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Brésil

Samedi 29 octobre 2005 6 29 /10 /Oct /2005 00:00

Le Donna Lili n'est plus au port officiel quand nous nous y rendons à 15h00. Il s'est déplacé jusqu'au dock non officiel, ce qui nous permet d'embarquer sans avoir besoin d'attendre le gars auquel nous avons acheté les billets (de toute façon, il n'est pas là), ni de prendre une barque pour rejoindre le bateau en fraude.



Nos hamacs sont toujours là. Il nous reste 2 heures avant de partir, donc je vais faire des provisions de nourriture. J'achète le nécessaire pour faire des caipirinhas pendant plusieurs jours, une bouteille de vin pour fêter notre embarquement réussit, des ananas et des oranges. Le bateau se met en route à 18h00, juste au moment du coucher de soleil. Nous sommes les seuls étrangers à bord. C'est parti pour 4 jours de croisière sur le Rio Madeiras à vivre dans un hamac.



 

Après 2 mois de vadrouille ininterrompue, je vais en profiter pour me reposer, pour lire, pour préparer les prochaines semaines en Bolivie, et bien sûr, observer la vie sur les rives de la forêt amazonienne.

Le dîner est servi immédiatement. C'est une soupe de légume avec des morceaux de viande grasse flottant dedans. Pas d'entrée, ni de dessert... Je ne dit rien, mais je crains le pire pour les jours suivants. A 20h00, toutes les lumières du bateaux sont déjà éteintes, tous le monde est dans son hamac, prêt a dormir. La nuit est fraîche en raison du vent. Je suis obligé de sortir mon duvet, chose que je n'imaginais pas faisable ici. Et le bruit perpétuel du moteur du bateau, combinée au confort relatif de mon hamac, font que la nuit n'a pas été très reposante finalement.

Le petit déjeuner est servi à 5h00, à l'aube, ce qui me vaut de le louper, car je n'ai pas le courage de me lever. Heureusement, un "délicieux" déjeuner est servit dès 10h30 : une assiette de riz, des spaghettis, et des morceaux de poulet baignant dans une sauce aux flageolets. Et ça va être comme ça pendant tout le trajet ! Au bout du deuxième jour, je n'en peux plus de ce régime de bagnard.

Le bateau longe la rive à contre-courant, ce qui permet de voir les villages disséminés le long du fleuve. Le niveau de l'eau est si bas (plus de 5 mètres en moins) que cela provoque un effondrement des berges, donnant une vue immédiate de la végétation, comme si j'étais à l'intérieur de la forêt.





Des grandes plages fluviales sont apparues, laissant parfois des embarcations sur le sable, a plus de 100 mètres de la nouvelles rive du fleuve.



Le fleuve lui-meme ne manque pas de distractions. De nombreuses personnes vivent a proximité, et offre un spectacle permanent de la vie locale en Amazonie. Tel cet homme se lavant de bon matin dans l'eau boueuse, ou encore cette femme "travaillant" sur un charter fluvial de marchandises.





Il arrive de croiser de temps en temps des cabanes flottantes de chercheurs d'or. Le toit en paille abrite une puissante pompe qui drague le fond du fleuve. L'eau est filtrée sur un tapis roulant à 2 niveaux et rejetée dans le fleuve avec sûrement quelques substances chimiques en plus. Ils récoltent 15 grammes d'or par jour. Ca m'a l'air peu mais ici, c'est suffisant pour survivre.

Le bateau charge parfois des nouveaux passagers. Il ne fait pas tojours escale, mais envoi son canot à moteur récupérer les gens sur la rive. Ceux-ci doivent ensuite se débrouiller pour escalader la balustrade avec leurs bagages, tout en continuant d'avancer avec le bateau. Et il fallait que ça arrive : une nuit, un malheureux passager rate son lancer de bagages, et lorsque le "plouf" retentit, tous le monde se précipite à la balustrade croyant que c'est le nouveau venu lui-même qui est tombé à l'eau.





Au bout du 2ème jour, le bateau est plein. Il y a beaucoup de jeunes mères à bord avec 2 ou 3 enfants, et détail typique du Brésil, ce sont quasiment toutes des filles. La sur-représentation féminine n'est pas prête de s'arrêter ! Il n'y a presque plus de place entres les hamacs, et c'est la guerre pour pouvoir s'étendre complètement. Heureusement, j'arrive à trouver un autre emplacement que celui où j'étais initialement, avec de l'espace. La place que je laisse libre ne le reste pas longtemps : un gros brésilien s"y installe, coinçant Sylvia entre lui-même, et un joueur de football pot-de-colle à l'haleine fétide (dixit Sylvia).

Autre problème apparaissant avec la surpopulation du bateau : l'odeur. Les douches et les toilettes sont situées dans la même cabine, et elles deviennent de moins en moins fréquentables. Les chasses d'eaux sont toutes cassées, et l'odeur qui en émanent devient insupportable quand on s'en approche. Quelques hamacs sont suspendus juste en face ...

Quand la nuit tombe à nouveau, l'Amazonie révèle son vrai visage : celui d'une forêt sauvage peuplée d'insectes en tout genre. Sauterelles géantes hideuses avec des crochets, moustiques de la taille d'une mite, papillons de nuit gros comme ma main, coléoptères à gogo, et bien sûr des araignées qui se régalent de ce petit monde. Une horde de ces charmants autochtones s'abat sur le bateau, attiré par les quelques lumières restantes. Impossible de rester plus de 5 minutes sur le pont sans qu'un insecte volant non identifié me heurte le visage ou le corps. Hier, nous avions été épargné grâce au vent qui soufflait trop fort pour leur permettre d'atterrir sur le bateau.

Le troisième matin, je me lève à 5h00 pour admirer le lever de soleil. Sur le pont, des centaines d'insectes sont morts, englués dans la rosée matinale. Le ciel se drape d'un violet-orange, qui se reflète dans l'eau, avant qu'un grosse boule rouge n'apparaissent derrière les arbres. Une fine bande de brume coupe l'horizon en deux. Ce spectacle magique, je l'ai vu des dizaines de fois, mais je ne m'en lasse jamais. Du coup, je me lève tous les matins suivants pour y assister seul sur le pont supérieur du bateau.

 
     
 

Je me rend compte à quel point les brésiliens n'ont que faire du respect de l'environnement. J'ai l'impression que c'est une préoccupation de riche occidental, que je suis. Dans les villes, les gens ne prennent pas la peine de faire les 10 mètres qui les séparent d'un poubelle publique, quand il ont besoin de jeter quelques chose. Le trottoir où le caniveau font parfaitement l'affaire pour s'en débarrasser. Sur le bateau, c'est pire, et ça me révolte encore plus. Tous les détritus passent par dessus bord : chaussures usagées, canettes de bière, gobelets en plastique, mégots de cigarette, etc ... Ca me met hors de moi à chaque fois que j'assiste à ces scènes pathétiques. Et ça ne sert à rien de leur dire, car dans l'énervement je ne peux pas aligner trois mots de portugais.

Le bateau arrive à Porto Velho à 17h30, le quatrième jour. Un ciel noir et menaçant nous accueille. Nous avons à peine le temps de débarquer qu'un orage éclate. Nous attendons 30 minutes, mais ça ne se calme pas. Il nous faut encore trouver notre hôtel, aller manger, et se renseigner sur les bus pour demain matin, ce qui ne nous permet pas de nous attarder à l'abri dans le port. Nous utilisons donc nos sacs poubelles géants pour envelopper les sacs, je me fais un joli t-shirt en plastique, et nous voilas parti sous la pluie, dans les rues sombres de Porto Velho. La route qui mène au centre-ville est inondés et je patauge dedans avec mes tongs. Nous passons juste la nuit ici, et repartons dès demain en bus pour Guajara-Mirim où se trouve le poste de frontière avec la Bolivie.

Par Ludovic - Publié dans : Brésil
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Ludovic

 
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