Vendredi 16 décembre 2005

Cette nuit, je me suis rappelé pourquoi j'en avais marre des dortoirs : il y a toujours un emmerdeur qui ronfle toute la nuit et m'empêche de dormir. J'avais envie de me lever pour secouer son lit comme un prunier, ou de lui balancer une chaussure dans la tête, mais bien sûr, comme souvent dans ces cas là, c'est un gros balèze ... Donc personne ne dit rien jusqu'au petit déjeuner.

Il fait 5°c ce matin, et un ciel gris qui ne donne pas envie de sortir de son lit. Mais je dois quand même aller dehors pour faire une lessive avant le départ, et continuer mes préparatifs. Mais la pluie arrive vite et je me réfugie dans un café Internet.  Un autre truc m'énerve ce matin, c'est tous ces fumeurs qui s'allument une cigarette a côté de moi, au restaurant, au petit déjeuner ou au diner dans le backpacker, a l'aéroport, dans la gare routiere, et bien sur, dans le cafe Internet, sans demander si ca dérange quelqu'un. L'Argentine est un paradis pour eux car il n'y a semble-t-il aucune loi anti-tabac dans les lieux publics, et du coup ils sont vraiment sans-gene. Bref, des que le soleil revient, je repasse au backpacker car Daphna part pour Punta Arena (Chili) ce matin. Nous nous disons au revoir, et je repars.

Je réalise aussi que je vais passer 10 jours sur un bateau dans des conditions de navigation qui risquent d'être extrêmes. Des cachets contre le mal de mer ne seraient pas inutiles. J'ai aussi besoin de caleçons, et j'achète une carte postale pour les enfants d'une école à Dreux avec laquelle je correspond pour faire des leçons de "géographie interactive".

La pluie s'est arrêtés donc je vais me promener de l'autre côté de la baie en prenant la route qui mène à la presqu'île. La vue sur Ushuaïa et son port  est superbe, il manque juste un petit rayon de soleil.





Un arc-en-ciel apparaît au loin, très bas sur l'horizon. Je n'en avais jamais vu des comme ça. Cela doit être dû à la latitude.



Il recommence à pleuvoir, donc je reviens vers la ville et un vent glacé me fouette le visage. J'ai beau me protéger, à la fin de la route, la moitié de mon visage est engourdi par le froid. C'est ça la météo de la Terre de Feu et de Patagonie : un ciel changeant perpétuellement. En l'espace d'une demi-heure, il peut passer d'un soleil radieux a un ciel gris menaçant. Mais il y a une constante, le vent glacée. Heureusement que c'est l'été ici car je n'ose pas imaginer ce que ça doit être en hiver.

Je passe au supermarché m'acheter mon paquet de pâtes quotidien ainsi qu'une pizza, puis je rentre au Backpacker. Pas mal de monde est parti donc c'est beaucoup plus calme que les jours précédents. J'apprécie un peu plus. Il ne reste plus que la smala des israéliens et 2 anglaises. Je grave des photos pour un des israélien avec mon ordinateur, ce qui me permet au passage de voir celles qu'il a fait du lever de soleil sur Ushuaïa. C'était le matin où ils sont rentrés bourrés. C'est décidé, je me lève à 4h00 demain ! Ou je ne me couche pas ...

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Jeudi 15 décembre 2005

Pas de programme prévu aujourd'hui, juste envie de ne rien faire. C'est un petit bonheur de pouvoir s'autoriser ça. Je me lève donc à 9h30, et vais passer une bonne partie de la matinée sur Internet pour répondre à une partie de mon courrier en retard. Puis je croise à nouveau Daphna au backpacker qui n'a rien à faire non plus. Le temps de me faire mes pâtes, et je lui propose d'aller au musée de la Marine ensemble.

Le Musée est situé dans l'ancienne prison d'Ushuaïa qui est à l'origine du développement de la ville, lorsque celle-ci fut fermée en 1948 et rachetée par la Marine Argentine pour en faire une base navale stratégique. Des flots d'immigrants arrivèrent attirés par la rumeur de gisements aurifères, et aujourd'hui le développement continue grâce à la mine d'or que constitue le tourisme.

Le musée est assez hétéroclite et intéressant. Il retrace l'histoire des différentes expéditions depuis 500 ans, avec des maquettes des bateaux, des peintures et des cartes géographiques. Une salle est consacrée aux indiens Yamana qui peuplèrent la région avant la colonisation. Puis la visite continue par une aile de la prison dont chaque cellule a été aménagé pour retracer l'histoire de la construction du bagne, ses prisonniers célebres, à travers des objets et des photographies d'époque.

 

Nous y passons une heure, puis nous allons prendre un chocolat chaud dans un magasin spécialisé.  Elle a rendez-vous avec un ami donc je la laisse, et vais faire mon shopping pour affronter le continent le plus froid de la planète. J'achète une cagoule thermique et des chaussettes du même genre, puis je repasse à l'agence de voyage récupérer mon billet de bateau. Il manque juste une petite information dans mon dossier : mon groupe sanguin, sans quoi, pas de départ (soit disant ...). Ca ne rigole pas au niveau de la sécurité médicale.

Je n'ai absolument aucune idée de la réponse. Je dois donc envoyer un email à ma mère en espérant qu'elle le connaisse, et je rentre préparer mon dîner. Je comptais me faire du riz (pour changer des pâtes ...), mais Daphna me propose d'aller faire des courses et d'acheter des légumes et des oeufs en plus, pour faire un dîner un peu plus goûtu. Ca ne se refuse pas. La soirée se passe tranquillement à discuter avec d'autres voyageurs.

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Mercredi 14 décembre 2005

Je me lève à 8h00 et je pars aussitôt explorer les rues aux alentours car le soleil est au rendez-vous et je crains que cela ne dure pas longtemps. Ushuaïa est une ville spéciale, par sa situation géographique bien sûr, mais aussi par l'atmosphère particulière qu'elle dégage. Le centre à des allures de station de sport d'hiver car de nombreux bâtiments utilisent du bois et ont des formes de chalet. Les enseignes publicitaires se battent en duel avec les feux rouges et les fils électriques, cachant un horizon composés de montagnes légèrement enneigées.

Dès que l'on s'éloigne un peu de la rue commerçante en montant sur la colline, avec un peu d'attention, on pénètre dans un autre univers : celui des pionniers du début du siècle, à l'époque ou les matériaux de construction était de la tôle et du bois, et que la seule source de chaleur était celle du poêle. En effet, au milieu des maisons d'aspect moderne, se trouvent des cabanes au toit de tôle ondulée rouge, souvent rouillées, avec des frises en bois qui courent tout le long. Les toits très pointus évitent que les mètres de neige qui tombent en hiver ne s'accumulent dessus et ne fasse effondrer la baraque. Les façades sont parfois aussi en tôle ondulée, mais le plus souvent en bois. Pour égayer le paysage, elles sont peintes en vert, rouge, bleu, ou blanc. Enfin, une clôture en bois délimite des petits jardins au gazon bien vert, ou s'empilent dans un coin un bric-à-brac de planches, pièces mécaniques, vélos, etc ... Voilà une maison typique d'Ushuaïa.

 





Et lorsque je regarde au bout de la rue, il y a toujours cette vue magnifique sur une montagne à la silhouette déchiquetée qui retient quelques langues de glace ou de neige sur ses pentes.



Je me retourne, et là, c'est magique : c'est le Canal de Beagle qui me fait face avec ses eaux d'un bleu profond, et quelques îlots envahit par les phoques. De l'autre côté du canal, les montagnes du Chili peinent a émerger des nuages. Au bout de la rue cette fois, c'est le port et ses gros bateaux de pêche, ses porte-containers, ou des bateaux brise-glaces préparant un ravitaillement polaire avec une expédition scientifique. Et bientôt, peut-être le mien ...



Je retourne à l'Hôtel où m'attendent Daphna (l'israélienne avec laquelle j'ai sympathisé hier soir) et son amie Ingrid (Autriche), pour partir faire une petite randonnée jusqu'au Glacier Martial à quelques kilomètres d'ici seulement. Nous prenons un taxi jusqu'au point de départ où un téléphérique fonctionne. Le temps commence à tourner à la neige fondue, et l'option du téléphérique (15 pesos) prend vite le dessus sur celle de la marche. Nous arrivons au premier refuge en 10 minutes, et de là, une petite marche de 20 minutes nous permet d'atteindre le pied du glacier. en fait, le nom de "glacier" est assez usurpé car il ne s'agit que d'une fine langue de glace qui descend de la montagne. Même celui du Huayna Potosi où je me suis entraîné le premier jour était 10 fois plus impressionnant. Nous allons sur le flanc de la montagne opposée pour avoir une vue panoramique sur Ushuaïa et la baie, y restons 10 minutes, puis je tente d'escalader un peu plus la montagne, pendant que les filles retournent au refuge pour m'y attendre. Malheureusement, la neige rend la pierre glissante et je fais demi tour au bout de 15 minutes. De toute façon, la vue n'était pas mieux qu'en bas.





Nous reprenons le téléphérique pour descendre, puis nous nous faisons prendre en stop par un couple espagnol qui nous dépose près du centre-ville. Daphna part à 15h00 pour une croisière dans la baie, donc nous mangeons rapidement, et chacun va de son côté pour le reste de l'après-midi.

Moi, j'ai un "problème" à régler. J'ai peur qu'il n'y ai plus de place sur le bateau que j'ai trouvé pour l'Antarctique si j'attend le jour du départ pour tenter d'avoir un ticket bradé. La saison touristique a commencé, il y a beaucoup trop de monde ici. Et puis même bradé, ça me coûtera sûrement plus de 2000 dollars. Après, si je me plante, il va falloir patienter plus d'une semaine sur place pour tenter à nouveau ma chance. Ce que je ne peux pas me permettre si je veux atteindre Santiago à temps en ayant un peu profité de la Patagonie. J'ai pris ma décision : je ne peux pas laisser passer ça. Si proche de l'Antarctique, à peine 1000 kilomètres, et devoir repartir sans l'avoir vu ... impossible ! Je vais donc à l'agence, et je réserve ma place pour le prochain départ, Dimanche 18 Décembre. Je signe un paquet de paperasse concernant le respect des Traités Internationaux sur l'Antarctique, des décharges médicales, un contrat de voyage, et je prie pour que ma carte bancaire fonctionne. Alléluia, je suis en route pour le voyage le plus dingue de ma vie !

Sans trop vraiment réaliser ce qu'il va se passer dans 4 jours, je repars en ville à l'Office du Tourisme faire apposer sur mon passeport un tampon "Ushuaïa, Fin du Monde". C'est vrai quoi ... Il ne va pas y avoir d'immigration à passer quand je vais fouler la banquise... il me faut une preuve officielle que j'étais dans le coin !  ;-)

Je continue ensuite ma promenade de découverte de la ville en allant au port, en longeant l'embarcadère jusqu'à la base de la Marine Nationale, puis je vais au Musée de la fin du Monde (10 pesos). Il n'est pas très grand, mais les cinq salles regorgent d'information intéressantes sur les indiens de la régions (disparus depuis longtemps), la vie des pionniers, sur les expéditions en Terre de Feu depuis plus de 500 ans, les naufrages célèbres, et la faune locale.



En rentrant à l'hôtel je me fais une petite frayeur en passant devant une vitrine d'agence de voyage. Elle affiche des places de dernière minute pour un départ en Antarctique dans 2 jours, à un tarif inférieur de 500 euros par rapport au mien. Je rentre immédiatement dans l'agence pour en avoir le coeur net, mais je m'aperçois vite en étudiant l'offre que ça dure moins longtemps que la mienne, d'où le prix inférieur. Je préfère ça ... je me voyais déjà en train d'annuler mon voyage avec l'autre agence, et le bordel que ça risquait d'être.

Je rencontre un français cool à l'hôtel, qui comme moi a tout laché, ainsi que mes nouvelles camarades de chambre. Encore des israéliennes.
22h00 : je vais au supermarché acheter des pâtes et de la sauce tomate pour faire mon dîner. Heureusement que j'aime les pâtes car je vais devoir en manger des paquets pour les semaines à venir...

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Mardi 13 décembre 2005

Je me réveille tôt pour terminer de préparer mon sac, et je prend la direction de l'aéroport en taxi. Comme d'habitude, je tombe sur un fou qui se prend pour un pilote de Formule 1 mais ça a le mérite de me faire arriver vite. Il y a encore des traces de la grève des pilotes d'Aerolineas Argentinas qui a paralysée le trafic aérien pendant plusieurs semaines : un stand avec des banderoles se tient en face des guichets. Au milieu, deux grévistes qui campent dans une tente prennent le café.

J'ai demandé une place près du hublot et dès que l'avion quitte le sol, je ne regrette pas d'avoir pensé à ça. La vue sur Buenos Aires est superbe. L'immense Avenue 9 de Julio et son Obelisque prend toute son ampleur vue du ciel. Elle est tout simplement impressionnante par son gigantisme.



Le découpage urbain est surprenant aussi : le quadrillage parfaitement rectiligne des rues forme une immense trame qui ressemble à une ville de Légo, puis au fur et à mesure que l'on s'éloigne et prend de la hauteur, les maillons se resserrent et ne forment plus qu'un fond gris.
Les nuages, projetant leur ombre sur le sol, apparaissent et parsèment le ciel tel une flotte d'OVNI prête à envahir la Terre.



Petit à petit, les nuages s'étendent et le sol n'est plus qu'un tapis blanc jusqu'à l'horizon. Je profite des 3 heures de vol pour sortir mon ordinateur et écrire les articles en retard.

A 14H30, l'hôtesse me fait signe de ranger mon ordinateur car nous amorçons la descente sur Ushuaia. L'avion crève la couche de nuages et une vision magique apparait. Une multitude de pics de montagnes blanchies par la neige s'étend à perte de vue, uniquement interrompus par les lagunes aux eaux d'un bleu profond, et le Canal de Beagle. L'avion amorce un virage à 90 degrés et Ushuaia apparaît nichée dans une petite baie. Dans quelques minutes, je vais toucher terre, plus proche que jamais de l'Antarctique. L'aéroport est sur une presqu'île juste en face de la ville et jusqu'à ce qu'on atterrisse, la vue est superbe.

Quelques touristes débarquent en tongs et en t-shirt, mais ils sortent vite fait des affaires chaudes quand ils récupèrent leur sac. Moi aussi d'ailleurs. La température extérieure n'est pas désagréable mais le fond de l'air est frais. Un froid spécial, pas celui d'un hiver parisien, mais un froid pur, un froid qui vient d'au delà l'Océan, là ou des kilomètres de glace recouvrent la terre... La magie d'Ushuaia est en train d'opérer.

Je prend une navette pour le centre-ville avec d'autres voyageurs, qui me dépose au Backpacker Cruz del Sur dans la rue principale. Le lit en dortoir coûte 25 pesos. L'endroit n'est pas spécialement confortable et tranquille mais l'ambiance est sympa, et le contact avec les autres voyageurs est facile. Je pose mon sac et je me demande ce que je vais faire maintenant. Une idée dingue me passe par la tête, mais j'ai peu d'espoir de la réaliser : je demande au propriétaire s'il y a des bateaux du genre ravitaillement de mission scientifique qui partent pour l'Antarctique en ce moment. Il m'indique alors une agence à 30 mètres qui commercialise carrément des croisières. Je n'en demandais pas tant ! Je m'y rend et demande des informations. Un bateau part le 18 décembre pour 10 jours. Le prix est astronomique, quasiment 2900 euros et il ne reste que 5 places. Mais est-ce que je peux laisser passer ça ??? Est ce que je vais revenir à Ushuaia un jour ? La question mérite réflexion. Je sors de l'agence un peu abasourdi. L'Antarctique ... c'est un rêve que je ne pensais pas pouvoir réaliser ... et je suis là, à quelques centaines de kilomètres de la banquise ... je peux sentir l'air qui en vient ...

Je me dirige vers le port pour prendre des renseignement sur une mini-croisisère de 4 heures dans la baie et les îles aux alentours. Je discute avec un des vendeurs et une vendeuse qui m'apprennent que je peux avoir un billet bradé à moins de 1000 dollars si j'arrive à trouver une place de libre le jour du départ. Il faut de la chance, mais c'est envisageable. Si le Père-Noël veut me faire un beau cadeau, c'est maintenant ou jamais !

Je me fais un rapide passage sur Internet pour vérifier l'état de mon compte en banque (au cas ou ...), et je vais me promener un peu en ville pour m'imprégner de l'ambiance du Bout du Monde.  Puis je rentre à l'hôtel pour étudier mon itinéraire et les conséquences d'une croisière de 10 jours non prévus sur mon planning. Il est 20h30 mais il fait encore jour comme au milieu de l'après-midi. C'est l'été austral. Le soleil se couche vers 23h00, et se lève vers 5h00, ce qui fait des journées très longues. C'est mon appareil photo qui est content !

Je vais au supermarché m'acheter une pizza surgelée, que je laisse brûler dans le four pendant que je suis sur Internet. Ca enfume toute la cuisine mais personne ne m'en veut. Je discute une partie de la soirée avec une israélienne et une française et je vais me coucher vers minuit

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Lundi 12 décembre 2005

La Boca, c'est un quartier mythique à Buenos Aires. Quartier populaire situé près des docks (donc pas très fréquentable dès que l'on sort des artères principales), les fondations de Buenos Aires à l'époque des premiers immigrants génois se trouvent ici. Mais surtout, dominant tout le quartier, le stade de football qui a vu grandir la star, que dis-je, le dieu du football Diego Maradonna est au centre de la vie locale.

Je prend donc un taxi avec Ute qui nous dépose au début de la rue pavée qui figure sur toute les cartes postales. Les maisons de tôle ondulée, typique du quartier, qui alternent avec des bâtiments de style colonial, ont été peint de toutes les couleurs, créant un patchwork artistique magnifique. Ca respire la bonne humeur, ça donne envie de faire la fête.

 
     
 

Je pensais que le quartier serait tranquille car réputé pas très fréquentable, mais au bout 30 secondes, je comprend que j'ai mis les pieds dans l'une des zones les plus touristique de Buenos Aires. Toute la panoplie des activités plume-touristes s'est déployée devant moi : couples qui dansent le Tango et qui font payer cher la photo, peintres, photographes, oeuvres caritatives plus ou moins bidons qui ne me demandent pas mon avis pour me scotcher un pin's sur le t-shirt en échange d'une généreuse contribution, restaurants aux prix astronomiques, mendiants, etc ... Ca contribue à l'ambiance des lieux.







En tout cas, je me régale au niveau des photos. Le côté artistique du quartier déborde partout, les couleurs pètent dans tous les sens, sur les murs, les fenêtres, les lampadaires, les bancs, l'artisanat, et même sur les gens. C'est comme ça dans une zone de 2-3 blocks autours de la rue principale.

Mais dès que je sors un peu des sentiers battus, un autre visage du quartier apparaît. Les maisons ne sont plus peintes cette fois. La tôle grise des façades de maison est laissé à nue et révèle la pauvreté du quartier (mais rien à voir avec une favela non plus). Les trottoirs défoncés accueillent plus de détritus à l'abandon que de touristes. Mais il y a une vie plus authentique, plus vraie, avec ses marchands de légumes, ses brocanteurs, ses veilles voitures déglinguées, et les drapeaux de Boca Junior, l'équipe de football locale et l'une des meilleure d'Amérique du sud, qui flottent un peu partout.





Le stade est à 3 pâtés de maisons à peine, et domine le quartier de ses immenses gradins bleus et jaunes. Les soirs de match, quand l'équipe gagne, c'est-à-dire souvent, ça doit être une fiesta terrible.



Moi, je préfère ça plutôt que les rues touristiques de La Boca qui parfois ressemblent vraiment à Disneyland et ses décors en carton-pâte.

Nous restons jusqu'à 13h00 dans le coin, puis nous prenons à nouveau la direction du centre pour trouver un endroit où déjeuner. Quand nous montons dans le bus, je m'aperçois que je n'ai pas de pièces, juste des billets, pour payer les tickets. J'ai beau tendre un billet de 2 pesos (le trajet coûte 1,80 pesos) au chauffeur sans lui demander de me rendre la monnaie, il n'en veut pas. Nous devons mettre des pièces dans la machine ou descendre au prochain arrêt. Cet enfoiré nous largue en plein quartier qui craint ... Je range immédiatement mon appareil photo dans mon sac à dos, et nous nous mettons à la recherche d'un magasin pour acheter une bricole et faire ainsi de la monnaie pour remonter aussitôt dans le prochain bus. Il nous faut quand même faire 500 mètres avant de trouver notre bonheur.

Nous allons déjeuner dans un fast-food en plein milieu du quartier des affaires qui est toujours noir de monde à l'heure du déjeuner, puis je fait un passage par la banque pour retirer une dernière fois de l'argent, avant de partir demain pour la Patagonie. Le reste de l'après-midi est consacré au shopping. Nous prenons le métro pour le quartier de Palermo. Après un court passage sans intérêt dans les rues de Palermo Viejo, haut lieu des sorties nocturnes à Buenos Aires, nous allons dans un grand centre commercial. Je m'achète des chaussures de sport un peu plus relax que mes chaussures de trekking, puis retour à l'hôtel pour les préparatifs de départ.

Dernier dîner avec Ute, en Argentine en tout cas, car nous allons sûrement de nous croiser à nouveau en Nouvelle-Zelande d'ici 2 mois.

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Dimanche 11 décembre 2005

C'est dimanche, tout est fermé à Buenos Aires, et je n'ai pas particulièrement envie de passer ma journée dans un parc bondée car le temps est tout simplement magnifique et il fait chaud. Je ne réalise pas que nous sommes en plein mois de décembre, et que Noël approche à grand pas, même si des sapins fleurissent aux balcons de quelques appartements et des décorations lumineuses commencent à pendre entre les feux rouges.

Nous décidons d'aller à San Antonio de Areco, village à 2 heures de bus de Buenos Aires (12 pesos), en pleine pampa, censé être le fief de la culture Gaucho. Le plus célèbre roman (qui a donné un film par la suite) sur la culture Gaucho a été écrit par Ricardo Güiraldes, dont le ranch se trouve la-bas. Nous allons à la gare routière, toujours aussi bondée depuis la dernière fois, et embarquons à 8h30 pour San Antonio. Le bus nous dépose devant un bar dans une route parallèle à l'autoroute, et nous voilà largués en pleine nature. Nous achetons à l'avance notre billet de retour pour 18h00, pas d'autres possibilités plus tôt semble t-il.

Le village se trouve derrière nous en longeant une longue rue rectiligne, déserte. Comme à Buenos Aires, le plan urbain a été tracé à la règle. Je m'attendais à un village traditionnel mais au lieu de ça, nous longeons des propriétés de bon standing. Lorsque nous arrivons sur la place principale, déserte elle aussi, hormis quelques gens qui sortent de l'église, nous commençons à comprendre que nous allons avoir du mal à nous distraire jusqu'à 18h00 ... Pas l'ombre d'un gaucho aux alentours, pas de boutiques ouvertes, pas d'architecture intéressante. Le plan loose !



Nous continuons de marcher jusqu'à la rivière entourée d'un parc où quelques familles s'installent pour pique-niquer. Un pont enjambe la rivière et la route mène jusqu'au "fameux" Museo Gauchesco Ricardo Güiraldes. Nous payons les 2 pesos d'entrée et parcourons rapidement les deux reconstitutions grandeur nature de scène d'époque (une taverne rurale et un moulin a blé) avec des meubles et accessoires authentiques. Le tableau est bien fait mais ça ne vaut pas les deux heures de bus. La visite se poursuit avec la Casa del Museo, une reproduction d'un ranch du 18ème siècle dans lequel se trouve quantité d'objets gauchos, des accessoires de cavaliers, des peintures et photos. Les environs sont jolis, avec ces immenses enclos pour les animaux.







A 14h00, nous avons fini la visite, et il n'y a plus rien à faire dans le coin. Ha si, il faut aller déjeuner ! Il n'y a que des parillas aux alentours, ces restaurants de viande où les énormes morceaux de viande grillent sous nous yeux.



Je ne dirai pas que ça a l'air appétissant car je ne suis pas un fanatique de viande, mais ça a le mérite de sentir bon, et puis , il faut essayer pour pouvoir juger. Nous commandons donc un menu qui comprend un assortiment de viande.
Lorsque le plat arrive sur la table, je sens que je n'ai déjà plus faim. Nous avons du boudin noir, du gras grillé, des os à moelle, un truc qui ressemble a des rognons, et d'autres morceaux de gras avec un peu de viande au milieu. Je vous raconte pas ma tête ... Quand le serveur voit que nous n'avons rien touché au bout de 10 minutes, il me demande si on veut autre chose en me montrant un gros morceau de viande qui grille sur une broche. Ca a l'air mieux donc je dis oui, mais l'expérience gastronomique ne sera pas meilleure. Je me demande comment font les argentins pour manger ça. Ou est la fameuse meilleure viande du monde ??? Nous passons devant d'autres parillas, mais toutes sont dans le même. Du coup, on se prend un glace artisanale pour le dessert qui, elle, est délicieuse.

Plus rien à faire à part se promener dans les jardins, aller sur Internet (le seul commerçant ouvert) en attendant le bus. Nous embarquons dedans ravis de rentrer à Buenos Aires. Comme souvent, la climatisation est à fond et il se met très vite à faire froid alors que je n'ai qu'un t-shirt sur moi. En route, je remarque un fait surprenant : il y a beaucoup de voitures arrêtées sur le bord de l'autoroute. Les gens se prélassent dans l'herbe, les couples s'embrassent, les familles pique-niquent, les gosses jouent au cerf-volant .... bref, on s'amuse. Tout ça à 5 mètres des voitures qui roulent à plus de 100 km/h, en pleine pollution. Je ne comprend pas ... mais eux ont l'ait d'apprécier.

Une journée bizarre, pas désagréable, mais bizarre ...

par Ludovic publié dans : Argentine
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Samedi 10 décembre 2005

Je décide d'aller à Tigre avec Ute, ville située dans le Delta de Parana, et qui est une destination très prisées des Portenos (habitants de Buenos Aires) en fin de semaine.
A 11hOO, nous nous dirigeons donc vers la gare ferroviaire, où des trains régionaux partent pour Tigre toutes les 15 minutes. Je m'attendais a des vieux trains déglingués, un peu typique d'Amérique du Sud, mais ceux-ci sont en très bon état, et ressemblent à notre TER Français.
Le trajet dure 40 minutes, en traversant, entre autre, la banlieue chic de San Isidro. C'est bardé de villas avec piscine. Le reste est moins tape à l'oeil, mais on est très loin des banlieues-bidonvilles du Brésil ou de Bolivie.

La première impression de Tigre en arrivant est sa gare flambant neuve, et une large avenue bordée d'une centaine de drapeaux nationaux. Ca fait un peu Disneyland, j'espère que la suite ne sera pas dans la même veine. Le long de l'avenue se trouve le fleuve qui donne accès au delta. Des dizaines de beaux bateaux sont accostés un peu plus bas et attendent des touristes pour leur faire faire un tour dans les canaux.



Car ici, à part en centre-ville, les déplacements se font en bateau. Tigre est en fait pour sa partie résidentielle un réseau de canaux au bord desquels se trouvent de magnifiques demeures, souvent des résidences secondaires de Portenos qui viennent prendre un bain de nature le week-end.

Pour l'instant, nous suivons le fleuve ou les clubs privés d'avirons s'alignent. C'est bizarre de voir ça ici, ça donne un coté "british" à la ville auquel je ne m'attendais pas du tout. Ca montre aussi le standing du coin...

Nous allons déjeuner, puis nous allons faire un tour au Puerto de Frutos, des docks aménagés en restaurants et magasins d'artisanats. Ca grouille de monde, l'ambiance est sympathique, mais rien de particulier ne m'attire. Là encore, je m'attendais a un marché de type "local", mais j'ai oublié un peu vite que nous n'étions plus en Bolivie, mais bien à 30 kilomètres de la ville la plus moderne et huppée d'Amérique du Sud.



Nous prenons un billet pour un tour de bateau dans les canaux et embarquons sur une sorte de vedette en bois naturel vernis qui lui donne un coté rétro. Une fois passé les docks et les bateaux industriels qui côtoient quelques épaves, nous nous enfonçons dans le delta et le défilé des belles propriétés commencent. C'est intéressant de voir comment la vie fluviale est organisée. Toutes les maisons de la plus belle à la plus délabrée du coin ont leur petit ponton privé et leur propre bateau car c'est le seul moyen de se rendre en ville.





Dans les immenses jardins verdoyants se tient parfois une garden-party privée, ou seulement le propriétaire se dore la pilule dans son transat en regardant les touristes envieux admirer sa maison depuis leur bateau.



Des stations essences fluviales apparaissent au détour d'un canal.



Et cette étonnante maison mise toute entière dans une verrière. Il s'agirait de la maison d'une personnalité historique qui a été transformée en musée, mais je n'ai pas eu le temps de lire sur le minuscule panneau de qui il s'agissait. Le bateau revient à son point de départ au bout d'une heure et nous prenons la route du retour vers la gare.

Comme c'est samedi soir, nous essayons de trouver un restaurant avec un show de tango, mais rien ne commence avant 23h00. Tout est vide et je doute que le show commence à l'heure indiquée avec 2 clients seulement. C'est un plan à se retrouver encore à table à minuit, donc nous abandonnons le tango pour cette fois car je suis fatigue.

par Ludovic publié dans : Argentine
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Vendredi 9 décembre 2005

La journée d'hier à Colonia d'où je suis rentré à 23h00 m'a fatigué au point que j'ai la flemme de me lever ce matin. Mais je me force. Je dois passer à un hôtel du coté de la Plaza San Martin déposer un cd-rom de photographies pour l'un des gars qui était avec moi en Bolivie dans le sud Lipez et Le Salar de Uyuni. Il m'a donné un contact dans l'hôtel, mais quand le réceptionniste commence a chercher dans son ordinateur, il ne trouve rien, et il ne veut prendre aucun colis pour quelqu'un qui n'est pas client de l'hôtel. Du temps perdu. Je repars avec le cd-rom en poche, et je vais lui envoyer un email plus tard pour le prévenir.

Je dois encore repasser à la banque retirer mes 1000 pesos d'avance en prévision de la Patagonie où je sais que les distributeurs automatiques ne vont pas courir les rues. Ute passe à la Lufthansa confirmer son vol de retour, et nous pouvons partir pour le quartier de Palermo que nous avons décider de visiter. Palermo est divisé en plusieurs zones :
- Palermo Viejo au nord, qui est une zone plutôt résidentielle, mais qui accueille les bars et discothèques les plus branchés de la capitale, et est de ce fait le haut-lieu de la nuit argentine.
- Palermo Chico, tout au sud, du côté de Recoleta, qui est un pâté de tours de haut standing ou les richissimes familles de Buenos Aires habitent.
- Palermo Bajo, au centre, qui est plutôt un ensemble d'espaces verts, poumon de la ville, avec notamment le Jardin Botanique.

Nous traversons ce dernier, qui est agréable avec ses bassins, ses "très charmantes" statues italiennes, et sa serre à cactus. C'est un endroit de repos apprécié des "cols blancs" à la pause du déjeuner, aussi bien que des amoureux. Malheureusement, la météo tourne à la pluie, et il nous faut laisser tomber la tournée des parcs rapidement.





Il nous reste la traditionnelle option "Musée" dans ce cas là. Ca tombe bien, celui consacré à Eva Peron est juste à côté. Mais pourquoi la femme du Président est-elle plus célèbre que le Président lui-même ? Si elle a eu les plus grandes funérailles en terme de mobilisation du peuple de l'histoire de l'Argentine, c'est qu'il doit y avoir une bonne raison. Comme je dois avouer un manque de connaissance sur le personnage et le véritable culte qui lui est dédié en Argentine, le Musée est donc l'occasion de remettre les pendules à l'heure.

1 heure plus tard, j'ai tout compris : une ambition dévorante dès son plus jeunes âge, une ascension fulgurante en tant qu'actrice (il faut dire qu'elle a quand même couché avec la moitié des producteurs de la radio et du cinéma argentin ...), la rencontre avec le Général Juan Perron qui est élu Président quelques années plus tard grâce sa participation plus qu'active dans la campagne électorale, puis elle fait mettre en place le droit de vote pour les femmes en Argentine, fait réformer les instances sociales pour les rendre plus efficaces et accessibles aux pauvres, lancé de nombreux programmes d'aide sociale, on dit que c'est elle en fait qui gouvernait réellement le pays, et finalement, elle meurt d'un cancer à l'âge de 33 ans. Bref, tout pour faire une saga hollywoodienne digne de ce nom. Elle a préfiguré ce que devait être une femme de Président moderne, comme l'ont été plus tard sur son modèle Jacky Kennedy ou Hillary Clinton.

Le temps ne s'est pas tellement amélioré à la sortie du musée, donc nous rentrons tranquillement à l'hôtel en nous perdant un peu dans les rues de Palermo.

A propos de l'hôtel, pour ceux qui cherche un bon plan logement à Buenos Aire dans le quartier de San Telmo, mon hôtel devrait en faire halluciner quelques uns. C'est un backpacker retapé par un designer, avec tout le confort et les services de ce type d'établissement. Tout est moderne-design, ultra fonctionnel, cuisine équipée à disposition, terrasse avec barbecue possible, Internet gratuit, bibliothèque bien fournie, personnel ultra sympa, espace de vie commun super agréable, bar-restaurant avec concert relié à l'hôtel, un personnel très sympathique, et des prix dans le bas de la fourchette pour les chambres/dortoirs. Ci-dessous la vue depuis ma chambre au dernier étage.

 

Hôtel Ostinato Buenos Aires
Avenida Chile, à l'angle avec l'Avenida Chacabuco.

par Ludovic publié dans : Argentine
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Jeudi 8 décembre 2005

Colonia de Sacramento, est comme son nom peut le laisser deviner, une charmante petite ville coloniale, sur le bord du Rio de la Plata en face de Buenos Aires, du côté Uruguyen. J'avais envie de rajouter quelques tampons dans mon passeport déjà bien rempli, donc je me suis dis que c'était une bonne petite excursion à faire.

Il pleut ce matin, mais j'espère que ça serai mieux en Uruguay. Toujours avec Ute, nous prenons dès 8h00 un taxi pour le port d'où le bateau part à 9h00. La traversée met 3 heures car nous avons pris le ferry le plus lent mais le moins cher (75 pesos). Celui qui ne prend qu'1 heure coûte le double et part à 8h30. Le grand bâtiment qui accueille les passagers est bondé, de gens qui font la queue partout. J'espère qu'ils ne vont pas tous à Colonia, mais pas de bol: si. Nous faisons 30 minutes de queue pour le check-in au cours duquel l'hôtesse nous remet un papier papier pour l'immigration. Ce qui veut dire qu'il faut encore passer à l'immigration et il est déjà 8h50. La queue pour l'immigration est encore plus longue. Nous patientions encore  45 minutes avant de passer le portique détecteur de métaux et d'avoir notre tampon de laisser-passer pour l'Uruguay. Il est bientôt 10h00. Si le bateau ne part pas dans trop longtemps (mais vu le monde encore derrière nous, j'ai peu d'espoir), nous allons arriver à Colonia vers 13h00, et comme il faut ajouter 1 heure de décalage horaire, peut-être encore 30 minutes de passage de l'immigration uruguayenne, nous serons enfin en mesure de profiter de notre journée vers 14h30-15h00. Ca me gave ...

Le ferry est confortable avec sa moquette épaisse et ses canapés Club. Il y a une cafétéria, prise d'assaut par tous les gens qui, comme nous, sont debout depuis 7H00 et qui n'ont pas eu le temps de prendre un petit-déjeuner. Une fois que nous sommes sortis du port et que la vue sur les gratte-ciels de Buenos Aires et son ponton de pécheurs est terminée, la traversée est plutôt ennuyeuse, il n'y a pas grand chose à faire sur le bateau, à part siroter son thé la manière argentine.



Le thé s' appelle ici Mate, et se boit presque comme l'on fume un pipe. Les herbes se mettent dans un pot avec l'eau bouillante, et une sorte de pipe spéciale avec un filtre permet d'aspirer le thé sans les herbes. Les argentins en boivent partout en prennant avec eux leur "pipe" et leur thermos d'eau chaude.



Lorsque nous arrivons enfin a quai, tout le monde se précipite vers les portes encore fermées. Je ne suis pas le seul à m'impatienter... Le bateau est à quai depuis 15 minutes maintenant et nous ne pouvons toujours pas sortir. Les gens claquent dans leurs mains, tous en coeur, pour montrer qu'il en ont marre d'attendre. Les portes s'ouvrent, et je me rue en dehors du bateau en passant par la plate-forme des voitures, nous traversons l'immigration sans nous arrêter, et je foule enfin le sol d'Uruguay.

Première chose à faire : manger. Nous nous installons dans un restaurant sur une place qui a du charme. Les prix sont vraiment élevés, quasiment les mêmes qu'en France, ça me fait halluciner. OK, nous sommes dans un lieu touristique mais, là, il y a de l'abus. Nous pouvons payer en Pesos argentins dans toute le village, ce qui nous évite de faire du change. Après une spécialité locale en entrée (une sorte de lit de fromage fondue recouvert par des poivrons, des tomates, des olives et du jambon), je m'enfile une escalope délicieuse avec des frites et nous partons enfin à la découverte de Colonia à 15h30, heure locale. Notre bateau repart à 19h45 (mais il faut être à l'embarquement encore 1 heure avant), ça devrait nous suffire pour tout voir rapidement.

Le village ne manque pas de charme avec ses maisons en vieille pierre, ses rues pavées, ses allées de platanes, son phare, et ses vieilles automobiles des années 50 disséminées un peu partout. J'ai l'impression de remonter le temps. Je m'attendais à un village avec des airs de Brésil (maisons très colorées, balcons en ferronnerie, etc ...) et en fait, ça ressemble parfois plus à un village de Provence. Il ne manque plus que les pépés qui se font leur partie de pétanque sur la place principale, à l'ombre des platanes, et le tableau est complet.









Si l'on se se ballade en longeant la côte, on se croirait alors en Bretagne. L'herbe bien verte, les pavés, le phare blanc et rouge, les vestiges des fortifications avec ses canons, les lampadaires en forme de vieille lanterne, tout concoure à donner cette ambiance particulière.







Bref, Colonia, on ne peut qu'aimer. Après 5 jours dans la trépidante Buenos Aires, ça fait du bien.

par Ludovic publié dans : Argentine
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Mercredi 7 décembre 2005

J'ai rendez-vous avec Frédéric (que j'ai rencontré à Salta) ce midi. Nous nous sommes mis d'accord par email pour se rejoindre sur la Place du Congrès, sauf que, grâce à la super carte de Buenos Aires du Petit Futé où rien n'est indiqué, j'ai confondu la Place du Congres avec la Place du 25 de Mayo qui se trouve à l'opposée de la ville. Heureusement, Fred a compris dans mon dernier email que je n'étais pas au bon endroit, et il me rejoint en traversant le centre-ville en métro.



Nous allons déjeuner avec Ute dans le quartier financier qui s'est transformé en véritable fourmilière, puis nous prenons la direction de Recoletata, le quartier huppé de Buenos Aires.

Nous nous arrêtons en route chez British Airways car je dois faire changer les dates de certains de mes vols et faire imprimer mes nouveaux billets d'avion.
Compte-tenu du retard que j'ai pris sur l'itinéraire du projet initial, j'ai dû me rendre à l'évidence que je n'arriverai jamais en Inde à temps pour prendre mon avion de retour vers la France. Avec, en plus, des pays comme le Népal, l'Australie, ou la Nouvelle-Zelande sur la route, je ne suis pas prêt de rattraper ce retard, ça serai même plutôt l'inverse... J'ai donc pris la décision de consacrer plus de temps à la Patagonie, à la Nouvelle-Zelande (que je comptais vraiment survoler au départ) et à l'Indonésie qui me semblent vraiment valoir le coup. Par contre, je ne vais plus faire l'Australie, je passe juste à Sydney une petite semaine, car c'est sur la route de l'Indonésie. Je prendrai plus de temps pour me faire l'Australie à fond une prochaine fois. Enfin, j'ai décidé de repartir pour la France depuis Bangkok à la place de Madras en Inde. Les changements de date ne posent pas de problème, c'est inclus dans la prestation de mon billet Tour du Monde, mais je dois payer un supplément de 75 dollars pour changer les destinations.

Ceci fait, nous arrivons dans le quartier de Recoleta. Il y a comme un air de déjà vu ici ... avec ses immeubles neufs où s'empilent les appartement de standing, parfois dans un style haussmanien, ses rues ombragées avec des platanes, ses espaces verts, ses magasins chics, ses trottoirs propres, et ses grand-mères. Ca ressemble au 16ème arrondissement de Paris. On s'y croirait. Je croise même un dog-sitter assis sous un arbre avec une dizaine de chiens dans chaque main. S'ils décident de tous tirer dans la même direction, ça promet une bonne rigolade, mais les chiens sont calmes et ne bougent pas. Dommage.





La rue débouche sur une place dans le prolongement de laquelle se trouve le fameux Cimetière de la Recoleta ou sont enterrés quelques illustres hommes d'états, artistes, et la célébrissime Eva Perón.
Le cimetière est composé uniquement de caveaux, tous plus spectaculaires les uns que les autres.
Parfois, on se croirait plus en face d'un temple Romain que d'une tombe.





Les cercueils sont juste derrière les portes des chapelles, visibles par tous à travers les vitres envahies de toiles d'araignées pour la plupart.




Le cercueil  d'Eva Perón est dans le caveau de sa famille. C'est loin d'être le plus beau mais, de loin le plus visité.



Fred nous quitte car il a un rendez-vous avant de prendre son avion pour les Etats-Unis, et je continue la visite avec Ute.

Nous longeons les avenues commerçantes dans la direction du retour vers notre Hôtel, mais la route est vraiment longue, donc nous prenons le taxi. Le trafic est complètement bouchés en raison de manifestations qui ont lieu depuis ce midi. L'une partait de la Place 9 de Mayo quand nous avons retrouvé Fred. Les mères des 30 000 disparus sous les différentes  dictatures de 1973 au début des années 80, lorsque les gens du peuple étaient enlevés, torturés et éliminés pour ne pas suivre les idées du régime militaire, se rassemblent tous les jeudi sur cette place, et demandent aux politiciens actuels de faire justice. Le peuple argentin n'oublie pas ses enfants, l´Etat par contre ....

par Ludovic publié dans : Argentine
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