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Polynésie française

Jeudi 9 février 2006 4 09 /02 /Fév /2006 22:38
Un grand beau soleil filtre à travers les rideaux ce qui me fait poser la question de louer à nouveau un vélo pour me promener. Mais dès 9h00, la chaleur devient accablante et freine mes ardeurs sportives. De toute façon, la navette du Tiki Village passe me prendre à 11h00 donc je passe tranquillement la matinée a faire des courses, lire, écrire, et prendre des photos de paréos polynésiens qui flottent dans le vent, le long de la route ou se succèdent les magasins.


J'ai à peine le temps de déjeuner avant que la navette arrive. Lorsque je débarque au Tiki Village, il est complètement vide, car pas encore ouvert. Super ... Les gens s'installent petit à petit et je vais voir une fille que j'ai reconnu comme qui faisant partie de la troupe de danse d'hier soir. Maintenant, elle tresse des costumes à partir de Pandanus de cocotier séché (lamelle de feuille séchée). Je lui pose plein de questions sur sa vie. Elle me raconte qu'elle travaille ici depuis 4 ans et vit à Moorea. La troupe du Tiki lui permet de voyager en France et dernièrement au Liban, mais elle préfère sa vie d'ici.


Le Village se rempli un peu et je peux aller voir un sculpteur sur bois qui fait des plats de cuisine et des instruments de percussion. Il a aussi des ukuleles, dont un très beau, ancien, magnifiquement sculpté, que j'achèterai bien pour l'offrir a mon frère.


Malheureusement pour moi, il n'est pas a vendre car appartient a sa famille depuis des générations et il le met juste en exposition ici. Il y en a d'autres mais ils ne plaisent pas, donc il m'indique où je peux aller à Papeete pour en acheter à un prix normal (15 000 CFP).

Je passe en suite voir un gars robuste qui en train de sculpter un Tiki dans une grosse pierre. Un tiki est une statue d'un aspect ratatiné et dont la tete avec ses grands yeux ressemble a celle d'un insecte.
Le sculpteur lui même est impressionnant avec ses bras et ses cuisses bien musclées, et surtout, entièrement ornées de tatouages polynésiens. Tous ont une signification mais il ne veut pas s'étendre sur le sujet. Intime, je présume, donc je n'insiste pas.

 

Je continue mon tour du village où je croise à nouveau le couple néo-zélandais d'hier en train de regarder les perles de culture, le fameuses perles noires de Polynésie.



Je vais sur la plage admirer les reflets des objets qui flottent sur le lagon. La mer est tellement calme que l'on dirait un mirroir.



Rien de plus à voir, donc je retourne à l'accueil pour me faire ramener au camping et aller déjeuner sur la plage.

Le temps semble stable et je ne compte pas rester à rien faire cet après-midi. Je repars à 14h00 pour aller louer un cayak dans un hôtel (Le Tipanier) qui se trouve à 10 minutes de marche de mon camping. L'endroit est superbe, idéale pour venir en couple et passer des bons moments de détente en amoureux. La location du cayak coûte 500 FCP/heure, le moins cher que j'ai trouvé dans le coin. Je laisse mes vêtements et mon argent au vieux monsieur qui tient la boutique et j'enfourche mon cayak qui glisse sur l'eau chaude du lagon. Je traverse le lagon jusqu'à la barrière de récif où un fort courant inverse me ramène vers l'intérieur. De grosses vagues s'éclatent sur la roche à quelques mètres de moi dans une gerbe d'embrun de plusieurs mètres de haut. Là où je reste, je peux descendre du cayak et toucher un fond de sable blanc. Je suis une fois de plus émerveillé par la clarté de l'eau.

Une averse arrive et vient troubler la surface de la mer m'empêchant de bien voir les merveilles qui sont sous moi. Je contourne un premier Motu et arrive dans une passe (passage entre les récifs ou entre 2 iles) ou un fort courant me ramène dans le lagon sans que j'ai a ramer. Il y a 2 mètres de fond au maximum et des coraux multicolores splendides tapissent le fond. Je me laisse dériver en observant ce que se passe autour et dessous mon cayak. Les poissons  s'écartent à mon approche.

La pluie se remet à tomber et j'accoste sur l'île pour faire une pause. Quelques touristes y font du snorkelling et semblent bien apprécier ce qu'ils voient. Moi je retraverse le lagon pour atteindre la pointe de Moorea où se trouvent les bungalows abandonnés du Club Med. Il y a beaucoup d'hôtels de luxe dans cette situation sur chaque île, c'est vraiment du gâchis. Je remonte lentement jusqu'à la plage du Tipanier et rend le cayak à 17h00.

De retour au camping, je me fais une petite séance de lecture et je vais dîner. Le ciel est resté dégagé et j'assiste à mon premier couché de soleil digne de ce nom en Polynésie. Enfin !

Par Ludovic - Publié dans : Polynésie française
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Mercredi 8 février 2006 3 08 /02 /Fév /2006 22:55
Le soleil est timide ce matin, mais la journée s'annonce prometteuse. Je décide de louer un vélo afin de faire le tour de l'île : 60 km a boucler dans la journée. Avec les arrêts photo c'est ambitieux mais comme je prend le vélo pour 24h00, je peux me permettre de rentrer tard si besoin. La location coûte 1 400 CFP.

A peine ai-je le vélo en main que la pluie se met a tomber. Génial ... Ca ne dure que quelques minutes et je me mets en selle en partant vers le Nord pour voir la Baie d'Opunohu ou le Capitaine Cook, un des plus grand explorateur, mouilla lors de découverte de l'île. Juste à coté se trouve la Baie de Cook (une petite erreur historique ...). Ces 2 baies qui s'enfonce profondément dans l'île triangulaire lui donne un forme de trident, symbole de Moorea.

La route asphaltée est de bonne qualité. Elle longe la côte où se trouvent quelques un des plus beaux complexes hôteliers de luxe, le genre bungalow tout confort sur pilotis au dessus du lagon à l'eau turquoise, auquel on accède pas une longue passerelle en bois. L'image de rêve que l'on a tous en tête lorsque l'on parle de la Polynésie.

Juste en face, les maisons polynésiennes traditionnelles font leur retour, avec leur petit jardin ou s'entasse généralement un bordel de vieilleries (tondeuses a gazon, voiture a moitié démontée, pirogue, filet de pêche, ...). Je m'incruste sur un terrain en bordure de l'eau où des pièges à poissons et à crabes, ainsi que des filets de pêche bleus, sèches. J'y fais des photos, puis je repars.


Je croise enfin des gens qui semblent travailler a un rythme proche de ce que je connais en occident : une équipe d'ouvrier avec un camion à goudron bouche les nombreux nids de poule de la route.

J'arrive au bout d'une heure à la Baie d'Opunohu que je longe jusqu'à une route qui s'enfonce dans l'intérieur de l'île. Elle permet d'accéder a un belvédère qui doit offrir une belle vue , donc je m'y engage. Ca monte sacrément et à mi-chemin, je suis obligé de faire une longue pause à une ferme agricole ou des touristes goûtent des produits locaux. Je suis dégoulinant de sueur, de la tête au pied, et les gens me regarde un peu bizarrement, du genre "c'est qui ce fou qui n'a pas de voiture ?" Je repars en poussant mon vélo car je n'ai plus de force, la montée est trop raide.

Le vue depuis le belvédère est belle, malgré l'absence du soleil, et permet d'embrasser d'un coup d'oeil les 2 baies séparées par un énorme piton rocheux typique de la topographie locale. J'imagine la beauté des couleurs dans le lagon, et de la végétation, si la lumière était meilleure. Il y a beaucoup de touristes donc je ne m'attarde pas, et je descend à pleine vitesse pour sécher ma peau.


Je fais un arrêt au Marae Titiroa, un ensemble de ruines en bordure de la forêt qui date de 900 an après J-C. Les Maraes sont les lieux d'habitation des premiers indigènes de Polynésie, et sont souvent des endroits religieux. Dans celui là, se trouve une plate-forme de tir a l'arc, des fondations de maisons en pierre, quelques lieux de culte. L'ensemble a été nettoyé mais l'humidité ambiante a vite fait de recouvrir les pierres d'une mousse verdâtre, et les longues racines d'arbres qui s'enchevêtrent tout autour donnent à l'endroit un certain charme, mystique.


Je continue et bifurque vers la Baie de Cook par un chemin de terre mal entretenu qui me mène dans une vallée verdoyante. Les collines sont recouvertes de plantation d'ananas. C'est la première fois que j'en vois pousser. Je croyais que c'était comme les noix de coco, mais en fait, ça sort du sol comme les artichauts.


J'hésite a en prendre un pour le dessert mais je ne le fais pas.  Les haies de fleurs tropicales rouges, oranges, jaunes, mauves, blanches, se succèdent tout le long du chemin qui fini par déboucher sur le village de Paopao, au bout de la Baie de Cook.

Je demande l'heure et il est déjà midi donc je profite de la présence d'un petit supermarché pour aller acheter des aliments et je me remets en selle pour trouver un endroit agréable ou pique-niquer. Je veux un gazon moelleux en face de la mer, et je le trouve au bout de 20 minutes, après avoir pédalé contre le vent qui se lève. Le ciel est toujours chargé de nuages menaçants, je suis étonné qu'une sauce ne me soit pas encore tombée sur la tête. Ma bande de gazon est sut un terrain privé mais il n'y a aucun panneau qui profère des menaces donc je m'installe et me rempli l'estomac d'un sandwich au thon/tomate.

Je me repose ici une demi-heure et je repars requinqué. Je dépasse le village de Maharepa dont l'unique intérêt réside dans une belle maison coloniale toute blanche reconvertie en magasin de paréos. L'ensemble constitue un bel exemple de demeure de plantation de vanille du début du siècle.

J'arrive enfin à la pointe opposée de l'île où se trouve l'aéroport de Mooréa.  Fini le charme de la côte Nord : ici, le défrichage en cours va bientôt laisser place à d'horrible complexes hoteliers. La route monte un peu et offre dans un tournant un superbe panorama de la côte et du lagon. D'autres bungalows sur pilotis d'un nouvel hôtel en construction se détachent sur l'eau cristalline.


A 14h00, je passe le port du ferry où je suis arrivé il y a quelques jours, puis je me dirige vers le camping qui est encore a 2 heures d'ici je pense. Je commence a en avoir marre de pédaler et un peu mal aux fesses aussi... A mi-chemin, une pluie légère se commence a tomber, mais je ne m'arrête pas. Ca me rafraîchît. quelques minutes plus tard, ce sont des trombes d'eau qui me fouettent le visage, donc je m'abrite sous un épais feuillage au bord de la route en attendant que ça faiblisse. J'enveloppe mon sac à dos dans un sac poubelle et c'est reparti.

Depuis hier, je pense sérieusement à me tirer du camping chez Nelson tellement l'ambiance est nulle. J'ai eu d'autres adresses de logement, dont l'une se trouve sur mon chemin : Mark's Place. L'endroit est tranquille, et bien plus confortable (2000 CPF en dortoir) que le Camping Nelson. Je peux louer un cayak, un vélo ou un surf pour 1000 CFP/jour. Dommage que ça soit a 500 mètres de l'eau.

Je m'arrête encore un peu plus loin pour prendre en photo une église. J'hallucine sur le nombre de "courants religieux" qui existent ici. Eglise Adventiste du 7ème jour, Eglise Baptiste du 5ème jour, Eglise Progressiste des Saints Jours, Témoins de Jeovah bien sûr, Mormons ... La Polynésie semble être un terrain fertile pour les sectes.




J'arrive au Tiki Village, un regroupement de commerçants traditionnels (culture de perles noires, tressages, tissage de paréos, peinture, sculpture ...) autours d'un théâtre où a lieu des danses polynésiennes. Roxanne m'a vivement conseillé d'y aller, donc même si c'est cher, je prend un billet (3900 CFP - transfert en navette inclus) pour le spectacle de ce soir. Je vais jeter un oeil aux alentours et je tombe sur une cérémonie de mariage à la polynésienne. C'est un couple de touristes qui renouvelle son engagement au cours d'une reconstitution locale très prisés des amoureux en Lune de Miel. Habillés de paréos blanc et d'une couronne de fleurs, ils sont conduit vers la plage sur une barque cérémonielle par des Polynésiens tatoués de la tête aux pieds et vêtus d'un simple pagne et des brassières en feuille de palmier. Madame à l'air plus intéressée par ses rameurs que par son mari ...


Je parcours les 4 dernier km à la hâte car j'en ai vraiment marre de pédaler, et je rend le vélo a 17h00. Le loueur ne me fait payer que  1000 CFP au lieu de 1400 prévu car je suis revenu tôt. Je fonce prendre une douche, je vais dîner et j'attend la navette du Tiki Village qui doit passer me prendre à 20h30.

J'attend sur le bord de la route dans la nuit. Une première navette passe sans s'arrêter. Je commence a m'impatienter, mais la mienne arrive plus tard avec un jeune  couple franco-néo-zélandais. Le Tiki Village est déjà rempli de touristes, dont beaucoup de beaufs américains accompagnés de leurs vieilles poufs vulgaires au seins et lèvres refait.

Je m'installe dans les gradins en essayant de rester proche de la scène pour prendre des photos, et le show commence. Les danses ressemblent à ce que j'ai vu à l'hôtel Méridien de Papeete, mais en mieux, surtout les gars qui jonglent avec des bâtons enflammés. Les danses des femmes sont bien aussi.




Au final, entre un spectacle gratuit au Méridien et celui-ci a 32 euros, la différence n'est pas énorme tout de même ... Mais c'est sans regret, car je peux revenir demain matin pour visiter le village et voir les ateliers d'artisanat. La navette me dépose devant mon camping à 23h00 et je vais me coucher directement.
Par Ludovic - Publié dans : Polynésie française
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Mardi 7 février 2006 2 07 /02 /Fév /2006 22:54
Après une nuit entière a me battre avec les moustiques et a maudire le propriétaire qui n'a pas prévu de moustiquaire dans les chambres, je me lève tôt.  Je n'ai aucune idée de l'heure, je n'aime pas cette sensation de ne plus avoir de repère temporel autre que mon estomac qui gargouille toujours pour me dire "c'est l'heure du petit-déjeuner".  Quand je passe la tête dehors, une épaisse couche de nuage masque le soleil, impossible de deviner à quelle hauteur il se trouve dans le ciel.  Comme je suis seul dans la cuisine, j'en conclus qu'il est très tôt.
Je vais au petit centre-commercial pour consulter mes emails mais il n'es pas encore ouvert. Les montres et horloges dans la vitrine de la librairie indiquent qu'il est à peine 8h00. J'attend l'ouverture des commerces à 8h30 en lisant les titres des journaux.

Après avoir fait mes petites affaires, je rentre déprimé car il pleut. Je vais me recoucher et ne me lève que pour aller déjeuner. Cette fois encore, je suis seul dans la cuisine. Mais ou sont passés les gens ? Les camping est totalement vide. Il manque un truc ici, une salle commune un peu cosy ou les gens pourraient se réunir et faire connaissance. Remarque, je n'ai pas envie de parler à qui que ce soit, personne ne plaît ici. Je retourne me coucher mais il m'est impossible de dormir car je pense a pleins de choses en même temps.

Finalement, je me lève a nouveau, vais consulter mes emails, jette un oeil sur les paréos qui sont plutôt pas mal, je rentre diner au camping et vais me coucher tôt.
Par Ludovic - Publié dans : Polynésie française
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Lundi 6 février 2006 1 06 /02 /Fév /2006 22:38
Yann est parti discrètement vers 5h00 pour retourner à Papeete, et j'ai somnolé jusqu'à 8h00. Il fait beau ce matin donc j'en profite pour faire une lessive après avoir été consulter mes emails, histoire de voir si la compagnie d'assurance pour mon ordinateur m'a répondu. Bien entendu, il n'y a rien, il vont faire traîner le dossier autant que possible.
J'ai aussi acheté une pile neuve pour ma montre. Je m'installe sur les tables en bois du jardin, face à l'océan et j'entreprend de démonter la montre pour faire le remplacement de la pile. J'arrive a faire fonctionner l'affichage digital, mais le temps de ne s'écoule pas. Son temps a elle est définitivement fini. je vais devoir la remplacer rapidement ce qui me fait encore une dépense non prévue.

Ma chambre est celle juste derrière le vélo


Midi arrive vite, si j'en crois mon estomac qui gargouille. Il est désormais mon seul repère chronologique quand j'ai personne a proximité pour me donner l'heure exacte. Je me dirige vers la cuisine commune qui n'est pas du tout conviviale. Les gens mangent dans leur coin, assis a leur bout de table. En plus il n'y a pas d'aliments de base en commun. Il faut amener son propre sel, son poivre, son huile, son vinaigre, son beurre, son sucre, etc ... que des choses que je n'ai évidement pas !
A coté de moi, un groupe de vieux routards, la cinquantaine bien frappé, tout bronzés, se racontent des histoire drôles :
- Devant une maison se trouve une cage avec un perroquet et le panneau suivant "Attention Perroquet dangereux"
- Un passant intriqué se demande en quoi le perroquet est dangereux, il a l'ait tout inoffensif.
- Il s'approche et commence a le taquiner
- Le perroquet ouvre alors son bec, et crie "Rex !! Attaque !!"
Comme je suis le seul français dans la cuisine avec eux,  ça me fait rire.

Une poule en liberté s'incruste dans la cuisine avec son cortège de poussins qui piaillent a tout va et cavalent dans tous les sens. C'est marrant de les regarder en mangeant. Mon repas fini, je me dis que ça serai bien de louer un vélo pour me promener cet-après midi. Mais mon rhume me pompe toute mon énergie, et du coup, je reste sur la plage à lire, écrire, nager, bronzer, jusqu'à ce que je me lasse.


Je prend mon appareil photo et je vais marcher le long de la route. Il n'y a pas grande chose d'intéressant. La Polynésie ne m'inspire pas tellement en fait. Je n'arrive pas à avoir l'oeil affûté sur les paysages ou les scènes de la vie quotidienne. J'ai l'impression de voir toujours le même décor, les mêmes gens.



Je passe me renseigner dans un club de plongée pour éventuellement en faire une dernière avant de quitter la région.  C'est un peu plus cher qu'à Huahiné (50 euros au lieu de 40), donc je ne fais pas de réservation.

Je rentre au camping prendre une douche et écrire à nouveau dans mon carnet de bord. Je constate qu'une nouvelle personne est arrivé dans la chambre et occupe le lit que Yann a laissé vacant ce matin. J'espère que c'est un mec sympa car, vu l'étroitesse de la "chambre" (un bien grand mot), la cohabitation risque d'être difficile.

De retour du dîner, je rencontre mon nouveau voisin de chambre. Il est train de lire sur son lit en caleçon. Tout de suite, sa tête ne me revient pas. C'est un voyageur néo-zélandais, la trentaine, mal rasée, les cheveux blond/roux frisés, avec des piercings dans l'oreille. Il fait sale.  Je lui adresse un bref "hello", je prend ma brosse à dent et mon dentifrice, vais me laver, et reviens m'affaler sur mon fin matelas en mousse. Pas un mot de plus. Les moustiques ont envahis la chambre, encore une bonne nuit en perspective ...
Par Ludovic - Publié dans : Polynésie française
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Dimanche 5 février 2006 7 05 /02 /Fév /2006 22:19
Je me lève a 7h00, en même temps que l'allemande qui est avec moi dans le dortoir. Mon sac est déjà prêt car je n'ai rien déballé hier soir. Je me fais un énorme petit-déjeuner de tartines avec du pain frais, et Fred nous emmène au port avec 4 anglais. Nous sommes serrés comme des sardines dans son Peugeot 806. La course nous coûte 1300 CFP chacun. Il abuse un peu le Fred sur ce coup là, il aurait pu faire un tarif de groupe, ou un prix unique du trajet que nous aurions divisés entre nous.

J'embarque seul sur l'Aremiti 5 avec le billet que le couple Américain m'a donné hier. Les autres prennent Le Moorea Express, légèrement moins cher que mon bateau (900 SFP au lieu de 1050 pour moi), mais ils partent en même temps. Je me retrouve avec un groupe organisé de retraités américains fraîchement débarqué du paquebot amarré un peu plus loin et que j'avais remarqué en venant. Je pose mon sac en face de mon siège et je vais sur le pont supérieur apprécier le panorama. quand je redescend a ma place 5 minutes plus tard, j'y trouve une vieille américaines confortablement installée. Ca m'énerve ... Je m'installe derrière, puis je décide de remonter sur le pont pour profiter du soleil radieux. J'ai eu tellement de pluie ces 10 derniers jours qu'il faut en profiter.  Pour les curieux, je précise que les polynésiennes sont en général très loin d'être comme celle au premier plan de la photo ci-dessous ...  :-)


Un groupe de polynésiens est assis en cercle, guitare à la main. Les chansons paillardes vont bon train et il n'y a que moi qui rigole un peu car les autres touristes ne comprennent pas le français. Le trajet dure à peine 30 minutes, et me voilà à nouveau livré à l'inconnu en débarquant sur le quai.


Dans la cohue des navettes vers les complexes hôteliers de luxe, je trouve un bus local (300 CFP), un vieux Dodge Bluebird des années 60, peint en bleu, qui m'emmène a l'autre bout de l'île. C'est la-bas que se trouve le Camping Chez Nelson, un établissement réputé parmi les backpackers pour ses prix honnêtes. Ce que j'aperçois sur le trajet est de bonne augure pour mon appareil photo. Comme c'est Dimanche, les locaux s'habillent tout en blanc pour aller à l'église qui se détache devant l'eau turquoise du lagon.

J'arrive au camping Nelson au bout d'une demi heure, le bus est maintenant presque vide. L'endroit est effectivement un vrai camping , mais il n'y a pas beaucoup de tentes installées. Les gens vont plutôt dans les petites cabines de 2 ou 3 personnes, ou dans les quelques bungalows idéalement situés sur un terrain a l'herbe généreuse, au bord du lagon. Une petite plage de sable agréable complète le tableau. Sympathique endroit donc, il ne reste plus qu'à rencontrer des gens dans la même veine.

Je prend possession de ma chambre rudimentaire (1500 FCP) où je suis pour l'instant seul, et je pars aussitôt faire les courses afin de pouvoir me préparer quelques chose ce soir dans la cuisine collective pour les jours à venir. Le supermarché, situé a 500 mètres, n'est pas grand mais le nécessaire est là. Il y a aussi un café Internet (toujours hors de prix), une librairie bien fournie, des magasins de paréos et de t-shirts souvenirs. De retour au camping, je range mes provisions dans un carton que je laisse dans la cuisine commune, puis je vais m'installer au bord du lagon pour écrire et lire.


J'ai laissé toutes mes affaires de valeur dans la chambre donc par mesure de sécurité, j'ai mis mon propre cadenas sur la porte de ma cabine. Et bien sûr, il faut que quelqu'un arrive précisément dans cette chambre. J'arrive juste à temps pour éviter que le propriétaire ne coupe mon cadenas avec une pince. Mon colocataire est français, en provenance de Madagascar, et s'appelle Yann. 45 ans, sympa, il est en mission à Papeete pour organiser la réparation d'une corvette de la Marine Française. Il me propose d'aller dîner ensemble ce soir, sachant qu'il offre le vin. Si ça commence comme ça ... :-)

Je retourne lire mon bouquin sur l'histoire d'un pêcheur tahitien qui a dérivé pendant 3 mois en mer. C'est une histoire vraie, une histoire de survie poignante et très instructive sur la vie locale et le développement de Tahiti depuis les années 70. Je démonte aussi ma montre pour essayer de la réparer, mais l'intérieur est rouillé, c'est presque sans espoir. Je vais tout de même la nettoyer et changer la pile pour en être sûr.

Le lagon en face de moi donne vraiment envie de piquer une tête dedans, mais sans masque ni tuba, ça fait chier. J'ai envie de voir des poissons ! Je vais réfléchir à l'achat d'un équipement car j'ai encore de bonnes occasions de m'en servir après la Polynésie, notamment à Bali, en Malaisie et en Thaïlande.


La nuit est tombée et Yann est revenu. nous partons au restaurant avec sa voiture de location. Le premier que nous essayons est vide et assez cher par rapport à mon budget, et nous finissons chez dans un restaurant corse sur pilotis qu'il a déjà testé ce midi. Les prix sont similaires au premier que nous avons vu mais ça à l'air vraiment bon, donc je m'accorde un Mahi-mahi au basilic. Nous nous racontons nos vies, la sienne est assez impressionnante. Il a notamment fait des missions humanitaires en Afrique dans des conditions incroyables. Un vrai roman !

De retour à la chambre, il fait chaud et humide. Les moustiques se sont invités et bourdonnent toute la nuit autours de mes oreilles.
Par Ludovic - Publié dans : Polynésie française
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Ludovic


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