Lundi 5 décembre 2005

Soleil radieux ce matin sur Buenos Aires. Je serai bien parti au quart de tour visiter le centre-ville si je n'avais 3 problèmes a régler :
- la chambre pour ce soir. L'hôtel me garanti un lit en dortoir pour ce soir, c'est déjà ça. Si une chambre se libère, la réceptionniste me la garde. Ca sera la surprise en rentrant ce soir.
- encore et toujours, obtenir plus de 500 pesos avec ma CB au guichet d'une banque. je me dirige vers le quartier des affaires plein d'espoir. Je suis quand même dans la capitale financière d'Amérique Latine, je vais bien trouver une gentille banque efficace qui va me donner mes 2000 pesos d'un coup.
- trouver un magasin qui vend des bonnes chaussures de trekking, car le miennes baillent de la semelle et sentent du bec. Je ne leur donne pas 48 heures de plus.

Obtenir de l'argent (plus de 500 pesos) à Buenos Aires avec sa CB : mode d'emploi.
J'essaye le distributeur automatique au cas où il aurait changer d'avis depuis la dernière fois, mais pas de chance, il refuse toute mes requêtes supérieures à 500 pesos. Je demande au bureau des information si je peux avoir plus, la fille m'indique les guichets au premier étage. Là, on me dit que ce n'est pas possible ici, il faut que j'essaye ailleurs.

Je traverse la rue et m'engouffre dans la banque à l'angle. Le distributeur donne le même résultat que son copain à 100 mètres. Je fais donc la queue au guichet avec, cette fois, un changement de stratégie : je ne demande pas si c'est possible d'avoir 2000 pesos, je dis "Je veux 2000 pesos" en tendant ma CB et mon passeport. Le guichetier me répond qu'il ne peux pas pour l'instant, car le système central est hors service. Ca marchera peut-être dans 1 heure, voire 2 heures... Y'a du progrès dans la forme (le monsieur a bien appris a élégamment mentir pour ne jamais dire que sa banque ne pouvait pas fournir un service) mais le résultat est le même pour moi. Je tente une troisième banque en face, mais je ne fais pas mieux.

J'ai essayé 3 banques sud-américaines, je me dis que je vais aller voir du côté des banques internationales qui saurons être plus compréhensives. Je trouve donc la HSBC et ses distributeurs de dollars. Le distributeur automatique ne donne rien alors je commence à faire la queue mon passeport à la main, lorsqu'une charmante hôtesse vient me voir pour me demander en anglais si je souhaite un service. Tout de suite, on voit le changement de stature de la banque ! Sauf que quand je ressors, je suis toujours pauvre, mais ... j'ai l'adresse du centre VISA qui est le seul dans toute la ville a faire des avances de plus de 500 pesos sur CB. Fallait le savoir ! L'adresse en poche (c'est pas à côté), je remonte l'immense Avenida Corientes avec Ute qui me suit depuis le départ. Je vois bien qu'elle en a ras-le -bol, mais elle est cool, elle ne dit rien. J'arrive au numéro 534, pas de pancarte VISA mais l'entrée d'un immeuble. Je demande à la réception le centre VISA, et la dame, me tend un papier avec l'en-tête VISA, 5 adresses dessus, et me souligne la plus proche. Je crois comprendre ... ARGHHHHH !! Il est bientôt midi et je n'ai pas avancé d'un pesos dans mon porte-monnaie. C'est reparti pour un tour.

Je trouve l'adresse indiqué qui est celle de la Banco Union de Argentina. Je fais la queue à nouveau, quand un employé vient me voir. Pour les avances sur CB, je dois d'abord passer par lui, sauf que le maximum est de 1000 pesos par jour... Sans commission. Que je suis heureux de payer une CB VISA Premium qui ne me permet même pas de retirer plus de 200 euros d'un coup à Buenos Aires. J'ai plus qu'à revenir demain pour le reste.

Entre-temps, seul point positif de la matinée, j'ai réussi à passer par hasard devant un magasin d'équipement pour la montagne où j'ai acheté mes chaussures. Ute m'a avancé l'argent pour ne pas avoir à y retourner.

Enfin, après un poulet-pommes de terres sautées dégueulasse dans une brasserie au début de la Plaza de Congresso, nous remontons jusqu'au Congrès et la promenade touristique commence.





Buenos Aires a des grosses ressemblances avec New-York parfois. Notamment ces nuées de taxi jaunes et noir qui se suivent en un flot continu, ou ces étroites rues venteuses entourées de bâtiments si hauts et si serrées que les rayons du soleil ne touchent le sol qu'aux alentours de midi.

 



Nous longeons l'une des artères principales où les businessmen se mêlent avec les femmes ultra-fashions qui sortent de leur travail. Nous débouchons sur l'immense Obélisque blanc de l'Avenida 9 de Julio, emblème de la ville. La semaine dernière, lors de la journée du Sida, il a été recouvert du plus grand préservatif du monde : 70 mètres de long ... L'avenida 9 de Julio coupe la capitale en  deux. Elle est l'une des plus larges avenues du monde avec ses 150 mètres d'un trottoir à l'autre. 2 routes de 6 voies la sillonnent.







Nous continuons en descendant une large avenue commerçante. Nous faisons un passage éclair au 45ème étage du Sheraton Palace pour admirer la vue panoramique sur Buenos Aires.



Nous continuons jusqu'au port où se trouve le départ des bateaux pour l'Uruguay. Nous achetons 2 billets pour faire une excursion d'une journée de l'autre coté du Rio Mar del Plata vendredi prochain. Nous longeons ensuite les digues du port qui composent le quartier flambant neuf de Puerto Madero, avec ses immeubles design et ses restaurants huppés qui s'alignent sur 1 kilomètre.

De retour à l'hôtel, je suis claqué par les kilometres de marche que j´ai fait aujourd´hui. Nous prenons possession de notre dortoir car comme il fallait s'y attendre, il n'y a pas de chambre double libre pour ce soir. Denier challenge de la journée, trouver un restaurant ouvert, pas trop loin de l'hôtel, mais ceux que nous connaissons sont fermé. Il n'est que 21h30 pourtant. Je comprend pas comment leurs horaires fonctionnent ici. J'ai trop la flemme de marcher, donc je vais acheter des pâtes et de la sauce dans un supermarché, et je fais une plâtrée pour Ute et moi.

par Ludovic publié dans : Argentine
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Dimanche 4 décembre 2005

Je me lève à 9h00, prêt pour une journée que je veux efficace, car le pote de mon appareil photo, Mister Soleil, est enfin au rendez-vous.
Sauf que, petit imprévu, ma chambre a été louée, et je dois déguerpir ce matin. Ok, je n'avais réservé qu'une nuit, mais ils auraient pu me demander si je voulais rester un peu plus avant de la filer à quelqu'un d'autre. Et bien sûr, pas d'autres chambres disponibles, ils sont archi-complets ! Ca m'énerve de perdre mon temps à devoir chercher un autre hôtel maintenant. Je prend mon guide et demande à la Réception s'ils peuvent appeler d'autres hôtels pour moi. Le 1er est plein, le 2nd aussi, le 3ème, le 4ème, et le 5ème aussi. Je commence à halluciner... Le 6ème n'a plus que des dortoirs libres, j'en ai marre des dortoirs, je veux une chambre pour moi. Je regarde dans un autre quartier plus éloigné, le 7ème hôtel est aussi complet, idem pour le 8ème, le 9ème, ... RIEN ! Mais c'est quoi ce délire ?? Je me demande si le gars passe vraiment les appels.
Du coup, je fais mon sac, le laisse en dépôt, et je vais voir moi-même, à un hôtel pas trop loin, ce que ça donne. Pas, plus de chance, mais le gars balance 5 ou 6 messages via MSN Messsenger à tout ses copains réceptionnistes et 1 minutes plus tard, il me donne une adresse d'hôtel ou il a fait réserver une chambre. En plus, c'est à 50 mètres d'où j'étais donc pas besoin de me trimballer mon sac pendant des heures. Vive Internet !

En revenant, je traverse la Foire de San Telmo, sorte de marché d'artisanat local, où les touristes déboulent le Dimanche. Malgré le côté "ciblé", il est vraiment agréable de s'y promener. Les rues pavés me rappellent un peu Paris, mais les quelques  bâtiments coloniaux sont là pour me rappeller que je suis bien ailleurs. Surtout, l'endroit est rempli d'artistes de rue. Un couple fait une démonstration de tango torride. Le regard de braise qu'il s'échange tout au long de la danse  donne une sensualité incroyable à la chorégraphie.

Un peu plus loin, un marionnettiste s'agite autours de sa valise, puis un échassier fait la joie des enfants.

Mon nouvel hotel est un bâtiment moderne, donc l'intérieur est étonnant. Un designer a manifestement travaillé ici. Tout est blanc et minimaliste mais aménagé avec bon goût. L'hôtel est organisé autour d'un grand vide central, que des passerelles transparentes traversent sur plusieurs niveaux pour accéder aux chambres. Aussitôt mes affaires installées, je pars avec Ute à la Feria de Mataderos, un marché d'artisanat populaire, situé à une demi-heure de bus dans l'ancien quartier des abattoirs. Surtout, c'est une fête traditionnelle où les gauchos, les cow-boys argentins de la Pampa, se réunissent.

Je mange dans le bus la pizza que j'avais pris hier au restaurant mais que je n'ai même pas pu commencer après le plateau de fromage. La féria se tient autours d'une place entourée d'un bâtiment colonial aux arcades délabrées peintes en vieux rose. Il y a un vrai charme d'une autre époque ici.





Les gens sont en majorité des argentins qui viennent ici pour découvrir la culture de leur pays, ou pour manger dans les restaurants typiques et les boui-bouis des alentours. Des rangées d'étals se succèdent avec de l'artisanat local souvent à base de cuir, Et les fameux gauchos sont là avec leur habit traditionnel !









Une scène a été aménagée au milieu de la place et des artistes se succèdent sans cesse. Les gens dansent dans la rue, notamment cette fameuse danse , la Zamba, où les partenaires se tournent autours en agitant un foulard au dessus de leur tête.



Un vieux monsieur alpague Ute qui n'ose pas danser, et elle m'appelle à la rescousse pour discuter avec lui et faire diversion. C'est un retraité qui vient ici pour s'amuser, et draguer les minettes. Il est excellent, et nous emmène goûter des spécialités locales, puis à un autre stand qui fabrique des sortes de pipes à thé, là encore typique d'Argentine, puis il nous indique où aller ensuite pour écouter de la bonne musique et danser. Le temps passe vite et il est déjà 18h00. Nous aurions pu rester plus longtemps, mais ne connaissant pas le quartier, je ne préfère pas prendre de risque à rester ici de nuit. Mais bon, ça y'est, j'adore l'Argentine !!

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Samedi 3 décembre 2005

Le bus arrive à la gare routière à 6h00. Je récupère mon sac, et me dirige vers les bus urbains pour me rendre dans le quartier central de San Telmo ou j'ai réservé une chambre à l'hôtel Telmatango (73 pesos). J'y retrouve Ute que j'ai rencontré en Namibie lors d'un tour organisé. Elle a profité d'un changement de travail pour prendre des vacances en Argentine lors de sa transition, et nous nous sommes arrangés pour nous croiser à Buenos Aires avant qu'elle ne rentre en Allemagne. La chambre n'est pas libre quand j'arrive et je dois attendre 11h00 que les précédents occupants s'en aillent, que ma bonne fasse le ménage, et enfin pouvoir me reposer jusqu'à 13h00.

Ute passe me prendre pour aller déjeuner. Nous sommes samedi, le ciel est gris, et les rues aux alentours sont désertes. cette atmosphère est déprimante. Nous traversons le quartier financier pour rejoindre la Place 5 de Mayo ou nous trouvons un restaurant italien, le seul endroit ouvert à des centaines de mètres à la ronde.
La mission de la journée était d'aller m'acheter des chaussures de trekking mais quand je vois l'ambiance du quartier, je me fait vite une raison. Je trouve pourtant un centre commercial ouvert, seul endroit avec un peu de vie aux alentours.
Le bâtiment est dans le style des galeries du Printemps à Paris. A l'intérieur, c'est la grande classe : outre la décoration intérieure, toutes les grandes marques de prêt-à-porter de luxe sont là (Dior, etc... ), idem pour les marques de sport (Adidas, Timberland, etc ...), les magasins sont très fashions. Au centre de la galerie, sous un superbe dome orné de fresques peintes par des artistes argentins célèbre, trône un grand arbre de Noel qui touche presque le plafond. Je fais le tour de la galerie pour essayer de trouver mes chaussures mais ce n'est clairement pas le bon endroit pour ça.

 



Au dernier étage se trouve un Centre Culturel qui abrite une exposition sur Salvador Dali, ainsi qu'une exposition d'art contemporain par des jeunes artistes argentins. Nous allons voir l'exposition de ce fou génial qu'est Dali, puis passons voir ce que la jeunesse argentine est capable de faire. Tous le monde y va de sa création déjantée, il y a des choses biens comme d'autres de très mauvais goût, tel ce mur mur réalisé avec des collages de photos pornographiques.

Quand nous voulons sortir du centre commercial, Le temps qui était déjà pourri a empiré. La pluie tombe de plus belle. Nous retournons à l'hôtel à toute allure, puis nous allons faire un tour sur le quartier renové des docks. Ce quartier neuf qui s'articule autours de quatre bassins est une succession d'immeubles modernes avec des restaurants branchés au rez-de-chaussée. Pas vraiment charmant, mais la reconversion est vraiment réussit et la ballade est agréable. Les anciennes grues qui chargeaient et déchargeaient les containers sont toujours là, admirablement bien conservées.

Comme au Brésil, les rues commencent à se remplir le soir. Nous allons dîner dans un restaurant à côté de l'hôtel qui sert un plateau de fromages énorme. Avec un bon vin, le repas est tout simplement divin. C'était pas grand chose, mais qu'est ce que ça me manquait! Rien que pour ça, je commence à apprécier Buenos Aires.

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Vendredi 2 décembre 2005

Le bus pour Buenos Aires est à 13h15, ce qui me laisse la matinée pour flâner encore un peu en ville, faire quelques photos, déjeuner et filer au terminal.

Le bus est vraiment super : un monstre à double étage dans lequel on se croirait en première classe dans un avion. Les sièges en cuir noir sont bien large et s'inclinent presque à l'horizontale. Il faut bien ça pour 18 heures de trajet. Le bus est presque vide au départ, mais après plusieurs arrêts dans d'autres villes, nous avons récupérés un groupe d'une dizaines de gamines, et quelques autres personnes encore. Pas de touristes.
 
Le paysage est monotone car nous sommes sur l'autoroute 90% du temps. Mais lorsque nous dépassons Santiago de Tuhacan, une autre facette de l'Argentine se montre. Celle des banlieues pauvres où les routes de terre se transforment en bourbier à la première pluie, où les maisons sont faites de planches de bois et de plaques de tôle récupérées, où les gens vivent à coté de carcasses de voitures empilées, où, les gens se déplacent en carriole tirée par un cheval, ou la rivière où ils puissent leur eau charrie toutes les ordures de la ville, où les enfants jouent au football sur la portion de gazon au milieu de l'échangeur de l'autoroute. Ca existe aussi ici. Salta la Belle, comme on l'appelle dans les brochures touristiques, avec son coté bien propre, n'aura pas fait illusion longtemps. Quelque part, ça me rassure de voir ça, je suis bien en Amérique Latine.

La longue ligne droite goudronnée entourée de verdure se prolonge à l'infinie. J'en profite pour potasser mes guides et organiser mes prochaines semaines à Buenos Aires et en Patagonie. Pour la première fois, je n'ai pas acheté le Lonely Planet mais le Petit Futée. Le rédactionnel est bien, j'adore le ton, les adresses ont l'air pas mal, le côté culturel est très bien expliqué. Par contre, le coté pratique du Lonely Planet avec ses plans de ville détaillés, ses informations sur les moyens de transports n'y est clairement pas. Dommage, c'est un peu le nerf de la guerre quand on voyage en routard.

Je sors mon lecteur MP3 pour la première fois depuis longtemps. Ca ne m'a pas manqué de ne pas écouter de musique, mais là, j'apprécie particulièrement. Je me repasse mes vieux albums que je n'ai plus écouté depuis 3-4 ans.
A 22h30, le bus fait un arrêt dans une station-restaurant spécialement aménagée pour les compagnies. Dans la salle, les places sont réservées pour tel ou tel bus qui arrive. On nous sert une petite entrée, un très bon poulet, et une glace à la crème. Le dîner dure 20 minutes, et le bus repart. Tout le monde et rassasié et tranquille, je vais enfin pouvoir essayer de dormir.

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Jeudi 1 décembre 2005

Je me suis réveillé avec un mal au ventre terrible et la diarrhée qui va avec. Ca faisait longtemps ! Je ne sais pas ce qu'ils ont mis dans le barbecue hier, mais manifestement, ça ne passe pas du tout ! En plus les israéliens sont revenus dans la chambre à 6h00 et ils n'ont pas été silencieux. Tout l'hôtel les a entendu.
Bref, je prend des cachets, un petit déjeuner léger (que je ne garde pas longtemps) et je descend dans le salon ou je discute avec des françaises qui montent en Bolivie. Je leur souffle quelques bonnes idées de parcours, et ils récupèrent en prime mon guide de Bolivie qui ne m'est plus d'aucune utilité.

Le temps est vraiment maussade, la pluie peut tomber à tout moment. Le genre de météo déprimante qui donne ne pas envie de se bouger. Je vais quand même au centre-ville pour aller sur Internet, puis je déjeune. Les crampes d'estomacs font toujours des siennes, donc je me limite à marcher dans les environs de la place centrale. Il n'y a que des magasins partout, et ça me gonfle assez vite, surtout que tous ferment à 14h00.
Et pour conclure en beauté, pas un Café Internet ne fonctionne cet après-midi car il y a une coupure générale dans toute la ville. Ce n'est vraiment pas ma journée...

Je m'oriente donc sur l'option "musée" avec la visite de la maison coloniale du Président argentin José Evariso Uriburu née à Salta. C'est une successions de pièces avec du mobilier d'époques, de la vaisselle, des photos, bref, pas transcendant. Je vais ensuite visiter la cathédrale dont l'intérieur dans le style néo-clasisque italien est bien chargé. A 18h00, les magasins ont ouvert à nouveau et l'invasion des argentines dans les rues piétonnières commence.

Je rentre à l'hôtel, me fait un diner rapide, et vais me coucher tôt.

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Mercredi 30 novembre 2005

Le programme de la journée est plutôt relax aujourd'hui. Il fait chaud, un peu nuageux, je vais donc arpenter les rues de Salta avec Fred. Je peux enfin ressortir mes tongs après quasiment 1,5 mois de punition au fond de mon sac.
Je repars faire le tour des banques pour pouvoir retirer plus que 500 pesos, mais le résultat est le même que la veille, donc je me résigne a aller au distributeur automatique. Nous faisons un petit tour de la Plaza qui est vraiment agréable avec sa végétation et ses zones ombragées. Ca ne m'étonne pas qu'il y ai autant de gens qui viennent y flâner. Les traditionnels cireurs de chaussures sont bien là, et les étudiants en uniforme prennent le chemin de l'école après s'être retrouvé autours d'un banc.





Il y a aussi de très beaux bâtiments tout autours, telle cette église rose et jaune qui ressemble à une pièce montée tellement les étages sont chargée de motifs et de bas reliefs, ou cette arcade avec ses balcons coloniaux en bois.



Nous décidons d'aller faire un tour sur la colline qui domine la ville, à 20 minutes à pied. Nous passons devant l'Eglise San Francisco, immanquable avec sa couleur rouge et sa tour de 53 mètres. Une autre réussite avec ses faux rideaux en béton, et sa décoration intérieur du style "papier peint de la renaissance italienne". Un couvent y est accolé donc l'accès est possible via une superbe porte en ferronnerie. A noter que Jean Paul II est venu y faire un tour il y a une vingtaine d'année.

 

Nous ne attardons pas ici et reprenons la route de la colline. Le parc automobile argentin est particulier pour nous, français : il y a une quantité incroyable de vieilles Renault des années 70, qui sont des pièces de collection pour nous, mais qui roulent toujours ici. La dernière Renault 12 a été produite en Argentine en 1994 alors que la production s'est arrêtée en France en 1977 ! Il y aussi quelques vieille Peugeot 104 et des américaines. Globalement, toutes ces voitures sont des épaves mais l'argentin de base est fier de sa voiture et la bichonnera jusqu'au bout de sa vie sud-américaine.

Nous allons déjeuner dans un restaurant classique, où je me prend un poulet à l'orange. S'il y a bien une chose qui me fait plaisir en Argentine, c'est la nourriture. Les plats en sauce sont de retour, et après 3 mois de salades sans vinaigrette au Brésil et en Bolivie, je peux vous dire c'est très appréciable. Et la viande est juste succulente.

Il faut prendre un téléphérique pour atteindre le sommet du Cerro San Bernardo (8 pesos aller-retour). C'est marrant car j'ai l'impression d'aller au ski à chaque fois que je monte dans ce genre de cabine.



A l'arrivée, un petit parc aménagé nous attend. Il y a un restaurant, des sentiers de promenade, et des petites cascades en béton. Le tour complet prend 15 minutes et la vue panoramique est jolie. Je pensais que Salta était une petite ville de province, mais en contemplant son étendue, je m'aperçois qu'il n'en est rien.  Nous prenons une glace et redescendons.

De retour en ville, l'atmosphère a complètement changé par rapport à ce matin : les rues sont presque désertes, les magasins sont tous fermés. Il est pourtant 15h30. En regardant les horaires sur la porte d'une boutique, je comprend mieux. Ici, on vit au rythme méditerranéen : début du travail à 9h00, pause du déjeuner de 14h30 à 17h00, voire 18h00 pour certains (bonjour la sieste !), et la journée se termine à 20h00. Le parc, par contre, s'est rempli de gens qui se reposent, d'étudiants qui se bécotent. Bref, chacun occupe sa pause comme il peut.

Nous revenons à l'hôtel car Fred doit prendre son bus pour Iguaçu à 18h00. Je l'accompagne à la gare pour acheter mon billet de bus pour Buenos Aires (155 pesos, 15 heures), on se fait une dernière bière et nous essayons de gérer un rendez-vous à Buenos Aires dans quelques jours.

Il y a un barbecue ce soir, organisé par le backpacker, mais dans un autre endroit plus grand. Je m'y suis inscrit, ça commence à 22h30. A 20h00, il se met à pleuvoir, et une navette m'emmène avec un couple d'anglais. Il n'y a que des voyageurs autours des tables bien sûr, beaucoup de jeunes dans la vingtaine, et un groupe d'une quinzaine d'israéliens qui fait bande à part. Je me met à coté d'une anglaise, et d'un espagnol, en face le couple d'anglais qui est venu avec moi, et bien sûr, la discussion tourne autours du voyage. Il y a aussi un couple de Français sympathique que j'avais croisé à Potosi au petit-déjeuner. J'ai mis du temps a les re-situer tellement je rencontre de gens. Un groupe de musique folklorique vient aussi nous jouer des airs traditionnels de la régions. A 1h30, je rentre. Pas de feeling particulier avec qui que ce soit ici pour justifier de rester plus longtemps.

par Ludovic publié dans : Argentine
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Mardi 29 novembre 2005

Je me réveille à 3h30 pour prendre le bus pour Villazon, ville frontière avec l'Argentine. Dehors, de la musique raisonne encore. Je parcours les 300 mètres qui me séparent de la gare routière dans une rue déserte, pas très rassuré, mais le gars de l'accueil à l'hôtel m'a dit que ça ne posait pas de problème, le quartier est sûr.
Il y a déjà plusieurs personnes qui attendent le bus, dont un groupe de 4 voyageurs israéliens. Le trajet jusqu'à Villazon dure 2 heures et demi. Juste avant l'entrée dans la ville, un barrage de la douane nous immobilise. Les agents fouillent la soute et en extirpe rapidement 3 cartons qu'ils ouvrent, et ils arrêtent aussitôt la fouille. Je n'arrive pas à voir ce qu'il y a dedans, mais le propriétaire sort immédiatement du bus, parle avec les agents, signe un papier, et il repart sans ses cartons. De la contrebande à coup sûr.

Dès la sortie du bus, des rabatteurs pour assurer le transport jusqu'à Salta en Argentine me tombent dessus. Je préfère passer la frontière à pied, et prendre un bus depuis le Coté Argentin. Question de principe, je veux prendre mon temps pour vivre mes dernières minutes en Bolivie, et passer la frontière à pied. Je parcoure les derniers 500 mètres, change mes bolivianos en pesos au passage, et arrive sur le pont qui marque la limite entre les deux pays. L'argentine est devant moi. Alors que je prend une photo souvenir, l'hymne national retentît et tout le monde s'arrête de marcher : les soldats boliviens sont en train de hisser le drapeau. Dès que c'est fini, les gens repartent. J'avance sur le pont et la même scène commence du coté argentin. On me fait signe de ne pas bouger, je m'exécute. Quand le drapeau flotte au sommet du mat, les militaires prennent leur poste et je peux enfin passer au bureau de l'immigration. Les formalités prennent 3 minutes.



Je me retourne une dernière fois vers la Bolivie où je ne suis déjà plus : je reviendrai, j'ai une montagne à finir ... Un petit signe de la main, discret, et je repars. 

La différence avec la Bolivie se fait tout de suite sentir. Les gens n'ont pas la même tête, les rues sont propres, goudronnées. Je prend un  taxi pour la gare routière, une vieille peugeot 5O4 qui sent le vomi à l'intérieur. Le bus pour Salta coûte 32 pesos et le trajet dure 8 heures. J'ai une place panoramique, c'est à dire juste devant la baie vitrée, au 2ème étage. Ca tombe bien car la route est, parait-il, très belle. Je me retrouve à coté de Frédéric, un français qui vit au Danemark depuis 20 ans, du genre "mode de vie alternatif", et qui travaille sur plusieurs projets d'aide à l'agriculture, et pour les enfants de la rue au Pérou : http://www.solensboern.dk

Le bus part, et  la route traverse effectivement de très beaux paysages, des montagnes colorées, aux forment étranges sculptées par l'érosion. Venant de Tupiza et du sud Lipez, ça ne m'étonne plus, mais j'apprécie quand même le spectacle.









Par contre, une grosse différence, c'est la température. Il fait un soleil de plomb, la température atteint facilement les 30°C, et il n'y a pas de climatisation dans le bus. Pour corser le tout, nous avons droit à un film de kung-fu des années 80 qui me gave avec sa bande son de cris stupides pendant les sempiternelles et interminables scènes de combat.

Nous arrivons à un poste de contrôle et le douanier fait signe de s'arrêter. Le bus se gare devant le poste, et tout le monde commence à descendre. Encore un contrôle douanier ... pas de chance aujourd'hui. Il faut prendre son sac, son passeport, et aller se faire fouiller. J'ai un peu peur que le douanier, en voyant le matériel électronique dans mon sac (ordinateur Ibook, lecteur MP3 Ipod, appareil photo numérique), ne veuille essayer de s'en garder un peu pour lui, sous un prétexte bidon. Je pose mon sac sur la table, l'ouvre la mort dans l'âme, et commence a tout déballer. Il m'arrête, fouille dedans pour vérifier s'il n'y a pas des doubles couture, il regarde mon passeport, et me fait signe de la tête que c'est OK. Un agent a aussi fouillé le bus, mais il n'a rien trouvé, et nous pouvons repartir.

Au bout de 4 heures, la route se transforme en autoroute, et le paysage ressemble à s'y méprendre à ceux du Sud de la France en descendant sur Marseille par l'autoroute du Soleil. Ca me fait bizarre. A ce moment, je crains de ne pas aimer l'Argentine, car pas assez dépaysante, trop moderne et occidentale.




Le bus arrive à Salta à 16h00, et aussitôt, un homme du Backpacker's Hostel, où nous voulions justement aller, nous alpague. Il offre un transport gratuit. c'est pas de refus. Il nous montre où est stationné son minibus, et on s'installe en attendant qu'il récupère d'autres voyageurs. 15 minutes plus tard, il revient avec l'australienne et la norvégienne qui étaient avec nous dans le bus.

Aussitôt installé dans notre dortoir (15 pesos), Fred et moi partons à la découverte de Salta. Ma première mission est de retirer de l'argent. Je trouve pleins de distributeurs automatiques, mais aucun n'accepte de me donne le montant que je veux, soit un peu plus de 300 euros. Le plafond est d'à peine 500 pesos, soit moins de 150 euros. Ca va me coûter cher en commissions de retrait à l'étranger si je ne trouve pas mieux ! Je laisse tomber pour aujourd'hui, et nous allons prendre une bière sur la place principale entourées d'arcades dans le style colonial, et occupé en son centre par un jardin public où se mêlent cocotiers et conifères.

Au bout d'une heure, l'australienne et la norvégienne arrivent, et s'installent juste derrière nous. Nous commandons une pizza. Assis en terrasse, bien en vue, nous sommes souvent sollicités par des cireurs de chaussure, des mendiants, ou autres vendeurs de rues. Frédéric se laisse convaincre par un marchand de bracelets, mais il n'a que 100 pesos pour payer un objet qui en vaut 5. Le vendeur prend le billet et nous dit qu'il va faire de la monnaie. Il nous laisse son tubes avec tous les autres bracelet et s'en va. 5 minutes passent ... 10 minutes ...le gars n'est toujours pas revenu. Là, on commence a réfléchir un peu : si un bracelet coûte 5 pesos, il nous a laissé en "garantie" l'équivalent de 45 pesos en bracelets. Mais il a un billet de 100 pesos dans la main. Pourquoi reviendrait-il ??? Fred commence à rire jaune, il y a 50% de chance pour revoir un jour le vendeur. 5 minutes passent encore. Fred commence à se faire une raison sur sa monnaie, il vient de se faire rouler comme un débutant. Sauf que ... le vendeur arrive essoufflé, s'excuse d'avoir été long, et lui rend sa monnaie. Moi même je n'y crois pas. Nous avons été complètement mauvaise langue, les mendiants sont honnêtes (en tout cas, celui là), et ça fait plaisir à voir.

La soirée continue en distribuant les parts de pizza qu'ils nous restent aux enfants qui viennent mendier, puis nous prenons la route de l'hôtel vers 22h30. Lorsque nous arrivons dans notre chambre/dortoir, Fred s'aperçoit alors qu'il lui manque 200 pesos. Il pense les avoir mis à coté de sa poche après avoir payé son dîner... Drôle d'épilogue de soirée !

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Mardi 29 novembre 2005
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