Vendredi 18 novembre 2005

Après la tentative d'ascension du Huayna Potosi, je m'accorde une journée de détente et de repos. Il fait un temps superbe, idéal pour aller flâner dans les rues de La Paz.
La Place P. Murillo, où se trouve le Palais Présidentiel et la Cathédrale est particulièrement animée ce matin, et je m'y attarde pour figer quelques scènes de la vie bolivienne.

 







Après un bon déjeuner dans un restaurant local, je prend un taxi pour la gare routière. Il n'y a toujours pas de bus direct pour Sucre car les blocages ne sont pas finis, donc je n'ai pas d'autre choix que de reprendre un billet de bus pour Cochabamba (8 heures de trajet), d'où je pourrai prendre une correspondance pour Sucre (10 heures de plus).

Je me dirige ensuite vers le cimetière, situé à flanc de montagne. Les cimetières en Bolivie sont particuliers et celui de La Paz, mérite le détour. Le cimetière est composé de murs dans lesquels sont encastrés des casiers vitrés. Ces casiers, plus ou moins grands et bien décorés selon la richesse de la famille, contiennent les urnes des morts, des fleurs, des plaques commémoratives, parfois des chapelles miniatures.





Ces murs forment ainsi un labyrinthe d'allées qui contiennent parfois plusieurs centaines de casiers. Dans les allées les plus récentes, les murs ont même été rehaussés au point de ressembler a des immeubles de deux ou trois étages, avec une balustrade pour longer les étages supérieurs.





L'endroit est paisible comme il se doit, a part a la sortie ou un cortege funeraire se termine, mais il n'y règne aucune tristesse, et j'y flâne avec plaisir pendant une bonne heure. Enfin, il y a une vue superbe sur La Paz, ce qui me fait apprécier encore plus l'endroit. Je redescend à pied vers le centre-ville en prenant des rues commerçantes, où les scènes de rue typiques sont toujours au rendez-vous.

Je rejoins Christophe à l'hôtel, et une surprise m'attend : notre guide sur le Huayna Potosi, Mario, est là. Il est venu réclamer de l'argent pour la cagoule thermique qu'on m'avait prêté et que je n'ai pas retrouvé à la fin. Il m'en demande 10 dollars (80 bols), alors que ça ne coûte même pas 40 bolivianos au marché. Je lui en donne 50, et l'affaire est close.

Nous partons ensuite rejoindre Jérôme, le français qui a fait le trajet en voiture avec nous pour le Huayna Potosi, qui est dans un bar avec un de ses copains, et une expatriée qui vit à La Paz. Nous allons ensuite dans une Pena, sorte de discothèque avec de la musique locale, mais c'est vide. Du coup, nous allons dans une discothèque en centre-ville, et je rentre vers 3h00.

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Jeudi 17 novembre 2005

Mario vient nous réveiller à 23h45. Il me faut une bonne demi-heure pour mettre tout l'équipement : 3 épaisseurs de pull, un sous-pantalon thermique, un pantalon normal, la combinaison étanche, les chaussures, les gants, les guêtres, la cagoule thermique, et le baudrier.

Je me sens bien physiquement et moralement, et je prend juste un maté de coca avec une tartine de confiture avant de partir. Je vais au début du glacier pour enfiler mes crampons, et Mario prépare la cordée. Il est en premier, je suis derrière lui, Christophe est derrière moi, et Paulino, notre deuxième guide, ferme la marche. C'est parti pour presque 1000 mètres d'ascension qui devrait durer 6-7 heures.

Nous entamons la marche sur une langue de neige dure, dont la pente est déjà bien raide. Il n'y a pas besoin d'utiliser les torches frontales car la Lune, presque pleine, éclaire la montagne d'une pâle lueur blanchâtre que la neige reflète suffisamment pour nous permettre de voir le paysage. Pas un souffle de vent, juste le bruit de la neige qui crisse sous nos pieds. L'atmosphère est mystique.

Au bout de 20 minutes, je sens que mon estomac ne va pas bien. Je me demande si nous ne sommes pas parti un peu vite après le petit-déjeuner, mais rien de gênant. Un léger mal de tête reprend mais c'est normal car l'altitude augmente. Une fois en haut du glacier, nous faisons une pause, puis nous traversons un immense champ de neige en légère montée sur 500 mètres, avant que la pente reprenne de plus belle. Ca devient vraiment dur, mes jambes sont lourdes, les muscles des mollets douloureux, mes pieds sont gelés, et j'ai de plus en plus de mal à reprendre mon souffle. Je dois faire des tout petits pas pour arriver à avancer. A ce moment là, j'essaye de ne penser à rien, j'oublie toutes mes sensations, et j'avance tel un zombie dans la neige, mon piolet dans une main et la corde dans l'autre. Malgré cela, nous doublons deux autres cordées qui étaient parties avant nous.

Nous sautons une crevasse, et le chemin prend la direction d'une paroi de glace que nous allons devoir escalader. J'ai besoin de faire de plus en plus de pause, et à chaque fois, je dois lutter pour repartir. Mario, me demande souvent si je suis OK, et je répond toujours pas l'affirmative même si ce n'est pas vrai. Je veux aller au bout. Le mal de ventre me coupe les jambes, et je décide de me faire vomir (pas besoin de forcer) en espérant que c'est juste le petit-déjeuner qui ne passe pas. Aussitôt, je me sens un peu mieux et nous repartons.

Arrivée au pied du mur de glace, il faut patienter 15 minutes que le guide installe la corde et que je puisse me lancer à mon tour. Pendant ce temps, le froid pénètre mes 4 couches de vêtements. Les crampons permettent d'accrocher la glace suffisamment longtemps pour que je lance mon piolet, et que je me hisse un peu plus haut à chaque fois. C'est éprouvant mais c'est vraiment génial.

Nous marchons depuis 4 heures, et le sommet me semble encore loin. Nous reprenons la marche dans une pente ou la neige est plus molle. La nausée reprend, et à chaque pas, je dois faire appel à toute ma volonté pour lever mes jambes. La situation devient critique, car j'ai besoin d'une pause tous les 150 mètres. Quand le guide me demande si je veux continuer, je fais mine de ne pas l'entendre, et je donne le signal du départ dans un effort surhumain pour me relever. 100 mètres plus loin, je m'effondre à nouveau : j'ai l'impression que mon cerveau va exploser. A chaque respiration, les poumons me brûlent comme ça ne m'était jamais arrivé auparavant, l'envie de vomir est revenue, plus forte, et mes jambes de veulent plus obéir. Malgré toute la volonté et l'énergie que j'essaye d'aller chercher au fond de moi, tout mon corps dit "non". Je fixe le sommet pendant quelques secondes, et je m'entend dire alors "je redescend".

Mario me sépare de la cordée et continu avec Christophe. Paulino me fait passer devant et je reprend péniblement la marche en sens inverse. Alors que nous traversons le grand champ de neige plat, j'aperçois le camp au loin.



Je réalise alors vraiment pour la première fois depuis que j'ai prononcé mes dernière paroles de la nuit ce que je suis en train de faire. Et là, le craque, je pleure de déception. Je n'ose pas me retourner pour regarder le sommet qui commence sûrement à rougir avec les premières lueurs du soleil.
Les photographies suivantes ont été réalisées par Christophe lors de sa descente.







Dès que j'arrive au camp, je me fourre dans mon sac de couchage et j'essaye de dormir pour ne plus y penser. Sans succès. Je me sens physiquement mieux, mais moralement, c'est autre chose...  Quand les autres reviennent, je ne leur posent pas trop de questions, je préfère ne pas savoir ce que j'ai raté. A 10h00, nous refaisons nos sac, la tente est pliée, et nous prenons le chemin du camp de base. A 14h30, nous sommes de retour à La Paz. je retourne à l'hôtel ou j'ai laissé mes affaires, Christophe prend aussi une chambre, et nous retrouvons Jérôme qui a fait l'ascension en 2 jours.

L'après-midi est chargé : je dois retirer de l'argent, aller sur internet pour gérer mes comptes, prendre une assurance pour les 6 prochains mois, et surtout, je dois acheter mon billet de bus pour partir à Sucre dès demain. Mais une fois à la gare, j'apprend qu'il n'y a aucun départ possible en raison du blocage de la route par des manifestants. Les élections présidentielles sont dans 15 jours, et les revendication populaires vont bon train. Génial ... j'avais bien besoin de ça aujourd'hui. La seule solution consiste à faire un long détour par Cochabamba, d'où je pourrai prendre un autre bus pour Sucre.
Le soir, je vais prendre un verre avec Christophe et Jérôme. Je décide d'attendre encore  un jour pour partir de La Paz. De toute façon, il y a de quoi s'occuper ici.

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Mercredi 16 novembre 2005

Je n'ai pas dormi de la nuit malgré le relatif confort et la chaleur de ma "chambre". Je suis debout à 7h30, et je vais immédiatement jeter un oeil dehors. Le ciel est bleu, le Huayna Potosi est bien dégagé. Pourvu que ça soit comme ça demain matin aussi. Je vais me promener pour voir la vallée du Zongo depuis un promontoire rocheux derrière notre camp. Il fait assez chaud, environs 15 °C, mais dès que le soleil se cache derrière les nuages, la température chute de plus de 10 °C.

Aussitôt le petit déjeuner terminé, nous faisons nos sacs, avec tous le matériel nécessaire pour l'ascension. Le mien fait bien 15 kilogrammes, et je vais devoir le porter jusqu'au prochain camp, 400 mètres plus haut. Nous prenons la route à 10h00 en traversant le barrage hydraulique, et longeons le glacier sur lequel nous nous sommes entraînés la veille.



Puis nous grimpons sur une crête balayée par le vent froid. Au bout de la crête, il faut monter à pic dans un chemin de rochers éboulés. C'est une vrai galère pour ne pas se tordre les chevilles. Et avec mon sac sur le dos, je commence à le sentir passé. Pour couronner le tout, le ciel s'est couvert, et une fine grêle commence à tomber.



A midi, nous arrivons enfin au camp Alto Roca, à 5130 mètres. C'est un empilement de roches concassées sur une crête, rien de confortable. Un abris de pierre prometteur est en construction (dommage, je me voyais bien dormir dedans), et une tente en toile de jute bleue, constituent les seuls abris permanents. Mario, notre guide, installe notre tente sur un emplacement à peut près près plat, protégé du vent glacial.

Quelques heures après notre arrivée au camp, je commence à ressentir un bon mal de crâne, signe que le mal des montagnes arrive. J'ai des pilules préventives achetées à la pharmacie de La Paz, mais elles n'ont pas l'air de faire tellement d'effet. Petit à petit, je commence à avoir aussi envie de vomir. Je me force à avaler deux sandwichs car je dois prendre des forces pour l'ascension de cette nuit, puis je vais dormir dans la tente. La grêle tombe toujours, de plus en plus fort, les nuages on envahi le camp au point qu'on ne voit rien à plus de 10 mètres.
Dans mon duvet je n'arrive pas à me réchauffer. J'ai les pieds gelés, et pour cause, je me rend compte que l'eau a filtré sous le tapis de sol, et a mouillé le bout de mon duvet. Déjà que les fermetures éclairs ne marchent presque pas ... Quel matériel de merde ! Je n'ai vraiment pas de chance avec les tentes quand je pars en montagne (voir récit sur le Kilimanjaro).

Je me lève et sort pour prendre l'air, mais ça ne va pas mieux. Le mal de tête est toujours là, avec les cervicales en plus, toujours la nausée. Si je suis dans cette état cette nuit, ça ne va pas le faire... Finalement, je me force de vomir, je prend un maté de coca, et une heure plus tard, je me sens mieux, voire bien. Le ciel se dégagé vers 17h00, le soleil couchant nous offre un festival de lumière sur les montagnes et glaciers environnants. Notre guide nous prépare un dîner sommaire avant la nuit complète, mais je préfère ne rien manger pour ne pas prendre de risque au niveau de mon ventre. A 19h00, je suis dans mon duvet pour essayer de dormir un peu avant l'ascension finale.

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Mardi 15 novembre 2005

Je quitte Isabella ce matin. Elle prend la direction du Lac Titicaca, et je pars au nord de La Paz pour escalader le Huayna Potosi en 3 jours, une montagne à 6088 mètres, réputée facile d'accès par rapport à sa hauteur. J'ai rendez-vous à 9h00 à l'agence Adolfo Andino, pour récupérer tout le matériel de montagne que j'ai essayé la veille. J'en profite pour faire recoudre mon sac de couchage qui a un trou au bout. Nous embarquons dans une voiture avec le guide, Christophe et Jérôme, un autre français qui va tenter l'ascension en 2 jours seulement.

La route est superbe. Nous arrivons d'abord sur les hauteurs de La Paz, ce qui nous permet d'avoir un  panorama fantastique sur la ville, dominée par le majestueux Illimani.

Nous quittons la ville et nous retrouvons rapidement sur l'Altiplano, immense plaine désertique balayée par le vent. Le Huayna Potosi, pyramide enneigée impressionnante, apparaît au loin. Devant lui, des lacs aux eaux de couleur turquoise et des rives aux dégradés de rouge nous donnent l'impression de pénétrer dans un autre univers.

Nous passons devant un cimetière abandonné, depuis que la mine qui se trouvait à proximité a fermé. Toutes les tombes sont ouvertes, et certains cercueils ont même été sorties de leur emplacement.

Nous arrivons au camp de base à 4700 mètres d'altitude vers midi. Il se trouve à proximité d'un barrage hydraulique. Il y a une vue vertigineuse sur la vallée du Zongo, plus de 2000 mètres plus bas. Le camp se résume à une petite maison de gardien, avec un terrain de camping derrière.

Nous déjeunons et partons pour 1 heure de marche qui nous emmène au pied d'un glacier qui surplombe un petit lac, sur lequel nous allons nous entraîner a utiliser le matériel d'escalade. Nous chaussons les crampons, prenons les piolets, et nous voilà parti à l'assaut du glacier pendant 2 heures.

Avec l'altitude, chaque mouvement me fatigue 2 fois plus que la normale. Au bout de 10 minutes, le piolet est tellement lourd a projeter contre la glace, que je n'ai plus aucune précision dans le geste. Nous revenons au camp ou je fais la connaissance de Sylvain, un québécois. Avec Christophe qui est belge, la Francophonie est bien représentée ce soir.

Notre guide a monté la tente, mais je m'aperçois vite qu'elle ne ferme pas. La fermeture éclair est cassée. Ca me rappelle l'expérience du Kilimanjaro : pas question de revivre ce calvaire ! Du coup, je me débrouille pour dormir avec Christophe et Sylvain dans un local qui sert de cuisine, avec un chauffage de fortune (une résistance chauffante posée sur une brique), mais qui est appréciable, compte tenu de la température extérieure. A 20h00, tout le monde est couché.

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Dimanche 13 novembre 2005

J'ai rendez-vous pour le déjeuner avec Christophe, un belge qui m'a contacté grâce au blog. Il est à la Paz, et est très intéressé par l'ascension du Huayna Potosi. Nous convenons de nous retrouver demain matin pour aller réserver ensemble auprès de l'agence qui organise tout. Je retrouve Isabella à 14h00 pour aller visiter le Musée de la Coca, petit musée sans prétention mais extrêmement intéressant pour comprendre le rôle de la feuille de Coca dans la vie bolivienne.

Cette petite feuille verte, dont les vertus thérapeutiques et anesthésiques sont connues depuis les premières civilisations pré-colombiennes, rythme l'histoire de la Bolivie depuis plus de 4 siècles. Ainsi les Incas l'utilisaient pour réaliser des trépanations, et l'utilisation médicale de ses effets anesthésiants ont marqué le début de l'ère moderne de la chirurgie.

Le rôle religieux de la feuille de coca est très important. Les traditionnelles offrandes à Pachamama, déesse vénérée de la Terre sont toujours accompagnées de feuilles de coca. Les demandes en mariage se font parfois avec des feuilles de coca qui sont offertes à la famille des futurs époux. La feuille de coca peut être utilisée pour lire l'avenir. De manière générale, la coca par ses effets euphorisants et stimulant est considéré comme le lien spirituel avec toutes les croyances boliviennes.

La feuille de coca a permis a des générations de mineurs de survivre dans les mines de Potosi dans des conditions inhumaines. Ils mastiquaient des feuilles dont le jus leur apportait des effets vitalisants et coupe-faims. Du coup, les exploitant n'hésitaient pas à en fournir en abondance pour faire travailler les mineurs jusqu'au plus de 48 heures de suite, et ainsi augmenter la rentabilité des mines. Des études dans les années 80 ont montré que la feuille de coca est l'une des plantes les plus nutritive qui existe.

Le musée traite aussi le chapitre de la cocaïne, sans tabou. Il faut bien faire la différence entre le fait de consommer des feuilles de coca (légal en Bolivie), et le fait de consommer de la cocaïne (illégal). Cependant, les feuilles étant l'ingrédient de base de la drogue, la production de feuilles de coca est devenu (théoriquement) interdite. Car la production existe
Tous le processus de fabrication de la cocaïne est expliqué en détail (je dois puiser dans mes souvenirs de cours de chimie pour bien comprendre l'histoire), ainsi que ses dérivés. Il faut plus de 350 kilogrammes de feuiles pour produire seulement 1 kilogramme de Cocaïne base, poudre blanche ultra pure qui est ensuite traité pour faire le produit final. Des cartes géographiques indiquent les principaux chemins de transit clandestin vers les pays frontaliers, et bien sûr, la route pour Guayaramerim en fait partie. Petite statistique intéressante : les USA, qui représentent 5% de la population mondiale, consomment 50% de la production mondiale de cocaïne. Pas étonnant qu'ils soient les premiers a financer la Guerre de la Cocaïne.

Enfin, une large partie est consacré à l'exploitation commerciale des dérivés de la coca, dont le plus fameux produit est le Coca-Cola. Quelle ne fut ma surprise d'apprendre que la première mouture de cette élixir fut inventé par un Français, qui la commercialisa comme un remède contre la fatigue et la vieillesse. Ce n'est que lorsqu'un pharmacien américain d'Atlanta repris le produit pour le "marketer", et lancer sa commercialisation à grande échelle, que le Coca-Cola commença à envahir le monde. Aujourd'hui la coca n'entre dans la composition du Coca-Cola que pour lui donner de la saveur. Les agents chimiques de la drogue ne sont plus utilisés, car interdits depuis les années 70.

A 16h00, nous rejoignons Simon et Chloe pour notre dernière heure ensemble car ils prennent le bus ce soir pour Sucre. Nous allons au restaurant Libanais, puis nous rentrons à l'hôtel.

Le lendemain, je décide d'aller au marché légal de la coca pour voir comment ça se passe. Il se tient dans un grand bâtiment en haut de la ville. Une allée centrale donne sur plusieurs pièces ou des énormes tas sont fait avec les feuilles de coca, puis elles sont mises dans des sacs de 30 kg, sont pesées et vendus.





Les producteurs viennent de très loin pour vendre leur récolte telle cette femme de Santa Cruz, à plus de 600 km de La Paz. Les gens me regardent bizarrement car ils ne sont pas habitués à voir des touristes ici. Il y a sûrement des choses que je ferai mieux de ne pas voir.

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Samedi 12 novembre 2005

J'ai rendez-vous à 7h30 à l'agence Trek avec laquelle j'ai réservé une journée pour descendre la Route de la Mort jusqu'à Coroico. Cette route de montagne a été surnommée ainsi en raison des nombreux véhicules qui ont basculés dans le vide, ne laissant aucune chance de survie a ses passagers. Et pour cause, un précipice abrupte de plus de 1000 mètres la borde tout du long de ses 67 kilomètres de dénivelé négatif. Le départ se situe à 4700 mètres d'altitude, et l'arrivée se situe à 1700 mètres seulement. J'ai hâte de voir ça !

Après un bref petit déjeuner offert par l'agence, nous embarquons dans un mini-bus, chargé de VTT sur son toit, et nous prenons la direction de La Cumbre, notre point de départ à 1 heure de route de la Paz. La route est déjà superbe : nous suivons le haut d'une une vallée ou les collines se transforment petit à petit en montagne légèrement blanchit par la neige. Le ciel est gris, et les nuages s'accrochent aux sommets. La Cumbre est un col montagneux plat avec un petit lac, entouré de sommets enneigés. Il fait à peine 5°C. Notre groupe de 10 personnes se préparent avec les coupes-vents, les pantalons, les casques et les gants que l'on nous fourni. Dernières recommandations du guide sur les règles de dépassement et le freinage, et c'est parti ! La camionnette nous suit par sécurité jusqu'au bout.

Nous nous élançons sur une route goudronnée pendant 2 heures, d'où nous pouvons apercevoir des superbes chutes d'eau, et un panorama fabuleux sur la vallée en contrebas.



Puis la route se transforme en un chemin de gravier, et la portion la plus dangereuse commence. La piste est juste assez large pour un camion. Quand un véhicule arrive en face, les sensations fortes sont garanties pour les passagers du véhicule qui descend car il doit se garer au plus près du précipice pour laisser passer celui qui monte. Les roues sont à quelques centimètres du vide...  et en moyenne un vingtaine de véhicules se retrouvent au fond du précipice chaque année. Ce qui explique les nombreux petits sanctuaires et les croix disséminées tout au long de la route.








La seule solution pour éviter ces accidents est de poster des "agents de circulation" aux principaux tournants, afin d'avertir les véhicules du trafic en cours. Lorsque l'agent agite un drapeau vert, cela signifie que le véhicule peut avancer car la route est libre, ou le véhicule arrivant en face est garé sur une portion permettant un dépassement. Lorsque le drapeau est rouge, le véhicule doit se garer où il peut en attendant un croisement. Le système fonctionne plutôt bien.

En début d'après midi, nous sommes tellement descendus que la température avoisine maintenant les 20°C. La végétation est maintenant presque tropicale. Nous avons un bref en-cas en cours de route, mais un vrai repas nous attend à la fin.










Les derniers kilomètres sont assez éprouvant car j'ai les poignets en compote en raison des cahots de la route et du freinage permanent que je dois effectuer pour ne pas prendre trop de vitesse. Et ça fait 5 heures que ça dure !

A 16h30, j'arrive enfin au hameau qui marque l'arrivée. Simon, Chloe, Isabella et moi nous précipitons sur une bière en attendant les autres.



Puis nous reprenons le mini-bus pour effectuer les 3 derniers kilomètres de montée pour Coroico. C'est un charmant village perché sur une montagne verdoyante avec une vue imprenable sur les environs, qui sont superbes. Nous prenons une douche à l'hôtel qui nous accueille, un buffet nous attend aussi, et nous repartons à 18h30 pour La Paz. Ce qui signifie que nous allons effectuer la Route de la Mort de nuit. charmante perspective après avoir vu ce que ça donne de jour ... Mais je suis tellement fatigué que je somnole pendant le trajet et ne me réveille qu'une fois arrivée à La Paz. Je suis de retour vivant ! ;-)

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Vendredi 11 novembre 2005

Après une journée plutôt relax hier, j'ai décidé d'accélérer le mouvement et d'être efficace dans ma (re)découverte de La Paz. Je me lève tôt et vais faire un circuit urbain à pied toute la matinée.

Au départ de l'église San Francisco, je m'engouffre dans la Calle Sagarnaga ou se trouvent tous les magasins d'artisanats, pour avoir un panorama de se qui se fait ici.





Autant dire que c'est le paradis du shopping, on trouve de tout : les classiques pantalons en cotons, les écharpes en laine d'Alpaca (une sorte de lama), les bonnets, gants, sacs et porte monnaies aux motifs boliviens multicolores, les superbes tapis aux motifs zoomorphes, ou tout simplement, les longs châles boliviens que toutes les femmes utilisent pour porter sur le dos leurs affaires ou leurs enfants, des instrument de musiques locale tel le charango (petite guitare dont la caisse de résonance est faite dans une carapace de tatou) ou la flûte de pan.





Il y a des souvenirs moins classiques dans la rues des sorcières : elles vendent toute sorte de potion ou de gris-gris que les boliviens affectionnent tant pour s'attirer la chance, la richesse, l'amour, la santé, l'énergie. Cela va de la simple statuette fétiche au fétus de lama séché que l'on enterre dans son jardin, en passant par des sacs de bonbons.



Je vais ensuite dans des rues un peu plus classiques ou l'on trouve toutes sortes de vêtements de contrebande, des DVD et CD pirates, lunettes de soleil, etc ... Les rue sont des vraies fourmilières mêlant hommes d'affaires en costume-cravate avec la bolivienne traditionnelles, bien rondouillarde, avec son chapeau de feutre rond et ses nattes.

La circulation est complètement bordélique, avec les micros, sorte de navettes urbaines privées qui pullulent et ne respectent jamais la signalisation, et les vieux bus Dodge multicolores qui sortent tout droit des années 60 américaines. A La Paz, ils ont trouvé une seconde vie.



J'arrive dans un parc ou des photographes font des photos d'identité en plein air. Leur appareils photos ont au moins 50 ans mais sont toujours dans un parfait état de marche. J'ai l'impression d'avoir remonté le temps en les voyant s'en servir.

Je retrouve Simon, Chloe et Isabella à 12h30, et nos partons directement pour la Vallée de la Lune, à 15 kilomètres de La Paz. Les environs de La Paz regorgent de curiosités géologiques, de montagnes et de canyons ou l'on peut marcher toute la journée. Surtout, elles offrent un point de vue fabuleux sur la ville.

La Vallée de la Lune est un canyon ou l'érosion a sculpté des milliers de pitons sablonneux. La partie la plus spectaculaire est conservée au sein d'un parc (15 bols) qui se visite en 30 minutes.

     

De là, nous pouvons apercevoir la Muela del Diablo, sorte de molaire rocheuse qui domine la montagne rougeâtre. Je me serait bien fait un mini-trek jusqu'en haut mais il est trop tard. Les autres ont envie de rentrer à La Paz, je décide de rester dans le coin pour faire des photos. Le moindre versant de la vallée est occupé par des maisons en brique rouge laissée nue, ce qui donne l'impression que les maisons ne sont pas fini. J'essaye de monter le plus haut possible pour avoir la meilleure vue, mais la zone ressemble à une favela, et je ne préfère pas m'y attarder.



De retour à La Paz en taxi collectif, j'aperçois mes amis dans la rue. Je les rejoints, je me fais une part de pizza géante car je n'ai presque rien mangé depuis le petit déjeuner, puis je repars seul continuer mon exploration.

Nous nous sommes donné rendez-vous a 19h00 pour aller manger dans un restaurant panoramique qui se situe au sommet d'un hôtel 5 étoiles au coeur de la ville. La vue plongeante est superbe et l'Illimani est visible au loin. Je me promet de revenir en plein jour.

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Jeudi 10 novembre 2005

Le rendez-vous pour prendre l'avion est à 7h00 devant l'agence TAM. J'enregistre mon bagage, et récupère mon billet d'avion définitif. Je dois payer 5 bolivianos de sur-poids de bagage, plus la taxe d'aéroport (15 Bols), plus la navette pour l'aéroport (5 Bols). Je n'ai plus que 20 bolivianos avec moi, donc l'officier me fait une fleur. Arrivée à l'aéroport, il faut encore payer encore 15 bols de taxe touristique, alors que je quitte la ville. Ils ne savent plus quoi ,inventer pour soutirer de l'argent aux touristes. N'ayant plus d'argent sur moi, j'emprunte 100 bolivianos à Isabella.

L'aéroport se résume à une simple piste de gazon avec une baraque sur le coté ou nous attendons l'embarquement. C'est rustique à souhait, j'espère que l'avion ne va pas l'être autant. Un ronronnement se fait entendre au loin, puis se transforme en bruit assourdissant : un Fokker à hélice de 1979 (j'ai lu la plaque d'identification par la suite) atterrit, puis s'immobilise devant nous. Les passager descendent, et je fonce faire la queue pour être dans les premiers, et choisir ma place près du hublot. Un officier arrive et m'appelle. Merde, qu'est-ce que j'ai fait ? J'espère qu'il ne va pas m'annoncer une mauvaise nouvelle.
" Il n'y a plus de place, donc tu vas faire le vol dans le cockpit du pilote" me crie t-il dans l'oreille. J'adore la manière des militaires pour résoudre un problème ;-) J'embarque donc en premier, et me retrouve dans le compartiment juste derrière le cockpit, grand ouvert. Il n'y a pas de véritable siège, juste des sangles tendues contre la carlingue pour s'asseoir, pas de ceinture de sécurité non plus. Ca promet d'être un vol épique ! Isabella me rejoint car elle n'a pas de place non plus. Simon et Chloe restent dans la cabine des passagers.

J'apprend que le pilote est en formation, et son instructeur est juste à coté de lui. Il prend un journal et se met à lire alors que l'avion faut vrombir ses moteurs, et se dirige vers le bout de la piste. Rassurant...



L'avion fait demi-tour, et s'élance aussitôt. Je passe une tête dans le cockpit pour voir le décollage en face. La piste défile à toute allure, la fin approche de plus en plus vite, je commence à stresser, mais au dernier moment, l'avion s'arrache du gazon en douceur et rase les arbres.

Le vol dure 1 heure, au cours duquel je filme le paysage. La jungle s'arrête brusquement contre une chaîne de montagne, qui en quelques minutes révèle des sommets enneigés.
L'arrivée sur La Paz est fabuleuse. La plus haute capitale du monde (3600 mètres), se situe dans une cuvette bordée pas l'Illimani, magnifique montagne culminant à 65OO mètres et le Huyna Potosi (6040 mètres). Dans 1 semaine, j'aurai gravit l'une des deux.





L'atterrissage se passe sans heurt à part pour l'apprenti pilote qui se prend une engueulade de l'instructeur.

3 ans après avoir foulé le sol de La Paz l'espace de 3 jours seulement, et m'être juré de revenir, je descend de l'avion sourire aux lèvres. Notre petit groupe récupère ses bagages, nous prenons un taxi à l'extérieur de l'aéroport pour le centre-ville (30 bols). L'Illimani immaculé de neige surplombe la ville. C'est un vision presque hypnotisante, comme s'il me défiait.

Commence alors une journée d'organisation dès que nous sommes installé à l'hôtel. Ma première mission est de faire une lessive. La jungle à fini d'achever ma garde-robe en répandant une odeur de moisissure humide dans tous mon sac. La deuxième mission consiste à trouver de l'argent, et là, c'est un jeux d'enfant. Nous allons déjeuner, et je vais m'inscrire dans une agence pour descendre la mythique Route de la Mort en VTT avec mes 3 compères.
La Paz n'a pas changé en 3 ans, si ce n'est que les cafés Internet ont fleurit un peu partout. La présence policière s'est accrue dans les rues. La forte tradition de revendication sociale n'a pas fléchit : un cortège de boliviennes typiques défile dans l'avenue principale au moment ou j'arrive.

Je me renseigne aussi pour l'escalade de l'Illimani et du Huyna Potosi. Les 2 sommets sont techniques, avec des crampons obligatoire, et des passages en escalade sur des parois glaciaires avec piolets et tous le bordel. J'ai quelques jours pour me décider.
Je vais aussi sur Internet, et une surprise m'attend. J'ai un message des éditions Lonely Planet m'annonçant que mon blog a été sélectionné pour figurer dans un nouveau guide sur les sites de voyage à paraître en janvier 2006.

Je rejoins les autres en fin de journée pour dîner. Nous sommes tous fatigué de notre périple dans la jungle, donc nous rentrons tôt à l'hôtel, et regardons tranquilement un DVD sur mon ordinateur.

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Mercredi 9 novembre 2005

C'était encore le déluge cette nuit. La rivière s'est transformée en torrent de boue et il n'est plus question de s'y laver ce matin. Il n'y a pas vraiment d'activité ce matin, nous marchons aux alentours, nous peaufinons nos bijoux en bois. Dès que le déjeuner est fini, nous préparons nos sacs, remercions la famille qui nous a accueillie, et le départ est lancée.

Il faut traverser la rivière et grimper sur un talus glissant pour rejoindre le sentier. Ca sent le plan foireux... Comme je ne veux pas risquer de mouiller mes chaussures, je mets mes tongs pour franchir la rivière et garde mes chaussures de trek à la main. Les guides passent en premier, les autres suivent, puis je me lance a mon tour. Je passe la rivière, prend soigneusement mes appuis pour grimper le talus, mais les semelles de mes tongs sont tellement lisses que je glisse et me rétame dans la boue. J'arrive a m'arrêter juste avant de me retrouver dans l'eau. Il fallait que ça arrive ...

Après 5 minutes pour me nettoyer, nous repartons et arrivons 10 minutes plus tard au bord de la rivière où la barque du retour nous attend déjà. Il y a les 2 anglaises qui nous avaient rejoint pour une nuit dans le premier camp. Nous embarquons. Cette fois nous sommes dans le sens du courant, et comme la pluie a fait monter le niveau de l'eau, nous allons a toute allure. Le soleil tape fort et il fait vraiment chaud, au point que Simon (le guide) nous propose de faire un arrêt pour se baigner. Il nous passe des gilets de sauvetage pour nous permettre de flotter et se laisser emporter par le courant quelques minutes, pendant que la barque nous suit. Simon (l'anglais) et Isabella y vont, moi je décline l'offre. Les 2 anglaises ont l'air passablement agacées car j'ai l'impression qu'elle sont impatientes de rentrer, et nous leur faisons perdre du temps. nous récupérons nos 3 nageurs au bout de 10 minutes et la barque repart de plus belle.

Sauf que nous faisons un nouvel arrêt au village de la communauté indigène, à notre demande, pour pouvoir acheter des bières. Et là, les anglaises sont à 2 doigts de péter un plomb. Nous l'avons tous remarquer mais ça nous faire rire. Elles n'ont pas l'air aventurières pour un sous, nous nous demandons vraiment ce qu'elles font là.

Enfin, à 16h00, nous débarquons sur les rives de Rurrenabaque. Ces 4 jours ensembles ont été tellement bien que nous proposons à nos guides de nous rejoindre ce soir pour prendre un verre ensemble. Entre-temps, il me faut trouver un nouvel hôtel avec Isabella, acheter un billet d'avion pour La Paz pour dès demain matin (avec la TAM, 40 dollars, qui dit mieux ???) et enfin, aller dîner.

Le rendez-vous a été fixé à 7h30 car nous sommes tous fatigués et ne voulons pas sortir trop tard. Jeni est la première, puis nous retrouvons par hasard le cuisinier de notre tour dans la pampa. Il se joint à nous, puis Juan arrive, et ils nous emmènent dans un karaoké local. L'endroit un bar typique, c'est-à-dire avec des tables et des chaises de jardin en plastique, avec une décoration minimaliste peinte directement sur les murs légèrement fissurées.
Les bières s'enchaînent, Simon (le guide) arrive, nous dansons, mais l'ambiance a été longue a démarrer. Maintenant que nous ne sommes plus dans la jungle, leur travail est fini, et il n'y a plus grand chose à se dire.
La bière continue de couler, et je m'assure auprès de Simon (l'anglais) qui commande à tous va qu'il a assez d'argent pour payer l'addition car elle commence a être lourde. "J'ai ce qu'il faut" qu'il me répond ...

Petite anecdote : A force de boire, j'ai envie d'aller aux toilettes, ce que je fais. Elles sont assez sales, avec des grosses toiles d'araignée au plafond. J'y vais une deuxième fois, une troisième trois, tout se passe bien... Quand j'en sort la quatrième, un "truc" au sol file entre mes jambes, il fait trop sombre pour bien voir. Je m'approche, me penche, et là, j'aperçois une araignée noire et poilue grosse comme ma main. J'ai une petite idée de son nom, mais je préfère courir chercher Simon pour être sûr. Là, il débourre aussitôt, et me fait " Tarentula ! Tarentula ! Una Tarentula !". Ca c'est la meilleure !!! Je passe 4 jours dans la jungle sans en voir une seule, je vais au WC à Rurrenabaque en pleine ville, et paf, la voilà !!! Je cours à l'hôtel (à 50 mètres) chercher mon appareil photo pour immortaliser la bête.

Retour à la soirée. Il se fait tard et Jeni est partie, puis Juan. Chloé fatiguée est rentré aussi. Nous demandons donc l'addition. nous avons bu à 8 quasiment 3 caisses, que le serveur nous apporte. Seulement, Simon le guide et notre ex-cuistôt n'ont pas d'argent avec eux, comme par hasard, ce qui fait que nous nous ne sommes que 3 pour tout payer. Et bien sûr Simon (l'anglais) n'a pas assez d'argent non plus... Je suis obligé de faire le complément avec mes derniers dollars. J'ai plus un rond pour payer la navette pour l'aéroport. Simon non plus. Il demande à nos guides de participer un peu, mais rien à faire, ils veulent se faire inviter sans nous donner le choix ! C'est décevant comme attitude après les bons moments que nous avons passés ensemble. Cela nous rappelle à la triste réalité que nous ne sommes pour eux que des touristes friqués. Dommage ...

par Ludovic publié dans : Bolivie
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Mardi 8 novembre 2005

Une pluie diluvienne s'abat sur notre camp de fortune dès 5h00, et elle ne s'arrêtera que vers 10h30. Jeni a quand même réussit a nous faire un petit déjeuner digne de ce nom. Du coup, nous restons sous la bâche en attendant que ça se calme, puis nous repartons dans la jungle trempée. Là, c'est vraiment l'aventure ! Le minuscule sentier est devenu boueux, et les passages de ruisseaux sont plus acrobatiques que jamais car la terre est devenu très glissante.
En cours de route, nous apercevons une biche (hé oui, il y en a aussi dans la jungle!), et une tortue terrestre d'environs 1 mètre de diamètre, un spécimen rare.

Au bout de 2 heures de marche, nous arrivons dans une clairière où 2 cabanes en bois ont été construites. 2 familles indigènes vivent ici depuis des générations, et l'une d'entre elle va nous accueillir pour cette nuit.





Le père revient tout juste de la chasse et rapporte un cochon sauvage. Il le dépèce sous nos yeux, vide les entrailles, et le découpe méticuleusement. Il ne veut pas que je prenne des photos car la chasse est officiellement interdite dans le Parc National Madidi. Si je prend une photo, il craint que quelqu'un d'extérieur au Parc la voit et que cela lui attire des ennuis. Officieusement, les autorités du Parc le laisse chasser 2 cochons sauvages par mois, car il habite dans le Parc bien avant sa création. Surtout, elles savent que cela fait parti de son mode de vie, et que de toute façon, il n'a pas les moyens d'aller en ville acheter de la viande pour sa famille. Cela reviendrait à détruire son mode de vie et a condamner cette famille indigène. En réalité, il en chasse quasiment 1 par semaine...

Une rivière limoneuse mais à l'eau presque claire, coule en bas de la cabane, et je vais m'y laver avec Simon et Isabella.



Le reste de l'après-midi est consacré à la confection d'artisanat à partir de fruits et graines trouvés dans la foret. Le guide nous montre comment fabriquer des colliers et des bagues. J'ai jamais porté de bijoux, ce n'est pas aujourd'hui que je vais commencer, mais là, c'est intéressant, et de toute façon, il n'y a rien d'autre à faire.



Nous installons nos moustiquaire dans un coin de la cabane, et nous allons tous nous coucher après le dîner, fatigués par nos 2 dernières courtes nuits de sommeil.

par Ludovic publié dans : Bolivie
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