Vendredi 28 avril 2006
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17:11
Je n'ai pas pu dormir de la nuit. Et le barbu de la mosquée s'est mis a hurler a 4h00 a tel point que j'avais l'impression qu'il était dans la chambre. Je suis content que cette nuit se termine et que nous quittions enfin cette ville. Un taxi nous emmene a l'aéroport sans mauvaise surprise. Nous passons l'enregistrement des bagages sans meme avoir montré nos passeports et nous voila devant notre avion 9h15. J'en connais pas beaucoup qui auraient fait les malins en voyant dans quoi nous allons faire le vol pour le Kalimantan !
L'avion a hélice en face de moi a une carlingue carré qui peut contenir maximum 20 passagers. Ca doit faire plus de 30 ans que ce modele n'est plus construit, et de toute facon je n'en avais jamais vu de semblable auparavant. Allez, on fait sa priere et on embarque ... En m'asseyant dans mon siege, j'ai l'impression d'etre revenu 50 ans en arriere, a l'époque des pionniers de l'aviation. Les hélices se mettent a tourner, et l'avion s'élance sur la piste comme le ferait un airbus 330. Le décollage se fait en douceur et Java n'est bientot plus qu'une tache a l'horizon. Nous survolons un archipel d'ilots paradisiaques, et apres un leger en-cas servir pas l'hotesse, je m'endors bercé par le ronflement des hélices. Lorsque je me réveille la cote de l'ile de Bornéo qui comprend le Kalimantan est déja en vue. Ce qui était il y a encore 30 ans une des plus sauvages forets du monde, a bien changé et les cicatrices de la civilisation moderne sont bien visibles sous la forme de grandes poches de foret dévastée ou de prairies. Le mythe de la Bornéo primitive s'est éteint depuis longtemps. L'avion attérit avec un peu plus de fracas que le décollage, mais l'objectif de nous mener a bon port est atteint.
L'aéroport de PangKalenbun avec son architecture locale en bois et son toit de tuile bleu est vraiment beau. Je me sens déja dépaysé. Un 4x4 vient nous prendre et nous faisons connaissance avec Oyono, notre guide local qui a organisé notre séjour dans le Parc National Tenjung Puting. Nous allons directement a Kumai, ville fluviale en bordure du Parc, ou se trouve le bateau que nous avons loué pour silloner les canaux de la foret a notre guise. Pour visiter le parc, il faut une autorisation speciale de la police qui délivre une lettre que nous devons ensuite remettre a l'entrée du parc, mais nous avons fait le nécessaire a l'avance en faxant des photocopies de nos passeports a Suyono 2 jours auparavant.
Une fois a Kumai, nous traversons un passage fait de vieilles planches vermoulues entre 2 cabanes, et arrivons a une plateforme sur pilotis ou se trouve notre bateau, appelé ici "klotok".
C'est une sorte de grande barque familliale (7 metres) avec un espace cabine ou il faut marcher a quatre pattes pour s'y déplacer, et un pont supérieur partiellement abrité par une bache rigide. Des matelas et coussins ont été installé a l'ombre, et une table basse avec 4 chaises sont disposées sur la partie non abritée. Tout a l'arriere, une cabine isolée fait office de WC directement relié a la riviere. Pas de douche donc ?
Apres avoir fait le tour du propriétaire, nous nous installons confortablement, payons a l'avance le voyage, et attendons le départ. Notre guide et les 2 autres indonésíens qui nous accompagnent, un assistant et le cuisinier, vont faire les courses de nourittures et les réserserves d'essence. L'heure du déjeuner passe et rien ne semble avoir été prévu donc je retourne sur la rue principale m'acheter des gateaux pour patienter. Je lis et j'observe aussi la vie sur les bords de la riviere : Kumai semble etre un important port de marchandise.
A 15h00, le moteur diesel de notre klotok se met a crachoter sa fumée noire, et nous voila enfin parti pour 4 jours d'aventure et de détente.
Nous remontons la riviere sur 2 kilometres puis nous tournons dans un bras étroit a l'eau boueuse, qui ne fait pas plus de 10 metres de large. Tout de suite, je me sens ailleurs, loin de la civilisation. C'est la fin de la saison des pluies et avec le niveau de l'eau au plus haut, les berges sont invisibles, completement envahies par la végétation qui se reflete parfaitement a la surface de l'eau.
Il y a un peu de trafic ici, notamment des petits bateaux rapides qui font office de transport public jusqu'a la ville pour les gens qui habitent les villages environnants. Je m'endors sur le pont et me réveille a l'approche des premiers singes.
Ce sont des gibons, petits singes avec des grands yeux marrons clair qui vivent dans les arbres le long de la riviere. Ils ressemblent un peu a des lémuriens. Le bateau est l'endroit idéal pour les observer.
Et juste apres, nous apercevons les fameux singes a long nez, beaucoup plus rare. Lorsqu'ils sont jeunes, il ressemble a n'importe quel singe avec un pelage court, mais en devenant adulte, ils developpent un apendice nasal surdimensionné par rapport a la taille de leur tete et qui pend au milieu de leur visage tel une courge bien mure.
Nous arrivons a la tombée de la nuit au camp Pondok Tanggui, premiere étape de notre périple pour voir les orang-outans. Nous accostons a un ponton en bois qui mene au camp via une longue passerelle au dessus des marécages. Nous irons dans le camp demain matin seulement. Un excellent diner nous est servi sur le pont d'ou nous pouvons deviner la silouhettes d'enormes chauves-souris virevoltant au dessus de nous. Un générateur est installé afin de nous éclairer et j'en profite pour recharger la baterie de mon appareil photo a fond avant le grand moment.
Vers 22h00, l'équipage installe des matelas sur le pont supérieur avec des moustiquaires. Moi je préfere dormir a l'intérieur. C'est mieux protégé des insectes, et surtout des excréments des chauves-souris sournoisement largués en plein vol.
L'avion a hélice en face de moi a une carlingue carré qui peut contenir maximum 20 passagers. Ca doit faire plus de 30 ans que ce modele n'est plus construit, et de toute facon je n'en avais jamais vu de semblable auparavant. Allez, on fait sa priere et on embarque ... En m'asseyant dans mon siege, j'ai l'impression d'etre revenu 50 ans en arriere, a l'époque des pionniers de l'aviation. Les hélices se mettent a tourner, et l'avion s'élance sur la piste comme le ferait un airbus 330. Le décollage se fait en douceur et Java n'est bientot plus qu'une tache a l'horizon. Nous survolons un archipel d'ilots paradisiaques, et apres un leger en-cas servir pas l'hotesse, je m'endors bercé par le ronflement des hélices. Lorsque je me réveille la cote de l'ile de Bornéo qui comprend le Kalimantan est déja en vue. Ce qui était il y a encore 30 ans une des plus sauvages forets du monde, a bien changé et les cicatrices de la civilisation moderne sont bien visibles sous la forme de grandes poches de foret dévastée ou de prairies. Le mythe de la Bornéo primitive s'est éteint depuis longtemps. L'avion attérit avec un peu plus de fracas que le décollage, mais l'objectif de nous mener a bon port est atteint.
L'aéroport de PangKalenbun avec son architecture locale en bois et son toit de tuile bleu est vraiment beau. Je me sens déja dépaysé. Un 4x4 vient nous prendre et nous faisons connaissance avec Oyono, notre guide local qui a organisé notre séjour dans le Parc National Tenjung Puting. Nous allons directement a Kumai, ville fluviale en bordure du Parc, ou se trouve le bateau que nous avons loué pour silloner les canaux de la foret a notre guise. Pour visiter le parc, il faut une autorisation speciale de la police qui délivre une lettre que nous devons ensuite remettre a l'entrée du parc, mais nous avons fait le nécessaire a l'avance en faxant des photocopies de nos passeports a Suyono 2 jours auparavant.
Une fois a Kumai, nous traversons un passage fait de vieilles planches vermoulues entre 2 cabanes, et arrivons a une plateforme sur pilotis ou se trouve notre bateau, appelé ici "klotok".
C'est une sorte de grande barque familliale (7 metres) avec un espace cabine ou il faut marcher a quatre pattes pour s'y déplacer, et un pont supérieur partiellement abrité par une bache rigide. Des matelas et coussins ont été installé a l'ombre, et une table basse avec 4 chaises sont disposées sur la partie non abritée. Tout a l'arriere, une cabine isolée fait office de WC directement relié a la riviere. Pas de douche donc ?
Apres avoir fait le tour du propriétaire, nous nous installons confortablement, payons a l'avance le voyage, et attendons le départ. Notre guide et les 2 autres indonésíens qui nous accompagnent, un assistant et le cuisinier, vont faire les courses de nourittures et les réserserves d'essence. L'heure du déjeuner passe et rien ne semble avoir été prévu donc je retourne sur la rue principale m'acheter des gateaux pour patienter. Je lis et j'observe aussi la vie sur les bords de la riviere : Kumai semble etre un important port de marchandise.
A 15h00, le moteur diesel de notre klotok se met a crachoter sa fumée noire, et nous voila enfin parti pour 4 jours d'aventure et de détente.
Nous remontons la riviere sur 2 kilometres puis nous tournons dans un bras étroit a l'eau boueuse, qui ne fait pas plus de 10 metres de large. Tout de suite, je me sens ailleurs, loin de la civilisation. C'est la fin de la saison des pluies et avec le niveau de l'eau au plus haut, les berges sont invisibles, completement envahies par la végétation qui se reflete parfaitement a la surface de l'eau.
Il y a un peu de trafic ici, notamment des petits bateaux rapides qui font office de transport public jusqu'a la ville pour les gens qui habitent les villages environnants. Je m'endors sur le pont et me réveille a l'approche des premiers singes.
Ce sont des gibons, petits singes avec des grands yeux marrons clair qui vivent dans les arbres le long de la riviere. Ils ressemblent un peu a des lémuriens. Le bateau est l'endroit idéal pour les observer.
Et juste apres, nous apercevons les fameux singes a long nez, beaucoup plus rare. Lorsqu'ils sont jeunes, il ressemble a n'importe quel singe avec un pelage court, mais en devenant adulte, ils developpent un apendice nasal surdimensionné par rapport a la taille de leur tete et qui pend au milieu de leur visage tel une courge bien mure.
Nous arrivons a la tombée de la nuit au camp Pondok Tanggui, premiere étape de notre périple pour voir les orang-outans. Nous accostons a un ponton en bois qui mene au camp via une longue passerelle au dessus des marécages. Nous irons dans le camp demain matin seulement. Un excellent diner nous est servi sur le pont d'ou nous pouvons deviner la silouhettes d'enormes chauves-souris virevoltant au dessus de nous. Un générateur est installé afin de nous éclairer et j'en profite pour recharger la baterie de mon appareil photo a fond avant le grand moment.
Vers 22h00, l'équipage installe des matelas sur le pont supérieur avec des moustiquaires. Moi je préfere dormir a l'intérieur. C'est mieux protégé des insectes, et surtout des excréments des chauves-souris sournoisement largués en plein vol.


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