Je me leve a 7h00 pour prendre mon petit-déjeuner, aller sur Internet, et je prend a nouveau un cyclo-pousse (appele becak) pour m'emmener vers mon prochain hotel, a l'adresse que m'a conseillée Birgit.

Le Losmen Setia Kawa se trouve dan le quartier de Sosrowijayan, au fond d'une petite allée tranquille. Les chambres sont ultra-propres, la salle de bain aussi, et le tout est tres bien décoré par l'artiste local qui habite ici. Il y a une atmosphere familliale, c'est un bon plan, c'est sur ! Je paye ma chambre 50 000 RPH, et donne aussitot mon linge a laver. Je vais télephoner a Birgit pour la prévenir que j'ai changé d'endroit et pour se donner rendez-vous en fin de matinée.
Elle me rejoint a l'hotel a 11h00 et nous allons prendre le petit-déjeuner ensemble. Elle me raconte son voyage d'une semaine au Sulawesi qui ne lui a pas laisser que des bons souvenirs. Elle n'a pas arreter de se faire harceler par des hommes locaux, et a meme failli se faire kidnapper. Ca me fait halluciner. Je n'avais jamais entendu parler de comportement aussi agressif d'hommes locaux vis-a-vis d'une voyageuse seule. Le fait qu'elle soit blonde aux yeux verts n'aide pas a sa discrétion, mais de maniere génerale, j'ai pu constater par moi-meme que les indonésiens, surtout dans les coins paumés, ne s'embarrassent pas de manieres pour essayer de "se faire une européenne". C'est comme un trophée pour eux, et peu importe la méthode pour le conquérir. Il vaut mieux etre accompagnée pour se rendre dans des régions peu développées. Heureusement, elle reste motivée pour aller a Bornéo avec moi, et elle a déja contacté son amie qui travaille dans une agence de voyage pour avoir des billets d'avion. La méteo a Yogya laisse a désirer. Une bonne grosse averse est déja tombé lorsque nous discutions, et il y a fort a parier que ca va continuer.
Birgitt m'emmene dans la rue ou s'alignent les magasins d'artisanat, dont la specialitée locale est le batik. C'est une peinture sur tissus dont les motifs abstraits sont réalisés en trempant le tissus plié d'une certaine maniere dans les colorants. Elle connait quelques un des vendeurs qui sont maintenant des amis.
Nous allons acheter des trucs a manger, puis nous prenons sa mobilette pour aller au Marché des Oiseaux qu'elle veut absolument me montrer. L'idée de voir des oiseaux en cage ne m'emballe pas des masses mais quand nous arrivons a l'endroit en question et pénetrons dans le dédale de ruelles, j'entre dans un autre monde.
Il faut déja avoir l'estomac bien accroché pour passer les premiers étals : des cages grillagées remplies de sorte de grosses sauterrelles sont disposées un peu partout.

Juste a coté, se trouve un grand bac grouillant de milliers larves oranges, et encore a coté, des tamis contiennent des fourmis et leurs innombrables larves blanches. Jusqu'a ce que je m'approche suffisament, je croyais que c'était du riz cuisiné ! Cette nourriture est destinée aux oiseaux qui apparaissent un peu plus loin.

Des centaines de petites cages en bois ou en fil de fer sont empillées ou pendues au toits des cabanes créant une atmosphere vraiment particuliere, mais la encore, il faut avoir le coeur bien accroché car les oiseaux sont litterallement "stockés" dans des conditions pénibles et visiblement, ils souffrent beaucoup. Un adorable petit perroquet s'arrache les plumes au niveau du cou, et d'autres oiseaux l'imitent.

Juste a coté, il a plein de bébes hamsters qui se mettent sur leurs pattes arriere lorsque nous nous approchons au dessus de leur cage, et ils retombent tous sur le dos, restant les 4 pattes en l'air, confortablement installés dans les copeaux de bois. C'est trop craquant !
Birgit a commencer a parler en indonésien avec un gars qui se propose de nous montrer le marché. Nous le suivons et allons de surprises en surprises. Ici, se vendent aussi des lapins dont le propriétaire semble avoir eu une certaine pré-destination génétique pour ce travail.

Nous arrivons devant des cages qui contiennent des chauves-souris, plus grosses qu'une bouteille d'eau minerale. Elles sont pendues la tete en bas, se tournant juste pour que je ne puissent pas les prendre en photo de face. En dessous se trouvent des grands lézards dont l'indonésien nous affirme qu'il s'agit de Dragons de Komodo. L'espece étant hautement protégée, je doute fortement de ses dires, mais ce qui est sur, c'est qu'il sont 2 fois trop a l'étroit car ils se rapent le museau sur les fils de fer de leur cage au point de saigner. Ca me fait mal au coeur. Je suis certain que tout ce business est completement interdit, mais ici, il vendent les animaux comme d'autres vendent des cigarettes.
Et je ne suis pas au bout des surprises. Nous sommes maintenant dans la zone des chatons et des chiots. Note guide discute avec un de ses amis qui part, et revient avec un trop aaAAAaadorable petit félin dans sa main. Le félin en question est un bébé tigre qui répond au nom de Boubou. Je le crois pas ! Boubou coute 1 million de roupiahs, soit a peine 100 euros.

Birgit tombe amoureuse de Boubou (mais qui ne craquerait pas devant ses grands zyeux noirs, ses tites n'oreilles poilues, et sa tite frimousse de ch'napan ?) et elle ne le lache pas pendant 1 heure. A force de caresses, il l'a adopté aussi et se réfugie entre sa poitrine puis s'endort entre ses jambes (ce qui lui vaut une certaine jalousie et quelques commentaires salaces de nos "amis" indonésiens).
Une averse carabinée se met a tomber et nous allons nous réfugier, toujours avec Boubou, dans la baraque d'un vendeur, juste derriere le bordel animalier que je viens de décrire. Les gars sont vraiment sympa, surement parcequ'ils esperent bien que nous allons craquer et acheter Boubou. Le gars qui a été chercher le bébé tigre nous apporte aussi un bébé chouette qui semble a peine sortie de son sommeil avec ses yeux mi-clos. Ca va etre quoi ensuite ? un bébé oran-outang ?
L'averse redouble de violence, j'ai un véritable rideau de pluie opaque devant moi. Un torrent d'eau commence a s'écouler dans la ruelle, et la cabane n'est pas tres étanches ce qui me vaut d'etre un peu mouillé. Je réalise dans quelle contexte nous nous sommes encore fourrés en grignottant des cacahuettes. C'est du délire ce marché !

Au bout d'une heure la pluie s'arrete, Birgit rend Boubou a contre-coeur a son propriétaire, et nous reprennons notre visite du marché. La zone suivante abrite les serpents, dont un python de plus de 3 metres, large comme ma cuisse. Il est juste mis dans une caisse sous les autres. Il y a aussi un python albinos, un iguane d'un vert presque fluorescent, et des sortes de tortues tellement biscornues qu'elles semblent sorties tout droit de la préhistoire. Nous continuons avec un aigle, un perroquet qui parle ... etc . En fait, le Marché aux oiseaux de Yogyakarta est un véritable zoo de contrebande !
La visite du marché se termine par la zone des pigeons dont les habitants de Yogya raffolent. Non pas pour les manger mais pour faires des courses. Ca semble tres banal apres ce que nous venons de voir. Nous finissons tout de meme sur un varan de 1,5 metres qui baigne dans une vasque en béton au détour d'une ruelle.
Le guide nous emmene voir le Water Castle, une ruine qui offre une belle vue sur Yogya, et qui fut jadis le palais des plaisirs du sultan. C'est un ensemble de piscines entre des ruelles pousiereuses et des batiments de style colonial portuguais qui tombent en ruine, moisis par l'humidité ambiante.


Nous allons faire un tour dans la mosquée souterraine, un endroit désert qui n'a rien d'extraordinaire mais dont l'ombre doit etre tres appréciable pendant la saison seche.


Ca fais 1 heure que je me demande pourquoi ce guide est si gentil de nous faire visiter la zone. La réponse ne tarde pas a venir. comme la pluie refait son apparition, Il nous propose d'aller chez lui car c'est juste a coté, et nous voila dnas une gallerie d'art batik. Tout ca pour nous emmener la ! Je me dis que la rigolade est finie et que nous allons subir l'argumentation de vente forcée classique, mais le gars n'insiste ps quand nous lui disons que nous ne sommes pas acheteurs. Ca ne m'empeche pas d'admirer son art dont certaines pieces sont vraiment interessantes. Il nous explique comment il fait, le temps que ca prend, etc ... Quand la pluie cesse, nous prenons congé et retournons a mon hotel pour que je puisse prendre une douche car je suis trempé de sueur.
Nous allons ensuite a l'endroit ou habite Birgit pour qu'elle puisse en faire autant. Elle a trouvé une chambre dans un hotel de luxe, dont le rez-de-chaussée est en fait une sorte de résidence pour étudiants aisés, et donc l'acces est strictement surveillé. J'ai le droit de l'accompagner mais pas de rester dans la chambre donc, j'attend sur le pas de la porte assis devant son ordinateur portable qui capte un reseau internet Wi-fi. Sa voisine de chambre en face, fait la meme chose car le réseau ne fonctionne pas dans les chambres, ce qui donne une rangée d'étudiantes sur le seuil de leur chambre en train de tapoter sur leur clavier. Je fais connaissance avec elle pendant que Birgit prend sa douche. Il y a aussi une étudiante autrichienne, et le reste sont des indonésiennes.
Pour le diner, j'ai trop envie d'une pizza, ras-le-bol de la bouffe indonésienne super épicée. Nous allons donc dans un clone de Pizza Hut, puis nous partons rejoindre ses amis étudiants au Bintang Bar, juste a coté de ma rue. Je rencontre Anton, un autre allemand qui étudie ici depuis plus d'un an et qui parle un excellent indonésien, un australien, un polonais, et le reste sont des indonésiens. Ils sont tous sympas, tres joueurs. Je vais me coucher a 1h30, en donnant rendez-vous a Birgit demain pour visiter une autre endroit dément.