Samedi 20 février 1999
Dès que j'ai du temps, je met en ligne la suite de mes aventures en Inde.
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par Ludovic publié dans : Inde 1999
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Mercredi 17 février 1999
Je me lève avant Rolph et retrouve dans la salle de déjeuner les Français qui m'avaient donné le tuyau pour aller déjeuner au Lake Palace à Udaipur. Ils me disent que leur hôtel est pourri, et je leur conseil de rester ici, ce qu'ils font dans la demi-heure. Je vais ensuite à la banque, et, oh miracle, j'obtiens mon argent en 5 mn chrono ! Je rejoins Rolph qui prend son ptit dej à l'hôtel. Il y a aussi le Turc homosexuel de Pushkar, qui me demande ce qui n'allait pas l'autre nuit quand je râlais. Je lui explique que j'en avais marre de sa musique, et tout ce qu'il trouve à dire, c'est : Pourquoi t'es pas venu fumer avec moi ? C'est bon pour dormir !
Je l'envoi chier.

Nous allons visiter l'attraction majeure de Jaipur, le Hawah Mahal, le fameux Palais des Vents, qui n'est en réalité qu'une façade qui donne sur la rue moderne. Le palais derrière est sans grand intérêt. Nous partons ensuite pour l'observatoire astronomique crée par Udaï Singh. C'est un parc entouré d'une haute enceinte, rempli d'instruments astronomiques d'il y a 400 ans. Tout est en pierre, parfois aux dimensions gigantesques. Ils servaient à déterminéer la position du soleil, de la lune, des étoiles avec une précision hors du commun pour l'époque. Je suis sûr que la moitié des touristes présents n'ont pas idée e la manière dont ça fonctionne, moi même je suis un peu perdu, alors que j'ai pratiqué l'astronomie pendant quelques années. Le Turc est encore là, en train de s'extasier sur l'observatoire et hurlant: "Ca, c'est la vraie âme de l'Inde, la puissance cosmiiiique ! Pushkar, c'est de la meeeerde !" Et il part fumer un joint sous l'instrument qui sert à calculer la position de son signe astrologique, le Cancer (il me l'avait dit à Pushkar). Il est complètement frappé ...

Il n'y a rien pour déjeuner dans le coin, et je commence à fantasmer sur le Pizza Hut que j'ai aperçu hier soir. On prend un cyclo-rickshaw pour s'y rendre. Ca me fait vraiment bizzarre de voir l'indien pédaler, il a vraiment du mal, mais c'est comme ça qu'il gagne sa vie. Si tous le monde réagisait comme nous au début, il n'aurait aucun client et serait encore plus misérable.

Le Pizza Hut est un vrai de vrai, sans adaptation des recettes à l'indienne. Les pizzas coûtent toutes plus de 120 rps, une fortune ! Vue la taille des pizzas, ça nous fera aussi le repas du soir.

Nous reprennons un cyclo-rickshaw (maintenant on préfère, c'est plus typique) pour aller au pied de la montagne ou se trouve un petit fort. J'y vais plus pour admirer la ville en hauteur que pour le fort lui-même qui m' a l'air pas terrible. Sur la route qui monte en lacets, nous croisons un cortège de femmes portant des fagots de bois sur la têtes. Il y a 25-30 kilos facile, mais elles ne se plaignent pas, ne laissent transparaitre aucune douleur ou fatigue. Pendant ce temps, leurs maris ne doivent pas faire grand chose ... La condition de la femme indienne est l'une des pires au monde. Quel hasard a fait que je suis né Homme, en France ? Pourquoi pas Femme en Inde, ou en Somalie ? Question sans réponse, mais le fait de se la poser permet de relativiser beaucoup de choses sur ma condition de riche occidental. Je suis bien né, j'ai une vie formidable jusqu'à aujourd'hui, merci ... Est-ce que j'aurai encore le droit de me plaindre après mon retour ? Pas sur que ma consience me l'autorise. Mais je sais que la réalité occidentale va vite reprendre le dessus.
Nous faison un rapide tour de la muraille avant de s'installer dans l'unique bar-restaurant du fort.

Retour à pied à l'hôtel, et lorsque je prend ma douche, les filles de la chambre d'à coté sont là. Je leur parle en français, à poil dans ma douche, et elles nous invitent à venir les voir après. Avec Rolph, on se met à délirer sur la tête qu'elles peuvent avoir. Hé bin, c'est pas fameux !! La 1ère est rousse avec les dents qui rayent le parquet, et la 2ème est grosse. Il n'y a pas beaucoups de top-modèles qui voyagent en Inde, c'est un fait avéré ! Je leur montre mes photos car elles viennent juste d'arriver. Elles n'ont pas encore diné (Rolph et moi avons fini nos pizzas en discutant), et je réussi à m'esquiver de justesse pour ne pas les accompagner au restaurant. Rolph n'a pas cette chance. il revient 1 heure plus tard, mais heureux d'avoir eu sa bière.
par Ludovic publié dans : Inde 1999
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Mardi 16 février 1999
La nuit a été horrible : j'ai eu mal au ventre et envie de vomir sans arrêt. A 8h00, je me force à vomir enfin, et je sens un arrière-goût de Bhang. C'est donc ça ...Dès que ça va mieux, je prend une douche (un sceau d'eau pour appeler les choses par leur nom), et je monte sur la terasse pour me reposer un peu. Je suis complètement K.O.

Après avoir payé la chambre et les repas, il me reste juste 500 rps. Je dois donc aller à la banque. Le trajet est difficile, et je dois le refaire dans 4 heures avec mon sac à dos. Pffff ...Je patiente 15 mn alors qu'il n'y a aucun client (les joies de l'administration indienne), et quand c'et mon tour, j'apprend que les retraits avec une carte VISA ne sont pas possibles.

Je croise Paul qui a réussit à squatter dans la chambre d'un hollandais après mon départ. nous allons manger et je le laisse lire les pages de mon carnet de voyage qui nous concerne, car il se demande bien ce que je peux raconter sur lui. Après, il part dans le Sud et nos chemins vont donc se séparer définitivement. Nous glandons sur la terasse pendant des heures à observer les scènes de la vie quotidienne. Et ça vaut le coup ! Une femme qui vend des colliers, assise par terre, manque de justesse de se faire chier dessus par la vâche se trouvant derrière elle. Ses chaussures, par contre, n'y coupent pas ! Elle se lève furieuse et lance ses tongs dans les fesses de la vâche qui s'en va l'air de rien. La crise de fou rire est inévitable. Un peu plus tard, son petit garçon, lui aussi assis par terre, avec pour seul vêtement un chandail, se pisse dessus, et joue ave les méandres de son urine. On rigole, mais c'est malheureusement la réalité de 95% des indiens.

Le ciel s'obscurcit et je préfère aller chercher mon sac à l'hôtel de suite. Trop tard, je doit traverser la ville sous la pluie ! Je repasse devant le restaurant, dit au revoir à Paul qui s'y trouve toujours. S'il ne change pas d'avis, on se retrouvera soit en France, soit en Belgique.

Le bus est tout petit et pourri comme d'habitude. Il y a un allemand, Rolph,qui va aussi à Jaipur, alors on s'assoit à coté et on fait connaissance. Un sacré rigolo dans son genre. Nous partagerons une chambre à l'arrivée. Il fait nuit quand Jaipur est en vue. Nous prenons un rickshaw pour rejoindre l'hôtel, avec une petite différence par rapport à d'habitude : le conducteur pédale. Je plain le pauvre gars tout maigre qui nous tire, chargés comme nous sommes ! En plus, pas de bol pour lui, il se trompe de direction.

L'hôtel Evergreen est une usine à touriste, chère pour ce que c'est. Les chambres sont glauques. Nous allons voir la Guest House à coté, tenue par un petit vieux qui a du mal à monter les marches. Les chambres sont propres et moins chères, alors on s' y installe.

Nous allons diner, et quand on revient dans la chambre nous entendons du bruit dans notre salle de bain. Il y a une fille qui prend sa douche en parlant à sa copine !!!! C'est quoi ce délire ?? C'est bien notre chambre pourtant. En fait, ce sont les filles de la chambre à coté, dont la douche contingûe à la notre, est ouverte par le haut. La même idée nous vient à l'esprit, on se marre, mais il est tard et nous avons demain pour faire leur connaissance.
par Ludovic publié dans : Inde 1999
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Lundi 15 février 1999
J'ai mal dormi à cause du Turc qui est resté toute la nuit dehors avec sa musique, qu'il n'a pas voulu éteindre malgré mes 2 demandes.

Je vais me promener sur les ghats de l'autre coté du lac, mais c'est désert, donc je reviens vite vers la ville. Je croise 2 charmeurs de cobra. Ils ouvrent leur panier et en 1 secondes, 2 serpents se dressent puis ne bougent plus d'un poil malgré la musique. J'ai l'impression qu'ils sont en plastique, mais quand je les touche, ils bougent. Après la classique photo, le charmeur me demande 50 rps. Je lui en donne 2 ... tarif en vigueur n'importe où ailleurs. Je me dirige ensuite vers le Sunset Café, ou j'ai donné rendez-vous à Paul à midi dans mon dernier email. J'attend 45 mn, mais il me semble que ce soit encore raté. C'est la vie ! Avec la chance que j'ai, on va surement se croiser dans la rue, par hasard, avant la fin de la journée. Après été avoir mangé sur une terrasse au soleil, je retourne au magasin de peintures sur soie. Celles qui me plaisent sont toujours là. Je propose au vendeur 450 rps avec une paire de lunette de soleil, un miroir de rétroviseur (celui de la mobylette d'Udaipur) et mon pantalon en toile avec un trou énorme à l'entrejambe. L'affaire la plus délirante vient de commencer, et ce n'est possible qu'en Inde. Après 10 mn de réflexion, le vendeur accepte avec seulement les lunettes de soleil en plus. Je m'en vais en retenant un sourire de satisfaction.

Sur la route, un attroupement se forme au loin. C'est une procession en costume traditionnel pour le Shiva Day. Un gros moustachu est peint en bleu et un long serpent se ballade sur son ventre. Les tambours résonnent et les chars avancent sous une pluie de fleurs d'orange, entourés d'un cortège de femmes aux saaris multicolores, mais aux visages fermés. C'est un spectacle superbe, haut en couleur.

Comme j'ai un peu mal au ventre, je vais sur les ghats pour m'assoir et contempler les scènes de purification dans l'eau du lac. C'est une eau stagnante, envahie par la mousse et autres algues, et pourtant, les indiens se trempent dedans et la boive comme de l'eau minérale.

Je reprend le chemin de l'hôtel, et qui vois-je, arrivant en face de moi ? Paul. Toujours son appareil photo en main, avec 2 filles de l'hôtel. Il n'y a qu'à demander ... Nous allons au ghat d'où l'on peut admirer le coucher de soleil, mais nous arrivons trop tard. Les filles vont s'assoir sur les marches avec tous les hippies pendant que Paul, prend à manger, et moi à boire. Quand on décide de s'en aller, les filles ont disparu et l'une d'entre elle a oublié les 250 rps qu'elle m'a confié car elle n'avait pas de poche. De retour à l'hôtel, je lui rend immédiatement, en hallucinant sur son laxisme. Elle est jeune, fait confiance à tous le monde, j'espère que ça ne lui posera pas de problèmes mais j'en doute, surtout ici ... L'ambiance est cool, il y en a qui peignent, d'autres qui fument, Bob Marley nous accompagnent en musique. Moi, je ne me sens pas très bien, alors je vais me coucher.
par Ludovic publié dans : Inde 1999
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Dimanche 14 février 1999
Le bus arrive à Ajmer à 5h00 et ne va pas plus loin. Je m'en doutais ... Pourtant le gars de l'hôtel m'avait bien confirmé plusieurs fois que le bus allait jusqu'à Pushkar. Je demande donc la direction de l'arrêt de bus pour Pushkar. Il est à 3 km, et j'y vais à pied car j'ai le temps. Un conducteur de cyclo-rickshaw me suit pendant 10 mn pour me prendre malgré mes refus pemanents. Ca me gonfle. Quand j'arrive à la gare, je demande, si je suis bien au bon endroit. Il me répond que c'est à l'autre station, celle d'ou je viens ! Commme par hasard, il est conducteur de rickshaw et propose de me rammener. Je le vois venir alors je lui propose un marché. Si jk'accepte et que par hasard, il s'est trompé, je ne paye pas la course, il me rammène, et je lui casse la gueule au passage.Il a compris que j'aai compris et fait demi tour. Ca me fait rire, pour une fois que les rôles sont inversés !

Je vais au guichet pour obtenir confirmation et j'obtiens le numéro de bus qui part dans 15 mn. Pour m'amuser, je retourne voir un rickshawn lui demande le bus pour Pushkar, et comme l'autre, il ment pour prendre la course.
J'arrive à Pushkar, et pour la première fois en Inde, aucun rickshaw ne se jette sur moi pour me proposer un hôtel. Personne ... Le pied ! Je marche tout content en direction de l'hôtel Akash, en siflotant. Il se situe dans une rue terreuse et poussiéreuse, la façade délabrée, mais à l'intérieur, des chaises en osier et des instruments de musique trainant dans tous les recoins laissent imaginer la fête qu'il doit y avoir le soir. J'obtiens une chambre avec 30 rps de réduction et vais me reposer jusqu'à 9h30.

Je pars ensuite visiter la ville et ses ghats. Dès que je m'approche des marches un brahmane me dépose des fleurs dans la main, et m'invite à faire une Puja, c'est-à-dire une prière suivie d'une offrande. Je m'approche de l'eau, il me met des graines dans la main, une noix de coco et me fait répéter plusieurs noms de dieux, puis des mots que je comprend pas. Puis sur ses indications, je jette tous dans l'eau, je me lave les mains dans le lac, et le brahmane me met avec son pouce de la poudre rouge au milieu du front, ainsi qu'un bracelet autours du poignet. Je dois maintenant faire une offrande de 100 rps, 200, 3000 ou plus. quand je sors 5 rps de ma poche, il râle alors je lui dit que s'il n'en veut pas, je les garde. Il ne dit plus rien et me montre la boite pour les dons. Je rigole intérieurement, je suis devenu un sacré enfoiré mais qu'est ce que ça fait du bien ! Ce prêtre bidon à du arnaquer tellement de touristes que je n'ai pas trop de scrupule à ne pas tomber dans le panneau. Un peu plus loin sur els ghats, un autre brahmane me remet des fleurs dnas la main et me refait le même cirque que le premier. Je lui dit que j'ai déjà donné,mais il insiste. Il est même prêt à prendre des devises, comme ça, quand il en a suffisament, il peut aller les changer à la banqu, et hop, dans sa poche ! Je l'envoie chier.

Je vais déjeuner au Sun Moon Hotel, dans un charmant jardin ensoleillé ou des singes n'arrêtent pas de faire ... les singes ! Une fois repu, je me dirige vers mon objectif de l'après-midi : le temple de Savitri, perché au sommet d'une montagne qui semble avoir été posé là, au milieu du plateau, tel un cone de sablier géant. Le panorama sur Pushkar et ses environs est grandiose depuis le sommet. Je me met au soleil pour écrire, et pour dormir un peu. Lors de la descente, mon pantalon craque, puis en m'asseyant dans un magasin, se déchire complètement. J'en achète un directement, à un prix défiant toute concurrence par rapport à ce que j'ai vu depuis 1 mois.

A l'hôtel, je discute avec Michel, un hippie français de 40 ans, et un turc, dont le look me laisse penser qu'il est gay. Les 2 ont vraiment l'air largué mais sont sympas. Je tire un peu sur le joint qui tourne, il a un goût bizarre. Puis je choppe une guitare, m'installe sur la terrasse et me fait plaisir en gratouillant les cordes. J'appelle en France, je dine et vais me promener de nuit sur les ghats avant d'aller me coucher. Je mange mon cookie pour voir : rien du tout.
par Ludovic publié dans : Inde 1999
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Samedi 13 février 1999
Nouveau record : je suis resté dans mon lit jusqu'à 9h00 ! J'ai quand même eu droit au festival des bruits obscène des indiens qui se lavent dès 7h00 : raclement de gorge, crachat, rots et taux grasse, ... ils sont vraiment dégueulasses !

Je pars visiter le fort de Bikaner, histoire d'occuper la matinée. C'est 50 rps l'entrée avec un guide, plus 20 rps pour le droit de prendre des photos. Je dis à la caisse que je ne veut pas en prendre, mais une idée me vient. L'autorisation "photo" est un carton avec un cercle roug, comme celui que jai eu à Jodhpur, et que j'ai regardé. Je le ressorts et l'accroche discrètement à mon appareil photo.
Le palais consiste en une succession de cours sur plusieurs niveaux, toutes magnifiquements décorées. Je ne m'attendais pas à ça. Les appartements royaux (chambres, salons, salle du trône) ont gardé leurs décorations originales, du début du siècle. Les meubles sont bien conservés et la traditionnelle collection d'armes est impressionante. Finalement, ça valait le coup !

Quand je sors du fort, il est midi. Je veux retrouver une superbe petite ruelle que j'ai vu hier pour prendre une photo. Je refais le chemin, trouve mes repères, mais impossible de remettre la main dessus. Je tombe sur une ribambelle de gamins qui jouent au criquet, le sport national. Dès qu'ils me voient, c'est la ruée comme si j'étais le Pêre-Noël. Roupees ! Roupees ! Pen ! Chocolate ! Ca crie dans tous le sens en essayant de me toucher ! J'accélère le pas, mais ça ne leur plait pas, alors certains tapent dans mon sac, et on me lance même une balle ! Sales petits morveux pourris pas les touristes américains qui leurs donnent toujours des bibelots ! Je me résigne à reprendre la direction de l'hôtel au bout d'1 heure de recherches infructueuses.

En attendant le bus qui va m'emmener à Pushkar, je décide d'ajouter une réserve ornithologique à mon itinéraire.
par Ludovic publié dans : Inde 1999
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Vendredi 12 février 1999
J'arrive à Bikaner à 4h00, trouve aussitôt une chambre et me couche. Je prend le bus pour la ville de Deshnok ou se trouve le temple de Karni Mata. Le batiment en lui même n'a rien d'extraordinaire, à part une lourde porte en métal, joliment décorée. La particularité de ce temple, c'est qu'il est peuplé de milliers de rats qui sont vénérés par les indiens. il faut se mettre en chaussette à l'entrée, bien que ce ne soit pas très propre par terre. Les rats passent entre le spides des gens, grimpent sur les sculptures, sur les meubles, ils sont dans tous les recoins. Des grandes cuves de lait et des écorces de noix de coco sont laissées par terre pour les nourrir. Bref, ils ont la belle vie ! Je reste 30 minutes puis je sors, pas convaincu de l'intérêt d'avoir fait 1 heure de bus pour ça. De retour en ville à 15h00, je déjeune. Je pesnais aller voir l'élevage de chameau demain, mais un indien me faire remarquer qu'on sera samedi et que l'élevage sera fermé. Je prend donc un rickshaw de suite. La ferme n'est pas très grande, et je prend un guide (30 rps). J'apprend pas mal de choses sur ces animaux. Un bon dromadaire vaut seulement 20 000 rps maximum. Je rentre en ville et me demande ce que je vais bien pouvoir faire ce soir, et surtout demain. Je vais marcher dans la vieille ville mais ne trouve rien d'interessant. Je me demande si je ne viens pas de faire ma première erreur d'itinéraire. Depuis ce matin, je suis de mauvaise humeur car cette ville ne plait pas. J'ai envoyé chier tous les indiens qui me disaient bonjour, ça fait un paquet de personnes !

Je trouve une bibliothèque charmante à 150 mêtre de mon hôtel, alors je m'y installe pour lire le journal. Tous les jours, de nouveaux meurtres et massacres ont lieu, à consonnance politique et nationaliste. L'Inde au niveau politique, c'est le bordel absolue ! C'est un vrai casse-tête de maintenir une union nationale durable en raison des centaines de minorités et d'ethnies diférentes habitant ce pays. Je lis pendant 1h30 et ça me relaxe. Quand je sors, il fait nuit, et je me sens beaucoup mieux, plus ouvert d'esprit. Après le diner, je me met à écrire dans mon carnet de bord, mais je suis trop fatigué pour arriver à me concentrer plus de 5 mn. Je me met à saigner du nez. Ce n'est pas qu'une fatique de passage, mon corps me dit de faire un break. Les prochains jours à Pushkar, village tranquille et étape obligatoire des routards babacool, vont être les bienvenues pour me reposer. Je me couche en espérant qu'il n'y aura pas trop de bordel dans l'hôtel demain matin et dans la rue pour me permettre de faire une grasse matinée honorable, mais là, ça tient de la fiction ...
par Ludo publié dans : Inde 1999
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Jeudi 11 février 1999
Les chiens ont remis ça mais à 4h00 cette fois ! Je vais au petit lac qui se trouve de l'autre coté de la forteresse à 2 km. Sur les rives, un temple a été construit par une célèbre prostituée de l'époque qui voulait faire une bonne oeuvre. J'ai beau arriver tôt, il y a déjà une meute de touristes sexagenaires sur les lieux. Ce sont ceux que je déteste le plus, avec leur camescope et appareils photos profesionnels alors qu'ils ne savent même pas s'en servir. Ils mitraillent tous ce qu'ils voient, même en contre-jour. Je me demande si je ne suis pas un peu comme eux. Non, je ne suis pas un touriste, mais un voyageur. Je ne fais pas de photos obscènes dans des villages qui crevent de pauvreté. J'essaye de rendre l'ame de chaque endroit, de montrer la vie, pas la misère, même si elle est omniprésente. Mes photos, je suis certain qu'elle me feront tripper quand je les regarderai pour la 100ème fois à 50 ans.

Pour retourner en ville, je passe devant une librairie. Je trouve "L'inde sans les anglais" de Pierre Loti. J'ai cherché ce livre plusieurs jours en France, sans succès, mais ici au fin fond du Rajasthan, il y en a 3 exemplaires. Il y a quelques chose qui m'échappe ...
Je me dirige ensuite vers l'intérieur du fort. J'aimerai photographier l'imposante entrée, mais aucun point de vue ne me semble satisfaisant., si ce n'est depuis le toit d'une maison collée en contrebas de la muraille. Après 30 mn de recherche, je trouve enfin l'entrée de la maison. Coup de chance, c'est un magasin d'artisanat. Je fais le faux client, monte sur le toit, prend la photo, et je m'éclipse, ni vu, ni connu. Dans le fort, je trouve un restaurant avec une énorme pancarte ou il est écrit "Félicitation aux Français pour leur victoire en Coupe du Monde de Football 98" que j'avais déjà vu sur les photos de Thierry. C'est délirant de se dire qu'il était là, lui aussi, quelques semaines plus tôt.

Au restaurant de l'Hotel, Pushkar (c'est le nom du cuisinier) propose de me faire un plat special. J'ai peur que ce soit trop épicé mais il m'assure que non. Il revient avec un plat de pâtes chinoises avec une sauce aux légumes, très bonne. En plus, ça ne coute même pas cher.

Je retourne au Fort, histoire d'être sûr de n'avoir rien raté. A l'entrée, il y a cette échoppe de bhang. Le bhang est une sorte de marijuana autorisée à la vente mais dans les magasins d'état uniquement. Il y des recettes avec du thé, du lassi, et des cookies. Sur les conseils d'une anglaise qui est là et qui en a déjà pris, je prend un cookie pour 40 rps. Ca se conserve 2 mois, alors je le mangerais quand je serai dans un endroit tranquille, à Pushkar (la ville, pas le cuisinier) par exemple.

Un indien qui a vu que je cherche des points de vue, me propose de monter sur le toit de son haveli, d'ou il y a une belle vie. C'est vrai, c'est pas mal. C'est surtout un prétexte pour me parler du magasin de peinture, juste en dessous. A tout hasard, je vais voir. L'endroit est petit mais chaleureux. Je demande à voir ses meilleures peintures sur soie. Je les trie rapidement et en extirpe 3 qui sont vraiment belles. Les détails sont fins et comme elles sont de grande taille, je pense qu'elle coutent plus de 1000 rps. La plus belle avec des paillettes d'or ne coute que 980 rps, les 2 autres coutent 500 rps. Je négocie en disant que je n'ai que 600 rps, je fais le mec déçu de ne pas pouvoir acheter. Ca dure 10 mn. Finalement c'est OK. On prend le thé pour conclure l'affaire, on discute et comme je les trouve sympa, je leur demande un service : peindre la couverture de mon Livre d'or. Je lui propose 30 rps, l'artiste est d'accord. Ca sera prêt pour 18h00. Je repars super content de mes 2 affaires. De retour à l'atelier, le peintre est parti et le travail n'est pas fait.L'auter indien qui peint aussi me propose de s'en occuper raoidement. J'ai pas le choix car le temps presse et je la veux ma décoration ! Il fait un dessin plutôt chouette dont la signification restera mystérieuse pour qui n'a jamais été en Inde. Le signe veut dire "Om", signe de shiva, représenté par 2 serpents qui s'entrelassent. Le cadre fait d'arabesques musulmanes signifie "la réalisation de soi" ou d'un travail. Ca colle bien au propriétaire du livre.

Je décide vérifier mon email avant de partir, histoire de n'avoir aucun regret sur le "ratage" avec Paul. 1 message d'Udy, 1 message de Thierry qui rentre d'Indonésie, mais rien de Paul. Je l'ai perdu définitivement. Mais quel plaisir d'avoir des nouvelles de ses amis, si loin ...

Je retourne à l'hôtel prendre mon diner puis je fonce à l'arrêt de bus dans la nuit. Un bras m'attrappe. c'est un grand jeune homme, européen, le visage fatigué et les cheveux ébouriffés. PAUL !! C'est pas possible ! Il vient de rentrer d'un safari de 3 jours, raison pour laquelle je ne pouvais pas le trouver à Jaisalmer. Et dès qu'il rentre, boum ! Dans le Ludo ! Il avait laissé un message aux hôtels mais les indiens n'ont pas fait la commission quand j'y suis passé. On se fixe un autre rendez-vous dans 3 jours à Pushkar. J'espère que ça va marcher cette fois.
par Ludovic publié dans : Inde 1999
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Mercredi 10 février 1999
Des abrutis de chiens ont aboyé sous ma fenêtre à partir de 5 heures.Je les entendais même se croquer mutuellements et gémir ensuite. Si j'avais eu un fusil, je les aurai shooté un par un ! Le nombre de chiens errants à Jaisalmer est incroyable. Pas une rue sans un cabot tout maigre.

C'est le jour de mon safari dans le désert du Thar. Je prend une doucheau désinfectant chirurgical, un bon petit dejeuner en prévision du maigre repas de ce midi, j'achète 2 paquets de gateaux et file à l'agence de voyage.C'est pas que j'ai super envie de le faire, mais ici, c'est un truc incontournable, et puis je ne suis jamais monté sur un chameau alors ... Nous sommes bien un groupe de 4. les 3 filles sont autrichiennes. J'essaye d'engager la conversation mais elles ne sont pas bavardes. Coincées en fait ... Les chameaux nous attendent un peu plus loin. Nous nous dirigeons vers le désert et mettons 2 heurespour atteindre le premier site, sorte de kiosques funéraires à moitié en ruine. Inintéressant. 50 mètres plus loin, il faut franchir une barrière ouverte alors j'y vais avec mon chameau. On me dit de fairedemi-tour, un mec ferme la barrière et demande 10 rps pour nouslmaisser passer. Le comique ! C'est le désert à 100 km à la ronde,devant, derriere, à droite et à gauche. Je payer leur soit disante donation pour l'entretien des monuments, en me foutant de leur gueule avec humour.

Il commence à faire très chaud et le soleil est en permanece dans notre dos. J'ose pas imaginer la marque de col du t-shirt que je vais avoir.On arrive à 12h45 à un autre temple ou l'on s'arrète pour manger.

Sur la route, mon chameau n'a rien trouver de mieux que de se vautrer dans un cactus pour se gratter. Je ne suis pas tombé mais c'était limite-limite. Un peu plus tard, je reçois des gouttes. Ca vient de derrière moi. Bizzare en plein désert ?? Non, c'est juste mon abruti de chameau qui vient de se pisser sur la queue et qui m'en balance dans la tronche en l'agitant. J'ai plus qu'à me désinfecter à nouveau enrentrant à l'hôtel. Le cuisine est faite au feu de bois et prend doncbeaucoup de temps. Autours, il n'y a absolument rien à faire, ni àvoir. C'est pas un désert pour rien. Les filles décrochent pas un motdepuis le départ. Ce safari commence à me faire chier. Vivement qu'on arrive aux Sand Dunes, que je prenne mes photos du couché de soleil et qu'on se casse. J'ai rien d'autre à faire que d'observer les chameauxruminer. Ils mettent un coup de machoire à gaucher puis à droite, pendant 5 mn, avale la boule que l'on peut voir descendre le long ducou. elle remonte 10 secondes plus tard, le chameau se remet à macher.Ca dure 1 heure. Leur langue est immonde : il la sort, la gonfle enl'agitant, toute dégoulinante de bave, puis la rentre. Un spectacle àgerber.
Le repas est enfin prêt à 14h00. Pas trop tôt ! Ce sont des légumesavec du riz et des chapatis. Ce que je trouve très fort, c'est que le gars à fait ça sur un simple feu, qu'il a fait la pâte, etc ... On n'a pas de couvert, mais c'est un détail.

La jeep pour aller aux dunes arrive à 15h00. Nous quittons donc notrecuisinier/chamelier, et comme je n'ai pas d'argent avec moi, je ne peuxpas lui donner de pourboire, comme il est d'usage de le faire. Nousfaisons un premier arrêt dans un village. Je ne comprend pas pourquoi :les gens vivent dans des huttes, crèvent sans doute de faim, sontmalades, et on nous débarque ici pour les prendre en photos. Lesagences ont bien compris que les touristes veulent du typique. Ici onest servi ! Ca me dégoute. J'ai l'impression de visiter un zoo avec deshumains à la place de animaux. Je sors du village au bout de 3 mn, parrespect pour les habitants du village et attend les autres près de lajeep.

Les 2 sites suivants sont des temples Jain sans grand intérêt. Joli mais sans plus. On repart dans la direction de Jaisalmer et je commence à m'inquiéter. Si on ne va pas aux Sand Dunes, je fais un scandale. Je prépare déjà mon speech en anglais pour ne pas bafouiller le moment venu. Mais on bifurque. Le soleil joue à cache-cache avec les nuages, mais heureusement, il revient juste pour faire les photos. Par contre, pour les dunes, c'est pas le pied : une horde de touristes est déjà surplace et ils ont souillé le magnifique paysage auquel je m'attendais. Partout des empreintes de pas détruisent les fines arabesques de sables culptées par le vent. Je suis dégouté, mais une lueur d'espoir apparait quand j'aperçois au loin des dunes en meilleur état. J'ai pas beaucoup de temps, alors je cours. Un morceaux de nature à l'état pur! Le retour approche, et nous arrivons assez vite à Jaisalmer. La journée de demain va passer vite avec tout ce que j'ai prévu de faire.
par Ludovic publié dans : Inde 1999
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Mardi 9 février 1999
Le bus arrive à Jaisalmer à 3h30 du matin avec, fait incroyable, 30 mn d'avance sur l"horaire prévu !! Une personne m'attend : le propriétaire d'un hôtel qui a reçu un appel d'un gars que j'ai rencontré à la gare, et qui faisait de la promo pour cet hôtel qui venait d'ouvrir à Jaisalmer. Et le gars s'est levé en pleine nuit pour être sur de me récupérer ! Je le suis en le prévenant que je risque de partir dès que j'aurai retrouvé Paul. J'ai une chambre à 60r ps mais elle est sombre, loin de la forteresse, pas d'eau chaude, et ça m'a l'air d'etre bruyant. Pas possible de rester ici. Je laisse mon sac, et je vais voir aux hôtels choisis avec Paul, s'il s'y trouve. Aucune trace de son passage. Il n'est peut-être meme pas à Jaisalmer. Je cherhce donc une chambre pour moi tout seul, queej trouve en 10 mn juste au pied de la forteresse, attraction majeure de Jaisalmer, avec le désert environant. La chambre est petite, mais charmante, avec des arches, des fenêtre scultées dans le style local, et une exposition plein Sud. Je retorne chercher mes affaires dans l'autre hôtel, mais le manager n'est plus là. J'explique a un jeune employé de manière diplomatique que je ne reste pas, masi je propose de payer 30 rps, pour les 4 petites heures de sommeil que j'ai passé. Il est pas très chaud ... Le propriétaire n'arrive pas, donc je dépose l'argent et je pars. "Je vais me faire engueuler" qu'il me dit !

Après un succulent petit déjeuner, je vais visiter la forteresse qui, comme à Jodhpur domine la ville, depuis son promontoire de sable. Elle est d'une couleur uniforme jaune miel. La muraille est formée de 99 bastions arrondis et crénelés au sommet, le tout reliés par des petits, mais épais, pans de mur. L'intérieur des bastions est aujourd'hui habité par des familles modestes. L'ensemble est très impressionant.
A l'intérieur, une fois passé la place centrale, c'est plein de ruelles ou le soleil ne pénetre pas (idéal pour les photos). Certaines sentent vraiment mauvais. Il y a pas mal de magasins pour touristes. Mais ça n'enlève pas l'intérêt et la magie du lieu. Les fameux havelis (vieilles maisons de riches marchands du début du siècle) sont disséminés partout. La sculpture de certains balcons ou des fenêtres est digne du temple de Dilwara. Les lourdes portes en bois sont aussi décorées de manière typique.

Je vais déjeuner à l'extérieur du fort sur un toit-terrasse au soleil, puis je me promène dans la ville à la recherche des plus beaux Havelis décrits dans mon guide. Parfois, je tombe sur de magnifiques façades, je me dis que c'est ici, mais non, ce ne sont que de "vulgaires" maisons comme il y en a beaucoup à Jaisalmer. Cette villz est vraiment splendide, je shoote des portes sculptées et quelques perspectives de ruelles à couper le souffle.

Je me livre aussi à un petit jeu dans les échoppes : Je fais le touristes interessé et je négocie les prix sans vergogne pour voir jusqu'ou je peux les faire baisser. Sur une très belle miniature en soie, j'obtiens 600 rps au lieu de 900 en 10 mn. J'ai même eu droit à un thé après le faux deal. Dans un magasin d'articles en cuir (la spécialité locale),j'obtien une ceinture à 80 rps au lieu de 180 rps, prix de départ... Je commence à chopper le coup de main ! :-) A ces prix là, j'hésite presque à les acheter réellement.

Je repars visiter le plus beau haveli de la ville, un chef d'oeuvre d'architecture flamboyante, tellement les détail des pierres sulptées sont nombreux et fins. Mais à l'interieur, c'est abondonné. Quel gachis ! C'est devenu le répère des pigeons de la ville.

Je pars ensuite pour le Sunset Point, point de vue élevé sur la ville pour faire la photo que l'on trouve dans tous les guides. La vue est superbe.

En redescendant, je m'inscrit à un safari d'une journée, la moitié en chameau, l'autre moitié en 4x4, le tout pour 550 rps. Il y aura 3 filles avec moi. La encore, on m'offre un thé après avoir payé. Ils sont cool les indiens aujourd'hui !
par Ludovic publié dans : Inde 1999
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