Elles sont pendues la tete en bas, se tournant juste pour que je ne puissent pas les prendre en photo de face. En dessous se trouvent des grands lézards dont l'indonésien nous affirme qu'il s'agit de Dragons de Komodo. L'espece étant hautement protégée, je doute fortement de ses dires, mais ce qui est sur, c'est qu'il sont 2 fois trop a l'étroit car ils se rapent le museau sur les fils de fer de leur cage au point de saigner. Ca me fait mal au coeur. Je suis certain que tout ce business est completement interdit, mais ici, il vendent les animaux comme d'autres vendent des cigarettes.

Et je ne suis pas au bout des surprises. Nous sommes maintenant dans la zone des chatons et des chiots. Note guide discute avec un de ses amis qui part, et revient avec un trop aaAAAaadorable petit félin dans sa main. Le félin en question est un bébé tigre qui répond au nom de Boubou. Je le crois pas ! Boubou coute 1 million de roupiahs, soit a peine 100 euros.


Birgit tombe amoureuse de Boubou (mais qui ne craquerait pas devant ses grands zyeux noirs, ses tites n'oreilles poilues, et sa tite frimousse de ch'napan ?) et elle ne le lache pas pendant 1 heure. A force de caresses, il l'a adopté aussi et se réfugie entre sa poitrine puis s'endort entre ses jambes (ce qui lui vaut une certaine jalousie et quelques commentaires salaces de nos "amis" indonésiens).
Une averse carabinée se met a tomber et nous allons nous réfugier, toujours avec Boubou, dans la baraque d'un vendeur, juste derriere le bordel animalier que je viens de décrire. Les gars sont vraiment sympa, surement parcequ'ils esperent bien que nous allons craquer et acheter Boubou. Le gars qui a été chercher le bébé tigre nous apporte aussi un bébé chouette qui semble a peine sortie de son sommeil avec ses yeux mi-clos. Ca va etre quoi ensuite ? un bébé oran-outang ?

L'averse redouble de violence, j'ai un véritable rideau de pluie opaque devant moi. Un torrent d'eau commence a s'écouler dans la ruelle, et la cabane n'est pas tres étanches ce qui me vaut d'etre un peu mouillé. Je réalise dans quelle contexte nous nous sommes encore fourrés en grignottant des cacahuettes. C'est du délire ce marché !


Au bout d'une heure la pluie s'arrete, Birgit rend Boubou a contre-coeur a son propriétaire, et nous reprennons notre visite du marché. La zone suivante abrite les serpents, dont un python de plus de 3 metres, large comme ma cuisse. Il est juste mis dans une caisse sous les autres. Il y a aussi un python albinos, un iguane d'un vert presque fluorescent, et des sortes de tortues tellement biscornues qu'elles semblent sorties tout droit de la préhistoire. Nous continuons avec un aigle, un perroquet qui parle ... etc . En fait, le Marché aux oiseaux de Yogyakarta  est un véritable zoo de contrebande !


La visite du marché se termine par la zone des pigeons dont les habitants de Yogya raffolent. Non pas pour les manger mais pour faires des courses. Ca semble tres banal apres ce que nous venons de voir. Nous finissons tout de meme sur un varan de 1,5 metres qui baigne dans une vasque en béton au détour d'une ruelle.

Le guide nous emmene voir le Water Castle, une ruine qui offre une belle vue sur Yogya, et qui fut jadis le palais des plaisirs du sultan. C'est un ensemble de piscines entre des ruelles pousiereuses et des batiments de style colonial portuguais qui tombent en ruine, moisis par l'humidité ambiante.


Nous allons faire un tour dans la mosquée souterraine, un endroit désert qui n'a rien d'extraordinaire mais dont l'ombre doit etre tres appréciable pendant la saison seche.



Ca fais 1 heure que je me demande pourquoi ce guide est si gentil de nous faire visiter la zone. La réponse ne tarde pas a venir. comme la pluie refait son apparition, Il nous propose d'aller chez lui car c'est juste a coté, et nous voila dnas une gallerie d'art batik. Tout ca pour nous emmener la ! Je me dis que la rigolade est finie et que nous allons subir l'argumentation de vente forcée classique, mais le gars n'insiste ps quand nous lui disons que nous ne sommes pas acheteurs. Ca ne m'empeche pas d'admirer son art dont certaines pieces sont vraiment interessantes. Il nous explique comment il fait, le temps que ca prend, etc ... Quand la pluie cesse, nous prenons congé et retournons a mon hotel pour que je puisse prendre une douche car je suis trempé de sueur.

Nous allons ensuite a l'endroit ou habite Birgit pour qu'elle puisse en faire autant. Elle a trouvé une chambre dans un hotel de luxe, dont le rez-de-chaussée est en fait une sorte de résidence pour étudiants aisés, et donc l'acces est strictement surveillé. J'ai le droit de l'accompagner mais pas de rester dans la chambre donc, j'attend sur le pas de la porte assis devant son ordinateur portable qui capte un reseau internet Wi-fi. Sa voisine de chambre en face, fait la meme chose car le réseau ne fonctionne pas dans les chambres, ce qui donne une rangée d'étudiantes sur le seuil de leur chambre en train de tapoter sur leur clavier. Je fais connaissance avec elle pendant que Birgit prend sa douche. Il y a aussi une étudiante autrichienne, et le reste sont des indonésiennes.

Pour le diner, j'ai trop envie d'une pizza, ras-le-bol de la bouffe indonésienne super épicée. Nous allons donc dans un clone de Pizza Hut, puis nous partons rejoindre ses amis étudiants au Bintang Bar, juste a coté de ma rue. Je rencontre Anton, un autre allemand qui étudie ici depuis plus d'un an et qui parle un excellent indonésien, un australien, un polonais, et le reste sont des indonésiens. Ils sont tous sympas, tres joueurs. Je vais me coucher a 1h30, en donnant rendez-vous a Birgit demain pour visiter une autre endroit dément.
par Ludovic publié dans : Indonésie
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Jeudi 20 avril 2006
Je me réveille a 4h00 et vais jetter un oeil dehors pour voir l'etat du ciel et décider si je pars voir le lever du soleil ou non. C'est bien couvert et les nuages semblent bas ce qui n'est pas de bonne augure. Je ne pense pas pouvoir faire des meilleures photos qu'hier donc je retourne me coucher jusqu'a 7h00. 

La ciel s'est un peu dégagé offrant quelques éclaircies de temps en temps, suffisantes pour pouvoir apprécier une petite promenade dans le village. Je vais donc arpenter les quelques rues qui menent toutes au bord de l'immense cratere qui offre un superbe panorama sur le Gunung Bromo fumant au loin.

Il y a la quelques locaux matinaux attendant les touristes pour leur vendre leur camelote (bonnets, gants, écharpes) ou un tour a mobilette. Ils prennent leur petit-déjeuner en plein air, accroupis sur les marches du parc avec le parfait cone volcanique du Gunung Batok en toile de fond.


L'atmosphere du village me fait un peu penser a Darjeeling (Inde), ou je suis passé il y a 7 ans. L'endroit respire ce coté "village de montagne paisible", malgré le flot de touristes qui déboule en 4X4 a l'aube. Bien souvent, ils ne restent pas ici, et laisse le village endormi toute la journée.



Les gens se déplacent a cheval renforcant ce coté montagnard de l'endroit.


Il y a de l'activité le matin dans la rue principale en face des bemos qui attendent leurs clients pour redescendre sur Probolinggo et les villages en route. Mais c'est loin d'etre la frénésie de Ubud ou Kuta a Bali. Ce sont surtout des gens vont travailler dans les champs fertiles qui ont meme envahis les plus pentues des montagnes aux alentours. Il n'y a pas de riz ici, plutot des légumes comme le choux, des carrotes ou des poireaux.

A 8h00, je vais prendre mon petit-déjeuner, et quitte le Cafe Lava pour prendre un bemo et retourner  a Probolinggo. Je veux prendre un bus direct pour Yogyakarta a 10h30, ce qui me laisse 1h30 pour faire la descente. Ca devrai aller. Ca va etre juste , mais ca devrai aller ... Le chauffeur du bemo me confirme qu'il part a 9h00 car il a déja un groupe de 7 clients.


9h00 arrive et nous ne sommes que 2 dans le bemo. Il attend encore 5 minutes et démarre pour aller a l'hotel, 100 metres plus haut, prendre sont groupe qui n'apparaitra pas. Encore un mensonge dont les chauffeurs de bemos usent et abusent pour faire patienter les premiers clients jusqu'au départ. Super ! Il va commencer seulement maintenant a faire le tour du village pour trouver des clients, ca va prendre 1 heure et je vais rater mon bus. J'ai envie de commetre un meurtre...

Il tente un deuxieme hotel, un troisieme, personne. Le quatrieme nous permet de prendre 6 personnes, et de retour au point de depart, il embarque encore 3 femmes. C'est bon, on y va cette fois ! Il est 9h30, j'ose espérer que nous allons arriver a temps, parralellement me faisant déja une raison et échaffaudant un plan B si ce n'est pas le cas.

Le bemo ne va pas vite car il ralenti tout du long de la route dans la pente, s'arrete pour débarquer des personnes et en prendre d'autres. Malgré cela, nous entrons dans la gare routiere a 10h30 pile poil. Je fonce au terminal de bus et cherche celui pour Yogyakarta. Un gars m'interpelle me demandant ou je vais. Je lui püarle du bus de 10h30, masi il ne semble pas le connaitre. Par contre, il en a un a 11h00. J'essaye de lui extirper plus d'information sur le trajet, sur l'itinéraire, car je veux un bus direct qui ne s'arrete pas a Surabaya, mais il ne comprend rien. Il ne pense qu'a me faire le billet et prendre l'argent. Ca me coute 115 000 RPH. Je pose mes affaires, je vais acheter des chips pour moi et une bouteille d'eau pour un mendiant cul-de-jatte, et je me relaxe, enfin... j'essaye. Bien sur, le mendiantl rend la bouteille d'eau au magasin et récupere l'argent. Suis-je bete ! Il prefera s'acheter des cigarettes ou de l'alcool des que je serai parti.
11h15 : toujours pas de bus en vue. 11h30 : je suis toujours planté a la gare. Je commence a m'énerver sérieusement, j'ai le désagréable sentiment de m'etre fait encore avoir ... Je vais voir le gars qui m'a vendu le billet et tout ce qu'il trouve a me répondre est que "le bus est en retard, il faut attendre". J'avais remarquué, merci ...  A midi, il me fait signe et m'indique que le bus est la. Enfin ! Je saute dedans sans meme regarder la destination, et attend encore 15 minutes avant le départ. J'ai droit au défilé de vendeurs a la sauvette, et de musiciens locaux pendant tout ce temps.

Nous ne sommes qu'une dizaine a faire le voyage, ce qui me laisse toute la place que je veux pour m'allonger et dormir. Lorsque je me réveille, je jette un oeil dehors et je lis sur les panneaux des magasins leur adresse et donc le nom de la ville ou je suis : Surabaya. Et merde ! Je me suis fait avoir et je ne suis pas pres d'arriver a Yogyakarta avant la nuit. Le bus s'arrete au terminal routier et se vide en 5 secondes. Il ne va pas plus loin. Je fais quoi moi ? Un gars m'appelle et me fait comprendre que je dois descendre aussi pour prendre un autre bus vers Yogyakarta. Il prend mon gros sac et m'emmene devant un bus pourri, classe Economie. "Ha non! Ce n'est pas ce qui est convenu, j'ai payé pour un bus Classe Executive !" Pas de soucis, je reprend mon sac, et il m'emmene plus loin dans un bus plus confortable. Je met mon sac dans la soute, peu rassuré. Il parle 1 minute avec le chauffeur, et me fait monter. Qu'est-ce-que c'est que ce délire ? Je ne vais pas encore payer j'espere ?  Au bout de 5 minutes, le chauffeur arrive et me demande en Indonésien si j'ai payé. Je répond par l'affirmative et il me délivre un nouveau ticket sur lequel ne figure pas le prix. Bizarre. Le guide a du se prendre une belle marge au passage, mais que puis-je y faire dans ses conditions ?

Le bus est dans une file d'attente ce qui signifie qu'il ne partira surement pas avant que celui devant soit plein, et que lui meme soit plein bien sur. Super ... Je vais arriver a Jogyakarta a 3h00 demain matin si ca continue comme ca ! Le défilé de vendeurs ambulants et musiciens reprend a un rythme soutenu, utilisant la technique du "déposé sur les genoux" pour me faire acheter. Je me tout sur le siege libre a coté de moi a chqaue fois, ou remet leur camelote directement dans leur main. Si j'avais laissé s'amonceler toutes les choses qu'ils ont essayé de me vendre, j'aurai une pile d'1 metre de haut a coté de moi, allant du magazine Donald Duck en indonésien, a la cigale en plastique qui fait "cri-cri-cri" quand on appui de dessus, en passant par des chaussons de salle de bain en éponge estampillés "Hyatt Regency Surabaya". Mais qui donc peut acheter des conneries pareilles ???

A 14h30, le bus est presque plein et s'élance enfin sur la route de Jogya. Selon mon guide de voyage, j'ai 8 heures de trajet devant moi, et pour agrémenter un peu plus cette formidable journée, j'ai ne envie formidable d'uriner depuis midi. Je me suis retenu d'aller aux toilettes, car laisser ses affaires hors de vue dans une gare routiere est la meilleure chose a faire pour se les faire voler dans la minute qui suit. C'est une regle d'or du routard. Je prend donc mon mal en patience en esperant un arret rapidement. La route est bien encombré, et malgré l'axe commercial stratégique que représente la voie Surabaya-Jogyakarta, la route équivaut a une simple route de campagne francaise. Des camions de marchandises remplis a rabord et circulant lentement ralentissent le dense trafic. Le chauffeur du bus effectue sans cesse des dépassements "a l'indonésienne", roulant au milieu de la route, voire carrement sur la file de droite, et ne se rabbatant qu'a la derniere seconde, lorsqu'un véhicule arrive en face. Parfois, il ne voit rien dans les courbes, mais ca ne lui fait pas peur, on y va plein pot ! Pas stressante la conduite ... Au moins, ca m'évite de penser que j'ai une envie mortelle de pisser. Le voyage me semble terriblement long. Nous faisons enfin un arret a 19h30 pour diner et je cours aux toilettes me soulager. Logiquement, un repas était inclus dans le prix du billet (c'est ce que le gars m'avait dis) mais je vais devoir payer comme tout le monde.

Le bus arrive a Yogya a 22h00, comme prévu. Je n'ai pas encore descendu les marches qu'une dizaine de porteurs, taxis, cyclo-pousses, se bat pour m'accueillir. Je mets le masque du gars pas aimable, un grand signe pour leur faire comprendre que ce n'est pas la peine de me parler, et je m'éloigne pour aller aux toilettes. Birgit (pour rappel, je l'ai rencontré lors du voyage a Flores, elle étudie a Yogya) m'a indiquée des bons petits hotels en centre-ville, et je demande a un velo-taxi s'il peut m'emmener la-bas. Je lui montre l'adresse sur le plan de mon guide (mais sait-il lire ?) et j'embarque dans la nuit sur un cyclo-pousse colorée pour la somme de 10 000 RPH. Pas cher compte-tenue de la distance. Et bien sur, quand je commence a comprendre qu'il prend la mauvaise direction, je ne suis pas surpris. Il veut m'emmener dans le quartier a hotels qui de Prawirotaman qui se trouve aussi dans le guide. Je suis fatigué, pressé d'aller me coucher donc je lui donne une adresse et il s'y rend. Au moment de payer, il se met a tirer la langue, a souffler et grimacer comme s'il était au bord de la mort. Il veut m'apitoyer pour que je lui donne plus, mais je n'ai pas de monnaie, donc il obtient pile poil le prix qu'il m'a annoncé. Je prend une chambre basique a 75 000 RPH dans l'hotel Metro (pas terrible), j'appelle Birgit pour la prévenir que je suis arrivé, et je vais me coucher. J'ai passé tout mon temps le cul posé dans un siege, mais quelle journée !
par Ludovic publié dans : Indonésie
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Mercredi 19 avril 2006
3h10 : mon réveil n'a pas eu le temps de sonner que Suzanne frappe a ma porte, déja prete. J'avais préparé toutes mes affaires avant de me coucher et je suis dehors en 2 minutes. Le ciel est couvert de nuages, mais la lune descendante nous éclaire suffisament pour pouvoir distinguer la route. Je pars donc dans la nuit avec Suzanne et Lee-Ann, son amie australienne. La route est facile a suivre sur 2 kilometres puis elle se détériore franchement pour finir en chemin qui s'enfonce dans la foret. Quelques gouttes se mettent a tomber mais nous continuons jusqu'a un embranchement. A droite ou a gauche ? Nous tentons le chemin de gauche car il semble partir dans la bonne direction. Il plu une partie de la nuit et la végétation mouillée imbibe mon pantalon et bientot mes chaussures, au point que j'ai les pieds trempés au bout d'une heure de marche. Le chemin devient diffcile a suivre dans l'obscurité et nous nous retrouvons bientot dans une sorte de cul-de-sac face au vide. En bas, dans le cratere, une guirlande de lumieres avance doucement. Ce sont les dizaines de 4X4 qui emmenent les touristes au sommet du Gunung Penanjakan. Il va y avoir du monde la-haut !

De notre coté, ca se présente mal : Suzanne veut faire demi-tour, Lee-Ann est entre deux, et moi, je ne me suis pas levé a 3h00 pour arreter maintenant ! Je trouve un sentier dans la brousse et m'y aventure en tentant de convaincre les filles mais elles n'osent pas me suivre. Je continue donc seul, dans une quasi-obscurité jusqu'a ce que je sois bloqué a nouveau devant le flanc de montagne. Je fais le tour, mais rien ne semble me permettre d'aller plus loin. La, ca semble définitivement foutu, jusqu'a ce que j'entende des voix. Ce sont les filles qui ont changé d'avis et qui grace a leur faible lampe-torche ont trouvé l'escalier enfoui sous la végétation. Content de les revoir !

Nous grimpons une centaine de marches glissantes et arrivons sur un promontoire ou un abri en béton a été construit. Ce n'est pas du meilleur effet dans le paysage, mais c'est le premier belvédere, et il offre deja une vue prometteuse alors que le ciel commence a s'éclaircir. L'horizon rougit et plusieurs cones volcaniques, dont 2 fumants, apparaissent en ombre chinoise au loin.


Devant moi, une immense vallée contient le Gunung Batok, un petit volcan parfaitement symétrique recouvert de végétation, flanqué sur sa gauche du Gunung Bromo, un cratere béant de couleur grise contrastant avec le reste du paysage, et fumant en continue depuis plusieurs semaines. Coiffant ces 2 cones dans un alignement parfait avec le Gunung Batok, le majestueux Gunung Semeru (3676 m), plus haut point de l'ile de Java et montagne sacrée pour les Hindous, est en train de cracher une colone de fumée. Dans la vallée qui est en fait elle meme un immense cratere, une brume rampante s'estompe petit a petit. Ca va etre fantastique dans 1 heure.

Je trouve le chemin qui permet de continuer, et les filles me suivent cette fois. Pas besoin d'aller beaucoup plus loin car le panorama est déja a couper le souffle. Le soleil apparait et quand le premier rayon touche les volcans, devant moi, il y a ca :


C'est encore plus beau que ce que j'avais vu en photo. Mystique, magique, lugubre, ou féerique ? Tout a la fois peut-etre ? Je ne sais pas comment qualifier ce spectacle inoui de la nature. Je suis juste heureux d'etre la. Nous restons 30 minutes puis rentrons au village car le soleil a vite disparu derriere les nuages. En chemin, le Gunung Semeru crache une nouvelle colonne de fumée dans l'atmosphere qui se transforme en une sorte de champignon atomique.


Nous arrivons a 8h00. Je suis affamé et je réclame aussitot mon petit-déjeuner. Les filles reprennent le bus pour Yogyakarta a 9h00, moi, je décide de rester la une journé de plus. Je veux aller dans le cratere a 1 heure de marche, et revoir demain cette vision matinale irréelle. Je vais me recoucher jusqu'a 11h30 car je suis vraiment fatigué.

Quand je me leve a nouveau, la méteo a empiré. Ca risque de compromettre ma promenade au cratere du Gunung Bromo, et effectivement, 1 heure plus tard, le tonnerre gronde et il se met a pleuvoir. Je prend mon temps pour déjeuner, en lisant les potins d'un magazine TV francais que j'ai trouvé dans la pile des magazine en libre-service.

A 14h00, les nuages sont toujours la, mais il ne pleut plus. Je descend donc dans la vallée, effectuant a pied les 2 kilometres qui traversent la mer de sable jusqu'au cratere fumant. Un temple a été construit juste en bas du Gunung Batok, cone volcanique parfait qui semble avoir été posé ici par la main d'un géant.



Un paysan vend des bouquets de fleurs qu'il faut jetter dans le cratere en offrande au volcan, il essaye de me faire croire que je dois en acheter un avant de monter, mais je passe mon chemin. J'arrive au pied des escaliers qui menent sur la crete du cratere et j'enquille les 253 marches d'un coup.


Quand je peux enfin voir a l'intérieur, je suis impressionné par la colonne de fumée sulfureuse qui émane d'un trou de plus de 20 metres de large. Les parois sont jaunis par le dépots de souffre, et de grandes fissures courrent depuis le centre. De temps en temps, j'entend un grondement, mais il semble plutot venir du ciel que de la Terre. Enfin, j'espere ...


Je discute avec un couple de francais qui sont les seuls ici avec moi, puis je longe la crete étroite pour prendre des photos. Parfois, la fumée avec son odeur nauséabonde m'atteint me faisant tousser. Je reste 1 heure au sommet et revient au village toujours désert juste avant qu'une fine pluie reprenne.

Je m'installe dans ma chambre, allume la télevision et essaye de comprendre mais sans succes. Je suis tellement fatigué que je m'endors presque. Je vais diner et me coucher aussitot. Demain, je me leve encore a 4h00.
par Ludovic publié dans : Indonésie
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Mardi 18 avril 2006
Je quitte définitvement la Pension Diana cette fois et prend la direction de la rue ou les bemos partent pour Dempasar. Je fais le trajet jusqu'a la gare routiere en 2 fois. Je suis a peine sorti du bemo que j'ai déja 5 gars a mes basques pour me vendre un billet de bus. Je leur explique que je veux aller a Probolinggo et ils me montrent une rangée de bus qui vont tous a surabaya, s'arretant a Probolinggo. Le prochain départ est a 10h00, il n'est que 8h00.  Ca m'étonne que je ne puisse pas partir avant donc je les lache pour me renseigner de maniere indépendante. Un gars arrive et me propose un bus pour 9h00. Parfait, mais j'ai a peine le temps de lui demander combien ca coute que les 5 autres arrivent et l'engueulent en indonésien pour le faire partir. Je le rattrappe pour lui dire que ca m'interesse mais il me dit le bus est complet. Hein ?? Le bus est complet ? Pourquoi tu m'as proposé un billet il y a 30 secondes alors ? J'insiste mais il ne demord pas. Quelle bande d'enfoirés ! Parceque je ne veux pas faire de business avec eux, ils dissuadent les autres de venir me voir et m'empechent de partir par la meme occasion. Je tente aupres d'un autre gars, et meme cirque, les 5 gars rappliquent et font fuit le vendeur. Je leur fait comprendre que je comprend ce qu'ils font et ils partent. Je change de stratégie pour pouvoir prendre le bus de 9h00 : je vais faire un tour puis je reviens derriere le bus afin de pouvoir etre seul a parler avec le chauffeur ou le vendeur. Et bien sur, il y a des places libres. Le billet coute 120 000 RPH, déjeuner et cout du ferry pour Java inclus. Je mets mon sac dans la soute et vais acheter de l'eau et des biscuits pour mon petit-déjeuner. Je prend aussi quelques photos de la gare routiere et c'est parti pour l'ile de Java. Je suis le seul touriste dans le bus.


Le trajet jusqu'a Gilimanuk, port d'embarquement pour le ferry, dure 2 heures et demi. Il n'y a rien de spécial a voir sur cette route et je m'endors rapidement.
Gilimanuk n'a rien d'une ville. C'est juste un long ponton avec un batiment en tole. Le bus s'arretent au controle des véhicules, et des que le chauffeur ouvre la porte, une horde de vendeurs de cacahuettes, boissons, brichettes de poulet, et de chanteurs se rue a l'assaut de nos sieges. Ils ne sortent que lorsque le bus embarque sur le ferry. La plupart des passagers restent dans le bus mais je préfere descendre et faire un tour pour me dégourdir les jambes. Il n'y a pas grand chose a voir sur ce tas de tole rouillée, donc je m'installe sur une rambarde au soleil et profite des 45 mn de traversée pour regarder Bali s'éloigner.



J'ai vraiment été surpris par cette ile. Je m'attendais a un paradis sans ame pour touristes friqués qui passent leurs journées dans leur transat au bord de la plage, et j'ai découvert une ile fabuleuse qui m'a séduite du début a la fin. Bali a su garder et meler avec habileté l'authentique culture traditionnelle balinaise a celle du monde moderne. L'artisanat y est diversifié et d'une exceptionnelle qualité. Les balinais sont des maitres hors-pairs dans l'art de travailler le bois, la pierre, la joaillerie, etc. Bien sur, en tant qu'ile, les spots de surf sont de qualité, mais surtout, la plongée et le snorkeling sur la cote Nord sont encore méconnus (et qu'ils le restent !) alors qu'ils rivalisent largement de beauté avec ceux de Polynésie ou autres endroits réputés paradisiaque. Enfin, Bali offre des paysages fantastiques : les magnifiques paysages de rizieres en terrasse ou ceux des volcans aux immenses crateres tranportent dans un autre monde. Alors si vous voulez un coin de paradis sur Terre l'espace d'une semaine ou deux, ne cherchez pas plus loin, Bali a tous ce qu'il faut pour tout le monde. La vie sur place ne coute pas grand chose, on peut vraiment se faire plaisir avec 30 euros par jour. La population a beaucoup souffert des attentats terroristes et aujourd'hui encore, les séquelles sont flagrantes. Quelques touristes en plus leur ferait le plus grand bien...

L'arrivé a Ketapang sur Java n'est pas la meilleure approche que l'on peut avoir de l'ile. Le bled poussiereux n'est qu'un point de transit et n'a aucun interet touristique. Le bus repart sur une route ou 2 gros véhicules peuvent a peine se croiser. Et comme notre chauffeur est assez nerveux, il ne peux s'empecher de rouler au milieu de la route et de doubler a chaque fois les véhicules plus lents, se rabattant au dernier moment alors qu'un camion arrive en face. Ca ne m'aide pas a me rendormir !


Nous faisons un arret a 15h00 dans un restaurant ou nous bénéficions d'un repas gratuit. C'est pas mal, je me gave de krupuk, des galettes de mais soufflé au gout de crevette. Un indonésien a remarqué que j'ai été me servir 3 fois et viens discuter avec moi dans le bus, car ca l'a fait halluciner que j'aime le krupuk a ce point. Il vend des chaussures et viens 1 semaine par mois a Bali pour ses affaires. Nous discutons de plein de choses, et je le laisse lorsque le bus arrive a Probolinggo.

Il est 16h15, le trajet a été long. Mais je ne suis pas encore arrivé : je dois encore rejoindre  le village de Cemoro Lawang qui est le point de départ des treks et tours organisés au Gunung Bromo. Le bus m'a déposé un peu vant la gare routiere donc je prend un bemo pour faire les kilometres manquants. Comme a Dempasar, a peine ai-je passé la tete par la porte que 5 ou 6 gars m'interpellent. "Bromo Bromo, going to Bromo ? Come here !" Il y a 2 ou 3 bemos qui vont la bas, et qui essaye de m'enroller. Je connais l'astuce, j'ai largement usé du systeme en Afrique. Ils sont vides et ca peut prendre des heures avant qu'ils se remplissent et partent pour de vrai. Hors, il va faire nuit dans 1 heure et je ne veux pas etre bloqué ici. On me propose de partir plus vite avec une mobilette, ou de louer tout le bemo a moi tout seul pour un prix exhorbitant. Je m'éloigne pour me débarrasser de ces gars et essayent de glaner des renseignements fiables par moi meme. Il y aurait un bus publique a 17h00 pour 15 000 RPH. Je vais attendre et le prendre. Pour etre sur de ne pas le rater, je me poste a l'entrée de la gare routiere, regardant les bemos se remplir tres lentement. Il y en a un qui va plus vite que les autres, et qui tente toutes les 10 mn de me faire venir. J'attend ... A 17h15, toujours pas de bus en vue. De son coté, le bemo est plein et pret a partir, donc je me décide a aller avec lui. Je me met tout au fond, coincé contre la vitre. Nous nous entassons a 25 la ou nous devrions etre 15 maximum. Ce conducteur la est aussi pressé d'arriver : il "largue" ses passagers sur le bord de la route, juste en ralentissant, sans meme s'arreter. Au moins, ca va vite ! Le trajet qui devait durer 2 heures est effectué en a peine 1 heure, et j'arrive a ma destination finale a 18h00 en pleine nuit fraiche.

Je visite un premier hotel juste au bord de l'immense cratere, mais la chambre est une vraie cellulle dont la propreté donnerai de l'urticaire a une blatte. Et ca se loue 50 000 RPH !! Je vais au Cafe Lava, une bonne adresse réputé parmi les backapackers, et l'endroit tient ses promesses. Je me prend une chambre standard avec douche chaude pour 80 000 RPH, et je fonce me rassasier au restaurant d'un bon Club Sandwich. A tout hasard, je demande au réceptionniste si une allemande appellée Suzanne n'est pas passé ici. oui, et elle est meme toujours la. Effectivement, un demi-heure plus tard, elle arrive avec une amie. Je lui fais signe et apres s'etre installé pour discuter, je décide de les accompagner demain matin pour le trek matinal qui permet d'admirer le lever de soleil sur le Gunung Bromo (2392 m) depuis le Gunung Penanjakan (2440 m). Départ a 3h30 ... je vais me coucher illico-presto apres une bonne douche chaude. 
par Ludovic publié dans : Indonésie
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Lundi 17 avril 2006
Des 7h00, je fais signe a mes hotes que je veux prendre mon petit-déjeuner, et je pars. Quand je veux payer et que je demande combien je dois, le proprietaire me répond : " ce que tu veux". Cool, ca c'est un vrai business man... J'avais payé 50 000 RPH la derniere fois donc je lui donne 60 000 RPH pour le remercier de sa gentillesse.

La station de bus de la Perama est a 30 mn de marche et je n'ai pas envie d'arriver trempée. Je marche en évidence sur le bord de la route pour qu'un taxi-mobilette qui passerai me propose ses services. Le poisson mord au bout de 2 mn mais le gars est completement a la rue car il ne sais pas ou se trouve le bureau de la Perama. Un autre s'arrete un peu plus tard, mais il me demande une fortune pour m'emmener. Je continue donc de marcher dans le centre-ville mais au bout de 15 mn, je me dis que vue la distance qu'il me reste a parcourir, autant finir a pied. J'arrive donc en sueur, comme prévu. Le prochain bus pour Kuta (30 000 RPH) part a 8h30, dans 10 mn. Je suis seul pour l'instant, mais au moment du départ, une dizaine de touristes arrivent. Je fais connaissance avec Suzanne, une allemande (encore!) qui voyage depuis 6 mois. c'est marrant car elle a fait exactement le meme parcours que moi en Amérique du Sud, et je l'ai parfois précédé dans les meme hotels de quelques jours seulement. Notre prochaine étape est le volcan Gunug Bromo sur l'ile de Java, mais elle continue directement aujourd'hui alors que je reste a Kuta pour la journée et ne pars que demain matin. Nous échangeons nos adresses emails pour essayer de se croiser a nouveau plus tard.

Je reviens pour la troisieme fois a la pension Diana House dans Poppies Lane I et prend la grande chambre a 50 000 RPH. Je me renseigne ensuite pour savoir comment rejoindre le plus simplement possible le Gunung Bromo depuis Kuta. Il n'y a pas de bus direct. Je dois d'abord prendre un Bemo (10 000 RPH - 20 mn) pour la gare routiere Ubung de Dempasar, puis de la, je peux trouver un bus pour Probolinggo (120 000 RPH, ferry et déjeuner inclus - 8 heures) la grande ville sur Java qui est la plus proche du volcan. Je dois enfin prendre un bemo (15 000 RPH - 1h30) pour Cemoro Lawang sur le bord du cratere. Ca veut dire que demain sera une journée complete de transport.

Je m'installe pour déjeuner et étudier l'itinéraire des prochains jours, et je lis qu'un volcan a coté de Yogyakarta est souvent actif et peut etre approché. Ca serai tellement génial d'assister a une éruption en direct, voir le flot de lave couler et briller dans la nuit. Et 2 mn plus tard, un vendeur de journaux de rue m'interpelle en dépliant la couverture d'un quotidien indonésien. En premiere page, une photo nocturne du Merapi dont le cratere dégouline de lave incandescente. C'est la que je vais !!! "Very dangerous right now" qu'il me dit. C'est décidé, je pars des demain.

Du coup, je dois accélérer mon programme. Je fonce en ville dans un centre commercial m'acheter un jean car mon cher treillis que j'ai recousu 3 fois a définitivement rendu l'ame suite lors de l'ascension du Gunung Batur. Il y a une promotion sur des Lois a 10 euros. En 5 minutes, je passe a la caisse.

Comme aujourd'hui est mon dernier jour a Bali, j'appelle Lisa, une indonésienne que j'ai rencontré sur le ferry pour Lombok et qui m'a appris pleins de choses sur le mode de vie ici. Elle se souvient de moi et me donne rendez-vous a 18h00 dans un restaurant. Je vais a la piscine jusqu'a 17h00 et prend un taxi pour aller au restaurant qu'elle m'a indiqué car c'est assez loin. Nous passons une bonne soirée et je rentre assez tot car elle travaille demain et je veux partir tot demain aussi.
par Ludovic publié dans : Indonésie
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Dimanche 16 avril 2006
Je me leve a 9h30, et apres un bon petit-déjeuner (inclus dans le prix de ma chambre), je vais faire un tour en mobilette le long de la cote, histoire de bien profiter de mon moyen de transport. En continuant a longer la cote parsemée de discrets hotels et bungalows, il y a des belles vues sur la région qui me donne presque envie de rester une journée de plus ici. C'est vraiment tranquille, le temps est au beau fixe, et je me ferais bien une autre plongée dans l'épave du Liberty. Tant pis, je reviendrais ...


Je reprend la route qui passe par Tirtagangga, et lorsque j'arrive aux terrasses, je ne peux m'empecher de m'arreter pour faire de nouvelles photos. L'éclairage du matin me permet de voir des choses que je n'avais pas apercu hier apres-midi.

 



Je continue sur Amlapura et arrive a un feu rouge. J'attend qu'il passe au vert, je démarre, et le bruit d'un sifflet strident attire mon regard vers le policier positionné juste en face et qui me fait signe de me garer. Je pense savoir ce qu'il veut. Ca fait 3 jours que je circule sans mettre mon casque car il fait trop chaud, et de toute facon, presque personne ne le met. Sauf ici, car nous sommes en ville. Il me demande les papiers de la mobilette et mon permis de conduire, m'explique que j'ai fait une grosse erreur en ne mettant pas mon casque, et me demande de le suivre au poste de Police. Bin pourquoi ? Il peut pas me mettre juste une amende ?
- "you will go to justice !" qu'il me dit. Merde, ca se complique ... La justice indonésienne, j'en ai entendu parler, ca se termine toujours par un séjour en prison, plutot dans le genre long. Faut que je trouve un truc pour me sortir de la, vite !
Je fais ma mine de chien battu et m'excuse platement :
- "je sais que j'ai fais une connerie, je suis désolé, je ne recommencerai plus monsieur l'Agent, c'est promis. Ca ne vaut pas la peine d'aller au Commissariat pour ca hein ? Mettez moi une amende et puis on en parle plus !"
Il avait commencé a partir avec mes papiers mais il s'arrete, et fait mine de réfléchir.
- "Laisses moi partir, laisses moi partir, laisses moi partir" me dis-je dans ma tete.
Il me tend les papiers en me repetant que j'ai fait une erreur, et qu'il ne faut pas recommencer. Yeeeeees ! Je suis libre ! Je me retiens de sourire. J'enfonce illico-presto mon casque sur la tete et je pars avant qu'il change d'avis. En démarrant, je remarque derriere moi un gars qui rigole. A coup sur, le policier a juste voulu me foutre la trouille, et il a bien réussit cet enfoiré !!

Pour rejoindre Ubud, je suis une route qui longe le flanc du Gunung Agung et qui passe en pleine foret. C'est toujours aussi beau. Je me perd un peu sur les petites routes de campagne, et j'arrive a Ubud a 14h30.


J'avais prévu de passer voir un temple sacré pour les Balinais, mais je commence a en avoir un peu marre. Il y en a tellement ici, qu'au bout de 3 semaine, c'est devenu commun pour moi.

Je retourne a l'hotel Pondok Bulan Mas ou j'ai laissé mes affaires. C'est toujours aussi desert. Je me repose un peu sur ma terrasse privative, puis je pars en ville consulter mes emails. J'ai completement zappé le déjeuner et mon estomac me rappelle a l'ordre vers 17h00. Je vais rendre la mobilette et me réfugie dans un restaurant qui sert des bons sandwichs. Il faut maintenant retourner a pied a l'hotel... pfff, je regrette déja ma mobilette. J'ai la flemme de retourner en ville pour diner donc je vais me faire un Nasi Goreng (riz sauté avec des légumes et du poulet) juste a coté. La nuit est tombée et une dizaine de chiens errants n'arrete pas de se chamailler, d'aboyer. Ils restent dans les parrages et ca devient vraiment énervant. Mais pourquoi les gens ne font rien ?? Dans l'état ou ils sont, ca serai une délivrance pour eux de les faire taire définitivement. Ces satanés cabots vont faire un raffut terrible toute la nuit au point que je souhaiterai avec un fusil pour les abattre un par un... Et quand ils vont se coucher vers 4h00, les coqs prennent le relais ... Arghhhh !!! Vivement que je décampe d'ici !
par Ludovic publié dans : Indonésie
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Samedi 15 avril 2006
Le réveil est dur ce matin (6h45) mais la plongée qui m'attend devrait m'aider a me réveiller. Je mets 25 minutes pour rejoindre Tulamben sur ma mobilette, sous un beau ciel bleu. Il fait déja tres chaud.
Je fais connaissance avec Tulak le maitre de plongée, et avec Melvyn, un singapourien de mon age qui sera mon partenaire. Tulak me montre un plan de l'épave pour m'expliquer ce que nous allons faire et voir. Le Liberty est un bateau cargo armé americain qui a été touché par une torpille japonaise en janvier 1942. Il fut remorqué jusqu'a la plage pour etre évacué avec succes et resta la jusqu'en 1963, date de la derniere éruption du Gunung Agung. L'onde de choc le fit glisser en dessous de la surface de l'eau, et l'épave et devenu un paradis pour la faune marine.

C'est la premiere fois que je fais une plongé en partant de la plage. L'eau est a 29° C et la visibilité est bien supérieure a 15 metres. Je n'avais jamais eu de telles conditions jusqu'alors. Au fur-et-a-mesure que nous avancons en longeant le fond qui descend lentement, une masse sombre se matérialise devant nous. Lorsque nous sommes a quelques metres, je prend seulement conscience de la taille du bateau. La sensation est géniale. Nous faisons le tour par le coté ou se trouve le pont, passant un canon dont le tube est completement envahi de superbes coraux branchiformes blancs. Toute l'épave en est recouverte. D'autres coraux en forme de vase mesurent jusqu'a plus d'1,5 metre. Et bien sur, la multitude de poissons qui vient se nourrir ici paracheve le spectacle. Je n'avais jamais vu ca avant, c'est fantastique. Nous passons entre les pieces métallique, et pénétrons dans la coque éventrée du bateau ou la visibilité reste parfaite. Nous arrivons a la proue ou se trouve un autre canon, cassée net et un peu éloignée du reste du bateau. Nous revenons par l'extérieur de la coque tapissé de coraux et autres étranges formes de vie marine. Je tombe meme nez-a-nez avec une tortue d'un metre, et quelques minutes plus tard avec un gros Napoleon de 1,5 metres dont je n'ose pas m'approcher. J'aurai pu rester des heures dans cette épave qui représente ma plus belle plongée, mais nous remontons au bout de 45 minutes vers la plage.

Il faut faire une pause d'une heure avant d'enchainer sur la plongée suivante, le temps que l'organisme élimine les bulles d'azote dans le sang. Je discute avec Melvyn qui se fait ici une semaine de vacance "speciale plongée". Je vais m'acheter un snack et nous repartons, toujours a pied en suivant la plage, vers le second site appellé "The Wall", un mur de coraux qui plonge a plus de 60 metres. En me mettant face au mur, j'ai un vide total sous moi jusqu'a ne plus distinguer la paroie qui s'enfonce dans les profondeurs marine. J'adore cette sensation de flotter dans le vide, comme si j'étais en apesanteur dans l'espace. Je me mets la tete en bas juste au dessus des coraux pour les observer de plus pres, puis je me rétablis doucement en suivant un banc de poissons. Je vois un beau poisson-lion rouge avec ses multiples nageoires qui forment une sorte de voile autours de lui, puis un poisson-tigre marron. Je monte, je descend, pirouette, je m´éclate quoi ! "The Wall" est magnifique a tout points de vue, mais apres la plongée dans l'épave, ca ne me procure pas le meme effet non plus. Il aurait fallu le faire en sens inverse pour apprécier chaque plongée a sa juste valeur. Quoiqu'il en soit, la cote Nord de Bali représente un lieu de plongée et de snorkeling a ne louper sous aucun prétexte.

A 11h30, je retourne sur Amed pour déjeuner dans un petit restaurant dont le gars est super sympa. Je l'avais déja repéré hier et a chaque fois que je passais devant, c'était toujours vide. Je dois etre son premier client depuis au moins 2 jours ! 

Je vais faire un tour sur la plage pour aller voir les bateaux des pecheurs. Il y en a des centaines, tous en bois et ayant cette forme particuliere de trimaran. La partie centrale est extremement étroite, a peine de quoi s'assoir et étendre ses jambes. Les proues sont souvent peintes de maniere a représenter une tete de "je ne sais quelle divinité".



Je pars ensuite pour Tirtagangga, a une quinzaine de kilometres d'Amed. Les plus belles rizieres en terrasse de Bali sont censées etre la-bas. La route monte entre les collines et offre un superbe panorama jusqu'a la mer. Avant meme d'arriver a Tirtagangga, des terrrasses offrent déja un bel apercu de ce qui m'attend.


Je traverse quelques hameaux dont les habitants sont des menuisiers spécialisés dans la réalisation de ces petits autels en bois que l'on retrouve dans tous les temples.


Lorsque j'arrive a Tirtagangga, c'est l'éblouissement devant le spectacle qui s'offre a moi. Les terrasses innondées s'étendant a perte de vue crées un patchwork de mirroirs séparés par des fines lamelles de gazon qui suivent scrupuleusement les courbes de niveau de la montagne. J'attendais de voir ca depuis mon arrivée en Indonésie. Je parcours tres lentement la route qui surplombe ce chef d'oeuvre crée par l'homme en m'arretant tous les 10 metres pour prendre des photos.



Je continue sur la meme route jusqu'a Amlapura ou je m'arrete pour m'acheter une glace, puis je prend le chemin du retour en passant par une petite route qui traverse des villages traditionnels.


Je me perd et je reviens sur Tirtagangga ou je cede a la tentation de me prendre un rafraichissement dans un petit restaurant installé sur un promontoire qui domine les rizieres.



Je rentre tranquillement a Amed avant la tombée de la nuit, et je retourne au meme restaurant que celui de ce midi pour diner.
par Ludovic publié dans : Indonésie
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Vendredi 14 avril 2006

Un employé de l'hotel frappe a ma porte a 4h00, comme prévu. Je m'habille en vitesse, prend un sweat-shirt et mon coupe-vent imperméable au cas ou il fait froid au sommet, et je sors dans la nuit a la recherche des autres participants pour l'ascension du Gunung Batur. Personne. Le gars de l'hotel a disparu, et personne ne m'attend au restaurant, ni a l'accueil, pour m'emmener ailleurs. Je fais le tour de l'hotel mais tout est fermé. J'attend 5 mn devant le portail, toujours rien. Qu'est ce que c'est que cette organisation de merde ?!? Le gars qui a a frappé a ma porte aurait pu au moin m'attendre ou me dire ce qu'il fallait faire ! Je vais frapper plusieurs fois a la porte de la récéption mais personne ne me répond. Je redescend devant le portail. Il y a de la lumiere a l'hotel a coté, et j'entend des gens qui parlent, un gros groupe apparement.

Au bout de 5 minutes, un indonésien arrive de cet hotel et me demande si je vais pour le tour. Je dois payer maintenant les 200 000 RPH. Je lui propose 50% maintenant et 50% au retour mais il refuse catégoriquement, donc je paye tout. Il m'emmene a l'hotel qui se trouve etre le lieu de rendez-vous de tous les groupes. Il y a une trentaine d'étudiants norvégiens et un groupe de 6 francais avec lesquel je vais aller. On me sert un thé avec un pancake et nous nous entassons dans le mini-bus pour aller jusqu'au bureau des guides que j'ai été voir hier.

De la, nous partons dans la nuit, un guide devant et un guide derriere. La lumiere pale de la Pleine Lune nous permet d'apercevoir clairement le volcan et son sommet noyé dans les nuages.J'espere que ca va se dégager le temps de l'ascencion qui doit durer 2 heures, mais rien n'est moins sur. Le chemin est facile et seuls les 300 derniers metres montent un peu. Mais c'est franchement de la rigolade a coté de tous les autres treks fait jusqu'a maintenant. Nous sommes meme tous surpris d'etre arrivé aussi vite. La montée aura duré a peine 1 heure. Je suis trempé car il fait déja largement 20 degrés, meme dans la nuit. Le groupe de norvégiens et deja la et met de l'ambiance. Ce sont des etudiant(e)s en programme d'échange pour 3 mois a Bali. Sympa les études ... 

En attendant le lever de soleil, nous sommes toujours dans la brume. Le ciel s'éclaircit indiquant que le soleil est déja levé mais nous ne voyons rien. Finalement, au bout d'une demi-heure, les nuages daignent s'écarter l'espace de 10 secondes maximum, a quelques minutes d'intervalle, offrant les seules possibilités de photos dans une étroite fenetre a travers la brume. C'est un genre spécial de lever de soleil que je n'avais jamais eu et qui a son charme. C'est meme mystique.

Le jour enfin levé, nous repartons pour longer la crete du cratere qui continue de monter et nous permet de passer au dessus de la couche de nuage. Dans le cratere, c'est le top : la vapeur blanche qui innonde la cuvette et remonte vers les pentes donne l'impression que l'on domine une marmite bouillonnante.


La réfraction de mon ombre sur cet écran de fumée donne lieu a un étrange phémomene : un halo lumineux tel un double arc-en-ciel entoure ma tete. Je suis loin d'etre un saint pourtant !  ;-)

Le guide nous monte des fumerolles ou une vapeur a plus de 150° C rend possible la cuissons d'oeuf durs en quelques minutes. C'est le grand truc des guides au petit-déjeuner pour impresionner les touristes. Cette route sur la crete est vraiment belle, car elle est cerné d'un précipice de part et d'autre qui offre des superbes panoramas sur le cratere intérieur, mais aussi sur les parois du cratere géant dans lequel le volcan et le lac se trouvent eux-meme.



Nous descendons vers le second cratere ou le guide nous montre d'autres fumerolles. Il suffit de creuser un peu le sol et on peut extraire des pierres brulantes qui l'on entend crépiter lorsque l'on approche son oreille. Nous continuons la decente vers un troisieme cratere duquel part une immense coulée de lave noire fraiche que la végétation n'a pas encore recouverte. c'est ici qu'a eu lieu la derniere éruption. Nous prenons un piste de cendre dans laquelle je peux courir et rejoignons le chemin par lequel nous avons commencé l'ascension.



Il est 9h30, apres avoir donné un pourboire au guide, nous retournons a l'hotel pour prendre une douche bien méritée. Je me fais servir le petit-déjeuner pendant que je fais mon sac, et j'enfourche ma mobilette sous un beau ciel bleu, pressé d'arriver a ma prochaine destination.

Je reprend la route qui longe le cratere en passant par Kintamani pour ensuite descendre sur la cote de l'autre coté du volcan. La route est completement bloquée 2 kilometres avant d'arriver au temple, en raison des dizaines de bus de pelerins qui stationnent sur la file de gauche, ne laissant plus qu'une voie pour la circulation a double sens. Les policiers qui sont la pour réguler le trafic sont d'une inefficacité totale. Je dois attendre a plusieurs reprises en plein milieu des gaz d'échappements, si bien que ca me soule et je grille tout le monde en passant sur le bas coté de la file opposée. Une autre mobilette fais al course avec moi car nous n'arretons pas de nous doubler mutuellement et quand je crois l'avoir laissé derriere, le gars réapparait et se fend fierement d'un "Hello mister" en rigolant !

Une fois le temple passé, le trafic redevient normal et je peux reprendre une vitesse de croisiere pour entamer la descente. La route est raide et serpente au milieu de la végétation. Je m'amuse en laissant  la mobilette en roue libre et voir jusqu'ou je peux aller sans mettre un coup d'accélérateur. Je traverse des charmant petits villages de paysans dont les maisons aux toits de tole rouillée se sont collées les une aux autre sur les parois du volcan. Au fur-et-a-mesure que je descend, la variation de temperature et d'humidité de l'air devient perceptible.

La route pour Amed est une ligne droite au milieu des cocotiers qui longe la cote et traverse des petits villages. Je fais un détour pour aller voir les plus hautes chutes d'eau de Bali, mais il faut payer une "contribution" et marcher quelques kilometres dans la foret. Avec mon gros sac a dos, ca ne va pas etre évident, et j'ai déja assez chaud comme ca. Je laisse tombe et je repars vers Amed.

J'arrive a Tulamben, le haut lieu de la plongée a Bali. Les clubs de plongée s'alignent le long de la route et je m'arrete dans l'un d'eux qui fait Café Internet pas la meme occasion. Ca n'ouvre qu'a 14h00 donc je vais déjeuner dans le boui-boui a coté en attendant. Je me remseigne pour faire la plongée dans l'épave du bateau de guerre américain. Un package de 2 plongées coute 50 USD mais le gars me les fait a 45 USD. C'est le meilleur tarif que j'ai jamais eu depuis que je sillone les spots de plongée dans le monde. Le rendez-vous est a 7h30, encore une grasse matinée qui part en fumée ...

Amed est un charmant bled coincé entre les rizieres et une longue plage de galets noirs ou s'alignent les bateaux de peche locaux. Je trouve une tres belle chambre (60 000 RPH) de style colonial au Amed Café, un hotel qui se classe lui meme "petit budget" mais avec un sacré standing au niveau du confort et de l'environnement. Une chambre pareille en Polynésie Francaise couterai au bas mot 200 USD !

Je me met en maillot de bain, prend mes lunettes de natation et fonce a la plage qui n'est pas paradisiaque, mais le vrai interet est ailleurs. A quelques metres de la plage des coraux et des beaux poissons offrent un snorkelling interessant dans une eau a 27° C. Puis je me détends dans un transat en lisant un vieux VSD que j'ai trouvé a l'hotel. Le soleil se couche derriere le volcan Gunug Agung, créant un immense cone en ombre chinoise a l'horizon.


Je vais diner au restaurant de l'hotel qui est rempli de francais : des couples en vacance. Je sors mon Lonely Planet et commence a étudier en profondeur un éventuel parcours a Borneo. Si ca se fait, ca va etre une sacré aventure pour terminer en beauté ce Tour du Monde.

par Ludovic publié dans : Indonésie
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Jeudi 13 avril 2006

A cause de la pleine lune, les centaines de chiens errants de la ville ont hurler a la mort toute la nuit. Si j'avais eu un fusil, je me serai fait un plaisir de les dégommer un par un. Je pars a 7h30 de l'hotel sous un beau ciel bleu en ayant laissé 2 gros sacs et mon matelat de treking pneumatique au gérant.

Comme en venant de Kuta, la route est un alignement ininterrompu de magasins d'artisanat dont les oeuvres s'exposent en facade. Il y des choses splendides mais je ne m'arrete pas, je prendrai des photos au retour. La brume matinale qui estompent les palmiers, avec la silouhette du Gunung Agung qui se découpe en ombre chinoise a l'horizon, donne une atmosphere mystique.

Je fais quelques arrets pour voir le panorama, et je me rend compte que des rizieres en terrrasse, les plus belles que j'ai vu jusqu'ici, gisent dans l'ombre. Il faut absolument que je revienne dans 3 jours pour prendre des photos. La route monte lentement et au bout d'une heure, j'arrive enfin a Batur, un hameau perché sur le bord du volcan. La crete circulaire est clairement dessinée, et au centre du cratere se trouve le Gunung Batur avec son lac de 5 km de long gisant a ses pieds. La vue est magnifique.

Je me met tout de suite en quete d'un hotel en longeant le cratere vers Kintamani. Plus je me rapproche du village, et plus les routes sont encombrés de bus remplis d'indonésiens en tenue traditionnelle. Il y a un temple important vers lequel convergent des centaines de pelerins avec des paniers d'offrandes sur la tete. Ca va etre fabuleux ici dans quelques heures, il faut que je me dépeche de larguer mon gros sac a dos.


 Je traverse Kintamani a 2 reprises mais aucun hotel n'est indiqué. La seule guesthouse que je trouve est completement vide. Je reviens sur mes pas et continue jusqu'a Kedisan, village au bord du lac dans le cratere. Je trouve immediatement une chambre qui me convient (60 000 RPH avec eau chaude et vue sur le lac et le volcan) a l'hotel Surya. Le principal business ici, c'est l'ascension du Gunung Batur. Des guides harcelent les touristes a tous les coins de rue pour louer leurs services. Il y en a meme un qui me suit presque jusqu'a ma chambre. Je demande a l'hotel qui organise aussi le trek combien ca coute avec eux : 350 000 RPH pour 4 heures ! en 5 minutes, le prix tombe a 250 000, mais c'est toujours cher pour ce que c'est. Surtout que je peux aisement le faire tout seul. Je prendrai ma décision plus tard, je dois d'abord comparer les offres.

Pour l'instant, j'enfourche ma mobilette et je fonce au temple de Kintamani pour ne pas louper la cérémonie. Je gare ma mobilette juste en face et je dois payer un droit de garde de 2000 RPH :  autant dire que c'est comme si je faisais une offrande, car le garde n'est la que pour demander de l'argent, pas pour surveiller mon véhicule. D'ailleur, quand je repartirai, personne ne sera la pour vérifier que je prend bien la bonne mobilette. Comment pourrait-il le faire dans cette cohue ? Comme les fois précédentes, je dois louer un sarong car personne ne m'empretera. Une femme me poursuit pour que je lui en loue un a 10 000 RPH, mais j'en trouve une autre qui me le fait a 5000 RPH.

Je fais d'abord le tour du temple principal pour voir les temples satellites qui se ressemblent tous. Par contre, comme ils sont construit au bord meme du cratere, la vue sur le centre serait divine si le ciel ne commencait a se couvrir sérieusement. Je me hate de contourner l'enceinte et je reviens devant le temple principal ou les échoppes envahissent le trottoir. La foule s'est encore accrue et la rue est maintenant envahie de balinais en costume traditionnel, portant leur offrande. Ca va du simple petit panier de riz en feuille de palmier, a la piece montée de fruits et cuisses de poulet grillées sur un plateau d'argent. Il y a de quoi faire un festin, mais d'ici quelques jours, tout cela ira dans une décharge juste derriere le temple. Quel gachis monumental !

J'entre dans la premiere cours ou se trouve une grande porte centrale décorée d'art végétal. Toutes les guirlandes, les fanions tressés, la moindre petite fioriture est faite a partir de feuilles. Qund je pensais ce matin que les balinais sont de artisans fabuleux, ils en apportent encore la preuve avec cette créativité sans bornes.


Les pélerins envahissent petit a petit le temple par toutes les portes existantes. Mais comme elle sont étroites, une file d'attente se forme a l'entrée de la troisieme enceinte réservée a la priere, et donc interdite pour moi.



Comme hier, je peux assister au spectacle en regardant par dessus le muret. C'est encore plus impressionant qu'hier car le temple est plus grand.



 

Je circule entre les 2 enceintes pendant 1 heure afin de prendre le maximum de photos, puis je m'incruste dans les batiments annexes. Quelle bonne idée j'ai eu la ! Une rangée de tetes de cochon farcie fraichement préparées m'attend pour la photo de famille. Des morceaux de boyaux ont éte plantés au bout de batons, histoire de compléter la décoration, Beuuuurk !


Une chevre grillée a subit le meme sort un peu plus loin. Je n'ose croire que quelqu'un va manger ca... C'est juste pour faire une offrande hein ??? Pas sur ... A coté, des plateaux de riz, légumes et brochettes ont éte soigneusement disposés sur le sol. Quelques minutes plus tard, un groupe d'hommes vétu de maniere identique vient s'assoir et commence a manger. Je m'en vais avant de voir ce que je ne veux pas voir.

Je fais un dernier tour du temple, je rend mon sarong, et je retourne a ma mobilette juste au moment ou la pluie se met a tomber. Tous le monde part aussi, s'entassant dans des camions réquisitionnés pour l'occasion.



Les journées se suivent et se ressemblent ... Je patiente 10 minutes sous un abris, puis je pars emmitouflé dans mon ciré encore mouillé de la veille. La pluie redouble et je dois m'arreter encore 10 minutes devant un restaurant pour m'abriter. La route est devenue glissante, surtout lorsque j'aborde le dernier troncon qui descend dans le cratere. Il ne pleut pas autours du lac, et je déjeune dans le restaurant de l'hotel. Je prend  une salade de légume bouillie dans du lait de coco, servie avec une sauce a base beurre de cacahuette. Etrange, mais c'est bon.

Des rayons de soleil font leur apparition donc je décide de repartir explorer les environs du lac, et de passer a l'Association des Guides du Gunung Batur pour voir les tarifs pratiqués. Pour faire un trek de 4h00, le prix est de 300 000 RPH avec un maximum de 4 participants, soit 75 000 RPH/personne seulement. Ils se foutent bien de la gueule des touristes a l'hotel ! Le probleme, c'est que je suis seul donc je dois payer pour tout un groupe. Je vais mettre le gars de l'hotel devant le fait accompli et voir ce qu'il propose avant de prendre une décision, mais ca ne me donne pas envie d'aller avec lui.

Je continue ma ballade jusqu'au village en bordure du lac, mais rien de vraiment intéressant. La route est sympa, le paysage me fait un peu penser a l'Ile de Paques avec ses champs de lave noire envahis par les hautes herbes. Je fais demi-tour, m'arrete au temple de Pura Jati completement déserté, voire abandonné a en juger par les immenses toiles d'araignées qui passent d'un autel a un autre.

Je rentre a l'hotel et commence a discuter du trek. Ca les met dans l'embarras, ils sont incapables de justifier leur différence de prix. Tu m'étonnes ... Finalement, leur seule défense devient "Si tu veux aller avec un autre guide, vas-y, je ne fais pas ce prix la. 250 000 RPH, pas moins." Donc pour moi, soit je vais seul avec un guide demain et ca me coute potentiellement 300 000 RPH si je suis tout seul, soit je vais avec lui et tout seul ou non, ca me coute de toute facon 250 000 RPH. Quelle arnaque !! Je tente un "200 000 ? OK ?" et il me fais signe que c'est OK en allant chercher son registre d'inscription. Il est 16h00, j'ai la flemme de bouger a nouveau donc je me repose sur la terrasse en profitant de la vue sur le lac. Je lis mon guide en dinant pour commencer a me documenter sur le Sulawesi et Bornéo, 2 iles d'Indonésie, grandes comme la France, que je souhaite explorer. Je me couche tot étant donné que je me leve a 3h30.