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Argentine

Dimanche 11 décembre 2005 7 11 /12 /Déc /2005 05:00

C'est dimanche, tout est fermé à Buenos Aires, et je n'ai pas particulièrement envie de passer ma journée dans un parc bondée car le temps est tout simplement magnifique et il fait chaud. Je ne réalise pas que nous sommes en plein mois de décembre, et que Noël approche à grand pas, même si des sapins fleurissent aux balcons de quelques appartements et des décorations lumineuses commencent à pendre entre les feux rouges.

Nous décidons d'aller à San Antonio de Areco, village à 2 heures de bus de Buenos Aires (12 pesos), en pleine pampa, censé être le fief de la culture Gaucho. Le plus célèbre roman (qui a donné un film par la suite) sur la culture Gaucho a été écrit par Ricardo Güiraldes, dont le ranch se trouve la-bas. Nous allons à la gare routière, toujours aussi bondée depuis la dernière fois, et embarquons à 8h30 pour San Antonio. Le bus nous dépose devant un bar dans une route parallèle à l'autoroute, et nous voilà largués en pleine nature. Nous achetons à l'avance notre billet de retour pour 18h00, pas d'autres possibilités plus tôt semble t-il.

Le village se trouve derrière nous en longeant une longue rue rectiligne, déserte. Comme à Buenos Aires, le plan urbain a été tracé à la règle. Je m'attendais à un village traditionnel mais au lieu de ça, nous longeons des propriétés de bon standing. Lorsque nous arrivons sur la place principale, déserte elle aussi, hormis quelques gens qui sortent de l'église, nous commençons à comprendre que nous allons avoir du mal à nous distraire jusqu'à 18h00 ... Pas l'ombre d'un gaucho aux alentours, pas de boutiques ouvertes, pas d'architecture intéressante. Le plan loose !



Nous continuons de marcher jusqu'à la rivière entourée d'un parc où quelques familles s'installent pour pique-niquer. Un pont enjambe la rivière et la route mène jusqu'au "fameux" Museo Gauchesco Ricardo Güiraldes. Nous payons les 2 pesos d'entrée et parcourons rapidement les deux reconstitutions grandeur nature de scène d'époque (une taverne rurale et un moulin a blé) avec des meubles et accessoires authentiques. Le tableau est bien fait mais ça ne vaut pas les deux heures de bus. La visite se poursuit avec la Casa del Museo, une reproduction d'un ranch du 18ème siècle dans lequel se trouve quantité d'objets gauchos, des accessoires de cavaliers, des peintures et photos. Les environs sont jolis, avec ces immenses enclos pour les animaux.







A 14h00, nous avons fini la visite, et il n'y a plus rien à faire dans le coin. Ha si, il faut aller déjeuner ! Il n'y a que des parillas aux alentours, ces restaurants de viande où les énormes morceaux de viande grillent sous nous yeux.



Je ne dirai pas que ça a l'air appétissant car je ne suis pas un fanatique de viande, mais ça a le mérite de sentir bon, et puis , il faut essayer pour pouvoir juger. Nous commandons donc un menu qui comprend un assortiment de viande.
Lorsque le plat arrive sur la table, je sens que je n'ai déjà plus faim. Nous avons du boudin noir, du gras grillé, des os à moelle, un truc qui ressemble a des rognons, et d'autres morceaux de gras avec un peu de viande au milieu. Je vous raconte pas ma tête ... Quand le serveur voit que nous n'avons rien touché au bout de 10 minutes, il me demande si on veut autre chose en me montrant un gros morceau de viande qui grille sur une broche. Ca a l'air mieux donc je dis oui, mais l'expérience gastronomique ne sera pas meilleure. Je me demande comment font les argentins pour manger ça. Ou est la fameuse meilleure viande du monde ??? Nous passons devant d'autres parillas, mais toutes sont dans le même. Du coup, on se prend un glace artisanale pour le dessert qui, elle, est délicieuse.

Plus rien à faire à part se promener dans les jardins, aller sur Internet (le seul commerçant ouvert) en attendant le bus. Nous embarquons dedans ravis de rentrer à Buenos Aires. Comme souvent, la climatisation est à fond et il se met très vite à faire froid alors que je n'ai qu'un t-shirt sur moi. En route, je remarque un fait surprenant : il y a beaucoup de voitures arrêtées sur le bord de l'autoroute. Les gens se prélassent dans l'herbe, les couples s'embrassent, les familles pique-niquent, les gosses jouent au cerf-volant .... bref, on s'amuse. Tout ça à 5 mètres des voitures qui roulent à plus de 100 km/h, en pleine pollution. Je ne comprend pas ... mais eux ont l'ait d'apprécier.

Une journée bizarre, pas désagréable, mais bizarre ...

Par Ludovic - Publié dans : Argentine
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Samedi 10 décembre 2005 6 10 /12 /Déc /2005 00:00

Je décide d'aller à Tigre avec Ute, ville située dans le Delta de Parana, et qui est une destination très prisées des Portenos (habitants de Buenos Aires) en fin de semaine.
A 11hOO, nous nous dirigeons donc vers la gare ferroviaire, où des trains régionaux partent pour Tigre toutes les 15 minutes. Je m'attendais a des vieux trains déglingués, un peu typique d'Amérique du Sud, mais ceux-ci sont en très bon état, et ressemblent à notre TER Français.
Le trajet dure 40 minutes, en traversant, entre autre, la banlieue chic de San Isidro. C'est bardé de villas avec piscine. Le reste est moins tape à l'oeil, mais on est très loin des banlieues-bidonvilles du Brésil ou de Bolivie.

La première impression de Tigre en arrivant est sa gare flambant neuve, et une large avenue bordée d'une centaine de drapeaux nationaux. Ca fait un peu Disneyland, j'espère que la suite ne sera pas dans la même veine. Le long de l'avenue se trouve le fleuve qui donne accès au delta. Des dizaines de beaux bateaux sont accostés un peu plus bas et attendent des touristes pour leur faire faire un tour dans les canaux.



Car ici, à part en centre-ville, les déplacements se font en bateau. Tigre est en fait pour sa partie résidentielle un réseau de canaux au bord desquels se trouvent de magnifiques demeures, souvent des résidences secondaires de Portenos qui viennent prendre un bain de nature le week-end.

Pour l'instant, nous suivons le fleuve ou les clubs privés d'avirons s'alignent. C'est bizarre de voir ça ici, ça donne un coté "british" à la ville auquel je ne m'attendais pas du tout. Ca montre aussi le standing du coin...

Nous allons déjeuner, puis nous allons faire un tour au Puerto de Frutos, des docks aménagés en restaurants et magasins d'artisanats. Ca grouille de monde, l'ambiance est sympathique, mais rien de particulier ne m'attire. Là encore, je m'attendais a un marché de type "local", mais j'ai oublié un peu vite que nous n'étions plus en Bolivie, mais bien à 30 kilomètres de la ville la plus moderne et huppée d'Amérique du Sud.



Nous prenons un billet pour un tour de bateau dans les canaux et embarquons sur une sorte de vedette en bois naturel vernis qui lui donne un coté rétro. Une fois passé les docks et les bateaux industriels qui côtoient quelques épaves, nous nous enfonçons dans le delta et le défilé des belles propriétés commencent. C'est intéressant de voir comment la vie fluviale est organisée. Toutes les maisons de la plus belle à la plus délabrée du coin ont leur petit ponton privé et leur propre bateau car c'est le seul moyen de se rendre en ville.





Dans les immenses jardins verdoyants se tient parfois une garden-party privée, ou seulement le propriétaire se dore la pilule dans son transat en regardant les touristes envieux admirer sa maison depuis leur bateau.



Des stations essences fluviales apparaissent au détour d'un canal.



Et cette étonnante maison mise toute entière dans une verrière. Il s'agirait de la maison d'une personnalité historique qui a été transformée en musée, mais je n'ai pas eu le temps de lire sur le minuscule panneau de qui il s'agissait. Le bateau revient à son point de départ au bout d'une heure et nous prenons la route du retour vers la gare.

Comme c'est samedi soir, nous essayons de trouver un restaurant avec un show de tango, mais rien ne commence avant 23h00. Tout est vide et je doute que le show commence à l'heure indiquée avec 2 clients seulement. C'est un plan à se retrouver encore à table à minuit, donc nous abandonnons le tango pour cette fois car je suis fatigue.

Par Ludovic - Publié dans : Argentine
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Vendredi 9 décembre 2005 5 09 /12 /Déc /2005 00:00

La journée d'hier à Colonia d'où je suis rentré à 23h00 m'a fatigué au point que j'ai la flemme de me lever ce matin. Mais je me force. Je dois passer à un hôtel du coté de la Plaza San Martin déposer un cd-rom de photographies pour l'un des gars qui était avec moi en Bolivie dans le sud Lipez et Le Salar de Uyuni. Il m'a donné un contact dans l'hôtel, mais quand le réceptionniste commence a chercher dans son ordinateur, il ne trouve rien, et il ne veut prendre aucun colis pour quelqu'un qui n'est pas client de l'hôtel. Du temps perdu. Je repars avec le cd-rom en poche, et je vais lui envoyer un email plus tard pour le prévenir.

Je dois encore repasser à la banque retirer mes 1000 pesos d'avance en prévision de la Patagonie où je sais que les distributeurs automatiques ne vont pas courir les rues. Ute passe à la Lufthansa confirmer son vol de retour, et nous pouvons partir pour le quartier de Palermo que nous avons décider de visiter. Palermo est divisé en plusieurs zones :
- Palermo Viejo au nord, qui est une zone plutôt résidentielle, mais qui accueille les bars et discothèques les plus branchés de la capitale, et est de ce fait le haut-lieu de la nuit argentine.
- Palermo Chico, tout au sud, du côté de Recoleta, qui est un pâté de tours de haut standing ou les richissimes familles de Buenos Aires habitent.
- Palermo Bajo, au centre, qui est plutôt un ensemble d'espaces verts, poumon de la ville, avec notamment le Jardin Botanique.

Nous traversons ce dernier, qui est agréable avec ses bassins, ses "très charmantes" statues italiennes, et sa serre à cactus. C'est un endroit de repos apprécié des "cols blancs" à la pause du déjeuner, aussi bien que des amoureux. Malheureusement, la météo tourne à la pluie, et il nous faut laisser tomber la tournée des parcs rapidement.





Il nous reste la traditionnelle option "Musée" dans ce cas là. Ca tombe bien, celui consacré à Eva Peron est juste à côté. Mais pourquoi la femme du Président est-elle plus célèbre que le Président lui-même ? Si elle a eu les plus grandes funérailles en terme de mobilisation du peuple de l'histoire de l'Argentine, c'est qu'il doit y avoir une bonne raison. Comme je dois avouer un manque de connaissance sur le personnage et le véritable culte qui lui est dédié en Argentine, le Musée est donc l'occasion de remettre les pendules à l'heure.

1 heure plus tard, j'ai tout compris : une ambition dévorante dès son plus jeunes âge, une ascension fulgurante en tant qu'actrice (il faut dire qu'elle a quand même couché avec la moitié des producteurs de la radio et du cinéma argentin ...), la rencontre avec le Général Juan Perron qui est élu Président quelques années plus tard grâce sa participation plus qu'active dans la campagne électorale, puis elle fait mettre en place le droit de vote pour les femmes en Argentine, fait réformer les instances sociales pour les rendre plus efficaces et accessibles aux pauvres, lancé de nombreux programmes d'aide sociale, on dit que c'est elle en fait qui gouvernait réellement le pays, et finalement, elle meurt d'un cancer à l'âge de 33 ans. Bref, tout pour faire une saga hollywoodienne digne de ce nom. Elle a préfiguré ce que devait être une femme de Président moderne, comme l'ont été plus tard sur son modèle Jacky Kennedy ou Hillary Clinton.

Le temps ne s'est pas tellement amélioré à la sortie du musée, donc nous rentrons tranquillement à l'hôtel en nous perdant un peu dans les rues de Palermo.

A propos de l'hôtel, pour ceux qui cherche un bon plan logement à Buenos Aire dans le quartier de San Telmo, mon hôtel devrait en faire halluciner quelques uns. C'est un backpacker retapé par un designer, avec tout le confort et les services de ce type d'établissement. Tout est moderne-design, ultra fonctionnel, cuisine équipée à disposition, terrasse avec barbecue possible, Internet gratuit, bibliothèque bien fournie, personnel ultra sympa, espace de vie commun super agréable, bar-restaurant avec concert relié à l'hôtel, un personnel très sympathique, et des prix dans le bas de la fourchette pour les chambres/dortoirs. Ci-dessous la vue depuis ma chambre au dernier étage.

 

Hôtel Ostinato Buenos Aires
Avenida Chile, à l'angle avec l'Avenida Chacabuco.

Par Ludovic - Publié dans : Argentine
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Jeudi 8 décembre 2005 4 08 /12 /Déc /2005 00:00

Colonia de Sacramento, est comme son nom peut le laisser deviner, une charmante petite ville coloniale, sur le bord du Rio de la Plata en face de Buenos Aires, du côté Uruguyen. J'avais envie de rajouter quelques tampons dans mon passeport déjà bien rempli, donc je me suis dis que c'était une bonne petite excursion à faire.

Il pleut ce matin, mais j'espère que ça serai mieux en Uruguay. Toujours avec Ute, nous prenons dès 8h00 un taxi pour le port d'où le bateau part à 9h00. La traversée met 3 heures car nous avons pris le ferry le plus lent mais le moins cher (75 pesos). Celui qui ne prend qu'1 heure coûte le double et part à 8h30. Le grand bâtiment qui accueille les passagers est bondé, de gens qui font la queue partout. J'espère qu'ils ne vont pas tous à Colonia, mais pas de bol: si. Nous faisons 30 minutes de queue pour le check-in au cours duquel l'hôtesse nous remet un papier papier pour l'immigration. Ce qui veut dire qu'il faut encore passer à l'immigration et il est déjà 8h50. La queue pour l'immigration est encore plus longue. Nous patientions encore  45 minutes avant de passer le portique détecteur de métaux et d'avoir notre tampon de laisser-passer pour l'Uruguay. Il est bientôt 10h00. Si le bateau ne part pas dans trop longtemps (mais vu le monde encore derrière nous, j'ai peu d'espoir), nous allons arriver à Colonia vers 13h00, et comme il faut ajouter 1 heure de décalage horaire, peut-être encore 30 minutes de passage de l'immigration uruguayenne, nous serons enfin en mesure de profiter de notre journée vers 14h30-15h00. Ca me gave ...

Le ferry est confortable avec sa moquette épaisse et ses canapés Club. Il y a une cafétéria, prise d'assaut par tous les gens qui, comme nous, sont debout depuis 7H00 et qui n'ont pas eu le temps de prendre un petit-déjeuner. Une fois que nous sommes sortis du port et que la vue sur les gratte-ciels de Buenos Aires et son ponton de pécheurs est terminée, la traversée est plutôt ennuyeuse, il n'y a pas grand chose à faire sur le bateau, à part siroter son thé la manière argentine.



Le thé s' appelle ici Mate, et se boit presque comme l'on fume un pipe. Les herbes se mettent dans un pot avec l'eau bouillante, et une sorte de pipe spéciale avec un filtre permet d'aspirer le thé sans les herbes. Les argentins en boivent partout en prennant avec eux leur "pipe" et leur thermos d'eau chaude.



Lorsque nous arrivons enfin a quai, tout le monde se précipite vers les portes encore fermées. Je ne suis pas le seul à m'impatienter... Le bateau est à quai depuis 15 minutes maintenant et nous ne pouvons toujours pas sortir. Les gens claquent dans leurs mains, tous en coeur, pour montrer qu'il en ont marre d'attendre. Les portes s'ouvrent, et je me rue en dehors du bateau en passant par la plate-forme des voitures, nous traversons l'immigration sans nous arrêter, et je foule enfin le sol d'Uruguay.

Première chose à faire : manger. Nous nous installons dans un restaurant sur une place qui a du charme. Les prix sont vraiment élevés, quasiment les mêmes qu'en France, ça me fait halluciner. OK, nous sommes dans un lieu touristique mais, là, il y a de l'abus. Nous pouvons payer en Pesos argentins dans toute le village, ce qui nous évite de faire du change. Après une spécialité locale en entrée (une sorte de lit de fromage fondue recouvert par des poivrons, des tomates, des olives et du jambon), je m'enfile une escalope délicieuse avec des frites et nous partons enfin à la découverte de Colonia à 15h30, heure locale. Notre bateau repart à 19h45 (mais il faut être à l'embarquement encore 1 heure avant), ça devrait nous suffire pour tout voir rapidement.

Le village ne manque pas de charme avec ses maisons en vieille pierre, ses rues pavées, ses allées de platanes, son phare, et ses vieilles automobiles des années 50 disséminées un peu partout. J'ai l'impression de remonter le temps. Je m'attendais à un village avec des airs de Brésil (maisons très colorées, balcons en ferronnerie, etc ...) et en fait, ça ressemble parfois plus à un village de Provence. Il ne manque plus que les pépés qui se font leur partie de pétanque sur la place principale, à l'ombre des platanes, et le tableau est complet.









Si l'on se se ballade en longeant la côte, on se croirait alors en Bretagne. L'herbe bien verte, les pavés, le phare blanc et rouge, les vestiges des fortifications avec ses canons, les lampadaires en forme de vieille lanterne, tout concoure à donner cette ambiance particulière.







Bref, Colonia, on ne peut qu'aimer. Après 5 jours dans la trépidante Buenos Aires, ça fait du bien.

Par Ludovic - Publié dans : Argentine
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Mercredi 7 décembre 2005 3 07 /12 /Déc /2005 00:00

J'ai rendez-vous avec Frédéric (que j'ai rencontré à Salta) ce midi. Nous nous sommes mis d'accord par email pour se rejoindre sur la Place du Congrès, sauf que, grâce à la super carte de Buenos Aires du Petit Futé où rien n'est indiqué, j'ai confondu la Place du Congres avec la Place du 25 de Mayo qui se trouve à l'opposée de la ville. Heureusement, Fred a compris dans mon dernier email que je n'étais pas au bon endroit, et il me rejoint en traversant le centre-ville en métro.



Nous allons déjeuner avec Ute dans le quartier financier qui s'est transformé en véritable fourmilière, puis nous prenons la direction de Recoletata, le quartier huppé de Buenos Aires.

Nous nous arrêtons en route chez British Airways car je dois faire changer les dates de certains de mes vols et faire imprimer mes nouveaux billets d'avion.
Compte-tenu du retard que j'ai pris sur l'itinéraire du projet initial, j'ai dû me rendre à l'évidence que je n'arriverai jamais en Inde à temps pour prendre mon avion de retour vers la France. Avec, en plus, des pays comme le Népal, l'Australie, ou la Nouvelle-Zelande sur la route, je ne suis pas prêt de rattraper ce retard, ça serai même plutôt l'inverse... J'ai donc pris la décision de consacrer plus de temps à la Patagonie, à la Nouvelle-Zelande (que je comptais vraiment survoler au départ) et à l'Indonésie qui me semblent vraiment valoir le coup. Par contre, je ne vais plus faire l'Australie, je passe juste à Sydney une petite semaine, car c'est sur la route de l'Indonésie. Je prendrai plus de temps pour me faire l'Australie à fond une prochaine fois. Enfin, j'ai décidé de repartir pour la France depuis Bangkok à la place de Madras en Inde. Les changements de date ne posent pas de problème, c'est inclus dans la prestation de mon billet Tour du Monde, mais je dois payer un supplément de 75 dollars pour changer les destinations.

Ceci fait, nous arrivons dans le quartier de Recoleta. Il y a comme un air de déjà vu ici ... avec ses immeubles neufs où s'empilent les appartement de standing, parfois dans un style haussmanien, ses rues ombragées avec des platanes, ses espaces verts, ses magasins chics, ses trottoirs propres, et ses grand-mères. Ca ressemble au 16ème arrondissement de Paris. On s'y croirait. Je croise même un dog-sitter assis sous un arbre avec une dizaine de chiens dans chaque main. S'ils décident de tous tirer dans la même direction, ça promet une bonne rigolade, mais les chiens sont calmes et ne bougent pas. Dommage.





La rue débouche sur une place dans le prolongement de laquelle se trouve le fameux Cimetière de la Recoleta ou sont enterrés quelques illustres hommes d'états, artistes, et la célébrissime Eva Perón.
Le cimetière est composé uniquement de caveaux, tous plus spectaculaires les uns que les autres.
Parfois, on se croirait plus en face d'un temple Romain que d'une tombe.





Les cercueils sont juste derrière les portes des chapelles, visibles par tous à travers les vitres envahies de toiles d'araignées pour la plupart.




Le cercueil  d'Eva Perón est dans le caveau de sa famille. C'est loin d'être le plus beau mais, de loin le plus visité.



Fred nous quitte car il a un rendez-vous avant de prendre son avion pour les Etats-Unis, et je continue la visite avec Ute.

Nous longeons les avenues commerçantes dans la direction du retour vers notre Hôtel, mais la route est vraiment longue, donc nous prenons le taxi. Le trafic est complètement bouchés en raison de manifestations qui ont lieu depuis ce midi. L'une partait de la Place 9 de Mayo quand nous avons retrouvé Fred. Les mères des 30 000 disparus sous les différentes  dictatures de 1973 au début des années 80, lorsque les gens du peuple étaient enlevés, torturés et éliminés pour ne pas suivre les idées du régime militaire, se rassemblent tous les jeudi sur cette place, et demandent aux politiciens actuels de faire justice. Le peuple argentin n'oublie pas ses enfants, l´Etat par contre ....

Par Ludovic - Publié dans : Argentine
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Ludovic


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