Les chiens ont remis ça mais à 4h00 cette fois ! Je vais au petit lac qui se trouve de l'autre coté de la forteresse à 2 km. Sur les rives, un temple a été construit par une célèbre prostituée de l'époque qui voulait faire une bonne oeuvre. J'ai beau arriver tôt, il y a déjà une meute de touristes sexagenaires sur les lieux. Ce sont ceux que je déteste le plus, avec leur camescope et appareils photos profesionnels alors qu'ils ne savent même pas s'en servir. Ils mitraillent tous ce qu'ils voient, même en contre-jour. Je me demande si je ne suis pas un peu comme eux. Non, je ne suis pas un touriste, mais un voyageur. Je ne fais pas de photos obscènes dans des villages qui crevent de pauvreté. J'essaye de rendre l'ame de chaque endroit, de montrer la vie, pas la misère, même si elle est omniprésente. Mes photos, je suis certain qu'elle me feront tripper quand je les regarderai pour la 100ème fois à 50 ans.
Pour retourner en ville, je passe devant une librairie. Je trouve "L'inde sans les anglais" de Pierre Loti. J'ai cherché ce livre plusieurs jours en France, sans succès, mais ici au fin fond du Rajasthan, il y en a 3 exemplaires. Il y a quelques chose qui m'échappe ...
Je me dirige ensuite vers l'intérieur du fort. J'aimerai photographier l'imposante entrée, mais aucun point de vue ne me semble satisfaisant., si ce n'est depuis le toit d'une maison collée en contrebas de la muraille. Après 30 mn de recherche, je trouve enfin l'entrée de la maison. Coup de chance, c'est un magasin d'artisanat. Je fais le faux client, monte sur le toit, prend la photo, et je m'éclipse, ni vu, ni connu. Dans le fort, je trouve un restaurant avec une énorme pancarte ou il est écrit "Félicitation aux Français pour leur victoire en Coupe du Monde de Football 98" que j'avais déjà vu sur les photos de Thierry. C'est délirant de se dire qu'il était là, lui aussi, quelques semaines plus tôt.
Au restaurant de l'Hotel, Pushkar (c'est le nom du cuisinier) propose de me faire un plat special. J'ai peur que ce soit trop épicé mais il m'assure que non. Il revient avec un plat de pâtes chinoises avec une sauce aux légumes, très bonne. En plus, ça ne coute même pas cher.
Je retourne au Fort, histoire d'être sûr de n'avoir rien raté. A l'entrée, il y a cette échoppe de bhang. Le bhang est une sorte de marijuana autorisée à la vente mais dans les magasins d'état uniquement. Il y des recettes avec du thé, du lassi, et des cookies. Sur les conseils d'une anglaise qui est là et qui en a déjà pris, je prend un cookie pour 40 rps. Ca se conserve 2 mois, alors je le mangerais quand je serai dans un endroit tranquille, à Pushkar (la ville, pas le cuisinier) par exemple.
Un indien qui a vu que je cherche des points de vue, me propose de monter sur le toit de son haveli, d'ou il y a une belle vie. C'est vrai, c'est pas mal. C'est surtout un prétexte pour me parler du magasin de peinture, juste en dessous. A tout hasard, je vais voir. L'endroit est petit mais chaleureux. Je demande à voir ses meilleures peintures sur soie. Je les trie rapidement et en extirpe 3 qui sont vraiment belles. Les détails sont fins et comme elles sont de grande taille, je pense qu'elle coutent plus de 1000 rps. La plus belle avec des paillettes d'or ne coute que 980 rps, les 2 autres coutent 500 rps. Je négocie en disant que je n'ai que 600 rps, je fais le mec déçu de ne pas pouvoir acheter. Ca dure 10 mn. Finalement c'est OK. On prend le thé pour conclure l'affaire, on discute et comme je les trouve sympa, je leur demande un service : peindre la couverture de mon Livre d'or. Je lui propose 30 rps, l'artiste est d'accord. Ca sera prêt pour 18h00. Je repars super content de mes 2 affaires. De retour à l'atelier, le peintre est parti et le travail n'est pas fait.L'auter indien qui peint aussi me propose de s'en occuper raoidement. J'ai pas le choix car le temps presse et je la veux ma décoration ! Il fait un dessin plutôt chouette dont la signification restera mystérieuse pour qui n'a jamais été en Inde. Le signe veut dire "Om", signe de shiva, représenté par 2 serpents qui s'entrelassent. Le cadre fait d'arabesques musulmanes signifie "la réalisation de soi" ou d'un travail. Ca colle bien au propriétaire du livre.
Je décide vérifier mon email avant de partir, histoire de n'avoir aucun regret sur le "ratage" avec Paul. 1 message d'Udy, 1 message de Thierry qui rentre d'Indonésie, mais rien de Paul. Je l'ai perdu définitivement. Mais quel plaisir d'avoir des nouvelles de ses amis, si loin ...
Je retourne à l'hôtel prendre mon diner puis je fonce à l'arrêt de bus dans la nuit. Un bras m'attrappe. c'est un grand jeune homme, européen, le visage fatigué et les cheveux ébouriffés. PAUL !! C'est pas possible ! Il vient de rentrer d'un safari de 3 jours, raison pour laquelle je ne pouvais pas le trouver à Jaisalmer. Et dès qu'il rentre, boum ! Dans le Ludo ! Il avait laissé un message aux hôtels mais les indiens n'ont pas fait la commission quand j'y suis passé. On se fixe un autre rendez-vous dans 3 jours à Pushkar. J'espère que ça va marcher cette fois.
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