Mercredi 21 décembre 2005

De retour sur le bateau, une réunion pour un débriefing de la journée et la présentation du programme de demain a lieu, puis nous allons diner. Dehors, le soleil qui n'était apparu qu'au cours de brèves éclaircies depuis ce matin, émerge de la couche de nuage et la lumière est la plus belle que nous ayons eu depuis que nous sommes partis. Impossible de rester dans la salle à manger avec cette éclairage rasant qui fait ressortir le relief des icebergs. Et quand la glace d'un bleu translucide prend des reflets orangés, les dégradés fantastiques me scotchent sur le pont, en plein air, jusqu'à 23h00. Le soleil enfin couché, je peux m'installer dans la salle de lecture pour travailler avec l'ordinateur, et trier les centaines de photos de la journée avant d'aller me coucher. Ca va être dur de dormir, si c'est comme ca pendant encore 6 jours ...







 


par Ludovic publié dans : Antarctique
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Mercredi 21 décembre 2005

Le bateau traverse en sens inverse le canal d'accès à Paulet Island. Nous croisons les mêmes icebergs qu'à l'aller, mais sous un angle différent, La magie est toujours au rendez-vous, je ne m'en lasse pas.  A peine à bords depuis 15 minutes et nous enchaînons directement sur le déjeuner, que j'enfile à toute allure pour retourner sur le pont et ne pas louper une miette du spectacle des icebergs.





La route se dégage et nous approchons de la côte. Il nous reste 2 grosse plaques de glaces à contourner, de plusieurs dizaines de mètres de haut et une bonne centaine de mètres de long, et la station est en vue. C'est un petit groupe de baraques oranges sur une langue de terre rocailleuse, coincées entre 2 montagnes immaculées.


Un vent sec et froid balaye la surface de l'eau créant des petites vagues. L'Ushuaïa s'immobilise dans la baie, et l'appel pour se préparer à l'accostage raisonne dans les hauts-parleurs. Nous remettons nos combinaisons et c'est reparti pour un tour de Zodiac. Nous débarquons sur une petite plage, au pied d'une jetée faite de pierres empilées et sur laquelle se trouve une cabane où figure un panneau "Bienvenue à la base Antarctique Argentine Esperanza".

Nous sommes accueillis par le second officier de la base qui nous sert de guide. Des restes de l'abris  (une cabane de pierres) de la première expédition qui était là  au début du siècle, sont quasi intacts. Des vieux traîneaux et un chasse-neige de collection sont alignés un peu plus loin, parfaitement conservés eux aussi par l'air sec. Aussi étrange que cela puisse paraître, l'Antarctique est le continent le plus "sec" sur Terre : il ne pleut jamais. Je pose devant le panneau qui indique la direction du Pôle Sud (encore  3000 km !), puis nous allons voir une zone de nidifications de pingouins. C'est marrant, quand les bébés sont fourrés contre le ventre de leur mère, ont a l'impression qu'elle a mis des grosses pantoufles.

 

De l'autres côtes de la baie, des énormes glaciers descendent dans l'eau. En se brisant, ils ont crée les immenses plaques de glaces flottantes que nous avons dû éviter avant d'atteindre la base.

La visite guidée terminée, je me promène entre les maison en tôle qui sont disséminées sur la pente. Certaines accueillent le laboratoire, la réserve de vivre, les quartiers des officiers et des autres occupant de la base, une école (ouverte uniquement en été quand les familles peuvent se rejoindre), un petit cimetière, et même une église. Les pingouins sont se faufilent partout, y compris dans entre les maisons. Ils ont l'air habitué à la présence humaine.



La visite se termine dans le restaurant, qui accueille aussi La Poste. Et oui, il est possible d'envoyer son courrier depuis l'Antarctique ! 2 gars en uniforme derrière un bureau vendent des timbres, et la boite au lettre est un totem en carton. Nous passons au total 2 heures sur l'île, puis nous repartons.

par Ludovic publié dans : Antarctique
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Mercredi 21 décembre 2005

Je me lève à 4h30 pour admirer le passage du bateau dans le détroit de Bransfield. Je passe prendre Audrey en chemin, et je fonce sur le pont pour voir ce que ça donne. Le spectacle est encore montée en grade : le bateau navigue au milieu d'une mer de morceaux de glace qui se sont agglutinés et qui dérivent. Des gros icebergs sculptés par le vent et l'eau de mer crées un véritable labyrinthe dans lequel le bateau doit se faufiler.



Les plus vieux ont une couleur bleue translucide due à la densité de la glace qui est plus forte que sur les icebergs plus récents. Nous avançons à allure réduite et les 3 officiers du bateaux sont sur le pont, les yeux rivées aux jumelles. Souvent, j'ai l'impression que nous fonçons droit sur un iceberg, mais au denier moment, un passage apparaît et nous passons parfois avec à peine 5 mètres de distance entre la coque et l'obstacle.

 

Je photographie comme un dingue, grimpant dans tous les sens les différents niveaux de passerelles pour trouver le bon angle et la bonne lumière. C'est absolument fabuleux, et je ne suis pas le seul à le penser : à 6h00, la moitié des passagers se trouve sur le pont, caméras et appareils photo en main !
Les premiers pingouins apparaissent. Tout mignons, ils semblent abandonnés sur leur morceau de glace flottant. Dès que le bateau approche,  ils se regardent, comme pour se dire "bon les gars, il faut y aller maintenant, suivez moi, c'est par là", puis ils se dandinent maladroitement vers le rebord, et disparaissent dans l'eau à la queue leuleu. Souvent, il en reste quelques un sur la banquises qui semble rechigner à plonger alors qu'ils avaient pris de l'élan, mais ils hésitent en faisant des mimiques, comme si l'eau était trop froide pour eux. Ces petites bêtes sont vraiment adorables.

 

Nous arrivons à 8h00 à l'île de Paulet, de l'autre côté de la Péninsule Antarctique. L'île, un volcan éteint à la roche noire qui contraste avec le paysage de glace aux alentours, accueille la plus grande colonie de pingouins Adelie au monde. Effectivement, en regardant la côte avec les jumelles, je peux facilement distinguer des milliers de petits points noirs et blancs.


Et nous allons y débarquer ... après le petit déjeuner. Je retourne à ma cabine enfiler 2 couches supplémentaires de vêtements (5 au total), mon sur-pantalon étanche, ainsi que ma veste, et 2 paires de chaussette. Je cherche pendant 15 minutes la cagoule en polaire que je m'étais acheté exprès pour l'expédition, mais impossible de mettre la main dessus, donc je me résigne à me geler le crâne. J'enfile mes bottes en caoutchouc, et me voilà fin prêt pour affronter le froid de l'Antarctique. Tout le monde se rassemble dans le hall,  puis nous descendons vers le pont où nous devons préalablement à l'embarquement dans les Zodiacs, passer nos bottes dans un liquide désinfectant.

A 8h45, je touche le sol de l'Antarctique. Mais ça ne compte pas vraiment à mes yeux car nous ne sommes pas sur le continent lui même. Le guide nous apprend que c'est la première fois cette année qu'une expédition réussit à atteindre l'île, car jusqu'à présent, le détroit était infranchissable en raison de l'accumulation de la glace. Ma chance légendaire ... Le premier contact odorant n'est pas des plus agréable... les rochers sont recouverts de fientes de pingouin. Nous avons la consigne de ne pas approcher les ptites bêtes à moins de 5 mètres. Chaque mètre carré de l'île est recouvert d'un pingouin. Ils restent souvent immobiles, hurlent en pointant le bec en l'air, ou trop occuper à nourrir leur progéniture car nous sommes en pleine période de nidification.



Je m'attarde sur la côte ou des groupes se sont installés sur la glace flottante, en attente d'un plongeon, ou de pingouins qui regagnent la terre ferme.


Je marche vers l'intérieur de l'île jusqu'à un promontoire qui domine un lac volcanique gelé. Les pingouins ont aussi colonisé l'endroit et déambulent sur la patinoire que représente le lac, en faisant des glissages sur le ventre pour avancer plus vite. Je reste 15 minutes à essayer de photographier un couple de bébés à la fourrure grise qui passe son temps fourré entre les jambes de sa mère, puis je redescent vers la côte, où je regarde les pingouins nager et venir sur la plage.

 

Je fais pas mal de vidéos des pingouins car c'est plus adéquat pour se rappeler de leur démarche amusante. La température est d'environ 0 °c mais avec le vent, elle devient inférieur. J'ai les pieds gelés dans mes bottes. Au bout de 2h00 sur l'île, le ballet des zodiacs reprend pour nous ramener sur le bateau, qui se met aussitôt en route vers notre prochaine destination : la base antarctique Argentine "Esperanza".

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Mardi 20 décembre 2005

Je n'ai presque pas dormi de la nuit mais je me lève quand même à 9h00 pour aller voir la taille des vagues. Je monte trop tard sur le pont de commande car la mer s'est calmée. Mais voici un cliché pris par Lâm, quelques minutes avant que j'arrive. La vague fait plus de 20 mètres de haut et balaye complètement le pont avant.

La matinée se passe tranquillement avec une conférence sur l'Histoire de l'Antarctique, puis je retourne sur le pont de commande compléter ma formation de marin. Cette fois-ci, l'officier m'apprend à lire le GPS et à transposer la position du bateau sur la carte géographique avec les règles.


Premier grand moment d'observation de la faune aquatique : j'aperçois une baleine à une cinquantaine de mètres du bateau qui expulse son jet d'eau, elle plonge en courbant son gigantesque corps.

Le déjeuner arrive, je ne suis pas en grande forme et l'appétit s'en ressent. Je retourne vite sur le pont pour continuer mon observation de la mer. A 15h00, nous devons tous nous rassembler pour les consignes d'embarquement sur les zodiacs et de descente à terre. Nous allons avoir des bottes spéciales qui sont lavées dans un désinfectant afin de tuer toutes les bactéries et germes que nous pourrions transporter, et éviter ainsi la contamination des animaux par des maladies venues d'un autre continent. Nous récupérons nos gilets de sauvetages personnels, notre paire de botte, et je fonce sur le pont pour reprendre mon observation de la mer.

Je regarde au loin et là, c'est le début d'un grand moment : un iceberg est apparu au loin. Je reste scotche dessus avec les jumelles pendant une dizaine de minutes. Le bateau se dirige droit dessus car il est en plein sur notre trajectoire, et 1 heure plus tard, il est là, immense et superbe, devant nous. Un moment fabuleux. Tout le monde est sur le pont et photographie à tout va. Le bateau contourne l'iceberg pour nous permettre de l'admirer sous toutes les coutures. La glace a fondu en créant une sorte de petite lagune ouverte ou l'eau est d'un bleu-vert magnifique. Cela est dû à la glace qui se trouve immergée et qui reflète la lumière. Encore une merveille de la nature...



Le bateau s'éloigne et nous nous rapprochons des Iles Shetland, que nous allons passer pour rejoindre le détroit de Brunsfield. Nous croisons un vieux bateau de la Marine Argentine qui vient de ravitailler la base polaire Esperanza où nous allons nous rendre dans demain si les conditions climatiques nous permettent de l'atteindre. 20 minutes plus tard, c'est le célébrissime brise-glace argentin Almirante Irizar, qui nous croise. C'est rassurant de voir qu'il y a du monde dans les parages en cas de problème.



Le show des icebergs continue avec une immense plaque au rebords abruptes qui se terminent en dentelle de glace avant de plonger dans l'eau.


La côte des Iles Shetlands se fait de plus en plus précise et des pics enneigés fantomatiques se laisse deviner dans la brume. Une baleine vient nous dire bonjour, juste le temps de nous cracher un jet d'eau, de nous montrer son dos et elle entame une plongée.


Je dîne à toute allure car je ne veux pas louper une miette du spectacle. Le soleil se dirige lentement vers l'horizon en créant des éclairages fantastiques sur les nuages et les icebergs environnants. J'ai les doigts glacés dès que je sort une minutes pour prendre des photos, mais je ne peux pas décrocher. A 23h00, le soleil de soleil disparaît enfin dans l'eau glaciale, je vais pouvoir aller me coucher. Demain, je serai sur le pont dès 5h00 pour la suite du spectacle.


par Ludovic publié dans : Antarctique
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Lundi 19 décembre 2005

Je me réveille vers 8h00. Ca va bien au début, mais le temps de prendre une douche et le roulis me fait déjà sentir mal. Je prend un nouveau cachet et vais immédiatement dehors pour prendre l'air. Ca fait du bien, mais il commence a faire vraiment froid.
Je rentre et vais dans la salle du petit-déjeuner. J'ai juste le temps de commander un chocolat et je sens qu'il faut que je sorte à nouveau car le mal de mer empire. Dans la salle, un touriste qui a l'air mal en point aussi se lève, sûrement pour prendre l'air, et revient 30 secondes plus tard en courant, la main sur sa bouche et les joues à deux doigts d'exploser ... Juste le temps d'arriver à l'évier de la cuisine ! Au moins je ne serai pas le premier a vomir, si ça m'arrive.

Les effets du cachet commencent a se faire sentir au bout d'une heure et je m'allonge dans les canapés du salon principal pour dormir. Il y a 2 conférences ce matin sur les mamifères et les oiseaux d'Antarctique mais je me sens incapable de lutter contre le sommeil pour y assister. Ca fait un peu chier, mais bon ... Je retrouve au déjeuner Stéphane, et Audrey qui n'a pas dormi de la nuit. Elle aussi a le mal de mer alors que moi ça va beaucoup mieux. Nous avons un bon repas (poulet au curry avec pommes de terre vapeur), que tout le monde n'est pas en mesure d'apprécier car la salle est à moitié vide.

Après le déjeuner, je vais faire petit tour au frais. La mer est d'un bleu comme je l'ai rarement vu : un bleu marine pur et translucide qui donne la chair de poule rien qu'en le regardant.




Je m'installe dans la salle de lecture pour écrire mais j'ai encore les paupières lourdes. Je fini par craquer et je m'allonge à nouveau. Je somnole jusqu'à 17h00, puis je commence à émerger. Je regarde à travers le hublot, et je ne vois rien d'autre que la mer jusqu'à l'horizon, et ce ciel gris. N'ayant rien à faire, j'en profite pour faire du tri sur mon ordinateur parmi les photos et les textes du blog.

Je rejoins un rassemblement dehors sur le pont arrière. Les gens photographient des albatros qui suivent le bateau en rasant les vagues. Ils n'utilise que les vents pour planer, pas un mouvement d'aile pendant 5 minutes pour certain.

Le haut-parleur annonce un film dans la salle de conférence, que je vais voir, mais à la moitié, il faut aller dîner, puis nous retournons dans la salle de conférence ou un autre film est projeté. C'est un documentaire sur Shackleton, un aventurier anglais qui a tenté d'atteindre le Pôle Sud pendant la première guerre mondiale. Son voilier a été broyé par la banquise, et il a miraculeusement réussit à rejoindre les îles de Georgie du Sud dans une barque avec 4 de ses co-équipiers. Il est ensuite revenu 4 mois plus tard pour sauver le reste de son équipage qui attendait sur une île à la pointe de la Péninsule Antarctique. Une histoire de dingue.

A la fin du film, je vais voir la cabine de pilotage d'où il y le meilleur point d'observation. La salle est vaste et rempli d'instruments de navigation. J'ai repéré les radars, et je demande à l'officier de m'expliquer comment ça marche. Il me fait une petite démonstration des réglages, et au bout de 5 minutes, je suis capable de comprendre les informations qu'il affiche. Puis nous allons voir la carte de navigation pour repérer notre position. Nous ne sommes qu'à mi-chemin dans le Passage de Drake ... encore une longue journée de bateau qui nous attend demain.

Je passe une partie de la soirée à discuter avec Audrey, puis à minuit, je vais me coucher. Le tangage du bateau augmente de plus en plus, si bien que vers 1H00, je peux entendre des vagues (surement énormes) s'éclater contre la coque dans un bruit d'enclume. Les premières fois, j'ai presque cru que nous avions heurté un iceberg. Tout le bateau émet maintenant des bruits de pièces métalliques qui s'entrechoquent quelque part dans la cale. Impossible de s'endormir avec ce raffut.

par Ludovic publié dans : Antarctique
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Dimanche 18 décembre 2005

Après avoir passé la matinée à tourner en rond entre le backpacker et le café internet, à 15h00, je prend le chemin du port avec toutes mes affaires. Il fait un temps pourri mais j'ai le sourire au lèvre, jusqu'aux oreilles, et je commence a ressentir l'excitation du départ. Mon bateau, l'Ushuaia, d'un beau bleu marine et blanc, est visible au loin, amarré entre deux autres gros bateaux. Il est sous pavillon panaméen, mais affilié à la ville dont il porte le nom. Il semble flambant neuf, la peinture a été refaite récemment.

Je fais une photo souvenir devant le port avec le panneau de la ville "Fin del Mundo", et je prend la direction du ponton.



Il faut passer ses affaires dans un appareil à rayon X et me voilà en train de marcher sur la digue en béton. Je passe le premier bateau russe et rejoint un petit groupe qui attend devant le bateau. La montéee à bord n'est autorisée qu'à partir de 16h00, soit dans 15 minutes. Je pose mon sac, et vais faire un tour pour voir les autres bateaux. Deux navires russes semblent aussi partir pour des expéditions polaires.



Les deux énormes bateaux derrière le mien sont des navires de pêche. Le Centurion del Atlantico est en train de charger une cargaison de Surimi. Les marins se font un plaisir de poser pour mon objectif. Les marins russes sont plus concentrés sur leur travail.

Alors que je marche sur le ponton, je manque de prendre une moule sur la tête. Elle s'écrase sur le béton à 1 mètre de moi. Je lève la tête et j'aperçois une mouette qui descend, se pose, récupère la moule cassée et s'en va à nouveau. Dangereux de se promener sur le port ...

A 16h00, les organisateurs font leur apparition et passent voir chacun d'entre nous pour vérifier que nous sommes sur la liste de départ, puis je monte dans le bateau. Je montre mon billet et mon passeport (que l'organisateur garde) à un deuxième contrôle, puis une hôtesse m'emmène jusqu'à la chambre. Nous descendons un escalier, puis un deuxième. J'ai l'impression que je vais dormir dans la cale ! Cabine 512. C'est là. Il y a déjà mon compagnons de chambre dedans. Il s'appelle Lâm, 41 ans, et vient de Hong-Kong. Notre chambre, est assez spartiate, avec un lit superposé, une armoire, un lavabo, une petite table de travail avec une chaise, et un accès à une salle de bain commune. Après les présentations, je remonte sur le pont pour commencer la visite du bateau. C'est assez comique car tout les passagers font pareils : ils déambulent sur les ponts, l'air interrogateur, chacun se regarde, fait un bonjour timide, puis on continue a explorer chaque recoin comme si nous avions perdu quelque chose, en faisant une photo de temps en temps. Je fais connaissance avec Sam, un néo-zélandais qui voyage avec se femme depuis 12 ans avec leur camping car.

Le cocktail de bienvenue débute à 18h00. La majorité des passagers est plus vieille que moi, je dirais dans la quarantaine bien avancée. Je suis sûrement un des plus jeune, mais je m'y attendais. Une bonne dizaine de nationalité est représentée, l'anglais sera donc la langue officielle du voyage. A 18h00, l'Ushuaïa quitte le port lentement, suivi quelques minutes plus tard par un énorme bateau russe qui nous doublera rapidement.

Je sors sur le pont pour regarder le spectacle du Canal de Beagle. A gauche, c'est la terre de feu argentine, à droite le Chili. Nous passons le Phare des Eclaireurs, petite tour rouge et blanche seule sur son cailloux inhospitalier, puis nous passons devant Puerto Williams, la vraie ville la plus australe du monde du côté chilien, contrairement a ce que les argentins affirment pour faire la publicité d'Ushuaïa.
Le ciel est toujours menaçant, mais de temps à autre, un rayon de soleil perce l'épaisse couche de nuages grisâtres pour éclairer la surface de l'eau et créer une marre de lumière. L'atmosphère est mystique, j'ai l'impression d'avoir embarqué pour l'Au-delà.





Une présentation de l'équipage dans la salle de conférence s'enchaîne sur le cocktail. Le Capitaine est un ancien Commandant de brise-glace, nous avons à bord un naturaliste, un ornithologue, un spécialiste de de l'Antarctique, et le personnel hôtelier. A la fin de la présentation, nous devons faire un exercice de simulation d'évacuation. Tout le monde retourne dans sa chambre, et attend la sonnerie d'alarme. Il faut prendre son gilet de sauvetage, et se rendre sur le pont où se trouvent les canots. Moi, comme d'habitude, j'étais reparti faire des photos et je croise pour aller dans ma cabine tout le monde à contre-sens, en pleine évacuation.

L'exercice terminé, je retourne sur le pont et fait connaissance avec Xavier, un étudiant espagnol qui se promène avec une énorme caméra de reporter. Il est étudiant en cinéma et profite de l'expédition pour réaliser  un projet de film documentaire. Le haut parleur annonce que le dîner est servi, et nous nous nous rendons dans la salle de restauration. Là, je fais connaissance avec Victoria et John, un couple australien, avec Audrey, une française qui a embarqué avec Stéphane qui est à une autre table. Nous sommes donc 3 français à bord, d'environ le même âge. Le repas est bon.

Aussitôt fini, je vais dans le salon pour écrire l'article du jour. Audrey et Stéphane me rejoignent, et nous faisons mieux connaissance jusqu'à minuit. Tout le bateau est déjà couché, et le roulis commence. Il fait super chaud dans la chambre, et je commence à avoir mal au coeur. De temps en temps, les portes du placard qui sont ouvertes claquent au gré du tangage. Le mal de mer empire et je suis obligé de prendre un cachet qui m'assomme au bout d'une heure.

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Dimanche 18 décembre 2005

1er jour : Le bateau part d'Ushuaïa et longe le Canal de Beagle, puis le passage de Macklinley en direction de l'Océan Atlantique.

2ème et 3ème jour : Nous traversons le fameux passage de Drake, nommé d'après l'explorateur Sir Francis Drake qui navigua dans ces eaux en 1578. Ce passage est la porte d'entrée vers l'Antarctique. Nous devrions apercevoir les premiers icebergs.

Du 4ème au 8ème jour : Exploration des Iles Shetlands du Sud et de la Péninsule Antarctique. Les îles sont un paradis de la faune antarctique, lions de mer, phoques, morses, baleines, orques, albatros, cormorans, etc ... Des expéditions quotidiennes en zodiac sont prévues sur le continent  et sur la plupart des îles que nous allons croiser afin d'approcher la faune au mieux. Et bien sûr, les icebergs nous accompagnerons tout le long.

9ème et 10ème jour : Retour vers Ushuaïa.

11ème jour : Arrivée le matin.

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